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jeudi 10 septembre 2020

Les menhirs de Saint Etienne ou Maneven en Malguenac: Morbihan

Le curieux champ de menhirs de Maneven en  Malguenac, Morbihan

Deux menhirs près d'une source à Maneven
Ces menhirs réputés du IVe millénaire avant notre ère ne sont aujourd'hui plus que deux encore dressés pour un ensemble qui en comptait au moins cinq au début du XXe siècle. Le plus grand, au premier plan sur la photo fait 3m25 de hauteur et a fait l'objet d'une note du vicomte Aveneau de la Grancière qui voyait à la base de ce menhir une figure gravée à forme humaine. Curieusement, ces menhirs en granite clair ne font l'objet d'aucune inscription MH, contrairement à la plupart des monuments de ce type.

3e menhir couché de plus de 3m  de longueur

Le troisième menhir est couché à quelques mètres à l'Est du plus grand et un quatrième était également présent à 200m au Sud, près de la fontaine actuelle de Saint Etienne. Notons au passage les efforts de Malguénac et du Pays de Pontivy pour faciliter l'accès à ce site, très facile à trouver en venant de Cléguérec.
Ce menhir couché présenterait selon Aveneau de la Grancière une petite cupule sur sa face Ouest.

menhir de deux mètres cinquante, face étroite


Le menhir le plus éloigné est planté dans le même sens que le plus haut, sa face large vers le centre du thalweg et de la source. Son épaisseur est inférieure au mètre.

Un cinquième menhir existait sur ce site à proximité du quatrième et détruit lors de la construction de la route actuelle.


Le grand menhir présente sur une face, une partie éclatée qui se trouve directement à sa base. Il ne s'agit pas d'un autre menhir, mais d'un élément du plus grand. Est-il tombé au moment de sa mise en place, ou par la suite dans une tentative de destruction volontaire? impossible de le savoir vraiment. Orienté Nord-Sud, sa largeur au centre est de 2m10 pour une épaisseur d'un mètre. Ce type de granite porphyroïde orienté est naturellement plus vulnérable à la desquamation qu'un granite non orienté et homogène en granulométrie.
Sur ce menhir, on voit très bien la zone de décollement de la partie couchée qui réduit fortement l'épaisseur de la pierre. Ce granite clair présente une orientation frustre des cristaux et on y distingue quelques gros feldspaths orientés dans le sens de l'allongement de la pierre. Un réseau de diaclases (fissures sans déplacement) également dans le sens de l'allongement de la pierre facilite l'altération météorique en creusant des sillons dans la roche. C'est ce phénomène naturel qui a été vu par de la Grancière comme une gravure d'origine humaine. Aujourd'hui, le caractère naturel de ces figures ne pose plus de questions. Notons toutefois que les bâtisseurs du Néolithique ont également observé cette forme inexpliquée sur ce bloc de granite et ont pu y déceler une forme humaine. La cupule qui se trouve à l'endroit où l'on peut situer le nombril dans cette forme frustre pourrait témoigner de la justesse de cette observation.


La base du menhir, le plus grand du site encore debout, montre en effet une forme dont la partie centrale est la plus visible, arrondie avec cupule centrale. Cette forme est d'origine naturelle.  On retrouve les diaclases au dessus et sur toute la longueur de la pierre avec des courbes comparables mais moins creusées par l'altération météorique. C'est ce phénomène d'altération qui génère en creux, les "deux jambes" de cette silhouette étrange.

NB: Découverte d'une figure gravée sur le grand menhir de Saint Etienne en Malguenac par Aveneau de la Grancière. Bulletin de la Société Préhistorique Française: 1905.

InfoBRETAGNE.com. Histoire, Patrimoine Noblesse. Canton de Cléguérec


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