Archéologie expérimentale à Saint Ygeaux les 29 et 30 avril 2014
Ces deux journées organisées par l'association "les chemins de l'archéologie" de Plussulien, encadrées par un médiateur en archéologie expérimentale (Philippe Guillonet) auront donné un aperçu très concret de ce que les hommes du Néolithique pouvaient faire avec des outils en bois et pierre (la fameuse métadolérite de Quelfénec). Une vingtaine de personnes se sont ainsi familiarisées avec l'utilisation des haches et herminettes en attaquant la réalisation d'une pirogue de 5 à 6 mètres de longueur avec les méthodes et outils du Néolithique. Les deux premières photographies montrent le travail réalisé dans un tronc brut de peuplier, préalablement écorcé, au bout de deux journées de travail.
Sur la deuxième photo, on voit l'herminette en action. La lame de métadolérite est montée perpendiculairement à l'axe du manche. Il faut également noter au passage qu'il n'y a pas de lien entre la pièce de bois contenant la lame de pierre et le manche. L'outil est réalisé à partir d'un seul morceau de bois bien choisi: une branche qui constitue le manche est implantée naturellement entre 45° et 70° environ du tronc de l'arbre ce qui évite un emboîtement et une ligature plus fragile qu'un monobloc. La lame est posée sur un berceau façonné dans le bois et ligaturée par des boyaux de porc ou de mouton qui enserrent fortement la lame de pierre en séchant.
La photo suivante montre deux types d'emmanchements pour les haches: l'une avec bois de cerf qui permet d'amortir les vibrations liées aux chocs de la frappe et l'autre méthode en emboîtement dans le manche directement, construction plus facile mais plus fragile.
A côté de la construction d'une pirogue, des ateliers comme celui de réalisation du feu à partir de bois frotté et à l'aide d'un arc en côte de boeuf ont montré aux stagiaires les détails techniques à maîtriser pour obtenir du feu. Un atelier de fabrication de sifflets en terre, de perles également en terre et de pièces d'ornements polis a complété la formation
de ces journées très denses et très instructives.
Il était difficile de terminer ce stage d'initiation aux techniques et pratiques du Néolithique sans passer par la gastronomie! Une dégustation de poisson recouvert d'orties et cuit à la braise dans un recouvrement d'argile posé sur un morceau d'écorce de peuplier (celle de la pirogue) a permis aux participants d'apprécier un excellent merlu cuit à l'étouffée et sur un feu allumé comme il se doit par la méthode des hommes du Néolithique.
Libellés
- Dessins (82)
- Géo-archéologie (167)
- histoire (174)
- légendes (18)
- minéralogie (55)
- Patrimoine (393)
- Poèmes (284)
- sculptures (120)
jeudi 1 mai 2014
lundi 28 avril 2014
Sculpture
La décapitation de l'Ent
Le long et dernier hiver a jeté à terre quelques arbres, en particulier ceux dont les racines ne soutenaient plus le tronc pesant. Dans l'un de ces troncs renversés, apparait une tête de l'esprit de la forêt, l"Ent" que l'on trouve dans l'oeuvre de Tolkien (Le Seigneur des Anneaux).
Sculpture d'un mètre de hauteur environ photographiée en avril.
Réalisation début 2014 dans un tronc de résineux.
Le long et dernier hiver a jeté à terre quelques arbres, en particulier ceux dont les racines ne soutenaient plus le tronc pesant. Dans l'un de ces troncs renversés, apparait une tête de l'esprit de la forêt, l"Ent" que l'on trouve dans l'oeuvre de Tolkien (Le Seigneur des Anneaux).
Sculpture d'un mètre de hauteur environ photographiée en avril.
Réalisation début 2014 dans un tronc de résineux.
samedi 26 avril 2014
Poème
Confidences d'un arbre sur les crêtes de Caurel
A ma naissance j'ai découvert
Un incroyable sud en pente
Un horizon de bois et landes
Et un grand lac bordé de pierres
La verticale ne m'a rien dit
Trop subjugué par ce décor
Vers lequel j'ai penché très fort
Jusqu'à vraiment risquer ma vie!
Alors je me suis demandé
Comment le nord se présentait
Un vieux chemin jadis montait
Sur un amas de grands rochers
Une bien belle colline bleue
Plantée de hêtres et de grands houx
Au clair de lune un vieux hibou
Lançait sa plainte d'un arbre creux
Au sud un lac dans la vallée
Au nord les crêtes aux rochers bleus
Je tourne en rond, c'est merveilleux!
Vais-je grandir ou succomber?
J'ai dû quitter l'horizontale
La part de l'ombre pour la lumière
Et renouer dans la clairière
Avec la norme végétale!
A ma naissance j'ai découvert
Un incroyable sud en pente
Un horizon de bois et landes
Et un grand lac bordé de pierres
La verticale ne m'a rien dit
Trop subjugué par ce décor
Vers lequel j'ai penché très fort
Jusqu'à vraiment risquer ma vie!
Alors je me suis demandé
Comment le nord se présentait
Un vieux chemin jadis montait
Sur un amas de grands rochers
Une bien belle colline bleue
Plantée de hêtres et de grands houx
Au clair de lune un vieux hibou
Lançait sa plainte d'un arbre creux
Au sud un lac dans la vallée
Au nord les crêtes aux rochers bleus
Je tourne en rond, c'est merveilleux!
Vais-je grandir ou succomber?
J'ai dû quitter l'horizontale
La part de l'ombre pour la lumière
Et renouer dans la clairière
Avec la norme végétale!
jeudi 17 avril 2014
Patrimoine
Restauration de la chapelle de Rosquelfen en Laniscat (22570)
En 2014, les bénévoles de l'association des "Amis de la Chapelle de Rosquelfen" reprennent les pelles, truelles, brouettes et taloches pour garnir le mur nord de la nef. Les articles antérieurs sur la chapelle font état du relevage de ce mur par méthode hydraulique en fin 2013.
Le 17 avril, sous la responsabilité de l'architecte du Patrimoine, Monsieur Léo Goas Straaijer, les bénévoles ont réalisé un chantier d'enduit en terre argileuse et chanvre, selon une méthode ancienne, manuelle et avec de la terre argileuse locale provenant des fondations de l'édifice.
Les photos montrent le démarrage de l'application de l'enduit sur le mur brut préalablement nettoyé. La différence très nette de couleur visible à gauche sur la deuxième photo correspond à un essai avec une terre argileuse provenant de Gouarec (couvent des Augustines). Finalement, l'ensemble de la couche d'enduit sera réalisée avec la terre de Rosquelfen. Une deuxième couche sera posée après séchage puis une finition à la terre sans chanvre pour lisser et terminer le recouvrement. Ce travail des bénévoles contribue à l'avancée des travaux et permettra d'utiliser la chapelle pour le pardon du 6 juillet prochain en attendant la mise en chantier de la phase "charpente-toiture", le dernier et sans doute plus gros morceau restant à faire pour sauvegarder ce monument.
En 2014, les bénévoles de l'association des "Amis de la Chapelle de Rosquelfen" reprennent les pelles, truelles, brouettes et taloches pour garnir le mur nord de la nef. Les articles antérieurs sur la chapelle font état du relevage de ce mur par méthode hydraulique en fin 2013.
Le 17 avril, sous la responsabilité de l'architecte du Patrimoine, Monsieur Léo Goas Straaijer, les bénévoles ont réalisé un chantier d'enduit en terre argileuse et chanvre, selon une méthode ancienne, manuelle et avec de la terre argileuse locale provenant des fondations de l'édifice.
Les photos montrent le démarrage de l'application de l'enduit sur le mur brut préalablement nettoyé. La différence très nette de couleur visible à gauche sur la deuxième photo correspond à un essai avec une terre argileuse provenant de Gouarec (couvent des Augustines). Finalement, l'ensemble de la couche d'enduit sera réalisée avec la terre de Rosquelfen. Une deuxième couche sera posée après séchage puis une finition à la terre sans chanvre pour lisser et terminer le recouvrement. Ce travail des bénévoles contribue à l'avancée des travaux et permettra d'utiliser la chapelle pour le pardon du 6 juillet prochain en attendant la mise en chantier de la phase "charpente-toiture", le dernier et sans doute plus gros morceau restant à faire pour sauvegarder ce monument.
mardi 15 avril 2014
Archéologie
Allée couverte ornée du Néolithique de Bretagne Centrale, en schiste.
Un très bel exemple de sépulture collective à entrée latérale ayant conservé son tertre de recouvrement existe encore en Centre Bretagne dans une propriété privée qui limite son accessibilité au public.
Le tertre de forme ovale fait 22m de longueur pour 8m de largeur et a été arasé au niveau des dalles de recouvrement disparues à l'exception de trois d'entre elles (perte sans doute à l'occasion d'une fouille vers la fin XIXe siècle). Orientée nord-ouest, sud-est, l'allée fait 10m de long sur 1m de large environ. Le vestibule d'entrée est perpendiculaire à l'allée ou chambre funéraire et est adossé à la paroi sud-ouest.Il fait environ 2m50 de long et est constitué par 3 dalles ou orthostates se faisant vis-à-vis.L'accès à la chambre sépulcrale est composé de deux dalles jointives dans l'axe du vestibule et sont échancrées en vis-à-vis pour former une ouverture en "pseudo-hublot" ovale de 70cm de hauteur pour 40 de largeur. Une ouverture de ce type est encore visible sur l'allée couverte de "Coet Correc" au nord de Caurel (voir article paru le 17 octobre 2012 sur le blog).
L'intérieur de ce vestibule d'accès présente une particularité remarquable: les deux principales dalles du vestibule sont gravées. Deux cartouches exécutés par piquetage linéaire formant des courbes symétriques se situent de part et d'autre à l'intérieur de ce vestibule d'accès.Ce décor tout à fait exceptionnel en centre Bretagne n'est pas sans rappeler celui des tombes en équerre du littoral morbihannais (variantes de l'écusson caractéristique du style des "Pierres Plates" de Locmariaquer selon C.T. Le Roux).
Cartouche de la face nord-ouest. La partie basse du piquetage disparait sous le niveau du sol. Les courbes forment un mouvement symétrique (dit "en tables de la loi").
Cartouche de la dalle sud-est du vestibule d'accès. La dalle de schiste est en cours d'altération (par desquamation). Ce cartouche est en vis-à-vis de l'autre et de taille plus réduite.
Un décor de ce type avait déjà été signalé sur une allée couverte du pays de Gourin (Kergus). La côte morbihannaise n'a donc pas l'exclusivité de ces ornementations. Leur rareté justifie une étude détaillée ainsi que des mesures de protection. Leur présence très rare en centre Bretagne permet selon les archéologues d'établir un lien avec les populations de la côte morbihannaise entre le troisième millénaire et la fin du Néolithique (3000 à 2000 BC).
Sources: Charles-Tanguy Le Roux, Michel Le Goffic, Jen-Pierre Bardel, Olivier Kayser: "L'Art des mégalithes en schiste de Bretagne Centrale", Rev. Archéologique, 1996.
Un très bel exemple de sépulture collective à entrée latérale ayant conservé son tertre de recouvrement existe encore en Centre Bretagne dans une propriété privée qui limite son accessibilité au public.
Le tertre de forme ovale fait 22m de longueur pour 8m de largeur et a été arasé au niveau des dalles de recouvrement disparues à l'exception de trois d'entre elles (perte sans doute à l'occasion d'une fouille vers la fin XIXe siècle). Orientée nord-ouest, sud-est, l'allée fait 10m de long sur 1m de large environ. Le vestibule d'entrée est perpendiculaire à l'allée ou chambre funéraire et est adossé à la paroi sud-ouest.Il fait environ 2m50 de long et est constitué par 3 dalles ou orthostates se faisant vis-à-vis.L'accès à la chambre sépulcrale est composé de deux dalles jointives dans l'axe du vestibule et sont échancrées en vis-à-vis pour former une ouverture en "pseudo-hublot" ovale de 70cm de hauteur pour 40 de largeur. Une ouverture de ce type est encore visible sur l'allée couverte de "Coet Correc" au nord de Caurel (voir article paru le 17 octobre 2012 sur le blog).
L'intérieur de ce vestibule d'accès présente une particularité remarquable: les deux principales dalles du vestibule sont gravées. Deux cartouches exécutés par piquetage linéaire formant des courbes symétriques se situent de part et d'autre à l'intérieur de ce vestibule d'accès.Ce décor tout à fait exceptionnel en centre Bretagne n'est pas sans rappeler celui des tombes en équerre du littoral morbihannais (variantes de l'écusson caractéristique du style des "Pierres Plates" de Locmariaquer selon C.T. Le Roux).
Cartouche de la face nord-ouest. La partie basse du piquetage disparait sous le niveau du sol. Les courbes forment un mouvement symétrique (dit "en tables de la loi").
Cartouche de la dalle sud-est du vestibule d'accès. La dalle de schiste est en cours d'altération (par desquamation). Ce cartouche est en vis-à-vis de l'autre et de taille plus réduite.
Un décor de ce type avait déjà été signalé sur une allée couverte du pays de Gourin (Kergus). La côte morbihannaise n'a donc pas l'exclusivité de ces ornementations. Leur rareté justifie une étude détaillée ainsi que des mesures de protection. Leur présence très rare en centre Bretagne permet selon les archéologues d'établir un lien avec les populations de la côte morbihannaise entre le troisième millénaire et la fin du Néolithique (3000 à 2000 BC).
Sources: Charles-Tanguy Le Roux, Michel Le Goffic, Jen-Pierre Bardel, Olivier Kayser: "L'Art des mégalithes en schiste de Bretagne Centrale", Rev. Archéologique, 1996.
lundi 7 avril 2014
Peinture et poème
Trois siècles après une partie inachevée (peinture de Reon)
Chemins, destins se croisent ici
Depuis longtemps
Depuis trois siècles, le temps raconte
L'histoire dans l'ombre où s'affrontent
Un prince noir, l'elfe masquée
Captifs de ce grand échiquier
Damier géant
Trois siècles que coulent les fontaines
Dans les sous-bois la mousse pleure
Un ciel de traine
Des coups de coeur
A l'horizon, le crépuscule
Attise encore les derniers feux
L'oiseau de nuit passe et ulule
Sur le grand lac aux reflets bleus
Les proues elfiques des barques d'or
Attendent avec sérénité
Qu'un lumineux et bel aurore
Revitalise l'échiquier
Achève enfin l'envoûtement
L'embarquement
Le tout dernier
Pour l'infini
Illustration: "Trois siècles après une partie inachevée", huile sur toile de Réon (la Légende d'Argondia au moulin du Corbeau, Grotte Magique dans les années 1970, près du grand étang des Salles, forêt de Quénécan en Sainte Brigitte et aujourd'hui disparue).
Chemins, destins se croisent ici
Depuis longtemps
Depuis trois siècles, le temps raconte
L'histoire dans l'ombre où s'affrontent
Un prince noir, l'elfe masquée
Captifs de ce grand échiquier
Damier géant
Trois siècles que coulent les fontaines
Dans les sous-bois la mousse pleure
Un ciel de traine
Des coups de coeur
A l'horizon, le crépuscule
Attise encore les derniers feux
L'oiseau de nuit passe et ulule
Sur le grand lac aux reflets bleus
Les proues elfiques des barques d'or
Attendent avec sérénité
Qu'un lumineux et bel aurore
Revitalise l'échiquier
Achève enfin l'envoûtement
L'embarquement
Le tout dernier
Pour l'infini
Illustration: "Trois siècles après une partie inachevée", huile sur toile de Réon (la Légende d'Argondia au moulin du Corbeau, Grotte Magique dans les années 1970, près du grand étang des Salles, forêt de Quénécan en Sainte Brigitte et aujourd'hui disparue).
vendredi 21 mars 2014
Poème
Le miroir
Qu'attends-tu en réponse de ce triste miroir?
Il ne connaît qu'un temps à jamais envolé
Dans tes yeux passe et meurt un impossible espoir:
Enfin pouvoir du temps, briser le sablier.
Va, cours, vole et respire, viens cueillir l'ambroisie,
Chevauche l'hippogriffe dans un nouveau présent
Jette au loin le miroir à surface ternie
Et survole le grand lac qui frise sous le vent.
Sur les roches dressées qui veillent à Guerledan
Vont bientôt s'épanouir les couleurs dernières
Ton coeur à l'unisson de la riche lumière
Danse avec le soleil aux rayons déclinants
S'évanouissent alors toutes les impatiences
Le temps n'a plus de prise, tu échappes à Circé
Dans le miroir du lac, se mirent en majesté
Diane, Vénus et Cybèle aux portes du silence.
Le soir impose alors son tempo ralenti.
Sur les eaux du grand lac où s'effacent les ombres
Les rives rocailleuses et les grands arbres sombres
Forment l'écrin terrestre d'un ultime paradis.
Photo: lac de Guerlédan vu depuis la rive nord (Caurel) par Richard Nourry ("Le canal de Nantes à Brest" éd. Ouest France 2007)
Qu'attends-tu en réponse de ce triste miroir?
Il ne connaît qu'un temps à jamais envolé
Dans tes yeux passe et meurt un impossible espoir:
Enfin pouvoir du temps, briser le sablier.
Va, cours, vole et respire, viens cueillir l'ambroisie,
Chevauche l'hippogriffe dans un nouveau présent
Jette au loin le miroir à surface ternie
Et survole le grand lac qui frise sous le vent.
Sur les roches dressées qui veillent à Guerledan
Vont bientôt s'épanouir les couleurs dernières
Ton coeur à l'unisson de la riche lumière
Danse avec le soleil aux rayons déclinants
S'évanouissent alors toutes les impatiences
Le temps n'a plus de prise, tu échappes à Circé
Dans le miroir du lac, se mirent en majesté
Diane, Vénus et Cybèle aux portes du silence.
Le soir impose alors son tempo ralenti.
Sur les eaux du grand lac où s'effacent les ombres
Les rives rocailleuses et les grands arbres sombres
Forment l'écrin terrestre d'un ultime paradis.
Photo: lac de Guerlédan vu depuis la rive nord (Caurel) par Richard Nourry ("Le canal de Nantes à Brest" éd. Ouest France 2007)
jeudi 20 mars 2014
Patrimoine
Patrimoine vestimentaire du centre Bretagne
Technique de peinture sur velours utilisée surtout en pays Fisel, Montagne, Pourleth et jusque la côte (Lorient, Hennebont). Utilisée en substitution de la broderie pour des raisons financières (le fil de soie est parfois difficile à trouver et très cher), cette technique est basée sur l'application d'une peinture à l'huile épaisse sur du velours à l'aide d'une pointe de bois. La photo montre un essai avant réalisation d'un tablier de costume: motif aux oeillets, tablier Fisel, 1972, réalisation et photo PJ 1997.
Différents motifs de fleurs sont utilisés pendant tout le siècle dernier. L'un des plus fréquents est celui aux iris. La longévité d'une telle ornementation dépend de la qualité du velours et de son entretien mais elle paraît rivaliser honorablement avec la broderie, du moins si l'on tient compte de la fréquence de ce type de costume féminin encore visible après la dernière guerre.
Technique de peinture sur velours utilisée surtout en pays Fisel, Montagne, Pourleth et jusque la côte (Lorient, Hennebont). Utilisée en substitution de la broderie pour des raisons financières (le fil de soie est parfois difficile à trouver et très cher), cette technique est basée sur l'application d'une peinture à l'huile épaisse sur du velours à l'aide d'une pointe de bois. La photo montre un essai avant réalisation d'un tablier de costume: motif aux oeillets, tablier Fisel, 1972, réalisation et photo PJ 1997.
Différents motifs de fleurs sont utilisés pendant tout le siècle dernier. L'un des plus fréquents est celui aux iris. La longévité d'une telle ornementation dépend de la qualité du velours et de son entretien mais elle paraît rivaliser honorablement avec la broderie, du moins si l'on tient compte de la fréquence de ce type de costume féminin encore visible après la dernière guerre.
lundi 10 mars 2014
Sculptures
Sculptures sur bois
Ornementation de meuble ancien, figure d'angle sur un vaisselier en châtaignier: tête de bélier.
Tiroir du vaisselier en châtaignier. Ornementation à motifs végétaux.
Partie basse en façade du même vaisselier cornouaillais mais en chêne cette fois. Motif aux sangliers face à face.
Ornementation de meuble ancien, figure d'angle sur un vaisselier en châtaignier: tête de bélier.
Tiroir du vaisselier en châtaignier. Ornementation à motifs végétaux.
Partie basse en façade du même vaisselier cornouaillais mais en chêne cette fois. Motif aux sangliers face à face.
mercredi 5 mars 2014
Poème
L'éveil
Est-ce vraiment l'âge de dormir?
Le temps bientôt sera fini
Quand s'éteindront les souvenirs
Dans les ténèbres de l'oubli.
Je ne dors pas, je vois encore
Au coeur des nuits l'ombre portée
De silhouettes en pourpre et or
Sur fond de lune révélées.
Ce qui m'émeut auquel je songe
Toujours ici m'a ramené,
Je n'ose dire ce qui me ronge
Je garde au secret mes pensées.
J'attends que surgisse de l'ombre
Et apparaisse le moment
Où la lumière dans la pénombre
Effacera d'anciens tourments.
Je vois dans le miroir du temps
Les belles années disparues,
Orphée, d'Eurydice très amant,
Son impatience hélas qui tue.
Les rochers pleurent même les arbres
tendent leurs branches dénudées
Vers la lumière qui toujours tarde
Et qui tremblote comme fumée.
Dans mon regard se réverbèrent
Les feux d'étoiles au firmament
Tous les rivages, le bleu des mers
Disparaîtront en m'endormant.
Je ne dors pas, j'ouvre ma porte
Et je m'éloigne dans l'infini,
Les peines et les joies que j'emporte
Viennent bercer mon insomnie.
Je ne dors pas la nuit je veille
Sur la colline aux rochers bleus,
Je sais encore tant de merveilles
Aux couleurs d'or des derniers feux. Photos: Landes du Liscuis en Rosquelfen: Laniscat (22)
Est-ce vraiment l'âge de dormir?
Le temps bientôt sera fini
Quand s'éteindront les souvenirs
Dans les ténèbres de l'oubli.
Je ne dors pas, je vois encore
Au coeur des nuits l'ombre portée
De silhouettes en pourpre et or
Sur fond de lune révélées.
Ce qui m'émeut auquel je songe
Toujours ici m'a ramené,
Je n'ose dire ce qui me ronge
Je garde au secret mes pensées.
J'attends que surgisse de l'ombre
Et apparaisse le moment
Où la lumière dans la pénombre
Effacera d'anciens tourments.
Je vois dans le miroir du temps
Les belles années disparues,
Orphée, d'Eurydice très amant,
Son impatience hélas qui tue.
Les rochers pleurent même les arbres
tendent leurs branches dénudées
Vers la lumière qui toujours tarde
Et qui tremblote comme fumée.
Dans mon regard se réverbèrent
Les feux d'étoiles au firmament
Tous les rivages, le bleu des mers
Disparaîtront en m'endormant.
Je ne dors pas, j'ouvre ma porte
Et je m'éloigne dans l'infini,
Les peines et les joies que j'emporte
Viennent bercer mon insomnie.
Je ne dors pas la nuit je veille
Sur la colline aux rochers bleus,
Je sais encore tant de merveilles
Aux couleurs d'or des derniers feux. Photos: Landes du Liscuis en Rosquelfen: Laniscat (22)
lundi 3 mars 2014
Minéralogie
La métadolérite de Quelfénec en Plussulien (22)
Au flanc d'une colline correspondant à la partie nord de l'anticlinal de St Mayeux-Laniscat, butte parfaitement visible dans le paysage lorsque l'on circule sur la route de Laniscat à Saint Mayeux, se détache en relief l'affleurement de métadolérite, une roche finement grenue dans laquelle les hommes du Néolithique ont réalisé des millions de haches entre environ 4000 et 2000 ans avant l'ère chrétienne.
La coupe géologique allant de Guerlédan au Haut-Corlay montre la position des diabases (dont la métadolérite) qui apparaissent à la faveur d'accidents tectoniques (failles) synchrones du plissement Hercynien, une construction polyphasée du relief de l'Armorique se déroulant au Carbonifère (et à partir de 360 Ma). A Quelfénec, il s'agirait selon les cartographes d'un sill en position de laccolite (qui est une injection de matière entre deux couches préexistantes avec déformations de la couche "plafond"). C'est l'érosion du relief qui fait apparaître en surface le gisement de métadolérite, plus résistant que les schistes environnants.
Les détails de la découverte de cet affleurement et de ce site archéologique par Charles Tanguy Le Roux en 1964 sont visibles au musée d'archéologie en mairie de Plussulien.
Qu'est-ce-que la métadolérite? Les pétrographes classent cette roche dans les diabases, roche plutonique grenue et issue de la transformation (métamorphisation) de la roche d'origine, une dolérite, roche sombre à dominante de Pyroxènes et plagioclases.
Cette hache en métadolérite de Quelfénec montre l'aspect finement grenu et régulier de cette roche dont les hommes du Néolithique avaient bien repéré les propriétés utiles: prise d'un bon poli et donc réalisation de tranchants efficaces mais aussi, capacité à durcir après extraction et traitement, bonne résistance aux chocs. Du point de vue minéralogique, la métadolérite est composée d'albite (un plagioclase)altérée, d'épidote, d'augite (un pyroxène) partiellement transformé en amphiboles fibreuses de la série actinolite-trémolite, de chlorite (minéral phylliteux, c'est-à-dire en feuillets, sorte de "mica"vert). On y trouve également un certain nombre de minéraux accessoirs comme l'ilménite (opaque à Fe, Ti), le sphène, le leucoxène (produit d'altération des minéraux titanés et donc de Ti). On y trouve également une faible quantité de quartz microcristallin qui entre dans les qualités de résistance à l'usure de la pierre.
Sur cette deuxième photo, la hache est vue de dessus et on distingue mieux sa patine et son grain fin.Cette partie minérale est en fait ce qui correspond à la lame, puisque celle-ci était parfois collée dans un bois de cerf, lui-même emmanché dans du bois (voir les outils du Néolithique au musée de Plussulien).Sources: BRGM Bretagne 2005 (E.Thomas et al,et coupe structurale carte 278 de Quintin; 1/50000).
Au flanc d'une colline correspondant à la partie nord de l'anticlinal de St Mayeux-Laniscat, butte parfaitement visible dans le paysage lorsque l'on circule sur la route de Laniscat à Saint Mayeux, se détache en relief l'affleurement de métadolérite, une roche finement grenue dans laquelle les hommes du Néolithique ont réalisé des millions de haches entre environ 4000 et 2000 ans avant l'ère chrétienne.
La coupe géologique allant de Guerlédan au Haut-Corlay montre la position des diabases (dont la métadolérite) qui apparaissent à la faveur d'accidents tectoniques (failles) synchrones du plissement Hercynien, une construction polyphasée du relief de l'Armorique se déroulant au Carbonifère (et à partir de 360 Ma). A Quelfénec, il s'agirait selon les cartographes d'un sill en position de laccolite (qui est une injection de matière entre deux couches préexistantes avec déformations de la couche "plafond"). C'est l'érosion du relief qui fait apparaître en surface le gisement de métadolérite, plus résistant que les schistes environnants.
Les détails de la découverte de cet affleurement et de ce site archéologique par Charles Tanguy Le Roux en 1964 sont visibles au musée d'archéologie en mairie de Plussulien.
Qu'est-ce-que la métadolérite? Les pétrographes classent cette roche dans les diabases, roche plutonique grenue et issue de la transformation (métamorphisation) de la roche d'origine, une dolérite, roche sombre à dominante de Pyroxènes et plagioclases.
Cette hache en métadolérite de Quelfénec montre l'aspect finement grenu et régulier de cette roche dont les hommes du Néolithique avaient bien repéré les propriétés utiles: prise d'un bon poli et donc réalisation de tranchants efficaces mais aussi, capacité à durcir après extraction et traitement, bonne résistance aux chocs. Du point de vue minéralogique, la métadolérite est composée d'albite (un plagioclase)altérée, d'épidote, d'augite (un pyroxène) partiellement transformé en amphiboles fibreuses de la série actinolite-trémolite, de chlorite (minéral phylliteux, c'est-à-dire en feuillets, sorte de "mica"vert). On y trouve également un certain nombre de minéraux accessoirs comme l'ilménite (opaque à Fe, Ti), le sphène, le leucoxène (produit d'altération des minéraux titanés et donc de Ti). On y trouve également une faible quantité de quartz microcristallin qui entre dans les qualités de résistance à l'usure de la pierre.
Sur cette deuxième photo, la hache est vue de dessus et on distingue mieux sa patine et son grain fin.Cette partie minérale est en fait ce qui correspond à la lame, puisque celle-ci était parfois collée dans un bois de cerf, lui-même emmanché dans du bois (voir les outils du Néolithique au musée de Plussulien).Sources: BRGM Bretagne 2005 (E.Thomas et al,et coupe structurale carte 278 de Quintin; 1/50000).
mercredi 26 février 2014
Patrimoine
Sous le lac de Guerlédan, le canal de Nantes à Brest
Au sud du département des Côtes d'Armor, le canal de Nantes à Brest est un élément important du développement touristique et économique du Centre Bretagne. Cet ouvrage pensé en 1746 par le Comte de Kersauzon, idée reprise par le Comte de Piré en 1782, mis en veille par la Révolution jusqu'en 1799 est démarré par le Consulat puis accéléré par Napoléon qui veut contrer le blocus anglais des ports de l'Empire. Ce canal fera 360 km en raccordant huit rivières en trois biefs dont celui de Glomel et sa célèbre "tranchée"des bagnards, perché à 184m d'altitude. Il comportera 236 écluses et aura nécessité le déplacement de 2.300.000 m3 de terre et roches (équivalent de la pyramide de Kheops) pour un montant de 46 millions de francs-or. Il est opérationnel sur toute sa longueur à partir du premier janvier 1842 (fin de raccordement en Côtes-du-Nord).
Ce magnifique ouvrage va être noyé sur plusieurs kilomètres par la construction du barrage de Guerlédan en 1923-24 dont l'usine hydroélectrique va fonctionner en 1929 (inauguration officielle le 12 octobre 1930).
En 1985, la vidange du lac pour travaux sur le barrage laisse, au fur et à mesure que les eaux descendent, resurgir un passé dont les anciens se souviennent encore très bien (avant la grande guerre, de nombreuses carrières d'ardoises y étaient exploitées). Sur la photo prise au cours de cette période de 1985, apparaissent les maisons éclusières dans un paysage au sol recouvert de sédiments boueux qui donnent son aspect lunaire et monochrome à l'endroit.
Une fois vidé, le lac laisse apparaître les vestiges d'anciennes écluses avec maisons, déversoirs, limites de propriétés et bois dont quelques grands arbres encore debout comme figés dans une posture hivernale devenue permanente. Le Blavet coule à nouveau dans les limites de son lit canalisé.
Ce spectacle exceptionnel va se renouveler en 2015 et permettra de comparer ces lieux 30 ans plus tard.
Sources: Kader Benferhat, Sandra Aubert "Le canal de Nantes à Brest; éditions Ouest France 2007
Au sud du département des Côtes d'Armor, le canal de Nantes à Brest est un élément important du développement touristique et économique du Centre Bretagne. Cet ouvrage pensé en 1746 par le Comte de Kersauzon, idée reprise par le Comte de Piré en 1782, mis en veille par la Révolution jusqu'en 1799 est démarré par le Consulat puis accéléré par Napoléon qui veut contrer le blocus anglais des ports de l'Empire. Ce canal fera 360 km en raccordant huit rivières en trois biefs dont celui de Glomel et sa célèbre "tranchée"des bagnards, perché à 184m d'altitude. Il comportera 236 écluses et aura nécessité le déplacement de 2.300.000 m3 de terre et roches (équivalent de la pyramide de Kheops) pour un montant de 46 millions de francs-or. Il est opérationnel sur toute sa longueur à partir du premier janvier 1842 (fin de raccordement en Côtes-du-Nord).
Ce magnifique ouvrage va être noyé sur plusieurs kilomètres par la construction du barrage de Guerlédan en 1923-24 dont l'usine hydroélectrique va fonctionner en 1929 (inauguration officielle le 12 octobre 1930).
En 1985, la vidange du lac pour travaux sur le barrage laisse, au fur et à mesure que les eaux descendent, resurgir un passé dont les anciens se souviennent encore très bien (avant la grande guerre, de nombreuses carrières d'ardoises y étaient exploitées). Sur la photo prise au cours de cette période de 1985, apparaissent les maisons éclusières dans un paysage au sol recouvert de sédiments boueux qui donnent son aspect lunaire et monochrome à l'endroit.
Une fois vidé, le lac laisse apparaître les vestiges d'anciennes écluses avec maisons, déversoirs, limites de propriétés et bois dont quelques grands arbres encore debout comme figés dans une posture hivernale devenue permanente. Le Blavet coule à nouveau dans les limites de son lit canalisé.
Ce spectacle exceptionnel va se renouveler en 2015 et permettra de comparer ces lieux 30 ans plus tard.
Sources: Kader Benferhat, Sandra Aubert "Le canal de Nantes à Brest; éditions Ouest France 2007
vendredi 21 février 2014
Poème
Réminiscence
Tempêtes encore drapées de pluies
Frappent la lande les maisons basses
Jour après jour l'hiver me lasse
Le temps qui passe n'est plus que nuit
Le gris des cendres masque la braise
Eteint l'éclat de ses couleurs
Dans les rochers le noir me pèse
Brise les rêves de jours meilleurs
Pourtant je sais au coeur des pierres
Des cathédrales et leurs vitraux
Aux couleurs vives de minéraux
Révélations de la lumière
Le souvenir aussi m'enchaîne
Aux douces heures ensoleillées
Bonheur fugace d'instants volés
Près d'une ruine sous les chênes
Où est la douceur de ces nuits
Des jours d'azur et de lumière
L'abri complice des clairières
Et du soleil enfin qui luit
C'est au printemps que tout commence
Et que s'animent les passions
Les coeurs alors sont des bourgeons
Poussés par cette renaissance
O muse étrange et romantique
Donne à la stance force et justesse
Fais que les chagrins disparaissent
Dans l'inconnu mélancolique
Viens rallumer ce nouveau feu
Ce beau vitrail sous mon regard
L'instant ne doit rien au hasard
Laissons la place aux rêves bleus.
Illustrations: péridotite vue au microscope en lumière polarisée transmise. Deuxième photo: phengites (variété de mica blanc) en lumière polarisée transmise. Troisième photo: sur un ancien chemin en forêt, entre Ste Barbe et St Fiacre au Faouët (56).
Tempêtes encore drapées de pluies
Frappent la lande les maisons basses
Jour après jour l'hiver me lasse
Le temps qui passe n'est plus que nuit
Le gris des cendres masque la braise
Eteint l'éclat de ses couleurs
Dans les rochers le noir me pèse
Brise les rêves de jours meilleurs
Pourtant je sais au coeur des pierres
Des cathédrales et leurs vitraux
Aux couleurs vives de minéraux
Révélations de la lumière
Le souvenir aussi m'enchaîne
Aux douces heures ensoleillées
Bonheur fugace d'instants volés
Près d'une ruine sous les chênes
Où est la douceur de ces nuits
Des jours d'azur et de lumière
L'abri complice des clairières
Et du soleil enfin qui luit
C'est au printemps que tout commence
Et que s'animent les passions
Les coeurs alors sont des bourgeons
Poussés par cette renaissance
O muse étrange et romantique
Donne à la stance force et justesse
Fais que les chagrins disparaissent
Dans l'inconnu mélancolique
Viens rallumer ce nouveau feu
Ce beau vitrail sous mon regard
L'instant ne doit rien au hasard
Laissons la place aux rêves bleus.
Illustrations: péridotite vue au microscope en lumière polarisée transmise. Deuxième photo: phengites (variété de mica blanc) en lumière polarisée transmise. Troisième photo: sur un ancien chemin en forêt, entre Ste Barbe et St Fiacre au Faouët (56).
dimanche 16 février 2014
Archéologie
Le grand cairn de Barnenez à Plouezoc'h (29)
Un article publié en novembre 2013 sur ce même blog, insistait sur l'importance des vestiges Néolithiques en Bretagne et particulièrement sur les côtes, comme à Locmariaquer, situé dans le Morbihan, à la sortie du Golfe. Aujourd'hui, poursuivant le tour des côtes bretonnes, c'est sur la côte nord et au nord de Morlaix que l'on découvre le plus grand mausolée d'Europe datant de cette période: le grand cairn de Barnenez, construit entre 4500 et 3900 avant l'ère chrétienne. Mesurant 75 mètres de longueur pour 28 de largeur, il est composé de deux monuments accolés: le plus ancien, en dolérite (pierre sombre) et le plus récent en granite. Le contraste de couleur permet de bien visualiser les deux parties du monument.
Sur cette photo, on distingue le cairn au premier plan et la Manche à l'horizon. Le monument en pierres sèches ne sera signalé comme tumulus qu'en 1850. Cent ans plus tard (1954) il est racheté par un entrepreneur pour servir de carrière et commence à être démonté. Il faudra une mobilisation de scientifiques en 1955 pour arrêter le massacre. Le nouveau ministre de la culture (ministère créé en 1959), André Malraux jouera un rôle dans cette sauvegarde. Le cairn primaire, le plus ancien contient cinq tombes collectives à couloir. Le cairn secondaire en granite contient six tombes. Il est deux fois plus important que le cairn primaire. La pente du terrain a obligé les bâtisseurs du Néolithique à maîtriser les poussées internes dans cette masse de pierres, masse qui devait compenser la déclivité naturelle du sol vers la baie de Morlaix.
Cette photo aérienne prise à la verticale du cairn et en été, montre bien l'emprise circulaire de la carrière de pierres qui avait commencé l'arasement de ce monument (à droite du cairn, cliquer sur la photo). Cette carrière présente aujourd'hui l'intérêt d'offrir aux visiteurs une coupe interne et complète des chambres funéraires. Ces tombes révèlent le haut degré de technicité atteint par les hommes de cette époque, notamment par la maîtrise de la technique dite de la "fausse coupole" permettant avec des pierres plates de réaliser des voûtes parfaitement stables puisque parvenues intactes jusqu'à nous, 6000 ans plus tard!
Sources: "Centre des monuments nationaux, Cairn de Barnenez, 29252 Plouezoc'h.
Un article publié en novembre 2013 sur ce même blog, insistait sur l'importance des vestiges Néolithiques en Bretagne et particulièrement sur les côtes, comme à Locmariaquer, situé dans le Morbihan, à la sortie du Golfe. Aujourd'hui, poursuivant le tour des côtes bretonnes, c'est sur la côte nord et au nord de Morlaix que l'on découvre le plus grand mausolée d'Europe datant de cette période: le grand cairn de Barnenez, construit entre 4500 et 3900 avant l'ère chrétienne. Mesurant 75 mètres de longueur pour 28 de largeur, il est composé de deux monuments accolés: le plus ancien, en dolérite (pierre sombre) et le plus récent en granite. Le contraste de couleur permet de bien visualiser les deux parties du monument.
Sur cette photo, on distingue le cairn au premier plan et la Manche à l'horizon. Le monument en pierres sèches ne sera signalé comme tumulus qu'en 1850. Cent ans plus tard (1954) il est racheté par un entrepreneur pour servir de carrière et commence à être démonté. Il faudra une mobilisation de scientifiques en 1955 pour arrêter le massacre. Le nouveau ministre de la culture (ministère créé en 1959), André Malraux jouera un rôle dans cette sauvegarde. Le cairn primaire, le plus ancien contient cinq tombes collectives à couloir. Le cairn secondaire en granite contient six tombes. Il est deux fois plus important que le cairn primaire. La pente du terrain a obligé les bâtisseurs du Néolithique à maîtriser les poussées internes dans cette masse de pierres, masse qui devait compenser la déclivité naturelle du sol vers la baie de Morlaix.
Cette photo aérienne prise à la verticale du cairn et en été, montre bien l'emprise circulaire de la carrière de pierres qui avait commencé l'arasement de ce monument (à droite du cairn, cliquer sur la photo). Cette carrière présente aujourd'hui l'intérêt d'offrir aux visiteurs une coupe interne et complète des chambres funéraires. Ces tombes révèlent le haut degré de technicité atteint par les hommes de cette époque, notamment par la maîtrise de la technique dite de la "fausse coupole" permettant avec des pierres plates de réaliser des voûtes parfaitement stables puisque parvenues intactes jusqu'à nous, 6000 ans plus tard!
Sources: "Centre des monuments nationaux, Cairn de Barnenez, 29252 Plouezoc'h.
lundi 10 février 2014
Poème
"Vent, vent, tout n'est que vent."
Proverbe breton
L'Ankou (la mort), l'Anken (le chagrin) et puis l'Ankoun (l'oubli)
Jettent leur voile de noir et gris
Sur le pays du bout du monde
Marqué par les fureurs de l'onde
Le noir est couleur de l'hiver
Le temps d'incessantes colères
De l'Avel Mor à Lann Avel
Rochers battus, pleure le ciel
Souffle effrayant de l'assiègeant:
Le vent!
Tourments d'Eole, mer déchaînée
L'écume blanche des vagues noie
Le trait de côte et ses rochers
Terre solitaire et enfer froid.
Poussant les pluies horizontales
Jour après jour, vagues infernales,
Infatigable et rugissant:
Le vent!
Les éléments sont en colère
Secouent les arbres, les déracinent.
Songeur muet et solitaire
Le breton voit ou imagine
Les messagers de l'au-delà
Ces âmes au "tremen ra pep tra"(tout passe)
Lamentation des trépassés
An Anaon, ces cavaliers
Du vent.
La mer se jette sur les brisants
Ecume en rage, défait la terre
Arrache aux digues leurs grosses pierres
Façonne aussi de rudes gens
Le vieux granite fait nos berceaux
Nos maisons basses et nos tombeaux
L'âme bretonne parle du temps
Ecoute bien la voix du vent!
C'est ici que finit la terre
Sous les assauts de l'océan
Qui nous rendra le ciel bleu clair
L'éclat de nos soleils couchants?
Qui calmera cette colère
De nos rivières soudain torrents?
Le vent, le vent, toujours le vent!
(illustrations: pastel sur toile " les Monts d'Arrée" AJ2012.Photo: lac de Guerlédan sous la tempête en février 2014)
Proverbe breton
L'Ankou (la mort), l'Anken (le chagrin) et puis l'Ankoun (l'oubli)
Jettent leur voile de noir et gris
Sur le pays du bout du monde
Marqué par les fureurs de l'onde
Le noir est couleur de l'hiver
Le temps d'incessantes colères
De l'Avel Mor à Lann Avel
Rochers battus, pleure le ciel
Souffle effrayant de l'assiègeant:
Le vent!
Tourments d'Eole, mer déchaînée
L'écume blanche des vagues noie
Le trait de côte et ses rochers
Terre solitaire et enfer froid.
Poussant les pluies horizontales
Jour après jour, vagues infernales,
Infatigable et rugissant:
Le vent!
Les éléments sont en colère
Secouent les arbres, les déracinent.
Songeur muet et solitaire
Le breton voit ou imagine
Les messagers de l'au-delà
Ces âmes au "tremen ra pep tra"(tout passe)
Lamentation des trépassés
An Anaon, ces cavaliers
Du vent.
La mer se jette sur les brisants
Ecume en rage, défait la terre
Arrache aux digues leurs grosses pierres
Façonne aussi de rudes gens
Le vieux granite fait nos berceaux
Nos maisons basses et nos tombeaux
L'âme bretonne parle du temps
Ecoute bien la voix du vent!
C'est ici que finit la terre
Sous les assauts de l'océan
Qui nous rendra le ciel bleu clair
L'éclat de nos soleils couchants?
Qui calmera cette colère
De nos rivières soudain torrents?
Le vent, le vent, toujours le vent!
(illustrations: pastel sur toile " les Monts d'Arrée" AJ2012.Photo: lac de Guerlédan sous la tempête en février 2014)
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