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mercredi 28 mars 2018

Sculpture en mairie de Laniscat, Bon Repos sur Blavet, Côtes d'Armor

Origine du blason sculpté dans un bloc de granite visible dans les locaux de la mairie de Laniscat en Côtes d'Armor.
Blason avec couleurs d'origine reconstituées


 
Dans le document manuscrit rédigé par Frotier de la Messelière sur le manoir de Keriolet en Laniscat d'où vient cette pierre offerte à la mairie par un habitant de St Ygeaux qui la possédait, une description de ce blason considéré comme étant celui du Quellenec de Kerjacob, ne coïncide pas avec la description qui en est faite. Frotier de la Messelière décrit un double blason sur la grande cheminée du manoir de Keriolet avec une couronne de vicomte et d’un côté un blason de gueule à 7 macles (dont il ne précise pas la couleur). S’il s’agissait effectivement d’un blason de gueule, ce ne serait pas celui du Quellenec mais celui de Rohan, sauf que la date de 1717 gravée sur le blason ne colle pas avec cette hypothèse, ni le nombre de macles. Il faut donc penser que Frotier de la Messelière a pu se tromper en notant sous le blason : blason de gueules à 7 macles (au lieu de blason à 7 macles de gueules qui correspondrait alors bien à celui du Quellenec de Kerjacob).
Autre question : quel rapport en 1717 entre le seigneur de Keriolet et du Quellenec de Kerjacob ?? Dans la succession donnée par de la Messelière, on trouve de Bizien du Lezart, seigneur de Keriolet et du Quelennec… S’il s’agit du Quellenec de Kerjacob, la date est-elle compatible avec 1717 (n’est-ce pas les Gourdel à ce moment-là ?)
Fin 2017, l’examen détaillé de la succession de Kériolet permet de conclure enfin à l’existence des armes de la famille du Quellenec de Kerjacob dans ce domaine qui pourtant est propriété des Gourdel au début du XVIIIe siècle. La restauration de la partie sculptée du calvaire construit par la veuve de Gourdel, Dame Hamon, douairière de Kériolet en 1727 comme indiqué sur le socle de ce monument, permet de voir le même blason à 7 macles, mis en place 10 ans plus tard par rapport à celui de la  Mairie. Cette constatation permet de mesurer l'importance de cette famille sur Keriolet an début du XVIIIe siècle.  C’est donc une erreur de description qui a semé le doute sur ce point enfin résolu aujourd’hui.Le blason déposé en mairie est bien celui de la branche du Quellenec de Kerjacob. Un grand merci à l’héraldiste Gérôme Caoüen du CGHP de Carhaix pour son aide précieuse.
Sources: H.Gourdon de Genouillac: "Recueil d'armoiries des maisons nobles de France" E.Dentu, Editeur à Paris 1860.
Armorial des familles de France. Selon cet ouvrage, il existe deux familles pour ce blason d'argent à 7 macles de gueules: du Quelenec de Kerjacob et de Becmeur.

mercredi 21 mars 2018

Rosquelfen-Bon Repos sur Blavet (22)

Hent roc'h markiz à Rosquelfen en Laniscat le 18 mars 2018



Voile de neige le 18 mars


Jardin sous la neige le 18 mars 2018. Pas vraiment le printemps!





Au sud de la vallée du Blavet, le bois de Gouarec en forêt de Quénécan le 18 mars 2018
(retouches premier plan)
Cliquer sur les images pour les agrandir.

lundi 19 mars 2018

Tableau de François Grenier

Fusain de François Grenier, recherche d'informations...

Fusain 48 x 38cm signé F. Grenier
Ce fusain (considéré comme une copie en 1950) a été un jour sous titré "diglañvadur eus aotrou person" qui en français signifie "la convalescence du curé", une scène qui semble donc correspondre à un village breton si l'on se réfère aux vêtements dans le style de fin XVIIIe, début XIXe siècle (mais quel village??). Cette période correspond bien à la signature de ce célèbre lithographe et peintre Francisque-Martin Grenier de Saint Martin, dit François Grenier, un peintre né en juillet 1793 à Paris, élève de David et Guérin, et mort le 19 décembre 1867 à Paris. Seulement voilà, cette oeuvre ne figure pas dans la liste des oeuvres répertoriées de ce peintre dont le style est pourtant reconnaissable. Le tableau laisse apparaître une multitude de petits détails extrèmement précis et le style est comparable à celui que l'on peut admirer dans les oeuvres de ce peintre bien connu.Alors, "La convalescence du Pasteur", titre qui figure au bas de l'oeuvre, va-t'elle inspirer des connaisseurs de François Grenier?

vendredi 16 mars 2018

Poème

Au revoir l'hiver!

Dans l'aquarelle du jour où s'invite le bleu
Ce pigment si précieux auquel soudain j'aspire
Je regarde pointer la vie et les sourires
Qu'apporte un temps de mars au soleil radieux
Triomphale lumière éclatant sous mes yeux
Bord de mer, fin du jour!

Ce matin coloré, je sors d'un long sommeil
En attente impatiente de parfums et de fleurs
De tous les chants d'oiseaux, de si fraîches couleurs
Cet appel du printemps qui toujours m'émerveille
Recevons sans contraintes les bienfaits du soleil!

L'hiver vient chaque année écrire en noir et blanc
Les instants ralentis de la vie si précieuse
Un monochrome utile aux saisons lumineuses
Précédant les semis de toutes fleurs des champs
Ce panel de couleurs aux parfums enivrants.
Alors adieu tristesse et au revoir l'hiver,
Ton monde obscur et froid de grisaille et silence
Où l'état dominant est celui de l'absence
La solitaire errance dans l'immense Univers.
Aujourd'hui meurt le gris pour enfin la lumière!

mardi 13 mars 2018

Patrimoine mégalithique breton

Le menhir de Pontusval (dit: "la pierre du miracle") en Plounéour-Brignogan-plages



Ce menhir appelé aussi Men Mars (terme impropre selon wikipedia) serait aujourd'hui le mégalithe christianisé le plus haut de Bretagne avec ses 8m50 et ses 80 tonnes. Il est classé MH depuis 1889. Selon le site latribudanaximandre.com (photo jointe) il s'agirait de l'un des quatre plus hauts menhirs de France.
Ce monument en granite porphyroïde local possède la particularité d'être sans "racine", ce qui signifie qu'il est simplement posé sur le sol et tient debout par sa forme et sa masse. En effet, suivant l'angle d'observation du monument néolithique (érigé entre 5000 et 3000 avant notre ère), sa largeur à la base varie de 1m80 à 3m comme on peut le voir en comparant avec cette seconde vue (Wikipedia).


Sur cette seconde vue, le côté "brut" de la pierre apparaît nettement et l'on comprend comment il peut tenir debout sans fosse de calage. Ce mégalithe fait partie des pierres levées qui dépassent les huit mètres et qui sont toujours debout, comme "la chandelle" de Kergornec(22),le menhir de Kerlois (29), de Cailouan (8m) en Plésidy ou celui de Glomel près de Rostrenen: voir articles précédents sur ce blog dans la rubrique "géo-archéologie".

vendredi 2 mars 2018

Patrimoine de Saint Gelven: Bon Repos sur Blavet (22)

L'étrange histoire du calvaire de Trégnanton en Saint Gelven, Bon Repos sur Blavet, Côtes d'Armor.

Le calvaire de Trégnanton en décembre 2017
Le calvaire de Trégnanton devient pour moi un sujet de recherches en 2015. Cette année là, des milliers de visiteurs passent devant le monument pour descendre dans le lac de Guerlédan asséché et c'est au cours de l'une de ces expéditions au fond du lac que je découvre au détour d'une conversation avec des gens du pays que ce calvaire est une création récente d'une personnalité fort connue dans le canton de Gouarec, puisqu'il s'agit de Léon Launay, conseiller général (1960 à 1988) de ce canton et maire de St Gelven jusqu'en 1986. Avant cette découverte, j'étais persuadé que ce  calvaire qui possède dans son socle la fameuse pierre gravée du prieur Dom Jan Guégan de l'abbaye de Bon Repos était une reconstitution déjà ancienne d'un calvaire datant de 1636 (date gravée dans la pierre) et qui se trouvait sur les bords du Blavet jusque la Révolution. Il me semblait naturel que le calvaire ait été reconstitué à l'aplomb de l'ancien et bien entendu au dessus des eaux du lac! Chaque fois que je passais devant ce calvaire, je pensais à la tragique histoire de"la Demoiselle de l'abbaye" que je raconterai un jour.  Cette présence d'un calvaire sur le bord du Blavet est une découverte de l'année 2000, une période où je rédige des articles sur l'histoire du pays dans le cadre de l'association Gouarécaine "Les Historiques" et à cette occasion, je consulte des documents transmis par Annie Le Fouiller, gouarécaine passionnée d'histoire, et qui proviennent de l'ancien presbytère de Gouarec, vidé de ses archives en 1975 pour motif de vente du bâtiment à un industriel connu à Gouarec (famille Le Guéné). Parmi ces documents, un texte attribué au chanoine Guitterel, ancien curé de Gouarec de 1898 à 1920 (lire à propos de cette personnalité l'article du Kaïer ar Poher n°32 de mars 2011). Ce dernier fait état d'un calvaire sur le bord du Blavet à Trégnanton, détruit par les révolutionnaires (probablement entre 1792 et 1796) et dont les pierres seront récupérées par des paroissiens. Il parle aussi des actions de mise à l'abri de statues à Gouarec comme ND de la fosse et St Gilles. Ces dernières informations seront reprises par Soeur Geneviève  (des Augustines de Gouarec) dans un texte sur Gouarec et son histoire, puis par Pierre Le Dour et moi-même dans "Gouarec, Découverte du patrimoine" d'octobre 2014.
Pierre gravée de Dom Guégan, prieur de Bon Repos en 1636
En 2016, je retrouve la trace de cette pierre gravée dans le livre de Marc Jeanlin "Bon Repos, un site de confluence au coeur de la Bretagne" hors série n°4 édité par le CGHP. Mais ce dernier interprète un texte publié dans Gallica par Paul Guégan en 1878 (P69, note de bas de page qui parle des allées couvertes du Liscuis et décrit la pierre de Dom Guégan) en émettant l'hypothèse que la pierre ait pu faire partie d'un calvaire situé au Liscuis.  Je ne crois pas à cette hypothèse car la pierre se situe avant 1980 dans le socle d'un calvaire situé sur les landes de St Gelven entre Les Granges et Le Longeau. L'expression "non loin de là" (et non "à proximité") est compatible avec les landes de St Gelven qui sont sur l'autre rive du Daoulas par rapport aux allées couvertes du Liscuis. Alors comment et pourquoi cette pierre gravée se retrouve dans le socle d'un calvaire positionné selon l'ancien cadastre de la commune, sur les hautes terres du Longeau? Ce calvaire est connu comme le calvaire du Longeau, à la croisée de voies antiques et romaines. Ce calvaire est abîmé par une chute d'arbres, et laissé en l'état. Il est démonté pour créer celui, actuel, de Trégnanton. Ainsi la croix du calvaire et son socle granitique sont du calvaire du Longeau,la hampe raccourcie de quelques centimètres et à laquelle est rajouté le socle ou soubassement en schiste avec la pierre du prieur Guégan. Le monument est réalisé à l'initiative de Léon Launay et inauguré en 1981 (le curé de Gouarec qui participe à cette inauguration est François Failler).Je retrouve donc, grâce à Marc Jeanlin, l'un des constructeurs de ce calvaire: Mr Henrio de St Gelven qui me confirme l'origine des pierres.Nous savons aussi que  Trégnanton est une des premières propriétés des moines, Troguénanton en 1184, étant la première donation à l'abbaye du Vicomte Alain III de Rohan (vallée du Blavet de Gouarec à Troguénanton: charte de fondation de l'abbaye de Bona Requie).Alors en 1981, Léon Launay imaginait-il qu'en construisant un calvaire à Trégnanton en y intégrant la pierre du prieur Guégan, il ramenait la pierre à ses origines? Etrange histoire en effet, et hasard troublant....

vendredi 23 février 2018

Poème

Les vents confidents

J'entends le vent, verbe puissant
Au souffle sur les vieilles landes
Du grand Seigneur en ses prébendes
Et chef d'orchestre du vivant.
Il m'interpelle, me dit la loi
En la saison des matins froids
Vallée du Blavet vue de Caurel, hiver 2017-22018
Parfois musique et souvent plaintes
Libère le coeur de ses étreintes
Ecoutons le dans le ciel bas.
J'entends la vie dans l'art d'aimer
Sans rien céder à la colère
Cet abandon de la lumière
Qui fait les âmes tourmentées.
Il dit: "agit sur le réel
Ouvre le palais des merveilles".
Dans la pénombre des maisons
Le printemps se désire encore
Comme assurance contre la mort
Qu'est bientôt la belle saison.
J'aime l'écho des sentiments
Les rêves qui se vivent en dormant
Mais jamais ne se concrétisent
Que la mémoire pourtant attise
Et qui font le sommeil si doux.

Les montagnes noires dans la brume: Meteo en Bretagne
Qui dans ces doux rêves êtes-vous?
Un souvenir qui m'interpelle
De statues ployant le genou
Les énigmes d'une histoire qu'on dénoue
Dans l'ombre douce d'une chapelle
Vibrante lumière des vitraux
Arlequin de couleurs sur la peau
Et complicité des regards.
Suivre les chemins du hasard
Où les plaisirs parfois s'invitent
Et oublier tous les regrets
Les mots lapidaires, les secrets
Et le temps qui passe si vite!
Vallée du Blavet à Trégnanton, hiver 2017-2018
Le bonheur est ici aussi
Laissons de côté les soucis
Choisissons la vie qui s'agite
Encore sous les toits qui l'abritent
Attendons ce qui n'est pas dit
Fleur fanée des lèvres closes...
Le vent  par moments se repose
Et soudain son silence façonne
La brume blanche qui se dépose
Dans la vallée où se propose
L'instant serein dont je m'étonne.

2e photo:source: Meteo en Bretagne, Couleurs d'hiver à Laz (29): les Montagnes Noires dans la brume. Franceinfo Bretagne, Catherine Le Masson. 1ier et 3eme PJ, hiver , janvier 2018.

vendredi 16 février 2018

Chapelle de Rosquelfen: dais-retable

L'ornementation intérieure du dais-retable de la chapelle de Rosquelfen (suite)


La porte latérale gauche du dais est porteuse de Saint Sébastien, l'une des statues anciennes de la chapelle en pierre polychromée et qui est rappelée ici par cette représentation inspirée du Pérugin comme le Saint Jean évangéliste de la porte latérale droite (voir article précédent sur le blog). L'ancienne statue de Saint Sébastien (XV-XVIe)faisait autrefois l'objet de pratiques supersticieuses qui consistaient à placer dans les trous de flèches bien visibles dans la pierre, des chevilles de bois à l'emplacement où la personne malade avait une douleur qu'elle souhaitait voir cesser. Si tel était le cas, la guérison était attribuée à l'intercession du saint. Saint Sébastien, patron des archers est un militaire romain du IIIe siècle, né gaulois, à Narbonne et criblé de flèches sous la persécution de Dioclétien contre les chrétiens. Il est invoqué pour la protection contre les maladies contagieuses, en particulier la peste.



Les portes du dais, lorsqu'elles seront en position ouverte constitueront un retable comme c'était le cas dans l'ancien dais du début XVIe, très dégradé qui se trouve encore aujourd'hui dans la chapelle de Rosquelfen. Ce retable est un rappel des quatre statues les plus anciennes encore actuellement dans la chapelle et qui font partie du mobilier inscrit de ce monument.

vendredi 9 février 2018

Chapelle de Rosquelfen en Bon Repos sur Blavet (22)

Assemblée Générale des Amis de la chapelle de Rosquelfen en Laniscat: Bon Repos sur Blavet, Côtes d'Armor.

L'Assemblée Générale de l'association des Amis de la chapelle de Rosquelfen se tiendra le 16 février prochain à la maison des associations, bourg de Laniscat à 20h. L'ordre du jour est le suivant: Compte Rendu statutaire des activités de 2017
- Compte Rendu financier
- Bilan des travaux 2017
- Projets 2018 (travaux, animations et pardon)
- Renouvellement du tiers sortant
- Questions diverses.
Cette AG est ouverte à toutes les personnes qui s'intéressent à la sauvegarde et à l'animation de ce patrimoine collectif. L'association a été créée en 2008 et aura donc ses dix ans d'existence cette année; dix années d'efforts et d'actions en faveur de cette chapelle.

mardi 6 février 2018

chapelle de Rosquelfen- dais-retable

Le dais-retable de la chapelle de Rosquelfen en Bon Repos sur Blavet (22)

La poursuite de l'ornementation du meuble protecteur de ND de Bon Secours réalisé par les bénévoles des "Amis de la chapelle de Rosquelfen" se poursuit cet hiver comme indiqué dans l'article du 24 janvier 2018 (sculpture de la frise basse).

Sur la photo (cliquer dessus pour agrandir), une vue de Saint Jean l'Apôtre dit aussi "l'évangéliste". Il s'agit de la porte latérale droite du dais, côté intérieur; représentation inspirée du modèle du Pérugin (1502-1512 environ) qui se trouve au musée des Augustins de Toulouse. L'iconographie d'avant le concile de Trente, s'inspire ici comme dans les autres panneaux, de la "Légende Dorée" (1261-1266) de Jacques de Voragine (1228-1298). L'aigle fait référence à l'Apocalypse qui apparente Jean à un aigle, d'où le nom "aigle de Patmos" utilisé pour Jean (Patmos est une île où l'apôtre Jean est exilé par l'Empereur Domicien (1ier siècle de notre ère). La coupe illustre le poison qui lui aurait été donné à Ephèse et qui n'aura aucun effet sur lui. Le dragon bicéphale surplombant la coupe représente le mal, satan...mais aussi le dragon guérisseur. Jean est représenté sous les traits d'un beau jeune homme plutôt androgyne (il est souvent le seul apôtre sans barbe dans la statuaire religieuse et considéré comme le préféré du Christ). Frère de Jacques, dit "Le Majeur", il serait selon la tradition chrétienne, l'auteur de l'Evangile de Jean, un des évangiles synoptiques (avec Marc, Mathieu et Luc),ainsi que de l'Apocalypse rédigé à Patmos, mais ce fait est contesté par la plupart des Historiens.

vendredi 2 février 2018

Poème

Carpe diem quam minimum credula postero
(Cueille le jour sans te fier le moins du monde au lendemain)
(Ode 11, livre premier d'Horace)
Au hasard des vieux chemins
Où parfois tu m'accompagnes
Sous les brumes du matin
La colline devient montagne
Je ne suis jamais certain
Des images du quotidien

J'écris, parfois tu me lis
Et parfois tu me réponds
A ces jeux de mots d'esprit
Entre folie et raison
Se succèdent dans nos vies
Les passions et les oublis
Vallée  du Blavet vue de Rosquelfen: janvier 2018

Tu sais très bien que j'aspire
A la fête du vivant
Le temps n'est pas aux soupirs
Qui se perdent aux quatre vents
J'aime nous entendre rire
Au partage des plaisirs

La vie demeure au présent
Qui sait encore m'étonner
Dans un éternel printemps
J'entends bien les sons légers
Les mots portés par le vent
Le murmure des sentiments

Demain est un inconnu
Qui garde bien ses secrets
A présent je ne sais plus
Rien d'un futur si discret
Corps et âmes, c'est entendu
Ne seront jamais perdus

Laissons les plumes au plumier
Pour un autre face-à-face
Et les fleurets mouchetés
Aux reliques du temps qui passe
Laissons-nous réinventer
De nouvelles félicités!

mercredi 24 janvier 2018

Patrimoine de Bon Repos sur Blavet, Côtes d'Armor

Chapelle de Rosquelfen en Laniscat: Bon Repos sur Blavet  (22570)

Un article de presse paru dans l'édition Ouest France du 21 janvier dernier sur la commune nouvelle  de Bon Repos sur Blavet (Laniscat-Perret-Saint Gelven) fait état des travaux importants réalisés sur la chapelle et insiste sur le rôle moteur de l'association des "Amis de la chapelle de Rosquelfen" pour la recherche et la récolte de dons mais aussi pour la participation active aux travaux de restauration (comme la découverture de la nef, l'enlèvement du berceau intérieur de la voûte, la réalisation de l'enduit intérieur de la nef etc..). L'article mentionne l'appel du Président des "Amis de la chapelle de Rosquelfen" aux générations plus jeunes qui devront prendre le relai. Il mentionne l'adresse de ce blog qui permet de suivre les travaux de restauration réalisés depuis la création de l'association et les différentes actions menées par l'association. Pour avoir ces informations, il suffit de taper sur la rubrique "patrimoine" qui figure dans la liste présente sous la photo d'entrée du blog (l'allée couverte la plus ancienne du Liscuis). En effet, la survie de monuments comme la chapelle de Rosquelfen dépend de la place qu'ils occcupent dans la société. Leur rôle fédérateur d'initiatives pour les ouvrir, les faire connaître est la meilleure garantie de les conserver. La chapelle  est un monument destiné à la pratique du culte catholique depuis ses origines et le reste bien entendu aujourd'hui, notamment par le pardon annuel chaque premier dimanche de juillet. Mais le monument a aussi un rôle culturel et historique qui s'est traduit par des conférences, expositions, concerts dans le respect de la vocation première de l'édifice et il faudra poursuivre dans cette voie. Dans le domaine culturel, de nombreuses possibilités sont offertes par la chapelle comme ce travail sur le mobilier intérieur qui demande des travaux sur l'Histoire, la sculpture, la peinture, l'iconographie religieuse, l'évolution des techniques architecturales et d'ornementation à travers les époques, une manière d'enrichir son expérience et ses connaissances, et réaliser une oeuvre collective.
Un exemple concret actuellement en cours de réalisation: la frise basse interne du dais-retable. Cette frise est sculptée à la main dans une pièce de chêne qui trouve sa place dans la partie centrale du dais (derrière la statue de ND de Bon Secours).
Remarque: le "déroulé" de la frise part du centre vers l'extérieur de part et d'autre du dais en position ouverte ( voir les articles de la rubrique "patrimoine".)



Sur la deuxième vue, on observe la préparation du bois après sculpture. La couche d'apprêt permet d'uniformiser le fond avant la pose des pigments colorés. Ce produit remplace dans la restauration du mobilier ancien (et même très ancien!) la colle en peau de lapin et le blanc de Meudon, deux produits bien connus des restaurateurs de statues anciennes.




Troisième étape, la dorure qui lorsqu'on est riche se fait à la feuille d'or et la pose de cet or demande un tour de main et donc une grande expérience. Dans cet exemple, il s'agit d'une peinture dorée enrichie utilisée par les antiquaires.






Phase finale: frise centrale sculptée dans du chêne de pays (bien sec) avec sa coloration finale. La pigmentation sera reprise et affinée lors de la mise en place finale de tous les éléments du dais-retable. Le tout sera ensuite protégé par  une couche de cire blanche qui ne modifie pas les couleurs et protège celles-ci en même temps que le bois. L'enduit à la cire est donc la phase terminale de ce travail pour un rendu qui je l'espère sera visible avant la fin de l'année.

NB: cliquer sur les vues pour les agrandir

vendredi 19 janvier 2018

mardi 16 janvier 2018

Méditation philosophique

Le bonheur

Il y a très exactement un an, une amie très proche me demandait ce qu'était pour moi le bonheur. Je lui donnais alors ma conception  fondée sur les quatre "piliers" qui me semblaient la base de cet "état d'être": la volonté, la passion, la raison et l'imagination, et de lui citer Félicien Marceau: "Le bonheur c'est savoir ce que l'on veut et le vouloir passionnément", puis Kant dans les "Fondements de la métaphysique des moeurs" où: le bonheur est un idéal de l'imagination et non de la raison, mais les deux sont indispensables pour y accéder. A ces quatre "piliers" de base, j'aurais pu ajouter l'amour à la Spinoza (et non à celui de  Platon) évoqué par Comte Sponville dans sa conférence de l'année 2000, intitulée "Le bonheur désespérément". Chez Spinoza, on peut dire: savoir que tu existes me rend heureux, et toi, mon amie, tu fais partie des gens dont le simple fait de savoir qu'ils existent me rend heureux. Cette déclaration sans demande et réciproque n'est pas dite à ce moment précis mais elle sous-tend notre relation de très longue date.Elle me dit alors, "ce que j'aimerais le plus aujourd'hui, c'est d'avoir encore quelques années à vivre". Par cette déclaration elle révélait la conscience aigüe de son état et la volonté de vivre si forte! je pensais  aux paroles d'Amin Maalouf dans Le rocher de Tanios: "Tous les bonheurs sont passagers; qu'ils durent une semaine ou trente ans, on pleure les mêmes larmes quand arrive le dernier jour, et l'on se damnerait pour avoir droit au lendemain".
Nous avons poursuivi cet échange par la Lettre à ménécée d'Epicure qui semblait l'apaiser. Nous avons relu la maxime 27: "Parmi tout ce que procure la sagesse en vue de passer une vie entière dans la félicité, le bien de loin le plus précieux c'est d'avoir des amis".La maxime 28 est également discutée; Epicure indique que le raisonnement doit s'appuyer sur les sensations puisqu'elles constituent le premier critère de vérité. Etant évidentes, elles ne requièrent aucune preuve et leur nature irrationnelle les préserve de tout jugement rationnel venant statuer après coup sur leur vérité ou leur fausseté. Cette théorie de la connaissance est aux antipodes de celle de Platon dans le Théétète. La théorie épicurienne de la perception est esquissée dans la "Lettre à Hérodote". Epicure se fonde sur les thèses présocratiques héritées d'Empédocle, d'Anaxagore et de Démocrite pour affirmer que les sensations sont conformes à la réalité naturelle parce qu'elles sont elles-mêmes une partie du réel. Le 6 janvier 2018, je refaisais avec quelques amis proches la dernière marche que nous avons faite tous les deux dans les dunes du Conquet, près de Brest et elle était avec nous.





6 janvier 2018 sur les dunes au nord du Conquet et entre deux coups de vent. Ouessant au large est sous la pluie, il est 17h et un dernier rayon de soleil éclaire cette côte bretonne face au large.

mardi 9 janvier 2018

Trésor Osisme de Laniscat en Côtes d'Armor

Que savons nous aujourd'hui du trésor monétaire découvert en 2007 près de Rosquelfen en Laniscat (22570)?
Quatre articles sur ce sujet ont été rédigés sur ce blog: les 23/07/2011, 18/03/2012, 24/11/2012 et 1/02/2013 et nous attendons toujours une étude exhaustive sur le sujet.
Alors que pouvons nous dire de plus après une dizaine d'années de conférences, confidences, expositions et interventions diverses des agents de l'INRAP et de la DRAC de Bretagne?
Statère Osisme au cavalier armé:photo INRAP
Tout d'abord, sur les 547 pièces qui constituent le dépôt monétaire du trésor de Rosquelfen, seulement 526 sont réellement exploitables, c'est-à-dire 96%, ce qui est un bon score, vu le temps d'enfouissement du trésor (du milieu du premier siècle avant notre ère).Nous savons également que le poids moyen d'une pièce est supérieur à 6g et varie de 4 à presque 8g. On sait aussi que le titre d'or est faible et correspond bien à l'époque finale de la Tène, le temps des gaulois. La teneur moyenne en or est de 19% environ (de très rares exemplaires dépassent les 26% d'or). L'argent contenu varie de 7 à 35% et le cuivre qui est le principal élément de l'alliage métallurgique varie de 42 à 75% ce qui classe ces pièces en numismatique dans le "bas or rouge" (et non l'électrum). Ensuite les expositions diverses de ce trésor permettent de savoir que les statères (au nombre de 57 ou 58 selon les notes sur le sujet) font un diamètre de 22mm alors que les "1/4 de statères" (489 ou 490) ne font que 13,5mm. Enfin, les archéologues ont étudié les pièces qu'ils ont classées en 8 grands groupes en fonction des illustrations. A propos de celles-ci, les archéologues font remarquer que pour un "flan" de 22mm de diamètre, les coins utilisés pour la frappe ne font que 16mm, ce qui constitue une anomalie dans la frappe de ces monnaies.
Monnaie Osisme: Coins of the Osismï-pays de Léon: wikipedia.org
Ainsi la série au cavalier armé (photo) correspond aux statères qui font  entre 10 et 11% du trésor. Parmi elles se trouvent des exemplaires comparables à ceux découverts à Jersey. Cette série au cavalier armé a été mise à jour pour la première fois lors de la découverte de Carantec. Il existe donc aujourd'hui trois endroits où ont été découvertes ces pièces de monnaie. Selon Colbert de Beaulieu, l'émission de telles pièces est proche de la phase terminale de l'époque gauloise non seulement en raison du titre très faible de l'or mais aussi de la présence du cheval non androcéphale sur ces pièces. Pour les 7 autres groupes, l'étude est toujours attendue mais sommairement on peut parler d'une série au taureau-enseigne, une série à l'oiseau rapace sur le cheval, une série au personnage allongé ailé, une série à la roue, une au sanglier-enseigne, une à la main sur le cheval et à propos de la roue, on sait que ce type de pièce a également été trouvé à Jersey(Catillon) mais aussi à Ouessant (Mez Notariou).
Sources: INRAP Bretagne, fr.wikipedia.org, trazhatevenn.blogspot.fr