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mardi 14 juillet 2026

Exposition dans la chapelle de Rosquelfen en Bon-Repos-sur-Blavet (22)

 Exposition Peinture-sculpture-Photo dans la chapelle de Rosquelfen du 25 juillet au 2 août 2026

Affiche de l'exposition

Cette exposition sur le thème "Entre terre et mer" regroupe un travail de 13 artistes locaux  qui utilisent différentes techniques  et mediums (huile, gouache, acrylique et pastel sec). L'accès à cette exposition sera possible entre 10h et midi et de 14h à 19h tous les jours entre le 25 juillet et le 2 août prochain. Quelques sculptures seront également visibles, oeuvres de membres des Amis de la chapelle de Rosquelfen qui ont déjà à leur actif le Dais protecteur de la statue de N.D. de Bon Secours visible dans la nef de la chapelle. Des photographies seront également présentées par Peter Johnson (Perret).

Une tombola est organisée afin de pouvoir programmer de nouvelles animations dans la chapelle. Au prix de 2€ le billet, le tirage de cette tombola le dernier jour de l'exposition, permettra à l'heureux gagnant de partir avec le tableau au pastel sec (A.J.) intitulé "Brume et bruyère" (voir l'affiche).

mardi 23 juin 2026

Dans la fraîcheur de la chapelle de Rosquelfen en Bon-Repos-sur-Blavet

 Chapelle de Rosquelfen, entre "cultuel" et "culturel"sous canicule

Entrée de la chapelle, côté porche
Depuis ce mois de juin, en train de virer au rouge du point de vue des températures, la vénérable chapelle de Rosquelfen reçoit dans la pénombre de sa nef, les personnes intéressées par les différentes animations comme le sujet sur l'archéologie ou le Dépôt monétaire de Laniscat (entre 60 et 70 personnes le 13 juin dernier, voir l'annonce sur ce blog), autant pour le concert de musique classique du 20 juin après-midi. La chapelle se prépare également pour le pardon annuel qui se déroule le  premier dimanche de juillet et donc le 5 (une affiche détaille cette journée qui débute à 10h30 dans la chapelle.

Affiche du pardon du 5 juillet.N° de tél pour
tout renseignement :07.87.05.83.86
Les tickets de repas sont disponibles auprès des membres de l'association mais ils seront en vente également dans la salle des fêtes de Laniscat le 5 juillet prochain.



La prochaine animation concerne l'exposition de peintures, sculptures et photos d'artistes locaux qui se déroulera du 25 juillet au 2 août. Un tableau au pastel sec est à gagner par  tombola (2€ le ticket) destinée à récolter un peu d'argent afin de poursuivre les animations à prévoir au moment des journées du patrimoine ou plus tard, selon le montant récolté.

 Le tableau (Bruyères dans la brume) au pastel sec, 50x40 d'Annie Jézéquel sera exposé dans la salle du repas le 5 juillet. La vente de billets de tombola est déjà en cours, tirage le 2 août à la clôture de l'exposition.




mercredi 13 mai 2026

En passant par les Gorges du Corong, Côtes d'Armor

Retour sur le secteur des Gorges du Corong le 7 mai dernier.

Dans l'article rédigé le 8 février 2026 sur l'étrange "menhir blessé" non signalé dans ce secteur  qui surplombe les Gorges du Corong, la question du pourquoi une attaque aussi sévère de la base du mégalithe et pourquoi une absence totale d'information sur ce monument remarquable incitait à le retrouver par beau temps et avec si possible un connaisseur de cet environnement boisé.

"menhir blessé" photo PJ
Et en effet ce menhir tout-à-fait spectaculaire par sa forme et ce qui s'en dégage, inexprimable de mon point de vue, se situe  aux limites de Saint Servais et Saint Nicodème. Il pourrait se nommer menhir du Convenant Picaign, un nom évoqué par un habitué des lieux et qui précise un peu son emplacement dans le secteur boisé mais en proche lisière. Et toujours pas d'explications sur la saignée  au bas de la pierre dont la présence dans cet endroit dégage une étrange atmosphère dominée par la puissance sourde de la roche façonnée, immobile depuis des millénaires mais toute en vibrations...saisissante impression de force et d'intemporalité dans un silence à peine rompu par quelques oiseaux.

La descente vers les gorges où coule le Follezou révèle une lumière au large spectre dont les  orangés de l'arène granitique  en fond de lit vif et le son de l'eau ajoute une touche supplémentaire à l'harmonie naturelle qui imprègne cet endroit. 

Vision du Follézou.Pastel sec.AJ



Chaos granitique en empilement de blocs naturellement arrondis, sable granitique orangé par altération des minéraux ferromagnésiens comme les micas noirs ou biotite, dolérite sombre à la sortie des gorges et végétation abondante en déclinaison de vert... un endroit qui ne laisse jamais indifférent par sa beauté, son décor rocheux impressionnant et en cette période, son absence des foules estivales qui perturbent parfois cet écho de la rivière en son chant renforcé maintenant par les pluies de mai.
Un grand merci au guide qui se reconnaîtra!


jeudi 27 novembre 2025

Poème

Fragilités...

Monde poubelle numérisée

Où tout s'achète et tout se vend

Jusque ces âmes fatiguées

Perdues hélas dans les tourments


Le monde est fou et l'homme ignore

Ce que lui réserve demain

Au futur, aucun âge d'or

Sous l'ombre noire du destin


Tout s'accélère et trop d'images

Font oublier le temps qui tue

Même si les rides sur mon visage

Rappellent celui que j'ai vécu


Et me voici dans un état

Où je m'inquiète pour le monde

Sans doute l'âge qui voudrait ça

le couloir du temps. Elodie Ferré.2025.Aquarelle et encre de chine
Lorsque l'hiver reprend sa ronde 



 J'écoute avec grande inquiétude

Les voix d'un monde décomposé

Des gens prétris de certitudes

Cherchent à nous vendre leurs vérités!


Il n'est alors qu'un doux mirage

Pour éclairer les sombres nuits

Le rêve où passent les visages

De ces amants fêtant la vie


Les mots se perdent dans le vent

Et nous restons bien peu de chose

Dans le couloir sans fin du temps

Où l'éphémère est une rose


Bouton de fleur fragile et nu

Perçant le jour aux heures blêmes

Symbole d'un temps bien révolu

Dans un jardin sous les grands chênes.

Illustration: Elodie Ferré, "Les petits formats", exposition au château de Truyes (37), novembre 2025




mercredi 5 novembre 2025

Patrimoine de Gouarec en Côtes d'Armor

Les halles de Gouarec au XVIe et XVIIe siècle

Plan des anciennes Halles.Archives Le Moign
Un article sur ce blog, rédigé le 13 mars 2023 sous le titre "Patrimoine de Gouarec" reprend les informations sur ces halles que l'on retrouve dans le livret de mai 2022 rédigé par Pierre Le Dour et moi-même sur le Patrimoine de Gouarec en Côtes d'Armor. Mais il s'agit surtout de l'évolution de ce bâtiment depuis le XIXe siècle jusqu'à nos jours.

Sur cet ancien plan des archives de la famille Le Moign, on peut voir que les halles avant la Révolution et sans doute dès le XVIe siècle étaient en bois et faisaient 38m de long sur 12m de large.

Vue en perspective d'après le plan précédent

Dans la "Déclaration de Rohan", archives de 1682, on peut lire (fol,1003):"dans la ditte ville de Goarec se tiennent deux foires par an: 15 mai, 21 septembre, et au bourg de Perret, deux autres: le jour de la fête de Saint Pierre et le marché au même bourg tous les mercredis de chaque semaine. Pendant lesquelles foires, la duchesse* a droit d'étalage, coutume, havage et trépas sur les marchandises qui sont vendues et transportées, et le lendemain d'icelles se tiennent sous convocation les plaids** généraux tant en ville de Goarec qu'au dit bourg de Perret."

*:Il s'agit de Marguerite de Rohan (1617-1684), duchesse de Rohan, princesse de Léon, dame de Soubise, dame du duché de Frontenoy, comtesse de Porhoët, marquise de Blain et de la Garnache, dame des Lorges... Fille d'Henri II de Rohan et de Marguerite de Béthune.

**:les plaids généraux sont des réunions plénières des officiers de justice royale d'une sénéchaussée sous l'autorité du sénéchal. Â Gouarec la maison du sénéchal de 1634 correspond à l'actuel pavillon de Rohan.

un havage est une ancienne mesure de grains, poignée prise à deux mains: droit de prélèvement réservé aux exécuteurs de haute justice (les bourreaux). Déf wikipedia.


 


samedi 1 novembre 2025

Une histoire d'enluminures entre le VIIe et le Xe siècle.

"Une histoire de Manuscrits enluminés "de Christopher De Hamel (éd. Phaidon 2001)

Londres, British library, Cotton MS.Nero D.IV,fol.211r

Les Evangiles de Lindisfarne (vers l'an 698), réalisés à l'abbaye de l'île de Lindisfarne située sur la côte N-E de l'Angleterre. C'est la première page du texte de l'Evangile selon Saint Jean. Les caractères sont rédigés par Eadfrith, évêque de l'île, et la traduction interlinéaire (minuscule) en anglo-saxon a été ajoutée près de 3 siècles plus tard par Aldred, prévôt de Chester-le-Street.(C.De Hamel)
agrandissement partie basse



Munich, Bayerische Staatsbibliothek, Clm.4453, couverture supérieure






"L'Evangile d'Otton III (empereur: 983 à 1002) est l'un des manuscrits impériaux les plus spectaculaires et les plus luxueux. Il nous est parvenu dans sa précieuse reliure d'origine, incrustée de pierreries et de gravures classiques en creux autour d'un ivoire byzantin du Xe siècle représentant la dormition de la Vierge". (Christopher De Hamel). Ces pièces constituent un  très bel exemple de l'habileté des orfèvres et copistes du moyen-Âge.
NB: le terme "dormition" pourrait se remplacer par "sommeil", une fête célébrée dans l'église orthodoxe le 15 août qui pour les catholiques est la fête de l'assomption de la Vierge. (fin de la vie terrestre).
Généralement plus connue en Bretagne, l'ouvrage  de George Bain (1881-1968), largement diffusé: Celtic Art aux Editions de l'Odet en 1975 avec une "Méthode de construction" jointe et abondamment illustrée avec extraits du Book of Kells, sans doute l'ouvrage le plus célèbre pour ceux qui s'intéressent à l'art de l'enluminure et des entrelacs.


samedi 20 septembre 2025

Dessin et poème

Dessin au fusain sur papier

Mère à l'enfant 1986


  Un passé si récent

  Un présent vite passé

  Un futur à imaginer

  Et l'amour toujours...


  Dessin  fusain sur papier  40x 25 PJ

samedi 30 août 2025

Dessin pastel

La déferlante: pastel sec sur papier: AJ

 "La déferlante": pastel sec sur papier 80 x60 

   Août 2025. AJ

Le mouvement permanent de l'océan, une certaine idée de l'infini...

Une déferlande: onde océanique cisaillée par le vent en produisant de l'écume

samedi 28 juin 2025

Peinture sur Perret, Bon-Repos-sur-Blavet, Côtes d'Armor

Une version de Gwirmane sur Perret?

Huile sur toile de Albert Damet. Photo PJ

 Cette huile de Albert Damet n'est pas localisée par l'artiste, un peintre du XXe qui a surtout peint des sujets en lien avec la campagne bretonne. Ici l'allure générale suggère la chapelle de Gwirmane par son environnement, son clocher surmontant le pignon d'entrée Ouest, les deux transepts que l'on devine mais aucune certitude sur la localisation précise de cette oeuvre. La position topographique de ce monument semble bien indiquer une hauteur boisée, ce qui constitue un indice supplémentaire pour penser à Gwirmane.

Au sujet de cette chapelle, voir l'article précédent: inauguration le dimanche 29 juin des noces de coquelicot à 15h dans la chapelle.

Remerciements à Corinne Guillemot pour l'accès à cette oeuvre intéressante.

lundi 31 mars 2025

Patrimoine de Caurel en Côtes d'Armor

L'étrange calvaire au Nord du bourg de Caurel

Calvaire aux trois têtes sur les hauts de Caurel.
Un article rédigé en octobre 2024 sur ce blog fait mention de cet étrange monument qui se trouve aujourd'hui noyé dans un bois et totalement invisible à plus de 50 mètres de son dernier lieu d'implantation. Pourquoi étrange et pourquoi dernier? Etrange par les trois têtes sculptées sur le socle de la croix et dernier parce que deux dates gravées sur son socle de granite font dire que ce monument se trouvait sans doute en 1783, date gravée sur son socle, à un autre endroit comme un carrefour de routes importantes pour cette paroisse, trève de Saint Mayeux, sa "paroisse mère" reliée à Caurel par un chemin carossable qui coupait sur les hauteurs, les affleurements schisteux Dévoniens où l'on trouve encore aujourd'hui les allées couvertes de Korn coat et de Coat Correc.

Ce serait donc en 1913, deuxième date gravée sur le calvaire, sous le ministère du curé Guyomar que le calvaire aurait été rapproché du bourg. Mais pourquoi ce déplacement?

Peinture d'Emile Simon réalisée durant la guerre
de 1939-1945, représentant ce calvaire. Photo PJ
Une peinture (huile sur toile) réalisée pendant la dernière guerre par le peintre Emile Simon montre le calvaire en question dans un environnement beaucoup moins boisé et un jour où une procession s'avance de l'église vers le calvaire qui domine le paysage dans lequel on reconnait parfaitement le lac de Guerlédan et plus précisément l'entrée dans l'anse de Landroanec.

"Le peintre Emile Simon est né le 20 février 1890 à Rennes.

Il fait ses études à l’Ecole des Beaux-arts de Rennes, puis à l’Ecole des Beaux-arts de Paris dans l’atelier de Fernand Cormon. Il obtient le prix de Rome en 1912.

Après sa mobilisation pendant la Première Guerre mondiale, il tombe gravement malade de la grippe espagnole en 1917. En 1922 il devient professeur à l’École des Beaux-Arts de Nantes dirigée par Emmanuel Fougerat. Peintre de paysages, il expose régulièrement au Salon des Artistes Français, où il reçoit plusieurs prix au cours des années trente.Domicilié à Nantes, Emile Simon parcourt la Bretagne, en particulier le Pays bigouden et le Cap Sizun.

En 1943, il s’installe au manoir de Squividan à Clohars-Fouesnant (Finistère) avec l’artiste-peintre Madeleine Fié-Fieux et son mari. C’est là qu’il décédera le 25 septembre 1976."*

Socle du calvaire à trilogie symbolique. Photo PJ

Interrogé sur ce calvaire, Jef Philippe, bien connu dans le pays pour ses connaissances dans le domaine religieux nous donne cette explication:

" Quant aux figures du socle j'aurais comme hypothèse qu'il s'agit, en traits grossiers, de la trilogie habituelle : à gauche, la Vierge Marie, à droite saint Jean (tenant en main une esquisse de vase sacré, selon l'habitude). Au centre, les cheveux au vent, Marie-Madeleine : traditionnellement on la représente décoiffée car elle était confondue avec un femme qui avait versé des larmes sur les pieds de Jésus en signe de conversion, et les avait ensuite essuyées de ses longs cheveux. Et on la confondait aussi avec la femme adultère amenée devant Jésus, d'où la tendance à la représenter en mondaine...".

Cette trilogie est donc conforme à ce qui peut se voir habituellement et le personnage tête nue du centre n'est pas un ange mais une femme dont la chevelure grossièrement esquissée pouvait passer pour ce que j'avais cru être des ailes d'ange. Il s'agirait donc bien de Marie-Madeleine avec Marie à gauche et Saint Jean à droite...

* Publié le 30/09/2024 par « Saint Guénolé par les champs et par les grèves » 


 

mercredi 4 décembre 2024

 propos de Filiger, de 1906 à 1909 à Gouarec en Côtes d'Armor

Le peintre Filiger et ses notations chromatiques

Plusieurs articles dans ce blog évoquent Filiger, ce peintre ami de Gauguin, né à Thann en novembre 1863 et mort à Brest en 1928 (enterré à Plougastel-Daoulas dans le Finistère). Charles Filiger va passer par Gouarec entre 1906 et 1909, à un moment de sa vie particulièrement difficile et tourmenté. Ce serait  à partir de 1907 puis entre 1920 et sa mort qu'il s'intéresse aux notations chromatiques .

Cercle chromatique de C. Filiger
Selon Roland Recht l'importance de la géométrie est liée au fait qu'il s'agit d'une voie vers la compréhension du monde spirituel et matériel. La géométrie est également un instrument nécessaire au peintre.
La notation ou cercle chromatique présente un centre avec personnage représenté en buste et entouré d'une savante construction géométrique dans laquelle les couleurs sont également soigneusement positionnées  ou superposées. L'intérêt pour la construction géométrique est évidente.
Autre cercle chromatique de Filiger, tête d'animal
au centre


Le cercle suivant est composé autour d'une tête d'animal et l'ensemble est contenu dans un cercle.


Durant sa période gouarécaine, cet ami de Gauguin (il fréquentait le Pouldu en 1889) passe par un état dépressif et son état tourmenté le conduit sans doute à se chercher lui-même. Ces constructions géométriques très élaborées font fortement penser aux Mandalas.(celles présentées seraient de 1920).

Le principe du mandala est une construction à partir d'un centre avec un contenu protégé par un cercle. On peut lire sous la plume de C.G. Jung, ce célèbre psychiatre de la fin XIXe, début XXe, que la psychologie du mandala est la continuation d'un processus évolutif de l'esprit qui prend sa source avant le Moyen-âge. Il indique également que les mandalas modernes offrent un parallélisme étonnant avec les cercles magiques du Moyen-âge qui contiennent la déité au centre.

Notation chromatique de Filiger
Selon Jung, ces cercles mandalas visent à protéger de l'extérieur et ont été utilisés dès les temps préhistoriques, à des fins sociales ou initiatiques, autour du feu, jusqu'à aujourd'hui dans un but thérapeutique. Ces mandalas apparaissent en tout temps et en tout lieu et dans leur utilisation cultuelle, ils sont de la plus grande importance "car leur centre contient en général une haute figure religieuse" (Jung par F. Lenoir p265)
On peut donc penser que les périodes tourmentées qu'il traversait dans sa vie avaient amené Filiger à ces savantes constructions géométriques dans lesquelles il trouvait peut-être un apaisement qu'il recherchait alors...

NB: sources: Filiger- correspondance et sources anciennes. André Cariou,Ed Locus Solus 2019
Frédéric Lenoir, Jung, un voyage vers soi (Albin Michel 2021.
Roland Recht: né en juillet 1941, Historien de l'Art présente les cercles chromatiques de Filiger dans "Connaissance des arts" durant le confinement de 2020.


lundi 28 octobre 2024

Du temps des canaux, le transport du charbon de bois

Peinture de Claude Monet: déchargement du charbon à dos d'homme sur les quais de Seine 

Claude Monet

Les péniches transportent sur la Seine, le charbon nécessaire à la ville.

Peinture de Claude Monet (1840-1926)

Claude Monet est l'un des fondateurs de l'impressionnisme.

Cette illustration accompagne le thème du canal de Nantes à Brest qui traverse le centre Bretagne (Sortie du 13 octobre dernier avec Jean-Luc Le Jeanne sur le thème;"Au fil de l'eau avec les mariniers du Kreiz Breizh"). Quel rôle économique il a joué entre 1837 et 1923? Entre Bon-Repos et Pontivy, il permettait de faire sortir de la forêt de Quénécan, le produit broyé donnant le tanin qui servait à traiter les peaux, mais aussi les gueuses de fonte réalisées dans les hauts fourneaux des Forges des Salles autour de 1877(date de fin du dernier haut-fourneau) et à destination d'Indret (Basse-Indre), ainsi que du bois et parfois aussi du charbon de bois et les objets en fer réalisés aux Forges. L'absence de mise aux normes des écluses et la construction du barrage de Guerlédan à partir de 1923 mettront un terme au fonctionnement du canal de Nantes à Brest.

jeudi 12 septembre 2024

Reproductions de grands Maîtres dans Gouarec, Côtes d'Armor

"La  sainte famille " de Léonard de Vinci (1503-1519) ou : "La vierge, Sainte Anne et l'enfant Jésus jouant avec un agneau" et "Le jugement dernier" de Jean Cousin le jeune (1585) visibles au couvent des Augustines de Gouarec.

La sainte famille de Léonard de Vinci
Le premier de ces tableaux est une reproduction de l'original visible au Musée du Louvre, offerte par la République française aux Augustines pour leur action en faveur de la population du pays (hygiène, enseignement, formation, soins, éducation). L'absence de morts à Gouarec lors de l'épidémie de dysenterie de 1857 qui a fait 777 morts dans le Poher costarmoricain  pourrait leur être  pour partie attribuée (plutôt que les niches à saints des croyances populaires !)

Un autre tableau (plus secret celui-là!) mérite qu'on s'y attarde un peu. Autrefois accroché au mur du parloir du couvent, un lieu où les personnes civiles rendant visite aux religieuses attendaient l'arrivée de celles-ci, il représentait le "Jugement dernier", une oeuvre spectaculaire et impressionnante par sa taille, le nombre foisonnant de personnages et le thème du tableau qui ne manquait pas de frapper l'imagination et ensuite la mémoire des enfants que nous étions à cette époque où les religieuses étaient cloîtrées, ce qui explique le rituel des visites chaque année au jour de l'an.

Le jugement dernier; huile sur toile de
 Jean cousin le Jeune: 1585
Jean cousin, dit le Jeune (ou le Fils) est né à Sens en 1522 et mort à Paris en 1594. Il est étudiant à l'Université de Paris en 1542. Peintre et graveur, illustrateur de livres, sculpteur et verrier comme son père Jean Cousin (le Vieux) plus connu que son fils. Ses qualités d'art s'expriment dans le célèbre "Jugement dernier" qui se trouve également au Musée du Louvre. L'imitation de Michel-Ange est ici bien visible mais avec une large part d'originalité propre, puisée aux meilleures traditions de l'art national. Il se représente lui-même dans cette toile qui est un des plus anciens monuments de la peinture française à l'huile.

Le jugement dernier.Eau forte,
Jean Cousin Le Jeune. 1640


Le tableau en noir et blanc qui se trouve au couvent des religieuses Augustines à Gouarec est tiré d'une eau forte réalisée à partir de cette oeuvre originale dans la première moitié du XVIIe siècle (vers 1640). Ce tableau et la reproduction de La Sainte famille de Léonard de Vinci sont les  deux oeuvres majeures conservées à Gouarec.

Remerciements aux religieuses et en particulier à soeur Marie Noelle pour avoir autorisé et facilité l'accès à ces oeuvres.



vendredi 16 août 2024

Le peintre Charles Filiger et la chapelle de Rosquelfen en Bon-Repos-sur-Blavet

Charles Filiger, inspiré par l'ancien jubé de la chapelle de Rosquelfen

Le vendredi 9 juillet 2021, sur ce blog, j'écrivais: "Charles Filiger (1863-1928), un peintre de l'Ecole de Pont-Aven à Gouarec de 1906 à 1909". Une illustration issue de ses dessins était directement inspirée par les sculptures du Jubé de la chapelle, transformé en retable sur le mur Est du transept et que Filiger avait observé avec précision.

Dessin de Filiger inspiré par le Jubé de la chapelle
La partie haute du dessin montre une tête de personnage (ange?) encadrée par des motifs allongés (ailes?). Ce fragment de frise est reconnaissable sur le jubé classé en 1964 et daté du début XVIe siècle.

Ce jubé-retable a été restauré par la SARL Le Goël de Bieuzy-les-Eaux (56) de 1994 à 1996



Frise basse et panneaux sculptés du Jubé


 propos de Charles Filiger, il s'agit d'un peintre né à Thann dans le Haut-Rhin en 1863 et mort en 1928 à Plougastel-Daoulas. On le trouve à Pont-Aven en 1888, à la Pension Gloanec puis au Pouldu. C'est un ami de Paul Gauguin et Mayer de Haan, puis de Paul Sérusier (en 1890). Il sera un temps, suivi par un mécène: le Comte Antoine de la Rochefoucauld. Il sombre dans la misère de 1895 à 1900. On le trouve à Rochefort-en-Terre en 1901-1902, puis hospitalisé à Malestroit en 1905. Il passe par Gouarec entre 1906 et 1909 où il séjourne au Relai de Poste près des halles de Gouarec, auberge  Le Mener. 

Retable, ancien Jubé de la chapelle de Rosquelfen

Une nouvelle publication sur Filiger est en cours de préparation actuellement par André  Cariou, auteur de l'ouvrage monumental sur Filiger: Filiger, Correspondance et sources anciennes, ed Locus Solus 2019.


lundi 3 juin 2024

Exposition à Rostrenen du 8 juin au 3 août 2024

En passant par la rue de Verdun à Rostrenen entre le 8 juin et le 3 août


 C'est dans l'Atelier des Papiers Bavards qu'Annie Jézéquel et Elisabeth Mimran exposent leurs créations.

L'Atelier de Gaëlle Quennec est situé au 6 rue de Verdun dans le centre historique de Rostrenen (cette rue est également connue des rostrenois sous le nom de "rue étroite").

L'Atelier de reliure propose de très belles réalisations autour du livre, de la lecture à l'écriture et mérite certainement une visite...

Gorges du Daoulas.Acrylique sur toile,AJ


vendredi 12 janvier 2024

Patrimoine de Perret en Bon-Repos-sur-Blavet, Côtes d'Armor

Les blasons de la chapelle de Gwirmane en Perret

Dans la très belle chapelle de Gwirmané qui est implantée sur une hauteur dominant le pays à l'Ouest du bourg de Perret (vestiges du XIVe, XVI-XVIIe, Pignon Ouest: XVIIIe), le visiteur aperçoit sur le bloc de granite porteur de la statue de Saint Maudez, dans le transept Sud, un blason divisé verticalement en son centre, ce qui se nomme "parti" en héraldique et qui correspond à l'accolement de deux blasons différents, une alliance symbolique notée et dessinée par Frotier de la Messelière en 1930.

Dessin Frotier de la Messelière
Ce dessin représente donc la statue de Saint Maudez (écriture: Maude) en évêque. Il s'agit d'un saint breton dit "mythique" car non reconnu par l'Eglise Catholique. C'est un personnage ayant vécu au V ou VIe siècle, d'origine Irlandaise qui serait issu de l'émigration bretonne en Armorique durant cette période (estuaire du Jaudy et Trieux: Lanmodez en Côtes d'Armor).
Ce saint thaumaturge (qui fait des miracles) était réputé pour guérir des aveugles, des sourds et des paralytiques; également évoqué contre les infestations de vers (wikipedia). Pas moins de soixante chapelles sont dédiées à ce saint, ce qui illustre sa popularité en Bretagne.
Maudet en gallo, Maodez en breton, Mawes en cornique, Maudez en français.
Le dessin montre sur le support de la statue un "dragon" ou "lion" porteur d'armes devant lequel on observe Parti avec hallebarde et parti à l'aigle "à la cotice brochant sur le tout" (barre diagonale).
Dessin de Frotier de la Messelière en 1930


Dans le deuxième dessin nommé Perret, Frotier de la Messelière nous indique qu'il s'agit des blasons respectifs de Lancelot de Quénécan et de Marie du Guesclin, mariés vers 1460.
On voit en effet dans les nobiliaires bretons un de Quénécan, Seigneur de Crénard ou Crénars dont les armoiries sont: "D'or à deux hallebardes adossées de gueules" (également armoiries de Jeanne de Quénécan) 

Lancelot de Quénécan, Seigneur de Crénard, PJ2024
Les descriptions héraldiques donnent les illustrations ci-dessous qui permettent de comprendre comment les deux blasons sont associés dans la sculpture qui n'a plus sa polychromie d'origine, élément non négligeable pour identifier les familles concernées.

Famille du Guesclin, dessin P.J 2024


Pour Marie du Guesclin les armoiries sont: "d'argent à l'aigle bicéphale éployée de sable becquée et membrée de gueules, à la cotice de même brochant sur le tout", ce qui pour les non initiés veut dire un blason couleur argent avec un aigle bicéphale noir aux becs et pattes de couleur rouge et une "bande" diagonale appelée "cotice" également rouge, traversant le tout.
Ces deux personnages sont les bienfaiteurs de cette chapelle au XVe siècle. On trouve également dans le testament du 9 avril 1428, un don de 20 sols à la chapelle par Marguerite de Bretagne, comtesse de Porhoët, ce qui confirme l'existence de la chapelle avant cette date.(infobretagne).
Blason du Pontavice

Un autre blason est visible dans la chapelle, au centre de la poutre de gloire, mais sans les couleurs qui sont "d'argent au pont à trois arches de gueules maçonné de sable" qui est de Pontavice, famille propriétaire de Quénécan, fournisseur du bois pour la restauration du monument.

NB: Grand merci à Jérôme Caouën pour les dessins de Frotier de la Messelière ainsi qu'à Pierre Le Dour pour son aide.

vendredi 1 décembre 2023

Art celtique de fin de la Tène au Haut Moyen-âge

 Trésors de l'art celte d'Irlande et de l'île de Bretagne entre la fin de la Tène et le Haut Moyen-âge

Miroir de Desborough.1ier siècle av JC
Le miroir de Desborough dans le Northamptonshire en Angleterre est daté du premier siècle avant l'ère chrétienne. Le motif gravé sur du bronze est réalisé au compas en révélant une symétrie bien visible.

Boucle de Sutton Hoo
Fin de la Tène

La boucle en or de Sutton Hoo a été découverte dans l'est de l'Angleterre et date de la fin de la Tène.

Croix de Cong-VIIIe siècle
La croix de Cong (Irlande) est datée du VIIIe siècle et représente un sommet dans l'art des entrelacs. Il s'agit d'une croix de chêne recouverte de métal, un cuivre riveté d'argent et dont l'auteur est un certain Maesilu (inscription sur le côté de la croix).
Calice d'Ardagh: VII-VIII e siècle



Le calice d'Ardagh dans le comté de Limerick (ouest Irlande) est l'un des plus beaux objets artisanaux en métal alliant l'argent et l'or en une superbe polychromie.
 ces quelques exemples on pourrait ajouter un grand nombre de pièces rares comme la broche de Tara, sans doute l'objet le plus célèbre de l'art irlandais du Haut Moyen-âge ou le Book of Kells tout aussi célèbre pour ses enluminures à entrelacs, un sommet dans l'art décoratif développé en grande partie dans les monastères qui se multiplient avec l'extension du christianisme.
Pour en savoir plus: L'Art celtique de Georges Bain, Méthodes de construction aux éditions de l'Odet à Quimper-1951.  Atlas historique du monde celte d'Angus Konstam. Editions Saint-André des arts-2002
Les Celtes en Europe de Maurice Meuleau aux Editions OUEST-FRANCE. Février 2011.


lundi 27 novembre 2023

Patrimoine de Mellionnec en Côtes d'Armor

Tableaux de C. Dodane dans l'église de Mellionnec

Station 1 du chemin de croix. M-C Dodane 1938

 Dans l'église de Mellionnec récemment rénovée, le visiteur de passage découvre des oeuvres originales comme les panneaux de l'ancienne chaire de prêche (du XVIe) réutilisés autour du pupitre actuel, des fonts baptismaux également en position atypique dans cette église mais également un chemin de croix original constitué de 14 toiles d'un peintre français du XXe siècle, M-C. Dodane, reconnaissable par son graphisme particulier. L'illustration jointe correspond à la première station de ce chemin de croix (condamnation à mort du Christ). Selon l'historien René Couffon, l'inauguration de ce chemin de croix a été effectuée le 3 avril 1938. Certains de ces 14 tableaux demanderaient une restauration compte tenu de leur état. Cet ensemble de toiles d'assez grande taille (environ 60cm de côté) constitue un élément original du patrimoine de Mellionnec.

samedi 9 septembre 2023

Exposition de peintures dans la chapelle de Locmaria en Rostrenen, Côtes d'Armor

Exposition dans la chapelle de Locmaria de Rostrenen les 9 et 10, 16 et 17 septembre.

Cette exposition d'Annie Jézéquel dans la chapelle de Locmaria est l'occasion également de visiter cette belle chapelle récemment restaurée, à proximité du Miniou en Rostrenen.


Porche d'entrée: chapelle de Locmaria
L'endroit dans laquelle elle est implantée n'a pas été choisie au hasard. Il s'agit d'un petit promontoire dans un vallon, également voie et carrefour de circulation où la présence de l'eau est attestée par une fontaine.

Une chapelle primitive est construite fin XIVe début XVe: simple édifice rectangulaire orienté Ouest-Est. Une chapelle Sud sera ajoutée au XVIe siècle et une tour ou clocher-porche est édifiée à l'entrée Ouest de la nef en 1696. Une flèche est posée en 1715 (Gaultier du Mottay). La sacristie n'est construite qu'en 1861. En 1877, la flèche est  détruite (par un orage, une tempête  ou un poids excessif?) et sera remplacée par une flèche en bois qui disparaît également en 1951. L'année suivante, une armature en béton sans esthétique est montée pour servir de berceau aux cloches mais sa laideur (et son poids!) vont inciter l'abbé Gloaguen, curé de Rostrenen à détruire en 1988 cette cage bétonnée du plus mauvais effet.

Exposition dans la chapelle. AJ: pastel sec et acrylique

La charpente de la nef est refaite en 1970 et il existe encore des parties de sablières  du XVIe siècle à sculptures originales et présentant des traces de polychromie. Des statues anciennes polychromes sont également visibles dans la chapelle: Saint Yves, N.D. de la Joie, Sainte Anne, Saint Jean-Baptiste.

On peut également observer les éléments du premier clocher en granite, entreposés dans le choeur.

Extrémité de l'ancienne flèche du clocher 


l'exposition est à voir de 10h à midi et de 14h à 17h30 le samedi et dimanche jusqu'au 17, dernière journée du Patrimoine. Au cours de cette journée du 17, une conférence et un concert sont organisés dans la chapelle, une occasion supplémentaire d'y faire une visite.

Entrée sacristie et maître-autel





NB: le 17 à 16h, évocation de Filomena Cadoret par Christian Rivoalen.

17h concert de Rozenn Tallec accompagnée d'une pianiste.

mercredi 26 juillet 2023

Dans l'église de Gouarec, Côtes d'Armor

 propos d'un tableau sur un pilier de la nef dans l'église N.D. de la Fosse à Gouarec

La Trinité de l'Ancien Testament. A.Roublev
Sur le premier pilier sud de la nef en partant du choeur, le regard est attiré par un tableau  dont le style "Byzantin" saute aux yeux malgré l'absence d'éclairage orienté sur l'oeuvre accrochée (depuis quand?) à cet endroit.

La peinture byzantine est le renouveau pictural qui s'instaure à la fin du IXe siècle dans l'empire romain d'Orient qui va disparaître en 1454 par la prise de Constantinople par les Ottomans.

Ce tableau est une image sur bois reproduisant à l'échelle d'environ 1/2 l'oeuvre à la Tempera* sur bois de 142 x 114cm d'Andreï Roublev: "La Trinité de l'Ancien Testament" exécutée en 1410 et conservée à la Galerie Tretiakov de Moscou.

Cet art byzantin est une synthèse stylistique de l'art grec et de l'art romain avec une thématique chétienne.

Mais d'où vient cette reproduction dans l'église de Gouarec?

Blason de l'abbaye de Timadeuc (56)
Il faut retourner le tableau pour le découvrir. Ce tableau provient de l'abbaye de Timadeuc dans le Morbihan: blason de gueules à trois molettes d'argent posées deux en chef et une en pointe (à la crosse traversant) et devise: "espoir en Dieu".
Dans quelle circonstance l'abbaye de Timadeuc a été amenée à faire ce qu'on peut imaginer être un don à l'église ou plus précisément à Notre Dame de la Fosse? Ou quel paroissien ou donateur a pu offrir cette oeuvre acquise à Timadeuc? La question est posée et pour le moment sans réponse.
*Tempera = technique de peinture par mélange de pigments colorés avec une émulsion composée habituellement de jaune d'oeuf.