Libellés

vendredi 20 juillet 2018

Patrimoine de Rostrenen (suite)

La chapelle Saint Jacques (XVe siècle)

Cette chapelle se situe à l'entrée de l'ancien cimetière de Rostrenen, à proximité de l'ancienne voie romaine (l'ancienne route de Glomel) à l'Ouest du centre ville. Il s'agit d'une fondation des barons de Rostrenen, mentionnée en 1483, puis restaurée au XVIe et partiellement reconstruite au XVIIIe. Les piliers encore en place devant l'entrée sont les témoins d'une évolution dans le temps de cette chapelle. Celle que l'on voit aujourd'hui, du XVIe et XVIIIe siècle possède encore ses sablières à mascarons. Elle est classée MH depuis le 15 mars 1909.

Dans le mur Nord, on observe un intéressant bas-relief en granite à grain fin, qui proviendrait d'une ancienne chapelle (St Antoine) qui était située plus haut, à l'endroit dénommé "Le Belvédère" et aujourd'hui disparue. R.Couffon date cette frise du XVIe et d'autres auteurs la situent en fin XVe. Elle est mutilée à la Révolution. Malgré ces mutilations, elle  présente un grand intérêt (cuirasses des soldats, détails vestimentaires, finesse de la sculpture...).



L'extrémité ouest de la frise se termine par une Sainte Véronique présentant le linge marqué du visage du Christ. Cet épisode de Ste Véronique, n'apparaît qu'à la fin du XVe siècle dans l'imagerie médiévale et conforte donc la datation à cette époque si on y ajoute les détails vestimentaires tels que  les armures et le chaperon à cornettes (site infobretagne).





De part et d'autre de l'entrée ouest de la chapelle, deux statues en granite ornent les angles du pignon actuel. Il s'agit  selon René Couffon de Saint Pierre (photo 4) et de Saint Paul (photo 5), seuls rescapés du porche de la collégiale à la Révolution. En effet, les statues en bois que l'on peut voir actuellement dans le porche de la collégiale ont été sculptées en 1880 par Paul Chamaillard et sont donc bien plus récentes que les statues en granite qui datent de la mise en place du porche Sud au XVIe siècle.

Saint Paul (pignon Ouest de la chapelle Saint Jacques). Ces deux statues rescapées de la Révolution Française (où la collégiale devient salpétrière), possèdent dans leur socle un blason non lisible.
L'ensemble de ce monument constitue un élément majeur du patrimoine bâti et religieux de Rostrenen. Il est aussi un témoignage de la richesse passée de la ville et de sa baronnie.

NB: sources: patrimoine de Rostrenen, infobretagne. René Couffon: Répertoire des églises et chapelles du Diocèse de Quimper et de Léon, 1959. Mammenn: Marie Madeleine Le Pennec Le Bacquer.

jeudi 12 juillet 2018

Patrimoine de Rostrenen en Côtes d'Armor

Vestiges du "vieux Rostrenen" près de la collégiale ND du Roncier.



Les aménagements des dernières années dans le bourg de Rostrenen valorisent les parties anciennes de la ville comme ces pans de mur à proximité de la collégiale et qui correspondent aux limites de la ville primitive, construite autour de son château dont il est déjà fait mention au VIIe et IXe siècle (comme cette mort de Guillaume de Rostrenen en 834, au service de Louis le Pieux, dit aussi "le débonnaire".)
La collégiale correspond à l'emplacement de l'ancienne chapelle du château, une bâtisse plusieurs fois reconstruite au cours de l'Histoire et dont il reste encore quelques pierres dans les murs à proximité de la poste actuelle.

La fontaine construite en 1696 s'ouvre sur une surface empierrée. Elle mérite une visite. Le bassin et les canalisations ouvertes en granite taillé sont  sous le niveau actuel du sol. Deux escaliers de six marches en vis-à-vis permettent d'y descendre. Cette source correspond à un exhaure naturel du granite, une pierre très reconnaissable à ses énormes feldspaths potassiques et sur laquelle, la ville s'est développée au fil des siècles. A partir du XIe siècle, Rostrenen qui est un démembrement de la paroisse primitive de Plouguernevel, devient une baronnie importante. Les barons de Rostrenen siègeront au Conseil du Duc de Bretagne. Au début du XXe siècle, la collégiale sera le départ du fameux pardon des conscrits le 15 août de chaque année (messe basse dans l'église ND du Roncier à Rostrenen, grand-messe du pardon à Gwirmané en Perret et Vêpres à Quelven (c.de Guern,56).Le buste de ND du Roncier, réputé découvert dans un buisson d'épineux (qui a donné le nom rostrenenn en breton) va inspirer le peintre Nabis du groupe de Pont Aven, Filiger qui réside de 1906 à 1909 à Gouarec et qui réalise un tableau connu à partir de ce modèle sculpté.
NB: infobretagne, Patrimoine de Rostrenen et textes de MM. Le Bacquer.

samedi 7 juillet 2018

Poème

L'absence

L'expérience de l'absence est essentielle aux hommes
Dont la mémoire construit d'émouvantes séquences
Et malgré les oublis, sait préserver en somme
Les présences éphémères au coeur même de l'absence

"L'absence est à l'amour ce qu'est au feu le vent"
Dit le sage évoquant les passions amoureuses
"Il éteint le petit et allume le grand"
Ce feu des sentiments aux saveurs délicieuses.

Les roses de l'été s'épanouissent au jardin
Souvenir d'un parfum qui ne vieillira pas
Au présent éternel qu'importe le lendemain
Si tu vis de tes rêves, le temps t'épargnera!

Absence, encore absence, et la mémoire n'efface
Ni les fées qui s'en vont, ni leurs ombres qui passent...

NB: citation, dicton sur l'absence "L'absence est à l'amour ce qu'est au feu le vent, il éteint le petit et allume le grand": Roger Bussy Rabutin.

vendredi 6 juillet 2018

Lever de menhir à Saint Mayeux, Côtes d'Armor

Le 19 août prochain, lever de menhir par les procédés du Néolithique sur la lande de Porz Guillo-Ty Min à Saint Mayeux, Côtes d'Armor.

Pour lever un menhir de plusieurs mètres de hauteur et de plusieurs tonnes, l'archéologie expérimentale, à travers ses recherches et expérimentations diverses, propose une technique de levage  archéocompatible qui permet de mesurer le degré de technicité atteint par les hommes de cette époque (5000 à 2000 ans avant notre ère environ pour l'Armorique).
Cette activité implique une préparation assez lourde pour les bénévoles de l'association des "Chemins de l'Archéologie" de Plussulien, organisateurs de cette journée du 19 août. Après abattage de jeunes arbres préparés et transportés sur le site de montage des structures impliquées dans l'opération de levage du menhir (chêvre, échafaudage, leviers, rouleaux...), il faut encore monter les structures de bois qui seront utilisées dans l'opération de transport et de levage du monolithe en schiste (la pierre locale qui affleure un peu partout sur ces crêtes, limites entre Saint Mayeux et Caurel au Sud.)
La photo n°2 montre le début de construction de la structure qui servira à relever le menhir lorsqu'il faudra le glisser dans sa fosse de calage. La taille des opérateurs donne l'échelle de la structure (rondins de 2m50 de longueur sur 25-30cm de diamètre). A chaque croisement de tronc, il faut réaliser une encoche courbe. Mais pour une question de temps, les outils du néolithique ont été remplacés par les outils actuels (ceux du temps accéléré!!)
Vue de la structure principale terminée (elle fait 1m60 de hauteur). Elle sera ensuite numérotée pour être reconstituée au fur et à mesure du relevage du menhir, toujours maintenu dans sa position intermédiaire par cette structure de bois qui bloque le retour brutal de la pierre à l'horizontale en cas de rupture des cordages par exemple. Inutile de préciser qu'il faudra des bras le 19 août 2018 pour réaliser cette opération dans un endroit magnifique qui mérite d'être connu.

mardi 26 juin 2018

Chapelle de Rosquelfen en Bon Repos sur Blavet, Côtes d'Armor

Premier Juillet 2018, Pardon de la chapelle de Rosquelfen

Vue aérienne, printemps 2018. Photo M.Benech
Le premier dimanche de juillet de chaque année, les habitants de Rosquelfen entretiennent la tradition du pardon avec partie religieuse (messe, procession, tantad) et partie profane (vin d'honneur, repas). A cette occasion, les "Amis de la chapelle de Rosquelfen" donnent rendez-vous à ceux qui le souhaitent, à la salle de Bel Air où sera servi un repas. Une année sur deux, le repas est sur Gouarec. Rendez-vous le premier juillet à 12h30 pour ce moment convivial.
Dans le cadre des animations et ouvertures de la chapelle, un concert sera également programmé le 27 juillet et la veille des journées du Patrimoine (le 14 septembre) où la chapelle restera ouverte pendant les deux jours (15 et 16 septembre): confirmation par voie de presse.

dimanche 24 juin 2018

Patrimoine rural à Bon Repos sur Blavet, Côtes d'Armor

Au pays du schiste, des pressoirs à cidre imputrescibles!

Dans les affleurements schisteux du Dévonien, entre Gouarec et St Gelven, les anciennes fermes disposaient du matériau ardoisier, non seulement pour faire des murs, enclos ou dallages divers, mais aussi pour les bases de pressoir à cidre comme le montre la photo. Cette dalle d'environ deux mètres de côté et 10cm d'épaisseur (une tonne environ) est taillée dans sa masse avec une pente étudiée qui va vers la goulotte d'évacuation surplombant une cavité entièrement maçonnée dans laquelle un récipient recevait le jus de pomme. Ce genre d'installation fonctionnait dans le pays au XIXe siècle et pour certains, jusque la première guerre mondiale.

Ce dispositif est placé sur le lieu même d'extraction et de façonnage de la pierre principale sur laquelle  la motte de pommes est placée. Celle-ci est sans doute tenue par un cerclage de bois cylindrique et la pression est fournie sur la motte par un bloc de schiste d'épaisseur suffisante, c'est du moins l'hypothèse formulée par certains propriétaires de ces pierres. Celle qui est représentée ici est l'une des plus grandes connues avec un cercle ovalisé de 1m50 de diamètre dans l'axe de la goulotte et 1m44 à la perpendiculaire. Une de ces pierres taillées  montre un dispositif plus simple de gorge circulaire (manoir du Liscuis en Laniscat: famille Pochon, propriétaire) qui permet de s'affranchir d'une taille complète de la surface du cercle. (NB: agrandir les vues en cliquant dessus).

dimanche 17 juin 2018

Poème

Les fleurs du Printemps
Eclairant l'instant...

En saison de ciels pluvieux
La limitation du bleu
Orages aux pluies abondantes
Et célébration du vert
Le stacato du pic-vert
Hêtre au Bois du Barde 2018
La nature est bien vivante!

Beauté fraîche des rosiers
De ce jardin parfumé
Où s'étalent les couleurs
Le parfum du thym fleuri
Semis sauvages d'ancolies
Oh cette saison des fleurs!

Le coeur vivant bat toujours
Dans le jardin des amours
Où les fleurs jamais ne lassent
Est-ce le mien ou le tien?
Nos deux coeurs n'en font plus qu'un
Aux printemps qui naissent et passent

jardin de Rosquelfen au printemps

Il n'est pas besoin de dire
La puissance du souvenir
De ces instants d'autrefois
Ce langage de nos anciens
Les rires dont je me souviens
Et les larmes aussi parfois...

dimanche 10 juin 2018

Evolution du bâti rural sur Saint Mayeux, Côtes d'Armor

Le bâti rural ancien: l'exemple de Kerauter en Saint Mayeux, Côtes d'Armor

Dans la campagne du Centre Bretagne, des bâtiments  anciens, certains du XVI et XVIIe siècle, subsistent encore après avoir été restaurés. De nombreux exemples sont représentés dans les travaux de Jean Le Tallec sur le patrimoine rural bâti de notre région, en particulier sur Laniscat.


L'exemple de Kerauter en Saint Mayeux montre un aperçu du bâtiment principal d'une ferme à "escalier à tourelle" tel qu'il se présentait dans les années 1960. Cette photo extraite du dossier "Maisons paysannes sous l'Ancien Régime" permet de constater l'état avant restauration.


La seconde vue prise en 2018 montre l'évolution de la façade qui conserve sa polychromie. Les murs sont en schiste de type ardoisier avec grès-quartzites associés mais fortement minoritaires. Les entourages d'ouvertures peuvent présenter du granite que l'on trouve ici sur Saint Nicolas-du-Pélem (massif de Quintin). Dans ce village, certaines maisons présentent des entourages d'ouvertures en monoblocs de granite taillé, une forme d'encadrement d'ouverture très originale et nécessitant un gros travail de façonnage dans la roche.

 Cette façade (toujours à Kerauter) en cours de restauration montre la manière d'encadrer une porte en s'afranchissant des problèmes de linteaux avec "arcs de décharge"par usage de deux pierres en granite façonné formant un arc roman. Les deux ouvertures supérieures (droite) sont des monoblocs de granite, une façon plutôt rare d'encadrer des ouvertures.

Sources: dossier photographique "Maisons paysannes sous l'Ancien Régime", Jean Le Tallec. Dossier transmis par le CGHP de Carhaix
(Pierre Le Dour).

jeudi 7 juin 2018

Archéologie au Bois du Barde en Mellionnec (22)

Un vestige d'époque romaine dans les chemins creux du Bois du Barde à Mellionnec en Côtes d'Armor?...
Extrait de la carte IGN de Rostrenen n°718E à 1/25000
Dans un chemin creux bordé de magnifiques chênes et hêtres dont certains sont classés en "arbres remarquables", le randonneur attentif aperçoit une roche sur laquelle figure un cercle parfait (mesuré dans deux directions perpendiculaires, Nord-Sud et Est-Ouest = 51 cms). Cette roche est un granite leucocrate à muscovite assez proche de celui de Locuon (carrière qui a été exploitée par les romains pour les bâtiments de Vorgium, l'actuel Carhaix). La granulométrie de ce granite semble toutefois plus hétérogène (parties à grain grossier)au niveau des affleurements proximaux. Le bloc était stocké sur un talus et a glissé progressivement par son poids dans le chemin creux.

Sur cette vue prise de dessus et à l'aplomb de la roche, on découvre un cercle gravé parfait  délimitant une surface curieusement bombée (convexe)  (?)
En regardant de plus près, il est possible de voir à deux endroits, un creusement plus important de ce cercle, comme si le tailleur avait voulu dégager un cylindre de 51 centimètres de diamètre. S'agit-il d'une ébauche d'élément de colonne comme on peut encore le voir aujourd'hui dans la carrière de Locuon? Allons voir dans cette carrière d'un peu plus près les blocs taillés encore en place.


Sur cette  troisième vue, à droite et à gauche, l'ébauche d'une forme cylindrique, ébauche abandonnée en cours d'exécution...

(cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Pierres taillées abandonnées dans la carrière de Locuon







Dans la partie basse de la carrière de Locuon, ces pierres taillées (qui "amassent mousse"!) abandonnées depuis des siècles permettent quelques observations: le bloc du premier plan en ébauche de cylindre couché fait exactement le même diamètre que celui du "Bois du Barde": 51 centimètres (sans la mousse!) et le bloc cylindrique  en arrière-plan fait un diamètre de 65 cms. Qu'en pensent les archéologues? la question est posée...

vendredi 25 mai 2018

Minéralogie, différence entre roche et minéral

Est-ce un minéral ou une roche?

La question d'un internaute sur la différence entre un minéral et une roche me donne l'occasion de parler de deux magnifiques pierres (souvent polies) que l'on trouve un peu partout dans les boutiques de "minéraux et fossiles" et qui illustrent bien le propos.
Un minéral est un solide à structure atomique périodique et à composition chimique déterminée par une formule (dont l'anion donne la classe d'appartenance; il y en a 9 selon la classification de Strunz) alors qu'une roche est un assemblage de minéraux (comme le granite avec feldspaths, quartz et micas). Il y a bien entendu des exceptions pour confirmer cette règle (comme le mercure qui cristallise à -39°, ou les minéraux amorphes comme l'opale).
L'exemple porte sur le Lapis lazuli et la turquoise, deux pierres bleues très appréciées.
Le Lapis lazuli n'est pas un minéral mais une roche métamorphique (groupe de la Sodalite, feldspathoïdes) qui contient de la lazurite qui donne la couleur,d'autres silicates comme des micas, des carbonates (calcite) et des sulfures (pyrite).
Son usage remonte à 7000 ans et possède des vertus dites: apotropaïques (elle est utilisée comme talisman). Chez les égyptiens, elle protégeait du mauvais sort. Au Moyen-âge, elle est bue en poudre dans du lait pour favoriser la robustesse des membres. La couleur bleu outre-mer est liée à la lazurite qui peut faire 40% de la roche et qui est un silicate complexe hydraté calcosodique pouvant appartenir à différents systèmes cristallins. Elle était exploitée surtout à la mine de Sar-e-Sang, au nord de l'Afghanistan. Sa couleur d'un bleu profond, ponctué de paillettes dorées (la pyrite disséminée) la faisait comparer à une représentation de la voûte céleste. Le bleu utilisé par Johannes Vermeer dans "La jeune fille à la perle" est à base de Lapis lazuli.
La turquoise est une espèce minérale: c'est un phosphate hydraté de Cu et Al: CuAl 6(PO4)4(OH)8.4H2O, du système triclinique, bleu-vert à bleu pâle. Indice de réfraction de 1,610 à 1,65 suivant l'axe d'observation, avec une densité comprise entre 2,6 et 2,9, biaxe+.
Turquoise: image pixabay
Les gisements de ce minéral sont autour de la Mer Rouge, Iran, Turquie,mais aussi Mexique, USA... La mine de Montebras à Soumans, près de Boussac dans la Creuse est le seul gisement d'Europe. La confusion est possible avec la Variscite (que l'on trouve à Pannecé en Loire Atlantique) qui a été utilisée par les hommes du Néolithique pour faire des parures de type collier (comme celui découvert dans le Tumulus de Tumiac (Morbihan).

Sources: "Les minéraux" éd Solar: E.Asselborn, PJ.Chiappero, J.Galvier 1987

jeudi 24 mai 2018

Poème

Le verbe et la Muse
Mai 2018 à Rosquelfen: le temps des rhododendrons

Le temps des fleurs est revenu
Le temps des couleurs de la vie
Exaltation, t'en souviens-tu
Entre Daoulas et le Liscuis?

Tu as souri devant ma prose
Qui t'a parfois même indignée
Les mots restent bien peu de choses
Si par nos actes, invalidés!

Tu es la présence étonnante
De braises vives, couleur de feu
Tu choisis la lumière ardente
Moi, l'ombre douce des chemins creux

Tu es gardienne attentionnée
D'un étrange jardin des regrets
Où les secrets sont bien gardés
Au coeur d'un continent abstrait
Mai 2018 à Rosquelfen: le temps des rhododendrons

Comment comprendre ton langage
Verbe enjolivé des passions?
Comment ouvrir un jour nos cages
Harmoniser nos vibrations?

Dans le pays des grands rochers
Il n'est d'immobile que le temps
Allons voir ma Muse, s'effacer
L'astre solaire vers le Ponant!

J'écoute encore tes longs silences
Au temps présent qui déconstruit.
Ils me révèlent la renaissance
Et les couleurs d'une autre vie

Je sais encore dans une ardoise
Les mots gravés aux jours enfuis,
Ces discrets témoins qui nous toisent
Sur le passage vers l'infini...

samedi 19 mai 2018

Menhir de Porz Guillo en Saint Mayeux, Côtes d'Armor

Complément à l'article du 29 avril 2015 sur le menhir de Porz Guillo en Saint Mayeux (22)



Ce menhir de 4m50 (partie externe) est classé MH depuis le 29 septembre 1952. Il se situe sur la crête topographique qui fait la limite entre Caurel et Saint Mayeux, un endroit magnifique et malheureusement défiguré par une piste de motocross passant à 30m du monument! Comme indiqué dans l'article précédent, ce menhir est extrait des affleurements  proches qui sont constitués de schistes grossiers à grès-quartzite interstratifié, assez typique de cet ensemble Siluro-Dévonien qui constitue la crête topographique à cet endroit. Ce n'est donc pas ce que l'on peut appeler schiste ardoisier comme indiqué sur certains sites qui traitent le sujet,car il n'a pas de fissilité.

Si ce monument est toujours debout, c'est probablement parcequ'autrefois, il a été christianisé comme on peut le voir en regardant le sommet de sa face sud. On y observe en effet une croix avec une niche creusée dans la roche sous l'une des branches de la croix et sans doute destinée à recevoir une statue (qui elle, a disparu depuis longtemps).

Le 19 août prochain, l'association "Les chemins de l'archéologie" organise dans cet endroit, mais à une distance assez importante du mégalithe en place, une animation autour du Néolithique avec notamment transport d'un menhir et levage de ce menhir, une pierre schsiteuse de ce secteur qui devrait s'élever à trois mètres au dessus du sol et en utilisant les moyens de l'époque!(participation de spécialistes de l'archéologie expérimentale).

mercredi 16 mai 2018

Minéralogie à Bon Repos: Bon Repos sur Blavet (22)

Conférence-causerie sur les minéraux bretons le 2 juin à Bon Repos

Staurotide ou "Croisette de Bretagne" Photo L.-D.Bayle 
Le 2 juin prochain à 15h, j'évoquerai  dans la galerie "Les minéraux de l'abbaye" dans les bâtiments proches de l'abbaye de Bon Repos, les minéraux de Bretagne; un aperçu non exhaustif du sujet mais qui permettra aux amateurs de minéraux de se faire une idée plus précise de la richesse minéralogique de notre région. Dans les minéraux emblématiques de Bretagne, il y a cette fameuse "Croisette de Bretagne" ou staurotide en français, Staurolite en langage international (voir articles antérieurs sur ce blog dans la rubrique "minéralogie"). Ce minéral est parfois confondu avec l'andalousite (comme dans "infobretagne" sur Cléguérec). Il appartient au système cristallin monoclinique et, rajoute le Fleisher(l'ouvrage de référence des minéralogistes), pseudo-orthorhombique, ce qui fait placer cette espèce dans l'un ou l'autre de ces systèmes cristallins, suivant les auteurs.

Andalousite, variété chiastolite des Salles de Rohan (photo PJ)
Mais à Bon Repos (Bon Repos sur Blavet: 22570), le minéral de référence est la chiastolite, une variété d'andalousite à inclusions charbonneuses qui font parfois des figures en croix comme on en voit une sur cette photo. Ces macles (du latin macula: tache) auraient donné les armes de la famille de Rohan comme l'attestent certains auteurs et héraldistes qui s'appuient sur les documents d'archive de la juridiction royale de Ploermel dont dépendait la Vicomté de Rohan au Moyen-âge. Ces chiastolites sont particulièrement visibles sur la façade de l'abbaye de Bon Repos.
Sources: pour la staurotide:"Minéraux de Bretagne" de Louis Chauris, Editions du Piat 2014

mardi 8 mai 2018

Frelon asiatique en Centre Bretagne

Frelon asiatique, l'invasion!
Un article du 22 août 2015 sur ce même blog faisait déjà état du développement en centre Bretagne du frelon asiatique, décimant des ruchers au désespoir des apiculteurs. Depuis 2015, on assiste sur Gouarec comme sur Rosquelfen (Bon-Repos sur Blavet en Côtes d'Armor)à un développement régulier de ce frelon et à une diminution importante du nombre d'abeilles (pas seulement par les ruches désertées mais aussi par la rareté de l'abeille sur les fleurs, la disparition des colonies "sauvages" (dans les cheminées notamment).



En ce début de mois de mai, les reines sont encore en train de démarrer de nouvelles colonies. Dans ce bocal de confiture, un nid tout récent de la grosseur d'une balle de tennis, récupéré avec sa propriétaire la reine , seule résidente et toute surprise d'être mise en conserve! Ce nid est le deuxième détruit à 30m de distance du premier qui faisait la même taille!


Cette femelle fondatrice est  plus grande que le mâle de la même espèce et se capture facilement au moment du démarrage d'une nouvelle colonie. Lorsque le nid est repéré alors qu'il ne fait que quelques centimètres, elle est seule dedans  et donc particulièrement vulnérable. Il est  encore temps de piéger ces reines avant la prolifération estivale, mais le nombre de ces frelons, visibles quotidiennement autour des maisons, ne cesse d'inquiéter. Cette espèce a même supplanté le frelon européen devenu plus rare.

NB: clic gauche sur les photos pour les agrandir.

dimanche 6 mai 2018

Entre Histoire et Légende sur les bords du lac de Guerlédan (22)

La tragique histoire de la demoiselle de l'abbaye, passée dans la mémoire collective sur les rives du Blavet (Saint Gelven, Caurel en Côtes d'Armor, Saint Aignan en Morbihan).
Ruines de l'abbaye de Bon Repos, années 1988-90.Photo wikimedia
1636: année des temps agités pour l'abbaye de Bon Repos (sur la trève de St Gelven dépendant de la paroisse de Laniscat, évèché de Cornouaille), impliquée dans le drame qui se déroule à plusieurs kilomètres, le long du Blavet, au lieu-dit Trégnanton (alors treguénanton ou troguénanton).
Les "temps sombres"vont ponctuer l'histoire de l'abbaye, comme des "revers" opposés aux "avers" lumineux des origines et des actions positives de l'Ordre Cistercien. Loin de moi l'idée de faire l'apologie des "temps sombres", mais pour comprendre la persistance d'une telle histoire dans la mémoire des gens du pays, il me paraît nécessaire d'en parler un peu.
Ainsi, dès 1387, l'Ordre de Citeaux dont elle dépend, ordonne des sanctions contre l'abbaye. En 1415, elle entre en conflit avec les fondateurs, la famille de Rohan; les causes sont multiples: luxe des abbés, présence de femmes dans le monastère, fréquentation des auberges par les moines... En 1470, l'affaire de Penguily, un prieur de 1465 accusé de "maléfices, délits et mauvaise administration" (N. Andrejewsky, M.Simon) va déboucher sur la mise sous tutelle de l'abbaye sous l'autorité de celle de Boquen. Au début du XVIe siècle, le Concordat accroît les difficultés; les abbés sont désormais désignés par le roi dans la noblesse et non plus par l'Ordre Cistercien. Depuis les guerres de la Ligue et Henri de Rohan qui est protestant, l'abbatiale de Bon Repos n'est plus nécropole des Rohan. En 1583, Troïlus de Mesgouez, Marquis de la Roche, vice-roi de Terre Neuve, et aventurier sans scrupules pille l'abbaye jusqu'en 1606. L'abbaye, dépourvue des 2/3 de ses revenus se remet à peine de ces temps difficiles lorsque se déroule l'histoire de la "demoiselle de l'abbaye".
Le roi de France, Louis XIII (1601-1643) est lancé depuis 1635 dans la guerre de 30 ans. De nombreuses jacqueries sanglantes affectent les campagnes dans tout le royaume. L'abbé commandataire de l'abbaye est Claude II de Guillier qui meurt en 1646, remplacé par Michel Mazarin, le frêre du célèbre cardinal. Il ne réside pas sur place et ponctionne les revenus par l'entremise d'un régisseur. La situation est tendue car les Dîmes ne tombent pas, les vassaux des Rohan préfèrent s'en affranchir en devenant protestants! En 1636, le prieur est Jean Guegan (article sur ce blog, sur patrimoine de St Gelven, le calvaire de Trégnanton). Un jour de cette sombre année, une jeune fille, sans doute retenue contre son gré dans l'abbaye, décide de s'enfuir. Qui est-elle, et pourquoi est-elle retenue dans l'abbaye?? Toutes les hypothèses sont permises car l'histoire ne répond pas à ces questions...
Ruisseau de Kerouillé à Trégnanton en 2015(assec du lac)
Les anciens du pays racontent encore cette histoire qui peut se résumer ainsi: une jeune fille s'enfuit de l'abbaye... Elle suit le Blavet en rive gauche, descendant la vallée vers Mûr de Bretagne. Elle a parcouru plus de 4 kms quand elle entend des aboiements  de chiens lancés à sa poursuite. Elle franchit le petit ruisseau des sources de Kerouillé et Ty-lan-Vojo en arrivant sur Trégnanton, face à la butte de Malvran sur l'autre rive. Les chiens la rattrapent à cet endroit et se jettent sur elle. Que devient alors le corps mutilé de la malheureuse? Les anciens du pays se posent encore bien des questions à propos de cette histoire: qui était cette jeune femme et quel rôle  jouait-elle pour provoquer un lâcher de chiens volontaire, devait-elle garder le silence??
Trégnanton et son calvaire en 1636 (pastel PJ)
Un monument aurait été érigé par le prieur Guégan à l'endroit où s'est déroulé le drame (ce que semblerait conforter les écrits  de l'abbé Guitterel et la pierre gravée du prieur Guégan; article du 2/03/2018). Mais pourquoi un calvaire à l'emplacement de sa mort? Une recherche de rédemption?Une raison liée à l'importance de cette jeune fille qui aurait pu appartenir à une famille noble du pays?
Depuis ce temps, l'endroit est hanté par les âmes errantes de la demoiselle dont on cherche toujours le nom et une trace de sépulture, mais aussi de Lannezval tué pratiquement au même endroit deux siècles plus tard (affaire jugée en 1889, voir article du 10/04/2015 sur ce blog), et encore l'âme du Seigneur du Cours, tué le 21 février 1796 à Baraval... Dans les mois sombres de l'hiver, cette partie sauvage, silencieuse et préservée du lac de Guerlédan conserve son atmosphère étrange.Gardien de secrets perdus dans le dédale de l'histoire, Trégnanton n'est pas entré dans un schéma contemporain de l'exploitation touristique des rives du lac (malgré les tentatives de Léon Launay, maire et conseiller général de St Gelven dans les années 1980), et son calvaire conserve malgré lui la mémoire d'un temps bien plus ancien que lui.
NB: Florentin-Claude, Seigneur du Cours, né à Corlay en 1753, émigré à l'armée de Condé, chef de Division de l'armée catholique et royale de Bretagne, arrêté au village de Baraval en St Aignan et fusillé par une Colonne Mobile le 2 ventôse de l'an IV (21 février 1796) (infobretagne:Corlay). Baraval est le nom de l'écluse 125 située en aval de celle de Trégnanton mais qui n'existait pas au moment des faits.Cliquer sur les images pour les agrandir.