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vendredi 17 avril 2026

En passant par Saint Fiacre au Faouët (Morbihan)

 Questionnement sur la statuaire de Saint Fiacre et sur Olivier Le Loergan.

Jubé de Saint Fiacre, côté choeur. Photo PJ
L'oeuvre sans doute la plus célèbre d'Olivier Le Loergan, un sculpteur du Merzer (22) au XVe siècle est le fameux jubé de Saint Fiacre, le plus connu de Bretagne et daté de 1480.

Sa qualité de sculpteur est reconnue bien avant la réalisation de ce jubé puisqu'il est anobli par le duc de Bretagne François II en 1469.

Le jubé en chêne avec clôture ou chancel est surmonté d'une tribune en encorbellement sur ses deux faces. La date de 1480 est gravée en chiffres romains. Il sera classé MH en 1862 (au titre d'objet).

Vierge à l'enfant,XVe.Photo PJ

Mais la question qui se pose à Saint Fiacre est l'attribution de l'auteur de cette magnifique Vierge à l'enfant, sans doute contemporaine du jubé puisque datée du XVe siècle également. René Couffon y voit une influence flamande (figure ovale, front bombé, sourcils très arqués, cheveux nattés sur le dos et haute couronne).

Sur le blog de Jean-Yves Cordier (www.lavieb-aile.com) on peut lire l'avis de Denise Moirez (Inventaire général 1975) qui discernait "une facture d'inspiration savante où l'influence allemande se manifeste dans la structure générale comme dans le traitement des plis. Dans tous les cas, l'une des plus belles Vierges de Bretagne".
Un autre avis est donné par un habitué de la statuaire bretonne et sculpteur lui-même (Roland Monier de Saint Connan) qui fait remarquer justement les motifs particuliers de la couronne de la vierge. En alternance avec la fleur de lys, on observe un motif trifolié (trèfle) que l'on retrouve à plusieurs endroits du jubé. Ce motif trifolié serait la signature d'Olivier Le Loergan qui serait donc l'auteur de ce chef d'oeuvre. On retrouve également les caractères notés par René Couffon sur les personnages féminins du jubé (ovale des figures, sourcils arqués, front bombé).

Détails de la couronne et du visage

 Cette maîtrise de la sculpture  pourrait bien être le motif de son anoblissement alors qu'il ne réalise le jubé que onze ans plus tard.

Dans tous les cas, Olivier Le Loergan est bien l'un des sculpteurs du XVe qui ne laisse pas indifférent (voir les sablières de Canihuel également en Kreiz Breizh).

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