Libellés

mercredi 19 mai 2021

Le tertre tumulaire de Lorette, commune du Quillio (22460)

Les vestiges d'un très ancien monument du Néolithique près de la chapelle ND de Lorette au Quillio.

Beaucoup de choses ont été dites sur ces vestiges classés MH depuis 1926, que l'on découvre sur un espace remarquable culminant à 298m et qui constitue le grand réservoir d'eau du Quillio. 

Tertre tumulaire néolithique de Lorette au Quillio
La structure ovale de pierres partiellement couchées vers l'extérieur et très souvent dénommée de façon erronée "cromlec'h" est en fait le parement externe d'un tumulus qui daterait du début du Néolithique moyen, c'est-à-dire entre -4800 et -4500 avant notre ère, ce qui en fait un des monuments les plus anciens du pays. Il a été fouillé en 1956 et  le compte-rendu des fouilles est lisible sur le web (P.R. Giot et J.L'Helgouach: découverte d'éclats de poterie datant du Chasséen notamment). Il s'agit d'une structure de 20m de long par 7m de largeur qui abritait une tombe collective de forme circulaire dans sa partie Est. Le site est situé sur un affleurement de grès armoricain de l'ordovicien (Arénigien) qui forme l'ossature des reliefs en bordure de la partie terminale du Bassin de Châteaulin au Nord.

cartes 278 et 313, extraits
La zone est à cheval sur deux cartes géologiques , celle de Pontivy au Sud (n°313) et celle de Quintin au Nord (n°278) à l'échelle 1/50000.(BRGM, Orléans). En zoomant sur ND de Lorette, on s'aperçoit que le tertre tumulaire est implanté sur un élargissement du niveau des grès armoricains qui à cet endroit dépasse les 300m de puissance. C'est avec les pierres extraites directement dans cet affleurement qu'est constituée la bordure du tertre ainsi que le menhir couché de 2m, indicateur du monument (à gauche de la photo). La silicification abondante décrite sur les pierres de la partie Nord correspond à des remplissages de fissures ouvertes dans les grès armoricains, ce qui n'est pas étonnant à cette endroit, mais la nature pétrographique de ces blocs reste la même. Leur zone d'extraction  est encore visible à proximité et vers le sud du plateau boisé. Il semblerait qu'un autre menhir couché se situe plus au Nord, proche du réservoir d'eau potable et à une centaine de mètres du monument.
Bien entendu dans un lieu aussi "fort", il fallait christianiser l'endroit et ici, cette christianisation s'est faite sans éliminer les vestiges anciens, ce qui mérite d'être souligné car dans bien des cas, ces derniers ont disparu. Il existe donc une chapelle (détruite par la foudre en 1846, reconstruite en 1854). La fontaine située plus à l'Ouest a également fait l'objet en 1874 d'une spectaculaire ornementation, à la hauteur du qualificatif de "miraculeuse" qui s'applique à cette source dans le pays. Sa réputation est sans doute bien antérieure à l'époque chrétienne.
Fontaine du XIXe devant celle du XVIe à droite

La fontaine la plus ancienne est du XVIe et aurait été érigée par le Comte d'Uzel, un compagnon du roi Charles VIII, le premier mari d'Anne de Bretagne (infobretagne, Patrimoine, Noblesse...). 

NB: Ordovicien: 488 à 443 millions d'années.
En bleu au Sud de la carte, le Briovérien (620-540Ma) puis en allant vers le Nord, la succession Ordovicien, Silurien (440-410Ma) et Dévonien(brun foncé: 410-360Ma) jusqu'au nouveau bleu qui lui au Nord est Carbonifère (terminaison du Bassin de Châteaulin: à partir de 359Ma).


 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire