L'harmonie perdue
Beau rosier sauvage
Gardien des présages
Dans le château disparu
Tu fais du roncier
L'endroit parfumé
Que je ne reconnais plus
Le temps des désirs
Des rires et plaisirs
Ne dure jamais très longtemps
Et le merveilleux
Les mystères du lieu
Vont sombrer dans le néant.
Au château abandonné
Un beau rêve s'est effacé.
Les ardoises bleues
L'endroit silencieux
Les croix blanches d'andalousite
Et l'eau de l'étang
Frisée par le vent
Gardent les secrets du site
Les grands arbres verts
Les ronces et le lierre
La couverture végétale
Couvrent désormais
L'endroit que j'aimais
Au bord de l'étang des Salles.
Dans le vieux château ruiné
Parfume encore le rosier.
Vois sur le chemin
Tomber le crachin
Dont le voile alors efface
Les riches couleurs
Des bruyères en fleurs
Et les restes de nos traces
C'est au soir tombant
Qu'un soleil couchant
Illumine l'endroit perdu
Et cette lumière
Caressant la pierre
Parle d'un temps révolu.
Des présages du vieux rosier
Un augure cherche la clé.
Illustrations: étang des Salles, face aux ruines sur l'avancée de la rive dans l'étang; photo suivante: le rosier sur la façade, côté cour interne. 3e photo: face nord du château aux deux tours d'angle encore visibles. Dernière photo: ruines de la tour Ouest réputée hantée.
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lundi 11 août 2014
jeudi 7 août 2014
Patrimoine sur Lanrivain
Le site de St Antoine en Lanrivain (22480)
Ce magnifique village, partiellement ruiné offre dans un décor sauvage et préservé de blocs granitiques, un échantillonnage exceptionnel du bâti rural allant du XVe au XVIIe siècle. En 1422, ce village est mentionné comme propriété du noble Rolland de Beaulieu. La première photo montre une restauration du village dans sa version XVIIe probable. Les murs sont en granite local, un faciès "porphyroïde" du granite de Quintin qui n'est pas sans rappeler celui de Rostrenen.
La seconde photo montre une originalité locale, les murs en "palis" ou orthostates de granite, une forme de construction assez rare dans le granite (on en trouve sur Trégunc) qui est taillé ou débité en blocs rectangulaires assez plats. Ces blocs seront utilisés pour construire des ponts, comme sur le Blavet en aval de Toul Goulic, lieu de passage d'une ancienne voie romaine ou antique.
Les traces d'exploitation du granite sont encore visibles et certaines peuvent remonter à l'âge du fer. Le pointillé visible sur cette photo a été réalisé pour placer des coins de bois qui sont mouillés ensuite pour éclater le bloc de manière contrôlée et linéaire. Cette technique n'était utilisée que lorsque le granite résistait à la fente directe par percussion. La photo montre une tentative de fente apparemment avortée.
Sur ce site, la très belle chapelle de Saint Antoine est réputée de la fin XVe, début XVIe siècle. Elle est restaurée en 1867 et 1935. Classée MH en 1932, elle présente un mur ouest du XVIIe. Une fontaine sacrée, dite "de dévotion" existe à proximité dans le vallon face au mur sud (le seul percé d'ouvertures). Cette fontaine s'inscrit également dans le secteur des sources du Blavet et de Toul Goulic, un lieu important pour les anciens Celtes puis à l'époque romaine (vestiges proches, en amont de Toul Goulic). Ce lieu a servi à la manifestation "Lieux mouvants, version 2014" par l'implantation de "jardins éphémères" qui s'intègrent parfaitement au décor naturel de ce très beau site entre Lanrivain et Trémargat.
Détails de l'ouverture circulaire à motif "trifolié", sur la façade sud de la chapelle Saint Antoine, un élément ornemental de la façade en grand appareillage de granite aussi remarquable que rare.
(Cliquer sur les photos pour les agrandir).
Sources: DRAC de Bretagne, Infobretagne: patrimoine de Lanrivain, canton de St Nicolas du Pelem.
Ce magnifique village, partiellement ruiné offre dans un décor sauvage et préservé de blocs granitiques, un échantillonnage exceptionnel du bâti rural allant du XVe au XVIIe siècle. En 1422, ce village est mentionné comme propriété du noble Rolland de Beaulieu. La première photo montre une restauration du village dans sa version XVIIe probable. Les murs sont en granite local, un faciès "porphyroïde" du granite de Quintin qui n'est pas sans rappeler celui de Rostrenen.
La seconde photo montre une originalité locale, les murs en "palis" ou orthostates de granite, une forme de construction assez rare dans le granite (on en trouve sur Trégunc) qui est taillé ou débité en blocs rectangulaires assez plats. Ces blocs seront utilisés pour construire des ponts, comme sur le Blavet en aval de Toul Goulic, lieu de passage d'une ancienne voie romaine ou antique.
Les traces d'exploitation du granite sont encore visibles et certaines peuvent remonter à l'âge du fer. Le pointillé visible sur cette photo a été réalisé pour placer des coins de bois qui sont mouillés ensuite pour éclater le bloc de manière contrôlée et linéaire. Cette technique n'était utilisée que lorsque le granite résistait à la fente directe par percussion. La photo montre une tentative de fente apparemment avortée.
Sur ce site, la très belle chapelle de Saint Antoine est réputée de la fin XVe, début XVIe siècle. Elle est restaurée en 1867 et 1935. Classée MH en 1932, elle présente un mur ouest du XVIIe. Une fontaine sacrée, dite "de dévotion" existe à proximité dans le vallon face au mur sud (le seul percé d'ouvertures). Cette fontaine s'inscrit également dans le secteur des sources du Blavet et de Toul Goulic, un lieu important pour les anciens Celtes puis à l'époque romaine (vestiges proches, en amont de Toul Goulic). Ce lieu a servi à la manifestation "Lieux mouvants, version 2014" par l'implantation de "jardins éphémères" qui s'intègrent parfaitement au décor naturel de ce très beau site entre Lanrivain et Trémargat.
Détails de l'ouverture circulaire à motif "trifolié", sur la façade sud de la chapelle Saint Antoine, un élément ornemental de la façade en grand appareillage de granite aussi remarquable que rare.
(Cliquer sur les photos pour les agrandir).
Sources: DRAC de Bretagne, Infobretagne: patrimoine de Lanrivain, canton de St Nicolas du Pelem.
jeudi 31 juillet 2014
Poème
Eté 2014
Chaleur du jour, moissons d'orages
Du grand soleil en pluies soudaines
Mouvants nuages au ciel de traîne
Glissent leurs ombres sur le bocage
Un souffle d'air dans la vallée
Désirs d'immersion végétale
Sur le halage d'un vieux canal
Un héritage du temps passé
Jardins fleuris bordés de murs
De l'or des blés au bleu des pierres
Vert des grands arbres drapés de lierre
Font de bien belles enluminures
Mais vers le Sud, d'épais nuages
Dévorent l'azur et la lumière
De belles roses messagères
Viennent de Ronsard nous dire l'adage:
"Le temps s'en va, le temps s'en va madame
Las! le temps non, mais nous nous en allons!"
(Illustrations: champ de céréales à Rosquelfen et chêne multiséculaire au Bois du Barde en Mellionnec, juillet 2014).
Chaleur du jour, moissons d'orages
Du grand soleil en pluies soudaines
Mouvants nuages au ciel de traîne
Glissent leurs ombres sur le bocage
Un souffle d'air dans la vallée
Désirs d'immersion végétale
Sur le halage d'un vieux canal
Un héritage du temps passé
Jardins fleuris bordés de murs
De l'or des blés au bleu des pierres
Vert des grands arbres drapés de lierre
Font de bien belles enluminures
Mais vers le Sud, d'épais nuages
Dévorent l'azur et la lumière
De belles roses messagères
Viennent de Ronsard nous dire l'adage:
"Le temps s'en va, le temps s'en va madame
Las! le temps non, mais nous nous en allons!"
(Illustrations: champ de céréales à Rosquelfen et chêne multiséculaire au Bois du Barde en Mellionnec, juillet 2014).
dimanche 27 juillet 2014
Recherches sur Rostrenen
Kerbescond en Rostrenen 22110
Kerbescond ou Kerbescont (suivant les auteurs) est un village au Sud de Rostrenen qui suscite la curiosité et l'intérêt des passionnés d'histoire, d'archéologie et de patrimoine en général. Ce nom signifie pour certains bretonnants "le village du Vicomte ou de la Vicomtesse", mais cette interprétation résiste mal à l'histoire locale qui parle du manoir de Kerbescont du XV et XVIe siècle (famille Le Gallic de Kerizouet) dépendant de la Baronnie de Rostrenen, ce qui exclue de fait une "Vicomté" à cet endroit. Une autre explication viendrait du celtique ancien qui signifie pour bescont, une courbure de la rivière, interprétation plausible. Le ruisseau de Saint Jacques s'enfile dans une série de failles N160 qu'il relie par des courbures. Ces failles hercyniennes facilitent l'érosion du granite. Kerbescond est situé dans le granite porphyroïde de Rostrenen, facile à identifier par ses énormes feldspaths potassiques (orthose ou microcline) appelés aussi "dents de cheval". Ces blocs de granite ont fait fantasmer plus d'un visiteur devant des "auges" et diverses cavités.
On retrouve ces cavités dans le site de Kerauffret, au-dessus de la vallée de Pont-Croix (petit Doré) à Plouguernevel, mais aussi dans le bois de Duault et d'autres endroits dans le granite. Une cavité en surface retient l'eau dans laquelle se déposent des feuilles qui en se décomposant dégagent de l'acidité. Celle-ci attaque la roche et produit ces cavités (photo: cliquer dessus pour l'agrandir. Le bloc a légèrement basculé vers la droite depuis la phase d'érosion de cette "marmite").
Le site officiel de Rostrenen parle de la motte féodale de Kerbescond, et en effet, on retrouve le fossé circulaire et le talutage toujours présents sur ce genre de fortification (deuxième photo). Cette structure est également visible à Kerauffret en Plouguernevel, Carnoet (Tossen Sant Gweltas) et dans de nombreux endroits. Nous sommes alors au Haut Moyen-Age, mais pour l'occupation de cet endroit à l'époque Romaine, il est plus difficile d'être précis (pas de datations ni études archéologiques). Certains auteurs comme R.P. Giot ou Alain Le Diuzet parlent de haches en pierre polie (sans préciser la nature) et de monnaies attribuées aux Osismes (Inventaire archéologique des Côtes du Nord: 1969). Il y aurait donc aussi des traces de présence humaine au Néolithique et à l'époque de la Tène (celtes Osismes). Certains auteurs parlent aussi de carrefour de voies romaines mais cette affirmation n'est pas confirmée par les travaux de Jean-Yves Eveillard (Voies antiques en Bretagne, Thèse 1972). Il est par contre très probable que plusieurs voies antiques (antérieures à l'époque romaine) traversent ce secteur. Yvon Autret parle d'une voie Carhaix-Pontivy passant par Kerbescond sans préciser l'itinéraire par rapport au bois et à la rivière Saint Jacques. Seule la grande voie Condate-Vorgium est positionnée (Bonne Nouvelle- chapelle St Jacques et Miniou).
L'époque Néolithique n'a sans doute pas révélé ses secrets. Il existe en effet en rive Est de la rivière, au-dessus du moulin de Kerbescond (et derrière le manoir du même nom) une butte qui parait peu naturelle et mériterait quelques sondages de reconnaissance (photo ci-contre). Cette butte sur laquelle pousse un if (l'arbre sacré des celtes) a toutes les caractéristiques d'une butte tumulaire adossée aux blocs de granite qui surplombent la vallée. Les moyens actuels de l'archéologie risquent fort de laisser longtemps encore les curieux sur leur faim!
Enfin dans le bois de Kerbescond se niche une grotte signalée comme un abri du frère de la fameuse Marion du Faouet. Elle est habitée au début du XXe siècle par Jacques Caillebot décédé en 1913. Cette grotte est considérée par certains auteurs comme un ancien ermitage. A son entrée se remarquent encore les restes de la maçonnerie d'obturation de l'entrée avec la trace des anciennes huisseries. Tout le long de la rivière, d'anciens barrages témoignent de la présence de pècheries, puis de moulins (ruines), une richesse passée et directement liée à l'eau, source de vie à préserver.
Kerbescond ou Kerbescont (suivant les auteurs) est un village au Sud de Rostrenen qui suscite la curiosité et l'intérêt des passionnés d'histoire, d'archéologie et de patrimoine en général. Ce nom signifie pour certains bretonnants "le village du Vicomte ou de la Vicomtesse", mais cette interprétation résiste mal à l'histoire locale qui parle du manoir de Kerbescont du XV et XVIe siècle (famille Le Gallic de Kerizouet) dépendant de la Baronnie de Rostrenen, ce qui exclue de fait une "Vicomté" à cet endroit. Une autre explication viendrait du celtique ancien qui signifie pour bescont, une courbure de la rivière, interprétation plausible. Le ruisseau de Saint Jacques s'enfile dans une série de failles N160 qu'il relie par des courbures. Ces failles hercyniennes facilitent l'érosion du granite. Kerbescond est situé dans le granite porphyroïde de Rostrenen, facile à identifier par ses énormes feldspaths potassiques (orthose ou microcline) appelés aussi "dents de cheval". Ces blocs de granite ont fait fantasmer plus d'un visiteur devant des "auges" et diverses cavités.
On retrouve ces cavités dans le site de Kerauffret, au-dessus de la vallée de Pont-Croix (petit Doré) à Plouguernevel, mais aussi dans le bois de Duault et d'autres endroits dans le granite. Une cavité en surface retient l'eau dans laquelle se déposent des feuilles qui en se décomposant dégagent de l'acidité. Celle-ci attaque la roche et produit ces cavités (photo: cliquer dessus pour l'agrandir. Le bloc a légèrement basculé vers la droite depuis la phase d'érosion de cette "marmite").
Le site officiel de Rostrenen parle de la motte féodale de Kerbescond, et en effet, on retrouve le fossé circulaire et le talutage toujours présents sur ce genre de fortification (deuxième photo). Cette structure est également visible à Kerauffret en Plouguernevel, Carnoet (Tossen Sant Gweltas) et dans de nombreux endroits. Nous sommes alors au Haut Moyen-Age, mais pour l'occupation de cet endroit à l'époque Romaine, il est plus difficile d'être précis (pas de datations ni études archéologiques). Certains auteurs comme R.P. Giot ou Alain Le Diuzet parlent de haches en pierre polie (sans préciser la nature) et de monnaies attribuées aux Osismes (Inventaire archéologique des Côtes du Nord: 1969). Il y aurait donc aussi des traces de présence humaine au Néolithique et à l'époque de la Tène (celtes Osismes). Certains auteurs parlent aussi de carrefour de voies romaines mais cette affirmation n'est pas confirmée par les travaux de Jean-Yves Eveillard (Voies antiques en Bretagne, Thèse 1972). Il est par contre très probable que plusieurs voies antiques (antérieures à l'époque romaine) traversent ce secteur. Yvon Autret parle d'une voie Carhaix-Pontivy passant par Kerbescond sans préciser l'itinéraire par rapport au bois et à la rivière Saint Jacques. Seule la grande voie Condate-Vorgium est positionnée (Bonne Nouvelle- chapelle St Jacques et Miniou).
L'époque Néolithique n'a sans doute pas révélé ses secrets. Il existe en effet en rive Est de la rivière, au-dessus du moulin de Kerbescond (et derrière le manoir du même nom) une butte qui parait peu naturelle et mériterait quelques sondages de reconnaissance (photo ci-contre). Cette butte sur laquelle pousse un if (l'arbre sacré des celtes) a toutes les caractéristiques d'une butte tumulaire adossée aux blocs de granite qui surplombent la vallée. Les moyens actuels de l'archéologie risquent fort de laisser longtemps encore les curieux sur leur faim!
Enfin dans le bois de Kerbescond se niche une grotte signalée comme un abri du frère de la fameuse Marion du Faouet. Elle est habitée au début du XXe siècle par Jacques Caillebot décédé en 1913. Cette grotte est considérée par certains auteurs comme un ancien ermitage. A son entrée se remarquent encore les restes de la maçonnerie d'obturation de l'entrée avec la trace des anciennes huisseries. Tout le long de la rivière, d'anciens barrages témoignent de la présence de pècheries, puis de moulins (ruines), une richesse passée et directement liée à l'eau, source de vie à préserver.
mardi 22 juillet 2014
faune sauvage
Le jardin
En été dans le jardin apparait une faune sauvage qui sort des cavités dans le schiste, des sous-bois épais, comme cette famille de hérissons se promenant le long des vieux murs.
Pas facile d'admirer leur binette car ils ont déjà les bons réflexes de survie. Malheureusement, ces réflexes ne les protègent pas du trafic routier, alors gare à la route!
Dans les vieux murs de pierres, les lézards verts attentent les rayons du soleil pour partir en chasse. Leur belle couleur est aussi un camouflage dans les mousses du vieux mur. Ils apprécient tout particulièrement le cotonaster en fleurs sur lequel ils attendent les insectes, leur plat principal.
En été dans le jardin apparait une faune sauvage qui sort des cavités dans le schiste, des sous-bois épais, comme cette famille de hérissons se promenant le long des vieux murs.
Pas facile d'admirer leur binette car ils ont déjà les bons réflexes de survie. Malheureusement, ces réflexes ne les protègent pas du trafic routier, alors gare à la route!
Dans les vieux murs de pierres, les lézards verts attentent les rayons du soleil pour partir en chasse. Leur belle couleur est aussi un camouflage dans les mousses du vieux mur. Ils apprécient tout particulièrement le cotonaster en fleurs sur lequel ils attendent les insectes, leur plat principal.
samedi 12 juillet 2014
Archéologie
La sépulture circulaire de Lann-en-ilizien à Silfiac (56)
C'est en 1890 que l'archéologue Jérôme Le Brigand découvre un petit tumulus dans lequel se loge cette sépulture circulaire de 5m20 de diamètre à 4 kms à l'Ouest de Silfiac, près de la route de Lescouet-Gouarec, au lieu-dit Lann-en-ilizien (ou parfois orthographié Ninizienn). Il s'agit d'un monument funéraire de l'âge du fer (environ 600 avant JC).
Pour le protéger, l'archéologue décide de le transférer à Pontivy, près de l'église Saint Julien dans le square Lenglier. La sépulture est classée monument historique depuis 1892 et le musée de Vannes (Histoire et Archéologie) conserve encore une des urnes funéraires découvertes à l'intérieur. Actuellement, la coupe effectuée dans le monument montre la position des "niches" à urnes funéraires. Elles étaient au nombre de trois et superposées: la troisième non visible car sous le niveau du sol.
Le dessin de la coupe faite dans le monument à l'époque de sa découverte et de son transfert par J. Le Brigand (1891) montre la position des urnes, le muret interne protecteur soigneusement confectionné, le remplissage et le recouvrement en forme de dôme qui ne laissait aucun accès possible aux urnes contenant les ossements calcinés. Le soin avec lequel ce monument a été érigé laisse supposer qu'il s'agit d'un monument construit pour recevoir les restes de personnalités importantes de cette époque.
C'est en 1890 que l'archéologue Jérôme Le Brigand découvre un petit tumulus dans lequel se loge cette sépulture circulaire de 5m20 de diamètre à 4 kms à l'Ouest de Silfiac, près de la route de Lescouet-Gouarec, au lieu-dit Lann-en-ilizien (ou parfois orthographié Ninizienn). Il s'agit d'un monument funéraire de l'âge du fer (environ 600 avant JC).
Pour le protéger, l'archéologue décide de le transférer à Pontivy, près de l'église Saint Julien dans le square Lenglier. La sépulture est classée monument historique depuis 1892 et le musée de Vannes (Histoire et Archéologie) conserve encore une des urnes funéraires découvertes à l'intérieur. Actuellement, la coupe effectuée dans le monument montre la position des "niches" à urnes funéraires. Elles étaient au nombre de trois et superposées: la troisième non visible car sous le niveau du sol.
Le dessin de la coupe faite dans le monument à l'époque de sa découverte et de son transfert par J. Le Brigand (1891) montre la position des urnes, le muret interne protecteur soigneusement confectionné, le remplissage et le recouvrement en forme de dôme qui ne laissait aucun accès possible aux urnes contenant les ossements calcinés. Le soin avec lequel ce monument a été érigé laisse supposer qu'il s'agit d'un monument construit pour recevoir les restes de personnalités importantes de cette époque.
mardi 8 juillet 2014
Archéologie
L'énigme du site de la chapelle Saint Gildas à Laniscat (22)
Au nord de la chapelle Saint Gildas à Laniscat, se trouve un menhir isolé en quartzite lardé de veines de quartz, déjà mentionné dans un article précédent sur les menhirs du secteur de Quelfénec, le site de production des haches en métadolérite du Néolithique. Ce menhir de Saint Gildas est tout proche du contact géologique entre Dévonien et Carbonifère. A cet endroit on peut voir des fosses orientées Est-Ouest , dans l'alignement des formations schisteuses et dans lesquelles se trouve un gros filon de quartz laiteux riche en pyrite et localement en oxydes de fer.
Un contrôle des alluvions du Daoulas en aval de ce filon permet de constater la présence d'un cortège de minéraux lourds très peu roulés.
Certains minéraux comme l'épidote, la tourmaline (schorl) et même le quartz limpide présentent des formes bien conservées et très fraîches ce qui indique un faible transport. Deux points d'or apparaissent également dans ce contrôle en limite des formations Dévoniennes et Carbonifères. Y aurait-il donc un lien entre l'exploitation ancienne de ce filon de quartz et la présence du menhir? La question intéresse les archéologues et justifierait une étude plus détaillée de ce secteur.
Photos: le menhir de St Gildas au Nord de la chapelle et contrôle des alluvions du Daoulas par pannage au pan de huit litres en juin 2014.
Au nord de la chapelle Saint Gildas à Laniscat, se trouve un menhir isolé en quartzite lardé de veines de quartz, déjà mentionné dans un article précédent sur les menhirs du secteur de Quelfénec, le site de production des haches en métadolérite du Néolithique. Ce menhir de Saint Gildas est tout proche du contact géologique entre Dévonien et Carbonifère. A cet endroit on peut voir des fosses orientées Est-Ouest , dans l'alignement des formations schisteuses et dans lesquelles se trouve un gros filon de quartz laiteux riche en pyrite et localement en oxydes de fer.
Un contrôle des alluvions du Daoulas en aval de ce filon permet de constater la présence d'un cortège de minéraux lourds très peu roulés.
Certains minéraux comme l'épidote, la tourmaline (schorl) et même le quartz limpide présentent des formes bien conservées et très fraîches ce qui indique un faible transport. Deux points d'or apparaissent également dans ce contrôle en limite des formations Dévoniennes et Carbonifères. Y aurait-il donc un lien entre l'exploitation ancienne de ce filon de quartz et la présence du menhir? La question intéresse les archéologues et justifierait une étude plus détaillée de ce secteur.
Photos: le menhir de St Gildas au Nord de la chapelle et contrôle des alluvions du Daoulas par pannage au pan de huit litres en juin 2014.
mercredi 2 juillet 2014
Poème et légende
"Le présage du château mystérieux" (Huile sur toile de Reon)
C'est un endroit béni des dieux
Au vieux château drapé de ronces
Un chemin creux ici s'enfonce
Dans un sous-bois aux schistes bleus
Près de l'étang chante un ruisseau
Baignant sans fin la gorge vive
Un ancien bief borde la rive
Jusqu'au moulin dit du Corbeau
Dans ma mémoire réapparaissent
Les grands gardiens de ce temps là
Portiers du monde d'Argondia
Où la magie jamais ne cesse
Je vois Acis et Galatée
Endormis sous la voûte blême
Pourquoi attendre Polyphème?
Je dois enfin me réveiller
Et Argondia alors s'efface
Sous les grands chênes aux troncs moussus
Près de l'étang les ruines à nu
De l'ancien monde gardent la trace
Te souviens-tu de ce rosier
Qui chaque été au coeur des ruines
Offre aux passants fragrance fine
Pour un présage à déchiffrer?
Photos: entrée de la Grotte Magique dans les années 1970-80 au moulin du Corbeau (Ste Brigitte 56) aujourd'hui disparue. "Le présage du château mystérieux", huile sur toile de Reon, la Légende d'Argondia, aujourd'hui à Prague, Rép Tchèque.
C'est un endroit béni des dieux
Au vieux château drapé de ronces
Un chemin creux ici s'enfonce
Dans un sous-bois aux schistes bleus
Près de l'étang chante un ruisseau
Baignant sans fin la gorge vive
Un ancien bief borde la rive
Jusqu'au moulin dit du Corbeau
Dans ma mémoire réapparaissent
Les grands gardiens de ce temps là
Portiers du monde d'Argondia
Où la magie jamais ne cesse
Je vois Acis et Galatée
Endormis sous la voûte blême
Pourquoi attendre Polyphème?
Je dois enfin me réveiller
Et Argondia alors s'efface
Sous les grands chênes aux troncs moussus
Près de l'étang les ruines à nu
De l'ancien monde gardent la trace
Te souviens-tu de ce rosier
Qui chaque été au coeur des ruines
Offre aux passants fragrance fine
Pour un présage à déchiffrer?
Photos: entrée de la Grotte Magique dans les années 1970-80 au moulin du Corbeau (Ste Brigitte 56) aujourd'hui disparue. "Le présage du château mystérieux", huile sur toile de Reon, la Légende d'Argondia, aujourd'hui à Prague, Rép Tchèque.
samedi 28 juin 2014
Légendes
La grotte des Korrigans, vallée du Daoulas en Laniscat (22570)
Sur les anciennes photos ou cartes postales de la vallée du Daoulas, les gorges escarpées apparaissent étrangement dénudées par rapport à aujourd'hui où les arbres ont colonisé les flancs de cette rivière, affluent du Blavet. Sur les vues orientées Nord, après le viaduc et l'ancien moulin en allant vers Laniscat, apparait un petit sentier qui monte vers les sommets. Il permettait à cette époque de rejoindre Canac'h Laeron. Ce chemin existe à nouveau aujourd'hui et se nomme le "chemin des korrigans". Il passe à proximité d'une ancienne cavité dans les schistes qui devait servir d'abri autrefois aux travailleurs des carrières d'ardoises. Cette "grotte" à flanc de colline permet de se tenir à deux personnes en position assise: une vraie demeure de korrigans dans la vallée du Daoulas, avant d'arriver aux allées couvertes du Liscuis, un itinéraire dans la lande et les roches schisteuses qui impressionne toujours les marcheurs par sa beauté sauvage et préservée.
Sur les anciennes photos ou cartes postales de la vallée du Daoulas, les gorges escarpées apparaissent étrangement dénudées par rapport à aujourd'hui où les arbres ont colonisé les flancs de cette rivière, affluent du Blavet. Sur les vues orientées Nord, après le viaduc et l'ancien moulin en allant vers Laniscat, apparait un petit sentier qui monte vers les sommets. Il permettait à cette époque de rejoindre Canac'h Laeron. Ce chemin existe à nouveau aujourd'hui et se nomme le "chemin des korrigans". Il passe à proximité d'une ancienne cavité dans les schistes qui devait servir d'abri autrefois aux travailleurs des carrières d'ardoises. Cette "grotte" à flanc de colline permet de se tenir à deux personnes en position assise: une vraie demeure de korrigans dans la vallée du Daoulas, avant d'arriver aux allées couvertes du Liscuis, un itinéraire dans la lande et les roches schisteuses qui impressionne toujours les marcheurs par sa beauté sauvage et préservée.
vendredi 20 juin 2014
Archéologie et patrimoine
Le menhir "Callac" en Saint Gilles-du-Vieux-Marché (Côtes d'Armor)
Dans un champ proche de la route, à la sortie du bourg de Saint Gilles-du-Vieux-Marché vers St Martin des Prés, Le Quillio, se dresse un magnifique menhir schisteux approchant les quatre mètres de hauteur; sa forme régulière et homogène est assez unique. Le matériau utilisé n'est pas non plus très fréquent (roche schisteuse: le bourg de St Gilles est proche des reliefs de schistes du Dévonien que l'on trouve au sud immédiat du village) mais correspond aux roches de ce secteur.
La seconde photo permet de se faire une idée plus précise de la taille de ce mégalithe par la personne à proximité immédiate.
(cliquer sur les photos pour les agrandir).
Le sens de la présence à cet endroit d'un tel monolithe isolé échappe toujours aux archéologues.
Dans un champ proche de la route, à la sortie du bourg de Saint Gilles-du-Vieux-Marché vers St Martin des Prés, Le Quillio, se dresse un magnifique menhir schisteux approchant les quatre mètres de hauteur; sa forme régulière et homogène est assez unique. Le matériau utilisé n'est pas non plus très fréquent (roche schisteuse: le bourg de St Gilles est proche des reliefs de schistes du Dévonien que l'on trouve au sud immédiat du village) mais correspond aux roches de ce secteur.
La seconde photo permet de se faire une idée plus précise de la taille de ce mégalithe par la personne à proximité immédiate.
(cliquer sur les photos pour les agrandir).
Le sens de la présence à cet endroit d'un tel monolithe isolé échappe toujours aux archéologues.
lundi 16 juin 2014
Poème
Mirage
Un corps sur un mur au soleil
L'azur sans mesure l'émerveille
Les découpures sur lui des ombres
Un visage baigné de lumière
Apaisé sur son lit de pierres
Bel arlequin au schiste sombre
L'esprit libéré vagabonde
Chevauche l'onde des verts épis
Le souvenir d'une harmonie
Sur les rivages d'un autre monde
Les ombres annoncent la nuit qui vient
Un disque blanc, clarté lunaire
Eclaire alors le mur de pierres
Sur lequel je ne vois plus rien
Par l'océan mouvant des blés
S'échappe et vogue l'imaginaire
Dans la clarté crépusculaire
S'ouvre à nouveau le temps des fées.
Photos: champ de blé sur la Lande de Rosquelfen en face du Bonnet Rouge et flore rase dans les débris d'ardoises du Liscuis.
Un corps sur un mur au soleil
L'azur sans mesure l'émerveille
Les découpures sur lui des ombres
Un visage baigné de lumière
Apaisé sur son lit de pierres
Bel arlequin au schiste sombre
L'esprit libéré vagabonde
Chevauche l'onde des verts épis
Le souvenir d'une harmonie
Sur les rivages d'un autre monde
Les ombres annoncent la nuit qui vient
Un disque blanc, clarté lunaire
Eclaire alors le mur de pierres
Sur lequel je ne vois plus rien
Par l'océan mouvant des blés
S'échappe et vogue l'imaginaire
Dans la clarté crépusculaire
S'ouvre à nouveau le temps des fées.
Photos: champ de blé sur la Lande de Rosquelfen en face du Bonnet Rouge et flore rase dans les débris d'ardoises du Liscuis.
jeudi 12 juin 2014
Patrimoine
Chapelle de Rosquelfen en Laniscat (Côtes d'Armor)
Etat d'avancement de la restauration intérieure
Après redressement du mur nord de la nef en automne 2013, les bénévoles des Amis de la Chapelle de Rosquelfen se sont attaqués à l'enduit intérieur du mur comme indiqué dans le dernier article du blog sur la chapelle. En juin 2014, le travail se poursuit sous contrôle et avec la participation active de Léo Goas, l'Architecte du Patrimoine qui supervise les travaux. L'enduit en terre et chanvre a reçu un dernier badigeon de chaux et la chaire est en cours de réinstallation à son emplacement d'origine après un traitement antiparasitaire.
La seconde photo montre l'état actuel du mur nord de la nef après réfection de l'enduit. Cette réfection s'est faite selon les techniques et avec les matériaux de base utilisés à l'origine du bâtiment. La partie haute de la chaire ainsi que son escalier seront remontés dans les jours qui viennent et la chapelle pourra ainsi accueillir à nouveau les fidèles pour le pardon du 6 juillet prochain.
Il restera les travaux sur la charpente et la toiture à réaliser pour terminer ce chantier débuté en 2010.
Etat d'avancement de la restauration intérieure
Après redressement du mur nord de la nef en automne 2013, les bénévoles des Amis de la Chapelle de Rosquelfen se sont attaqués à l'enduit intérieur du mur comme indiqué dans le dernier article du blog sur la chapelle. En juin 2014, le travail se poursuit sous contrôle et avec la participation active de Léo Goas, l'Architecte du Patrimoine qui supervise les travaux. L'enduit en terre et chanvre a reçu un dernier badigeon de chaux et la chaire est en cours de réinstallation à son emplacement d'origine après un traitement antiparasitaire.
La seconde photo montre l'état actuel du mur nord de la nef après réfection de l'enduit. Cette réfection s'est faite selon les techniques et avec les matériaux de base utilisés à l'origine du bâtiment. La partie haute de la chaire ainsi que son escalier seront remontés dans les jours qui viennent et la chapelle pourra ainsi accueillir à nouveau les fidèles pour le pardon du 6 juillet prochain.
Il restera les travaux sur la charpente et la toiture à réaliser pour terminer ce chantier débuté en 2010.
dimanche 8 juin 2014
Archéologie
La nécropole Néolithique du Liscuis (Laniscat 22570)
Les 7 et 8 juin 2014, à l'occasion du Trail de Guerlédan, les "Chemins de l'archéologie" ont organisé une animation sur le site de Bon Repos (en St Gelven, Côtes d'Armor) avec démonstration de creusement d'une pirogue par herminette et hache en métadolérite de Quelfénec, constitutions de parures en pierres polies et perles d'argile, sifflets globulaires en terre et présentation d'outils et haches du Néolithique (5000 à 2000 avant JC). Ces journées ont été aussi l'occasion de visiter les allées couvertes du Liscuis, témoins de plus de 2000 ans d'histoire.
L'itinéraire de la visite commence par Liscuis III, l'allée couverte la plus proche du carrefour des chemins où se trouve un panneau explicatif réalisé à partir des dessins et données de Y Le Cerf et C.Tanguy Le Roux. Liscuis III est datée de 2000 ans avant JC, c'est la plus jeune du site. Elle présente un vestibule sub-triangulaire, une chambre principale et une cellule terminale ou annexe (cella) largement ouverte à l'Ouest. Entre le vestibule et la chambre sépulcrale se trouve une dalle échancrée avec une ouverture sub-triangulaire possédant encore son opercule de fermeture en schiste.
Cette allée de 13m de longueur se situe dans un tertre de 14m par 6 avec ici, la présence d'un véritable parvis à l'entrée, côté vestibule (Est). Le cairn qui recouvrait l'ensemble a disparu.
En continuant le chemin, apparait sur le sommet, légèrement en contrebas du point topographique culminant, la plus ancienne des tombes collectives: Liscuis I, une tombe en V d'environ 4000 ans avant JC. Elle fait 12m de longueur et s'ouvre au sud-ouest par un très court vestibule étroit séparé de la chambre sépulcrale par une dalle septale brute. La chambre sépulcrale est en forme de "bouteille". Un reste de pavage en schiste a été noté par les archéologues. Une petite cellule annexe est également visible au nord. Ici le cairn était piriforme et faisait 13m par 6, également en grande partie disparu aujourd'hui (la photo d'en-tête du blog correspond à cette tombe). La deuxième photo jointe au texte correspond à l'intérieur de Liscuis I. Au cours des fouilles, il a été mis à jour 12 silex dont 4 éclats laminaires, une perle sub-cylindrique en stéatite (du talc) à perforation bicônique, deux petite hachettes (une en amphibolite et l'autre en schiste), une grosse ébauche de hache en dolérite de Quelfénec et 60 fragments de poterie de huit vases différents dont 6 aux formes reconnaissables.
La visite se termine par Liscuis II, datée d'environ 3000 avant JC et qui est une grande allée couverte à vestibule de 2,5m de long, déjeté vers le Nord-Est. La chambre principale fait 8m50. l'opercule est ici soigneusement taillé dans une dalle verticale en schiste. A l'extrémité sud, une structure de 3m50 de long prolonge la chambre. Ici, le sol est aménagé avec soin; il est dallé de grandes plaques de schiste ajustées sur un poutrage longitudinal de 3 rangées de blocs de quartzite, formant ainsi un vide sanitaire. Le cairn est ici le mieux conservé des trois monuments; il est elliptique et fait 20m x 12m, mais plus frustre que le cairn de Liscuis I.Les archéologues y découvrent 6 silex dont 4 petites lames, des parures (pendeloque sur galets de quartz), rognon de silex à perforation naturelle agrandie, plaquette de schiste percée, pendeloque en fibrolite verte (une sillimanite fibreuse), 5 haches polies et un fragment d'une sixième, toutes en dolérite de Quelfénec, ainsi que trois fragments de vases carénés, un gros tesson ventru de gros bol et un autre fragment de poterie dans le calage d'un pilier. Ces trois monuments n'ont pas été placés ici par hasard et le lieu d'une rare beauté, dominant les vallées du Daoulas et du Blavet, dans un espace dégagé et en hauteur est incontestablement en lien avec ce que les hommes de cette époque imaginaient du passage vers l'au-delà.
Sources: "L'implantation Néolithique en Bretagne Centrale" Charles-Tanguy Le Roux. Rev.archeo.Ouest 1984, p33à54.
Les 7 et 8 juin 2014, à l'occasion du Trail de Guerlédan, les "Chemins de l'archéologie" ont organisé une animation sur le site de Bon Repos (en St Gelven, Côtes d'Armor) avec démonstration de creusement d'une pirogue par herminette et hache en métadolérite de Quelfénec, constitutions de parures en pierres polies et perles d'argile, sifflets globulaires en terre et présentation d'outils et haches du Néolithique (5000 à 2000 avant JC). Ces journées ont été aussi l'occasion de visiter les allées couvertes du Liscuis, témoins de plus de 2000 ans d'histoire.
L'itinéraire de la visite commence par Liscuis III, l'allée couverte la plus proche du carrefour des chemins où se trouve un panneau explicatif réalisé à partir des dessins et données de Y Le Cerf et C.Tanguy Le Roux. Liscuis III est datée de 2000 ans avant JC, c'est la plus jeune du site. Elle présente un vestibule sub-triangulaire, une chambre principale et une cellule terminale ou annexe (cella) largement ouverte à l'Ouest. Entre le vestibule et la chambre sépulcrale se trouve une dalle échancrée avec une ouverture sub-triangulaire possédant encore son opercule de fermeture en schiste.
Cette allée de 13m de longueur se situe dans un tertre de 14m par 6 avec ici, la présence d'un véritable parvis à l'entrée, côté vestibule (Est). Le cairn qui recouvrait l'ensemble a disparu.
En continuant le chemin, apparait sur le sommet, légèrement en contrebas du point topographique culminant, la plus ancienne des tombes collectives: Liscuis I, une tombe en V d'environ 4000 ans avant JC. Elle fait 12m de longueur et s'ouvre au sud-ouest par un très court vestibule étroit séparé de la chambre sépulcrale par une dalle septale brute. La chambre sépulcrale est en forme de "bouteille". Un reste de pavage en schiste a été noté par les archéologues. Une petite cellule annexe est également visible au nord. Ici le cairn était piriforme et faisait 13m par 6, également en grande partie disparu aujourd'hui (la photo d'en-tête du blog correspond à cette tombe). La deuxième photo jointe au texte correspond à l'intérieur de Liscuis I. Au cours des fouilles, il a été mis à jour 12 silex dont 4 éclats laminaires, une perle sub-cylindrique en stéatite (du talc) à perforation bicônique, deux petite hachettes (une en amphibolite et l'autre en schiste), une grosse ébauche de hache en dolérite de Quelfénec et 60 fragments de poterie de huit vases différents dont 6 aux formes reconnaissables.
La visite se termine par Liscuis II, datée d'environ 3000 avant JC et qui est une grande allée couverte à vestibule de 2,5m de long, déjeté vers le Nord-Est. La chambre principale fait 8m50. l'opercule est ici soigneusement taillé dans une dalle verticale en schiste. A l'extrémité sud, une structure de 3m50 de long prolonge la chambre. Ici, le sol est aménagé avec soin; il est dallé de grandes plaques de schiste ajustées sur un poutrage longitudinal de 3 rangées de blocs de quartzite, formant ainsi un vide sanitaire. Le cairn est ici le mieux conservé des trois monuments; il est elliptique et fait 20m x 12m, mais plus frustre que le cairn de Liscuis I.Les archéologues y découvrent 6 silex dont 4 petites lames, des parures (pendeloque sur galets de quartz), rognon de silex à perforation naturelle agrandie, plaquette de schiste percée, pendeloque en fibrolite verte (une sillimanite fibreuse), 5 haches polies et un fragment d'une sixième, toutes en dolérite de Quelfénec, ainsi que trois fragments de vases carénés, un gros tesson ventru de gros bol et un autre fragment de poterie dans le calage d'un pilier. Ces trois monuments n'ont pas été placés ici par hasard et le lieu d'une rare beauté, dominant les vallées du Daoulas et du Blavet, dans un espace dégagé et en hauteur est incontestablement en lien avec ce que les hommes de cette époque imaginaient du passage vers l'au-delà.
Sources: "L'implantation Néolithique en Bretagne Centrale" Charles-Tanguy Le Roux. Rev.archeo.Ouest 1984, p33à54.
mercredi 4 juin 2014
Poème
Les beaux jours
Le temps m'accorde une caresse
Sur les rochers le soleil joue
Chauffe la pierre et rien ne presse
Au creux des landes il fait si doux
Je me souviens de ces hivers
Au ciel gris-noir et déprimé
La longue attente de la lumière
Qui reviendra me réchauffer
Quand chaque année les jours s'allongent
Les fleurs annoncent le bel été
Les roses pourpres auxquelles je songe
Viennent à nouveau me faire rêver
Les fleurs naissantes, les foins coupés
Ravivent un temps azuréen
La renaissance émerveillée
D'instants si courts, riches et sereins
C'est un beau jour, une caresse
Sur les rochers le soleil joue
Patience, patience, car rien ne presse
L'été bientôt sera chez nous!
Photos: roses rouges au pied du rocher du Conseil à Rosquelfen
Le temps m'accorde une caresse
Sur les rochers le soleil joue
Chauffe la pierre et rien ne presse
Au creux des landes il fait si doux
Je me souviens de ces hivers
Au ciel gris-noir et déprimé
La longue attente de la lumière
Qui reviendra me réchauffer
Quand chaque année les jours s'allongent
Les fleurs annoncent le bel été
Les roses pourpres auxquelles je songe
Viennent à nouveau me faire rêver
Les fleurs naissantes, les foins coupés
Ravivent un temps azuréen
La renaissance émerveillée
D'instants si courts, riches et sereins
C'est un beau jour, une caresse
Sur les rochers le soleil joue
Patience, patience, car rien ne presse
L'été bientôt sera chez nous!
Photos: roses rouges au pied du rocher du Conseil à Rosquelfen
Découverte archéologique
Promenade commentée aux Allées Couvertes du Liscuis
Les 7 et 8 juin prochain, l'association "Les chemins de l'archéologie" organise des animations sur le thème du Néolithique dans le cadre du trail de Bon Repos. Un stand permettra aux visiteurs intéressés de s'initier aux parures du Néolithique, conception et réalisation de sifflets en terre, démonstration du creusement d'une pirogue avec des outils du Néolithique (haches et herminettes en métadolérite de Quelfénec).
Dans le même temps, des visites commentées du site Néolithique du Liscuis partiront de Bon Repos, passant par la Vallée du Daoulas pour monter par les landes jusqu'au site où seront décrites les trois célèbres allées couvertes (de -4000 à -2000 ans avant notre ère). Les références bibliographiques utilisées pour ces visites sont les rapports des fouilles effectuées par l'archéologue Charles Tanguy Le Roux (L'implantation Néolithique en Bretagne Centrale; revue archéologique Ouest (tiré à part) 1984 p33 à54).
Photo: allée couverte Liscuis II (environ 3000 av JC).
Les 7 et 8 juin prochain, l'association "Les chemins de l'archéologie" organise des animations sur le thème du Néolithique dans le cadre du trail de Bon Repos. Un stand permettra aux visiteurs intéressés de s'initier aux parures du Néolithique, conception et réalisation de sifflets en terre, démonstration du creusement d'une pirogue avec des outils du Néolithique (haches et herminettes en métadolérite de Quelfénec).
Dans le même temps, des visites commentées du site Néolithique du Liscuis partiront de Bon Repos, passant par la Vallée du Daoulas pour monter par les landes jusqu'au site où seront décrites les trois célèbres allées couvertes (de -4000 à -2000 ans avant notre ère). Les références bibliographiques utilisées pour ces visites sont les rapports des fouilles effectuées par l'archéologue Charles Tanguy Le Roux (L'implantation Néolithique en Bretagne Centrale; revue archéologique Ouest (tiré à part) 1984 p33 à54).
Photo: allée couverte Liscuis II (environ 3000 av JC).
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