Libellés

vendredi 22 février 2013

Patrimoine,chronologie historique

Chronologie et histoire de la chapelle de Rosquelfen

En 2012, les travaux de l'architecte du patrimoine, Léo Goas Straaijer ont permis de se faire une idée plus précise de la chronologie de construction de cet édifice religieux. En plus sombre et traits pleins (encre de chine sur papier), la représentation de la construction la plus ancienne, du XIVe siècle: un bâtiment rectangulaire entre le clocher actuel et la position du jubé près de l'ouverture sud à droite de la porte sud. Cette déduction découle de l'étude de la charpente, des sablières et des murs, mais également de la datation de pièces de bois de l'ancienne charpente par dendrochronologie. En pointillés, l'implantation du bâtiment actuel.
Cette seconde gravure représente l'évolution du bâtiment à la fin du XVe siècle. Entre 1500 et 1510, le transept sud ou chapelle avec son autel est rajouté. La fourchette de temps remarquablement étroite est liée à l'étude des pièces de bois qui constituent la charpente; les assemblages, biseaux et tailles spécifiques à cette période permettent aux experts du patrimoine d'affiner les dates. C'est sans doute après cette époque que le bâtiment peut se prévaloir de titre d'église, église tréviale (Rosquelfen est une Trève de Laniscat) disposant d'une chapelle interne (transept sud).

Au début du XVIe siècle, un porche est ajouté devant l'entrée principale sud et la façade sud prend son aspect actuel sans la sacristie qui ne sera rajoutée qu'au début du XIXe siècle, le clocher sera construit en 1668. Une partie de l'ornementation de l'entrée du pignon ouest va se retrouver alors dans l'entrée du clocher restauré en 2012.
Le bâtiment actuel est visible dans les messages antérieurs sur la chapelle dans les archives 2011 et 2012 du blog. Programme de restauration 2013:  redressement et consolidation du mur nord de la nef qui présente une inclinaison vers le nord.

samedi 16 février 2013

Patrimoine de danses

Concours et journée Koste-'r-c'hoed du 2 mars

 Pour les  internautes intéressés par le patrimoine immatériel et plus spécifiquement le kost-ar-c'hoat (koste 'r c'hoed en vannetais), voici venu comme chaque année le temps fort de la danse. Celui-ci se déroule à Silfiac (56) le samedi 2 mars 2013 à partir de 14h pour ceux qui veulent s'initier ou se perfectionner dans l'exécution de cette magnifique gavotte, au tempo et au pas si caractéristiques avec les croisés et croisés-emboités. La journée se poursuit à 17h avec le fest-deiz, suivi par un  fest-noz à 21h au cours duquel se déroulera le concours. Il y a possibilité de restauration sur place pour ceux qui le veulent. Cette animation se déroule dans le bourg et à la salle des fêtes de Silfiac. Venez nombreux! Photo: concours individuel adultes à Silfiac . PS: j'ai regardé par curiosité les sites qui parlent de kost-ar-c'hoat; vous pouvez tous les éviter, il n'y en a pas un sérieux. La référence la plus sûre de cette danse reste la filmographie et la thèse de Jean Michel Guilcher, filmographie conservée à la cinémathèque de Bretagne à Brest. J'ajouterais la fiche technique de 1973 rédigée par Le Bozec de la Commission Danses de Kendalc'h auquel j'ai participé en reprenant le fil conducteur de J M Guilcher dans le terroir (comme Jean Ogé des Forges de Perret).

samedi 9 février 2013

Poème

La voix de l'Oracle

Aux crêtes rocailleuses flagellées par le vent
Une voix mystérieuse prolonge les échos
Disperse sur la lande les brassées de ses mots
Amour, désirs, plaisirs, au banquet des vivants

Laissez les vieilles morales et leurs imprécations
Lance le sage oracle aux marcheurs du chemin
Vivre n'est pas un mal, mais mal vivre en est un
L'enthousiasme est moteur de la jubilation!

La matière tyrannique soumet tout le réel
S'il faut être à demain pour rêver d'idéal
Le pire est justifié par un présent banal
Et le temps n'attend pas nos actes de mortels!



Puis-je prendre mes désirs pour ce qui est réel?
Demandais-je à la voix autant qu'à ma raison
Etre ou bien n'être pas, voilà bien la question
Vis donc dès aujourd'hui au présent éternel!

mardi 5 février 2013

peinture et poème

Aux chemins creux l'hiver 


Ma terre sombre, mes landes grises
Aux chemins creux de l'ancien temps
Mon cher espace tout ruisselant
Mater exquise!

Troublé par le cri des corbeaux
Je vais gravissant tes collines
Dans la vallée perclue de ruines
Chante un ruisseau.

Mais bientôt mars où meurt l'hiver
Des ciels obscurs et de silence
Déjà les fleurs de mon enfance
Embaument l'air.



(acrylique sur toile: 40x30cm)

Le chant de l'eau ou des lutins
Berce le val sous les grands chênes
Une voix, un parfum m'enchaînent
Rêves divins.

Les mots au présent merveilleux
Racontent encore tout ce que j'aime
Viennent teinter dans ce poème
Le ciel en bleu.





vendredi 1 février 2013

Recherches archéologiques

Découvertes archéologiques et Trésor de Laniscat

Au moment des travaux de contournement de Gouarec (22) et sur Rosquelfen en Laniscat, les équipes de l'INRAP mettent à jour les vestiges d'un important établissement agricole de stockage de production meunière et d'élevage datant du troisième siècle avant notre ère et qui va durer jusque la fin de la Tène, c'est-à-dire le début de l'occupation romaine (découverte de 2007).

Sur cette vue de l'INRAP, on découvre un enclos composé d'un fossé doublé par un talus. Il encadre une superficie de 7500 m2 et présente six entrées fermées par un porche. Dans cet enclos sera découverte une zone palissadée pour animaux domestiques. Dès la conquête romaine (environ 50 avant JC) l'enclos est modifié et fortement réduit. Il ne couvre alors qu'une surface de 1850 m2 comme le montre la photo aérienne des fouilles. Le site sera abandonné au cours du premier siècle de notre ère.
 Dans cette période troublée qui précède l'invasion romaine, le trésor est enfoui dans l'enclos gaulois. C'est grâce à la protection de ce talus que les 547 pièces (57 statères et 480  1/4 de statères) frappées par le pouvoir Osisme parviennent jusqu'à nous plus de vingt siècles plus tard. Sur ces statères photographiés (INRAP), les avers ou "droits" sont légèrement bombés et présentent une tête humaine nue, chevelue, barbue ou non. Les revers, légèrement concaves présentent tous un cavalier tenant bouclier et lance avec présence ou non d'un sanglier enseigne, motif triangulaire...
En observant ces statères, il est facile de voir que le coin mobile utilisé pour la frappe a un diamètre inférieur à celui des pièces: environ 16mm pour des pièces >20mm. L'aspect des statères montre également que le mélange métallurgique utilisé (cuivre, argent et or) est relativement cassant et donc très riche en cuivre (>à 50%). Ces remarques sont le signe  de la fin de l'indépendance et de la disparition imminente du pouvoir Osisme et de la culture qu'il représente.

lundi 28 janvier 2013

Sculpture




Côté d'un meuble bibliothèque composé de panneaux de châtaignier. Ce bois correspond au réemploi d'un ancien banc d'église non utilisable.
Les motifs sont directement inspirés des coffres à lin du Léon, datant du XVIe siècle.
L'ornementation des meubles à lin de cette époque était encore visible ces dernières années chez un antiquaire de la ville de Morlaix.

mardi 22 janvier 2013

géologie-minéralogie

Les macles des Salles

Nous avons parlé dans un message précédent de ces curieuses macles contenues dans les schistes des rives de l'étang des Salles en Sainte Brigitte (56). Il s'agit d'andalousite et non de staurotide comme indiqué par erreur dans "Patrimoine de Cléguérec" sur InfoBretagne.
Sur cette vue, on observe une andalousite en section dans sa matrice de schiste. Elle contient des inclusions charbonneuses que l'on distingue au centre du losange clair qui représente l'andalousite sur sa tranche. Les inclusions  lui ont donné le nom de macle qui ne signifie pas ici deux prismes emboités mais un prisme taché (de macula), d'où le nom de macle. L'andalousite appartient au système cristallin orthorhombique; c'est un silicate de métamorphisme alumineux (Al2SiO5). On voit bien dans cette section naturelle d'andalousite, la forme qui aurait inspiré la fameuse macle de Rohan (L.Chauris)

La staurotide, de son vrai nom staurolite est un minéral beaucoup plus complexe que l'andalousite et qui peut atteindre des tailles imposantes (plusieurs centimètres de largeur et de longueur). Il appartient au système monoclinique  et on peut y trouver une bonne dizaine de composants chimiques (Al, Si, O, Fe, Mg, Zn, Co, Mn, Cr, Ti...) Sur cette vue, on observe une véritable macle par imbrication à 90° de deux prismes, ce qui donne la célèbre "croisette de Bretagne" que l'on trouve surtout à Coray (29)  ou au Grand Fougeray (limite départements 35 et 44).Pour développer de grands cristaux, la matrice de ces minéraux doit être relativement friable comme à Coray où on les trouve dans du micaschiste, rien à voir avec les schistes indurés des Salles.

jeudi 17 janvier 2013

Peinture

Pour abonder le sujet précédent, une vue de Gouarec à partir du Rocher du Marquis au début de l'automne.
 La perspective amplifiée par la vision d'une hauteur (le Rocher du Marquis domine Gouarec d'une cinquantaine de mètres) accentue l'effet de relief des différentes collines en regardant  vers le Miniou à l'horizon ( le Miniou est une colline surplombant Rostrenen).

Huile sur bois.

mardi 15 janvier 2013

histoire

Le Rocher du Marquis

Cet endroit remarquable est situé à l'entrée de la vallée de Bon Repos, à la sortie de Gouarec  et sur Rosquelfen, petit village de la commune de Laniscat dans les Côtes d'Armor. Surplombant Gouarec de quelques dizaines de mètres, le Rocher du Marquis possède une fontaine et un lavoir encore utilisé dans les années 80 par les habitants du lieu. Endroit stratégique et observatoire exceptionnel de la vallée, ce piton rocheux en schiste ardoisier a probablement joué un rôle important dans la défense de Gouarec au cours du haut moyen-age et constitué un site sacré pour les Celtes par la présence de la source.
Cette vue laisse deviner le halage qui longe le Blavet canalisé, entrée de la vallée du Blavet dite de Bon Repos, allusion à l'abbaye du même nom située à environ deux kilomètres en aval.
Comme il n'existe pas de marquisat dans cet endroit, le nom du Rocher viendrait sans doute d'une traduction phonétique du breton (marc'h kouezed ou kouehet, donnant kouiz puis phonétiquement "marquis") ce qui signifie "le cheval tombé".La mémoire populaire rapporte qu'un cheval emballé se serait précipité dans le vide, d'où l'appellation du Rocher.

Cette seconde vue prise à Malansac (56) restitue une scène de chasse du paléolithique au cours de laquelle les chasseurs poussent des animaux dans le vide, ce qui illustre l'importance de ces endroits escarpés pour la chasse au gros gibier. De ce point de vue, le Rocher du Marquis présente la morphologie idéale pour servir de piège de ce type comme on en voit un peu partout dans l'hexagone, dans le Massif Central en particulier. Ainsi le "cheval tombé" pourrait bien également exprimer l'importance du lieu dès la préhistoire et donc venir de beaucoup plus loin qu'on ne le pense.

samedi 12 janvier 2013

poème

Biologique passion

Beau désir délirant
Désir fou, excitant
Dopamine éblouie
Sérotonine aussi
Mon regard captivé
Coeur ouvert et brisé
Lulibérine coule
En larmes qui me saoulent
Fol hypothalamus
Mon destin ne tient plus
Qu'au bouquet enflammé
Des hormones libérées
Les amines cérébrales
Eclairent la cathédrale
D'un cerveau tant câblé
Où logique disgraciée
Cherche en vain l'équilibre
Le vrai sens du mot libre.

jeudi 10 janvier 2013

poème

Le korrigan

Le Bonnet Rouge en son landier            
Garde l'ardoise des gorges vives
Les korrigans la nuit s'activent
Dans les fougères en rouge herbier

Sous le ciel bas d'un soir d'hiver
Un korrigan m'avait souri
De son manteau était sortie
Une cristalline et belle sphère

Avec son air bien malicieux
Ce messager me regardait
Tenant la sphère comme un jouet
Dans le silence de ce lieu

La sphère est un moment fugace
Qui s'offre à nous sans préavis
L'instant de bonheur s'évanouit
Comme le jour se lève et passe.

dimanche 6 janvier 2013

peinture

Forêt de Quénécan

Etang du Fourneau vu du Saut du chevreuil.
Le "Saut du chevreuil" est un escarpement rocheux en dalles de schiste qui surplombe le ruisseau venant de l'étang des Salles et alimentant celui du Fourneau, en pleine forêt de Quénécan. Cette appellation viendrait d'une chasse au cours de laquelle un chevreuil poursuivi par une meute de chiens, piégé sur l'affleurement rocheux, se serait délibérément jeté dans le vide pour échapper à ses poursuivants.

Aquarelle et plume.

vendredi 4 janvier 2013

légende

Au coeur du pays koste 'r c'hoed

L'étang des Salles en Sainte Brigitte et ses rives boisées constituent le décor grandiose et romantique qui attire, fascine et inspire les artistes comme le célèbre Réon et sa grotte magique au moulin du Corbeau, à elle seule un concentré de mystère dans cet endroit magnifique. De cette grotte, il ne reste aujourd'hui que le souvenir des masques de terre cuite et des personnages inquiétants et sombres garnissant les murs, au coeur même de la forêt.

Les ruines du château des Salles ajoutent à la mélancolie du lieu une note de mystère supplémentaire. Les ardoises du sol révèlent sous les pas leurs étranges macles à inclusions charbonneuses en croix (andalousite) qui, au haut Moyen-Age n'ont pas manqué de frapper les imaginations. Ces macles, à l'origine des armes de Rohan, ont sans doute joué un rôle dans la première implantation humaine sur ce site. La demeure celte, puis romaine est devenue castel des Porhoët puis château des Rohan (dans lequel a été signé l'acte de fondation de l'abbaye de Bon Repos au XII e siècle).
Dans les ruines de ce château des Salles, deux grosses tours sont encore visibles dont celle proche de l'étang a son histoire curieuse. La veille de Noël, chaque année, une étrange lumière apparait au sommet de cette tour au moment où les douze coups de minuit sonnent au clocher de Perret. Il se raconte dans le pays, qu'il y a déjà fort longtemps, des jeunes de Perret avaient voulu vérifier ce phénomène en s'installant une nuit de Noël dans la tour avec l'intention d'élucider ce mystère. Mais au moment où les premiers coups sonnaient au clocher de Perret, une peur panique s'empara des jeunes gens qui s'enfuirent sans se retourner. On ne sut donc jamais le fin mot de l'histoire et depuis ce temps là, personne n'a tenté de renouveler l'expérience. Le mystère est donc toujours entier.

jeudi 3 janvier 2013

poème

Bonne année 2013 à tous les internautes

Dans la langue du pays, ces voeux peuvent se dire ainsi:

"Er bloaz nevez ma hetou déoc'h
Korv e yehed, kalon a peoc'h!"

ce qui peut se traduire de cette façon:

Pour l'an neuf prenez mes souhaits
Le corps sans maux, le coeur en paix!

Que souhaiter de plus?
Laissons venir à nous les plaisirs éphémères, c'est leur fugacité qui en fait leur valeur!
Faisons confiance à notre coeur et à notre instinct.
Rien n'est gravé dans le marbre et tout est donc possible
Alors pourquoi pas le meilleur pour l'an neuf?



lundi 17 décembre 2012

poème

Le chat noir

La fin d'automne efface vite
Les lumineux pigments pastels
Les couleurs aussi sont mortelles
Quand les mois noirs se précipitent

Sous un vieux porche, aux courants d'air
Je crois devenir transparent
Ainsi jeté dans le néant
Le noir et le gris désespèrent

Dans la nuit sombre, lumière morte
Toute couleur a disparu
Une ombre noire est apparue
Qui s'est assise devant ma porte

Deux émeraudes ont perforé
L'obscurité et son silence
Par ce regard au vert intense
Un feu interne s'est rallumé

Tous les automnes parlent de fin
Quand les couleurs ici trépassent
Alors dans les yeux du chat passe
Le feu des promesses de demain.