Libellés

lundi 17 décembre 2012

poème

Le chat noir

La fin d'automne efface vite
Les lumineux pigments pastels
Les couleurs aussi sont mortelles
Quand les mois noirs se précipitent

Sous un vieux porche, aux courants d'air
Je crois devenir transparent
Ainsi jeté dans le néant
Le noir et le gris désespèrent

Dans la nuit sombre, lumière morte
Toute couleur a disparu
Une ombre noire est apparue
Qui s'est assise devant ma porte

Deux émeraudes ont perforé
L'obscurité et son silence
Par ce regard au vert intense
Un feu interne s'est rallumé

Tous les automnes parlent de fin
Quand les couleurs ici trépassent
Alors dans les yeux du chat passe
Le feu des promesses de demain.

mardi 11 décembre 2012

patrimoine

Fontaine de la Trinité (XVIe) sur Cléguérec (56)
Cette fontaine constitue l'ornementation gothique-flamboyant d'une source située au pied des reliefs importants de Quénécan, dans sa partie sud (Morbihan proche Côtes d'Armor). Les reliefs atteignent les  280 mètres et présentent les affleurements rocheux les plus spectaculaires au lieu-dit "Breuil du chêne", un ensemble de dalles basculées de schistes et quartzites phylliteuses du Cambro-Trémadocien.
Ce terme barbare qualifie un étage de l'ère primaire dont on peut rappeler au passage qu'elle va durer 350 millions d'années (du Cambrien: 570 à 500 Ma au Permien: 280 à 230 Ma). Le Cambro-Trémadoc est donc compris entre 500 et 480 millions d'années. Ces roches sont les plus anciennes du pays. A côté, les crêtes de la vallée du Blavet à Rosquelfen, situées dans l'Eifelien (Dévonien moyen: 385 à 380 Ma) sont plus jeunes d'au moins 100 millions d'années!
Cette source est donc un "exhaure" naturel alimenté par ces reliefs, contreforts de la forêt de Quénécan.
La source coule depuis la fin de la glaciation de Wurm qui s'achève au Magdalénien et nous abordons ici la fin du Paléolithique (15 à 20.000ans avant notre ère). Puis les hommes du Néolithique, bien présents ici avec la célèbre "chambre des korrigans", l'allée couverte de Bot-er-Mohed, une sépulture collective de 18 mètres de longueur située sur le relief à proximité, vont certainement s'abreuver à cette source. Les Celtes  suivront et l'on sait la vénération qu'ils portent aux éléments naturels tels que l'eau. Sur ce point nous aurions bien des choses à apprendre qui se sont perdues au fil du temps.
La source est christianisée et ornée au XVIe siècle d'une manière qui mérite qu'on s'y attarde un peu.

Tout d'abord, une grande coquille est nettement visible sur la façade et les côtés de la construction. Elles marquent un ancien point de départ vers Saint Jacques de Compostelle (infoBretagne).
La fontaine présente trois bassins dédiés à St Mathurin, N.D de la Clarté et la Trinité. Un calvaire de sept personnages est érigé sur le toit de la fontaine et en fait un ouvrage remarquable et unique dans le pays. Cet appareillage est en granite et kersanton (qui n'est pas un granite mais un lamprophyre).
L' association de la Trinité et de St Mathurin intrigue au premier abord car Saint Mathurin n'est pas un Saint breton et le plus souvent la fontaine est dédiée à un  personnage unique. Curieusement, cette particularité "trinitaire" parait concerner plus particulièrement le secteur de Quénécan comme on l'a déjà vu précédemment (voir message sur la fontaine Saint Ignace près de la chapelle du même nom en pleine forêt.)

Sant Matilin en breton est un saint du Gâtinais réputé pour "calmer les énergumènes", chasser les démons; il est invoqué au Moyen-Age pour soigner les fous et "les épouses insupportables"(sic), patron des bouffons mais aussi des marins.
Sur le site de Damien Jullemier, à propos de Saint Mathurin, on trouve encore cette information:
l'Ordre de la Très Sainte Trinité et de la Rédemption des captifs fut créé en 1198 afin de racheter dans les états barbaresques d'Afrique du Nord les chrétiens qui y étaient maintenus en esclavage.Les religieux de cet Ordre furent appelés les mathurins du fait de l'importance du couvent St Mathurin à Paris. Les trinitaires ou mathurins organisèrent une soixantaine d'opérations entre le XVe et XVIIIe siècle avec libération d'environ 6000 captifs dont de nombreux bretons (surtout marins), d'où la très grande popularité de ce Saint Mathurin en Bretagne.


Sculpture de la partie centrale du monument, en granite anciennement polychrome (Trinité). Un Père Eternel coiffé de la Tiare soutient son fils (façade devant le bassin principal). La chapelle de la Trinité (XVe-XVIe siècle) se situe à proximité. L'ensemble fait partie aujourd'hui du patrimoine remarquable de Cléguérec et entre dans l'un des circuits de "L'Art dans les Chapelles" qui chaque été depuis des années maintenant favorise la découverte de magnifiques endroits comme celui-ci, par un grand nombre de visiteurs.

jeudi 6 décembre 2012

dessin

Gouarec (Côtes d'Armor)

Plume et encre de Chine pour ce dessin en noir et blanc représentant la vue de Gouarec à partir de la petite route baptisée  "Hent Roc'h Markiz" et qui passe à proximité de ce rocher situé sur Rosquelfen et donc à l'est immédiat de Gouarec. Nous sommes un mois de mars et le temps est à la neige.

mardi 4 décembre 2012

peinture

La Loire

Loire "océane" en crue sous le pont Royal à Orléans.
Huile sur bois

lundi 3 décembre 2012

Méditation philosophique

Le temps

Il y a autant d'écart entre le temps du philosophe, du psychologue et celui du physicien qu'entre le jour et la nuit!
Pour  Aristote, le temps est une mesure physique (le temps nécessaire pour parcourir une distance). A cette notion du temps s'oppose celle de Montaigne qui, en parlant de la vie, parle non pas de vivre au présent mais de vivre à propos. Cette expression privilégie le déroulement face au devancement.
"Privilégier le déroulement face au devancement pour se libérer de la grande dramaturgie du temps qui passe et dont on ne sait même plus où diable il est passé!" François Jullien (philosophe et Sinologue)
"Le monde moderne se caractérise par la toute puissance de la vitesse. L'emballement technique accélère le réel lui-même... Plus la technologie nous fait gagner du temps, plus nous avons le sentiment d'en manquer! Dans nos relations sociales, en politique, en amour, notre quotidien est marqué par l'urgence. La tyrannie du court terme comprime l'espace. Le triomphe de l'immédiat rend impossible la vie au présent. L'instantanéité enterre la mémoire et dynamite l'avenir... Reconstruire la confiance, le dialogue, la justice, ce serait ralentir le rythme, repartir à la conquête du temps long..." Jean Birnbaum (extrait du Forum "Où est passé le temps?" Le Monde-Le Mans 2011)
"Aucune accélération n'exauce l'impatience d'être arrivé avant d'être parti! La vitesse va toujours moins vite que le désir" Olivier Bomsel (économiste)
"Si nous courons vers le futur, c'est que nous manquons d'être"  Plotin
"La musique est le seul domaine où l'homme réalise le présent (Stravinsky)... Le temps musical serait donc le seul à coïncider parfaitement à l'acte dont il assure le suivi temporel. C'est la raison pour laquelle on peut considérer la musique comme un miracle". Clément Rosset
 Horas non numero nisi serena (Les heures ne comptent pas si elles ne sont pas sereines) Cadran solaire antique.
"Ne soyons pas prisonnier du dogme qui se perpétue sur les résultats de la pensée des autres. Ne laissons pas le bruit des opinions des autres étouffer notre voix intérieure. Ayons le courage de suivre notre coeur et notre intuition...tout le reste est secondaire"  Olivier Bomsel
Vivons donc à propos en cultivant l'art et l'imaginaire.
"L'illusion artistique donne à la fiction un pouvoir de réalité incomparablement supérieure à la simple et fade retranscription des faits. L'imagination permet seule de jouir de la beauté. On n'imagine que ce qui est absent. L'absence nourrit l'imaginaire et la passion" (Raphaël Enthoven)
Même à l'automne de la vie, j'ai tout mon temps, la mort attendra!

mardi 27 novembre 2012

poème

Mémoire

La mémoire souvent est une amie cruelle
Qui convoque au présent les instants merveilleux
La saveur de la vie et l'éclat de ses feux
Cette lumière intense, éclatante et mortelle

Les crêtes sous le vent ont perdu leur éclat
Les souvenirs ardents occultent leur beauté
Dans les couloirs du temps la mémoire figée
Ignore le présent dans le soir qui s'abat

Par les anciens chemins garnis de feuilles mortes
En manteau de saison couleur rouille et sanguine
La sylphide légère s'avance sous la bruine
Dirigée par l'étoile qui la guide et l'emporte

Le temps s'arrête ici où les grands souffles d'air
Viennent balayer la lande et ses pierres dressées
Bélénos endormi et Sul dans la vallée
Prolongent l'harmonie d'un instant éphémère

samedi 24 novembre 2012

archéologie

Monnaies celtiques 

Nous avons parlé des monnaies du Trésor de Laniscat dans des messages précédents (2011 et 2012). Ces monnaies en cours d'étude commencent à être mieux connues et une publication ne devrait plus tarder. Il est désormais certain qu'il s'agit d'or cuivré puisque la teneur en cuivre se situe autour de 50% et dépasse même cette teneur, ce qui corrélativement indique un titre faible et souvent inférieur à 20% d'or. Cet alliage est typique de la fin de la Tène, période du début de la romanisation de la Gaule où l'or se fait de plus en plus rare.En attendant les publications sur le Trésor de Laniscat, voici encore quelques exemples de la diversité des motifs et de la richesse imaginative des celtes de l'ouest Armoricain:

 Avers: tête chevelue
Revers:Statère cuivré au personnage Osisme aux ailes déployées près du sanglier enseigne
1/4 de statère, or cuivré à la tête humaine à gauche.R/Androcéphale à gauche avec aurige réduit à une petite tête; au-dessous, barrière d'hippodrome*
1/4 de statère d'or allié à la tête humaine à droite R/ cheval androcéphale avec aurige à gauche, dessous: une tente
1/4 de statère à "la tente" mais au revers, l'androcéphale est à droite

 1/4 de statère à "la tente" proche du précédent

1/4 de statère à "la tente" avec au revers l'androcéphale à gauche
3e exemplaire à "la tente", au revers, l'androcéphale est à droite et le léger décentrage de la frappe montre particulièrement bien "la tente"
Ce statère de billon est Vénète, classe1, à la tête humaine à droite et au cheval bridé androcéphale à droite avec sous lui, un curieux personnage couché.

Ces pièces proviennent de la dispersion de la collection d'André Breton en 2007.

*:cette pièce vient de la vente Bourgey à Drouot le 14 juin 1966 et est probablement le dernier achat d'André Breton avant sa mort en septembre. Cette monnaie est particulièrement rare.



samedi 3 novembre 2012

poème

Regards

Tes yeux d'ambre et de miel me transpercent le coeur
Me jugent ou m'interrogent, et de larmes remplis
Révèlent des souffrances et la tendresse aussi
Les miroirs de ton âme reflètent la douceur

Ton regard amusé, médusé ou moqueur
Fait danser dans tes yeux l'arc-en-ciel de la flamme
Cette lumière du monde qui vit au coeur des femmes
Les miroirs de ton âme reflètent le bonheur

Parfois l'ombre s'étend, j'entends battre ton coeur
Un voile humide couvre et ravive l'éclat
De prunelles si pures où passent d'anciens effrois
Les miroirs de ton âme reflètent la douleur

Les larmes et les rires ont l'amère saveur
Des passions envolées dans la course du temps
L'univers tout entier à tes yeux se suspend,
Les miroirs de ton âme me transpercent le coeur.



mercredi 24 octobre 2012

poème

Instants arc-en-ciel

Je vois encore ces moments là
Instants passés, rêvés sans doute
Bien malgré moi je les écoute
Te souviens-tu de ces temps là?

Sans énergie, force ou audace
La vie s'écoule à pas pressés
Pourquoi devrais-je m'inquiéter
Changer le cours du temps qui passe?

Au printemps des rives rêvées
Le coeur et l'esprit vagabondent
Et inventent le nouveau monde
Que l'automne a désenchanté

Si les images de doux rivages
Aux bains pourprés des derniers feux
S'éteignent aujourd'hui dans mes yeux
C'est que le temps parle hivernage
Au rythme lent de ces nuages
Venus de l'ouest griser le bleu.

jeudi 18 octobre 2012

archéologie

Le tertre tumulaire du Quillio (Côtes d'Armor)

Poursuivant ma promenade "thérapeutique" vers l'est, je traverse la belle vallée de Poulancre au Sud de Saint Gilles-du-Vieux-Marché pour aboutir en allant vers Le Quillio, sur des sommets plus arrondis et plus étendus. Ces sommets constituent des réservoirs d'eau comme c'est le cas sur le sommet topographique où est implantée la chapelle N.D de Lorette et où se trouve le tertre tumulaire néolithique encore conservé. Ce monument funéraire est estimé par les archéologues, du milieu du 5e millénaire avant notre ère, ce qui en fait le monument le plus ancien du secteur.
Souvent assimilé à un cromlec'h par sa forme ovoïde, il est en réalité le reste d'un tumulus.
 Il est bon peut-être de rappeler que la plupart des monuments de type cromlec'h en Bretagne ont été érigés entre 3500 et 1900 avant notre ère mais beaucoup sont de l'âge du bronze (qui chevauche le néolithique terminal), c'est-à-dire entre 2500 et 1000 avant JC.
Une personne du pays présente sur le site ce jour là m'indique que ce monument est une tombe celtique (? !). Il me semble voir là une confusion dans l'échelle de temps, héritage probable de nos archéologues du XIXe siècle qui avaient classé en leur temps ces monuments comme celtiques.Il est vrai qu'ils ne possédaient pas les moyens actuels de datation.
C'est donc l'occasion de rappeler que le néolithique débute 5800 ans avant JC et que les premiers monuments débutent vers 4000 à 4500 avant JC. Les Celtes sont liés à l'âge du fer qui débute en 1100 avant JC en Europe centrale (Hallstatt). En Armorique, ce n'est qu'au VIIIe siècle avant notre ère que leur présence est attestée et pour la peuplade celte de l'ouest, les Osismes (voir le trésor de Laniscat, messages 2011 et 2012), leur présence correspondrait au début de la Tène (500 avant JC). Pour en savoir plus, se reporter à l'Atlas Historique du Monde Celte de Angus Konstam.

La vue de droite montre la forme oblongue de l'alignement composé de grès-quartzite armoricain (arénigien) que l'on trouve sur place. Certains blocs font plus d'un mètre de hauteur. Il est tout-à-fait possible que ce tertre ait encore servi d'enceinte funéraire à l'époque celtique. La présence de puissantes sources (dont une est actuellement captée pour l'alimentation en eau potable) en fait un lieu exceptionnel où l'air, la terre et l'eau développent une énergie qui vous pénètre. Mais si les druides ont officié dans ce lieu, ils ne sont sans doute pas les bâtisseurs; ce sont les hommes du néolithique qui ont érigé ces monuments dans des endroits aussi forts!

mercredi 17 octobre 2012

archéologie néolithique

Allée couverte de Coët Correc en Caurel 

En restant sur les crêtes schisteuses qui se prolongent à l'est du Liscuis en Laniscat ou en suivant tout simplement la quatre voies  Rennes-Brest qui longe les sommets, on arrive aux abords de Caurel, au nord du bourg, sur des reliefs particulièrement vigoureux qui dominent le lac de Guerlédan et le vallonnement boisé de Quénécan s'étendant au sud jusqu'à l'horizon. Au lieu dit Bel Air, deux menhirs signalent encore l'importance du lieu. Il y en avait bien plus autrefois comme en témoignent les relevés des archéologues des années 50-60 (A. Le Diuzet). Par un chemin aboutissant à Corn-Coat, un petit sentier débouche sur la crête dans un endroit magique. Il se dégage de cet endroit une atmosphère particulière que l'on sent également au Liscuis et dans d'autres endroits comparables. Le lieu s'impose à vous par son silence, la force qui émane des affleurements rocheux et l'harmonie extraordinaire de cet ensemble nature-monument. Sur ce sommet qui avoisine les 300m d'altitude, dans les prés et les affleurements de schistes, apparait un monument mégalithique étonnant, une allée couverte de type couloir avec vestibule latéral très bien conservé et une étonnante construction, sorte d'imposante arche de pierres sèches qui enjambe l'allée couverte par un arc surbaissé de type "anse de panier". Cette construction semble protéger la partie ouest de l'allée couverte qui possède encore sous l'arche, ses dalles de recouvrement. Il s'agit  des restes d'un ancien calvaire érigé par Mathurin Le Flohic, un agriculteur qualifié de "très pieux" à l'époque de la construction (fin du XIXe siècle particulièrement marqué par des actions de ce genre; voir le prosélytisme parfois destructeur comme celui du curé de Louisfert en Loire-Atlantique). Deux escaliers latéraux de 24 marches menaient à une plateforme sommitale sur lequel reposait le calvaire. Ce monument en pierres sèches était donc beaucoup plus haut qu'aujourd'hui (voir les photos de l'édifice d'origine dans l'ouvrage de Christian Lassure:"Le calvaire en pierres sèches de Coët-Correc à Mûr-de-Bretagne, Côtes d'Armor".

La vue de droite montre l'allée couverte qui n'est plus qu'un alignement de deux rangées d'orthostates parallèles allant se perdre sous l'arche à arc en anse de panier.


La vue de gauche montre la partie ouest terminale avec ses "tables supérieures" encore en place. Sous cet angle, on  peut apprécier la qualité de la maçonnerie en pierres sèches. L'auteur de ce travail qui voulait christianiser ce monument païen, aura réussi à sauvegarder l'intégrité du monument primitif sous l'arche (le calvaire, lui, a disparu).

Cette vue de la partie est du monument, montre le vestibule qui ici est latéral et non pas dans le prolongement de l'allée couverte comme au Liscuis. Une "chatière" correspondant à l'ouverture d'accès au couloir est bien visible et taillée dans deux orthostates de schiste. Cette disposition particulière laisse supposer l'existence d'un tumulus à cet endroit ou d'un cairn si l'ouvrage est plus tardif. Il semble toutefois, selon une source locale que cette allée couverte serait du néolithique terminal, début de l'âge du Bronze.

vendredi 5 octobre 2012

poème

La maison
La vieille maison de pierres habite le silence
De cette fin de jour pluvieux et déprimé
Ses murs épais renferment la discrète présence
D'un esprit solitaire attaché à l'endroit.
Ecoute dans la pénombre le doux son de sa voix
La mélodie des songes dans la maison hantée.

Parfois un vent rageur fait vibrer la toiture
Son souffle dans les arbres aux membres torturés
Tente alors mais en vain d'étouffer la voix sûre
Du veilleur qui patiente dans l'espace enchanté.
Vent turbulent d'octobre tue le temps engourdi
Et le chant du veilleur berce les coeurs meurtris.

La nuit tombe sur la lande gémissante et mouillée
Dans la maison de pierres au foyer rougeoyant
Le ballet coloré dans l'espace flamboyant
Des flammes sur les murs éclaire la nuit sombre.
La ronde des secrets visitant la pénombre
Ravive le souvenir des plaisirs oubliés.

Alors mélodieux sur fond de vents de mer
L'esprit dans la maison prend de nouveaux accents
Les râles du plaisir se confondent et libèrent
Dans la douce chaleur du feu se consumant
Le message d'amour au parfum des passions
Sublimes, intimes et douces lovées dans la maison.


mardi 25 septembre 2012

Poème

Patience

Flammes et tisons en cheminée
Dansent la ronde des souvenirs
Un temps magique s'en est allé
Passe la vie en un soupir

Est-il possible de renoncer
A ces épures de grands désirs
Aux mots magiques ensoleillés
Aux sources vives des plaisirs?

La poésie, belle éternelle
Apaise et parle de l'infini
Elle seule pèse en immortelle
Qui me console et me nourrit

Mon regard scrute les étoiles
Témoins la nuit du temps passé
Un vent léger gonfle la toile
Du vaisseau bleu de mes pensées

Je m'abandonne au rêve ultime
D'une lecture sur un cahier
De poésie belle et sublime
Du grand Rainer Maria Rilke.

vendredi 21 septembre 2012

archéologie

Tumulus et allées couvertes du Néolithique

La période Néolithique a laissé dans le pays de Gouarec de nombreux vestiges comme on peut s'en rendre compte en se promenant dans le pays et/ou en visitant ce blog. Cette période qui débute il y a plus de six milles ans correspond à la sédentarisation de groupes humains organisés dont on sait fort peu de choses. Les menhirs dressés sur les collines et les monuments funéraires (tombes en V, allées couvertes, dolmens) sont les seuls témoins de cette civilisation (avec le site d'exploitation de haches en dolérite de Quelfenec). La position des monuments funéraires dans la topographie locale montre que le choix effectué correspond à une croyance ou a des rites établis. Il ne reste de ces monuments que la structure interne en pierres de schiste pour la région de Gouarec, mais à l'origine, ces structures de pierres étaient recouvertes, probablement par un galgal (mélange de terre et de pierres avec dominante de pierres) et l'ensemble déjà situé sur une hauteur constituait une élévation circulaire amplifiant l'effet de hauteur comme le montre le tumulus très bien conservé de Kernours (2500 av JC)près du golfe du Morbihan (sur Bono).

Vue d'une allée couverte du Liscuis dont on aperçoit à droite, les restes du tertre de recouvrement. La présence du recouvrement augmentait la résistance de la structure interne à l'écrasement des dalles pariétales.






Allure de la tombe lorsqu'elle dispose de son recouvrement: tumulus de Kernours (2500 avant notre ère). Ce tumulus parfaitement conservé possède un couloir interne formé de dalles de granite. Il est visible sur la commune de Bono près d'Auray (Golfe du Morbihan).

mardi 11 septembre 2012

poème

"Pas de rose sans épines, mais beaucoup d'épines sans rose"
                                       Irvin Yalom "La méthode Schopenhauer"

Aux chemins creux d'hier, sans fin tu chercheras
Dans la brise légère et le murmure de l'eau
Les instants disparus de patients pas à pas
Aux rives d'un grand lac, au rythme de ses eaux

Le soleil dore encore la pierre qui s'échine
A dresser vers le ciel ses arêtes saillantes
Au fond de la vallée, sous la mousse, les ruines
Conservent en secret des histoires troublantes

Dans l'été finissant se prépare le sommeil
Du pays des légendes, des landes et des bois
Les roses déjà se fanent sous le dernier soleil
Resteront les épines et l'attente du froid!

jeudi 9 août 2012

Chapelle de Rosquelfen

Patrimoine mobilier de la chapelle, du plus ancien au plus récent.


 Il semble que le mobilier le plus ancien de la chapelle soit cette crédence en deux parties, encastrée dans le mur nord du choeur. Elle daterait du XVe siècle et dispose encore aujourd'hui de ses ferrures d'origine. Chacune des portes est articulée dans sa partie centrale et s'ouvre en deux parties.Ce type de mobilier est extrêmement rare et mérite donc une attention toute particulière dans les opérations de restauration à envisager.












Le mobilier le plus récent est représenté par la statue de Notre Dame de Bon Secours qui date de fin XVIIe siècle et qui est déplacée en procession lors de chaque pardon. L'origine de cette statue proviendrait d'une alliance entre familles de Rosquelfen et familles de Guingamp où l'on tretrouve N.D. de Bon Secours (ainsi que Saint Loup dont la statue décapitée est visible dans le porche d'entrée).
De la même époque et du côté du choeur opposé, se trouve une statue du Père Eternel.
Les statues en plâtre actuellement visibles dans l'édifice ont été rapportées récemment et n'entrent pas dans le patrimoine historique de cette chapelle.




Père Eternel dans le choeur, côté opposé à la vierge. Ces deux statues sont  les plus récentes du patrimoine de la chapelle.
Pour être complet sur ce sujet, il faut également noter la présence d'une chaire de prêche en assez mauvais état, avec une peinture sur panneau de bois  qui date du XVIIIe siècle (date: 1761 gravée sur la partie haute de la chaire).

mardi 17 juillet 2012

Poème

Allées couvertes

Un vent d'ouest bavard
Sur le chemin des landes
Pousse dans un ciel noir
La longue sarabande
D'épais nuages gris
Fuyant vers l'Orient
Passe et coule la vie
Dans la rivière du temps

Les trois allées couvertes
Dalles de schiste sombre
Sont les portes secrètes
De ce pays des ombres
Des mousses et des fougères
Où le romain jadis
Explorait les ferrières
Sur les flancs du Liscuis

La mémoire féconde
Interroge le temps
Et les antiques tombes
Indiquent aux vivants
L'invisible chemin
Des départs pour Cythère
Du bonheur les témoins
Sont ces tables de pierre.

dimanche 8 juillet 2012

Poème

Un mot 

Maison ceinturée d'arbres
Aux murs de schistes sombres
Et toi dans l'ombre
Toit d'ardoises colorées
Patinées par le temps
 Si rassurant
Les arbres en majesté
Aujourd'hui disparus
Paradis nu
Silence assourdissant
Mémoire cruelle et vive
Coeur en dérive
Temps magique effacé
Solitaire, suspendu
Une voix s'est tue
Sur les chemins des landes
Elfes et lutins attendent
Un écho de ta voix
Un mot de toi.

mardi 3 juillet 2012

Patrimoine

Lieux sacrés et fontaines

Dans un message précédent, rédigé le 5 mai 2011, il était question de l'origine du nom Rosquelfen. Une autre interprétation existe à partir de quelfen (orthographié quelven en 1280 et Kelfen en 1781). Il se trouve à quelques dizaines de kilomètres de Rosquelfen, côté Morbihan, un lieu nommé Quelven, endroit où se déroule chaque année l'un des plus importants pardons de Bretagne. D'après le chanoine Falc'hun, spécialiste d'onomastique, quelven viendrait de kel (kelc'h): le cercle et gwen: blanc ou pur ou sacré. Le cercle sacré est donc un endroit important. Rosquelfen peut être interprété de la même façon comme la colline du cercle sacré. 
A Quelven, c'est la fontaine située dans le vallon en contrebas de l'église qui marque l'origine sacrée du lieu.
 Le culte des fontaines sacrées remonte dans l'Occident celtique au druidisme. On connait l'importance de l'eau, de la terre et du feu dans la civilisation celtique (Gwenc'lan Le Scouëzec). Ce culte a été récupéré à l'époque romaine par une substitution de divinités dans les mêmes lieux. Le christianisme a voulu gommer ces cultes païens en édifiant un monument parrainé par un saint ou un
personnage biblique, tout en conservant les propriétés thérapeutiques des eaux devenues "miraculeuses".


L'exemple de la fontaine de Quelven est à ce titre intéressant; dans son enceinte sacrée limitée par une véritable muraille, on y observe les vestiges de colonnes romaines encore présentes et qui semblent témoigner de la continuité du culte depuis les temps druidiques.

jeudi 28 juin 2012

chapelle de Rosquelfen

Fin de la restauration du clocher en juin 2012



Après le transept démonté puis remonté en 2011, le clocher est maintenant consolidé et entièrement restauré. Cette première vue est prise de l'ouest, partie entrée du clocher.




 
chapelle vue du nord

poème

Lumière de juin

Une fin du jour en sombre et gris
Quand l'arlequin du vieux bocage
Perd son éclat, se décourage
Blavet tranquille passe au Liscuis

Le vert en ces lieux prolifère
Et les rochers cèdent la place.
Des ardoisiers, d'anciennes traces
Ont disparu sous les fougères


En cet instant, soleil couchant
Perce le plomb d'un ciel d'orage
Et laisse apparaitre un visage
Dans l'or des blés vers Castel Cran

C'est ainsi qu'un instant suffit
Pour faire éclater la couleur
Réveiller les ajoncs en fleurs
Redonner couleur à la vie.

samedi 23 juin 2012

Chapelle de Rosquelfen

Recherches historiques sur le clocher

Les travaux de restauration du clocher ont permis d'examiner les pierres gravées en détail, avant le retrait des échafaudages. L'ouverture côté sud est particulièrement intéressante:


Le mur de la tour est en schiste mais les entourages d'ouvertures sont en granite. La photographie ci-jointe montre le linteau sculpté massif qui indique la date de construction du clocher (1668).






Partie ouest de l'ouverture avec gravures sur chaque pierre de granite






Partie est de l'ouverture avec pierres gravées





La reconstitution, interprétée par un latiniste du Centre Généalogique et Historique du Poher donne les indications suivantes:
"RECTOR(A)ED(IFICAT) D(OMI)NO MICHAELE DURANDO-CU(RATUS)CLAUDIO LE GLOUANEC..."
Dernière ligne en attente d'interprétation
"Sieur Michaele DURANDO est peut-être l'architecte ou le tailleur de pierres, d'origine italienne visiblement.
Messire Claude LE GLOUANEC a été le parrain de plusieurs enfants dans les registres de Rosquelfen".(G. Le Penglaou)
En latin, RECTOR est celui qui dirige et CURATUS signifie celui qui a la charge de (sens de curator).
Après examen des archives autour de l'année 1668, on constate que Michel Durand ou Durando (la signature comporte souvent un o terminal) est Recteur de Rosquelfen. Le Glouanec ou Gloanec était également le curé de l'époque, celui-ci étant souvent désigné parrain d'enfants à baptiser comme il ressort des archives paroissiales. Il s'agirait donc en réalité du nom des deux prêtres en charge de Rosquelfen au moment de l'édification du clocher.

jeudi 21 juin 2012

poème

La source

Je sais par les sous bois vers les rochers verdis
Une puissante source aux saveurs de la terre
A l'éternelle fraicheur d'une matrice de pierre
Gardienne généreuse de son trésor enfoui

A travers les vieux arbres aux vertes frondaisons
Un timide soleil éclaire la fontaine
Où le coeur se libère et l'esprit me ramène
Aux abords du rivage où se perd la raison

Bientôt tombe la nuit et la lune blafarde
Entoure d'un halo d'or une elfe ou une fée
Silencieuse et légère en ce solstice d'été
Elle revient se pencher sur la source qu'elle garde

Le temps s'arrête alors en ce vallon boisé
La chanson de la source berce le coeur en veille
Sur les rivages d'ombres, de paix et de merveilles
Aux portes du mystère une âme vient d'accoster.

lundi 18 juin 2012

chapelle de Rosquelfen

Restauration 2012

La restauration du clocher est en cours d'achèvement; il perdra bientôt son armature d'échafaudages.

Vu du côté sud-ouest, il est déjà possible, malgré les échafaudages, d'apprécier le travail réalisé par l'entreprise Le Boulzec de Pommerit-Le-Vicomte. Le clocher retrouve une homogénéité et une fraîcheur qu'il n'avait sans doute jamais connu depuis le XVIIe siècle, date de sa construction. L'arasement central de la tour est constitué d'une ceinture de dalles de schiste biseautées et taillées sur toutes les faces.








La corniche supérieure est composée de corbeaux sculptés en granite clair soutenant une corniche de schiste taillé et poli faisant contraste de couleur accentué par les joints de chaux et sable. Les ouvertures ont également été consolidées et l'une d'entre elles présente un intérêt tout particulier par les inscriptions qui figurent sur toutes les pierres d'entourage et qui donnent des indications sur la date (1668) et les noms de personnes vraisemblablement à l'origine de la construction. Une étude de ces inscriptions est en cours.

mardi 12 juin 2012

poème

Un jour de pluie

Découragés par tant de pluie
De ciel graphite chassant l'azur
Les korrigans sont endormis
Aux creux moussus de leurs vieux murs

Les elfes cherchent le soleil
Sous le rideau de pluies sans fin
La nuit qui vient nettoie le ciel
L'ambre et le bleu préparent demain

Puis vient le jour silence aidant
Où la maison ouvre sa porte
Passe l'ennui passe le vent
Qui sous la pluie frappe à ma porte?

mercredi 6 juin 2012

poème

Songes

Crocs d'ardoises
Lande épineuse aux ruines éventrées
Rocs grisés de lichens aux crêtes burinées
Crispation, résistance, silence d'un monde qui se noie
Posture d'un agonisant où seul
le regard sur l'horizon invisible de ses rêves
garde la lumière de l'aube primitive,
celle où la nature peut enfin se contempler
dans le perpétuel mouvement de l'air, de l'eau, de la terre et du feu
quadricèle mobile des ancêtres qui bien avant nous contemplaient l'immense ballet cosmique
dans lequel ils figuraient, dérisoires étincelles du brasier céleste,
mais tout l'univers en eux...

mardi 5 juin 2012

poème

Tristesse

Le ciel bas, le ciel sombre apporte les corbeaux
Et le noir à nouveau vient chasser la lumière
Eteindre la couleur diluée par les eaux
De larmes tristes et froides et l'âme désespère

Quand la maison de pierres prend sa posture d'hiver
Où les portes fermées confirment l'abandon
Du jardin délaissé où l'ancolie prospère
L'esprit pleure l'azur et l'âme en déraison

L'averse étale encore son humide rideau
Qui filtre la lumière, assombrissant l'ardoise
Le jardin se souvient des odeurs de foin chaud
De caresses solaires sur les corps qui se croisent

Les pensées se succèdent, silencieuses et secrètes
Aux couleurs effacées de la morne saison
Mais la mémoire présente, bien vivante et discrète
Ramène la conscience au port de la raison.

mercredi 30 mai 2012

chapelle de Rosquelfen

Blasons de la chapelle.

Nous avons poursuivi l'étude des blasons  de la voûte et du retable avec l'appui de généalogistes et spécialistes de l'héraldique. Le moment est venu de faire le point sur ces recherches.
Suite à une discussion sur le forum de "histoires de Bretagne" (yahoogroupes), et devant une impasse liée au blason du retable (d'argent aux trois croissants de gueules, voir l'article du 30 décembre 2011 sur ce blog) nous avons vérifié l'authenticité des formes et des couleurs en échantillonnant le blason de la voûte.
Ce blason aux trois croissants est positionné sur le premier blochet de la voûte en partant du coeur et tenu par un personnage dont on aperçoit les deux mains de part et d'autre du blason. Celui-ci, comme toute la voûte de la chapelle est recouvert d'une peinture gris-bleu-vert assez indéfinissable car modifiée par le temps. Sous cette couche gris-bleu-vert, les croissants sont colorés en blanc ainsi que le blason lui-même. Ces couleurs sont compatibles avec un blason d'azur aux croissants d'argent, car la couleur azur a pu se modifier avec le temps. Pour le savoir, une analyse des pigments serait appropriée. Ce qui découle de l'examen détaillé de ce blason c'est l'absence de pigment rouge et donc de la couleur rouge sur les croissants.
Un nouveau problème se pose donc maintenant qui consiste à vérifier si les deux blasons de la chapelle ont une même origine alors qu'ils n'ont pas la même couleur.
Question: les couleurs observées sur le blason du retable sont elles les couleurs d'origine ou ont elles pu être modifiées au cours d'une étape de déplacement du mobilier ou d'une restauration ancienne, le rouge rendant les croissants plus visibles sur fond blanc que du blanc sur fond bleu?
Pour vérifier cette hypothèse il est nécessaire d'avoir l'avis des derniers experts restaurateurs du retable (société COREUM de Bieuzy-les-Eaux) et peut-être aller plus loin dans l'analyse des pigments présents. Rappelons que le retable est classé depuis août 1964 et que cette étude devra passer par les services de conservation du patrimoine qui sont seuls habilités dans ce domaine. Pour l'instant, l'hypothèse d'un blason appartenant aux de Ponthou est envisagée car cette famille est bien présente à proximité de Rosquelfen au XVe et XVIe siècle. La recherche se poursuit donc dans ce sens avec l'appui de Pierre Le Dour . A suivre donc...

lundi 28 mai 2012

poème

Le petit jardin

Sur le flanc d'un coteau boisé
Un jardin noyé de verdure
Protège à l'abri de vieux murs
Les vives couleurs de rosiers

C'est à l'aube d'un triste matin
Que boutons et fleurs épanouies
Sans un bruit se sont évanouis
Pleure alors le petit jardin

Un chevreuil est passé par là
Inspiré par les belles fleurs
Fraîches roses aux vives couleurs
Et par leur parfum délicat!

Le temps cicatrise les plaies
Comme les blessures des coeurs
Reviendront bientôt les couleurs
Aux coeurs et aux roses de mai.

Chapelle de Rosquelfen

Les travaux sur le clocher sont en cours de réalisation; la partie supérieure de la tour a perdu son enduit et le mur est en cours de renforcement et rejointoiement.
Une équipe de journalistes réalise un reportage sur le sujet les 30 et 31 mai (TF1)

 Sur la photo jointe, le clocher est  vu du nord. Son armature d'échafaudages ne permet pas encore de se rendre compte du travail réalisé sur la maçonnerie, mais il avance selon le planning établi.

jeudi 10 mai 2012

poème

Daoulas

Les dentelles de schiste
Accrochent les nuages
Dans cet endroit sauvage
Où la beauté persiste

La vallée verte s'endort
Sous sa cape de bruine
Enveloppant les ruines
De biefs qui coulent encore

Et la mémoire dérive
Dans la gorge profonde
Où les échos de l'onde
Ricochent sur les rives

Sommeil de deux milles ans
D'un ancien pont romain
Y dansent les lutins,
Passe l'eau, passe l'an!

Fier torrent bondissant
Le Daoulas lave l'or
Et offre ses trésors
A l'éphémère passant.

mardi 8 mai 2012

archéologie

L'allée couverte de Bochacoat (Lande de Gouarec, sur commune de Plélauff, Côtes d'Armor)

Lors de la rando Muguet organisée par les Korriganed Gouarec le 6 mai dernier, le circuit patrimoine est passé à proximité d'un vestige néolithique bien connu dans le pays sous l'appellation "allées couvertes de Bochacoat". Mais si le nom est connu, l'emplacement de ce qui reste aujourd'hui de cet ensemble qui comportait encore dans les années 1960, au moins deux monuments séparés, est particulièrement difficile à trouver.

Sur cette vue, on distingue l'extrémité est de l'allée  avec une pierre de couverture en schiste d'environ quatre tonnes et qui est basculée vers le nord (affaissement du pilier (ou pierre brute)de soutènement nord.
Ce vestige d'environ 5000 ans est contemporain du site néolithique du Liscuis, beaucoup plus connu et fréquenté, sur l'autre rive du Blavet (en Laniscat).




 Sur cette vue, c'est la partie ouest de l'allée couverte de Bochacoat qui est visible avec une dalle de couverture encore en place. Les dalles pariétales sont affaissées vers le centre de l'allée du fait de la pression latérale; l'ensemble n'étant plus tenu par le tertre de recouvrement qui a disparu. Ce monument funéraire correspond à une sépulture collective de sédentaires installés sur place et développant l'agriculture. L'abondance de tels monuments (pas toujours respectés comme ils le devraient) témoigne de l'occupation du territoire par des groupes humains organisés et dès 6000 ans avant notre ère.

mardi 1 mai 2012

chapelle de Rosquelfen

La nouvelle tranche de travaux vient de débuter sur le clocher de la chapelle de Rosquelfen. Comme indiqué dans l'article précédent, ces travaux vont consister à réduire les désordres de maçonnerie constatés, supprimer les fissures et remplacer les pierres trop fragilisées. Ces travaux sont réalisés à nouveau par l'entreprise Le Boulzec de Pommerit-Le-Vicomte.

Sur cette vue, c'est la face nord du clocher et son habillage d'échafaudages qui est visible. La même installation est faite sur les deux autres faces.
Cette seconde vue prise sur le côté nord de l'entrée principale du clocher (face ouest) montre le réemploi d'un bloc de granite sculpté (deux sommets de colonnes) qui se trouvait vraisemblablement sur l'entrée ouest de la nef avant la construction du clocher, entrée du XVe siècle donc, démontée au moment de la construction du clocher et placée dans la nouvelle entrée du XVIIe siècle. L'un des blocs de granite en dessous est fendu sur toute son épaisseur (flambage vertical), ce qui dénote des contraintes anormalement élevées sur ce côté nord de l'ouverture.

mardi 24 avril 2012

poème

Essai d'ornementation de la source du Rocher du Marquis

Elfe des sources vives
Gardienne des fontaines
Il n'est plus temps pour toi
De veiller en silence
Ta présence ignorée
Par trop d'indifférence
Laisse la s'exprimer
En sagesse souveraine.
Dire aux consuméristes
Qui toujours te méprisent
Et confier sans attendre
Aux nombreux promeneurs
En traduction d'artiste
La fragile saveur
D'un espace naturel
Par la source transmise.

vendredi 20 avril 2012

Archéologie

Itinéraires antiques du secteur Laniscat-Gouarec (Côtes d'Armor)

De nombreux auteurs ont publié sur les voies antiques armoricaines (A. Le Diuzet, R.P.Giot, J. L'Helgouach, J.Briand, J.Y. Eveillard, R. Kerviler...) et en particulier sur la plus importante voie romaine du secteur, celle de Condate-Vorgium (Rennes-Carhaix) que l'on peut suivre de St Gelven à Gouarec, à partir des indications de J.Y. Eveillard.
Cette voie passe à 100m à l'est de la chapelle St Golven, se dirige vers le Halien, puis le Zélo. Elle se poursuit à 300m au sud de l'église de St Gelven et va vers le Longeau où elle traverse le Daoulas sur un pont à multiples dalles de schiste, encore visible aujourd'hui.
Cet ouvrage mériterait sans aucun doute une action de restauration. Il constitue l'un des rares vestiges encore en place de cette importante voie romaine. De cet endroit, la voie remonte sur Canac'h Laeron, Toul Bleiz, an Alle Braz et le Liscuis en passant sur une chaussée surélevée empierrée qui marquait le passage du Len, ruisseau du Liscuis. La voie bifurque ensuite à gauche pour reprendre son tracé  est-ouest. Dans la sortie de la vallée du Liscuis se trouvait au moyen-âge, une fortification appelée "Castel Liscuis coz" qui gardait l'entrée du village de Rosquelfen (C489 et 490 du cadastre de Laniscat).
La voie passe à 200m au sud de la chapelle de Rosquelfen et emprunte la "venelle de Rosquelfen" qui la fait déboucher au carrefour actuel de la route Gouarec-Laniscat et Gouarec-Ste Tréphine (lieu dit le Poteau). La voie traverse le Blavet au nord de Gouarec sur un gué dallé pour passer à 100m au sud de la chapelle de St Gilles. Elle rejoint ensuite Stangarmel, Kerjaffray, St Jean, Kerleau en traversant le Doré, Kerabin et arrive à Rostrenen par Coadernault.
Deux autres voies croisent cette grande voie est-ouest, une à Gouarec (par la Villeneuve, Stango)
et l'autre à l'est de la vallée du Daoulas (Bon-Repos, St Gelven); itinéraires précisés ultérieurement.
Les trois photos jointes concernent le franchissement du Daoulas par la grande voie Condate-Vorgium. Les structures en pierres sèches de l'ouvrage important par sa longueur, sont encore visibles bien que bousculées par la végétation. Un projet de restauration de cet ouvrage serait en cours d'étude (communes de Laniscat et St Gelven, avec l'aide d'une association dynamique de marcheurs locaux (Korriganed Gouarec).

mercredi 18 avril 2012

Archéologie

Les  "lec'h" du pays de Gouarec

Des monuments hérités de la culture néolithique sont nommés Lec'h, ce qui correspond à une pierre taillée ou façonnée. C'est en effet un monolithe en pierre relativement abondant en Bretagne. Il marquerait selon certains auteurs l'emplacement d'un lieu d'inhumation d'un grand personnage et correspondrait donc à la partie aérienne visible d'une sépulture individuelle. Dans la région de Gouarec il en existe de magnifiques, toujours disposés à proximité d'un monument religieux important (église, chapelle), une juxtaposition qui ne doit rien au hasard mais qui ne correspond pas le plus souvent à l'emplacement d'origine de ces pierres taillées appelées aussi "cippe funéraire". Cette promiscuité entre cippe celtique ou lec'h et monument religieux bien postérieur respecte néanmoins l'histoire puisque chaque monument représente une civilisation et des croyances différentes à des époques également différentes. Selon certains auteurs (de Keranflec'h), ces monolithes seront utilisés jusqu'à l'expansion du christianisme dans toute la Gaule et même plus tard et probablement sous forme christianisée comme celui de Perret (monuments du haut moyen-âge).

Cette première vue montre le lec'h de Plélauff, implanté à proximité de la très belle chapelle de N.D de la Croix. Ce monolithe en granite est taillé sur quatre faces avec troncature des arêtes, ce qui lui donne une section octogonale sur une hauteur proche de trois mètres. On peut observer sur sa surface ouest, un début de desquamation typique de l'altération des blocs de granite qui ont tendance à s"écailler en "pelures d'oignons". A proximité de cet endroit, au lieu-dit le Moustoir a été découverte une borne milliaire romaine de forme conique, visible sur le bord de la route qui va de Plélauff à Mellionnec.L'allure générale de ce lec'h de Plélauff est proche d'un menhir mais qui serait entièrement taillé.
Le lec'h de Perret en granite de Pontivy (ce granite affleure à Silfiac et Séglien, donc à proximité) a été christianisé par ajout d'une croix. Il se situe dans l'enclos paroissial de Perret, à proximité de l'église. Selon de Kéranflec'h-Kernezne, ce monolithe pourrait correspondre à la cippe funéraire du Tyern Alfret ou Auffret lui-même, un personnage cité dans le cartulaire de Redon (871), responsable d'une usurpation de terres au détriment des moines de Saint Ducocan et qui aurait donc été à l'origine de la venue dans cette région du roi Salomon pour régler ce litige comme un simple juge de paix.
Ce lec'h à section rectangulaire fait environ deux mètres de hauteur au-dessus du sol.
Le lec'h cannelé de Sainte Tréphine est reconnu comme l'un des plus beaux de Bretagne. Adossé au pignon d'une petite chapelle, il correspond à une sorte de cylindre granitique entièrement taillé sur toute sa circonférence et approche également les trois mètres de hauteur. Un lec'h conique plus petit (environ un mètre) se trouve à proximité de l'église, noyé dans la végétation.Sur cette photo, les cannelures du grand lec'h sont particulièrement bien visibles et font de ce monolithe de granite, une véritable oeuvre d'art!

dimanche 15 avril 2012

poème

Attente

Encore un mot pour dire le temps
Le temps passé et disparu
Temps lumineux, étrange temps
Eclaire encore les jours perdus
Temps violent, passé l'instant
D'un rêve bleu le long des rives
D'un lac immergé dans les bois
Sur sa surface ridée dérive
Le regard perdu qui se noie

Attente longue et passe l'an
Les saisons défilent sans hâte
Et rien ne vient troubler le temps
Dans la maison où fume l'âtre
La mémoire illumine encore
Les confidences faites à voix basse
L'ambre au regard, le soleil d'or
Temps partagé jamais ne lasse!

En conjuguant à l'imparfait
Le verbe du temps suspendu
Le temps présent sans doute pourrait
Faire oublier le temps perdu
Mais la mémoire toujours fidèle
Redore les instants lumineux
Temps trépassé, mémoire cruelle
Laisse au présent le temps des voeux.

jeudi 12 avril 2012

poème

Un signe entre soleil et pluie

Où vont les jours mouillés d'avril
A l'ombre des labours célestes?
Venant du Nord, l'écho funeste
De vents glaçants me rend fébrile!

Crêtes en deuil, lande venteuse
Gardent l'accès d'une vaste grève
Où je composais dans mes rêves
Une symphonie généreuse

Dans cet espace-temps indécis
Un peu lézard puis salamandre
Un petit signe sans attendre
Viendra réenchanter la vie!

samedi 7 avril 2012

poème

Le papillon

Voletant librement, gracieux, indifférent
Un papillon se pose sur la fleur épanouie
Un instant se révèle la sublime harmonie
D'une union adoubée par un soleil montant

Triomphent la jeunesse et les vives couleurs
De l'insecte et la fleur à corolle déclose
Ses pétales de velours où la couleur explose
Embaument le jardin de suaves senteurs

Et l'instant lumineux étonne la raison
Comme ce moment magique où la porte s'entrouvre
Sur un bonheur soudain que tous les sens approuvent
Et qui dure le temps du fragile papillon

Jeunesse colorée, parfumée, éternelle,
Danse sans regarder au delà du présent
Un papillon viendra à nouveau simplement
Se poser sur la fleur qui toujours sera belle!

vendredi 6 avril 2012

poème

Mélancolie

Dans la maison ensommeillée
L'horloge rythme le silence
Son disque de métal balance
Un lent clin d'oeil d'éclat cuivré

Nul ne peut arrêter le temps!
Les korrigans la nuit reviennent
Sur les chemins des mines anciennes
Discrets témoins d'un autre temps


Ardoises bleues sous givre blanc
Le soleil monte dans l'azur
Les lézards sortent de leur vieux mur
La fleur d'ajonc a tout son temps!

Cheminent encore elfes et lutins
Sur "grande allée",la voie romaine
Où gît la mémoire souveraine
Des saveurs du premier matin.