Libellés

samedi 29 décembre 2018

2018, les 7 ans du blog

avril 2011 à décembre 2018: le blog a 7 ans et 8 mois.

Merci aux internautes qui ont suivi ce blog depuis avril 2011. Le compteur marque 95000 visites en 7 ans, ce qui fait en moyenne, 1326 par mois et 44 par jour, un chiffre modeste mais qui m'étonne car l' adresse (rosquelfen-pj) suppose de connaître le pays ou d'être bien informé! Durant cette période, des échanges et recherches ont enrichi certains articles et aujourd'hui, deux publications sont engagées sur des thèmes différents: dans la rubrique Patrimoine, l'histoire de la chapelle de Rosquelfen et de sa restauration presque achevée lorsque le porche et le berceau intérieur de la voûte auront été terminés, et dans la rubrique "Poèmes" un choix réalisé dans les 190 poèmes, la rubrique la plus regardée du blog, ce qui n'est pas sans m'étonner!Un recueil de poèmes sortira courant 2019. Pour les échanges avec les internautes, j'ai toujours accepté les remarques constructives et exclu les destructives qui heureusement sont rares et dénotent surtout une absence de sérénité. "Horas non numero nisi serena" :"Les heures ne comptent pas si elles ne sont pas sereines" dit un cadran solaire antique dans "Thérapie existentielle" de Irvin Yalom.
Alors excellente fin d'année  et bonne nouvelle année 2019 à tous.

mardi 18 décembre 2018

Poème

Le parleur de Décembre

Mon regard un instant se pose
Sur sa silhouette gracile
Arpentant les rues de la ville
Sous le crachin d'un ciel morose

Son visage m'apparaît soudain
Dans sa fermeture silencieuse
Les heures sont parfois malheureuses
Dans la fraîcheur de ce matin

Et bientôt l'atmosphère inquiète
Dans cette rue qui se remplit
De ces clameurs et tout ce bruit
La colère n'est jamais discrète!

Voici le temps déraisonnable
Où le parleur ici soudain
Ravive de Panard le quatrain
En renversant toutes les tables:

"De l'esprit faut-il qu'on décide
Sur le bruit d'un parleur sans fin?
Ne sait-on pas qu'un tonneau vide
Résonne mieux qu'un tonneau plein?"

Quartier blessé, brûlé, meurtri
Au soir tombant coulent des larmes
Après le temps bruyant des armes
Le parleur s'esquive dans la nuit.

mardi 11 décembre 2018

Réflexions sur notre temps

Vers Noël 2018, reflet de notre temps

Quel message est véhiculé aujourd'hui en fin d'année 2018 par la situation du pays? Lorsque les écluses de la violence sont ouvertes, nul ne sait quand et comment elles pourront se refermer. Alors, sur les trottoirs de Paris, un chant me revient en mémoire qui parle de guerre dans laquelle nous ne sommes pas encore, mais qui prend aujourd'hui un écho tout particulier et que je conseille aux lecteurs de ce blog: Katé-Mé/La rue des lilas (youtube).

jeudi 6 décembre 2018

Entre Histoire et sculpture

Le tombeau des enfants d'Anne de Bretagne: Charles-Orland de France et Charles de France en la cathédrale Saint Gatien de Tours.


A la croisée du transept Sud de la cathédrale de Tours, il est possible d'admirer aujourd'hui le tombeau des deux enfants de la Duchesse et Reine de France,Anne de Bretagne: Charles-Orland mort à trois ans d'une rougeole et son frère Charles de France qui ne vivra que 26 jours. Ces deux enfants "mâles" et donc héritiers de la couronne de France, sont deux des enfants nés du mariage de la Duchesse Anne (née à Nantes en 1477 et décédée à Blois en janvier 1514 à 38 ans) avec le Roi de France Charles VIII. Ce roi va mourir plutôt brutalement en 1498 à Amboise à la suite d'un heurt de la tête contre un linteau de porte.
Les gisants visibles à la partie supérieure du monument correspondent à une tradition de sculpture française de la fin XVe siècle et ont été exécutés dans
 l'atelier de Michel Colombe. La cuve est une oeuvre italienne de Jérôme de Fiseole, ramené par Charles VIII de sa campagne d'Italie.

La décoration de cette oeuvre est tout-à-fait novatrice en France et d'une qualité équivalente aux plus belles créations italiennes de la même époque. Ce tombeau en marbre de Carrare a été placé en 1506, selon la tradition française, isolé, à la croisée du transept de la basilique Saint Martin de Tours. Il a été épargné à la Révolution du fait de sa grande beauté (V.Droguet et M-T Reau). Il est transféré en 1834 dans la cathédrale Saint Gatien où il se trouve encore.
NB: de l'ancienne basilique Saint Martin de Tours, il ne reste plus aujourd'hui que deux grandes tours dont l'une dite "Charlemagne" fait l'objet de visites guidées.

En regardant la biographie d'Anne de Bretagne, on constate souvent la mention de six enfants nés des deux mariages successifs. En réalité, on trouve aussi le nombre de 13 accouchements pour cette Reine que l'on peut qualifier de féconde; 5 naissances au temps de Charles VIII et 8 avec Louis XII, dont deux filles qui survivront: Claude de France née en 1499, qui deviendra Reine en épousant François premier et Renée de France, née en 1510.

Sources:"Décor et mobiliers des édifices religieux et publics" par Vincent Droguet et Marie-Thérèse Reau. Inventaire général des Monuments et richesses artistiques de la France. Cahiers du Patrimoine n°30.Orléans AREP.Centre 1993.

mercredi 28 novembre 2018

Poème

Maison au clair de lune

La maison solitaire
Dans son jardin l'hiver
Sous la clarté lunaire
Se confond aux rochers
Photo du 20-03-2018
En nuances bleutées
Des ardoises mouillées

 Son sommeil est profond
Son âtre sans tisons
Le présent se morfond
Elle s'endort porte close
Sur ses murs plus de roses
La maison se repose...

Et l'absence de vie
D'un présent déconfit
Sous la lune qui luit
Ne dit rien de ce temps
Des souvenirs d'antan
D'un éternel printemps

Je repense aux matins
Aux suaves parfums
Des roses du jardin
A ces rires et ces larmes
Qui parfois me désarment,
Aux instants qui me charment

Sans regrets ni rancune
Sous le beau clair de lune
Entre ajoncs et callune
Je m'éloigne sans bruit
De la maison transie
De silence et d'oubli.

dimanche 25 novembre 2018

Patrimoine de Saint Aignan, Morbihan

Entre Saint Aignan et la chapelle Sainte Tréphine, sur le chemin rive droite du Blavet, sous puis au-dessus du barrage de Guerlédan (Morbihan), une promenade dans un lieu unique et imprégné de légendes, à faire sans hésiter...

Lorsque l'on sort de Saint Aignan en allant vers le barrage de Guerlédan, on grimpe assez rapidement sous le couvert forestier de Quénécan et on découvre à mi-pente, cette fontaine qu'un ancien texte (1891) de J-M Le Mené, décrit comme la fontaine de Ste Triphine et St Trémeur, objet d'une dévotion qui se manifestait par d'importantes processions (il signale jusqu'à 2000 personnes à cette époque, fin XIXe). Mais aujourd'hui, cette fontaine qui n'est donc pas très ancienne dispose d'une statue dans sa "niche" ornée qui ne correspond ni à Triphine (aujourd'hui Tréphine), ni à son fils Trémeur. Il s'agirait plutôt ici  d'un Saint comme Saint Aignan, le patron de la paroisse. En 1897, la petite chapelle de Sainte Tréphine est érigée sur la hauteur qui domine le barrage et que l'on nomme Castel Finañs, une ancienne place forte Carolingienne décrite par de Keranflec'h, l'archéologue du XIXe qui a également fouillé Castel Cran, un fortin de même époque à la confluence du Blavet et du Pouldu en allant vers Gouarec et proche de l'écluse de Saint Hervé.
Cet endroit de Castel Finañs correspond aussi à une zone
d'affleurement des grès-quartzites (de l'Ordovicien), dits armoricains, une roche grise particulièrement dure et siliceuse qui a été exploitée en carrière pour réaliser le barrage de Guerlédan à partir de 1924. Le site a donc été fortement modifié au début XXe comme sur la rive gauche, le site de Trévéjean où la même roche était extraite. L'emplacement de Castel Finañs présente quelques similitudes avec la butte de Castennec, plus au Sud, et permet de contrôler ce "verrou" sur le Blavet que représente cette gorge escarpée. Ces structures militaires du IXe siècle sont devenues dans l'imaginaire collectif, les ancrages de récits légendaires qui impliquent de célèbres personnages comme Conomor, Tréphine et son fils Trémeur, Saint Gildas..., et cette légende va se développer jusque Carhaix (avec son église Saint Trémeur), en passant par Sainte Tréphine et son célèbre lec'h en granite cannelé, commune des Côtes d'Armor entre Gouarec et St Nicolas du Pélem.
NB: voir infobretagne, patrimoine de Saint Aignan.

dimanche 18 novembre 2018

Le Bel Automne à Correc en Saint Gelven, Bon Repos sur Blavet, Côtes d'Armor

Parler couleurs, terres et pierres au manoir de Correc, Bon Repos sur Blavet (22)...

Correc, logis principal le 18 novembre 2018
Quel meilleur endroit pour parler des couleurs et des matériaux naturels utilisés pour sa construction, que le manoir de Correc? Le 18 novembre, par une journée ensoleillée (mais froide!), plus de 50 personnes étaient présentes sur le site pour la visite du manoir et la causerie sur les couleurs. Un précédent article du 20 novembre 2017, il y a donc exactement un an, retraçait l'historique de ce fief dont on retrouve les traces dès le XIIIe siècle avec le mariage d'Alain VI de Rohan et Isabeau, Dame de Correc (voir l'article en question sur ce blog avec mention du blason "écartelé" des seigneurs de Correc sur l'église de Saint Ygeaux). Ici le bâtiment est en partie du XVIe et XVIIe siècle, modifié en 1662 et 1667. Son entrée particulièrement soignée est du début XVIe. Cette intervention sur Correc, malheureusement trop courte a généré l'envie de renouveler le thème en prenant cette fois plus de temps pour admirer la polychromie de cette façade avec son originalité exceptionnelle par l'absence de pignons droits (les côtés du logis principal sont courbes). Les matériaux utilisés dans cette façade illustrent également la diversité et la complexité de l'histoire géologique du pays. On retrouve en effet des schistes clairs du Briovérien associés aux schistes mordorés du Liscuis, schistes également ferrugineux de Laniscat, granite de St Nicolas du Pélem, granodiorite de Plélauff, enpierrement de quartz laiteux coloré par les hydroxydes de fer de la cour intérieure etc... Saluons donc cette belle initiative de l'Office de Tourisme du Kreiz Breizh et les propriétaires de Correc (famille du Peyroux)pour la sauvegarde de ce joyau du patrimoine local.

lundi 12 novembre 2018

Méditation philosophique

Forum de philosophie du Monde au Mans du 9 au 11 novembre 2018

Pour son trentième forum de philosophie dans la ville du Mans, le journal Le Monde intitulait le thème abordé: "Tous philosophes?" et invitait pour en débattre, une quinzaine de philosophes dont également un sociologue et une sinologue. Je retiendrai en particulier de ces trois jours, les interventions d'André Comte-Sponville et de Raphaël Enthoven, interventions particulièrement percutantes. Pour Comte-Sponville, on ne naît pas philosophe, on le devient en développant sa propre pensée à la lecture des grands philosophes du passé et en ce sens, la philosophie est  un travail et un combat, ce qui la distingue de la sagesse qui est une paix et un repos. Et je me souviens d'un passage sur "Le bonheur désespérément" dans lequel il disait aussi: "Croire un peu moins et connaître un peu plus, espérer un peu moins et agir un peu plus, et dans l'ordre affectif ou spirituel, espérer un peu moins et aimer un peu plus." Raphël Enthoven (philosophie sur ARTE) pose la question: qui n'est pas philosophe? Qui ne sait pas qu'il va mourir? Qui ne sait qu'il est né par hasard dans un monde qui s'en moque totalement? Pourtant, c'est souvent le déni qui répond au désarroi. D'autres préfèrent la vérité qui dérange à l'illusion qui réconforte et consentent à l'âpreté du monde, choisissant de l'aimer malgré lui.
Un consensus se dégage sur le fait que les temps actuels sont particulièrement inquiétants: pertes des repères, absences de perspectives, repli dans tous les domaines, montée du populisme, refus du dialogue, exaspération et verbe outrancier et très souvent excessif (il suffit de voir la prolifération des pages délirantes sur internet et y compris par des auteurs qui s'imaginent objectifs!).Il y a bien une différence entre polémistes et philosophes!
Face à ce monde contemporain anxiogène, sagesse et philosophie deviennent essentielles et plus nécessaires qu'il n'y paraît!

mercredi 7 novembre 2018

Paléontologie à Guerlédan

A propos des traces fossilisées de bilobites dans les grès de l'Ordovicien du fond du lac de Guerlédan, Côtes d'Armor.
Un article rédigé sur ce blog le 1 février 2016, parlait d'un bloc de grès armoricain découvert à l'occasion de l'assèchement du lac de Guerlédan en 2015, sur lequel on pouvait voir distinctement une trace de déplacement attribuée à un arthropode de l'Ordovicien et dénommée: "bilobite" ou Cruziana. Les experts, pour ce type de traces fossilifères, parlent d'ichnofossiles. Alors comment à partir de ce tracé assez long, déterminer l'animal qui en est l'auteur?
Cruziana sur grès armoricain de l'Ordovicien
Et bien c'est toute la difficulté comme les chercheurs le soulignent. C'est le cas d'Olivier Dequincey (23/05/2016) ENS/Lyon DGESCO, qui donne l'exemple des falaises de Moher en Irlande où des ichnofossiles comparables et dans des grès du Carbonifère ont été attribués à un gastéropode et non à un arthropode (donc à un animal du type escargot et non Trilobite). En regardant et en comparant de très près les formes "irlandaises" et le grès de St Gelven, on s'aperçoit que quelques différences apparaissent comme la morphologie des limites de traces et une section également plus aplatie chez l'ichnofossile irlandais. Ici, on aurait donc une véritable contre-empreinte de traces en creux qui donnent deux demi cylindres très réguliers. Le sédiment marin dans lequel se déplaçait le Trilobite était particulièrement fin et homogène.Mais aucun animal n'est présent à une extrémité de ces traces! Pour rencontrer des Trilobites fossilisés, il faut déjà être dans un sédiment du genre métapélite fine, un milieu sans doute plus réducteur. On va donc rencontrer les Trilobites dans les schistes et ceci jusqu'au Permien, c'est à dire jusque la grande crise Permo-Triasique (250Ma) au cours de laquelle se déroule la plus grande extinction d'espèces vivantes de l'histoire de la planète, dont nos Trilobites.
Parabarrandia sp
Les Trilobites sont classés en plus de 150 familles, 2500 genres et près de 20000 espèces! Il est donc tout-à-fait impossible de faire une attribution quelconque de ces formes à un animal précis. Il n'est pas interdit malgré tout de faire des hypothèses à partir de données concrètes comme le diamètre des traces moulées en surface de la roche. En effet, la  forme des bilobites donne une indication sur  la morphologie de l'animal (taille des endo et exopodites) et donc sur sa taille, car en effet l'animal qui a effectué cet itinéraire sinueux devait faire une taille conséquente, un peu comme celui photographié ici: le Parabarrandia du Llandeilien (-460Ma) qui atteignait les 20cm de longueur.Certains Trilobites pouvaient atteindre les 70cm de longueur! En Bretagne, les espèces décrites sont nombreuses (mais inférieures à 10cm la plupart du temps) à partir de l'Ordovicien supérieur, dans le Silurien et le Dévonien, étages du Paléozoïque. Citons quelques unes comme Neseuretus tristani (Llanvirn sup: -470Ma),le Kerfornella brevicaudata (Llandeilien: -460Ma), ou encore Ectillaenus giganteus du même Llandeilien moyen.
NB: ce bloc de grès d'environ 70cm dans sa grande longueur est visible  sur Saint Gelven (information en mairie). Voir aussi: paléontologie du Primaire au Museum d'Histoire Naturelle de Paris.

mercredi 31 octobre 2018

Poème

Transitions épineuses...

Au hasard des visions d'automnales merveilles,
Automne 2017
Comme un éclair soudain sur un coeur foudroyé
Où le miroir du temps, par instants oublié
Ravive cette image d'un éternel soleil,
Le parfum me revient de ces roses vermeilles...

Je me vois découvrir les secrets d'un jardin
Où de grands oiseaux noirs s'agitent sur les chênes
Dans mon rêve j'entends le murmure des fontaines
Une harmonie naissante en lumineux matins
Et mon âme s'enivre aux suaves parfums

Je sais des roses anciennes qu'un soleil illumine
Vallée du Blavet sous Rosquelfen: 10/2016
Dans un château figé sous le manteau du temps
Que reste-t-il à vivre et combien de printemps
Pour aimer à loisir, au parement des ruines,
Les couleurs de la vie qui toujours se devinent?

Inexorablement se vide le sablier
Au jardin déserté, habillé de silence
Aucun retour possible aux verdeurs de l'enfance
Me dit le vent d'automne dans son souffle léger,
Et les houx aux fruits rouges triomphent du rosier.

mardi 23 octobre 2018

Automne en Kreiz Breizh

21/10: Le Bel Automne.M.Sibéril
Un automne atypique en Centre Bretagne
Cette année tout le monde aura remarqué le temps bizarre et particulièrement sec de 2018. Il suffit de se promener sur les rives de Guerlédan pour s'apercevoir que le lac a perdu près d'un tiers de sa réserve et si l'anticyclone reste aussi puissant (du jamais vu depuis qu'un baromètre est en fonction dans la maison de Rosquelfen, une fin d'octobre), la sécheresse risque bien de perdurer. Néanmoins, il suffit d'une grosse pluie pour réactiver le réseau souterrain (mycelium) des champignons et produire (dans un délai très court)une quantité de champignons dont la famille des bolets, particulièrement bien représentée dans les bois à composition mixte (comme hêtres et chênes, ou châtaigniers, hêtres, bouleaux et chênes). Un exemple de ce que l'on peut trouver dans les bois du pays en ce moment et  en bolets...
Sortie du 21/10: le Bel Automne. M.Sibéril
21/10: Le Bel Automne. M.Sibéril
21/10: Le Bel Automne.M.Sibéril
21/10: Le Bel Automne. M.Sibéril
21/10: Le Bel Automne.M.Sibéril
NB: cliquer sur les photos pour les agrandir. Les champignons présentés correspondent à une partie seulement des nombreuses espèces de champignons que l'on peut rencontrer en sous bois dans le pays. Sortie mycologique organisée dans le cadre des animations "Le Bel Automne" de  l'OTKB avec Michel Sibéril, animateur nature et connaisseur de ces végétaux.

mercredi 17 octobre 2018

Patrimoine rural de Bon Repos sur Blavet: le calvaire de Keriolet

Achèvement de la restauration du calvaire de Kériolet en Laniscat: Bon Repos sur Blavet (22570)


C'est dans le brouillard de la matinée du 16 août que débute la mise en place de la partie sculptée du calvaire par l'entreprise "La Pierre à l'oeuvre"✷ du Morbihan avec l'aide des bénévoles de l'association de Kériolet (voir les articles précédents à ce sujet dans la rubrique "patrimoine" du blog).



La hampe ou fût de la croix, octogonale, a été reconstituée à partir des deux morceaux récupérés au pied de l'ancien emplacement du calvaire (pièce brisée en deux morceaux dans sa chute) et qui va retrouver son socle d'origine également restauré et consolidé. Le granite à grain assez grossier est orienté de façon frustre et de ce fait, a tendance à fendre. Il a donc été renforcé aux endroits les plus fragiles.



Mise en place de la partie terminale. Il s'agit d'un monolithe de granite duquel s'était détachée en plusieurs morceaux, toute la partie avant sculptée: un christ en croix qu'il a fallu reconstituer à partir des débris récupérés au pied de l'ancien calvaire par une Laniscataise, il y a un certain nombre d'années aujourd'hui! Mais tout arrive avec un peu de volonté et de détermination!


Enfin le monument retrouve son harmonie d'origine et nous révèle de nouveaux éléments historiques qui n'étaient pas visibles avant la restauration, comme ces détails du blason qui à notre grande surprise n'est pas celui des Gourdel, le mari défunt de Marie Hamon en 1727, mais bien celui des Quélenec de Kerjacob (7 macles bien visibles sur le blason après nettoyage), c'est à dire exactement le même que le blason offert à la mairie de Laniscat et visible dans les bâtiments de celle-ci par un habitant de Saint Ygeaux; un blason qui figurait également dans le manoir de Kériolet à proximité (qui avait une chapelle privée dotée de cette ornementation décrite par Frotier de la Messelière dans ses dessins des manoirs et chapelles des Côtes du Nord).En effet, cette famille noble se retrouve dans la succession de Keriolet à cette époque (1727). (Voir article sur le blason de la mairie de Laniscat dans ce blog).
✸: La Pierre à L'oeuvre, coopérative de Restauration du Patrimoine, zone artisanale du Clos Joubaud. 56460 VAL D'OUST
NB: cliquer sur les vues pour les agrandir

samedi 13 octobre 2018

Art et légendes à l'abbaye de Bon Repos, Bon Repos sur Blavet, Côtes d'Armor

Une exposition à ne pas manquer dans l'abbaye de Bon Repos pour ceux qui ne l'ont pas encore vue et qui illustre la légende des origines du monument, par l'artiste Julien Salaud.

Dans les salles partiellement restaurées de l'abbaye, l'exposition encore visible jusque fin octobre débute par  "Printemps (Nymphe de cerf) de Julien Salaud 2013":
Printemps (Nymphe de cerf) Taxidermie, fil de coton, perles de rocaille, bois
"Cette oeuvre, comme l'indique le document explicatif, rend hommage au cerf, force de la nature. Avec cette parure de perles, l'artiste transforme le cerf en animal mystique digne d'une figure chamanique. Il est ainsi élevé au rang d'intercesseur de messager des esprits et fait écho à la légende de l'abbaye de Bon Repos.
Au cours d'une partie de chasse en forêt de Quénécan, le Vicomte Alain III de Rohan se lance à la poursuite d'un grand et majestueux cerf. Alors qu'ils atteignent les rives du Blavet, le cerf, pris au piège, est abattu. Eprouvé, le seigneur s'endort paisiblement dans la vallée. Durant son sommeil, la Vierge lui serait apparue et lui aurait inspiré l'idée de construire ici, le lieu de son repos éternel. Ainsi le 23 juin 1184, le Vicomte Alain III de Rohan et son épouse Constance de Bretagne signent l'acte de fondation de l'abbaye Sainte Marie de Bon Repos. Comme une apparition, l'oeuvre "Printemps" semble ici nous guider à travers tous les mystères de nos songes."
"RÊVES STELLAIRES" de Julien Salaud 2018 est une installation créée in situ et inspirée de la technique du "fil tendu". Cette oeuvre est réalisée en fil de coton, clous et lumière noire. Elle mérite vraiment la visite dans un espace "noir" allant du sol au plafond de l'abbaye et donc sur une hauteur de trois étages.
"Julien Salaud s'inspire des recherches de l'ethno-astronome Chantal Jègues-Wolkiewiez pour qui l'emplacement des animaux peints sur les parois de la grotte de Lascaux correspond aux positions des étoiles dans le ciel. A travers ce bestiaire fantasmagorique tiré de la légende fondatrice de Bon-Repos, il rend ainsi hommage à sa muse, la nature.Magicien des étoiles, Julien Salaud dessine la lumière en déployant sur les parois de l'abbaye, un réseau de près de 30kms de fil de coton et de 25000 clous, assisté d'une dizaine de bénévoles de l'association et de 9 étudiants de l'Ecole Européenne Supérieure d'Art de Bretagne (Lorient).
Oeuvre pariétale d'un nouveau genre, Rêves stellaires vient ainsi compléter la série Grottes stellaires, débutée au Palais de Tokyo (Paris) en 2012".
NB: sur cette vue, un fragment de la fresque représentant Alain III endormi et rêvant...Devant lui, un ange aux ailes déployées surmonté d'un personnage courant... Magnifique!
Concernant les raisons historiques de cette fondation de Bon Repos par les Rohan il y a de nombreux ouvrages dont "Kost ar C'hoat, Renaissance d'un terroir de Basse-Bretagne" (par P Jézéquel et JY Hélard, édition Coop Breizh2001, aujourd'hui épuisé) ou "Bon Repos, une abbaye pour la paix" de F.Moal,qui donnent un aperçu de ces raisons bien entendu fort éloignées de la légende.

lundi 8 octobre 2018

Patrimoine rural de Saint Nicolas-du-Pélem (Côtes d'Armor)

Patrimoine rural au Nord de Saint Nicolas du Pélem

Lorsque l'on prend la route qui passe près de l'étang de Beaucours (et les ruines de son vieux château), la campagne révèle un grand nombre de bâtiments remarquables (manoirs, chapelles, fontaines, calvaires, mégalithes....
Calvaire de Kerleouret: XVe
Comme ce magnifique et ancien calvaire de Kerléouret (XVe) qui révèle à la base de sa hampe terminale, une piéta sculptée dans la masse et qui constitue la base élargie de celle-ci. Ce monument très élégant avec socle à trois niveaux, révèle une certaine richesse du lieu à l'époque où il a été érigé, dans un secteur où plusieurs maisons nobles jalonnent la route jusque Kerpert, comme les manoirs de Logueltas et du Botcol.

Fontaine-lavoir de Logueltas
Derrière le manoir de Logueltas, cette fontaine-lavoir, aujourd'hui abandonnée, révèle une architecture intéressante. Un premier "réservoir" protège la source, surmontée d'une stèle avec croix en granite. Cette fontaine alimente le lavoir en contrebas où il reste encore les pierres inclinées utilisées pour le lavage. Quelques éléments de construction déscellés sont encore récupérables pour reconstituer la maçonnerie d'origine. Ce  monument  dépendait du manoir à proximité. Le manoir de Logueltas est daté du XVe au XVIIIe siècle. Il appartenait à la famille de Becmeur jusqu'au milieu du XIXe siècle (infobretagne, patrimoine de Saint Nicolas du Pélem). Aujourd'hui, ce manoir abrite un gîte rural.

lundi 1 octobre 2018

Poème

Vent d'automne

Vent hésitant frappe à ma porte
dans les gorges du Corong, automne 2017
Le bel été s'en est allé
Au bleu d'azur évaporé
Dans l'horizon des saisons mortes

Un champignon de bronze terne
Si rare en sous-bois desséché
Perce le sol enluminé
Aux jours cédant à la lanterne

Quand l'automne était plus humide qu'en 2018!


Mémoire des ombres et des lumières
D'automne encore réactivée
Comme la saveur imaginée
D'une balade forestière

C'est bien le son de la saison
Que le vent porte en la vallée
Ce bruissement si familier
Rythmant le temps d'une oraison

Automne aux fruits, pommes sanguines
Moments si courts de récolter
Feuilles  en terre cuite: C.Cousin, Kizellan 2015 Mellionnec
Saveur des fruits, cidre doré
Passe les jours sur les collines

Mémoire d'enfance que le vent porte
Odeurs et sons tant sublimés
Bonheur sans fin souvent rêvé
Au pays dur des âmes fortes.

mardi 25 septembre 2018

Le retour du loup en centre Bretagne

Les loups sont entrés dans Caurel!

Un titre en page 5 de l'Ouest France du 24 septembre: "Le loup de retour dans le Centre-Bretagne" a subitement réveillé la mémoire des anciens du pays et fait l'objet des conversations jusque dans les bars encore ouverts! Depuis cet été, la rumeur couvait, mais il ne s'agissait que d'une rumeur. On avait vu un massacre de cerf en bordure du bois de Gouarec, sans les restes de la carcasse... Des hurlements avaient été entendus près du lac et dans Quénécan... Certains n'hésitaient pas à suggérer une fuite accidentelle d'animaux de la réserve de Coat Fur en Lescoët-Gouarec, une réserve de loups bien connue des gens du pays... Mais aujourd'hui, Olivier Cléro, auteur de l'article du Ouest-France est bien plus explicite: "Un photographe animalier a surpris un loup le 8 septembre dernier au nord du lac, des chasseurs costarmoricains ont retrouvé des carcasses et des hurlements ont été entendus en juillet" et encore, des analyses fécales réalisées confirment cette présence du loup (voir observatoireduloup@hotmail.fr)
Des loups seraient donc venus d'après le même article, du Limousin en traversant la Loire et retrouvant les territoires que leur espèce occupait un bon siècle avant (le dernier loup aurait été tué en 1914 dans la forêt de Lanvaux (Morbihan). Mais ce retour aussi brutal qu'inattendu du passé dans l'actualité du Kreiz Breizh réactive une mémoire ancienne exhumant de ce passé, des peurs ancestrales  irrationnelles qui dépassent le seul sujet du loup. Ce retour étonnant du passé récent dans un présent  à l'avenir  plus que jamais  "inconnu qui inquiète" sert de révélateur sur l'état réel de notre société qui ne sait plus très bien où elle va... Pour le moment, des loups seraient donc présents dans le bois de Caurel et donc dans Quénécan. Dans le pays Koste 'r c'hoed, où l'on raconte depuis longtemps des histoires de loups, ces derniers refont curieusement leur retour de façon pratiquement synchrone avec la redécouverte de la gavotte du même nom,dans son style propre, un patrimoine vivant que les gens du pays avaient créé dans leur monde de landes, forêts et loups et qui a bien failli rester une ancienne pratique oubliée. Il se trouve qu'il n'en est rien! (voir article de septembre 2018 sur kosterc'hoat-pj).Alors le retour du loup, un bon présage??
NB: illustrations en noir et blanc à partir d'une expo photo à La Gacilly en 2011.

jeudi 20 septembre 2018

Frelon asiatique en centre Bretagne

Menace sur les abeilles à prendre au sérieux: le frelon asiatique en plein développement...

En août, une ruche implantée dans le secteur de Gouarec va subir une attaque de frelons (prélèvement d'abeilles à l'entrée de la ruche) toutes les deux à trois minutes, en provoquant un tress intense des abeilles qui se mesure à la baisse d'activité, au renforcement du nombre de gardiennes à l'entrée, accroissant encore les difficultés de sortie et d'entrée des ouvrières. Le stress peut aller jusqu'à affecter la reine qui arrête sa ponte, condamnant du même coup la colonie. Comment lutter efficacement contre ce fléau?
muselière d'entrée à maille carrée 6mm


Une "muselière" de ruche est proposée par certains apiculteurs, comme celle présentée ici, qui interdit l'accès à la ruche mais complique sérieusement le travail des ouvrières. Ce dispositif n'est pas adapté à la période estivale d'activité intense pour les abeilles qui seront gènées par le grillage et capturées à la sortie ou à l'entrée par le frelon.Par contre, en période hivernale, elle interdit l'accès de la ruche à bon nombre de prédateurs, y compris souris, mulots...

Grillage à poule devant la ruche
Une solution qui semble obtenir quelques résultats est la mise en place d'un grillage à poule (maille de 50mm sur 30mm) à une distance de 35cm de l'entrée de la ruche. Ce dispositif fait d'abord réagir les abeilles qui finissent par s'adapter au bout de deux jours. Elles passent le grillage sans difficultés alors que le frelon reste à l'extérieur. Ce dernier continue ses prélèvements d'abeilles mais son éloignement forcé de la planche d'envol fait baisser nettement le tress de la colonie. Les pertes d'ouvrières continuent malgré l'obstacle.
Piège à frelons à grille de 6mm
Un autre dispositif est tenté et qui semble porter ses fruits, mais il n'est pas simple à réaliser. Il s'agit d'un piège en bois (cube de 30x30x30cm) avec un cône d'accès grillagé et une face également grillagée. Les frelons accèdent par le cône grillagé et sont attirés par de la viande faisandée disposée dans le piège (poisson, viande blanche faisandée...). Ce piège semble efficace lorsque le frelon recherche des protéines pour son couvain; il ne s'intéresse plus à ce moment là aux pièges sucrés (bouteilles). Lorsque le piège contient 4 ou 5 frelons, il est placé à proximité de la ruche mais hors du champ d'activité des abeilles. La taille du piège permet au frelon de voler et d'émettre un son particulier qui semble jouer sur ses congénères. Ces derniers en présence du piège ne s'attardent pas près de la ruche et le nombre de passages semble régresser (et les prélèvements d'abeille avec). Pour accélérer le remplissage du piège, une raquette électrique (2 piles LR6) électrocute quelques secondes le frelon qui persiste, ce qui laisse le temps de l'introduire de force dans le piège, mais ce genre d'exercice nécessite un parfait sang froid et n'est pas du tout à conseiller!
NB: cliquer sur les images pour les agrandir.

mardi 18 septembre 2018

Bilan journées du patrimoine à Rosquelfen

Bilan des journées du 15 et 16 septembre à Rosquelfen, Bon Repos sur Blavet (22)

Les sablières restaurées dans la chapelle de Rosquelfen
Entre le 15 et le 16 septembre, la chapelle de Rosquelfen a reçu entre 60 et 80 visiteurs. L'origine de ces visiteurs est essentiellement de l'Ouest, en particulier du Nord du département (Pléneuf, Quintin, Lamballe, Dinan...)mais aussi du Morbihan, de Loire-Atlantique et même de Vendée. Quelques visiteurs parisiens ont également fait le déplacement, souvent parce que la famille est originaire de Rosquelfen, de Laniscat (comme la famille Lucas) ou qu'eux-mêmes sont nés au pays. Souvent, ces personnes ont encore des proches qui reposent dans le cimetière de la chapelle. Il faut noter à ce sujet que l'enclos de de Rosquelfen abrite toujours son cimetière, ce qui de nos jours, commence à être rare, la plupart des cimetières étant déplacés en limite des bourgs comme c'est le cas à Laniscat.
Le nouveau dais quadryptyque près de l'ancien du début XVIe




Dans le mobilier présent dans la chapelle ces deux journées, le nouveau dais dont il reste à faire la couleur externe, positionné dans la nef à proximité de l'ancien dais du XVIe siècle qui a servi de modèle aux bénévoles de l'association des "Amis de la chapelle de Rosquelfen".

mercredi 12 septembre 2018

Poème

Conscience automnale

chemin de randonnée au Liscuis


Au cours de longues nuits et bien souvent le jour,
La conscience en silence façonne
La mémoire des espoirs, des plaisirs, des amours
Au présent vivant de l'automne.
La saison des couleurs, comme la printanière
Illumine les jours éternels
Et les rêves et passions subliment la lumière
Sur la terre encore maternelle.

Lande boisée du Liscuis en août 2018



Parfois je me souviens d'un étrange continent
Nimbé d'un mystérieux silence
En saison des couleurs mais dans un autre temps,
Douces saveurs de mon enfance!
Parcourant les chemins des chagrins, des bonheurs,
Au temps de l'ultime inventaire,
Sans devoir regretter de riches et brêves heures,
Il est temps d'écouter la terre...

jeudi 6 septembre 2018

Journées du Patrimoine à Rosquelfen: Bon Repos sur Blavet (22)

Ouverture de la chapelle de Rosquelfen les 15 et 16 septembre 2018 pour les "Journées du Patrimoine".

La chapelle de Rosquelfen (XV,XVIe) ancienne église tréviale, est toujours en cours de restauration. Il reste la voûte de la nef à mettre en place (berceau de voûte) ainsi que le porche d'entrée Sud à terminer. Sur la photo, on voit très bien la limite d'arrêt des ardoises rustiques du Liscuis qui couvrent désormais la nef, le clocher et la sacristie, mais qui devront aussi couvrir le porche (dernière tranche de travaux). Venez donc le 15 ou le 16 septembre prochain vous rendre compte de l'état d'avancement de cette restauration débutée en 2011.





Un mobilier original à voir dans la chapelle:  le dais-retable destiné à abriter la statue de ND de Bon Secours, une statue de facture locale du XVIIe siècle. Voir les articles précédents à ce sujet sur le blog. Il reste les finitions de polychromie externe à réaliser. La photo donne un aperçu de l'avancement actuel de ce chantier des bénévoles. Les travaux tiennent compte de la date de fabrication du dais d'origine (début XVIe) et très altéré mais qui sert néanmoins de modèle pour réaliser ce nouveau dais ouvrant en retable polyptyque, en chêne du pays et châtaignier pour les portes.

NB: cliquer sur les photos pour les agrandir.

mercredi 29 août 2018

Patrimoine rural de Séglien (Morbihan)

L'étrange fontaine Saint Laurent entre Silfiac et Séglien (Morbihan)


Sur le bord de la route, entre la célèbre chapelle de Saint Laurent (sur Silfiac)et celle de Locmaria (sur Séglien), on peut apercevoir cette fontaine aujourd'hui à sec, qui étonne par son ornementation tout-à-fait atypique pour ce type de monument. Il s'agit d'un ensemble monolithique en granite, sculpté sur toute sa surface et dont le style correspond à un élément ornemental du XVe ou du XVIe siècle et donc beaucoup plus ancien que la fontaine elle-même (qui paraît une construction (ou reconstruction?) récente.



Sur cette seconde image, on remarque un morceau de "corniche" courbe qui semble indiquer que ce monolithe sculpté faisait partie d'un ensemble. Mais où se situe cet ensemble? Il peut s'agir de la chapelle Saint Laurent, richement ornée et joyau allant du XVe au XVIIe siècle ou aussi de la chapelle de Locmaria située en contrebas de cette fontaine et également du XVe et XVIe siècle. La question est donc ouverte...



Les personnages sculptés dans ce bloc de granite font le tour du bloc comme s'il s'agissait d'une colonne (ancien calvaire??), mais le sens est particulièrement difficile à déchiffrer et la position de cette "corniche" terminale, assez énigmatique...

vendredi 24 août 2018

Land art au Liscuis, Bon Repos sur Blavet (22)

Land art sur les crêtes du Liscuis, entre Gouarec et Bon Repos (Côtes d'Armor)

Sur les crêtes du Liscuis, le chemin des randonneurs (GR) passe sur les éboulis des anciennes extractions d'ardoises et l'endroit est remarquable par sa beauté, son calme et sa vue imprenable sur la vallée du Blavet canalisé, avec l'écluse de Saint Hervé et son déversoir, vers l'Est, les ruines de l'abbaye de Bon Repos et en rive droite, la forêt de Quénécan avec son piton proche du ruisseau du Pouldu qui conserve les traces du "fort" de Castel Cran, un site carolingien bien connu dans le pays, mais aussi à propos du Pouldu, la mémoire du fameux chemin du roi Salomon,décrit dans le cartulaire de Redon (IXe siècle).

Cet endroit est celui d'une halte sur l'itinéraire de randonnée et inspire certains marcheurs qui élèvent des monticules de pierres (l'ardoise du Liscuis).
Ces constructions éphémères peuvent durer plusieurs années si les marcheurs de passage ne décident pas de les réutiliser pour refaire la même chose par eux-mêmes. Ce "Land Art" ajoute au lieu une touche étrange qui interroge le passant. Sérénité du temps long dans un univers où le minéral et le végétal sont en parfaite symbiose.

lundi 20 août 2018

Les Chemins de l'archéologie à Saint Mayeux (22)

Le menhir (temporaire) levé le 19 août sur les crêtes de St Mayeux-Caurel (Côtes d'Armor)

Phase 1: pierre au sol

Au début de l'opération, en matinée du 19 août, la pierre (un bloc de schiste indifférencié du Silurodévonien, trouvé sur place) est positionnée sur des rondins de bois devant sa fosse de calage, ici une tranchée étroite car la roche choisie correspond à une grande dalle d'environ 4m de longueur sur presque 2m de largeur à la base et 20 à 30cm d'épaisseur (le bloc est estimé à environ 4 tonnes).

Phase 2: début du levage


La pierre est inclinée progressivement vers sa fosse de calage à l'aide d'un levier (tronc d'arbre de 10 à 15cm de diamètre) qui prend appui sur une structure en bois montée progressivement. La pierre est calée à chaque étape de sa levée et chaque fois qu'une nouvelle rangée de rondins vient prendre sa place dans la structure d'appui (visible derrière la pierre.)

Phase 3: utilisation de la chêvre



Dans la phase suivante, à partir du moment où la pierre a glissé dans sa fosse de calage, les spectateurs sont mis à contribution pour tirer sur les cordes qui vont finir le levage en utilisant une chêvre de taille proportionnée à la pierre.

Phase 4: calage de la pierre debout



La pierre est ainsi tirée jusqu'à la verticale puis bloquée dans sa position par des pierres de calage (sa partie enterrée est de 60cm environ). Cette démonstration qui utilise les techniques des hommes du Néolithique apporte un éclairage intéressant sur le degré de technicité atteint par ces populations et leur capacité à réaliser un travail collectif. Mais cette animation à succès populaire bien justifié n'explique pas les raisons de l'implantation sur les crêtes de St Mayeux-Caurel des véritables menhirs de Pors Guillo ou de Ty Min.

NB: cliquer sur les photos pour les agrandir. Cette pierre sera bien évidemment enlevée pour éviter toute confusion ultérieure entre les mégalithes répertoriés dans ce secteur et l'animation "archéologique".

mercredi 8 août 2018

Poème

Les mots

Korrigans aux allées couvertes du Liscuis
Sertissons mon amie, ce moment dans les mots
En les choisissant bien et musicalement
Qu'ils fassent en nos mémoires un subtil ornement
Et demeurent à jamais, ciselures en émaux

De ces mots lumineux, étoiles au firmament
Merveilles de vermeil exorcisant les maux
Dans ta bouche ou la mienne, les doux et tendres mots
Ceux qui font de nos langues cet étrange instrument.

Parfois les mots s'estompent, oh rêve  contemplatif!
L'instant fuit comme l'ombre où s'émeut l'émotif
Faut-il donc que la voix remplace l'écriture?

Amie, ma chère amie, tu supportes patiemment
Que certains de mes mots aient l'odeur de l'encens
Revenons si tu veux, aux Maximes d'Epicure!

Illustration: tombe collective en V du Néolithique, sur les landes du Liscuis près de Rosquelfen (Bon Repos sur Blavet). Sonnet des mots, août 2018.

jeudi 2 août 2018

Chapelle de Rosquelfen: dais-retable

Suite de la préparation du Dais-retable par les "Amis de la chapelle de Rosquelfen"



Le travail réalisé sur ce Dais-retable consiste à préparer le bois pour le revêtement polychrome final. On peut voir sur cette photo, le corps du dais sans les portes mais avec la frise basse terminée.





Cette seconde vue en perspective permet de découvrir la garniture basse en chêne, destinée à masquer les pieds du dais et qui font actuellement l'objet d'une sculpture de type "bas-relief" en langue bretonne.



Le meuble entier qui est destiné à la protection de la statue polychrome de Notre Dame de Bon Secours (en breton: Itron Varia gwir sikour) sera installé dans la chapelle pour les journées du Patrimoine (les 15 et 16 septembre 2018).


NB: cliquer sur les photos pour les agrandir.