Libellés

dimanche 28 juin 2015

Sculptures à Saint Antoine

Sculptures éphémères et "Lieux mouvants" à Saint Antoine en Lanrivain (22)



Un village  ancien, aujourd'hui déserté  mais toujours magnifique, et partiellement restauré, près du site connu de Toul Goulic, héberge depuis quelques années maintenant les oeuvres éphémères d'artistes contemporains, à proximité de la très belle chapelle Saint Antoine.

En 2015, trois artistes se sont exprimés dans cet endroit. Tout d'abord Marc Didou qui a transformé un arbre de transmission de forage pétrolier en une sorte de tronc d'arbre à écorce épaisse, reposant sur un des blocs de granite de Quintin qui contribue à l'originalité et l'atmosphère particulière de cet endroit. Cette oeuvre est actuellement visible sur le site.
François Seigneur lui s'est investi dans la plantation de  branches de hauteur métrique, peintes en bleu et au sommet desquelles flottaient deux milles "ex voto". Ce nuage de bandes blanches en mouvement permanent donnait aussi une impression de mer à peine agitée d'une faible houle, la chapelle étant au centre de l'oeuvre et son point culminant avec deux fresques peintes suspendues au mur Est du choeur, autour de la verrière, oeuvre originale de Pierre Buraglio évoquant la vie de Saint Antoine. Ces deux oeuvres que j'ai admirées le dimanche 14 juin (photo de "Lieux mouvants", association "Dialogues avec la nature") ont été brûlées quelques jours plus tard, déclenchant l'indignation et  la colère  de la population du pays! Ainsi en 2015, des réalisations d'artistes, éphémères et respectueuses de l'endroit et du monument ancien (la chapelle est du XV-XVIe siècle)sont brûlées! Une brutale et triste manifestation de l'obscurantisme déjà dénoncé sur ce blog dans d'autres occasions.

Saint Antoine mérite vraiment le détour et pas seulement pour apprécier le travail des artistes qui s'y expriment librement, mais pour la beauté du site et l'originalité de ses constructions anciennes comme ce mur en orthostates de granite, une rareté dans le pays (que l'on voit également à Trégunc dans le finistère, voir l'article sur Saint Antoine du 7 août 2014 sur ce blog).
 A voir également les jardins implantés entre les blocs de granite et intégrés au paysage remarquable de cet endroit (supervision d'Antoine Ruellan: paysagiste).  Pour soutenir les "Lieux mouvants" et les artistes dont les oeuvres ont été brûlées, ne pas manquer le programme du 4 et 5 juillet prochain dans cet endroit (horaires à l'OTKB ou sur internet sur le site de "Lieux mouvants".

dimanche 21 juin 2015

Modelage-sculpture

Gaulois
Tête de gaulois: terre avant cuisson


La terre sous les mains nues
Sans contrainte de temps
Crée le profil vivant
D'un gaulois chevelu.

Le travail de la terre diffère de la sculpture par son processus d'addition progressive de formes en couches superposées: réalisation de l'ossature crânienne, puis pose des muscles et enfin détails des yeux, lèvres; sourcils etc et enfin pose du système pileux: cheveux, barbe et moustache; une leçon d'anatomie et un réel plaisir.


Tête de gaulois: terre après cui



 PJ 2015: terre cuite, modelage et cuisson à l'atelier de Clotilde Cousin à Glomel. Echelle:1.
Fête de la terre et du feu chez Clotilde Cousin le samedi 11 juillet 2015 à partir de 14h à son atelier de Kergonan en St Michel en Glomel (22).

lundi 15 juin 2015

Poème

Morta-Atropos

 l'ombre d'un vallon, dans les schistes pourprés
Morta s'est endormie sur sa couche flottante
Le temps s'est arrêté pour la Parque tranchante
Et le fil du destin s'étire sans se briser

Les filles de Jupiter sont trois soeurs et trois Parques
Décima et Nona mesurant des humains
La longueur de la vie et de chaque destin
Morta n'est qu'assoupie sur le lit de sa barque

Il arrive que parfois, au temps de la beauté
De la vie triomphante, de la mort oubliée
La Parque se réveille.Ô destinée morose!




Laisser Morta dormir dans le val sans soleil...
Faire que nul n'interrompe un si troublant sommeil!
L'instant n'est qu'éphémère comme le pourpre à la rose.


Illustrations: Land Art végétal dans un étang des vallées encaissées dans le schiste pourpre entre Iffendic et Saint Péran,proche de Brocéliande.

dimanche 14 juin 2015

Ecluses de Guerledan

Pétro-minéralogie sur le bâti du fond du lac de Guerlédan à sec
Le 12 juin dernier , un groupe de huit personnes, encadré par les guides de l'Office de Tourisme du Kreiz Breizh  a parcouru le fond du lac, en vue d'achever une publication sur le patrimoine bâti et le canal de Nantes à Brest. Un éminent spécialiste de ce domaine, Mr Chauris de Brest (géologue et ancien chercheur CNRS) souhaitait en effet étudier les écluses habituellement sous les eaux du lac. Celle qui figure sur la première photo est la n° 127 de Trégnanton. Le temps étant à la pluie, la luminosité n'est pas très élevée et donne au fond du lac un aspect étrange.

Les anciennes carrières souterraines de Trégnanton apparaissent sur le flanc nord de la vallée avec leurs schistes de l'Ordovicien (formation entre 450 et 435 Ma). Des traverses en bois sont encore visibles à l'entrée de la galerie. La quantité de déchets d'ardoises constitue des cônes qui s'étalent sur le flanc de la vallée. Il reste encore par endroits quelques tas de schistes préparés pour l'expédition, comme si l'activité s'était arrêtée brutalement.




Sur cette vue, deux entrées de galeries superposées dont la plus basse est quasi ennoyée dans les déchets de carrière. Monsieur Chauris quitte l'endroit après examen attentif.





Au flanc de la rive nord de la vallée, cette photo montre un verrou rocheux de l'Ordovicien, Au pied de ce verrou, une maison à étage qui passe pour la fameuse auberge "Thomas", entre Trégnanton et Kériven. Remarquez les figures de dessication de la vase en surface (mud-cracks pour les géologues), sorte de "chaussée des géants" sur laquelle la sensation en marchant est assez curieuse (la vase n'est pas totalement solidifiée en profondeur, ce qui justifie l'interdiction d'accès sans autorisation spéciale et encadrement).
La vue suivante montre une roche de bordure d'écluse en granite de Rostrenen facilement identifiable
                                                         par ses grands feldspaths potassiques blanchâtres.
La provenance des roches du bâti est très logiquement proche du secteur: Rostrenen pour le granite mais aussi Pontivy, un granite à micas blancs (muscovite) et Plélauff pour la diorite quartzique qui est reconnaissable à ses biotites et amphiboles, lui donnant un aspect plus sombre. Quant au schiste, on pourrait penser qu'il vient directement des carrières proximales mais il n'en est rien! Ils sont Dévoniens et viennent probablement de Gouarec (carrières de la Lande de Gouarec).
Sur cette dernière vue, un magnifique exemple de schistosité sécante sur la stratification dans les grès armoricains , d'âge Arénigien (480 millions d'années). Ici, l'aspect flexueux de la schistosité indique clairement un cisaillement dextre subi par ces bancs de grès à l'Hercynien, un orogène, c'est-à-dire une période de formation du relief survenue à l'ère primaire avec un paroxysme en début de Carbonifère (autour de 350 millions d'années).
Cliquer sur les photos pour les agrandir.

vendredi 5 juin 2015

Poème

"Contemplations" à Guerlédan

Ô Blavet! te voilà revenu dans ton lit!
Serpent mutant des eaux dans ton drapé de gris
Les spectres nus et décharnés
Des arbres morts ici, dans la vallée perdue
Reviennent sans un bruit. Blavet, je te salue!
Car l'eau du lac s'en est allée

Je contemple les rives, le canal, les écluses
Suis-je dans le réel? Quel magicien m'abuse?
La vallée sans le lac vivant
Est-ce un amas de souches et de roches envasées?
Du fond où se promènent les légendes oubliées
Remonte encore le poids des ans

Sur les Hauts du barrage, le vieux Castel Finans
Surplombe la gorge vide en masquant sa présence
Sous le couvert de Quénécan
Le sol est gris, le ciel est noir, l'écluse sombre
Le soir allonge encore sur les ruines ses ombres
Conomor chevauche le vent

J'écoute au soir le son d'une oraison funèbre
Le singulier message émanant des ténèbres
Qu'abandonne la vallée profonde
En cet instant furtif dans le noir insondable
J'entends monter vers moi la rumeur formidable
Des engloutis de l'ancien monde.

jeudi 4 juin 2015

Mégalithe du Kreiz Breizh

Le menhir de la Roche-Longue à Quintin (Côtes d'Armor)

Quintin, face à son vieux château, au sud du Gouët, la belle rivière qui serpente dans le granite du  pays, possède l'un des plus beaux menhirs de la région: la Roche-Longue ou le menhir du Cadrix, classé MH depuis 1862. En granite de Quintin, il mesure 7m50 de hauteur et présente une forme curieuse, en amande ou en fuseau (2m50 de largeur au centre et 1m50 d'épaisseur au tiers de sa hauteur). Il est difficile de ne pas voir dans cette forme un façonnage réalisé par les hommes du Néolithique. Le site "mégalithe.over-blog.com" mentionne dans sa présentation qu'un document du XVIIe siècle du fonds d'archives du château de Quintin parle  de cet endroit en mentionnant "le clos des Roches Longues", ce qui laisserait penser qu'il faisait partie d'un ensemble dont l'un des mégalithes dit "le petit frère" a été retrouvé et relevé en 2004. L'endroit domine Quintin et la vallée du Gouët. La photo est prise en hiver 2015.

Sources: mégalithe.over-blog.com et InfoBretagne, commune de Quintin en Côtes d'Armor.

mercredi 3 juin 2015

Guerlédan à sec

Dans la vase de Guerlédan à sec, l'écrevisse et le bivalve


Sur une souche d'arbre décapée par les eaux du lac aujourd'hui vide, on aperçoit un bivalve d'eau douce que l'on trouve un peu partout  à Guerlédan. Il s'agit de l'Anodonte (Anodonta), un excellent filtre à particules qui est aussi un accumulateur de germes polluants et de radionucléides. C'est la raison pour laquelle il n'est pas consommable. Autrefois, c'est-à-dire durant la préhistoire, les hommes ont consommé ce coquillage comme en témoignent des découvertes archéologiques. L'animal peut atteindre une dizaine de centimètres de longueur et se déplacer relativement rapidement en ouvrant et refermant les deux valves qui constituent sa coquille protectrice. Dans l'article du 4 avril 2015 sur le lac, il est également question de l'écrevisse américaine (voir photo dans l'article) qui est l'Orconectes limosus, un crustacé introduit en Europe vers 1880. Il consomme des particules organiques mais aussi des petits poissons, ce qui le rend indésirable pour les pêcheurs! Une femelle de cette espèce peut porter 450 oeufs pendant 5 semaines et le développement des larves est très rapide. Elles sont autonomes 8 jours après l'éclosion! Sa prolifération est donc rapide et la fait considérer comme nuisible.
Sources informations sur faune de Guerlédan par Vivarmor Nature et ses spécialistes.

lundi 25 mai 2015

Poème

Crépuscule en mai
(autre point commun entre la Corse et la Bretagne: les couchers de soleil, spectacle fascinant!)
Crépuscule en mai 2015 dans le golfe de Sagone, Corse


Ombres des rouges monts s'éteignant dans la mer
Décor au bleu mouvant sous les derniers rayons
De Sagone à Bréhat, la palette solaire
Active les couleurs de ses derniers tisons





La mer, vaste lointain qui bien souvent s'agite
S'habille d'argent bleuté. Les plages sans goémon
Sur l'île de Beauté où s'estompent les sons
Restent encore sous la garde de leurs tours de granite
En Corse elles sont génoises comme nos phares sont bretons!

Illustrations: golfe de Sagone au Sud-Ouest de la Corse en mai 2015 (cliquer sur les photos pour les agrandir).

mardi 19 mai 2015

Monuments du Néolihique

Points communs entre Armorique et la Corse

Ces deux  régions  influencées par la mer ont, en y regardant de plus près, bien des points communs, à commencer par les origines et la période Néolithique.
L'apparition du mégalithisme en Corse date de la première moitié du 5e millénaire (4500 à 4300 avant notre ère).

La photo présente l'alignement d'I Stantari ("Pierres dressées" en corse), avec ses stèles phalliques. Il est classé MH depuis 1975. Ce site (au sud de Sartène, en Corse du Sud) comporte une centaine de monolithes dont une grande partie couchée. Ces pierres de granite (un autre point commun avec la Bretagne) ont été extraites du site même (à quelques centaines de mètres).Trois phases ont été mises en évidence par les archéologues sur ce site aux stèles travaillées  dont les plus spectaculaires datent du Bronze final (1300 à 900 avant notre ère). A proximité, les alignements de Renaghju comportent au moins 170 monolithes.
Dans le même secteur, à 300m de I Stantari et 400m de Renaghju, le dolmen le mieux conservé de Corse, dolmen de Funtanaccia, classé MH depuis 1900. Ce dolmen faisait partie d'une nécropole de trois dolmens dont il ne reste aujourd'hui que celui-ci (trois dolmens? on pense aux 3 allées couvertes du Liscuis!). Ce monument particulièrement soigné est en granite. Sa couverture exceptionnelle par sa finesse fait 3m40 de longueur pour 2m90 de largeur. La chambre funéraire fait 2m50 de longueur pour 1m60 de largeur et 1m80 de hauteur. Son poids est estimé à 15 tonnes.
Les archéologues ne savent pas si le monument disposait d'un tumulus de recouvrement ou d'un cairn. L'aspect circulaire de l'élévation sur laquelle il est implanté peut laisser supposer ce recouvrement (de nombreux murs en pierres sèches autour de cet endroit pourraient bien avoir été construits par les pierres du monument).

Sources: L.Ogel. Direction du Patrimoine de la Collectivité Territoriale de Corse.

samedi 2 mai 2015

Poème

Ponema et la rose
Landes du Liscuis et Quénécan en avril 2015

Mes mains caressent les rochers
Masques des mondes invisibles
Au coeur des ombres condamnées
Demeurent les secrets illisibles

Le temps des roses bardées d'épines
Farouches fleurs si bien gardées
S'enfuit bien vite sur la colline
Où le mystère demeure entier

De sombres ifs marquent l'endroit
Arbres sacrés d'une autre époque
Culture des Celtes d'autrefois
Que les anciens parfois évoquent
Landes du Liscuis au-dessus de la vallée du Blavet: avril 2015

Au temps désormais sans mémoire
Que dit la pierre aux gens qui passent
Cherchant dans les ombres du soir
L'ancien secret ou quelques traces

De Ponema et ses vertus
Ou Artémise cueillant l'armoise?
L'écho de ce temps révolu
Résonne encore sur les ardoises

L'armoise a laissé place aux roses
Et la sorcière a effacé
Les traces et la couleur des choses
De l'ancien monde vite oublié.

mercredi 29 avril 2015

Mégalithes du Néolithique

Aux limites de Caurel, St Gelven, Laniscat et sur Saint Mayeux, un bel ensemble mégalithique à découvrir...
Menhir de Porz Guillo en St Mayeux

Sur les hauteurs qui dominent Caurel, mais sur le territoire communal de Saint Mayeux se dressent de magnifiques affleurements schisteux à niveaux interstratifiés de grès-quartzites, une véritable armature contre l'érosion transformant ce secteur en petite montagne. Sur le flanc Nord de ces formations, on domine le relief anticlinal de St Mayeux à Laniscat et dans cet endroit résistent encore quelques très beaux mégalithes originaux en schistes du Siluro-Dévonien  comme le Porz Guillo qui fait 4m50 de hauteur  et vu ici sur sa face Ouest.

La deuxième photo montre sa face Nord et une vue sur la stratification originelle de la roche. Ce menhir très élégant et de grande finesse doit peut-être sa survie à une christianisation dont il est possible d'observer les traces sur le sommet de la face Sud. Une croix est en effet gravée dans la masse et une niche destinée à recevoir une statue (aujourd'hui, vide)est creusée le long du tronc et sous une des branches de la croix en relief. Plusieurs sites  sur les mégalithes des Côtes d'Armor montrent des vues de cette face Sud). Ici, le schiste n'est pas qualifié d'ardoisier car il n'a pas de réelle fissilité. Son niveau de métamorphisme et l'alternance de lits gréso-quartzitiques en font une pierre impropre à la confection d'ardoises.


A quelques centaines de mètres de Porz Guillo, se dresse le menhir Ty Min, une pierre de 3m25 et toujours dans le même matériau schisto-quartzitique mais cette fois lardé de quartz laiteux, le même que celui qui abonde sur les affleurements à proximité.
Entre ces deux menhirs, les archéologues en ont identifié un troisième, toujours dans la même roche mais couché cette fois et à quelques dizaines de mètres du Porz Guillo. Cette vue est prise du Nord.

 En regardant attentivement la partie Est du menhir, la stratification naturelle de la roche apparaît très clairement (cliquer sur la photo pour agrandir).
A proximité de ce menhir, des blocs plurimétriques de la même roche sont alignés, comme entreposés dans des conditions de "sortie de carrière" et qui font penser à de potentiels mégalithes. Il est possible qu'une exploitation de ces roches à l'époque contemporaine ait été menée sur ces affleurements et pour la construction (maçonnerie) puisqu'ils n'ont pas été considérés par les archéologues comme d'époque Néolithique.

samedi 18 avril 2015

Sculptures

Art et sculptures en pays Fisel; un petit détour par l'atelier de Clotilde Cousin à St Michel en Glomel (22110)
D'une pierre qu'elle avait ramassée pour un sculpteur, elle avait gardé un bout qu'elle se mit à sculpter pendant des heures (une nuit entière), possédée par la mise en forme d'une première oeuvre. Cette rencontre avec l'ardoise puisqu'il s'agit de cette roche métamorphique, va faire naître et s'épanouir une relation avec l'art. Elle va ensuite rencontrer Annick Leroy* et cette rencontre sera déterminante dans le développement de sa passion.
En 2005, elle se forme en fonderie d'art à Libourne et découvre le moulage et la pratique de différentes matières: plâtre, cire, résine...

Photo 1: Femme nue méditant: ardoise polie (cliquer sur la photo pour l'agrandir)

"Ronde d'oiseaux" sur lierre
"Feu follet" au visage  sur champignon


Le travail de Clotilde révèle la spontanéité, la liberté, l'esprit curieux associant la terre, les pigments, le verre, le bois, les minéraux. Elle est attirée par l'alliance du feu et de la terre, expérimente les constructions et cuissons en four papier. La flamme libre et hasardeuse offre une dimension autre à ses pièces cuites et recuites. Le regard à l'affût, elle sait découvrir les formes invisibles au creux des arbres et dans son univers des bords de Trégarantec où les bois aux troncs majestueux, les étangs,
 la sérénité et la beauté du lieu lui offrent cette magnifique rencontre avec la terre.

Clotilde, aventurière de la matière noble et naturelle sait créer avec les pièces de bois qu'elle glane des oeuvres uniques où le métal, la terre, le verre, la céramique, le bronze et le feu fusionnent avec magie.
Clotilde vit et travaille à Kergonan en Saint Michel, commune de Glomel (22110). Une exposition permanente est visible dans ses ateliers où elle organise des stages toute l'année. Pour la contacter: une adresse mail: clotildecousin@free.fr. L'atelier est facile à trouver, il suffit de prendre à la sortie de Rostrenen, la route de Plouray et tourner au carrefour vers Saint Michel en Glomel, une signalisation spécifique est en place.

Dernière photo: jeune homme en terre cuite fumée.
*:Annick Leroy, sculpteur célèbre pour ses sculptures monumentales dont le célèbre trio des Soeurs Goadec à Carhaix.
Sources: texte inspiré du livre du trentenaire de l'atelier du Thabor à Rennes
Illustrations: oeuvres de Clotilde Cousin.

samedi 11 avril 2015

Poème

La vie
"La vie est un épisode inutile et perturbateur dans le bienheureux sommeil du néant"
                                                      Schopenhauer

Crépuscule sur Bréhat (22)
Lumière et ciel d'azur, pluie, soleil et orages
Le rire des enfants, la tristesse et les pleurs
Les sourires et plaisirs, les passions, les douleurs
Réveillent le "néant" "bienheureux" et sans âge

La vie est sensations, mouvements et souplesse
Fragilité aussi dans les cycles changeants
La beauté éphémère et le bleu océan
Font de cet "épisode", sa force et sa richesse


Crépuscule en mer
Lorsque le crépuscule à Beltaine flamboie
Et donne à l'horizon sa sublime harmonie
Le Ponant lumineux dans le lointain faiblit
Pour accueillir la lune jaunissant les vieux toits

Dans la vallée boisée caressons les grands chênes
Médiateurs généreux entre la terre et nous
J'aime sentir leur force quand le vent les secoue
Noueux gardiens des sources habillées aux fontaines
Chemin des douaniers à Crozon en 2013


Laissons le philosophe et sa définition
La vie est-elle utile? Question bien singulière
La vie est là qui passe et n'a pas de frontières
L'Univers sans "sommeil" poursuit son expansion.

vendredi 10 avril 2015

Guerlédan

De Kériven (Caurel) à Trégnanton (Saint Gelven), petit retour dans le temps avec l'assèchement du lac de Guerlédan (entre Côtes d'Armor et Morbihan).

Le retrait des eaux du lac de Guerlédan laisse voir des vestiges qui réactivent la mémoire des riverains  et une véritable remontée du temps s'opère alors avec le rappel d'événements parfois heureux mais aussi souvent tragiques comme des accidents mortels (dans les nombreuses carrières englouties ou dans le canal lui-même). La photo prise à proximité de Trégnanton début avril 2015, montre une porte d'écluse sur l'ancien canal de Nantes à Brest et sur laquelle on aperçoit encore le reste de passerelle à pied et l'intérieur de l'écluse chargée de sédiments et bois divers. On observe aussi malheureusement des quantités de déchets imputrescibles (verre, plastics) qui témoignent de l'indifférence des gens vis à vis de la nature et de l'environnement.
Sur cette deuxième vue prise au même endroit, on aperçoit bien la maçonnerie particulièrement soignée de l'écluse. Ces maçonneries ont été réalisées par des ouvriers creusois avec du granite bien breton. Les bâtisseurs du canal de Nantes à Brest n'ont pas , en effet, utilisé uniquement des bagnards pour le percement du canal. Il y avait aussi des volontaires locaux, parfois débauchés d'activités locales importantes comme sur le tronçon Gouarec- Saint Aignan où l'extraction de minerai de fer à destination des Forges des Salles en Quénécan subira cette pression sur la main d'oeuvre. "L'élite" si l'on peut dire  était donc constituée par les maçons des écluses (ceux qui ont également construit le Paris Haussmannien).
Devant Kériven apparaissent les maisons et les endroits comme cette ferme avec son alignement de pommiers près du canal ainsi que les endroits dont certains sont attachés à des drames comme ce meurtre d'un contremaître ardoisier de St Gelven, Joseph Lannezval par trois ardoisiers de Caurel. Ces trois ouvriers sont jugés en 1889 et deux d'entre eux, reconnus coupables (les raisons de ce meurtre restent assez confuses et seraient liées à un conflit à propos d'ardoises (au "chantier des Gaulois" selon la tradition orale) sont condamnés à 15 ans de bagne. Nommés Misère et Fioche, seul ce dernier reviendra au pays en 1904 et montrera encore bien des années plus tard les traces de ses fers aux habitants du pays, tous convaincus de son innocence. Ces souvenirs de l'époque du canal et des ardoisières (qui fonctionnent du XVIIe au début du XXe siècle) ont été transmis par les anciens du pays comme Yves Marie Galiot, ardoisier bien connu de Caurel.
Sources:"Les Forges des Salles" par André Le Coroller; synthèse des archives privées des Forges des Salles. Marie Noelle Le Mapihan, petite fille de l'ardoisier Yves Marie Galiot, chanteuse et "mémoire" de Caurel.

dimanche 5 avril 2015

Guerlédan

Racetrack Playa à Trégnanton?


Un habitué du canal de Nantes à Brest du secteur Caurel- St Gelven (22) s'inquiète de voir des blocs de plusieurs dizaines de kilos se déplacer d'un jour à l'autre vers le lit du Blavet en laissant une trace dans la vase (au lieu de s'enfoncer dedans comme le fait ce même jour d'avril un malheureux visiteur piégé dans la vase et dégagé par les pompiers). Ce phénomène ici compréhensible par l'association de la viscosité naturelle de la vase et la gravité (il y a une légère pente vers le Blavet canalisé) peut faire penser aux pierres mouvantes de la Vallée de la mort en Californie (Racetrack Playa) où le mystère des pierres mouvantes a longtemps alimenté tous les fantasmes!
La Vallée de la mort est une surface horizontale et les pierres changent de direction, ce qui complique l'interprétation néanmoins toujours rationnelle et géologique (la nature pétrographique du substrat et la présence périodique de glace permet d'expliquer le phénomène). Les choses sont ici beaucoup plus simples à comprendre. Ces pierres en grès armoricain (de l'Ordovicien inférieur:Arénigien) proviennent d'une purge de mur d'escalade sur la rive nord du lac. Elles ont donc un mouvement au départ qui les fait tomber sur la vase en cours de solidification. La viscosité de cette vase et la pente légère à cet endroit vers le canal explique la suite et les traces qui continuent à s'allonger jusqu'à ce que la solidification des sédiments fige le mouvement. Mais il est fortement déconseillé aux promeneurs de s'aventurer sur cette surface glissante (un arrêté préfectoral interdit l'accès au lac) et deux accidents  dont l'un a nécessité la présence d'un hélicoptère constituent déjà un avertissement à tous les imprudents.