Solitude hivernale
Au Liscuis habité des ombres
De korrigans désappointés
La sarabande des sangliers
Anime encore les landes sombres
C'est bien la pluie de tous les jours
Dans les chemins alors torrents
Qui accompagne de son chant
Un autre son au creux du jour...
Sous cette pluie lavant les roches
Ouvre les yeux chère Muse fière
Prends garde au loup sans muselière
Qui par ce temps parfois s'approche
Eclats liquides des mots de l'eau
Cette expression d'une violence
Rupture aussi du grand silence
Où le chemin devient ruisseau
C'est encore bien sous ce vieux chêne
Vieil oublié des bûcherons
Que je m'abrite en ce vallon
Quand la mémoire ici m'enchaîne
Mais l'esprit libéré voyage
Jusqu'aux sentiers des pas perdus
Car rien ne change, le savais-tu
Ni sous la pluie, ni dans l'orage
Le temps s'active au polissage
Des rochers bleus de ce pays
Comme les corps et les esprits
Patience est la vertu des sages.



















