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dimanche 16 novembre 2025

 propos de l'Agrippa en Bretagne

L'Agrippa, un grimoire aux pouvoirs étranges

Agrippa à sept fermetures
C'est dans un article du lundi 26 janvier 2015 sur ce blog que j'aborde le sujet de l'Agrippa en précisant "au pays de Gouarec", car ce livre a en effet laissé des traces dans cette région et suscite encore de la curiosité chez certains habitants.

Agrippa : livre franchement dangereux et venu d’Europe, un des grimoires de magie noire surnommés « agrippas » en référence à Henri Corneille Agrippa, le fameux occultiste français du XVIe siècle. (R.D.Nolane)

« L’agrippa est connu sous d’autres noms : Egremont, Egromus, Ar Vif ou encore An Negromans. Il est lié de près à la magie noire en Bretagne dont il est assurément le plus extraordinaire et le plus impressionnant des grimoires. D’une hauteur proche de la taille d’un homme, l’agrippa a été signé par le Diable en personne et ses pages rouges contiennent le nom de tous les démons et la façon de les évoquer. La légende dit que c’est un livre vivant et qui doit être enchaîné et suspendu à une poutre tordue pour être momentanément mis hors d’état de nuire. Car se débarrasser d’un agrippa n’est pas une mince affaire, surtout lorsqu’il s’agit d’un exemplaire qui a échappé au contrôle des religieux, les seuls êtres humains capables de se mesurer efficacement à lui ». Ce commentaire de Richard D. Nolane n’est pas sans rappeler le texte déjà cité sur ce blog, de Gaultier de Mottay, le 6 janvier 2015 (dans la rubrique « Légendes ») qui évoque un Agrippa enchaîné et avec sept serrures, dans une grotte au- dessus de Gouarec, vers Toul Goanv. Cette cavité existait bien avant l’achat du terrain par la famille Guéné(ancienne tranchée d’exploitation du fer pour les Forges des Salles), proche de l’ancien chemin débouchant sur le halage du Blavet canalisé.Mais la taille évoquée ici correspondrait à celle de l'original, rien à voir avec les exemplaires en circulation dans la province et souvent nommés "le petit livre rouge" (papier rouge et écriture noire, l'inverse de la couverture de l'ouvrage publié en 2003 par Coop-Breizh).

Couverture du livre des éd.Coop Breizh

« Mais peut-on vraiment manipuler un agrippa dont les pages sont imprégnées du souffle de Satan? » interroge encore le même auteur.

Ceux qui désirent en savoir plus sur les agrippas peuvent lire avec profit l’ouvrage de Pierre de la Haye, Agrippa, le grimoire des anciens bretons, publié en 2003 par les éditions Coop Breizh.

L'idée encore répandue qu'en détenir un chez soi serait une garantie de malheur assuré, ne semble enlever en rien la fascination pour ce grimoire qui était encore présent dans la campagne et dans les années 1950-1960. Alors qu'est-il devenu?

 

mercredi 13 décembre 2023

Entre histoire et légende à Sainte Brigitte, Morbihan

Au "Royaume du silence éternel" près de l'étang des Salles en Sainte Brigitte

Le royaume du silence éternel. Reon

 Â proximité du grand étang des Salles, bruissent encore les souvenirs de Reon, ce peintre tchèque qui construisit au moulin du Corbeau, sa grotte magique et le monde fantastique d'Argondia. Ce monde extraordinaire fait désormais légende  aux racines historiques bien réelles dans le vaste domaine de Quénécan. C'est en 1996 que Réon quitte sa grotte magique pour Prague où Vaclav Havel est président de la République. La grotte magique poursuivra donc sa destinée près du célèbre pont Charles. Que reste-t-il alors dans cet endroit retiré?

Entrée de la grotte en 1997 (Photo JY.Hélard)
Les deux gardiens de l'entrée étaient toujours à leur poste, mais l'un d'eux avait déjà perdu sa tête!
Diablotin en terre cuite (photo JY.Hélard)


Les décors en terre cuite sont encore présents en 1997 dans cet espace déserté par l'artiste mais toujours fréquenté à ce moment là, tant le lieu exerce encore un réel pouvoir d'attraction et même de séduction pour un grand nombre d'habitants du pays et autres visiteurs de passage. Depuis 1998, tout à disparu et l'endroit est devenu inaccessible (propriété privée).

Aujoud'hui, le titre de l'oeuvre présentée ici reflète parfaitement ce "silence éternel" dans lequel est plongée la vallée boisée du ruisseau de Pont Lann entre le grand étang et celui du Fourneau où seule la mélodie de l'eau se fait encore entendre, troublant à peine le silence éternel qui prolonge ce temps de l'imaginaire féerique à la fois sombre et lumineux.

jeudi 29 juin 2023

Patrimoine de Plélauff en Côtes d'Armor

Saint Melaine à Plélauff, entre histoire et légende...

Il existe sur la commune de Plélauff et dans la mémoire des anciens et de ceux qui s'intéressent au patrimoine et à la tradition orale du pays, des éléments (ruines, statues, pierres gravées, récits et traditions autour des fontaines...) qui concernent Saint Melaine. En se rendant vers le village de Kernabat (le village de l'abbé), on peut encore voir sur le pignon d'une ancienne maison en pierre locale (granodiorite de Plélauff) une niche bordée par un texte et une statue considérée comme celle du saint en question.

Saint Melaine à Kernabat (?)

Une date gravée (1670) situe ce travail dans le temps et indique le nom de celui qui "FAIT FAIRE", gravé en bas-relief dans la pierre. La statue est très dégradée et était probablement polychrome à l'origine.

Statue dans un grès altéré (?)




Cette statue pourrait bien être réalisée dans un grès fin qui reste à identifier, et pour  confirmer sa nature et son origine, il faudrait pouvoir l'étudier de plus près. S'agit-il vraiment de Saint Melaine comme le certifie la tradition orale? Je constate qu'il est alors , s'il s'agit bien de ce personnage, représenté sans sa mitre d'évêque, ce qui est fort rare. Ce qui fait consensus à propos de Saint Melaine est qu'il était bien évêque de Rennes au VIe siècle et que sa présence est attestée au concile d'Orléans en 511. Il succède à Armandus comme évêque de Rennes en 491 ou 500. Pour le reste, sa date et son lieu de naissance étaient  l'objet de débats  sans fin. Rien qu'en Bretagne, Plélauff n'est pas la seule paroisse ancienne à revendiquer la naissance du saint sur son territoire (il ya Brain-sur-Vilaine (35)notamment et Plufur(22).

Oratoire Saint Melaine près du Crénard
La chapelle Saint Melaine (XVIIe) n'existe plus aujourd'hui et a été remplacée par un "oratoire" qui disparaît complètement sous un massif de lierre, à proximité de Kernabat, dans la vallée du Crénard. Un recteur de Plélauff (Marion) érige ce petit pavillon en forme de chapelle sur les ruines de l'ancienne (XIXe) et une fontaine existait un peu plus bas, dont l'eau "trouble" (selon la tradition) guérissait toutes les fièvres et voyait passer des foules considérables, au temps de la chapelle.
Voûte de l'oratoire en 2023







La toiture est en passe de s'effondrer et l'oratoire est désormais ruiné. Il contenait une statue en pierre de Saint Melaine, aujourd'hui disparue.

Fenêtre en plein cintre de l'oratoire


Ce lieu est à proximité du moulin de Rohan et se trouve sur un domaine privé. Il n'est donc plus visitable, les murs menaçant de s'effondrer à tout moment.

Saint Melaine dans l'église St Pierre

Dans l'église paroissiale on peut voir une statue polychrome de Saint Melaine et cette fois en tenue d'évêque mais sans sa main gauche qui tenait la crosse épiscopale, un des attributs caractéristiques des évêques. Cette statue est considérée comme du XVIIe siècle.

Voir pour informations complémentaires sur Saint Melaine qui pour les plélauffiens est né sur leur paroisse, et au château de Coatrivalan aujourd'hui disparu (ses pierres ont  servi à construire la chapelle N.D de la Croix), ce que dit  infobretagne, patrimoine de Plélauff ou "contes-mythes-légendes.com" ou encore les écrits de Mr Maheo en 1839 dans "Mémoires de la Société d'Emulation des Côtes-du-Nord en 1979.

Remerciements à Pierre Le Dour, guide de la sortie du 28 juin 2023.

lundi 8 mai 2023

Promenade à Sainte Brigitte en Morbihan

Mélancolie passagère sur les bords d'un autre continent...


"Sans titre" de Réon, salle des fêtes de Ste Brigitte
Sous le crachin qui brumise la forêt, je revois sur les bords du grand étang des Salles, l'artiste Réon et ses visions illuminées du monde dans la fantastique Grotte Magique du moulin du Corbeau. Ce tableau  de Réon en mairie de Sainte Brigitte, illustre bien l'univers de l'artiste et le labyrinthe de sa pensée. Comme il l'écrivait dans "Argondian": "où se trouvent les frontières de l'espace du temps? Aux confins des terres on est toujours étonné de l'horizon éternel... Argondia.Tourbillon des songes, Promets moi que tes vagues continueront de laver pour l'éternité les mots écrits par moi dans le sable des plages de la rêverie..."

En m'enfonçant vers Porh Caton au fond de la grande forêt, jusqu'aux murailles noires du Breuil du chêne, j'imagine les  bannis de Debar, les anciens chouans, déserteurs de l'armée impériale, réfugiés dans les grottes de ce pays mystérieux et toujours inconnu. Je revois le chef militaire de l'armée royale, le Seigneur du Cours, pourchassé par les Colonnes Mobiles de Loudéac et Pontivy, tué à Baraval vers le Blavet qui coule au Nord et fait frontière, le 21 février 1796. Les anciens racontent encore les chasses aux loups lorsque ceux-ci s'en prennent à un cheval pourtant si précieux dans un pays ou la pauvreté est bien partagée!

Une cornemuse lance la  complainte des charbonniers qu'on ne verra plus sous les verts branchages, pas plus que sabotiers ou écorceurs de chênes. Le temps efface peu à peu la mémoire  et pourtant, une ronde, cette danse, ronde fermée sautillante et vive poursuit sa destinée comme l'ultime trace d'un temps de misère mais aussi de solidarité, la seule vraie richesse  des gens de la forêt, à partager sans fin...Ne sentez-vous pas, sous les mousses et lichens , les battements de coeur d'un pays enchanté?



 

jeudi 2 mars 2023

Dans les Monts d' Arree en Finistère, aux portes de l'Enfer froid

Une vrillette géante aux portes de l'enfer froid, Menez Are au Yeun elez...

Télégramme du 2/03/2023, par Lionel Le Saux
Dans le quotidien régional Télégramme de ce jour, un article de Lionel Le Saux, abondamment illustré, laisse le lecteur perplexe. Les habitants de Botmeur et des autres villages autour de Menez Kador qui se souviennent des nombreuses légendes effrayantes, mystérieuses et inquiétantes sur le Yeun Elez, l'endroit où se trouvent les portes de l'enfer froid, ont également pu lire dans l'un des textes sur le sujet que le cheval qui tirait la charette de l'Ankou était mort de froid dans cet endroit désolé! Une version parmi bien d'autres qui circule dans ce réjouissant décor hivernal!

Depuis l'incendie de l'été dernier (il y a sept mois), rien n'a repoussé sur cette lande rase balayée par un vent glacial de Nord-Est, qui n'incite guère à la promenade dans le secteur dénudé et assombri encore par les restes calcinés des landes et bruyères: un noir monochrome de décor funèbre!

Article de Lionel Le Saux. Télégramme du 2/03
La disparition du couvert végétal brûlé donc, révèle aujourd'hui d'étranges cavités circulaires alignées, de 10m de diamètre environ sur 2m de profondeur. Ces cavités ont une forme si régulière et si parfaite qu'on a vraiment l'impression qu'elles ont été faites à l'emporte-pièce géant, une sorte de "trou de vrillette géante" qui est en Bretagne, un intersigne funeste! En effet, la vrillette est appelée: "morzholig an Ankou" en français: "petit marteau de l'Ankou" et lorsqu'il fait entendre son bruit de creusement dans le bois d'une charpente, adresse en même temps à ceux qui l'entendent un message funeste (voir l'article sur ce blog du 12/04/2019). Alors quel message est adressé aujourd'hui à ceux qui regardent ces alignements de trous réguliers, circulaires et alignés sur plus d'une centaine de mètres?
Télégramme du 2/03/2023



Les hypothèses évoquées par Lionel Le Saux parlent d'anciennes traces de tirs d'un avion durant la dernière guerre mondiale, une hypothèse qui ne manque pas d'alimenter les conversations... 

Ceci nous amène à un temps que l'on croyait bien révolu dans notre Europe et un sujet de réflexion sur notre temps; alors un intersigne?  traou spont? Marteze! (peut-être!)

 

vendredi 21 janvier 2022

Légendes en Quénécan, entre Perret (22) et Sainte-Brigitte (56)

Sous l'étang des Salles, la grotte disparue du Moulin du Corbeau et la légende d'Argondia.

 un internaute qui pose la question de la "Légende d'Argondia" , il faut d'abord citer Réon, le célèbre artiste tchèque qui a séjourné dans la forêt de Quénécan durant la période 1970-1990 et qui est l'auteur du monde d'Argondia dont la grotte du Moulin du Corbeau  était le point central. 

Entrée de la grotte dans les années 1980


Plusieurs articles sur ce blog illustrent ce lieu et parlent des tableaux et poteries de Réon: "Le port de la grotte des légendes secrètes", la vogue pour la recherche d'un ancien poème oublié", "Trois siècles après une partie inachevée", "Le présage du château mystérieux", etc...On peut trouver ces articles dans la rubrique "Légendes" ou "Dessins" ou encore en illustration de certains poèmes directement inspirés par les tableaux.

Les aventures des musiciens égarés. Huile sur toile de Réon

La "Légende d'Argondia" poursuit sa destinée à Prague en République Tchèque et il ne reste rien dans la forêt de ce monde à la fois original, imaginaire mais aussi bien réel par les oeuvres produites qui donnaient au contenu de la grotte cette atmosphère unique et saisissante dans un lieu secret où un ruisseau poursuit aujourd'hui son chant sans témoins.

dimanche 25 novembre 2018

Patrimoine de Saint Aignan, Morbihan

Entre Saint Aignan et la chapelle Sainte Tréphine, sur le chemin rive droite du Blavet, sous puis au-dessus du barrage de Guerlédan (Morbihan), une promenade dans un lieu unique et imprégné de légendes, à faire sans hésiter...

Lorsque l'on sort de Saint Aignan en allant vers le barrage de Guerlédan, on grimpe assez rapidement sous le couvert forestier de Quénécan et on découvre à mi-pente, cette fontaine qu'un ancien texte (1891) de J-M Le Mené, décrit comme la fontaine de Ste Triphine et St Trémeur, objet d'une dévotion qui se manifestait par d'importantes processions (il signale jusqu'à 2000 personnes à cette époque, fin XIXe). Mais aujourd'hui, cette fontaine qui n'est donc pas très ancienne dispose d'une statue dans sa "niche" ornée qui ne correspond ni à Triphine (aujourd'hui Tréphine), ni à son fils Trémeur. Il s'agirait plutôt ici  d'un Saint comme Saint Aignan, le patron de la paroisse. En 1897, la petite chapelle de Sainte Tréphine est érigée sur la hauteur qui domine le barrage et que l'on nomme Castel Finañs, un ancien  enclos de l'âge du fer (INRAP) décrit par de Keranflec'h, l'archéologue du XIXe qui a également fouillé Castel Cran (qui lui, est carolingien), un fortin  à la confluence du Blavet et du Pouldu en allant vers Gouarec et proche de l'écluse de Saint Hervé.
Cet endroit de Castel Finañs correspond aussi à une zone
d'affleurement des grès-quartzites (de l'Ordovicien), dits armoricains, une roche grise particulièrement dure et siliceuse qui a été exploitée en carrière pour réaliser le barrage de Guerlédan à partir de 1924. Le site a donc été fortement modifié au début XXe comme sur la rive gauche, le site de Trévéjean où la même roche était extraite. L'emplacement de Castel Finañs présente quelques similitudes avec la butte de Castennec, plus au Sud, et permet de contrôler ce "verrou" sur le Blavet que représente cette gorge escarpée. Ces structures anciennes sont devenues dans l'imaginaire collectif, les ancrages de récits légendaires qui impliquent de célèbres personnages comme Conomor, Tréphine et son fils Trémeur, Saint Gildas..., et cette légende va se développer jusque Carhaix (avec son église Saint Trémeur), en passant par Sainte Tréphine et son célèbre lec'h en granite cannelé, commune des Côtes d'Armor entre Gouarec et St Nicolas du Pélem.
NB: voir infobretagne, patrimoine de Saint Aignan.

samedi 13 octobre 2018

Art et légendes à l'abbaye de Bon Repos, Bon Repos sur Blavet, Côtes d'Armor

Une exposition à ne pas manquer dans l'abbaye de Bon Repos pour ceux qui ne l'ont pas encore vue et qui illustre la légende des origines du monument, par l'artiste Julien Salaud.

Dans les salles partiellement restaurées de l'abbaye, l'exposition encore visible jusque fin octobre débute par  "Printemps (Nymphe de cerf) de Julien Salaud 2013":
Printemps (Nymphe de cerf) Taxidermie, fil de coton, perles de rocaille, bois
"Cette oeuvre, comme l'indique le document explicatif, rend hommage au cerf, force de la nature. Avec cette parure de perles, l'artiste transforme le cerf en animal mystique digne d'une figure chamanique. Il est ainsi élevé au rang d'intercesseur de messager des esprits et fait écho à la légende de l'abbaye de Bon Repos.
Au cours d'une partie de chasse en forêt de Quénécan, le Vicomte Alain III de Rohan se lance à la poursuite d'un grand et majestueux cerf. Alors qu'ils atteignent les rives du Blavet, le cerf, pris au piège, est abattu. Eprouvé, le seigneur s'endort paisiblement dans la vallée. Durant son sommeil, la Vierge lui serait apparue et lui aurait inspiré l'idée de construire ici, le lieu de son repos éternel. Ainsi le 23 juin 1184, le Vicomte Alain III de Rohan et son épouse Constance de Bretagne signent l'acte de fondation de l'abbaye Sainte Marie de Bon Repos. Comme une apparition, l'oeuvre "Printemps" semble ici nous guider à travers tous les mystères de nos songes."
"RÊVES STELLAIRES" de Julien Salaud 2018 est une installation créée in situ et inspirée de la technique du "fil tendu". Cette oeuvre est réalisée en fil de coton, clous et lumière noire. Elle mérite vraiment la visite dans un espace "noir" allant du sol au plafond de l'abbaye et donc sur une hauteur de trois étages.
"Julien Salaud s'inspire des recherches de l'ethno-astronome Chantal Jègues-Wolkiewiez pour qui l'emplacement des animaux peints sur les parois de la grotte de Lascaux correspond aux positions des étoiles dans le ciel. A travers ce bestiaire fantasmagorique tiré de la légende fondatrice de Bon-Repos, il rend ainsi hommage à sa muse, la nature.Magicien des étoiles, Julien Salaud dessine la lumière en déployant sur les parois de l'abbaye, un réseau de près de 30kms de fil de coton et de 25000 clous, assisté d'une dizaine de bénévoles de l'association et de 9 étudiants de l'Ecole Européenne Supérieure d'Art de Bretagne (Lorient).
Oeuvre pariétale d'un nouveau genre, Rêves stellaires vient ainsi compléter la série Grottes stellaires, débutée au Palais de Tokyo (Paris) en 2012".
NB: sur cette vue, un fragment de la fresque représentant Alain III endormi et rêvant...Devant lui, un ange aux ailes déployées surmonté d'un personnage courant... Magnifique!
Concernant les raisons historiques de cette fondation de Bon Repos par les Rohan il y a de nombreux ouvrages dont "Kost ar C'hoat, Renaissance d'un terroir de Basse-Bretagne" (par P Jézéquel et JY Hélard, édition Coop Breizh2001, aujourd'hui épuisé) ou "Bon Repos, une abbaye pour la paix" de F.Moal,qui donnent un aperçu de ces raisons bien entendu fort éloignées de la légende.

dimanche 6 mai 2018

Entre Histoire et Légende sur les bords du lac de Guerlédan (22)

La tragique histoire de la demoiselle de l'abbaye, passée dans la mémoire collective sur les rives du Blavet (Saint Gelven, Caurel en Côtes d'Armor, Saint Aignan en Morbihan).
Ruines de l'abbaye de Bon Repos, années 1988-90.Photo wikimedia
1636: année des temps agités pour l'abbaye de Bon Repos (sur la trève de St Gelven dépendant de la paroisse de Laniscat, évèché de Cornouaille), impliquée dans le drame qui se déroule à plusieurs kilomètres, le long du Blavet, au lieu-dit Trégnanton (alors treguénanton ou troguénanton).
Les "temps sombres"vont ponctuer l'histoire de l'abbaye, comme des "revers" opposés aux "avers" lumineux des origines et des actions positives de l'Ordre Cistercien. Loin de moi l'idée de faire l'apologie des "temps sombres", mais pour comprendre la persistance d'une telle histoire dans la mémoire des gens du pays, il me paraît nécessaire d'en parler un peu.
Ainsi, dès 1387, l'Ordre de Citeaux dont elle dépend, ordonne des sanctions contre l'abbaye. En 1415, elle entre en conflit avec les fondateurs, la famille de Rohan; les causes sont multiples: luxe des abbés, présence de femmes dans le monastère, fréquentation des auberges par les moines... En 1470, l'affaire de Penguily, un prieur de 1465 accusé de "maléfices, délits et mauvaise administration" (N. Andrejewsky, M.Simon) va déboucher sur la mise sous tutelle de l'abbaye sous l'autorité de celle de Boquen. Au début du XVIe siècle, le Concordat accroît les difficultés; les abbés sont désormais désignés par le roi dans la noblesse et non plus par l'Ordre Cistercien. Depuis les guerres de la Ligue et Henri de Rohan qui est protestant, l'abbatiale de Bon Repos n'est plus nécropole des Rohan. En 1583, Troïlus de Mesgouez, Marquis de la Roche, vice-roi de Terre Neuve, et aventurier sans scrupules pille l'abbaye jusqu'en 1606. L'abbaye, dépourvue des 2/3 de ses revenus se remet à peine de ces temps difficiles lorsque se déroule l'histoire de la "demoiselle de l'abbaye".
Le roi de France, Louis XIII (1601-1643) est lancé depuis 1635 dans la guerre de 30 ans. De nombreuses jacqueries sanglantes affectent les campagnes dans tout le royaume. L'abbé commendataire de l'abbaye est Claude II de Guillier qui meurt en 1646, remplacé par Michel Mazarin, le frêre du célèbre cardinal. Il ne réside pas sur place et ponctionne les revenus par l'entremise d'un régisseur. La situation est tendue car les Dîmes ne tombent pas, les vassaux des Rohan préfèrent s'en affranchir en devenant protestants! En 1636, le prieur est Jean Guegan (article sur ce blog, sur patrimoine de St Gelven, le calvaire de Trégnanton). Un jour de cette sombre année, une jeune fille, sans doute retenue contre son gré dans l'abbaye, décide de s'enfuir. Qui est-elle, et pourquoi est-elle retenue dans l'abbaye?? Toutes les hypothèses sont permises car l'histoire ne répond pas à ces questions...
Ruisseau de Kerouillé à Trégnanton en 2015(assec du lac)
Les anciens du pays racontent encore cette histoire qui peut se résumer ainsi: une jeune fille s'enfuit de l'abbaye... Elle suit le Blavet en rive gauche, descendant la vallée vers Mûr de Bretagne. Elle a parcouru plus de 4 kms quand elle entend des aboiements  de chiens lancés à sa poursuite. Elle franchit le petit ruisseau des sources de Kerouillé et Ty-lan-Vojo en arrivant sur Trégnanton, face à la butte de Malvran sur l'autre rive. Les chiens la rattrapent à cet endroit et se jettent sur elle. Que devient alors le corps mutilé de la malheureuse? Les anciens du pays se posent encore bien des questions à propos de cette histoire: qui était cette jeune femme et quel rôle  jouait-elle pour provoquer un lâcher de chiens volontaire, devait-elle garder le silence??
Trégnanton et son calvaire en 1636 (pastel PJ)
Un monument aurait été érigé par le prieur Guégan à l'endroit où s'est déroulé le drame (ce que semblerait conforter les écrits  de l'abbé Guitterel et la pierre gravée du prieur Guégan; article du 2/03/2018). Mais pourquoi un calvaire à l'emplacement de sa mort? Une recherche de rédemption?Une raison liée à l'importance de cette jeune fille qui aurait pu appartenir à une famille noble du pays?
Depuis ce temps, l'endroit est hanté par les âmes errantes de la demoiselle dont on cherche toujours le nom et une trace de sépulture, mais aussi de Lannezval tué pratiquement au même endroit deux siècles plus tard (affaire jugée en 1889, voir article du 10/04/2015 sur ce blog), et encore l'âme du Seigneur du Cours, tué le 21 février 1796 à Baraval... Dans les mois sombres de l'hiver, cette partie sauvage, silencieuse et préservée du lac de Guerlédan conserve son atmosphère étrange.Gardien de secrets perdus dans le dédale de l'histoire, Trégnanton n'est pas entré dans un schéma contemporain de l'exploitation touristique des rives du lac (malgré les tentatives de Léon Launay, maire et conseiller général de St Gelven dans les années 1980), et son calvaire conserve malgré lui la mémoire d'un temps bien plus ancien que lui.
NB: Florentin-Claude, Seigneur du Cours, né à Corlay en 1753, émigré à l'armée de Condé, chef de Division de l'armée catholique et royale de Bretagne, arrêté au village de Baraval en St Aignan et fusillé par une Colonne Mobile le 2 ventôse de l'an IV (21 février 1796) (infobretagne:Corlay). Baraval est le nom de l'écluse 125 située en aval de celle de Trégnanton mais qui n'existait pas au moment des faits.Cliquer sur les images pour les agrandir.

mardi 3 avril 2018

Sculptures monumentales de la Vallée des Saints en Carnoet (22)

Les mégalithes contemporains de la Vallée des Saints à Carnoet (22)

Tête de Saint Gonery



La Vallée des Saint en Carnoet (voir articles antérieurs sur ce blog dans la rubrique "sculptures") attend son centième personnage qui doit traverser la Manche, en provenance de Cornouaille britannique. Le site est souvent qualifié aujourd'hui d'Ile de Paques bretonne et cette sculpture semble bien cautionner ce qualificatif. Bloc de granite clair (cliquer sur la photo pour l'agrandir), tête de Saint breton qui semble regarder le visiteur. Dans les brumes hivernales, ces sculptures géantes créent une atmosphère étrange, dans un silence étonnant lorsque les sculpteurs ne sont pas en activité dans la ferme proche et partie intégrante du site.








Au revers de la tête sculptée, l'artiste a poursuivi son oeuvre par ce bas relief étrange et en bas, à droite, le nom gravé du saint en question. Il est donc inéressant de suivre les explications du guide pour comprendre ce que le sculpteur a voulu représenter ici, en lien avec l'histoire légendaire de ce personnage.
Ces statues géantes disséminées autour de la motte féodale "Tossen Sant Gweltas" génèrent une étrange atmosphère dans ce lieu éloigné de tout, en pleine campagne bretonne, et attirent une foule de visiteurs durant toute l'année (plus de 300000 en 2017 selon certains sites qui traitent le sujet).







A proximité de Sant Gonery, ce ruminant d'environ quatre tonnes, garanti mille ans! et qui attend sa patine de lichens...

vendredi 6 novembre 2015

Entre Histoire etLégendes

La grotte de Castel Finans près du barrage de Guerlédan


Lorsque l'on s'enfonce dans la forêt de Quénécan à partir du barrage de Guerlédan, on passe sous la petite chapelle de Saint Tréphine qui marque l'endroit où la légende situe le château de Conomor, dit: Castel Finans. En réalité cette construction correspondait à un grand quadrilatère décrit par l'archéologue de Keranflec'h Kernezne au XIXe siècle, vestige d'une fortification d'époque de l'âge du fer et donc bien antérieure à celle de Castel Cran dans le bois de Gouarec (également attribuée à Conomor par la légende notoirement connue à Gouarec). Sous cet endroit devenu par extension, carrière de Castel Finans et sur lequel de gros prélèvements de roche, le grès armoricain de l'Ordovicien (Arénigien), ont été effectués pour construire le barrage de 1924 à 1929, les promeneurs attentifs tombent après quelques centaines de mètres vers l'ouest, sur  une cavité horizontale et assez profonde, taillée dans la roche. Début d'un souterrain? Abri de quelle époque? Sondage géologique? Le mystère reste entier pour le moment...
Notes: l'Ordovicien (500 à435Ma) est un étage du paléozoïque ou primaire qui se situe entre le Cambrien (540 à 500 Ma)et le Silurien (435 à 410Ma) et l'Arénigien est un sous-étage de l'Ordovicien, autour de 480 Millions d'années.

lundi 26 janvier 2015

Esotérisme, Légendes

L'Agrippa au pays de Gouarec (Côtes d'Armor)

En cherchant des informations sur les légendes et les traditions et usages en pays de Gouarec, je suis tombé sur un texte de Gaultier du Mottay (Historien-Géographe:1811-1883) publié dans l'édition de Henri Charpentier, Imprimeur-Editeur à Nantes en 1865, publication reprise dans une nouvelle édition "Culture et civilisation" à Bruxelles en 1977. Je cite intégralement ce texte assez troublant car l'endroit dont il est question est bien connu des anciens Gouarécains et des gens âgés du pays: "Dans un taillis situé au dessus du bourg de Gouarec, se trouve une allée couverte formée de larges dalles schisteuses; elle aurait, paraît-il, servi de refuge pendant les guerres civiles. (L'auteur fait ici allusion aux allées couvertes de Bochacoat à la Lande de Gouarec, dont il ne reste que la plus longue ruinée).
Mais tout l'intérêt de ce monument celtique (il confond comme
Restes d'une allée couverte de Bochacoat
tous les archéologues du XIXe, l'époque celtique et le Néolithique
auquel appartient ce monument) s'efface, nos lecteurs en conviendront, devant celui d'une certaine grotte située sur les bords du Blavet, renfermant le fameux livre enchanté, nommé l'Agrippa. Il est enchaîné à une table de pierre et sa couverture est fermée par sept clés. Ni le feu  ni l'eau n'ont d'action sur lui; il sert à évoquer quand on en a besoin, le diable qui ne manque jamais de répondre à l'appel, s'il est fait suivant les règles."
Ce texte étonnant parle de la grotte dans les schistes et quartzites
au contact du Lockhovien (grès ferrugineux) et du Siluro-Dévonien du bois de gouarec. Cette ancienne excavation liée à l'exploitation du fer traité aux Forges en forêt de Quénécan était visible à proximité du chemin qui
Agrippa aux sept fermetures

reliait Toul Goanv à la Lande de Gouarec au halage du Blavet canalisé. Ce chemin et le droit de passage ont été cédés à un acheteur privé (famille Le Guéné) à la fin des années 1960. L'accès a donc disparu depuis. Je me souviens (pour y avoir joué étant enfant) de cette grotte,alors vide, à proximité de laquelle coulait une source.
Le nom d'Agrippa ou Livre Noir vient du nom de Henri Corneille Agrippa (1486-1535), philosophe et médecin allemand considéré comme savant alchimiste. Il rédige cinq livres connus de magie noire qui ont la réputation d'être dotés d'une volonté propre! De rares éditions anciennes existent encore en Europe chez des collectionneurs spécialisés. Ce livre était encore bien présent dans la société paysanne du XXe siècle et y compris en terres très chrétiennes car je me souviens des récits que faisait ma mère (née en 1923 dans le Léon) à propos de ce livre.
Elle l'appelait "le petit livre rouge" car, disait-elle, il avait une couverture rouge (et était sans doute tout aussi interdit que celui de Mao par le clergé local!) Celui qui lisait "innocemment" ce livre voyait se passer de drôles de choses très peu naturelles! Par exemple, les choux-fleurs sortaient de terre dans le jardin de sa grand-mère et faisaient le tour de la maison avant de se replanter (la volonté propre du livre!) Pour que les choses rentrent dans l'ordre, il fallait relire les phrases lues à l'envers et pour cela le curé était appelé en catastrophe à la rescousse. Les choses redevenues normales, le curé jetait le livre dans la cheminée. Le fait d'avoir des livres, à l'exception des religieux (bible, missel, katekiz coz...)n'était pas très bien vu; le savoir appartenait à une certaine catégorie sociale mais pas au peuple ignorant qui devait sans doute le rester comme en témoigne la dernière phrase d'une prière récitée en Léon jusqu'au milieu du XXe siècle: "Ha da bep ini da chom en e renk": "et que chacun reste à sa place"!
Ruines de St Mathurin à Trozulon
Dans le secteur de Gouarec, on retrouve l'Agrippa dans les années 1950 dans une ferme (Kerbihan) à proximité du Sulon en allant de Gouarec vers Ste Tréphine, un secteur marqué par les rites antérieurs à l' ère chrétienne, rites probablement celtiques comme ceux d'immersion dans le Sulon pratiqués à l'emplacement actuel de la chapelle Saint Mathurin en ruine. Celle-ci a été  construite dans le but "d'effacer" le rite antérieur, sa promotion s'est faite par le clergé local au XVIIe siècle à la suite du fameux "miracle du Pohon" un sauvetage d'enfant tombé dans un puits et récupéré par sa soeur plus âgée et certainement  très dégourdie!
Ces fermiers chez qui les parents allaient chercher le beurre une fois par semaine, plaçaient l'argent qu'ils possédaient à l'intérieur de l'Agrippa, le livre auquel ils faisaient plus confiance qu'aux banques (les événements de 2008 avec l'ébranlement du système financier dans sa globalité leur donneraient  raison s'ils étaient encore là!)Certains éléments en pierre comme les lec'h ou stèles de granite, les sphères ou "boules de Saint Trémeur", le "sarcophage" en granite, sont autant d'éléments concentrés autour de l'église de Sainte Tréphine et qui témoignent encore du poids des légendes et superstitions à proximité du Sulon et du Blavet, deux rivières qui doivent leur nom aux dieux de la période celtique.
Sources:La Bretagne Contemporaine. Sites pittoresques, monuments, costumes. Scènes de moeurs, Histoire, Légendes. Traditions et Usages. Deuxième volume (Finistère, Côtes-du-Nord, Ille et Vilaine). Editions Culture et civilisation, Bruxelles 1977. Sites photos "fr.123rf.com/images libres de droit.


lundi 22 septembre 2014

Légende

Boudédé et le chaos du Corong

Un article récent sur le blog (du 8 septembre 2014) donne un aperçu du chaos granitique du Corong et son histoire géologique. mais cet endroit du centre Bretagne (entre Locarn, St Nicodème et Duault: département des Côtes d'Armor) possède aussi sa légende, celle du géant Boudédé qui passait par cet endroit et gêné par des cailloux dans ses chaussures, les abandonna en vrac dans cet endroit. Depuis, ce secteur boisé est en effet particulièrement riche en blocs de granite dont certains sont sculptés par la nature comme celui-ci, appelé le masque de Boudédé et dans lequel on aperçoit effectivement l'emplacement des yeux qui correspond à des marmites de dissolution chimique.
 
 De même le dolmen de Boudédé n'est autre que le sommet du chaos granitique situé en bordure de forêt au dessus et en rive droite de Follézou, la rivière qui coule sous l'amas de rochers.                                                  

mercredi 2 juillet 2014

Poème et légende

"Le présage du château mystérieux" (Huile sur toile de Reon)

C'est un endroit béni des dieux
Au vieux château drapé de ronces
Un chemin creux ici s'enfonce
Dans un sous-bois aux schistes bleus

Près de l'étang chante un ruisseau
Baignant sans fin la gorge vive
Un ancien bief borde la rive
Jusqu'au moulin dit du Corbeau

Dans ma mémoire réapparaissent
Les grands gardiens de ce temps là
Portiers du monde d'Argondia
Où la magie jamais ne cesse

Je vois Acis et Galatée
Endormis sous la voûte blême
Pourquoi attendre Polyphème?
Je dois enfin me réveiller

Et Argondia alors s'efface
Sous les grands chênes aux troncs moussus
Près de l'étang les ruines à nu
De l'ancien monde gardent la trace

Te souviens-tu de ce rosier
Qui chaque été au coeur des ruines
Offre aux passants fragrance fine
Pour un présage à déchiffrer?

Photos: entrée de la Grotte Magique dans les années 1970-80 au moulin du Corbeau (Ste Brigitte 56) aujourd'hui disparue. "Le présage du château mystérieux", huile sur toile de Reon, la Légende d'Argondia, aujourd'hui à Prague, Rép Tchèque.

samedi 28 juin 2014

Légendes

La grotte des Korrigans, vallée du Daoulas en Laniscat (22570)

Sur les anciennes photos ou cartes postales de la vallée du Daoulas, les gorges escarpées apparaissent étrangement dénudées par rapport à aujourd'hui où les arbres ont colonisé les flancs de cette rivière, affluent  du Blavet. Sur les vues orientées Nord, après le viaduc et l'ancien moulin en allant vers Laniscat, apparait un petit sentier qui monte vers les sommets. Il permettait à cette époque de rejoindre Canac'h Laeron. Ce chemin existe à nouveau aujourd'hui et se nomme le "chemin des korrigans". Il passe à proximité d'une ancienne cavité dans les schistes  qui devait servir d'abri autrefois aux travailleurs des carrières d'ardoises. Cette "grotte" à flanc de colline permet de se tenir à deux personnes en position assise: une vraie demeure de korrigans dans la vallée du Daoulas, avant d'arriver aux allées couvertes du Liscuis, un itinéraire dans la lande et les roches schisteuses qui impressionne toujours les marcheurs par sa beauté sauvage et préservée.

vendredi 24 mai 2013

Légende

Et si Argondia n'était qu'endormie?

Au coeur du terroir Kost ar c'hoad (à l'orée du bois), dans un vallon perdu entre l'étang des Salles et celui du Fourneau, dans cette magnifique forêt de Quénécan, un artiste tchèque: Réon créait un univers légendaire en transformant le moulin du corbeau en Grotte Magique dans laquelle il peignait, cuisait d'étranges personnages et masques de terre et exposait ses oeuvres au début des années 1970. Cette grotte où se sont produits des artistes célèbres dans le pays comme le barde Glenmor ou Alan Stivell, matérialisait dans cet endroit perdu et mystérieux, un univers enchanté dans lequel d'impressionnantes toiles exprimaient les visions de l'artiste créateur d'Argondia et sa légende. Des tableaux comme "La vogue pour la recherche d'un ancien poème oublié","Le royaume du silence éternel","L'allée des amours secrets"ou "Le port de la grotte des légendes secrètes" illustraient à merveille les visions de l'artiste et alimentaient la légende.
Dans la brume qui s'élève du grand étang des Salles, le cri des corbeaux rappelle encore le vieux moulin et la grotte disparue. Disparue? pas tout à fait car elle s'est déplacée dans l'espace, à proximité du pont Charles à Prague, République Tchèque, pays d'origine de Réon. Le silence est retombé sur la vallée, mais le mystère d'Argondia est toujours présent et palpable au travers des ronces et du manteau de brume dans lequel un ruisseau chante toujours la mélodie des songes, la légende d'Argondia. Photo: masque de terre cuite formant clé de voûte à l'entrée de la grotte.

vendredi 4 janvier 2013

légende

Au coeur du pays koste 'r c'hoed

L'étang des Salles en Sainte Brigitte et ses rives boisées constituent le décor grandiose et romantique qui attire, fascine et inspire les artistes comme le célèbre Réon et sa grotte magique au moulin du Corbeau, à elle seule un concentré de mystère dans cet endroit magnifique. De cette grotte, il ne reste aujourd'hui que le souvenir des masques de terre cuite et des personnages inquiétants et sombres garnissant les murs, au coeur même de la forêt.

Les ruines du château des Salles ajoutent à la mélancolie du lieu une note de mystère supplémentaire. Les ardoises du sol révèlent sous les pas leurs étranges macles à inclusions charbonneuses en croix (andalousite) qui, au haut Moyen-Age n'ont pas manqué de frapper les imaginations. Ces macles, à l'origine des armes de Rohan, ont sans doute joué un rôle dans la première implantation humaine sur ce site. La demeure celte, puis romaine est devenue castel des Porhoët puis château des Rohan (dans lequel a été signé l'acte de fondation de l'abbaye de Bon Repos au XII e siècle).
Dans les ruines de ce château des Salles, deux grosses tours sont encore visibles dont celle proche de l'étang a son histoire curieuse. La veille de Noël, chaque année, une étrange lumière apparait au sommet de cette tour au moment où les douze coups de minuit sonnent au clocher de Perret. Il se raconte dans le pays, qu'il y a déjà fort longtemps, des jeunes de Perret avaient voulu vérifier ce phénomène en s'installant une nuit de Noël dans la tour avec l'intention d'élucider ce mystère. Mais au moment où les premiers coups sonnaient au clocher de Perret, une peur panique s'empara des jeunes gens qui s'enfuirent sans se retourner. On ne sut donc jamais le fin mot de l'histoire et depuis ce temps là, personne n'a tenté de renouveler l'expérience. Le mystère est donc toujours entier.

jeudi 26 mai 2011

Légendes

Dans ce pays de landes, de rochers souvent escarpés, de bois, l'imagination s'alimente d'elle-même et chaque saison, chaque instant du jour et de la nuit, transforme le décor naturel, ses couleurs, son mystère. Le vent ajoute encore sa touche au tableau par le bruissement des grands arbres, son souffle parfois discret et parfois puissant. Dans cet univers, vivent des êtres qui échappent au temps comme les korrigans, mineurs dans un pays de mines et carrières, quoi de plus naturel? Qu'il s'agisse des carrières d'ardoises sur les sommets du Liscuis ou les galeries d'extraction du fer dans les grès quartzitiques, sur les landes et dans toute la forêt, chaque affleurement de roche, chaque cavité ramènent au petit peuple de la nuit. Les elfes et les fées préfèrent les fontaines, sources sacrées parfois situées en hauteur comme la fontaine du rocher du Marquis, l'ombre des grands arbres protecteurs témoins d'une époque où l'homme respectait encore la nature dont il fait partie.