Atelier pédagogique au musée archéologique du Grand Pressigny (Indre-et-Loire)
Dans le cadre de la gestion du temps périscolaire (TAP) d'enfants du Primaire, des ateliers pédagogiques sont proposés par les archéologues comme c'est le cas sur le célèbre site du Grand Pressigny, la "capitale" préhistorique du silex.
Ces ateliers proposent de réaliser des habitats mobiles à partir d'un socle de plâtre peint comme le montre la première vue ci-contre (cliquer dessus pour agrandir l'image). Cette animation vise à faire découvrir les modes de vie des hommes préhistoriques à différentes époques (Aurignacien:38000 à 29000 BP, Gravettien: 29000 à 22000 BP.Solutréen: 22000 à 17000 BP.Magdalénien:17000 à 12000 BP. Mésolithique:12000 à5000 et Néolithique:5000 à 2000 BP en Bretagne.)
Cette seconde vue montre la pose d'une peau sur l'armature en bois de l'habitat. Cette animation est adaptée à des groupes de 4 à 5 enfants. Le montage assez rapide de cette maquette permet au groupe de passer à un autre type d'habitat plus tardif (Néolithique) et beaucoup plus élaboré.Voir l'article du 16 janvier dernier sur ce blog.
Cette maquette d'habitat collectif du Néolithique est photographiée dans une vitrine du musée et correspond au type d'habitat représenté au musée de Plussulien, sur le modèle des découvertes de Pléchâtel en Ille-et-Vilaine: sorte de longère recouverte de chaume et abritant un clan composé de plusieurs familles sédentarisées (habitat collectif)
Le musée propose aussi une animation artistique avec l'emploi de pigments naturels comme le montre la photo à gauche: reproduction d'un cheval avec pigments ocres naturels et charbon de bois sur un support en tuffeau blanc (dallages à disposition des enfants et qui peuvent également être gravés à la pointe silex.)
Reproduction des "lionnes" de la grotte Chauvet en Ardèche (Aurignacien) par crayons au charbon de bois sur tuffeau blanc.
L'allumage du feu est également réalisé à partir de deux méthodes: l'embrasement d'amadou par éclats incandescents de marcassite frottée par silex et poussière embrasée par frottement (noisetier sur lierre ou bois tendre très sec).
Sources: Ateliers pédagogiques du Grand Pressigny (37): Mr Frédéric Demouche archéologue adjoint au responsable chargé du public. Février 2015
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jeudi 26 février 2015
samedi 21 février 2015
Peinture et Histoire
L'éternel féminin
Pastel sur papier noir 65x40 PJ 2015
Inspiré par les "Héroïnes" de Titouan Lamazou et l'exposition au château royal de Loches en 2013. A l'aube de la civilisation occidentale, des femmes ont marqué leur temps comme Nosside (IIIe siècle avant JC) qu'Antipater de Sidon (IIe siècle av JC) plaçait parmi les plus célèbres, Myrtis (VIe siècle avant JC) qui apprit l'art de la versification à Pindare (poète lyrique célèbre), Praxille de Sicyone (Ve siècle avant JC) qui inventa le vers dit Praxillien, Phanatea, femme d'Icare, introductrice du vers hexamètre, Stésichore: poète et philosophe (VIe siècle avant JC), Aspasie de Milet (Ve siècle avant JC) qui enseigna la philosophie à Socrate et l'éloquence à Périclès.
Ajoutons des héroïnes historiques comme Hypatie d'Alexandrie, mathématicienne et philosophe démembrée puis brûlée par les chrétiens en 415 (la barbarie et la haine du savoir ne datent pas d'hier!). Voir à ce sujet l'excellent film "Agora" d'Alejandro Amenabar,
Jeanne d'Arc (1412-1431),libératrice d'Orléans, Anne de Bretagne (1477-1514), Duchesse de Bretagne et deux fois reine de France.
Et pour faire plus local, ajoutons Marion du Faouët la célèbre "Robin des bois" du centre Bretagne. A l'état civil: Marie-Louise Tromel, chef de bande née en 1717 et pendue en place Saint Corentin à Quimper en 1755.Sa légende est toujours bien présente entre Morbihan, Finistère et Côtes d'Armor. La grotte où se cacha l'un de ses frères est encore visible dans le bois de Kerbescond à Rostrenen et sa mère hélène Kerneau décédera dans le manoir de Kerbescond proche de cette grotte dans le granite de Rostrenen.
Image : pastel aux couleurs inversées.
Pastel sur papier noir 65x40 PJ 2015
Inspiré par les "Héroïnes" de Titouan Lamazou et l'exposition au château royal de Loches en 2013. A l'aube de la civilisation occidentale, des femmes ont marqué leur temps comme Nosside (IIIe siècle avant JC) qu'Antipater de Sidon (IIe siècle av JC) plaçait parmi les plus célèbres, Myrtis (VIe siècle avant JC) qui apprit l'art de la versification à Pindare (poète lyrique célèbre), Praxille de Sicyone (Ve siècle avant JC) qui inventa le vers dit Praxillien, Phanatea, femme d'Icare, introductrice du vers hexamètre, Stésichore: poète et philosophe (VIe siècle avant JC), Aspasie de Milet (Ve siècle avant JC) qui enseigna la philosophie à Socrate et l'éloquence à Périclès.
Ajoutons des héroïnes historiques comme Hypatie d'Alexandrie, mathématicienne et philosophe démembrée puis brûlée par les chrétiens en 415 (la barbarie et la haine du savoir ne datent pas d'hier!). Voir à ce sujet l'excellent film "Agora" d'Alejandro Amenabar,
Jeanne d'Arc (1412-1431),libératrice d'Orléans, Anne de Bretagne (1477-1514), Duchesse de Bretagne et deux fois reine de France.
Et pour faire plus local, ajoutons Marion du Faouët la célèbre "Robin des bois" du centre Bretagne. A l'état civil: Marie-Louise Tromel, chef de bande née en 1717 et pendue en place Saint Corentin à Quimper en 1755.Sa légende est toujours bien présente entre Morbihan, Finistère et Côtes d'Armor. La grotte où se cacha l'un de ses frères est encore visible dans le bois de Kerbescond à Rostrenen et sa mère hélène Kerneau décédera dans le manoir de Kerbescond proche de cette grotte dans le granite de Rostrenen.
Image : pastel aux couleurs inversées.
vendredi 13 février 2015
Peinture et poème
"Le port de la grotte des légendes secrètes" (huile sur toile de Reon)
Sous les larmes de pluie se révèle l'ardoise
Au bleu sombre et rouillé dans ce pays si vieux
Et sur l'étang perdu où les oiseaux se croisent
La surface en miroir reflète de grands yeux
Dans ces yeux j'aperçois le destin qui me toise
Bien souvent j'ai rêvé d'un infini bonheur
En me laissant bercer par les chants et les mots
La complainte des fées guidant le voyageur
Jusqu'à l'embarcadère de ce port sous les eaux
Sous les eaux cette grotte a la forme d'un coeur
Qui donc connait encore l'endroit et son mystère
Sous le miroir mobile aux reflets de ciel noir
Portant toujours les rêves que cette toile éclaire
Jusqu'aux nuits sans lumière où se meurt l'espoir?
Et la mélancolie prend possession de l'air
J'entends pourtant ici comme l'écho troublant
De ce monde hygrophile agitant la pénombre
Je reconnais les sons venus d'un autre temps
Qui me parlent d'un rêve resurgi d'outre-tombe
Etrange paradis bleu où sommeillent les amants
Dans l'espace endormi sous d'hivernales gelées
J'ai vu passer la barque d'une triade perdue
Polymnie, Calliope, Erato égarées
De la rive boisée à la grotte inconnue
Instant de temps furtif par le peintre figé.
Tableau de Reon "Le port de la grotte des légendes secrètes", la Légende d'Argondia, autrefois en forêt de Quénécan et aujourd'hui à Prague, rép. Tchèque. Photo de l'étang des Salles en 2013, face au château ruiné, ancien domaine des Rohan.
Sous les larmes de pluie se révèle l'ardoise
Au bleu sombre et rouillé dans ce pays si vieux
Et sur l'étang perdu où les oiseaux se croisent
La surface en miroir reflète de grands yeux
Dans ces yeux j'aperçois le destin qui me toise
Bien souvent j'ai rêvé d'un infini bonheur
En me laissant bercer par les chants et les mots
La complainte des fées guidant le voyageur
Jusqu'à l'embarcadère de ce port sous les eaux
Sous les eaux cette grotte a la forme d'un coeur
Qui donc connait encore l'endroit et son mystère
Sous le miroir mobile aux reflets de ciel noir
Portant toujours les rêves que cette toile éclaire
Jusqu'aux nuits sans lumière où se meurt l'espoir?
Et la mélancolie prend possession de l'air
J'entends pourtant ici comme l'écho troublant
De ce monde hygrophile agitant la pénombre
Je reconnais les sons venus d'un autre temps
Qui me parlent d'un rêve resurgi d'outre-tombe
Etrange paradis bleu où sommeillent les amants
Dans l'espace endormi sous d'hivernales gelées
J'ai vu passer la barque d'une triade perdue
Polymnie, Calliope, Erato égarées
De la rive boisée à la grotte inconnue
Instant de temps furtif par le peintre figé.
Tableau de Reon "Le port de la grotte des légendes secrètes", la Légende d'Argondia, autrefois en forêt de Quénécan et aujourd'hui à Prague, rép. Tchèque. Photo de l'étang des Salles en 2013, face au château ruiné, ancien domaine des Rohan.
mercredi 11 février 2015
Art et archéologie
Malansac (à 2 kms de Rochefort-en-Terre) dans le Morbihan: un parc à remonter le temps.
Le site des anciennes carrières de schiste de Malansac a été transformé en parc à remonter le temps, des Dinosaures aux peuples du Néolithique avec sur cette vue, la reconstitution d'un déplacement de menhir par les hommes du Néolithique. Cette reconstitution est également réalisée de nos jours par l'archéologie expérimentale qui s'attache à comprendre les techniques utilisées par les hommes de cette époque (5000 à 2000 av JC en Bretagne).
Mais quel lien peut-on faire entre Malansac (56)et Gouarec (22)?
Ce lien est fait par le célèbre Charles Filiger, le peintre de "l'école de Pont-Aven" ayant séjourné à Gouarec de 1906 à 1908, passé par Malansac en 1902, d'où il dessine et colorie des staurotides, les célèbres "croisettes de Bretagne".
Ces staurotides (voir le message du 22/01/2013 sur ce blog) que l'on trouve en Bretagne dans plusieurs endroits (Le Grand Fougeray en 35, Coray en 29) mais difficilement à Perret ou Sainte Brigitte où il s'agit d'andalousite, ont été bien observées par le peintre qui en fait une représentation à la fois très précise et très esthétique.
(source: André Cariou, Conservateur honoraire du Musée des Beaux Arts de Quimper).
Le site des anciennes carrières de schiste de Malansac a été transformé en parc à remonter le temps, des Dinosaures aux peuples du Néolithique avec sur cette vue, la reconstitution d'un déplacement de menhir par les hommes du Néolithique. Cette reconstitution est également réalisée de nos jours par l'archéologie expérimentale qui s'attache à comprendre les techniques utilisées par les hommes de cette époque (5000 à 2000 av JC en Bretagne).
Mais quel lien peut-on faire entre Malansac (56)et Gouarec (22)?
Ce lien est fait par le célèbre Charles Filiger, le peintre de "l'école de Pont-Aven" ayant séjourné à Gouarec de 1906 à 1908, passé par Malansac en 1902, d'où il dessine et colorie des staurotides, les célèbres "croisettes de Bretagne".
Ces staurotides (voir le message du 22/01/2013 sur ce blog) que l'on trouve en Bretagne dans plusieurs endroits (Le Grand Fougeray en 35, Coray en 29) mais difficilement à Perret ou Sainte Brigitte où il s'agit d'andalousite, ont été bien observées par le peintre qui en fait une représentation à la fois très précise et très esthétique.(source: André Cariou, Conservateur honoraire du Musée des Beaux Arts de Quimper).
mardi 3 février 2015
Poème
L'hiver
C'est un temps qui vous accable
Une saison sans soleil
Un ciel gris déraisonnable
Et le village en sommeil
Le noir, le blanc, l'eau, le vent
Font le décor hivernal
Un quadrige aux vents glaçants
En chevauchée infernale
C'est un vol noir de corbeaux
Ton sur ton au ciel plombé
Chant du vent et chant de l'eau
En symphonie agitée
La tempête désespère
Le citadin passager
Quand l'indigène solitaire
Sous son toit sait l'apprécier
Je sais bien que ce temps là
Prépare une renaissance
Ce n'est pas toujours le glas
Qui fait vibrer le silence
Sous la neige déjà se pointent
Les ornements du printemps
Et j'entends comme une plainte
De l'hiver bientôt mourant
Quelques bourgeons s'aventurent
Dans la fraîcheur sans lumière
La vie sort de sépulture
Où s'en retourne l'hiver!
Dans les buissons du chemin
Je ne vois que des épines
Mais je pressens le matin
Où fleurira l'églantine
C'est la rose pourpre ou sanguine
Qui à nouveau patiemment
Prépare sa "vesprée" divine
Aux couleurs du grand beau temps
Bientôt la saison des rires
Pour oublier les frissons
De cet hivernal soupir
Dans le secret des maisons.
| Rosquelfen en mars 2013 |
C'est un temps qui vous accable
Une saison sans soleil
Un ciel gris déraisonnable
Et le village en sommeil
Le noir, le blanc, l'eau, le vent
Font le décor hivernal
Un quadrige aux vents glaçants
En chevauchée infernale
C'est un vol noir de corbeaux
Ton sur ton au ciel plombé
Chant du vent et chant de l'eau
En symphonie agitée
La tempête désespère
Le citadin passager
Quand l'indigène solitaire
Sous son toit sait l'apprécier
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| Source gelée en vallée du Daoulas |
Je sais bien que ce temps là
Prépare une renaissance
Ce n'est pas toujours le glas
Qui fait vibrer le silence
Sous la neige déjà se pointent
Les ornements du printemps
Et j'entends comme une plainte
De l'hiver bientôt mourant
Quelques bourgeons s'aventurent
Dans la fraîcheur sans lumière
La vie sort de sépulture
Où s'en retourne l'hiver!
Dans les buissons du chemin
Je ne vois que des épines
Mais je pressens le matin
Où fleurira l'églantine
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| Vallée du Blavet vue du Rocher du Marquis en 2013 |
C'est la rose pourpre ou sanguine
Qui à nouveau patiemment
Prépare sa "vesprée" divine
Aux couleurs du grand beau temps
Bientôt la saison des rires
Pour oublier les frissons
De cet hivernal soupir
Dans le secret des maisons.
lundi 26 janvier 2015
Esotérisme, Légendes
L'Agrippa au pays de Gouarec (Côtes d'Armor)
En cherchant des informations sur les légendes et les traditions et usages en pays de Gouarec, je suis tombé sur un texte de Gaultier du Mottay (Historien-Géographe:1811-1883) publié dans l'édition de Henri Charpentier, Imprimeur-Editeur à Nantes en 1865, publication reprise dans une nouvelle édition "Culture et civilisation" à Bruxelles en 1977. Je cite intégralement ce texte assez troublant car l'endroit dont il est question est bien connu des anciens Gouarécains et des gens âgés du pays: "Dans un taillis situé au dessus du bourg de Gouarec, se trouve une allée couverte formée de larges dalles schisteuses; elle aurait, paraît-il, servi de refuge pendant les guerres civiles. (L'auteur fait ici allusion aux allées couvertes de Bochacoat à la Lande de Gouarec, dont il ne reste que la plus longue ruinée).
Mais tout l'intérêt de ce monument celtique (il confond comme
tous les archéologues du XIXe, l'époque celtique et le Néolithique
auquel appartient ce monument) s'efface, nos lecteurs en conviendront, devant celui d'une certaine grotte située sur les bords du Blavet, renfermant le fameux livre enchanté, nommé l'Agrippa. Il est enchaîné à une table de pierre et sa couverture est fermée par sept clés. Ni le feu ni l'eau n'ont d'action sur lui; il sert à évoquer quand on en a besoin, le diable qui ne manque jamais de répondre à l'appel, s'il est fait suivant les règles."
Ce texte étonnant parle de la grotte dans les schistes et quartzites
au contact du Lockhovien (grès ferrugineux) et du Siluro-Dévonien du bois de gouarec. Cette ancienne excavation liée à l'exploitation du fer traité aux Forges en forêt de Quénécan était visible à proximité du chemin qui
reliait Toul Goanv à la Lande de Gouarec au halage du Blavet canalisé. Ce chemin et le droit de passage ont été cédés à un acheteur privé (famille Le Guéné) à la fin des années 1960. L'accès a donc disparu depuis. Je me souviens (pour y avoir joué étant enfant) de cette grotte,alors vide, à proximité de laquelle coulait une source.
Le nom d'Agrippa ou Livre Noir vient du nom de Henri Corneille Agrippa (1486-1535), philosophe et médecin allemand considéré comme savant alchimiste. Il rédige cinq livres connus de magie noire qui ont la réputation d'être dotés d'une volonté propre! De rares éditions anciennes existent encore en Europe chez des collectionneurs spécialisés. Ce livre était encore bien présent dans la société paysanne du XXe siècle et y compris en terres très chrétiennes car je me souviens des récits que faisait ma mère (née en 1923 dans le Léon) à propos de ce livre.
Elle l'appelait "le petit livre rouge" car, disait-elle, il avait une couverture rouge (et était sans doute tout aussi interdit que celui de Mao par le clergé local!) Celui qui lisait "innocemment" ce livre voyait se passer de drôles de choses très peu naturelles! Par exemple, les choux-fleurs sortaient de terre dans le jardin de sa grand-mère et faisaient le tour de la maison avant de se replanter (la volonté propre du livre!) Pour que les choses rentrent dans l'ordre, il fallait relire les phrases lues à l'envers et pour cela le curé était appelé en catastrophe à la rescousse. Les choses redevenues normales, le curé jetait le livre dans la cheminée. Le fait d'avoir des livres, à l'exception des religieux (bible, missel, katekiz coz...)n'était pas très bien vu; le savoir appartenait à une certaine catégorie sociale mais pas au peuple ignorant qui devait sans doute le rester comme en témoigne la dernière phrase d'une prière récitée en Léon jusqu'au milieu du XXe siècle: "Ha da bep ini da chom en e renk": "et que chacun reste à sa place"!
Dans le secteur de Gouarec, on retrouve l'Agrippa dans les années 1950 dans une ferme (Kerbihan) à proximité du Sulon en allant de Gouarec vers Ste Tréphine, un secteur marqué par les rites antérieurs à l' ère chrétienne, rites probablement celtiques comme ceux d'immersion dans le Sulon pratiqués à l'emplacement actuel de la chapelle Saint Mathurin en ruine. Celle-ci a été construite dans le but "d'effacer" le rite antérieur, sa promotion s'est faite par le clergé local au XVIIe siècle à la suite du fameux "miracle du Pohon" un sauvetage d'enfant tombé dans un puits et récupéré par sa soeur plus âgée et certainement très dégourdie!
Ces fermiers chez qui les parents allaient chercher le beurre une fois par semaine, plaçaient l'argent qu'ils possédaient à l'intérieur de l'Agrippa, le livre auquel ils faisaient plus confiance qu'aux banques (les événements de 2008 avec l'ébranlement du système financier dans sa globalité leur donneraient raison s'ils étaient encore là!)Certains éléments en pierre comme les lec'h ou stèles de granite, les sphères ou "boules de Saint Trémeur", le "sarcophage" en granite, sont autant d'éléments concentrés autour de l'église de Sainte Tréphine et qui témoignent encore du poids des légendes et superstitions à proximité du Sulon et du Blavet, deux rivières qui doivent leur nom aux dieux de la période celtique.
Sources:La Bretagne Contemporaine. Sites pittoresques, monuments, costumes. Scènes de moeurs, Histoire, Légendes. Traditions et Usages. Deuxième volume (Finistère, Côtes-du-Nord, Ille et Vilaine). Editions Culture et civilisation, Bruxelles 1977. Sites photos "fr.123rf.com/images libres de droit.
En cherchant des informations sur les légendes et les traditions et usages en pays de Gouarec, je suis tombé sur un texte de Gaultier du Mottay (Historien-Géographe:1811-1883) publié dans l'édition de Henri Charpentier, Imprimeur-Editeur à Nantes en 1865, publication reprise dans une nouvelle édition "Culture et civilisation" à Bruxelles en 1977. Je cite intégralement ce texte assez troublant car l'endroit dont il est question est bien connu des anciens Gouarécains et des gens âgés du pays: "Dans un taillis situé au dessus du bourg de Gouarec, se trouve une allée couverte formée de larges dalles schisteuses; elle aurait, paraît-il, servi de refuge pendant les guerres civiles. (L'auteur fait ici allusion aux allées couvertes de Bochacoat à la Lande de Gouarec, dont il ne reste que la plus longue ruinée).
Mais tout l'intérêt de ce monument celtique (il confond comme
| Restes d'une allée couverte de Bochacoat |
auquel appartient ce monument) s'efface, nos lecteurs en conviendront, devant celui d'une certaine grotte située sur les bords du Blavet, renfermant le fameux livre enchanté, nommé l'Agrippa. Il est enchaîné à une table de pierre et sa couverture est fermée par sept clés. Ni le feu ni l'eau n'ont d'action sur lui; il sert à évoquer quand on en a besoin, le diable qui ne manque jamais de répondre à l'appel, s'il est fait suivant les règles."
Ce texte étonnant parle de la grotte dans les schistes et quartzites
au contact du Lockhovien (grès ferrugineux) et du Siluro-Dévonien du bois de gouarec. Cette ancienne excavation liée à l'exploitation du fer traité aux Forges en forêt de Quénécan était visible à proximité du chemin qui
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| Agrippa aux sept fermetures |
reliait Toul Goanv à la Lande de Gouarec au halage du Blavet canalisé. Ce chemin et le droit de passage ont été cédés à un acheteur privé (famille Le Guéné) à la fin des années 1960. L'accès a donc disparu depuis. Je me souviens (pour y avoir joué étant enfant) de cette grotte,alors vide, à proximité de laquelle coulait une source.
Le nom d'Agrippa ou Livre Noir vient du nom de Henri Corneille Agrippa (1486-1535), philosophe et médecin allemand considéré comme savant alchimiste. Il rédige cinq livres connus de magie noire qui ont la réputation d'être dotés d'une volonté propre! De rares éditions anciennes existent encore en Europe chez des collectionneurs spécialisés. Ce livre était encore bien présent dans la société paysanne du XXe siècle et y compris en terres très chrétiennes car je me souviens des récits que faisait ma mère (née en 1923 dans le Léon) à propos de ce livre.
Elle l'appelait "le petit livre rouge" car, disait-elle, il avait une couverture rouge (et était sans doute tout aussi interdit que celui de Mao par le clergé local!) Celui qui lisait "innocemment" ce livre voyait se passer de drôles de choses très peu naturelles! Par exemple, les choux-fleurs sortaient de terre dans le jardin de sa grand-mère et faisaient le tour de la maison avant de se replanter (la volonté propre du livre!) Pour que les choses rentrent dans l'ordre, il fallait relire les phrases lues à l'envers et pour cela le curé était appelé en catastrophe à la rescousse. Les choses redevenues normales, le curé jetait le livre dans la cheminée. Le fait d'avoir des livres, à l'exception des religieux (bible, missel, katekiz coz...)n'était pas très bien vu; le savoir appartenait à une certaine catégorie sociale mais pas au peuple ignorant qui devait sans doute le rester comme en témoigne la dernière phrase d'une prière récitée en Léon jusqu'au milieu du XXe siècle: "Ha da bep ini da chom en e renk": "et que chacun reste à sa place"!
| Ruines de St Mathurin à Trozulon |
Ces fermiers chez qui les parents allaient chercher le beurre une fois par semaine, plaçaient l'argent qu'ils possédaient à l'intérieur de l'Agrippa, le livre auquel ils faisaient plus confiance qu'aux banques (les événements de 2008 avec l'ébranlement du système financier dans sa globalité leur donneraient raison s'ils étaient encore là!)Certains éléments en pierre comme les lec'h ou stèles de granite, les sphères ou "boules de Saint Trémeur", le "sarcophage" en granite, sont autant d'éléments concentrés autour de l'église de Sainte Tréphine et qui témoignent encore du poids des légendes et superstitions à proximité du Sulon et du Blavet, deux rivières qui doivent leur nom aux dieux de la période celtique.
Sources:La Bretagne Contemporaine. Sites pittoresques, monuments, costumes. Scènes de moeurs, Histoire, Légendes. Traditions et Usages. Deuxième volume (Finistère, Côtes-du-Nord, Ille et Vilaine). Editions Culture et civilisation, Bruxelles 1977. Sites photos "fr.123rf.com/images libres de droit.
jeudi 22 janvier 2015
Poème
La fée des ombres
Les volutes bleu pâle surplombant la toiture
Révèlent la vie lovée au coeur de la maison
Le monde est si paisible près du feu qui rassure
Les ombres dansent avec les mots d'une chanson
Le vent indifférent estompe encore la voix
Les sons à peine audibles de l'étrange mélodie
J'imagine l'éclat des braises qui flamboient
Les mouvantes couleurs sur un corps alangui
C'est un rêve, une douleur
Le poids d'ombres des mois noirs
C'est le parfum d'une fleur
Qui persiste en ma mémoire
Las! rien ne peut s'oublier
Aux fontaines de jouvence
Douceur des corps enlacés
Puis consumés dans l'absence
Immobilité au creux du silence
Linceul blanc de givre dans l'aube naissante
Oh la saison morte et l'indifférence!
Pour quelle renaissance les fées s'impatientent?
Et sais-tu comment oublier le temps
Passé sur la lande par les vents battue,
Cet ancien chemin où ne passe plus
La fée qui dans l'ombre perpétue son chant?
(inspiré par la lecture de "Alerte aux ombres" de Jean Cayrol, arythmie à 12,7 et 10 pieds)
Les volutes bleu pâle surplombant la toiture
Révèlent la vie lovée au coeur de la maison
Le monde est si paisible près du feu qui rassure
Les ombres dansent avec les mots d'une chanson
| Rêve bleu dans la vallée |
Les sons à peine audibles de l'étrange mélodie
J'imagine l'éclat des braises qui flamboient
Les mouvantes couleurs sur un corps alangui
C'est un rêve, une douleur
Le poids d'ombres des mois noirs
C'est le parfum d'une fleur
Qui persiste en ma mémoire
Las! rien ne peut s'oublier
Aux fontaines de jouvence
Douceur des corps enlacés
Puis consumés dans l'absence
Immobilité au creux du silence
Linceul blanc de givre dans l'aube naissante
Oh la saison morte et l'indifférence!
Pour quelle renaissance les fées s'impatientent?
Et sais-tu comment oublier le temps
Passé sur la lande par les vents battue,
Cet ancien chemin où ne passe plus
La fée qui dans l'ombre perpétue son chant?
(inspiré par la lecture de "Alerte aux ombres" de Jean Cayrol, arythmie à 12,7 et 10 pieds)
lundi 29 décembre 2014
Poème
Pensées testamentaires (de fin 2014!)
A tous les jours passés où je n'ai pas vécu
Aux jours si bien vécus depuis longtemps passés
Au temps indifférent auquel j'ai survécu
Aux heures alors si lentes de jeunesse envolée
Inutile attribut de vaine carapace
Le masque disparaît pour libérer l'esprit
Les jours me sont comptés, les années hors de prix
Déclinent en silence le tout dernier espace
Des rigoureux hivers aux douceurs des étés
Ces merveilleux instants du grand plaisir d'apprendre
Pour oublier le temps des désirs sacrifiés
L'espace de liberté que j'étais las d'attendre
Et puis enfin l'amour, j'en connaissais bien peu
Le premier maternel dont j'étais redevable
La flèche de Cupidon seul objet de mes voeux
Frappant le coeur ouvert d'un amour délectable
Je m'enivre aux parfums de toute connaissance
Ces nouveaux continents aux rivages inconnus
La conscience peut enfin révéler l'ignorance
Par de là l'océan des croyances déchues
Mes enfants, mes amis, laissez donc mon visage
Se patiner des rides que je n'ai pas choisies
Le temps n'est pas venu pour que s'arrête ici
Un passeur découvrant le long chemin des sages.
A tous les jours passés où je n'ai pas vécu
Aux jours si bien vécus depuis longtemps passés
Au temps indifférent auquel j'ai survécu
Aux heures alors si lentes de jeunesse envolée
![]() |
| Lumière crépusculaire |
Inutile attribut de vaine carapace
Le masque disparaît pour libérer l'esprit
Les jours me sont comptés, les années hors de prix
Déclinent en silence le tout dernier espace
Des rigoureux hivers aux douceurs des étés
Ces merveilleux instants du grand plaisir d'apprendre
Pour oublier le temps des désirs sacrifiés
L'espace de liberté que j'étais las d'attendre
| Crépuscule sur l'île de Bréhat |
Et puis enfin l'amour, j'en connaissais bien peu
Le premier maternel dont j'étais redevable
La flèche de Cupidon seul objet de mes voeux
Frappant le coeur ouvert d'un amour délectable
Je m'enivre aux parfums de toute connaissance
Ces nouveaux continents aux rivages inconnus
La conscience peut enfin révéler l'ignorance
Par de là l'océan des croyances déchues
Mes enfants, mes amis, laissez donc mon visage
Se patiner des rides que je n'ai pas choisies
Le temps n'est pas venu pour que s'arrête ici
Un passeur découvrant le long chemin des sages.
mardi 23 décembre 2014
Minéralogie
La Labradorite
Suite à une question d'internaute à propos de l'article publié le 27 novembre dernier sur la Pierre de lune, voici quelques précisions sur la Labradorite. De mon point de vue, les deux pierres ne peuvent être confondues, même si elles possèdent en commun l'effet Schiller d'adularescence, cette propriété de la lumière à pénétrer le minéral et à produire le chatoiement des couleurs.
La labradorite est un tectosilicate de la famille des feldspaths plagioclases calcosodiques, appelé en minéralogie l'Anorthite. Ce minéral appartient au système cristallin triclinique et sa formule chimique est (Ca, Na)AlSi4O8 avec traces de Fe,K et H2O (série continue du pôle Ca au pôle Na: anorthite-albite). Sa densité varie de 2,68 à 2,71 ce qui est bien supérieur à celle de la Pierre de lune. Décrite au Labrador (Canada) cette pierre est fréquente dans les zones de massifs cristallins et métamorphiques.
Pour ce qui concerne la littérature autour de cette pierre, elle me fait penser à une opinion de Jean Marie Blas de Roblès notée dans son livre Là où les tigres sont chez eux, où il écrivait à propos de la crédulité des gens: "...la religion,l'astrologie, le spiritisme et autres balivernes, ces variétés de la sottise où continue à se recroqueviller l'esprit de nos contemporains" et je laisserai donc de côté cette littérature qui vise surtout à vendre. Néanmoins, je ne résiste pas pour terminer la comparaison avec la Pierre de lune, à noter que si cette dernière est le talisman des gens qui vivent au présent, la labradorite est le talisman des solitaires malgré eux! car il suffit d'en avoir dans la poche pour se faire des relations (dixit les lithocharlatans!) Ses couleurs intenses de bleu métallique la rendent facilement identifiable, même pour un amateur. Certains échantillons exceptionnels présentent le spectre entier des couleurs et en font des pierres très recherchées des collectionneurs mais aussi des joailliers (cabochons).
Suite à une question d'internaute à propos de l'article publié le 27 novembre dernier sur la Pierre de lune, voici quelques précisions sur la Labradorite. De mon point de vue, les deux pierres ne peuvent être confondues, même si elles possèdent en commun l'effet Schiller d'adularescence, cette propriété de la lumière à pénétrer le minéral et à produire le chatoiement des couleurs.
| Labradorite polie de Madagascar |
Pour ce qui concerne la littérature autour de cette pierre, elle me fait penser à une opinion de Jean Marie Blas de Roblès notée dans son livre Là où les tigres sont chez eux, où il écrivait à propos de la crédulité des gens: "...la religion,l'astrologie, le spiritisme et autres balivernes, ces variétés de la sottise où continue à se recroqueviller l'esprit de nos contemporains" et je laisserai donc de côté cette littérature qui vise surtout à vendre. Néanmoins, je ne résiste pas pour terminer la comparaison avec la Pierre de lune, à noter que si cette dernière est le talisman des gens qui vivent au présent, la labradorite est le talisman des solitaires malgré eux! car il suffit d'en avoir dans la poche pour se faire des relations (dixit les lithocharlatans!) Ses couleurs intenses de bleu métallique la rendent facilement identifiable, même pour un amateur. Certains échantillons exceptionnels présentent le spectre entier des couleurs et en font des pierres très recherchées des collectionneurs mais aussi des joailliers (cabochons).
mercredi 17 décembre 2014
Poème
Un éperon sous végétal
Amas de roches face au couchant
Discret fantôme méditant
Le Marquis garde son Canal
![]() |
| Rocher du Marquis été 2013 |
Sur les reliefs du grand rocher
Se brisent les assauts du vent
Et le veilleur indifférent
Protège la source enchantée
| Chemin vers le rocher du Marquis en mars 2013 |
L'hiver avance sous vents de pluie
Et la lumière décline encore
Les spectres nus des arbres morts
Entrent dans l'ombre d'une longue nuit
Dans la vallée une cloche sonne
En moi résonnent des souvenirs
Je ne sais comment te les dire
Mélancolie d'un soir d'automne
| Le lavoir en mars 2013 |
L'eau de la source coule sans fin
Dans le lavoir abandonné
C'est un endroit connu des fées
Un paradis sur mon chemin
Dans ce décor silencieux
Naissent et puis meurent de vraies passions
Pendant que s'endort la raison
S'ouvre un espace de rêves bleus.
samedi 6 décembre 2014
Art et patrimoine
Les petits secrets de la chapelle de Rosquelfen en Laniscat (22570)
Petit à petit, la chapelle de Rosquelfen livre ses petits secrets enfouis dans son passé. Les derniers travaux sur le mur nord de la nef en 2013 ont nécessité le déplacement des dalles de schiste qui constituent le pavage de la nef. Parmi celles-ci, une dalle retient l'attention. Elle se trouve à hauteur de l'entrée Sud et vers le mur du fond. Une croix à huit pointes figure en son centre et une plus petite à chaque extrémité de la dalle. Il s'agit d'une pierre d'autel destinée au culte et qui provient probablement de l'un des autels latéraux ou élévations qui encadrent habituellement un Chancel ou un Jubé comme c'était le cas dans la chapelle.
En écrivant le document sur Gouarec avec Pierre Le Dour, un chapitre dédié au célèbre peintre Charles Filiger a retenu l'attention du Directeur honoraire du musée des Beaux Arts de Quimper (Mr André Cariou)qui nous a transmis ce dessin de Filiger noté Bosquenfel 1906. Sans aucun doute possible,il a été réalisé par le peintre dans la chapelle de Rosquelfen et à partir de l'étude du retable, ancien jubé de la chapelle datant du XVIe siècle (mobilier classé). Le motif de l'ange et l'ensemble de la frise en haut du document correspondent aux sculptures du retable (voir photo).
Il est facile d'imaginer Filiger montant à Rosquelfen par le chemin de Stango et s'installant dans la chapelle, un lieu proche de Gouarec et qui va l'inspirer. Dans la précision de ce dessin, c'est tout l'art de l'observation de ce peintre ami de Gauguin et Sérusier qui s'exprime et qui nous émeut cent huit ans plus tard.
Sur Filiger, lire "Gouarec, Découverte du patrimoine" par Pierre Le Dour et Pierre Jézéquel, 2014. Autres Sources: André Cariou et Musée des Beaux-Arts de Quimper. Cliquer sur les photos pour les agrandir.
| Croix "pattée" dans une dalle de sol |
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| Extrait d'un dessin de Filiger |
En écrivant le document sur Gouarec avec Pierre Le Dour, un chapitre dédié au célèbre peintre Charles Filiger a retenu l'attention du Directeur honoraire du musée des Beaux Arts de Quimper (Mr André Cariou)qui nous a transmis ce dessin de Filiger noté Bosquenfel 1906. Sans aucun doute possible,il a été réalisé par le peintre dans la chapelle de Rosquelfen et à partir de l'étude du retable, ancien jubé de la chapelle datant du XVIe siècle (mobilier classé). Le motif de l'ange et l'ensemble de la frise en haut du document correspondent aux sculptures du retable (voir photo).
Il est facile d'imaginer Filiger montant à Rosquelfen par le chemin de Stango et s'installant dans la chapelle, un lieu proche de Gouarec et qui va l'inspirer. Dans la précision de ce dessin, c'est tout l'art de l'observation de ce peintre ami de Gauguin et Sérusier qui s'exprime et qui nous émeut cent huit ans plus tard.
Sur Filiger, lire "Gouarec, Découverte du patrimoine" par Pierre Le Dour et Pierre Jézéquel, 2014. Autres Sources: André Cariou et Musée des Beaux-Arts de Quimper. Cliquer sur les photos pour les agrandir.
jeudi 27 novembre 2014
Minéralogie
La pierre de lune
La "pierre de lune" est aussi appelée Sélénite ou Hécatolite (de Séléné et Hécate, les déesses de la lune dans la mythologie grecque). Pour les minéralogistes, il s'agit d'un tectosilicate appelé Feldspath orthose de formule KAlSi3O8, monoclinique à éclat vitreux, transparent à laiteux (densité 2,5 à 2,6).
Les reflets observés à l'intérieur du minéral correspondent à un phénomène de réfraction de la lumière sur les plans de clivage et de diffusion dans la masse du minéral; ce phénomène est nommé adularescence parfois aussi nommé opalescence. Les pierres de lune recherchées ont des reflets bleutés, le jaune est plutôt pénalisant. Le clivage parfait de l'orthose permet de différencier la pierre de lune des espèces minérales proches et opalescentes comme la calcédoine ou l'agate teintée.Les principaux gisements de cette pierre se trouvent en Australie, Brésil, Tanzanie, Inde, Birmanie et même en Suisse (Mont Adula a donné l'adulaire).
La symbolique de cette pierre est liée à la lune et le côté féminin de notre nature. C'est une pierre sacrée en Inde: elle apporte la bonne fortune, symbolise la tendresse maternelle, l'amour et les cycles de la lune et cycles féminins. Elle est céleste, captivante et troublante.
Si l'on sort du domaine scientifique pour aborder les croyances, la lithothérapie lui attribue de nombreuses vertus. En outre, elle reconnecte avec le monde poétique. Le site breton www.douaroularz.com donne un aperçu de l'étendue des vertus de cette pierre (à ne pas confondre non plus avec la Labradorite).Il cite également les mots clés ombre, lumière, profondeur de l'être, douceur, tolérance. Chaque jour est une naissance et chaque instant une nouvelle vie; le talisman de ceux qui vivent au présent en somme!
La "pierre de lune" est aussi appelée Sélénite ou Hécatolite (de Séléné et Hécate, les déesses de la lune dans la mythologie grecque). Pour les minéralogistes, il s'agit d'un tectosilicate appelé Feldspath orthose de formule KAlSi3O8, monoclinique à éclat vitreux, transparent à laiteux (densité 2,5 à 2,6).
Les reflets observés à l'intérieur du minéral correspondent à un phénomène de réfraction de la lumière sur les plans de clivage et de diffusion dans la masse du minéral; ce phénomène est nommé adularescence parfois aussi nommé opalescence. Les pierres de lune recherchées ont des reflets bleutés, le jaune est plutôt pénalisant. Le clivage parfait de l'orthose permet de différencier la pierre de lune des espèces minérales proches et opalescentes comme la calcédoine ou l'agate teintée.Les principaux gisements de cette pierre se trouvent en Australie, Brésil, Tanzanie, Inde, Birmanie et même en Suisse (Mont Adula a donné l'adulaire).
La symbolique de cette pierre est liée à la lune et le côté féminin de notre nature. C'est une pierre sacrée en Inde: elle apporte la bonne fortune, symbolise la tendresse maternelle, l'amour et les cycles de la lune et cycles féminins. Elle est céleste, captivante et troublante.
Si l'on sort du domaine scientifique pour aborder les croyances, la lithothérapie lui attribue de nombreuses vertus. En outre, elle reconnecte avec le monde poétique. Le site breton www.douaroularz.com donne un aperçu de l'étendue des vertus de cette pierre (à ne pas confondre non plus avec la Labradorite).Il cite également les mots clés ombre, lumière, profondeur de l'être, douceur, tolérance. Chaque jour est une naissance et chaque instant une nouvelle vie; le talisman de ceux qui vivent au présent en somme!
lundi 17 novembre 2014
sculptures et géologie
Sculptures naturelles en granite et main de l'homme
C'est l'érosion naturelle qui a provoqué cette morphologie de bloc basculé en granite rose, sur la côte entre Trégastel et Perros-Guirec, un endroit battu par les vents marins, l'eau et le sable fin transporté dans l'air. Cette sculpture naturelle de la roche donne des formes qui varient constamment en fonction de l'heure du jour, des saisons et du temps qu'il fait.
Sur la deuxième photo, le bloc en forme de galette est percé selon les mêmes processus de dissolution chimique que ceux évoqués dans des articles antérieurs sur le granite de Rostrenen notamment (Kerbescond, Hacadour, Pont-Croix...)
Cette vue montre comment se fait le creusement de gorges dans le granite à partir d'un résidu de terre végétale et végétaux encore présents au sommet d'un bloc. L'écoulement de l'eau acide sur le côté du bloc produit lentement (il faut considérer l'échelle de temps en milliers d'années) des "rigoles" qui vont progressivement fractionner le bloc.
Toujours en granite rose, mais cette fois la main du sculpteur s'est attardée sur ce bloc de granite rose pour donner un personnage qui fait penser au nain "Gimli" de la "Communauté de l'Anneau", un épisode de l'oeuvre célèbre de Tolkien "Le seigneur des anneaux".
| granite rose à Trégastel, 22 |
C'est l'érosion naturelle qui a provoqué cette morphologie de bloc basculé en granite rose, sur la côte entre Trégastel et Perros-Guirec, un endroit battu par les vents marins, l'eau et le sable fin transporté dans l'air. Cette sculpture naturelle de la roche donne des formes qui varient constamment en fonction de l'heure du jour, des saisons et du temps qu'il fait.
Sur la deuxième photo, le bloc en forme de galette est percé selon les mêmes processus de dissolution chimique que ceux évoqués dans des articles antérieurs sur le granite de Rostrenen notamment (Kerbescond, Hacadour, Pont-Croix...)
| Entre la grève blanche et Renote |
| Sculpture à Ploumanach:22 |
Toujours en granite rose, mais cette fois la main du sculpteur s'est attardée sur ce bloc de granite rose pour donner un personnage qui fait penser au nain "Gimli" de la "Communauté de l'Anneau", un épisode de l'oeuvre célèbre de Tolkien "Le seigneur des anneaux".
lundi 10 novembre 2014
Poème et peinture
Sonnet des remords
Quand je m'endormirai,Déesse indifférente
Dans mon vaisseau de pierres sur la lande amarré
Et que seuls les grands arbres par l'automne effeuillés
Gémiront sous le vent de tempêtes naissantes
Quand le voile du temps blanchira mon visage
Le regard effacé sous mes paupières closes
Les couleurs envolées comme au jardin les roses
Leurs épines dressées en ultime héritage
Alors j'emporterai la symphonie troublante
Des soupirs et des rires, des rêves et des rimes
Par les chemins déserts son souvenir s'abîme
Erato, entends-tu les fées qui se lamentent
Sur un présent fatal où se laissent mourir
Les trésors éphémères du jardin des plaisirs?
| Les confidences d'Erato: aquarelle couleurs inversées |
Quand je m'endormirai,Déesse indifférente
Dans mon vaisseau de pierres sur la lande amarré
Et que seuls les grands arbres par l'automne effeuillés
Gémiront sous le vent de tempêtes naissantes
Quand le voile du temps blanchira mon visage
Le regard effacé sous mes paupières closes
Les couleurs envolées comme au jardin les roses
Leurs épines dressées en ultime héritage
Alors j'emporterai la symphonie troublante
Des soupirs et des rires, des rêves et des rimes
Par les chemins déserts son souvenir s'abîme
Erato, entends-tu les fées qui se lamentent
Sur un présent fatal où se laissent mourir
Les trésors éphémères du jardin des plaisirs?
mercredi 5 novembre 2014
Climat et paysage
Effets de la variabilité climatique sur le paysage à Rosquelfen en Laniscat (22)
L'année 2014 a été globalement chaude, particulièrement en fin d'été et début d'automne. Le rafraîchissement net des températures n'est intervenu que ces derniers jours en novembre. Cette douceur continue modifie l'aspect de la nature et donc les paysages.
Cette vue de la voie romaine, face à Lann Uhellan en octobre 2003, montre la coloration des hêtres qui prennent leurs couleurs d'automne avant de perdre leurs feuilles. La durée de cette période dépend des vents qui peuvent abréger ce temps de belle polychromie en accélérant la chute du feuillage.
Le même endroit, un peu plus proche de Kergoten et dans le sens vallée du Daoulas-Rosquelfen, en novembre 2014, montre des arbres verts, en frondaisons estivales pourrais-je dire, puisque la température est constamment élevée et au dessus des valeurs moyennes enregistrées depuis que ce suivi est réalisé.
Cette dernière photo montre la vallée du Blavet vue de Rosquelfen. Elle témoigne de la poussée du bois qui monte inexorablement à l'assaut de la Lande du Liscuis face au "Bonnet Rouge" (voir légende de Conomor dans articles précédents). Ainsi, petit à petit, l'espace de landes et fougères "Aigle" qui se détache en rouge sur la photo (cliquer dessus pour l'agrandir) disparaît peu à peu. L'évolution climatique n'est pas seule en cause dans ce phénomène. L'évolution rapide du niveau de vie (abandon du bois en usage domestique) et la désertification des campagnes depuis la dernière guerre ont également accéléré le processus de reboisement ou de progression des espaces boisés au détriment de la lande qui n'est plus entretenue ni utilisée comme autrefois (alimentation des chevaux, litière animale). Mais cette évolution n'altère pas la perpétuelle magnificence de cet espace sauvage et préservé.
L'année 2014 a été globalement chaude, particulièrement en fin d'été et début d'automne. Le rafraîchissement net des températures n'est intervenu que ces derniers jours en novembre. Cette douceur continue modifie l'aspect de la nature et donc les paysages.
Cette vue de la voie romaine, face à Lann Uhellan en octobre 2003, montre la coloration des hêtres qui prennent leurs couleurs d'automne avant de perdre leurs feuilles. La durée de cette période dépend des vents qui peuvent abréger ce temps de belle polychromie en accélérant la chute du feuillage.
Le même endroit, un peu plus proche de Kergoten et dans le sens vallée du Daoulas-Rosquelfen, en novembre 2014, montre des arbres verts, en frondaisons estivales pourrais-je dire, puisque la température est constamment élevée et au dessus des valeurs moyennes enregistrées depuis que ce suivi est réalisé.
Cette dernière photo montre la vallée du Blavet vue de Rosquelfen. Elle témoigne de la poussée du bois qui monte inexorablement à l'assaut de la Lande du Liscuis face au "Bonnet Rouge" (voir légende de Conomor dans articles précédents). Ainsi, petit à petit, l'espace de landes et fougères "Aigle" qui se détache en rouge sur la photo (cliquer dessus pour l'agrandir) disparaît peu à peu. L'évolution climatique n'est pas seule en cause dans ce phénomène. L'évolution rapide du niveau de vie (abandon du bois en usage domestique) et la désertification des campagnes depuis la dernière guerre ont également accéléré le processus de reboisement ou de progression des espaces boisés au détriment de la lande qui n'est plus entretenue ni utilisée comme autrefois (alimentation des chevaux, litière animale). Mais cette évolution n'altère pas la perpétuelle magnificence de cet espace sauvage et préservé.
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