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lundi 3 mars 2014

Minéralogie

La métadolérite de Quelfénec en Plussulien (22)
Au flanc d'une colline correspondant à la partie nord de l'anticlinal de St Mayeux-Laniscat, butte parfaitement visible dans le paysage lorsque l'on circule sur la route de  Laniscat à Saint Mayeux, se détache en relief l'affleurement de métadolérite, une roche finement grenue dans laquelle les hommes du Néolithique ont réalisé des millions de haches entre environ 4000 et 2000 ans avant l'ère chrétienne.
La coupe géologique allant de Guerlédan au Haut-Corlay montre la position des diabases (dont la métadolérite) qui apparaissent à la faveur d'accidents tectoniques (failles) synchrones du plissement Hercynien, une construction polyphasée du relief de l'Armorique se déroulant au Carbonifère (et à partir de 360 Ma). A Quelfénec, il s'agirait selon les cartographes d'un sill  en position de laccolite (qui est une injection de matière entre deux couches préexistantes avec déformations de la couche "plafond"). C'est l'érosion du relief qui fait apparaître en surface le gisement de métadolérite, plus résistant que les schistes environnants.
 Les détails de la découverte de cet affleurement et de ce site archéologique par Charles Tanguy Le Roux en 1964 sont visibles au musée d'archéologie en mairie de Plussulien.
Qu'est-ce-que la métadolérite? Les pétrographes classent cette roche dans les diabases, roche plutonique grenue et issue de la transformation (métamorphisation) de la roche d'origine, une dolérite, roche sombre à dominante de Pyroxènes et plagioclases.
Cette hache en métadolérite de Quelfénec montre l'aspect finement grenu et régulier de cette roche dont les hommes du Néolithique avaient bien repéré les propriétés utiles: prise d'un bon poli et donc réalisation  de tranchants efficaces mais aussi, capacité à durcir après extraction et traitement, bonne résistance aux chocs. Du point de vue minéralogique, la métadolérite est composée d'albite (un plagioclase)altérée, d'épidote, d'augite (un pyroxène) partiellement transformé en amphiboles fibreuses de la série actinolite-trémolite, de chlorite (minéral phylliteux, c'est-à-dire en feuillets, sorte de "mica"vert). On y trouve également un certain nombre de minéraux accessoirs comme l'ilménite (opaque à Fe, Ti), le sphène, le leucoxène (produit d'altération des minéraux titanés et donc de Ti). On y trouve également une faible quantité de quartz microcristallin qui entre dans les qualités de résistance à l'usure de la pierre.
Sur cette deuxième photo, la hache est vue de dessus et on distingue mieux sa patine et son grain fin.Cette partie minérale est en fait ce qui correspond à la lame, puisque celle-ci était parfois collée dans un bois de renne, lui-même emmanché dans du bois (voir les outils du Néolithique au musée de Plussulien).Sources: BRGM Bretagne 2005 (E.Thomas et al,et coupe structurale carte 278 de Quintin; 1/50000).

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