Libellés

lundi 12 mai 2014

Archéologie Néolithique

Le menhir de Kertanguy ou Bourlousson

Pour faire le tour du site Néolithique de Quelfénec, site d'extraction de la métadolérite destinée à la fabrication des lames de haches et situé sur la commune de Plussulien (Côtes d'Armor), un  menhir en dolérite complète la liste de ceux déjà décrits précédemment.


La marche organisée par l'association "Les chemins de l'archéologie" de Plussulien le dimanche 11 mai  passait sur les affleurements de métadolérite qui constituent l'environnement géologique du célèbre site Néolithique. Malgré un temps pluvieux (mais avec de belles éclaircies!), une trentaine de marcheurs intéressés par le contexte géologique et archéologique du lieu (entre Plussulien et Saint Mayeux) ont suivi un itinéraire qui passait par les menhirs décrits dans des articles précédents comme Rohanno (dit: ar c'has), Roc'h ar Lin, Kercouédic, Kerjégu. Sur la photo, les marcheurs contournent le menhir de Kertanguy qui fait ses trois mètres au dessus du sol, les marcheurs donnent l'échelle.
Si l'on ajoute le menhir en quartzite de Saint Gildas, plus près de Laniscat, c'est le sixième mégalithe que l'on peut voir encore sur ces reliefs de Laniscat à Saint Mayeux (anticlinal).
Il est également en Diabases à grain fin (dolérite) et ressemble beaucoup au menhir de Rohanno (ar c'has) mais légèrement plus haut. Ses côtés sont limités par des cassures naturelles de la roche appelées diaclases. Ce bloc a donc été judicieusement choisi par les hommes du Néolithique pour être implanté à cet endroit. Pour quelles raisons autant de mégalithes autour de ce site de Quelfénec? Le sens précis de ces implantations échappe encore aux archéologues. Ce qui est certain par contre, c'est que ce secteur était relativement peuplé dès cette période et par des communautés humaines hiérarchisées et organisées.

jeudi 8 mai 2014

Peinture et réflexions sur la maison

Nono lisant
Huile sur toile. PJ 1995
Loin du concept nord-américain de l'habitation, la maison bretonne ancienne évoque la solidité, la longévité, la quiétude, la résistance aux intempéries.
La dureté de la roche (ici du schiste sombre) se transforme en mur protecteur qui retient la lumière et la chaleur du foyer. La maison familiale est matrice maternelle, ancrage dans la roche et dans la terre, protectrice et régénératrice.
Elle évoque aussi la mémoire et le temps. Autrefois chaumière au début du XIXe, sa toiture est garnie d'ardoises peu avant la Grande Guerre.
Elle a abrité des générations et subi de multiples tempêtes. Toujours debout, elle fait le lien entre le passé et le futur. Le titre du tableau: "Nono lisant" évoque cette quiétude apaisante et le temps long de la réflexion et de la sagesse: un temps nécessaire avant la confrontation au réel extérieur et  à l'accélération exponentielle du temps.

mardi 6 mai 2014

Patrimoine rural en danger

Requiem pour un calvaire
Le patrimoine rural est fait de multiples monuments profanes ou religieux, ouvrages d'art ou modestes loges, fontaines ou mégalithes disséminés dans la campagne et menacés par la désertification, le manque de moyens et aussi, il faut bien le dire,  une certaine indifférence qui condamne plus que tout ces traces du passé, notre mémoire collective. Le cas du calvaire de Kériolet en Laniscat illustre bien cette situation.
Il y a plusieurs années maintenant, la partie sommitale de ce monument  est trouvée à terre par une personne de la commune qui  décide alors de mettre les morceaux sculptés à l'abri (dépôt communal). Le reste de la croix est également stocké dans le même dépôt. Sur la photo, on remarque les restes de  mains et les traces de décollement du corps crucifié qui montrent que cette sculpture était un monobloc de granite, ce qui en fait sa particularité.
Au dos de la croix figure un personnage tenant de sa main droite, les plis de son manteau. Ce personnage est sculpté avec ce qui ressemble à un simple voile sur la tête. Il  correspond probablement à la vierge, personnage féminin le plus représenté sur les calvaires, surtout lorsqu'il s'agit d'un personnage unique, en dehors du Christ, comme c'est le cas ici (interprétation de Jef Philippe). Ce monobloc de granite clair est assez lourd pour avoir basculé de sa colonne octogonale lorsque celle-ci a commencé à bouger. Il est certain que la taille des troncs d'arbres encore visibles aujourd'hui entre les blocs de granite du socle expliquent le démantèlement de la base et l'instabilité qui devait en découler.
La photo montre cette désorganisation de la base du calvaire, à l'origine parfaitement horizontale, et aujourd'hui disloquée par l'action des végétaux encastrés dans les joints entre les blocs de granite.
L'examen des restes du calvaire, aujourd'hui abattu, nous renseigne sur Kériolet, une terre noble sous l'Ancien Régime.
 La colonne du calvaire est brisée dans sa partie centrale. La base à section carrée est sculptée sur les quatre faces.
On trouve un dessin du manoir de Kériolet dans un ouvrage de Frotier de la Messelière. Une interrogation des nobiliaires bretons Briant de Laubrière et Potier de Courcy permet de constater que Keriolet est associé aux Gourdel et Le Gouvello. Jef Philippe était du reste au lycée de Campostal à Rostrenen avec un descendant des Le Gouvello. Cette famille a compté dans ses rangs un mystique célèbre: Pierre de Kériolet (Jef Philippe). Les armes de cette famille sont "d'argent au fer de mulet de gueules, accompagné de trois molettes de même".

Sur cette face de la base du calvaire, on peut voir ce blason couronné non lisible, à cordon externe s'évasant au sommet. D'après la généalogie de la famille à cette époque (XVIIIe), il pourrait s'agir du blason des Gourdel : "de gueules au croissant d'argent accompagné de trois roses de même". Le site: ploeuc-généalogie.over-blog.com, dans "Histoire, Généalogie et Patrimoine à Ploeuc... et ses environs" nous renseigne sur la succession de Gourdel, seigneur de Kériolet en Laniscat. Cette succession de noms figure également aux archives conservées en mairie de Laniscat.



Sur cette face, on peut lire: FAIT dessous FAIRE PAR DA dessous ME, ce qui signifie que le monument a été commandé et érigé par Dame, et la troisième face donne la suite du texte et la date.
On peut lire: DOIRIER, dessous illisible mais sans doute le E final de DOIRIERE (pour Douairière), puis KER et dessous: IOLET  avec dessous la date: 1727.
Ainsi, en 1727, un sculpteur a trempé son pain dans le jus de ce granite pour en faire un monument commandé par la Dame doirière de Kériolet et érigé alors à un carrefour de chemins dont l'un a aujourd'hui disparu. Faut-il laisser disparaître ce témoin d'une autre époque ou tenter de préserver ce qui peut encore l'être? La question est posée, mais plus qu'une affaire de moyens, c'est d'abord une affaire de volonté.

dimanche 4 mai 2014

Peinture et poème

"La vogue pour la recherche d'un ancien poème oublié"
Peinture de Reon. Huile sur toile, Légende d'Argondia (moulin du Corbeau, autrefois à Quénécan, aujourd'hui à Prague, Rép Tchèque)

C'est un masculin singulier
Au coeur des sombres mois d'hiver
Samain, Imbolc au ciel plombé
Où agonise la lumière

S'avancent Hélios, puis Sul et Bel
Pour effacer la part de l'ombre
Blavet, Sulon dans la pénombre
S'éclairent enfin d'un nouveau ciel

Aux doux parfums du mois de mai
Aux lueurs pourpres des brasiers
Beltaine triomphe désormais
Guide la vogue au chant léger

Celui d'un féminin pluriel
Triade en belle clarté lunaire
Achève alors l'oeuvre solaire
Paradis bleu, d'or et de miel

Nouvelle Hécate, blanche Sélène
Fine Artemis, regards masqués
Aux corps lascifs et dénudés
S'offrent à la vie douce et sereine

La vogue glisse sur l'eau sans fin
Parlant d'amour et de lumière
Des mots gravés dans une pierre
Témoignent encore de son chemin.

jeudi 1 mai 2014

Archéologie expérimentale

Archéologie expérimentale à Saint Ygeaux les 29 et 30 avril 2014

Ces deux journées organisées par l'association "les chemins de l'archéologie" de Plussulien, encadrées par un médiateur en archéologie expérimentale (Philippe Guillonet) auront donné un aperçu très concret de ce que les hommes du Néolithique pouvaient faire avec des outils en bois et pierre (la fameuse métadolérite de Quelfénec). Une vingtaine de personnes se sont ainsi familiarisées avec l'utilisation des haches et herminettes en attaquant la réalisation d'une pirogue de 5 à 6 mètres de longueur avec les méthodes et outils du Néolithique. Les deux premières photographies montrent le travail réalisé dans un tronc brut de peuplier, préalablement écorcé, au bout de deux journées de travail.
Sur la deuxième photo, on voit l'herminette en action. La lame de métadolérite est montée perpendiculairement à l'axe du manche. Il faut également noter au passage qu'il n'y a pas de lien entre la pièce de bois contenant la lame de pierre et le manche. L'outil est réalisé à partir d'un seul morceau de bois bien choisi: une branche qui constitue le manche est implantée naturellement  entre 45° et 70° environ du tronc de l'arbre ce qui évite un emboîtement et une ligature plus fragile qu'un monobloc. La lame est posée sur un berceau façonné dans le bois et ligaturée par des boyaux de porc ou de mouton qui enserrent fortement la lame de pierre en séchant.
La photo suivante montre deux types d'emmanchements pour les haches: l'une avec bois de cerf qui permet d'amortir les vibrations liées aux chocs de la frappe et l'autre méthode en emboîtement  dans le manche directement, construction plus facile mais plus fragile.
A côté de la construction d'une pirogue, des ateliers comme celui de réalisation du feu à partir de bois frotté et à l'aide d'un arc en côte de boeuf ont montré aux stagiaires les détails techniques à maîtriser pour obtenir du feu. Un atelier de fabrication de sifflets en terre, de perles également en terre et de pièces d'ornements polis a complété la formation
de ces journées très denses et très instructives.
Il était difficile de terminer ce stage d'initiation aux techniques et pratiques du Néolithique sans passer par la gastronomie! Une dégustation de poisson recouvert d'orties et cuit à la braise dans un recouvrement d'argile posé sur un morceau d'écorce de peuplier (celle de la pirogue) a permis aux participants d'apprécier un excellent merlu cuit à l'étouffée et sur un feu allumé comme il se doit par la méthode des hommes du Néolithique.

lundi 28 avril 2014

Sculpture

La décapitation de l'Ent

Le long et dernier hiver a jeté à terre quelques arbres, en particulier ceux dont les racines ne soutenaient plus le tronc pesant. Dans l'un de ces troncs renversés, apparait une tête de l'esprit de la forêt, l"Ent" que l'on trouve dans l'oeuvre de Tolkien (Le Seigneur des Anneaux).





Sculpture d'un mètre de hauteur environ photographiée en avril.
Réalisation début 2014 dans un tronc de résineux.

samedi 26 avril 2014

Poème

Confidences d'un arbre sur les crêtes de Caurel

 A ma naissance j'ai découvert
Un incroyable sud en pente
Un horizon de bois et landes
Et un grand lac bordé de pierres

La verticale ne m'a rien dit
Trop subjugué par ce décor
Vers lequel j'ai penché très fort
Jusqu'à vraiment risquer ma vie!

Alors je me suis demandé
Comment le nord se présentait
Un vieux chemin jadis montait
Sur un amas de grands rochers

Une bien belle colline bleue
Plantée de hêtres et de grands houx
Au clair de lune un vieux hibou
Lançait sa plainte d'un arbre creux
Au sud un lac dans la vallée
Au nord les crêtes aux rochers bleus
Je tourne en rond, c'est merveilleux!
Vais-je grandir ou succomber?

J'ai dû quitter l'horizontale
La part de l'ombre pour la lumière
Et renouer dans la clairière
Avec la norme végétale!

jeudi 17 avril 2014

Patrimoine

Restauration de la chapelle de Rosquelfen en Laniscat (22570)

En 2014, les bénévoles de l'association des "Amis de la Chapelle de Rosquelfen" reprennent les pelles, truelles, brouettes et taloches pour garnir le mur nord de la nef. Les articles antérieurs sur la chapelle font état du relevage de ce mur par méthode hydraulique en fin 2013.
Le 17 avril, sous la responsabilité de l'architecte du Patrimoine, Monsieur Léo Goas Straaijer, les bénévoles ont réalisé un chantier d'enduit en terre argileuse et chanvre, selon une méthode ancienne, manuelle  et avec de la terre argileuse locale provenant des fondations de l'édifice.
Les photos montrent le démarrage de l'application de l'enduit sur le mur brut préalablement nettoyé. La différence très nette de couleur visible à gauche sur la deuxième photo correspond à un essai avec une terre argileuse provenant de Gouarec (couvent des Augustines). Finalement, l'ensemble de la couche d'enduit sera réalisée avec la terre de Rosquelfen. Une deuxième couche sera posée après séchage puis une finition à la terre sans chanvre pour lisser et terminer le recouvrement. Ce travail des bénévoles contribue à l'avancée des travaux et permettra d'utiliser la chapelle pour le pardon du 6 juillet prochain en attendant la mise en chantier de la phase "charpente-toiture", le dernier et sans doute plus gros morceau restant à faire pour sauvegarder ce monument.

mardi 15 avril 2014

Archéologie

Allée couverte ornée du Néolithique de Bretagne Centrale, en schiste.

Un très bel exemple de sépulture collective à entrée latérale ayant conservé son tertre de recouvrement existe encore en Centre Bretagne dans une propriété privée qui limite son accessibilité au public.
Le tertre de forme ovale fait 22m de longueur pour 8m de largeur et a été arasé au niveau des dalles de recouvrement disparues à l'exception de trois d'entre elles (perte sans doute à l'occasion d'une fouille vers la fin XIXe siècle). Orientée nord-ouest, sud-est, l'allée fait 10m de long sur 1m de large environ. Le vestibule d'entrée est perpendiculaire à l'allée ou chambre funéraire et est adossé à la paroi sud-ouest.Il fait environ 2m50 de long et est constitué par 3 dalles ou orthostates se faisant vis-à-vis.L'accès à la chambre sépulcrale est composé de deux dalles jointives dans l'axe du vestibule et sont échancrées en vis-à-vis pour former une ouverture en "pseudo-hublot" ovale de 70cm de hauteur pour 40 de largeur. Une ouverture de ce type est encore visible sur l'allée couverte de "Coet Correc" au nord de Caurel (voir article paru le 17 octobre 2012 sur le blog).
L'intérieur de ce vestibule d'accès présente une particularité remarquable: les deux principales dalles du vestibule sont gravées. Deux cartouches exécutés par piquetage linéaire formant des courbes symétriques se situent de part et d'autre à l'intérieur de ce vestibule d'accès.Ce décor tout à fait exceptionnel en centre Bretagne n'est pas sans rappeler celui des tombes en équerre du littoral morbihannais (variantes de l'écusson caractéristique du style des "Pierres Plates" de Locmariaquer selon C.T. Le Roux).


Cartouche de la face nord-ouest. La partie basse du piquetage disparait sous le niveau du sol. Les courbes forment un mouvement symétrique (dit "en tables de la loi").

 Cartouche de la dalle sud-est du vestibule d'accès. La dalle de schiste est en cours d'altération (par desquamation). Ce cartouche est en vis-à-vis de l'autre et de taille plus réduite.
Un décor de ce type avait déjà été signalé sur une allée couverte du pays de Gourin (Kergus). La côte  morbihannaise n'a donc pas l'exclusivité de ces ornementations. Leur rareté justifie une étude détaillée ainsi que des mesures de protection. Leur présence très rare en centre Bretagne permet selon les archéologues d'établir un lien avec les populations de la côte morbihannaise entre le troisième millénaire et la fin du Néolithique (3000 à 2000 BC).
Sources: Charles-Tanguy Le Roux, Michel Le Goffic, Jen-Pierre Bardel, Olivier Kayser: "L'Art des mégalithes en schiste de Bretagne Centrale", Rev. Archéologique, 1996.

lundi 7 avril 2014

Peinture et poème

Trois siècles après une partie inachevée (peinture de Reon)

Chemins, destins se croisent ici
Depuis longtemps
Depuis trois siècles, le temps raconte
L'histoire dans l'ombre où s'affrontent
Un prince noir,  l'elfe masquée
Captifs de ce grand échiquier
Damier géant

Trois siècles que coulent les fontaines
Dans les sous-bois la mousse pleure
Un ciel de traine
Des coups de coeur
A l'horizon, le crépuscule
Attise encore les derniers feux
L'oiseau de nuit passe et ulule
Sur le grand lac aux reflets bleus

Les proues elfiques des barques d'or
Attendent avec sérénité
Qu'un lumineux et bel aurore
Revitalise l'échiquier
Achève enfin l'envoûtement
L'embarquement
Le tout dernier
Pour l'infini

Illustration: "Trois siècles après une partie inachevée", huile sur toile de Réon  (la Légende d'Argondia au moulin du Corbeau, Grotte Magique dans les années 1970, près du grand étang des Salles, forêt de Quénécan en Sainte Brigitte et aujourd'hui disparue).

vendredi 21 mars 2014

Poème

Le miroir

Qu'attends-tu en réponse de ce triste miroir?
Il ne connaît qu'un temps à jamais envolé
Dans tes yeux passe et meurt un impossible espoir:
Enfin pouvoir du temps, briser le sablier.

Va, cours, vole et respire, viens cueillir l'ambroisie,
Chevauche l'hippogriffe dans un nouveau présent
Jette au loin le miroir à surface ternie
Et survole le grand lac qui frise sous le vent.

Sur les roches dressées qui veillent à Guerledan
Vont bientôt s'épanouir les couleurs dernières
Ton coeur à l'unisson de la riche lumière
Danse avec le soleil aux rayons déclinants

S'évanouissent alors toutes les impatiences
Le temps n'a plus de prise, tu échappes à Circé
Dans le miroir du lac, se mirent en majesté
Diane, Vénus et Cybèle aux portes du silence.

Le soir impose alors son tempo ralenti.
Sur les eaux du grand lac où s'effacent les ombres
Les rives rocailleuses et les grands arbres sombres
Forment l'écrin terrestre d'un ultime paradis.

Photo: lac de Guerlédan vu depuis la rive nord (Caurel) par Richard Nourry ("Le canal de Nantes à Brest" éd.  Ouest France 2007)

jeudi 20 mars 2014

Patrimoine

Patrimoine vestimentaire du centre Bretagne



Technique de peinture sur velours utilisée surtout en pays Fisel, Montagne, Pourleth et jusque la côte (Lorient, Hennebont). Utilisée en substitution de la broderie pour des raisons financières (le fil de soie est parfois difficile à trouver et très cher), cette technique est basée sur l'application d'une peinture à l'huile épaisse sur du velours à l'aide d'une pointe de bois. La photo montre un essai avant réalisation d'un tablier de costume: motif aux oeillets, tablier Fisel, 1972, réalisation et photo PJ 1997.
Différents motifs de fleurs sont utilisés pendant tout le siècle dernier. L'un des plus fréquents est celui aux iris. La longévité d'une telle ornementation dépend de la qualité du velours et de son entretien mais elle paraît rivaliser honorablement avec la broderie, du moins si l'on tient compte de la fréquence de ce type de costume féminin encore visible après la dernière guerre.

lundi 10 mars 2014

Sculptures

Sculptures sur bois


Ornementation de meuble ancien, figure d'angle sur un vaisselier en châtaignier: tête de bélier.




Tiroir du vaisselier en châtaignier. Ornementation à motifs végétaux.


Partie basse en façade du même vaisselier cornouaillais mais en chêne cette fois. Motif aux sangliers face à face.

mercredi 5 mars 2014

Poème

L'éveil
Est-ce vraiment l'âge de dormir?
Le temps bientôt sera fini
Quand s'éteindront les souvenirs
Dans les ténèbres de l'oubli.

Je ne dors pas, je vois encore
Au coeur des nuits l'ombre portée
De silhouettes en pourpre et or
Sur fond de lune révélées.

Ce qui m'émeut auquel je songe
Toujours ici m'a ramené,
Je n'ose dire ce qui me ronge
Je garde au secret mes pensées.

J'attends que surgisse de l'ombre
Et apparaisse le moment
Où la lumière dans la pénombre
Effacera d'anciens tourments.

Je vois dans le miroir du temps
Les belles années disparues,
Orphée, d'Eurydice très amant,
Son impatience hélas qui tue.

Les rochers pleurent même les arbres
tendent leurs branches dénudées
Vers la lumière qui toujours tarde
Et qui tremblote comme fumée.

Dans mon regard se réverbèrent
Les feux d'étoiles au firmament
Tous les rivages, le bleu des mers
Disparaîtront en m'endormant.

Je ne dors pas, j'ouvre ma porte
Et je m'éloigne dans l'infini,
Les peines et les joies que j'emporte
Viennent bercer mon insomnie.

Je ne dors pas la nuit je veille
Sur la colline aux rochers bleus,
Je sais encore tant de merveilles
Aux couleurs d'or des derniers feux.                         Photos: Landes du Liscuis en Rosquelfen: Laniscat (22)

lundi 3 mars 2014

Minéralogie

La métadolérite de Quelfénec en Plussulien (22)
Au flanc d'une colline correspondant à la partie nord de l'anticlinal de St Mayeux-Laniscat, butte parfaitement visible dans le paysage lorsque l'on circule sur la route de  Laniscat à Saint Mayeux, se détache en relief l'affleurement de métadolérite, une roche finement grenue dans laquelle les hommes du Néolithique ont réalisé des millions de haches entre environ 4000 et 2000 ans avant l'ère chrétienne.
La coupe géologique allant de Guerlédan au Haut-Corlay montre la position des diabases (dont la métadolérite) qui apparaissent à la faveur d'accidents tectoniques (failles) synchrones du plissement Hercynien, une construction polyphasée du relief de l'Armorique se déroulant au Carbonifère (et à partir de 360 Ma). A Quelfénec, il s'agirait selon les cartographes d'un sill  en position de laccolite (qui est une injection de matière entre deux couches préexistantes avec déformations de la couche "plafond"). C'est l'érosion du relief qui fait apparaître en surface le gisement de métadolérite, plus résistant que les schistes environnants.
 Les détails de la découverte de cet affleurement et de ce site archéologique par Charles Tanguy Le Roux en 1964 sont visibles au musée d'archéologie en mairie de Plussulien.
Qu'est-ce-que la métadolérite? Les pétrographes classent cette roche dans les diabases, roche plutonique grenue et issue de la transformation (métamorphisation) de la roche d'origine, une dolérite, roche sombre à dominante de Pyroxènes et plagioclases.
Cette hache en métadolérite de Quelfénec montre l'aspect finement grenu et régulier de cette roche dont les hommes du Néolithique avaient bien repéré les propriétés utiles: prise d'un bon poli et donc réalisation  de tranchants efficaces mais aussi, capacité à durcir après extraction et traitement, bonne résistance aux chocs. Du point de vue minéralogique, la métadolérite est composée d'albite (un plagioclase)altérée, d'épidote, d'augite (un pyroxène) partiellement transformé en amphiboles fibreuses de la série actinolite-trémolite, de chlorite (minéral phylliteux, c'est-à-dire en feuillets, sorte de "mica"vert). On y trouve également un certain nombre de minéraux accessoirs comme l'ilménite (opaque à Fe, Ti), le sphène, le leucoxène (produit d'altération des minéraux titanés et donc de Ti). On y trouve également une faible quantité de quartz microcristallin qui entre dans les qualités de résistance à l'usure de la pierre.
Sur cette deuxième photo, la hache est vue de dessus et on distingue mieux sa patine et son grain fin.Cette partie minérale est en fait ce qui correspond à la lame, puisque celle-ci était parfois collée dans un bois de cerf, lui-même emmanché dans du bois (voir les outils du Néolithique au musée de Plussulien).Sources: BRGM Bretagne 2005 (E.Thomas et al,et coupe structurale carte 278 de Quintin; 1/50000).