Libellés

jeudi 19 avril 2018

Poème

Paroles

Le soleil matinal éclaire sur la colline
Une ancienne demeure au silence obstiné
Dans un espace clos aux murets éventrés
Aux rosiers renaissants carapacés d'épines
Et puis une présence qu'à l'instant je devine

Etang des Salles en Ste Brigitte: mars 2018
Je revois les éclats de jours ensoleillés
De ce temps déjà loin d'un étonnant mirage
Epidermes velours sous un ciel sans nuages
Et suave parfum de ces roses pourprées
Au ballet de nos ombres près d'un château ruiné!

Pourquoi avoir tari la source du langage
En oubliant le port des départs pour Cythère?
Une fée sur les landes a rompu le mystère
Et le charme discret de ces gorges sauvages.
Dans ce vol de corbeaux passe un curieux présage.
Je m'égare en rêvant sur les anciens chemins
Où le vent désormais anime le silence.
Par ce nouveau printemps qui ramène à l'enfance
Je regarde les roses pousser en mon jardin.



Photo: affleurement de schistes Ordoviciens à andalousite, redressés, sur les bords de l'étang des Salles, rive de Sainte Brigitte (domaine privé).

jeudi 12 avril 2018

Patrimoine de Caurel, Côtes d'Armor

Statuaire ancienne de Caurel (22)

La commune de Caurel possède un patrimoine intéressant et aussi original que rare si l'on parle du  "mell beniget" ou "mel zantel" qui a fait l'objet de nombreux écrits. J'y reviendrai en traitant ce thème, sujet à nombreux débats! Dans la statuaire ancienne de son église paroissiale, il est possible de voir des statues de facture locale dont certaines sont du XVe, début XVIe siècle.
C'est le cas de cette Sainte Marguerite sortant du dragon qui représente satan ou le mal absolu! L'artiste s'est donné du mal pour sculpter un animal improbable et surtout non assimilable à un quelconque animal de la "création"... Nous sommes ici avant le concile de Trente et le sculpteur a les coudées franches pour réaliser son oeuvre. Cette oeuvre originale est faite dans un tronc d'arbre et constitue un monobloc qui, étonnamment, n'a pas fendu! On observe également l'utilisation curieuse des pigments: Marguerite en robe rouge (des martyres) entrant dans la gueule du monstre et sortant triomphalement en bleu, la couleur de la vierge!

La photo suivante est une autre version qui se trouve dans la chapelle de Rosquelfen en Laniscat cette fois et qui est de même époque (XVIe).




Dans la statue de Rosquelfen, les proportions sont inversées: la sainte couronnée (également en bleu) domine le dragon par sa taille. Ici, le dragon, animal tout aussi improbable qu'à Caurel est beaucoup moins terrifiant! Sa dentition fait penser à un animal du monde actuel de Walt Disney et son air soumis démontre la victoire éclatante de Marguerite sur le mal!
Sainte Marguerite est invoquée pour la protection des femmes enceintes ce qui explique sa représentation très fréquente dans la statuaire bretonne rurale. La mortalité infantile (enfants mort-nés, difficultés d'accouchement avec également mortalité maternelle...) a en effet été pendant longtemps un fléau redouté des familles.

vendredi 6 avril 2018

Poème

L'hiver encore

Ciel noir tourmenté
A mourir d'ennui
Un voile de pluie
Couvre la vallée

Je songe à l'hiver
Et à ses tempêtes
Leur souffle d'enfer
Le vent sur les crêtes
19 novembre 2017, côte du Morbihan. Photo "Le Télégramme"

Au Sud l'océan
Relance un assaut
Et noie sous les eaux
De sombres brisants

Le sol gorgé d'eau
Mon Dieu qu'il a plu!
Aujourd'hui c'est trop
Mais n'en parlons plus!

L'effet de la pluie
Pénètre les âmes
Savez-vous Madame
La mélancolie?

Le ciel est bien sombre
Le Daoulas torrent
Où passent les ombres
De vieux korrigans

Les choucas s'agitent
Sur des ruines nues
Quand le vent s'est tu
L'averse s'invite!

A quand donc le bleu
Les jours éclairés
Par le désiré
Soleil et ses feux?

mardi 3 avril 2018

Sculptures monumentales de la Vallée des Saints en Carnoet (22)

Les mégalithes contemporains de la Vallée des Saints à Carnoet (22)

Tête de Saint Gonery



La Vallée des Saint en Carnoet (voir articles antérieurs sur ce blog dans la rubrique "sculptures") attend son centième personnage qui doit traverser la Manche, en provenance de Cornouaille britannique. Le site est souvent qualifié aujourd'hui d'Ile de Paques bretonne et cette sculpture semble bien cautionner ce qualificatif. Bloc de granite clair (cliquer sur la photo pour l'agrandir), tête de Saint breton qui semble regarder le visiteur. Dans les brumes hivernales, ces sculptures géantes créent une atmosphère étrange, dans un silence étonnant lorsque les sculpteurs ne sont pas en activité dans la ferme proche et partie intégrante du site.








Au revers de la tête sculptée, l'artiste a poursuivi son oeuvre par ce bas relief étrange et en bas, à droite, le nom gravé du saint en question. Il est donc inéressant de suivre les explications du guide pour comprendre ce que le sculpteur a voulu représenter ici, en lien avec l'histoire légendaire de ce personnage.
Ces statues géantes disséminées autour de la motte féodale "Tossen Sant Gweltas" génèrent une étrange atmosphère dans ce lieu éloigné de tout, en pleine campagne bretonne, et attirent une foule de visiteurs durant toute l'année (plus de 300000 en 2017 selon certains sites qui traitent le sujet).







A proximité de Sant Gonery, ce ruminant d'environ quatre tonnes, garanti mille ans! et qui attend sa patine de lichens...

mercredi 28 mars 2018

Sculpture en mairie de Laniscat, Bon Repos sur Blavet, Côtes d'Armor

Origine du blason sculpté dans un bloc de granite visible dans les locaux de la mairie de Laniscat en Côtes d'Armor.
Blason avec couleurs d'origine reconstituées


 
Dans le document manuscrit rédigé par Frotier de la Messelière sur le manoir de Keriolet en Laniscat d'où vient cette pierre offerte à la mairie par un habitant de St Ygeaux qui la possédait, une description de ce blason considéré comme étant celui du Quellenec de Kerjacob, ne coïncide pas avec la description qui en est faite. Frotier de la Messelière décrit un double blason sur la grande cheminée du manoir de Keriolet avec une couronne de vicomte et d’un côté un blason de gueule à 7 macles (dont il ne précise pas la couleur). S’il s’agissait effectivement d’un blason de gueule, ce ne serait pas celui du Quellenec mais celui de Rohan, sauf que la date de 1717 gravée sur le blason ne colle pas avec cette hypothèse, ni le nombre de macles. Il faut donc penser que Frotier de la Messelière a pu se tromper en notant sous le blason : blason de gueules à 7 macles (au lieu de blason à 7 macles de gueules qui correspondrait alors bien à celui du Quellenec de Kerjacob).
Autre question : quel rapport en 1717 entre le seigneur de Keriolet et du Quellenec de Kerjacob ?? Dans la succession donnée par de la Messelière, on trouve de Bizien du Lezart, seigneur de Keriolet et du Quelennec… S’il s’agit du Quellenec de Kerjacob, la date est-elle compatible avec 1717 (n’est-ce pas les Gourdel à ce moment-là ?)
Fin 2017, l’examen détaillé de la succession de Kériolet permet de conclure enfin à l’existence des armes de la famille du Quellenec de Kerjacob dans ce domaine qui pourtant est propriété des Gourdel au début du XVIIIe siècle. Il s’agirait d’honorer un bienfaiteur de Kériolet au passage que l’on peut qualifier de furtif puisque huit ans plus tard, c’est le blason de Messire Tanguy Gourdel qui va figurer sur le socle du calvaire construit par la veuve de Gourdel, Dame Hamon, douairière de Kériolet en 1725 comme indiqué sur le socle de ce monument en reconstruction actuellement. En effet Tanguy Gourdel est seigneur de Kerglas, Keriolet, Keryvel et autres lieux, né à Laniscat le 27 novembre 1679, il y décède le 7 septembre 1724. C’est donc une erreur de description qui a semé le doute sur ce point enfin résolu aujourd’hui.Le blason déposé en mairie est bien celui de la branche du Quellenec de Kerjacob. Un grand merci à l’héraldiste Gérôme Caoüen du CGHP de Carhaix pour son aide précieuse.
Sources: H.Gourdon de Genouillac: "Recueil d'armoiries des maisons nobles de France" E.Dentu, Editeur à Paris 1860.
Armorial des familles de France. Selon cet ouvrage, il existe deux familles pour ce blason d'argent à 7 macles de gueules: du Quelenec de Kerjacob et de Becmeur.

mercredi 21 mars 2018

Rosquelfen-Bon Repos sur Blavet (22)

Hent roc'h markiz à Rosquelfen en Laniscat le 18 mars 2018



Voile de neige le 18 mars


Jardin sous la neige le 18 mars 2018. Pas vraiment le printemps!





Au sud de la vallée du Blavet, le bois de Gouarec en forêt de Quénécan le 18 mars 2018
(retouches premier plan)
Cliquer sur les images pour les agrandir.

lundi 19 mars 2018

Tableau de François Grenier

Fusain de François Grenier, recherche d'informations...

Fusain 48 x 38cm signé F. Grenier
Ce fusain (considéré comme une copie en 1950) a été un jour sous titré "diglañvadur eus aotrou person" qui en français signifie "la convalescence du curé", une scène qui semble donc correspondre à un village breton si l'on se réfère aux vêtements dans le style de fin XVIIIe, début XIXe siècle (mais quel village??). Cette période correspond bien à la signature de ce célèbre lithographe et peintre Francisque-Martin Grenier de Saint Martin, dit François Grenier, un peintre né en juillet 1793 à Paris, élève de David et Guérin, et mort le 19 décembre 1867 à Paris. Seulement voilà, cette oeuvre ne figure pas dans la liste des oeuvres répertoriées de ce peintre dont le style est pourtant reconnaissable. Le tableau laisse apparaître une multitude de petits détails extrèmement précis et le style est comparable à celui que l'on peut admirer dans les oeuvres de ce peintre bien connu.Alors, "La convalescence du Pasteur", titre qui figure au bas de l'oeuvre, va-t'elle inspirer des connaisseurs de François Grenier?

vendredi 16 mars 2018

Poème

Au revoir l'hiver!

Dans l'aquarelle du jour où s'invite le bleu
Ce pigment si précieux auquel soudain j'aspire
Je regarde pointer la vie et les sourires
Qu'apporte un temps de mars au soleil radieux
Triomphale lumière éclatant sous mes yeux
Bord de mer, fin du jour!

Ce matin coloré, je sors d'un long sommeil
En attente impatiente de parfums et de fleurs
De tous les chants d'oiseaux, de si fraîches couleurs
Cet appel du printemps qui toujours m'émerveille
Recevons sans contraintes les bienfaits du soleil!

L'hiver vient chaque année écrire en noir et blanc
Les instants ralentis de la vie si précieuse
Un monochrome utile aux saisons lumineuses
Précédant les semis de toutes fleurs des champs
Ce panel de couleurs aux parfums enivrants.
Alors adieu tristesse et au revoir l'hiver,
Ton monde obscur et froid de grisaille et silence
Où l'état dominant est celui de l'absence
La solitaire errance dans l'immense Univers.
Aujourd'hui meurt le gris pour enfin la lumière!

mardi 13 mars 2018

Patrimoine mégalithique breton

Le menhir de Men Marz (dit: "la pierre du miracle") en Plounéour-Brignogan-plages



Ce menhir serait aujourd'hui le mégalithe christianisé le plus haut de Bretagne avec ses 8m50 et ses 80 tonnes. Il est classé MH depuis 1889. Selon le site latribudanaximandre.com (photo jointe) il s'agirait de l'un des quatre plus hauts menhirs de France.
Ce monument en granite local possède la particularité d'être sans "racine", ce qui signifie qu'il est simplement posé sur le sol et tient debout par sa forme et sa masse. En effet, suivant l'angle d'observation du monument néolithique (érigé entre 5000 et 3000 avant notre ère), sa largeur à la base varie de 1m80 à 3m comme on peut le voir en comparant avec cette seconde vue (Wikipedia).


Sur cette seconde vue, le côté "brut" de la pierre apparaît nettement et l'on comprend comment il peut tenir debout sans fosse de calage. Ce mégalithe fait partie des pierres levées qui dépassent les huit mètres et qui sont toujours debout, comme "la chandelle" de Kergornec(22),le menhir de Kerlois (29), de Cailouan (8m) en Plésidy ou celui de Glomel près de Rostrenen: voir articles précédents sur ce blog dans la rubrique "géo-archéologie".

vendredi 2 mars 2018

Patrimoine de Saint Gelven: Bon Repos sur Blavet (22)

L'étrange histoire du calvaire de Trégnanton en Saint Gelven, Bon Repos sur Blavet, Côtes d'Armor.

Le calvaire de Trégnanton en décembre 2017
Le calvaire de Trégnanton devient pour moi un sujet de recherches en 2015. Cette année là, des milliers de visiteurs passent devant le monument pour descendre dans le lac de Guerlédan asséché et c'est au cours de l'une de ces expéditions au fond du lac que je découvre au détour d'une conversation avec des gens du pays que ce calvaire est une création récente d'une personnalité fort connue dans le canton de Gouarec, puisqu'il s'agit de Léon Launay, conseiller général (1960 à 1988) de ce canton et maire de St Gelven jusqu'en 1986. Avant cette découverte, j'étais persuadé que ce  calvaire qui possède dans son socle la fameuse pierre gravée du prieur Dom Jan Guégan de l'abbaye de Bon Repos était une reconstitution déjà ancienne d'un calvaire datant de 1636 (date gravée dans la pierre) et qui se trouvait sur les bords du Blavet jusque la Révolution. Il me semblait naturel que le calvaire ait été reconstitué à l'aplomb de l'ancien et bien entendu au dessus des eaux du lac! Chaque fois que je passais devant ce calvaire, je pensais à la tragique histoire de"la Demoiselle de l'abbaye" que je raconterai un jour.  Cette présence d'un calvaire sur le bord du Blavet est une découverte de l'année 2000, une période où je rédige des articles sur l'histoire du pays dans le cadre de l'association Gouarécaine "Les Historiques" et à cette occasion, je consulte des documents transmis par Annie Le Fouiller, gouarécaine passionnée d'histoire, et qui proviennent de l'ancien presbytère de Gouarec, vidé de ses archives en 1975 pour motif de vente du bâtiment à un industriel connu à Gouarec (famille Le Guéné). Parmi ces documents, un texte attribué au chanoine Guitterel, ancien curé de Gouarec de 1898 à 1920 (lire à propos de cette personnalité l'article du Kaïer ar Poher n°32 de mars 2011). Ce dernier fait état d'un calvaire sur le bord du Blavet à Trégnanton, détruit par les révolutionnaires (probablement entre 1792 et 1796) et dont les pierres seront récupérées par des paroissiens. Il parle aussi des actions de mise à l'abri de statues à Gouarec comme ND de la fosse et St Gilles. Ces dernières informations seront reprises par Soeur Geneviève  (des Augustines de Gouarec) dans un texte sur Gouarec et son histoire, puis par Pierre Le Dour et moi-même dans "Gouarec, Découverte du patrimoine" d'octobre 2014.
Pierre gravée de Dom Guégan, prieur de Bon Repos en 1636
En 2016, je retrouve la trace de cette pierre gravée dans le livre de Marc Jeanlin "Bon Repos, un site de confluence au coeur de la Bretagne" hors série n°4 édité par le CGHP. Mais ce dernier interprète un texte publié dans Gallica par Paul Guégan en 1878 (P69, note de bas de page qui parle des allées couvertes du Liscuis et décrit la pierre de Dom Guégan) en émettant l'hypothèse que la pierre ait pu faire partie d'un calvaire situé au Liscuis.  Je ne crois pas à cette hypothèse car la pierre se situe avant 1980 dans le socle d'un calvaire situé sur les landes de St Gelven entre Les Granges et Le Longeau. L'expression "non loin de là" (et non "à proximité") est compatible avec les landes de St Gelven qui sont sur l'autre rive du Daoulas par rapport aux allées couvertes du Liscuis. Alors comment et pourquoi cette pierre gravée se retrouve dans le socle d'un calvaire positionné selon l'ancien cadastre de la commune, sur les hautes terres du Longeau? Ce calvaire est connu comme le calvaire du Longeau et une création des propriétaires, en limite de leurs terres, à la croisée de voies antiques et romaines. Ce calvaire est abîmé par une chute d'arbres, et laissé en l'état. Il est démonté pour créer celui, actuel, de Trégnanton. Ainsi la croix du calvaire et son socle granitique sont du calvaire du Longeau,la hampe raccourcie de quelques centimètres et à laquelle est rajouté le socle ou soubassement en schiste avec la pierre du prieur Guégan. Le monument est réalisé à l'initiative de Léon Launay et inauguré en 1981 (le curé de Gouarec qui participe à cette inauguration est François Failler).Je retrouve donc, grâce à Marc Jeanlin, l'un des constructeurs de ce calvaire: Mr Henrio de St Gelven qui me confirme l'origine des pierres. Comme on le voit, ce calvaire du Longeau avait été érigé par la famille noble du Longeau et face aux terres des "Granges", ce qui ne cadre pas avec la pierre gravée, très vraisemblablement une récupération dans ce calvaire qui n'est pas situé sur des terres de l'abbaye (les Granges au Sud en ont  fait partie), contrairement à Trégnanton qui est une des premières propriétés des moines, Troguénanton en 1184, étant la première donation à l'abbaye du Vicomte Alain III de Rohan (vallée du Blavet de Gouarec à Troguénanton: charte de fondation de l'abbaye de Bona Requie).Alors en 1981, Léon Launay savait-il qu'en construisant un calvaire à Trégnanton en y intégrant la pierre du prieur Guégan, il ramenait la pierre à ses origines? Etrange histoire en effet, et hasard troublant....

vendredi 23 février 2018

Poème

Les vents confidents

J'entends le vent, verbe puissant
Au souffle sur les vieilles landes
Du grand Seigneur en ses prébendes
Et chef d'orchestre du vivant.
Il m'interpelle, me dit la loi
En la saison des matins froids
Vallée du Blavet vue de Caurel, hiver 2017-22018
Parfois musique et souvent plaintes
Libère le coeur de ses étreintes
Ecoutons le dans le ciel bas.
J'entends la vie dans l'art d'aimer
Sans rien céder à la colère
Cet abandon de la lumière
Qui fait les âmes tourmentées.
Il dit: "agit sur le réel
Ouvre le palais des merveilles".
Dans la pénombre des maisons
Le printemps se désire encore
Comme assurance contre la mort
Qu'est bientôt la belle saison.
J'aime l'écho des sentiments
Les rêves qui se vivent en dormant
Mais jamais ne se concrétisent
Que la mémoire pourtant attise
Et qui font le sommeil si doux.

Les montagnes noires dans la brume: Meteo en Bretagne
Qui dans ces doux rêves êtes-vous?
Un souvenir qui m'interpelle
De statues ployant le genou
Les énigmes d'une histoire qu'on dénoue
Dans l'ombre douce d'une chapelle
Vibrante lumière des vitraux
Arlequin de couleurs sur la peau
Et complicité des regards.
Suivre les chemins du hasard
Où les plaisirs parfois s'invitent
Et oublier tous les regrets
Les mots lapidaires, les secrets
Et le temps qui passe si vite!
Vallée du Blavet à Trégnanton, hiver 2017-2018
Le bonheur est ici aussi
Laissons de côté les soucis
Choisissons la vie qui s'agite
Encore sous les toits qui l'abritent
Attendons ce qui n'est pas dit
Fleur fanée des lèvres closes...
Le vent  par moments se repose
Et soudain son silence façonne
La brume blanche qui se dépose
Dans la vallée où se propose
L'instant serein dont je m'étonne.

2e photo:source: Meteo en Bretagne, Couleurs d'hiver à Laz (29): les Montagnes Noires dans la brume. Franceinfo Bretagne, Catherine Le Masson. 1ier et 3eme PJ, hiver , janvier 2018.

vendredi 16 février 2018

Chapelle de Rosquelfen: dais-retable

L'ornementation intérieure du dais-retable de la chapelle de Rosquelfen (suite)


La porte latérale gauche du dais est porteuse de Saint Sébastien, l'une des statues anciennes de la chapelle en pierre polychromée et qui est rappelée ici par cette représentation inspirée du Pérugin comme le Saint Jean évangéliste de la porte latérale droite (voir article précédent sur le blog). L'ancienne statue de Saint Sébastien (XV-XVIe)faisait autrefois l'objet de pratiques supersticieuses qui consistaient à placer dans les trous de flèches bien visibles dans la pierre, des chevilles de bois à l'emplacement où la personne malade avait une douleur qu'elle souhaitait voir cesser. Si tel était le cas, la guérison était attribuée à l'intercession du saint. Saint Sébastien, patron des archers est un militaire romain du IIIe siècle, né gaulois, à Narbonne et criblé de flèches sous la persécution de Dioclétien contre les chrétiens. Il est invoqué pour la protection contre les maladies contagieuses, en particulier la peste.



Les portes du dais, lorsqu'elles seront en position ouverte constitueront un retable comme c'était le cas dans l'ancien dais du début XVIe, très dégradé qui se trouve encore aujourd'hui dans la chapelle de Rosquelfen. Ce retable est un rappel des quatre statues les plus anciennes encore actuellement dans la chapelle et qui font partie du mobilier inscrit de ce monument.

vendredi 9 février 2018

Chapelle de Rosquelfen en Bon Repos sur Blavet (22)

Assemblée Générale des Amis de la chapelle de Rosquelfen en Laniscat: Bon Repos sur Blavet, Côtes d'Armor.

L'Assemblée Générale de l'association des Amis de la chapelle de Rosquelfen se tiendra le 16 février prochain à la maison des associations, bourg de Laniscat à 20h. L'ordre du jour est le suivant: Compte Rendu statutaire des activités de 2017
- Compte Rendu financier
- Bilan des travaux 2017
- Projets 2018 (travaux, animations et pardon)
- Renouvellement du tiers sortant
- Questions diverses.
Cette AG est ouverte à toutes les personnes qui s'intéressent à la sauvegarde et à l'animation de ce patrimoine collectif. L'association a été créée en 2008 et aura donc ses dix ans d'existence cette année; dix années d'efforts et d'actions en faveur de cette chapelle.

mardi 6 février 2018

chapelle de Rosquelfen- dais-retable

Le dais-retable de la chapelle de Rosquelfen en Bon Repos sur Blavet (22)

La poursuite de l'ornementation du meuble protecteur de ND de Bon Secours réalisé par les bénévoles des "Amis de la chapelle de Rosquelfen" se poursuit cet hiver comme indiqué dans l'article du 24 janvier 2018 (sculpture de la frise basse).

Sur la photo (cliquer dessus pour agrandir), une vue de Saint Jean l'Apôtre dit aussi "l'évangéliste". Il s'agit de la porte latérale droite du dais, côté intérieur; représentation inspirée du modèle du Pérugin (1502-1512 environ) qui se trouve au musée des Augustins de Toulouse. L'iconographie d'avant le concile de Trente, s'inspire ici comme dans les autres panneaux, de la "Légende Dorée" (1261-1266) de Jacques de Voragine (1228-1298). L'aigle fait référence à l'Apocalypse qui apparente Jean à un aigle, d'où le nom "aigle de Patmos" utilisé pour Jean (Patmos est une île où l'apôtre Jean est exilé par l'Empereur Domicien (1ier siècle de notre ère). La coupe illustre le poison qui lui aurait été donné à Ephèse et qui n'aura aucun effet sur lui. Le dragon bicéphale surplombant la coupe représente le mal, satan...mais aussi le dragon guérisseur. Jean est représenté sous les traits d'un beau jeune homme plutôt androgyne (il est souvent le seul apôtre sans barbe dans la statuaire religieuse et considéré comme le préféré du Christ). Frère de Jacques, dit "Le Majeur", il serait selon la tradition chrétienne, l'auteur de l'Evangile de Jean, un des évangiles synoptiques (avec Marc, Mathieu et Luc),ainsi que de l'Apocalypse rédigé à Patmos, mais ce fait est contesté par la plupart des Historiens.

vendredi 2 février 2018

Poème

Carpe diem quam minimum credula postero
(Cueille le jour sans te fier le moins du monde au lendemain)
(Ode 11, livre premier d'Horace)
Au hasard des vieux chemins
Où parfois tu m'accompagnes
Sous les brumes du matin
La colline devient montagne
Je ne suis jamais certain
Des images du quotidien

J'écris, parfois tu me lis
Et parfois tu me réponds
A ces jeux de mots d'esprit
Entre folie et raison
Se succèdent dans nos vies
Les passions et les oublis
Vallée  du Blavet vue de Rosquelfen: janvier 2018

Tu sais très bien que j'aspire
A la fête du vivant
Le temps n'est pas aux soupirs
Qui se perdent aux quatre vents
J'aime nous entendre rire
Au partage des plaisirs

La vie demeure au présent
Qui sait encore m'étonner
Dans un éternel printemps
J'entends bien les sons légers
Les mots portés par le vent
Le murmure des sentiments

Demain est un inconnu
Qui garde bien ses secrets
A présent je ne sais plus
Rien d'un futur si discret
Corps et âmes, c'est entendu
Ne seront jamais perdus

Laissons les plumes au plumier
Pour un autre face-à-face
Et les fleurets mouchetés
Aux reliques du temps qui passe
Laissons-nous réinventer
De nouvelles félicités!