Libellés

vendredi 7 février 2020

Carte Blanche à Sainte Brigitte, Morbihan le 23 février 2020



      Carte Blanche du dimanche 23 février 2020 (gratuit, ouvert à tous)
Thème : Sainte Brigitte en terroir koste ‘r c’hoed, ou comment Sainte Brigitte et ses voisins de Perret et Plélauff,  à l’ombre de la forêt de Quénécan, ont développé leur propre patrimoine immatériel, celui d’ un monde de paysans pauvres mais solidaires qui s’est rapidement effacé en deuxième moitié du XXe siècle mais en léguant (in extremis) aux  générations d’aujourd’hui un symbole important de sa particularité locale : la gavotte dite koste ‘r c’hoed, cette ronde sans limite de nombre,  liant social puissant et manifestation la plus visible de son caractère propre.

 Rendez-vous dans le bourg de Sainte Brigitte, à la salle des fêtes de 10h à 18h
- exposition de costumes locaux traditionnels : fañch, pourlet, moutons blancs,
- exposition d’instruments de musique utilisés en pays koste ‘r c’hoed : accordéons, clarinette et bombardes,
- à partir de 15h,  exposé sous forme d’une projection et dialogue sur le terroir koste ‘r c’hoed et la place de Sainte Brigitte dans celui-ci.
Exposé-dialogue  animé par Pierre Jézéquel, avec la participation de Dominique Jouve (écoute de documents de collectage faits sur le terroir), de Anthony Le Guyader et Christian Brogard (cercle celtique « Les Blés d’or » de St Nicolas du Pélem pour la tradition vestimentaire).

-vers 17h, petit fest-deiz animé par Dominique Jouve et Philippe le Guennec (treujenn gaol ) sur le répertoire de Jean Ogé, accordéoniste  des Forges des Salles.
Fin à 18h avec partage de gâteaux et boissons comme à chaque Carte Blanche.
Voir aussi "kosterc'hoad-pj" pour plus d'informations, et pour écouter l'émission du 17 février sur RBG, cliquer sur le lien http://www.radiobreizh.bzh/bzh/episode.php?epid=34695
ou taper rbg, pierre jezequel.

lundi 3 février 2020

minéralogie: les couleurs et les pierres

 propos du corindon et des manipulations de laboratoire pour modifier sa couleur.

Voilà un sujet qui n'est pas vraiment local mais qui intéresse des internautes curieux de savoir si des pierres vendues comme "corindon" d'un bleu profond sont du saphir naturel ou des pierres dont la couleur a été modifiée par une manipulation en laboratoire...
Ce que l'on peut lire sur internet à ce sujet va du sérieux à n'importe quoi, comme lorsqu'il est dit que le corindon est une pierre précieuse! C'est faux! le corindon est une espèce minérale appartenant au système trigonal,  à formule chimique alpha Al2O3 (oxyde d'aluminium), dureté 9 (Mohs) et de densité 3,9 à 4,1. Seuls deux minéraux (qui sont du corindon): le rubis et le saphir peuvent bénéficier sous certaines conditions de l'appellation "pierres précieuses". Le corindon est incolore lorsqu'il est pur, ce qui est très rare. Il est souvent coloré par des ions d'éléments de transition. Par exemple le rouge = rubis coloré par Cr2O3, avec pour Thailande du Fe2O3 en plus. Le saphir bleu est coloré par du titane et du fer: TiFeO3. Ainsi les impuretés chimiques Fe3+,Fe2+-Fe3+ et Ti4+ donnent le bleu plus ou moins intense.
Corindon brut.Photo Pierre Bedard
Le corindon contient de l'oxygène qui peut être chauffé juste au dessous de son point de fusion dans un espace clos (four haute T°). Une partie de l'oxygène est soit émise soit absorbée. Un gaz qui fait disparaître l'oxygène est fortement réducteur, comme l'hydrogène. Ces conditions de réduction sont obtenues en exposant la pierre à une flamme de propane. Le procédé est long et la température doit dépasser 1250°. La variation de l'absorption/émission d'oxygène affecte la valence des impuretés comme le titane, produisant alors une intensification du bleu. Les laboratoires de minéralogie utilisent la spectrométrie d'absorption (SAND) pour étudier la coloration bleu profond des saphirs. Cette coloration provient des transferts de charge anions-cations ou de valence entre Fe2+ et Fe3+ par exemple.
Saphir après la taille

La tentation est donc grande lorsque des corindons limpides ne présentent pas une couleur exceptionnelle, de les "chauffer" en laboratoire afin d'obtenir de magnifiques saphirs. La pierre peut ainsi passer d'une qualité "émeri" à une qualité gemme par une simple (mais coûteuse) manipulation, d'où la difficulté de certifier une origine strictement naturelle à une pierre surtout lorsque celle-ci a été taillée.
Principaux secteurs de production: Thailande,Birmanie (rubis et saphir),
Ceylan (saphir rose),Cachemire,Madagascar, la rubibelt africaine....

dimanche 26 janvier 2020

Poème

En attendant Imbolc*

Cette nuit le grand vent frappe encore à ma porte
Secoue les arbres nus, gémissements des bois!
Sombre monde si triste, l'hiver humide et froid
Endort les souvenirs et le temps les emporte!
Guerlédan et Quénécan, vallée du Blavet en hiver

La vieille maison de pierres, les ardoises du toit
Défient les vents d'hiver sur la lande mouillée.
Songeur contemplatif, en cheminée je vois
La vie qui se consume aux braises du foyer

J'aime alors ces instants, les odeurs de fumée
Les flammes lumineuses, leur danse sur les murs
Où les ombres dessinent le corps de cette fée
Que je croisais jadis sur fond de ciel d'azur

Les beaux jours reviendront, le vent se calmera
Le soleil à nouveau fleurira les collines
La rose adoucira la rigueur des épines
Symbole de l'hivernal sommeil du trépas

Mais avant qu'Atropos ne chasse les Ondines
Qui veillent aux fontaines, dans la faible lueur
J'entends du vent de mer, les confidences intimes,
La Parque peut attendre, Imbolc sera vainqueur.

*:Imbolc dans le monde celtique est la fête du printemps et de la déesse Brigitte qui se déroule le premier février succédant à Samain, fête de l'hiver le premier novembre.


dimanche 19 janvier 2020

Chapelle de Rosquelfen en Laniscat, Bon Repos sur Blavet, Côtes d'Armor

Assemblée générale des Amis de la chapelle de Rosquelfen en Laniscat: Bon Repos sur Blavet 22570.
Porche Sud et clocher: chapelle de Rosquelfen





Cette assemblée générale se fera comme chaque année dans la salle des associations de la mairie, bourg de Laniscat, le vendredi 14 février à 20h. Toutes les personnes intéressées par la sauvegarde de la chapelle sont invitées à y participer.


Nef recouverte en ardoises rustiques du Liscuis









Sur la deuxième photo, on voit le raccord du toit de la nef avec le clocher (façade Sud) et on remarque les ardoises mordorées du Liscuis, mais qui s'arrêtent à droite de la photo, sur le porche. Celui-ci sera restauré au cours de la 5e tranche  qui débute en février; elle consiste à redresser les murs du porche Sud suivi d'une réfection de la charpente et toiture. Dans ce but, des anciennes ardoises du Liscuis seront récupérées sur un ancien bâtiment de Plussulien pour terminer la couverture. Cette 5e tranche de travaux englobe également la remise en place du berceau de la voûte dans la nef.

lundi 13 janvier 2020

Mégalithe des Côtes d'Armor

L'étonnant menhir de Coatcouraval en Glomel (Côtes d'Armor)

Menhir coatcouraval par Kreizy archeo
Si glomel, commune du Kreiz Breizh est connue par les passionnés de préhistoire et de mégalithes, c'est d'abord pour son géant proche du bourg, le menhir probablement le plus lourd de Bretagne encore debout (voir articles précédents sur ce blog). Mais il en existe d'autres et en particulier celui de Coatcouraval (entre les villages de Sainte Christine et de Botcanou en Glomel)qui se fait aujourd'hui très discret, perdu dans les bois du château du même nom et donc connu par les quelques initiés des environs. Ce menhir en granite de Rostrenen est classé MH depuis 1970. Il fait environ 4 mètres de hauteur avec sa partie enterrée (3,5m au dessus du sol), 1,15m de largeur à la base pour 0,60m d'épaisseur moyenne, ce qui nous donne une pierre proche des 7 tonnes dont le centre de gravité est très bas, ce qui assure sa stabilité.
Sur le site wikipedia, on peut lire une hypothèse de tentative de débitage du menhir postérieurement à son érection, ce qui contribue à expliquer sa forme irrégulière. Il existe bien des traces d'action mécanique vers la base du menhir mais je crois sa silhouette globale d'origine. La plupart des irrégularités correspondent à des limites de diaclases naturelles (fissures de la roche) présentes dans un bloc de cette longueur au moment de son extraction sans doute à proximité où le massif granitique est fortement diaclasé. Ce menhir situé sur une pente douce vers le Sud-Ouest était sans doute positionné à cet endroit pour être vu en venant de cette direction et sans doute en un lieu moins boisé qu'aujourd'hui. Mais dans quel but, ce "bornage" ??Le mystère perdure...

mercredi 8 janvier 2020

Poème

 Canac'h laeron...

Un monument
Depuis longtemps
Témoin blessé
Du temps passé
Au socle usé
 croix brisée
Indifférent
Défie le temps!

Il voit venir
Puis repartir
Tant de passants
De braves gens
Dont il entend
Les étonnants
Gestes et dires
Et les soupirs!

Sur le chemin
Soir et matin
Tous les étés
Les désolés
Désenchantés
Vont déclamer
"Triste destin
pour cet ancien!"

Il sait pourtant
Malgré le temps
Et les blessures
De sa structure
Sa drôle d'allure
De sombre augure
Dire aux passants:
"Toujours présent!"

vendredi 3 janvier 2020

Carnet de voyage

En feuilletant un carnet de voyage...

Hiver 2020, le temps des veillées, un temps qui a  son charme, est le temps des lectures et de quelques redécouvertes au coeur d'une bibliothèque...

St Jean Pied de port.Aquarelle et plume. PJ 2001



Une ville: St Jean-pied-de-Port sur le chemin de Saint Jacques, dernière étape des pélerins en France avant le passage vers Roncevaux et les Pyrénées. Aquarelle réalisée en 2001.Le pont romain sur la Nive.






Calvaire sur Saint Ygeaux. Encre bleue
Rue de Barcelone en 2007


Un vieux calvaire dans la campagne de Saint Ygeaux en Côtes d'Armor, le calvaire de Kersaint (XVIe). Encre bleue, plume sur papier en 2005.




Une rue de Barcelone au soleil couchant dans le quartier Barri Gotic, en 2007. Encre bleue et plume.




Cavalier selon Gaudi. 2007.
Dessin à la plume et encre bleue d'un cavalier figurant dans l'entrée de la Passion: Sagrada Familia.















samedi 28 décembre 2019

2019, les huit ans du blog

Décembre 2019, les huit ans et huit mois du blog.

Un grand merci aux 108000 visiteurs du blog depuis sa création, ce qui fait aujourd'hui, une moyenne  de 35 visites/jour, en  baisse par rapport aux chiffres de l'an dernier à la même date mais entre temps, google+ a disparu, et la fréquentation est, malgré ce relais en moins, restée honorable pour un petit blog que je n'ai pas voulu adosser à Facebook.
Le recueil de poèmes que j'annonçais dans le message de décembre 2018 a été publié et se trouve à la Maison de la Presse à Rostrenen et "Au temps qu'il fait", librairie-bar dans le bourg de Mellionnec.
La dernière tranche de travaux sur la chapelle de Rosquelfen est programmée au printemps 2020 et la publication sur cette chapelle sera réalisée avec la fin des travaux débutés en 2010.

La Loire sous le pont Wilson à Tours le 28-12-2019

Des bords de la Loire à Tours, le fleuve qui retrouve enfin son débit hivernal habituel, je souhaite à tous les internautes une belle fin d'année et une bonne année 2020.
Comme les années précédentes, n'hésitez pas à me faire part de vos remarques sur ma messagerie perso si vous ne souhaitez pas un commentaire publié sur le blog.

jeudi 19 décembre 2019

Histoire et patrimoine en Finistère

Suites de l'article du 19 mars 2018 sur l'artiste François Grenier.

Après la diffusion de l'article sur le dessinateur et artiste François Grenier de Saint Martin(1793-1867), un lecteur anonyme et manifestement concerné m'indiquait le fait que cet artiste a séjourné au château de Kervéatoux en Plouarzel où il aurait donné "des cours de dessin à mes ancêtres". Je suis donc allé voir de ce côté pour tenter d'en savoir plus sur l'artiste et ses sources d'inspiration. Rappelons que l'article du 19 mars 2018 parlait d'un tableau intitulé "La convalescence du curé", un dessin sur papier qui représentait une scène dans  une cour de presbytère dont je tentais de trouver la paroisse à partir de détails architecturaux et les tenues vestimentaires dessinées avec grande précision par Grenier.
Que savons nous depuis ce commentaire de 2018?
Ancienne carte postale: Laurenceau Elise. patrimoine.bzh
Le fameux château de Kervéatoux en Plouarzel (mais plus proche de St Renan,inscrit MH en 2007) est un monument qui va du XVe, XVIIe au XIXe siècle. On le trouve sous diverses orthographes (Kerveatous, Kerveatouz...) et il appartient à une famille fort connue en Finistère: les de Taisne. On peut donc imaginer que François Grenier connaissait Charles Lambert Urse de Taisne, né à Charleroy (Belgique) en 1802 et mort en 1875 et/ou son épouse: Anna Levasseur de Briare. Ceci implique que le château appartenait à cette famille au XIXe siècle, ce qui reste à confirmer. Il a également pu connaître Angelo Urse de Taisne, baron de Raymonval(1840-1898), fils du couple susnommé. Nous savons également que François Grenier est un artiste précoce puisque déjà médaillé en 1810 (il a 17 ans). Sa production va donc durer plus de 50 ans au cours desquels il viendra séjourner dans le Finistère,et donc chez ses amis de Taisne.Mais nous n'en savons pas plus pour le moment. On peut  imaginer que ses sources d'inspiration étaient proches de ce secteur ou du moins finistériennes.Notons au passage que le château est toujours propriété de cette famille. Le baron de Taisne était Président du Conseil Général du Finistère en 1943 et à l'occasion des obsèques d'Anne Marie de Taisne en 2016, les anciens du pays se souviennent qu'avec sa mère,la baronne de Taisne, représentante de la Croix Rouge dans le Finistère,elles ont participé activement au sauvetage des otages de Trezien pendant la dernière guerre.
Enquête à suivre...
Sources:patrimoine.bzh, Inventaire du patrimoine culturel en Bretagne. Photo Laurenceau Elise (reproduction) ancienne carte postale.

vendredi 13 décembre 2019

Patrimoine des Côtes d'Armor

Le calvaire de Pestivien dans l'enclos paroissial de l'ancienne église de Pestivien devenue chapelle Saint Blaise. 

Ce calvaire remarquable en granite serait selon les sources citées par "infobretagne, patrimoine de Bulat-Pestivien", contemporain de celui de Lanrivain daté de 1548, avec lequel il présente d'étranges similitudes. Il a été inscrit MH en 1911 et pourrait bien avoir été sculpté par le même atelier que celui de Lanrivain. La particularité de ces deux calvaires est de présenter deux niveaux de statues en granite, contrairement aux grands calvaires bretons qui sont constitués de personnages sculptés dans du kersanton. Dans ces grands calvaires, l'un des plus anciens, Tronoën (1450-1470), comporte aussi de nombreux personnages en granite à grain fin. A la base du calvaire, on peut observer une table d'offrande prise parfois pour un autel. Le calvaire comporte une scène représentant Saint Yves entouré d'un pauvre et d'un riche (comme à Lanrivain). La statue de Saint Yves a été volée en 1945 et il ne reste plus aujourd'hui que la partie inférieure des jambes. De même, la statue du "riche" que l'on reconnait à la bourse  remplie qu'il tient à la main a été décollée de son socle d'origine (tentative de vol??) mais recollée avec une partie des jambes en moins, ce qui lui donne une allure d'homme à genou. Ce patrimoine remarquable se situe sur un circuit pédestre qui part du bourg de Bulat et qui emprunte des chemins creux en offrant au promeneur une vision inéressante de ce secteur très vallonné et riche de nombreux vestiges (ruines du château des Pestivien, chapelles, moulins, fontaines,croix, menhirs et affleurements de granite...

lundi 9 décembre 2019

Poème

Paroles...

Les mots que je balance au vent
Alimentent cette nuit un rêve troublant
Et peut-être prémonitoire...

Le texte que je viens d'écrire
Me fait pleurer mais aussi, rire
Divin plaisir ou désespoir...?

Les gestes que je fais, expression mouvante,
Enveloppent la mémoire vivante
Et réactivent une impatience...

La pensée silencieuse et mobile
Crie dans le vide immobile
La sidération de l'absence...

Les mots, le texte, le geste
Et la pensée même confessent
L'anamnèse d'un vivant...

Heures éphémères en musardises,
Ne restent que, sublimes exquises,
Des sensations à contretemps...

jeudi 5 décembre 2019

Minéralogie et coltan

 propos du coltan, minerai stratégique...

Beaucoup de questions en ce moment sur un minerai qui a une réputation sulfureuse, en particulier en Afrique où il alimente des guerres et de l'esclavage.
Le coltan est une abréviation pour parler de "colombotantalite" qui est un minerai composé de niobite et tantalite (comme l'électrum est composé d'or et d'argent). Le columbium est l'ancienne appellation du niobium, toujours associé au tantale et formant une série dite "isomorphe" entre un pôle Fer et un pôle Manganèse, ce qui donne une formule chimique: (Fe,Mn)(Ta,Nb)2O6. Il s'agit donc d'un oxyde orthorhombique opaque, brun noir à éclat souvent submétallique, densité 8,2, non magnétique et non radioactif.
Coltan en grains: trait rouge=1cm
Les grands  producteurs de coltan sont l'Australie,le Brésil, le Mozambique, RDC, mais aussi la Chine, USA, Norvège...Il est stratégique parceque entrant dans la composition des alliages spéciaux (électronique, technologie du portable et des ordinateurs, condensateurs etc...)
Les gisements de ce type de minerai sont associés aux filons de pegmatite  et au magmatisme acide, c'est-à-dire aux granites. On en trouve en France dans la région de Limoge (en placers). Les minéraux associés (on dit paragenèse en géologie) sont albite, quartz, muscovite, tourmaline, zircon, cassitérite, wolframite...
Comme nous avons du granite en Bretagne, nous avons aussi de la columbotantalite mais à l'état  anecdotique comme à la Villeder (carte géologique de Malestroit) où elle est signalée en inclusion avec du rutile dans la cassitérite; dans la notice de la carte de Plestin les Grèves (n°202) où elle est également mentionnée dans la cassitérite.
Mais d'où vient ce nom tantalite? C'est dans la mythologie grecque que l'on trouve Tantale, fils de Zeus, qui n'est plus un dieu ni tout-à-fait un homme et puni par son père, condamné à supporter faim et soif éternellement: d'où "le supplice de Tantale", car plongé dans une rivière, il ne peut en boire l'eau et sous des arbres chargés de fruits dont il ne peut se nourrir. Ainsi aujourd'hui, l'emploi de cette formule s'adresse à un individu dont les souhaits pourtant accessibles ne se réalisent jamais!
Sources: R. Capdevila: "Les granites varisques du Massif Armoricain. HAL Id: insu 00744843 du24/10/2012.BRGM: notice de la carte à 1/50000 n°202, et de la carte Malestroit.

samedi 30 novembre 2019

Poème

En novembre

Quand les arbres gémissent sous les assauts du vent
Et les roches dressées accrochent les nuages,
Crêtes du Liscuis vers le Daoulas
C'est le temps de novembre qui vomit ses tourments
De pluies horizontales effaçant le bocage

Dans les nuits du mois noir, triste et sombre présent
Je rêve encore du temps des saveurs enchantées,
De ces fleurs éphémères aux couleurs de printemps
Instants de la jeunesse à jamais envolés

C'est Eole l'inconstant qui dénude les chênes
Et jette les nuages vers le Septentrion
Sous les hêtres j'arpente l'antique voie romaine
Où j'entends sous l'averse, les rires d'un démon

C'est novembre qui passe, les humains à la peine
N'entendent plus les voix de la sérénité
D'un futur inquiétant au présent qui malmène,
Le "Veau d'or" sans doute, les a désenchantés!

mercredi 20 novembre 2019

Electrum et minéralogie

 propos de l'électrum, quelques précisions...

Des lecteurs du blog se sont interrogés sur l'usage de ce terme "électrum", interrogations nourries par les articles du 23/07/2011, 24/11/2012, 1/02/2013, 9/01/2018, et il me semble donc nécessaire d'apporter quelques précisions à ce sujet.
Si, en lieu et place de "Encyclopedia Universalis" on ouvre désormais l'incontournable "Wikipedia", on peut lire une phrase qui fait la différence entre la définition scientifique du terme et celle des historiens: "L'électrum est un alliage composé d'or et d'argent rencontré à l'état naturel dans des proportions variables. En numismatique et histoire de l'art, le terme désigne également un alliage artificiel". On voit donc dans cette phrase, la distinction qui est faite entre la définition des géologues et celle des historiens.
Electrum primaire (coll privée) 
L'électrum est donc un alliage naturel de deux espèces minérales métalliques (des "natifs" en minéralogie) qui sont l'or et l'argent, deux espèces qui ont des points communs, ce qui explique le caractère "argentophile" de l'or. En effet, ils ont des conditions similaires de concentration en gîtes primaires, ils ont la même structure cristalline, le système cubique qui est le seul système où les propriétés physiques sont les mêmes dans les trois directions de l'espace.Ils sont classés tous les deux comme métaux de transition. On pourrait ajouter des compatibilités liées à la taille des atomes, aux liaisons Van der Vaals mais laissons ces détails aux minéralogistes.

Dans sa rubrique "Etymologie", le site Wikipedia indique que le mot dérive du grec elektron lui-même dérivé d'elektõr (brillant) qualificatif du soleil. Les grecs appelaient cet alliage: l'or blanc.
 "Pline l'Ancien explique que tout or contient de l'argent en quantité variable et lorsque la proportion d'argent est de 55%*, le métal s'appelle "électrum". On en trouve dans l'or en filon. On fait aussi de l'électrum artficiel en ajoutant de l'argent à l'or".(Wikipedia)
(* ce pourcentage est erroné; il s'agit d'une proportion 1/5 et non 55% dans le texte de Pline).Sur le site de "Gap achat d'or", on peut lire également: "L'or pur 24 carats fait son apparition dans les pièces de monnaie puis est allié à l'argent, métal plus répandu en Grèce, c'est l'électrum artificiel en ajoutant de l'argent à l'or."
Monnaie gauloise en électrum: photo Wikipedia
Ainsi, au moins jusqu'au XIXe siècle avec les égyptologues, la définition de l'électrum est restée la même. Les alliages rencontrés notamment sur la pointe des obélisques étaient bien de l'électrum (or +argent) à très fort pouvoir réflecteur (trois fois supérieur au cuivre) et on imagine l'éclat de ces pointes d'obélisques au soleil, visibles à des kilomètres.
Aujourd'hui, avec le trésor de Laniscat, les archéologues (qui ont une formation histoire de l'art) choisissent la définition la plus extensive possible puisque l'élément dominant (et largement) de l'alliage métallique utilisé ici est le cuivre. Même en numismatique on serait plus précis en parlant de "bas or rouge". C'est la raison pour laquelle le terme d'or allié me paraît encore aujourd'hui le mieux adapté pour qualifier les monnaies du trésor de Laniscat.Encore un mot sur l'usage de l'or. Les propriétés physiques de cette espèce métallique la rendent inutilisable à l'état pur. Du fait de sa densité extrème:19,3 (pour isotope stable 197Au) et son exceptionnelle ductilité: avec 31g d'or pur, on peut faire un fil de 8km de longueur! il faut lui ajouter un métal plus rigide, capable de diminuer son poids et le rendre plus résistant (c'est pourquoi l'or commercialisé est souvent de 18 carats (titre), alors associé  à d'autres métaux comme argent et cuivre dans la proportion 18/24.(24 correspond au titre de l'or pur).

lundi 11 novembre 2019

Poème

Le ruban de Moebius

Le sentier emprunté parfois
Est bien différent au retour
Pourtant les jours ne changent pas
Les nombreux chemins qui m'entourent

Alors j'avance, je crois, sans fin
Sous un ciel aux nuages bas
Dans l'aube pâle de ces matins
Liscuis, Daoulas guident mes pas.

Je suis parti, c'était hier
Puis revenu depuis longtemps
Au pays habillé de vert
Où j'apprivoise le temps présent

Dans le jardin où tu t'attardes
Fragile rose de velours
Belle éphémère, je te regarde
Dans l'automnale splendeur du jour

Tu es la fleur pourpre et vermeil
Qui donne à l'instant sa couleur
Avant l'hiver au long sommeil
Je te sens battre comme un coeur

Ruban sans fin du temps qui file
Sur ta surface au seul côté
Dans le futur qui se profile
Des roses encore et parfumées!...