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lundi 23 février 2026

Patrimoine de Plounévézel en Finistère

Le pont Sainte Catherine de Plounévézel (canton de Carhaix-Plouguer)

Pont Sainte Catherine sur l'Hyère (im.wikipedia)
Cet étonnant pont dit "gaulois" est daté selon les sources de l'époque gauloise au Haut Moyen-âge. Il aurait succédé à un pont plus sommaire de l'époque de la Tène (deuxième âge du fer: vestiges en aval du pont) et serait dans sa forme actuelle du Haut Moyen-âge: entre le IIIe et le VIIe siècle de notre ère. Sa longueur est de 60 mètres pour une largeur de 60 cms. Il se situe sur le tracé de la voie romaine de Carhaix à Lannion. Classé MH depuis le 22/06/1964, il était inscrit auparavant au titre des Monuments Historiques le 4/02/1927 (Base Mérimée, notice n°PA00089687). Ce pont est constitué de quatre éperons qui encadrent trois arches réalisées en pierres sèches de schiste local et la particularité de ces arches réside dans le fait qu'elles sont  en encorbellement, ce qui est exceptionnel dans ce type de pont dont les arches sont habituellement des voûtes en plein cintre.

Pont Sainte Catherine sur l'Hyère (comp.pj)
De telles voûtes en encorbellement sont constatées et décrites par les archéologues sur des monuments du Néolithique comme les grands cairns bretons (Barnenez dans la baie de Morlaix, Goasseac'h près de Carhaix, celui en schiste carbonifère de Saint-Nicolas-du-Pélem etc...). Elles consistent en une élévation par dépassement de la pierre sous-jacente jusqu'à l'obtention d'une courbe formant une voûte terminée par une dalle centrée à son sommet, qui va tenir par la masse et la pression extérieure sans qu'il soit nécessaire d'ajouter un liant. Mais sur un cours d'eau susceptible de débordements par les crues, la technique utilisée peut laisser perplexe. Son extrême longévité démontre à elle seule la grande qualité technique de cette construction originale.
Mais pourquoi Sainte Catherine? Une réponse est donnée par le site "infobretagne":"la chapelle Sainte-Catherine (XVI-XVIIème siècle), érigée par les seigneurs du Tymeur de Poullaouen et ancienne église tréviale de Plounévézel. Cette chapelle est placée sous le patronage de sainte Catherine d'Alexandrie, vierge et martyre, dont le culte s'est développé au XII-XIIIème siècle."  
C'est donc l'ancienne église tréviale de Plounévézel, dédiée à Sainte Catherine d'Alexandrie qui donne son nom au pont à proximité...


 

mercredi 18 février 2026

Poème

Solitude hivernale

Au Liscuis habité des ombres

De korrigans désappointés

La sarabande des sangliers

Anime encore les landes sombres


C'est bien la pluie de tous les jours

Dans les chemins alors torrents

Qui accompagne de son chant

Un autre son au creux du jour...


Sous cette pluie lavant les roches

Ouvre les yeux chère Muse fière

Prends garde au loup sans muselière

Qui par ce temps parfois s'approche


Eclats liquides des mots de l'eau

Cette expression d'une violence

Rupture aussi du grand silence

Où le chemin devient ruisseau 


C'est encore bien sous ce vieux chêne

Vieil oublié des bûcherons

Que je m'abrite en ce vallon

Quand la mémoire ici m'enchaîne


Mais l'esprit libéré voyage

Jusqu'aux sentiers des pas perdus

Car rien ne change, le savais-tu

Ni sous la pluie, ni dans l'orage


Le temps s'active au polissage

Des rochers bleus de ce pays

Comme les corps et les esprits

Patience est la vertu des sages.

mardi 10 février 2026

Message des Cartes blanches à Sainte Brigitte (Morbihan)

 

 Important message des Cartes Blanches :

VOTEZ EN MASSE (avant le 23 février) 

Statue du porche, candidate au "prix"

pour que notre petite commune remporte le prix qui lui permettra la restauration de cette très ancienne statue en bois (pièce jointe) ! ❤

Notre statue brigittoise fait partie des trois finalistes bretons !

Une seule œuvre par région sera retenue.

Alors cliquez pour voter pour Sainte-Brigitte !

(fin du vote dans la nuit du 22 au 23 février, à minuit).

ALLIANZ FRANCE ET LE PLUS GRAND MUSÉE DE FRANCE – VOTES ÉDITION 2025-2026 - Sauvegarde de l’Art Français

PS: si difficultés d'accès au site du vote, aller directement sur celui des Cartes blanches.

dimanche 8 février 2026

Le menhir "blessé" de Saint Servais, au Nord des Gorges du Corong (Côtes d'Armor)

 Le menhir blessé de Saint Servais, un oublié sur la liste des menhirs du secteur?

Menhir "blessé", bois au Nord des Gorges du Corong
Photo K.L'Helgoualc'h en 2011.

Qui chez les internautes aurait une idée sur l'absence totale apparente d'informations sur ce menhir? Â première vue,  il est d'une taille conséquente (autour de 4 à 5 mètres si on se réfère à l'échelle) et se situe dans le bois au Nord des Gorges du Corong, sur un bombement topographique à faible distance d'une lisière du bois (apparemment côté Saint Servais, mais pas de coordonnées L.). Aucune indication, aucun fléchage pour ce mégalithe, contrairement à ses voisins comme la "Dent de Saint Servais", le plus haut dans ce secteur (environ 9 mètres), ou pour d'autres menhirs bien répertoriés comme celui de Kerroux (la Croix de Saint Servais), ou le "Picagne", les "Jumeaux" et bien d'autres.

Ce magnifique menhir en granite local présente à sa base une saignée profonde, réalisée par des outils bien postérieurs à l'époque Néolithique et qui indiquerait qu'il a fait l'objet d'une ou de plusieurs tentatives d'abattage, ce qui par déduction laisserait penser que cette pierre dressée s'enfonçe assez profondément dans le sol pour décourager toute tentative de basculement, la manière la plus simple d'éliminer un tel monument et dès la période carolingienne.

Base du menhir avec "saignée"profonde et ligne de "pointillés"
sous-jacents (première tentative de découpage, sans succès??)
Photo K.L'Helgoualc'h en 2011
Sur cette vue de la base du menhir (ou peulvan en breton), on peut voir les traces des tentatives de débitage qui intriguent car habituellement, les mégalithes en granite ont une fosse de calage peu profonde et il est beaucoup plus simple de dégager la terre à sa base pour le faire basculer que d'entreprendre un tel travail: une ligne d'encoches alignées, moyen habituel à partir de l'usage du fer,de débitage d'un bloc de granite, et au-dessus, un creusement assez profond et sur toute sa largeur, manifestement réalisé par des outils métalliques et donc inconnus à la période d'érection d'un tel monument. Chose également très étonnante: aucune signalisation n'est visible sur place pour ce mégalithe qui se découvre tout-à-fait par hasard, et, chose également peu fréquente: sur un sommet topographique; une énigme à résoudre...


dimanche 1 février 2026

De Imbolc à Brigit, entre mythologie celtique et étymologie de Sainte Brigitte (56)

Le temps d'Imbolc et de Brigit...

Comme le souligne Coligny dans son célèbre calendrier, Imbolc d'Anagantios est le quatrième mois de l'année celtique, mois de 29 jours (et deuxième mois calendaire) correspondant à Février de notre calendrier actuel.

C'est le "mi-temps" entre le solstice d'hiver et l'équinoxe de printemps. Rappelons que le calendrier celtique débute par Samhain (1er novembre), suivi d'Imbolc (1er février), Beltaine (1er mai) et Lughnasad (1er août). En 2026, le point bascule se produit le 3 février à 19h22 UTC (20h22 en France).

Cette date marque le renouveau après les jours sombres. Mais c'est aussi le jour de Brigit ou Brigid, celle qui ramène le printemps et le renouveau. Brigid est la déesse des arts, de la guérison et de la fertilité, de la divination et de la poésie, de la musique, de l'agriculture et de la forge (la forge de guerre par la création des armes). Ce jour est la fête du feu et de la forge.

Brigit, déesse de la forge.Photo chatGPT
Alors pourquoi Sainte Brigitte, en lisière de Quénécan attire notre attention en ce début février? Parce que en breton, elle se nomme Berc'hed. Ce nom vient du protoceltique Briganti signifiant "l'exaltée". Déesse du feu et de la lumière, cette fille de Dagda est une femme triple ou déesse triple:
- gardienne du Verbe Sacré
- guérisseuse, source de compassion
- forgeronne, maîtresse du feu primordial. Elle façonne le fer en armes dont les romains vont se souvenir pour leur redoutable efficacité (voir la révolte de Boudicca vers 60 de notre ère).
Le breton donne ici la primauté étymologique à cette déesse comparée ou associée à Minerve chez les romains. La présence de fer dans le pays (avec bois et eau, éléments indispensables) permet d'en déduire l'existence de bas-fourneaux dans et autour de Quénécan à l'âge du fer (vers -800 avant notre ère), comme le démontre les scories de  fer découvertes en bordure de forêt (Lande de Gouarec en Plélauff). Ces bas-fourneaux sont cités par plusieurs auteurs (L.Puzenat, J.Guigues..)
Il faut attendre le Haut Moyen-âge pour voir ajouté le terme "Sainte" devant Brigit qui devient alors la Brigitte d'irlande (451-525), patronne du Leinster et abbesse de Kildare, la première qui donnerait son nom à la paroisse de Sainte Brigitte.
Panneau signalétique. La version bretonne en usage
de tout temps ne reprend pas le "Sainte", évoquant
donc la déesse de la forge; Brigit

Le christianisme s'affirmant, il faudra attendre les guerres de religion et le développement de l'Eglise Réformée dans le domaine des Rohan pour voir s'installer une nouvelle Brigitte, mais de Suède cette fois (tout début XVIIe), car cette période voit arriver des familles de forgerons huguenots des Ardennes (Fineman d'Angecourt appelé par Henri II de Rohan). Cette période va sans doute entraîner le désir pour les catholiques de s'affirmer dans leur choix religieux et Brigitte de Suède est de ce point de vue un choix sans équivoque! 
 Imbolc va devenir la Chandeleur (Purification de la Vierge chez les Catholiques).
Sainte Brigitte  honore encore aujourd'hui sa sainte patronne  mais la version bretonne nous fait remonter le temps bien plus loin, un temps ou  la Forge, le feu et le fer ont joué un rôle primordial dans le destin de ce pays au coeur du Kreiz Breizh.
Pour poursuivre ce thème de Brigit: Brigantia de Corbridge (wikipedia)...