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mardi 28 décembre 2021

2021, une fin d'année inhabituelle

2021, une année hors norme, marquée par la situation sanitaire.

Encore une année qui se termine avec l'obligation de prudence face à un virus toujours actif.

L'année va donc se terminer avec pour moi, la préparation de plusieurs publications: sur la chapelle de Rosquelfen tout d'abord puisque, enfin, les travaux de restauration devraient en principe se terminer début 2022, 

Clocher de St-Mayeux en 2021

sur le clocher de l'église de Saint-Mayeux (photo), réputé venir de l'abbaye de Bon-Repos  et nous voyons à la suite des travaux des archéologues réalisés en 2020 et notamment la couverture géophysique par géoradar réalisée sur le site de l'ancienne abbaye cistercienne, que les choses ne sont pas si simples. C'est une occasion de s'intéresser à l'histoire de l'église de Saint-Mayeux et donc de son clocher.

Une autre publication est en cours également sur un sujet bien différent et rédigé à la façon d'un roman inspiré de faits réels; une sorte de récit de voyage dans un univers  éloigné de celui du quotidien et d'aujourd'hui et intitulé: "Le poids de l'équateur".

Enfin je remercie les visiteurs du blog, toujours aussi fidèles puisque depuis 10 ans et 8 mois maintenant il y a eu 138000 visites, c'est-à-dire 35 par jour à consulter les pages, malgré l'absence de publicité, abonnements ou relais par d'autres canaux (comme facebook).

 tous je souhaite une bonne fin d'année et une bonne année 2022, en restant prudent malgré tout. Bonne santé donc à tous et à 2022 sur ce blog!

mercredi 22 décembre 2021

Recherches à Trozulon en Laniscat: Bon-Repos-sur-Blavet 22570

La chapelle Saint Mathurin de Trozulon à Laniscat: Bon-Repos-sur-Blavet

Extrait de l'article paru dans le n°75 Kaier ar Poher


L'article que j'avais rédigé sur ce petit monument ruiné au premier semestre 2021 vient de paraître dans le  n°75 de Kaier ar Poher. Ce numéro est le dernier de l'année 2021 et se trouve dans les points de vente du Kreiz Breizh comme à la maison de la Presse de Rostrenen. 

dimanche 19 décembre 2021

Saint Hervé de Gwendol en Plélauff, Côtes d'Armor (suite)

Les ruines de Saint Hervé en Gwendol, Plélauff (suites)

Pour se faire une petite idée de cette ancienne chapelle oubliée dans sa carrière de granodiorite, au-dessus du lit majeur de la rivière Doré, jetons un regard sur les éléments du bâti qui restent encore debout.

chemin d'accès Sud-Nord
 En arrivant de Plélauff, le visiteur qui ne connaît pas parfaitement l'endroit, se perd dans le village de Gwendol où les chemins forment une véritable toile d'araignée dans toutes les directions. Aucune indication ne permet de se guider dans ce dédale qui encadre de magnifiques maisons anciennes en grand appareillage de granodiorite. Quelques-unes sont en ruine mais d'autres sont encore habitées et entretenues. Le chemin d'accès venant du village et allant plein Nord vers la rivière Doré est tellement pentu qu'il ne permettait pas de remonter un chargement par  traction animale. Un deuxième accès par l'Ouest, un peu moins pentu a donc été réalisé, ce qui fait qu'aujourd'hui, l'emplacement où se trouve la chapelle est encadré par les deux chemins.

Les restes de la chapelle, côté Sud

Il faut escalader un talus boisé pour apercevoir les restes de l'édifice dont rien ne laisse supposer la présence à moins de 30m.

Sa visibilité actuelle est le résultat d'un débroussaillage récent qui permet de redécouvrir les murs. Avant ce débroussaillage, il fallait connaître la présence de la chapelle pour l'apercevoir à quelques mètres!

Sur cette vue prise du N-W, on observe le mur de la nef, partie haute, écroulé, l'entrée de la sacristie à gauche dont on voit un morceau de mur mais qui a totalement disparue, un énorme contrefort armant l'angle N-W (nord-ouest) sur la jonction nef-pignon, côté de la pente, et l'entrée par le pignon Ouest.

Côté N-W, le côté de la pente


 L'intérieur de l'édifice est inaccessible et interdit     pour des raisons de sécurité et parce qu'il s'agit d'un   chantier relevant de la préservation du patrimoine.







Intérieur côté choeur, grand fenestrage nu*

*: Les grandes ouvertures ont perdu leur remplage (éléments de pierre qui maintiennent le vitral en position verticale)



Chevet, côté Est







    



  L'image du chevet permet de voir la corniche, le larmier sur le contrefort (relief mouluré horizontal sur la partie haute du contrefort), la plinthe basse moulurée et qui suit le niveau du sol. Le tout est en grand appareillage de très belle facture et réalisé dans la granodiorite à grain grossier qui est la roche en place à cet endroit. Mais lorsque le travail de sculpture est plus élaboré, les maçons qui ont réalisé cet édifice ont utilisé un granite clair à grain plus fin, comme sur l'entourage de la porte Sud.


lundi 13 décembre 2021

Le jubé baladeur de N.D. de la Croix en Plélauff (Côtes d'Armor)

Dans la chapelle Notre Dame de la Croix en Plélauff, un jubé à l'histoire étonnante.

La commune de Plélauff est connue en Kreiz Breizh des amateurs de patrimoine historique,  parce qu'un ancien jubé du XVIe aussi rare qu'original par les peintures et sculptures qui s'y trouvent est encore visible aujourd'hui dans la chapelle N.D. de la Croix, en haut du bourg. Il est classé MH depuis 1938.

Jubé de Plélauff vu côté fidèles
Ce jubé est un élément décoré placé dans la nef d'un édifice religieux pour séparer les fidèles du choeur ou de l'espace où se déroulent les offices. La base de ce jubé est une balustrade ajourée qui se nomme chancel et la partie haute du jubé est constituée par une tribune qui servait de chaire de prêche avant le Concile de Trente (1545-1563)qui va décider la suppression de ces séparations (après 1563). Ici les panneaux qui représentent les 7 péchés capitaux ont été illustrés par des animaux. Ces panneaux ont été restaurés ou refaits au XIXe siècle. Pour en savoir plus, voir le document réalisé par Michel Simon (cité dans les sources). 

Le jubé de ND de La Croix, côté choeur: les vertus!






Côté choeur, on y voit les vertus et des éléments fragmentaires du décor de la tribune qui montre que ce jubé a souffert et on peut dire qu'il revient de loin tant son histoire est étonnante.

Il faut donc savoir que ce jubé n'est installé à l'emplacement actuel que depuis les années 1960, date où il est remisé au fond de la chapelle après avoir séjourné un certain temps dehors, soumis aux intempéries qui ont sans doute partiellement  fait disparaître une partie du décor sculpté du côté choeur qui semble plus abîmé que le côté nef.

Façade sud de Saint Hervé en Gwendol
Mais alors, d'où vient ce jubé si ce n'est pas un élément d'origine dans la chapelle N.D. de la Croix? Il vient de la chapelle de Saint Hervé ou Sant Ahouarnou de Gwendol en Plélauff. Cette chapelle du XVIe, totalement ruinée est encore utilisée au XIXe siècle (Mr Mahéo, 1839) et possède le fameux jubé séparant la nef de la partie choeur. Il se trouve qu'à quelques centimètres près, la largeur de cette chapelle est la même que celle de N.D. de la Croix (environ 7m), ce qui va permettre le transfert de l'une à l'autre. Cette histoire pourrait s'arrêter là mais ce n'est pas le cas. La chapelle de Saint Hervé fait l'objet d'une restauration dans les années 1990-2000. une association est créée pour assurer la sauvegarde du monument, association réactivée en 2021 (président actuel: Alain Le Maître de Gwendol).

Chevet à pans coupés de St Hervé
Les travaux sont dirigés par l'architecte du Patrimoine Léo Goas Straaiger avec l'aide d'Alexis Le Feur, un habitant du village qui décèdera en 2009 mettant ainsi un coup d'arrêt au chantier. Le pignon ouest aura été entièrement démonté puis remonté avant l'arrêt des travaux.
Cette chapelle a une histoire étonnante. On apprend par l'architecte qu'elle ne se trouve pas dans son lieu d'implantation d'origine. Elle a été déplacée au XVIIe siècle de son emplacement primitif qui se situait en bordure du Doré. La confluence du petit et du grand Doré se trouve au nord immédiat de la chapelle qui devait se situer dans un espace comparable à celui de la chapelle de la Pitié, également proche du Doré plus au sud-ouest, le Doré faisant un grand coude à cet endroit. Cette chapelle est donc du XVIe, fondée par les seigneur de Guiller possesseurs de Gwendol et qui donneront deux abbés commandataires à l'abbaye de Bon Repos eu XVIIe siècle. Mais pourquoi elle a été déplacée? Selon l'architecte, parce que des messes noires étaient dites dans l'édifice au XVIe siècle et qu'il fallait donc effacer cette période. Notons au passage que la fin XVIe correspond aux guerres de religion et aux troubles qui l'accompagnent à cette époque. Le jubé qui serait l'oeuvre d'un atelier carhaisien faisait donc partie de cette chapelle extraordinairement "bipolaire" si on regarde son architecture: une nef sans aucune ouverture excepté la porte d'entrée du pignon ouest en anse de panier, un jubé qui coupe l'édifice en deux parties: un côté choeur qui concentre trois grandes verrières tellement grandes qu'elles fragilisent le mur et vont nécessiter une série de contreforts à chaque angle! Puis des vertus sur le jubé! d'un côté les ténèbres et les péchés (côté peuple) et de l'autre la lumière et les vertus (côté clergé). Vision binaire aussi brutale que fausse! (il suffit encore aujourd'hui de voir l'actualité de l'Eglise). Mais cette chapelle est la seule du pays à avoir cette particularité architecturale encore accentuée par son emplacement actuel: un ancien espace d'extraction de la granodiorite à gros grain, la pierre typique de Gwendol, dans une rupture de pente au nord du village et en retrait vers le canal. La tradition orale du pays explique cette position topographique par l'usage de l'édifice qui aurait été réservé à des malades contagieux, expliquant les deux entrées: une au pignon pour les fidèles et l'autre très ornée pour le clergé, les officiants et nobles, le jubé formant limite dans la chapelle.
Entré ornée de la façade sud


La découverte de ce monument richement orné (corniches, larmiers, plinthes moulurées) et unique dans le pays ne fait  donc que recommencer et justifie très certainement un effort de sauvegarde. Un nettoyage du site a déjà eu lieu récemment et les recherches sur l'histoire troublante de cette chapelle vont se poursuivre. Â suivre donc....

Sources: Michel Simon: "Jubé, chancel et poutre de gloire. Chapelle Notre-Dame de la Croix en Plélauff." photos Yves Dewulf. 2021

Mr Mahéo: Société d'Emulation des Côtes-du-Nord (1979), article de 1839

Information orale de Leo Goas Straaiger. Mairie de Plélauff le 22 octobre 2021.

Infobretagne, patrimoine de Plélauff.


dimanche 5 décembre 2021

Le menhir du touldu sur Bourbriac en limite de Plesidy(22)

Un menhir de fond de vallée: le Touldu en limite Bourbriac-Plésidy (22)

Menhir de Touldu



 Dans un bois en fond de vallée et en limite des communes de Plésidy et Bourbriac, le marcheur de passage découvre ce menhir de 3m50 de hauteur au dessus du sol et qui est bien moins connu que son illustre voisin de Plésidy, le célèbre menhir de Cailouan également implanté près d'une source, ce qui fait la particularité de ces deux menhirs. Certaines références lui donnent une hauteur de 4m, ce qui est un peu forcé. La partie enterrée n'est pas connue. Ce mégalithe  en granite (du massif de Quintin) est connu des marcheurs locaux, un chemin pédestre balisé passe à proximité immédiate en intégrant dans le circuit, le menhir de Cailouan.
menhir de Cailouan en Plésidy.



Le menhir de Cailouan en granite est un mégalithe de forme cylindrique de 8m de hauteur, 2,70m de largeur et 1,70m d'épaisseur qui est classé MH depuis 1889 (autre nom local: Caëlonan). Il s'agit de l'un des mégalithes les plus célèbres des Côtes d'Armor avec le Kergornec qui fait aussi partie des mégalithes de plus grande taille encore debout, et le département des Côtes d'Armor en compte quelques-uns (comme celui de Glomel qui est aussi le plus lourd). Celui-ci est proche d'une source, ce qui est interprété aujourd'hui comme une façon de sacraliser la source, un rôle différent de celui des menhirs en bordure de sommets topographiques.

Sources: info chemins de randonnées, Mairie de Plésidy. Wikipedia