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vendredi 18 septembre 2020

journées du patrimoine à Rosquelfen, Bon Repos sur Blavet, Côtes d'Armor

Dernière minute: la chapelle de Rosquelfen sera visitable les 19 et 20 septembre, journées du Patrimoine


 Les Charpentiers de Bretagne ont réalisé un beau travail jusqu'à cet après-midi et ont réduit les échafaudages présents dans la chapelle, ce qui permet de voir le travail réalisé dans la nef. La chapelle sera donc ouverte Samedi et Dimanche pour permettre aux visiteurs de découvrir la nouvelle voûte de la nef en chêne qui offre un aperçu de l'évolution de la pose du lambris entre le XVe et le XVIe siècle. La niche-dais de Notre Dame de Bon Secours, à qui la chapelle est dédiée, réalisée par les bénévoles sera également visible dans la nef tout comme le retable polychrome du transept, ancien jubé de la chapelle. Entrée par la porte Sud du transept en contournant les grilles de protection du chantier du porche.

jeudi 17 septembre 2020

Poème

L'amour, madame, l'amour!

Avec quelle émotion se contemplent les roses
Dans l'espace singulier, présent des tristes jours!
L'inquiétude est palpable et la mémoire impose
La nostalgie d'un temps où l'on osait l'amour.

Où donc s'en est allée la douceur printanière
Par les aubes si fraîches de rosée et de fleurs?
Pourquoi se résigner, nous, passants éphémères
 laisser de nos jours, éteindre les couleurs?

C'est au rêve étouffé, aux utopies perdues
Que la conscience naît de ce qui nous menace
Et la vie d'aujourd'hui est tragédie vécue
Quand la santé devient but ultime qui nous lasse!

L'amour est un répit entre de futurs drames
Seules les passions font vivre, en doutez-vous madame?

 

mardi 15 septembre 2020

Actualité, chapelle de Rosquelfen, Bon Repos sur Blavet, Côtes d'Armor

Mise en place et finition de la voûte dans la nef de la chapelle de Rosquelfen

mise en place du lambris en chêne entre les cerces
Les "Charpentiers de Bretagne"  ont repris leur chantier dans la chapelle de Rosquelfen et terminent en ce moment cette voûte de la nef. L'électricité a été préalablement refaite et la fabrication de lustres dans le style des anciens systèmes d'éclairage du XVe siècle sont en cours de réalisation, ce qui permettra une restitution finale de la chapelle dans sa forme originelle du XVe.



Le lambris posé a été préalablement traité par les bénévoles (couche de protection du bois externe, côté toiture). Il est en chêne foncé côté choeur et plus clair dans le reste de la nef. Pendant ce temps, les travaux sur le porche sont toujours bloqués et en attente de l'avis de l'ABF qui ne semble pas trop pressé par ce sujet! En attendant, le matériel de l'entreprise de maçonnerie disparaît et l'encombrement du cimetière reste un problème.

Espérons une avancée prochaine sur la question. Mais quoiqu'il en soit, la chapelle devrait pouvoir se visiter dès le mois d'octobre et pendant les journées du patrimoine: les 19 et 20 septembre.

jeudi 10 septembre 2020

Les menhirs de Saint Etienne ou Maneven en Malguenac: Morbihan

Le curieux champ de menhirs de Maneven en  Malguenac, Morbihan

Deux menhirs près d'une source à Maneven
Ces menhirs réputés du IVe millénaire avant notre ère ne sont aujourd'hui plus que deux encore dressés pour un ensemble qui en comptait au moins cinq au début du XXe siècle. Le plus grand, au premier plan sur la photo fait 3m25 de hauteur et a fait l'objet d'une note du vicomte Aveneau de la Grancière qui voyait à la base de ce menhir une figure gravée à forme humaine. Curieusement, ces menhirs en granite clair ne font l'objet d'aucune inscription MH, contrairement à la plupart des monuments de ce type.

3e menhir couché de plus de 3m  de longueur

Le troisième menhir est couché à quelques mètres à l'Est du plus grand et un quatrième était également présent à 200m au Sud, près de la fontaine actuelle de Saint Etienne. Notons au passage les efforts de Malguénac et du Pays de Pontivy pour faciliter l'accès à ce site, très facile à trouver en venant de Cléguérec.
Ce menhir couché présenterait selon Aveneau de la Grancière une petite cupule sur sa face Ouest.

menhir de deux mètres cinquante, face étroite


Le menhir le plus éloigné est planté dans le même sens que le plus haut, sa face large vers le centre du thalweg et de la source. Son épaisseur est inférieure au mètre.

Un cinquième menhir existait sur ce site à proximité du quatrième et détruit lors de la construction de la route actuelle.


Le grand menhir présente sur une face, une partie éclatée qui se trouve directement à sa base. Il ne s'agit pas d'un autre menhir, mais d'un élément du plus grand. Est-il tombé au moment de sa mise en place, ou par la suite dans une tentative de destruction volontaire? impossible de le savoir vraiment. Orienté Nord-Sud, sa largeur au centre est de 2m10 pour une épaisseur d'un mètre. Ce type de granite porphyroïde orienté est naturellement plus vulnérable à la desquamation qu'un granite non orienté et homogène en granulométrie.
Sur ce menhir, on voit très bien la zone de décollement de la partie couchée qui réduit fortement l'épaisseur de la pierre. Ce granite clair présente une orientation frustre des cristaux et on y distingue quelques gros feldspaths orientés dans le sens de l'allongement de la pierre. Un réseau de diaclases (fissures sans déplacement) également dans le sens de l'allongement de la pierre facilite l'altération météorique en creusant des sillons dans la roche. C'est ce phénomène naturel qui a été vu par de la Grancière comme une gravure d'origine humaine. Aujourd'hui, le caractère naturel de ces figures ne pose plus de questions. Notons toutefois que les bâtisseurs du Néolithique ont également observé cette forme inexpliquée sur ce bloc de granite et ont pu y déceler une forme humaine. La cupule qui se trouve à l'endroit où l'on peut situer le nombril dans cette forme frustre pourrait témoigner de la justesse de cette observation.


La base du menhir, le plus grand du site encore debout, montre en effet une forme dont la partie centrale est la plus visible, arrondie avec cupule centrale. Cette forme est d'origine naturelle.  On retrouve les diaclases au dessus et sur toute la longueur de la pierre avec des courbes comparables mais moins creusées par l'altération météorique. C'est ce phénomène d'altération qui génère en creux, les "deux jambes" de cette silhouette étrange.

NB: Découverte d'une figure gravée sur le grand menhir de Saint Etienne en Malguenac par Aveneau de la Grancière. Bulletin de la Société Préhistorique Française: 1905.

InfoBRETAGNE.com. Histoire, Patrimoine Noblesse. Canton de Cléguérec


vendredi 4 septembre 2020

 propos des armoiries de la maison de Rohan

 Le blason des Rohan et les macles des Salles de Rohan en Sainte Brigitte (Morbihan).

Un internaute lecteur régulier du présent blog m'apporte une information que je ne résiste pas à soumettre aux lecteurs intéressés par l'héraldique, cette "science du blason" et par l'Histoire en général. Ce lecteur a lu l'article du 16 mai 2018 que je consacre aux minéraux comme la "Croisette de Bretagne" ou staurotide et l'andalousite dans son espèce "chiastolite", losange réputé à l'origine des macles qui figurent sur le blason des Rohan. Ce sujet a fait l'objet d'un certain nombre d'articles, en particulier dans le numéro 63 de la revue "Kaier ar Poher": "Le Cahiers du Poher" sous le titre "Mise au point sur les macles de Rohan", article qui m'avait inspiré une réponse dans le n° 64 de mars 2019 de la même revue.
Ce lecteur me transmet le n°9706 de la revue Historia, un hors série dans lequel Josselin de Rohan, quatorzième duc de Rohan et propriétaire du château de Josselin répond à F. De Monicault et J. Bruno qui rédigent l'article.
 la question:"Les armes de la maison de Rohan sont-elles le A couronné surmonté de la cordelière entouré de fleurs de lys royales?"

Josselin de Rohan répond:"Non, ce sont des motifs que l'on trouve sur les balustres de notre château de Josselin. Les armes de la maison de Rohan sont "champ de gueules à neuf macles d'or". Les macles sont des losanges quasi parfaits, reproduction du cristal que l'on trouve dans la pierre près du lac de Guerlédan, dans la forêt de Quénécan près des Forges des Salles, qui appartenait aux Rohan." 


Les armes anciennes sont "de gueules à sept macles d'or ordonnées 3,3, 1". Elles sont adoptées par Geoffroy de Rohan, cinquième vicomte à partir de 1216. Les Rohan sont présents dans leur domaine de Quénécan dès le XIIe siècle; La signature de l'acte de fondation de l'abbaye de Bon Repos aurait été rédigé en 1184 dans le château des Salles, près de l'étang du même nom, un lieu marqué par la présence d'andalousite dans les schistes de l'ordovicien.

Cette origine n'est sans doute pas exclusive puisque de nombreuses familles nobles auront des macles dans leur blason. L'illustration d'une maille métallique d'une "cotte de mailles" est donc possible et fait encore aujourd'hui l'objet de débats entre archéologues spécialistes du Moyen-Âge.


Dès la fin du XIVe siècle, la forme des blasons se modifie en s'élargissant à la base. Les Rohan ajoutent alors deux macles sur leur blason, ce qui donne le blason actuel adopté par Henri premier de Rohan entre 1552 et 1575. Il est surmonté depuis le début du XVIIe siècle par la couronne ducale, Henri IV transformant la vicomté en duché (en 1603).