Libellés

dimanche 18 octobre 2020

Poème

Echos du monde sur vieilles landes 

Un tapis de barbelés
D'ajoncs! La forêt à l'horizon
Où s'en vont les vieux sentiers
Les jours passent et les saisons
Sentier sur la lande, côté vallée du Daoulas:oct 2020

 Rêves d'azur, rêves  d'amour
Une fée dans le gris du jour
Me fait encore ses confidences
Bientôt Samain et les mois noirs
Le vent qui disait hier au soir:
"Au diable les hommes en démence"!

Esprits étriqués et perdus
Fanatiques de toute obédience
Sachez que les enfants de France
Ont la Liberté pour vertu!

Chemin des Landes du Liscuis:sept 2020

Loin des frémissements urbains
Des heurts et clameurs du lointain
Les landes apaisantes s'alarment
La source au Rocher balbutie
Quelques notes de sa mélodie
Qui ce jour, se mêlent à nos larmes.

mercredi 14 octobre 2020

La lanterne des morts de Guégon en Morbihan

La lanterne des morts de Guégon: élément du patrimoine aussi original que rare en Bretagne.


 Cette colonne de granite sculpté d'environ 1m de hauteur se situait dans le cimetière de l'église St Pierre-St Paul de Guégon dont la partie romane date du XIIe siècle, avant le déplacement du cimetière à l'extérieur du centre ville. Replacée sur le parvis de cette église (mais malheureusement sans respecter l'implantation d'origine), la lanterne des morts datant du XVIe siècle  fait partie des six lanternes des morts répertoriées en Bretagne si l'on considère celle de St Divy à Loguivy-Plougras comme non certifiée. Certains sites parlent d'une datation contemporaine de l'église romane primitive, ce qui ferait remonter la lanterne au XIIe siècle, devenant ainsi la plus ancienne de Bretagne.
Plusieurs lanternes des morts en France sont datées du XIe au XIIIe siècle. Si la lanterne de Loguivy-Plougras était certifiée, étant du XVIIe siècle, elle serait la plus récente de France, érigée après la Contre Réforme.



Cette colonne de granite servait à recevoir une lampe qui était allumée lors du décès d'un paroissien perpétuant ainsi un ancien rite de la lumière dont la fonction est de guider l'âme du défunt;  fonction symbolique forte (conférence de Jean-Yves Cavaud le 8 février 2014 sur cette lanterne des morts). La lanterne était également allumée le jour de la fête des morts et à la Toussaint.
Dans la plupart des paroisses et jusqu'au début du XXe siècle, des lanternes des morts portatives ont été utilisées lors du déplacement d'un officiant pour donner les derniers sacrements aux mourants ("extrême onction"). Â Rosquelfen, ces lanternes étaient des cylindres métalliques perforés pour laisser passer la lumière et montées sur une hampe de bois (comme une hampe de bannière).
Sources: Patrimoine de Guégon par Joseph Marie Le Mené: 1891
patrimoine.bzh
gerval2.free.fr/lanternedesmortsdeguegon56guegon.htm

jeudi 8 octobre 2020

Poème

Tourments d'automne

Année agitée, indicible

Quand la société se défait!

Le vent hurle au creux des arbres morts

Son chant d'apocalypse.

Les cris lugubres des corneilles

Ponctuent le grondement des bois,

Spectres ruisselants

Dans le souffle de la tempête.

L'étrange atmosphère de fin du monde

Jette son voile gris sur les humains


Etonnés, résignés

Inquiets!

Mais sous le fracas des vents déchaînés,

Le discret battement rythmé

De coeurs dans le même tempo,

L'incomparable vibrato

D'une ultime symphonie

Qui m'accompagne pas à pas...


 

dimanche 4 octobre 2020

le dolmen de Guidfosse en Plouray, Morbihan

Dolmen de Guidfosse, près de Tourlaouen en Plouray, Morbihan

Ce monument  daté du Néolithique est classé MH depuis 1978.
Une chambre funéraire unique de 2m50 x 1m80 est recouverte par une grande dalle de granite reposant sur des orthostates également en granite. Il s'agit d'un granite grossier à deux micas qui affleure  à proximité de cette crète topographique composée  de granite appartenant au massif de Langonnet, lui-même dans l'ensemble de Rostrenen-Pontivy, d'origine Varisque ou hercynienne. Cette disposition se retrouve fréquemment pour ce type de monument. Celui-ci a perdu son tertre de recouvrement (tumulus ou cairn selon la composition du recouvrement).
A proximité de cet endroit, trois tombes à coffres de l'âge du Bronze ont été également découvertes (Mégalithes bretons). Le 22 septembre dernier, une conférence était organisée à Plouray avec visite de ce monument dont la chambre (ouverture) est orientée sur l'axe d'équinoxe d'automne, qui ce jour là était à 15h: moment furtif à saisir par conditions météorologiques peu favorables!
Cette visite précédait la conférence de Howard Crowhurst sur le thème de l'influence de l'astronomie dans l'alignement des mégalithes.
Ce thème au premier abord séduisant et présenté avec une qualité d'images exceptionnelle laisse les scientifiques perplexes, en particulier les archéologues.En effet, partir d'une "intime conviction" et étayer celle-ci par les observations et calculs qui vont dans le sens de la conviction mais en ignorant tout ce qui n'entre pas dans ce cadre est bien évidemment irrecevable. De nombreux monuments qui vont des tumulus à couloir coudé aux allées couvertes comme celles du Liscuis en Laniscat (22)présentent des orientations différentes qui dépendent plus de la topographie locale que de l'astronomie. Les techniques de datation par rapports isotopiques sont plus fiables aujourd'hui qu'il y a 50 ans , ce qui permet d'avancer dans l'étude de ces monuments.Il n'en reste pas moins vrai que les hommes du Néolithique ont observé le ciel  et sans aucun doute celui-ci, comme le souligne le conférencier, a représenté une forme de repère stable avec les solstices et les équinoxes, la position des étoiles toujours fiable par opposition à une terre sans doute plus "chaotique"! Le thème dans tous les cas passionne et alimente le rêve bien nécessaire dans ces temps d'incertitude et d'anxiété...

lundi 28 septembre 2020

Statue ouvrante de N.D.du mur à Morlaix, Finistère

La statue ouvrante de Notre Dame du Mur

en l'église Saint Mathieu de Morlaix.

Cette statue figure au catalogue des trésors des églises de France et aurait été réalisée autour de l'an 1400 dans la région de Cologne. Elle est l'une des trois vierges ouvrantes de Bretagne avec celle de Quelven et celle de Bannalec. Il en existe 17 en France qui ont été conservées malgré le Concile de Trente (milieu XVIe) qui les considérait comme suspectes, compte-tenu des illustrations et sculptures internes jugées incompatibles avec le dogme de l'Eglise à popos de Marie. Cette statue est ouverte à partir de la fête de la Trinité (7 juin cette année) jusqu'au 8 septembre. Elle est désormais protégée par un ensemble vitré, suite au vol d'un élément interne de la statue.


En position fermée, la statue représente la Vierge allaitant l'enfant Jésus. Ouverte, la partie centrale est une Sainte Trinité en bois doré. En haut à gauche: l'Annonciation, dessous à gauche, la Nativité et en dessous, la Présentation de Jésus au Temple. Du côté droit et en haut: la Flagellation, dessous: la Résurrection du Christ et en bas, la Descente aux Enfers.
Cette statue est réalisée dans un bois de tilleul. Pour voir les éléments internes qui ne sont pas visibles sur cette photo à travers la vitre de protection: voir le blog de Jean-Yves Cordier et son article de juin 2013 sur ce thème: site: lavieb-aile.com
 

vendredi 18 septembre 2020

journées du patrimoine à Rosquelfen, Bon Repos sur Blavet, Côtes d'Armor

Dernière minute: la chapelle de Rosquelfen sera visitable les 19 et 20 septembre, journées du Patrimoine


 Les Charpentiers de Bretagne ont réalisé un beau travail jusqu'à cet après-midi et ont réduit les échafaudages présents dans la chapelle, ce qui permet de voir le travail réalisé dans la nef. La chapelle sera donc ouverte Samedi et Dimanche pour permettre aux visiteurs de découvrir la nouvelle voûte de la nef en chêne qui offre un aperçu de l'évolution de la pose du lambris entre le XVe et le XVIe siècle. La niche-dais de Notre Dame de Bon Secours, à qui la chapelle est dédiée, réalisée par les bénévoles sera également visible dans la nef tout comme le retable polychrome du transept, ancien jubé de la chapelle. Entrée par la porte Sud du transept en contournant les grilles de protection du chantier du porche.

jeudi 17 septembre 2020

Poème

L'amour, madame, l'amour!

Avec quelle émotion se contemplent les roses
Dans l'espace singulier, présent des tristes jours!
L'inquiétude est palpable et la mémoire impose
La nostalgie d'un temps où l'on osait l'amour.

Où donc s'en est allée la douceur printanière
Par les aubes si fraîches de rosée et de fleurs?
Pourquoi se résigner, nous, passants éphémères
 laisser de nos jours, éteindre les couleurs?

C'est au rêve étouffé, aux utopies perdues
Que la conscience naît de ce qui nous menace
Et la vie d'aujourd'hui est tragédie vécue
Quand la santé devient but ultime qui nous lasse!

L'amour est un répit entre de futurs drames
Seules les passions font vivre, en doutez-vous madame?

 

mardi 15 septembre 2020

Actualité, chapelle de Rosquelfen, Bon Repos sur Blavet, Côtes d'Armor

Mise en place et finition de la voûte dans la nef de la chapelle de Rosquelfen

mise en place du lambris en chêne entre les cerces
Les "Charpentiers de Bretagne"  ont repris leur chantier dans la chapelle de Rosquelfen et terminent en ce moment cette voûte de la nef. L'électricité a été préalablement refaite et la fabrication de lustres dans le style des anciens systèmes d'éclairage du XVe siècle sont en cours de réalisation, ce qui permettra une restitution finale de la chapelle dans sa forme originelle du XVe.



Le lambris posé a été préalablement traité par les bénévoles (couche de protection du bois externe, côté toiture). Il est en chêne foncé côté choeur et plus clair dans le reste de la nef. Pendant ce temps, les travaux sur le porche sont toujours bloqués et en attente de l'avis de l'ABF qui ne semble pas trop pressé par ce sujet! En attendant, le matériel de l'entreprise de maçonnerie disparaît et l'encombrement du cimetière reste un problème.

Espérons une avancée prochaine sur la question. Mais quoiqu'il en soit, la chapelle devrait pouvoir se visiter dès le mois d'octobre et pendant les journées du patrimoine: les 19 et 20 septembre.

jeudi 10 septembre 2020

Les menhirs de Saint Etienne ou Maneven en Malguenac: Morbihan

Le curieux champ de menhirs de Maneven en  Malguenac, Morbihan

Deux menhirs près d'une source à Maneven
Ces menhirs réputés du IVe millénaire avant notre ère ne sont aujourd'hui plus que deux encore dressés pour un ensemble qui en comptait au moins cinq au début du XXe siècle. Le plus grand, au premier plan sur la photo fait 3m25 de hauteur et a fait l'objet d'une note du vicomte Aveneau de la Grancière qui voyait à la base de ce menhir une figure gravée à forme humaine. Curieusement, ces menhirs en granite clair ne font l'objet d'aucune inscription MH, contrairement à la plupart des monuments de ce type.

3e menhir couché de plus de 3m  de longueur

Le troisième menhir est couché à quelques mètres à l'Est du plus grand et un quatrième était également présent à 200m au Sud, près de la fontaine actuelle de Saint Etienne. Notons au passage les efforts de Malguénac et du Pays de Pontivy pour faciliter l'accès à ce site, très facile à trouver en venant de Cléguérec.
Ce menhir couché présenterait selon Aveneau de la Grancière une petite cupule sur sa face Ouest.

menhir de deux mètres cinquante, face étroite


Le menhir le plus éloigné est planté dans le même sens que le plus haut, sa face large vers le centre du thalweg et de la source. Son épaisseur est inférieure au mètre.

Un cinquième menhir existait sur ce site à proximité du quatrième et détruit lors de la construction de la route actuelle.


Le grand menhir présente sur une face, une partie éclatée qui se trouve directement à sa base. Il ne s'agit pas d'un autre menhir, mais d'un élément du plus grand. Est-il tombé au moment de sa mise en place, ou par la suite dans une tentative de destruction volontaire? impossible de le savoir vraiment. Orienté Nord-Sud, sa largeur au centre est de 2m10 pour une épaisseur d'un mètre. Ce type de granite porphyroïde orienté est naturellement plus vulnérable à la desquamation qu'un granite non orienté et homogène en granulométrie.
Sur ce menhir, on voit très bien la zone de décollement de la partie couchée qui réduit fortement l'épaisseur de la pierre. Ce granite clair présente une orientation frustre des cristaux et on y distingue quelques gros feldspaths orientés dans le sens de l'allongement de la pierre. Un réseau de diaclases (fissures sans déplacement) également dans le sens de l'allongement de la pierre facilite l'altération météorique en creusant des sillons dans la roche. C'est ce phénomène naturel qui a été vu par de la Grancière comme une gravure d'origine humaine. Aujourd'hui, le caractère naturel de ces figures ne pose plus de questions. Notons toutefois que les bâtisseurs du Néolithique ont également observé cette forme inexpliquée sur ce bloc de granite et ont pu y déceler une forme humaine. La cupule qui se trouve à l'endroit où l'on peut situer le nombril dans cette forme frustre pourrait témoigner de la justesse de cette observation.


La base du menhir, le plus grand du site encore debout, montre en effet une forme dont la partie centrale est la plus visible, arrondie avec cupule centrale. Cette forme est d'origine naturelle.  On retrouve les diaclases au dessus et sur toute la longueur de la pierre avec des courbes comparables mais moins creusées par l'altération météorique. C'est ce phénomène d'altération qui génère en creux, les "deux jambes" de cette silhouette étrange.

NB: Découverte d'une figure gravée sur le grand menhir de Saint Etienne en Malguenac par Aveneau de la Grancière. Bulletin de la Société Préhistorique Française: 1905.

InfoBRETAGNE.com. Histoire, Patrimoine Noblesse. Canton de Cléguérec


vendredi 4 septembre 2020

 propos des armoiries de la maison de Rohan

 Le blason des Rohan et les macles des Salles de Rohan en Sainte Brigitte (Morbihan).

Un internaute lecteur régulier du présent blog m'apporte une information que je ne résiste pas à soumettre aux lecteurs intéressés par l'héraldique, cette "science du blason" et par l'Histoire en général. Ce lecteur a lu l'article du 16 mai 2018 que je consacre aux minéraux comme la "Croisette de Bretagne" ou staurotide et l'andalousite dans son espèce "chiastolite", losange réputé à l'origine des macles qui figurent sur le blason des Rohan. Ce sujet a fait l'objet d'un certain nombre d'articles, en particulier dans le numéro 63 de la revue "Kaier ar Poher": "Le Cahiers du Poher" sous le titre "Mise au point sur les macles de Rohan", article qui m'avait inspiré une réponse dans le n° 64 de mars 2019 de la même revue.
Ce lecteur me transmet le n°9706 de la revue Historia, un hors série dans lequel Josselin de Rohan, quatorzième duc de Rohan et propriétaire du château de Josselin répond à F. De Monicault et J. Bruno qui rédigent l'article.
 la question:"Les armes de la maison de Rohan sont-elles le A couronné surmonté de la cordelière entouré de fleurs de lys royales?"

Josselin de Rohan répond:"Non, ce sont des motifs que l'on trouve sur les balustres de notre château de Josselin. Les armes de la maison de Rohan sont "champ de gueules à neuf macles d'or". Les macles sont des losanges quasi parfaits, reproduction du cristal que l'on trouve dans la pierre près du lac de Guerlédan, dans la forêt de Quénécan près des Forges des Salles, qui appartenait aux Rohan." 


Les armes anciennes sont "de gueules à sept macles d'or ordonnées 3,3, 1". Elles sont adoptées par Geoffroy de Rohan, cinquième vicomte à partir de 1216. Les Rohan sont présents dans leur domaine de Quénécan dès le XIIe siècle; La signature de l'acte de fondation de l'abbaye de Bon Repos aurait été rédigé en 1184 dans le château des Salles, près de l'étang du même nom, un lieu marqué par la présence d'andalousite dans les schistes de l'ordovicien.

Cette origine n'est sans doute pas exclusive puisque de nombreuses familles nobles auront des macles dans leur blason. L'illustration d'une maille métallique d'une "cotte de mailles" est donc possible et fait encore aujourd'hui l'objet de débats entre archéologues spécialistes du Moyen-Âge.


Dès la fin du XIVe siècle, la forme des blasons se modifie en s'élargissant à la base. Les Rohan ajoutent alors deux macles sur leur blason, ce qui donne le blason actuel adopté par Henri premier de Rohan entre 1552 et 1575. Il est surmonté depuis le début du XVIIe siècle par la couronne ducale, Henri IV transformant la vicomté en duché (en 1603).

lundi 31 août 2020

Poème

 ma muse

Dans la vallée, sous les grands chênes
J'entends encore le vent de mer
Les grands menhirs sont les amers
Qui me rassurent. L'instant m'entraine 
Vers ces nuages en devenir
Le présent ne me fait plus rire!

J'imagine ma muse endormie
Elfes et fées ont disparu
Des oiseaux noirs sont revenus
Et les humains abasourdis
Découvrent les lois du vivant
D'un invisible aussi puissant!

Puis le soleil à l'horizon
Vient rafraîchir des tons pastel
Dans l'ombre douce d'une chapelle
J'entends les notes d'une chanson
Cette voix claire et d'autrefois
Qui soudain ravive un émoi

Muse coiffée d'un beau chapeau
Pour qui dix années font une heure
Est-ce ton âme, est-ce ton coeur
Qui offre ce regard nouveau
La vie encore riche et féconde
Dans un éternel chant du monde?

mercredi 26 août 2020

Mégalithe du Neolithique et chaos du Gouët, Côtes d'Armor

Menhir sur Sainte Anne du Houlin, commune de Plaine-Haute

Sur les chemins du chaos du Gouët, le marcheur peut tomber, en cherchant bien, sur ce menhir aux multiples noms (du fuseau, le Contentou(x), de l'Hôpital ou des Naux). Inscrit MH en 1967, il cache sous les arbres ses 5 mètres de hauteur. En Granite porphyroïde de Quintin, il présente une allure massive qui se termine en pointe avec une base proche de 3 m x 1,40m d'épaisseur. Il se dégage de cette pierre une puissance sourde et mystérieuse qui n'est pas sans rappeler l'effet produit par le célèbre "Rossil" du Nord de St Nicolas-du-Pélem, situé dans le même contexte forestier.


La face Nord comme la face opposée, de ce mégalithe (érigé entre -4500 et -2500 ans avant notre ère) a sans doute été façonnée au percuteur et présente une surface aplanie suffisamment large pour être visible de très loin. Sa position en presque sommet topographique comme de nombreux autres menhirs montre qu'il devait être visible de très loin, dans un environnement beaucoup moins boisé qu'aujourd'hui. Mais quel était le sens précis de ces monuments du Néolithique? Nous en sommes toujours à des hypothèses (voir kreizyarcheo et publications dans ce domaine).

 

mercredi 19 août 2020

Trozulon en Bon Repos sur Blavet, Côtes d'Armor


Chantier en cours sur la chapelle Saint Mathurin de Trozulon en Laniscat (Bon Repos sur Blavet)

Travaux au matin du 19 août 2020
Une visite au chantier "Concordia" qui fait l'actualité du moment dans la presse locale (voir OF du jour) permet de constater l'avancée des travaux  dans la chapelle qui laisse à nouveau voir ses formes .
Un examen attentif des murs permet de constater plusieurs reprises de maçonnerie à différentes époques et de constater également l'antériorité du chevet et de la nef sur le clocher qui a été rajouté en 1783. La chapelle est donc plus ancienne comme on peut le lire dans le Procès Verbal du miracle de Laniscat, survenu à Pohon en 1663:"La dite Françoise Le Bourhis se mit en devoir de descendre dans le puits, ce qu'elle fit en continuant toujours ses bonnes prières et intercessions à Monsieur Saint Gildas et Monsieur Mathurin, les saints patrons de la dite paroisse de Laniscat et de la chapelle y étant nouvellement bâtie en l'honneur de Monsieur Mathurin..."Signatures des témoins: 1663.      
 
Les recherches sur le blason qui se trouve sur le mur externe du chevet vont donc          porter sur les familles nobles du secteur en milieu de XVIIe siècle .
Les pierres utilisées dans cette chapelle sont variées et proviennent en grande majorité du Nord de Sainte Tréphine et jusqu'au granite de Quintin dans son faciès grossier proche de Saint Nicolas du Pélem. La très belle corniche à modillons est en granite jaune à muscovite que l'on trouve également dans le bâti de Saint Nicolas du Pélem (château de Boisboissel en particulier).Les schistes des murs sont du Carbonifère,phase de l'ère primaire qui débute avec le  Dinantien et plus précisément le Viséen moyen qui a donné des schistes parfois ardoisiers et des grauwackes qui sont ces pierres un peu verdâtres à l'allure de grès, que l'on trouve avec le granite dans les entourages d'ouvertures, les parties sculptées (crédence, bases de porte, bénitiers). Les schistes peuvent provenir de la carrière souterraine de Notheret en Sainte Tréphine (les schistes de cette carrière ont une schistosité oblique sur la stratification).Les schistes ardoisiers ont été exploités à Berzoc'h en Plouguernevel, Garzangotec en St Nicolas du Pélem et à Kerborgne en Plounevez-Quintin. les "grès verts" sont des métagrauwackes que l'on trouve également au Nord  de Ste Tréphine et qui ont été exploités pour la construction car leur taille plutôt aisée permet de façonner les blocs pour un usage en grand appareillage. Le quartz laiteux est également présent et il est probable que lors de l'édification du clocher, les contreforts rajoutés sur le pignon Ouest aient été en partie érigés avec des schistes du dévonien (côté Rosquelfen cette fois).

Intérieur de la chapelle au 19/08/2020

Sources: Carte géologique à 1/50000 de Quintin n° 278 et notice (BRGM).


lundi 10 août 2020

Animations et patrimoine en Kreiz Breizh

Un samedi d'août à la chapelle  Lansalaün de Paule (Côtes d'Armor) 

Malgré ce temps perturbé par un virus, la vie continue en Kreiz Breizh comme par exemple ce samedi 8 août à la chapelle de Lansalaün, sur la commune de Paule.

Eclairage nocturne à Lansalaün le 8 août 2020

L'association "Lum et Style" organise des animations dont chacun pourra trouver les détails dans la presse locale,dans et autour de ce monument historique remarquable. Le samedi 8 août, c'était la magnifique voix d'Annie Ebrel qui résonnait sous la voûte de Lansalaün, dans un cadre lié à la fontaine ornée près de laquelle cette chapelle a été construite. L'ensemble illuminations et animation sonore (cris d'oiseaux nocturnes notamment) donne au site une atmosphère étrange où l'on se sent transporté dans un autre monde, hors du temps: un lieu à visiter avec les animations jusqu'au 15 août (date du pardon).


Cette belle initiative de "Lum et Style"mérite d'être soulignée et encouragée. Elle apporte un peu de sérénité dans une période où l'inquiétude est toujours présente. Elle permet également de découvrir un patrimoine isolé dans la campagne et qui mérite le détour!

Cette chapelle a été classée MH le 23 avril 1920. Composée d'une nef à bas-côté Sud à cinq travées, elle date du début XVIe siècle. Elle possède une verrière dite de l'Arbre de Jessé qui date de 1528. Sa voûte en bois a fait l'objet d'une restauration complète comme l'ensemble de l'édifice. Sa situation en fond de vallon et proche d'une importante fontaine semble associée à celle-ci qui faisait autrefois l'objet de rites liés à la fécondité (comme les jeunes mariés faisant sept fois le tour de la fontaine). La chapelle est également appelée chapelle Notre Dame du Folgoet, allusion sans doute à Salaün le fol et saint du Folgoët finistérien (célèbre pour son kersanton), un terme breton qui signifie Salomon en français.

Sources: Patrimoine de Paule (infobretagne)

vendredi 7 août 2020

Poème

Elucubrations caniculaires


Liscuis, forêt de Quénécan, vallée du Blavet

Attentif

Lucide

Interrogatif

Inquiet ou intrépide  

Sur les chemins virtuels de l'imagination

Sans hésitations

Dans l'azur brûlant d'un jour caniculaire

Je me précipite    

Tel un oiseau dans l'air

Au dessus des ruines décrépites

Dispersées sous les arbres

Surplombant la vallée boisée

Conforté par la persistance de la sensation,

Réincarnation

De la corneille sans âge

Qui frappait au carreau de la maison d'enfance.

Bienvenues

Les sensations primitives,

Infantiles

Olfactives

Toujours présentes 

Dans ma mémoire

Où illusions et réalités se bousculent

Alimentant l'éternel questionnement:

"Etre ou ne pas être?"

Au coeur de ce monde qui vacille

Eté en Kreiz Breizh

Dans la clarté crépusculaire   

Des jours d'été

Par pluies et vents désertés

Sous la menace toujours présente

D'un corona virus...   

mercredi 5 août 2020

Chapelle d'Avaugour en Saint Pever, Côtes d'Armor

La chapelle d'Avaugour à Saint Pever, Côtes d'Armor

Dans la campagne vallonnée de Saint Pever, ancienne trève de Plésidy, se dresse la chapelle d'Avaugour construite auprès des ruines d'un ancien château datant de 1034, érigé par les barons d'Avaugour et détruit en 1453 par le Duc de Bretagne JeanV (infobretagne). Elle est construite entre 1454 et 1504. On peut voir sur la façade Ouest de l'édifice les armes de Pierre de Rohan et de Jeanne du Perrier (ou Périer). La chapelle Sud serait la partie la plus ancienne  selon René Couffon qui indique pour celle-ci, la période allant de 1454 à 1476. La chapelle primitive pourrait dater de la fin du XIVe. Les armes de Yvon de Roscerff sont gravées dans l'autel de cette chapelle.



Au Sud , une porte très travaillée, oeuvre de Roland Le Neindre (1570) illustre le martyre de St Sébastien. On observe aussi un joueur de biniou, de vielle et au centre, une roue à carillons. Les départs d'une voûte en pierre surplombant cette porte sont encore visibles dans la façade.
L'édifice est construit en grand appareillage de granite clair et témoigne d'une étonnante richesse sans aucun doute liée aux fondateurs.











Dans la nef se trouvent des statues en bois des apôtres d'inspiration romane mais également un sacraire riche de sculptures (christ en gloire, Ecce homo...) qui est également une oeuvre de Le Neindre (1576).




Une vierge à l'enfant polychrome dans son dais en granite également peint est d'une finesse remarquable et serait datée du XVe siècle ce qui correspond à ce que l'on trouve de plus ancien dans cette chapelle. les autres statues en bois polychrome  seraient du XVIe siècle. 



NB: sources Patrimoine de Saint Pever: infobretagne.
René Couffon: Répertoire des églises et chapelles des Diocèses de Saint Brieuc et Tréguier...

jeudi 30 juillet 2020

Patrimoine bâti de Bon Repos sur Blavet, Côtes d'Armor

La chapelle Saint Mathurin de Trozulon en Laniscat (Bon Repos sur Blavet); un nouvel espoir?

Ruines de St Mathurin à Trozulon en 2014
La presse locale fait depuis quelques jours état d'une initiative qui mérite d'être relayée car elle concerne le patrimoine bâti de Laniscat qui se trouve proche du Sulon à un endroit où le passage entre Gouarec et St Nicolas, comme Laniscat et St Nicolas est de plus en plus fréquenté. Une tentative d'intervention sur les ruines (enlèvement de ce qui restait de la charpente), avait déjà été faite sous la municipalité précédente déjà bien investie sur l'église paroissiale, la chapelle de Rosquelfen ou le calvaire de Keriolet. Mais l'établissement scolaire de Quintin qui intervenait sur l'édifice avait dû interrompre les travaux.


Ruines de St Mathurin: corniche à modillons et reste de 
charpente côté clocher.
Aujourd'hui la commune est en relation avec Concordia, chantier international de bénévoles qui s'engagent sur un projet d'intérêt général avec les habitants. Ainsi du 5 au 26 août et en partenariat avec la Région Bretagne, les jeunes, moins nombreux qu'habituellement pour cause de crise sanitaire "Covid19"vont intervenir avec un animateur de travaux pour nettoyer, retirer le lierre, refaire les joints et surtout cristalliser le haut des murs afin d'interrompre la pénétration des eaux météoriques et donc la dégradation irréversible des murs. Inauguration du chantier le 7 août et la population locale est bienvenue pour apporter son aide.


Photo 2014: la corniche commence à perdre ses éléments

Sur cette dernière vue prise en hiver 2014, on peut observer les effets destructeurs des infiltrations d'eau sur la corniche à modillons en granite sculpté qui devient dangereuse par chute de pierres. Il y avait déjà en 2014, urgence à cristalliser le haut des murs et six années se sont écoulées depuis. Souhaitons du courage à tous les intervenants  et un nouvel avenir à Saint Mathurin!
NB: Cette chapelle est du XVIIe siècle. Son clocher date de 1783. Elle est vendue à la Révolution à Toussaint Le Bourhis qui la revendra à la Fabrique de Laniscat le 18 juin 1822. Sur la deuxième photo jointe, on peut observer un blason dans le mur du chevet à pans coupés. Il s'agirait selon Frotier de La Messelière du blason de la seigneurie du Liscouet. Ce blason serait alors "d'argent au chef de gueules rempli de 7 billettes d'argent, 4 et 3". Nous savons déjà que ce blason ne correspond pas à cette famille. La chapelle est érigée sur les terres nobles du Porzo ou Porzou, une enclave de Ste Tréphine dans Laniscat sous l'Ancien Régime.

vendredi 24 juillet 2020

Chapelle de Rosquelfen en Laniscat: Bon Repos sur Blavet (22)

Difficultés sur la cinquième tranche des travaux de restauration

Etat du porche Sud le 21 juillet 2020
Après démontage de la façade du porche pour pouvoir redresser les deux piliers qui soutiennent la voûte d'entrée dans le porche, des difficultés imprévues apparaissent dans l'exécution de la technique de relevage des murs par méthode hydraulique, méthode choisie par l'Architecte du Patrimoine pour éviter le démontage complet des murs.



Des plots de béton ont été placés sous les murs afin de stabiliser la structure et servir de support à la mise en place de puissants vérins hydrauliques (50T). Sur la photo, on observe le creusement sous le contrefort du pilier Est de l'entrée.



Il se trouve que la pression exercée par quatre vérins de cinquante tonnes ne fait pas bouger le mur, mais provoque une fissuration incontrôlée des blocs qui constituent l'appareillage du mur. Cet échec de la méthode de relevage serait dû aux travaux antérieurs de renforcement de cette façade du porche, notamment par la présence de coulées de béton qui rigidifient l'ensemble du bâti, le rendant tout-à-fait réfractaire au moindre mouvement! Â ce stade du chantier, il ne reste plus qu'à tout démonter pour remonter dans la configuration d'origine, ce qui représente un surcoût et un important prolongement des délais.

lundi 13 juillet 2020

Peinture à l'huile et Rosquelfen en Bon Repos sur Blavet, Côtes d'Armor

Une découverte des dernières années: "le pardon de Rosquelfen", peinture à l'huile sur toile de Roger Candes...





Cette huile sur toile présente un réel intérêt pour ceux qui s'intéressent à l'histoire du village. Elle représente une procession du pardon sortant de la chapelle avec croix, bannières et même une statue dont on peut imaginer qu'il s'agit de Notre Dame de Bon Secours, honorée dans cette chapelle. Elle est portée semble-t-il dans son dais ou meuble de présentation et la procession se dirige vers le Nord, probablement pour suivre ensuite le chemin de terre qui passe devant la grande ferme toujours existante, pour se rendre sur le lieu du "Tantad" qui se trouvait à l'époque à l'Ouest du village, près de la voie romaine. Les costumes féminins correspondent aux costumes Fañch du début du XXe siècle, ce qui permet de dater approximativement l'oeuvre de cette période.

Mais qui est ce Roger Candes?? Il existe un peintre, artiste référencé et côté de ce nom: Roger-Lucien Candes 1907/1972, de l'Ecole Française qui pourrait être l'auteur de ce tableau. Sa signature pourrait    donner un indice supplémentaire à un expert dans la peinture du début XXe
NB/ Utiliser la fonction zoom sur la signature.
Information des derniers jours: ce tableau a été acheté par un particulier de Thonon-les-Bains dans un "bric-à-brac" de Biarritz il y a quelques années. Il est actuellement en cours de restauration à Thonon-les-Bains. Propriété d'un particulier, il n'est pas accessible au public.



jeudi 9 juillet 2020

Poème

Etrange mémoire...

Souvenirs et oublis font l'étrange mémoire
Qui façonne en secret les êtres d'aujourd'hui
Les souvenirs perdus s'évaporent d'une histoire
Quand une absence parfois, dans le coeur me poursuit

Landes du Liscuis

Perception bien vivante de passions émouvantes
J'admire encore le pourpre à cette fleur  divine
Rose vive épanouie dans l'aube renaissante
Caresses d'une voix douce que souvent j'imagine

Les rochers vieux gardiens aux crêtes du landier
Impassibles témoins de nos si courtes vies
Me rassurent et m'apaisent dans l'espace familier
Du décor immuable où dorment les oublis

Etrange mémoire douce, claire, obscure et cruelle
Aux beaux rêves gravés dans la pierre qu'elle scelle!

lundi 6 juillet 2020

Suite, chapelle de Rosquelfen en Bon Repos sur Blavet, Côtes d'Armor

Quelques détails peu visibles dans la chapelle en cours de restauration






Quelques détails peuvent échapper au visiteur (lorsque les visites seront à nouveau permises), même attentif, comme cette "greffe" sur un blochet sculpté du tout début XVe: nef de la chapelle. Seule la partie sculptée de ce blochet a été conservée, car le bois est dans un état très dégradé, compte-tenu de son âge!











Cette deuxième vue montre un autre blochet sculpté, situé sous l'emplacement de "l'accroche" de l'ancien jubé de la chapelle. On devine l'espace découpé dans la sablière et la corniche sculptées et sur lesquelles on peut voir les cerces à rainures, nouvellement peintes à la façon du XVe siècle par les bénévoles encadrés par l'architecte du Patrimoine, Léo Goas.









Autre blochet, audessous de l'encoche de fixation du jubé au XVIe siècle, en vis-à-vis du précédent.






Les deux premiers culots de voûte sculptés,  audessus du maître autel et dans l'axe de la verrière du chevet. La première sculpture est un visage barbu qui peut symboliser un Père Eternel, plaqué contre le mur du chevet.

NB: ces vues ont été réalisées récemment et fournies à l'association des Amis de la Chapelle de Rosquelfen, au cours de la visite de Monsieur Grammare, Délégué Départemental de la Fondation du Patrimoine des Côtes d'Armor, le vendredi 3 juillet 2020.

samedi 27 juin 2020

Dernière tranche de travaux sur la chapelle de Rosquelfen en Bon Repos sur Blavet (22)

Démontage de la façade du porche Sud de la chapelle de Rosquelfen




Les travaux de démontage du porche ont débuté en juin et présentent des difficultés inattendues. Le mur de façade a en effet été renforcé au cours du XXe siècle pour éviter tout mouvement des voussoirs, c'est-à-dire de la voûte en pierre. Ce démontage est rendu nécessaire afin de permettre le redressement des murs latéraux du porche sans les démonter, en utilisant la technique mise en oeuvre en 2013 pour le redressement du mur Nord de la nef (redressement sans démontage du mur par vérins hydrauliques et IPN.) Le travail de maçonnerie est réalisé par Pro BatiBreizh d'Hillion.



La façade d'entrée du porche est reconstituée au fur et à mesure du démontage de la maçonnerie. Les pierres numérotées sont replacées dans leur position d'origine sur le sol en attente du remontage après redressement du cintre dans sa forme d'origine.