Manoir du Liscuis en Laniscat (Bon-Repos-sur-Blavet), patrimoine historique entre collines schisteuses du Liscuis et vallée du Blavet.

Un article du 2 mai 2013 sur ce blog parlait de ce manoir dont la présence dans cet endroit est attestée depuis le XVe siècle. Les vestiges de cette époque sont encore visibles au fond de la cour intérieure sous forme de murs en schistes du Liscuis, une roche exploitée un peu plus haut du Siluro-dévonien (autour de 400Ma), la limite entre Silurien et Dévonien inférieur passe au droit du mur du fond de la cour intérieure.La vue prise de la cour intérieure donne une idée des bâtiments datant du XVIIe et partiellement remaniés plus tardivement (linteaux droits). Ce fief noble disposait de haute, moyenne et basse justice, fourche à 3 pots et prééminences dans les églises de Laniscat, Rosquelfen et Saint Gelven. La famille Pochon est propriétaire du lieu depuis trois générations et ce lieu historique servait encore de bâtiments de ferme jusqu'en 1985, date ou Hervé et Thierry décident d'en faire des gîtes, un endroit idéal pour des groupes ou des amateurs d'espaces naturels préservés. Le premier mai, les "cousinades" de notre famille se sont donc déroulées dans cet endroit idéal et pour satisfaire la curiosités de quelques-uns, voici un bref aperçu des anciens possesseurs de ce manoir: au XVe siècle, il est connu sous le nom Liscuit ou Liscuiz et possédé par la famille de Guernarpin, son blason figure sur le jubé et le poinçon de voûte au droit de l'autel de la chapelle de Rosquelfen.
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blason de Guernarpin: d'argent aux trois croissants de gueules |
Ensuite vient la famille du Juch, seigneur du Liscuit, époux de Marie de Guernarpin, dame du Liscuit remariée à Guillaume de Boisboissel. Hervé du Juch meurt en 1515.
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du Juch: d'azur au lion d'argent, armé et lampassé de gueules |
Puis de Lézongar
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| de Lézongar: d'azur à la croix d'or |
Ensuite vient un personnage haut en couleur: Troïlus de Mesgouez, marquis de la Roche en Saint Thois, comte de Kermoallec en Saint Thomas de Landerneau et de la Joyeuse-Garde en la Forest, page et favori de Catherine de Médicis en 1550, gouverneur de Morlaix en 1565-1568, chevalier de Saint Michel en 1569, président de la Noblesse des Etats de Bretagne en 1574, vice-roi de Nouvelle France (Terre Neuve) en 1578, gouverneur de Saint Lô et Carentan en 1597 mais prisonnier du Duc de Mercoeur de 1589 à 1596. Il épouse avant 1566 Claude du Juch dame du Liscuit et veuve de Roland de Lézongar.
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de Mesgouez: d'or au chevron d'azur accompagné de trois trèfles de gueules, deux en chef et un en pointe |
Troïlus de Mesgouez porte son blason sur un écartelé aux 1 et 4 d'azur au dextrochère ganté d'argent, soutenant un épervier de même, longé et grilleté d'or, qui est de la Roche, aux 2 et 3 d'azur à deux épées d'argent garnies d'or, posées en sautoir, les pointes en bas, qui est de Coëtarmoal. Cet écartelé est d'une complexité rare et donc difficile à restituer. Ce personnage meurt en 1606 après avoir pillé l'abbaye de Bon-Repos et autres malversations dans la province.
Vient ensuite de Lopriac avec un blason de sable au chef d'argent chargé de trois coquilles de gueules.
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de Lopriac: de sable au chef d'argent chargé de trois coquilles de gueules |
Ces armoiries figuraient sur une porte d'entrée de l'église de Laniscat avant leur remplacement (année?). Cette famille serait donc la dernière famille noble a avoir possédé le manoir du Liscuis.
Sources: Frotier de la Messelière, Jerôme Caouën(CGHP), Nobiliaire Briand de Laubrière et Potier de Courcy.*
* Dans le Nobiliaire de Potier de Courcy, une erreur est mise en évidence sur de Guernarpin où les croissants ont été remplacés par des chevrons, en contradiction avec les archives, aveux et un autre nobiliaire consulté.