De Kériven (Caurel) à Trégnanton (Saint Gelven), petit retour dans le temps avec l'assèchement du lac de Guerlédan (entre Côtes d'Armor et Morbihan).
Le retrait des eaux du lac de Guerlédan laisse voir des vestiges qui réactivent la mémoire des riverains et une véritable remontée du temps s'opère alors avec le rappel d'événements parfois heureux mais aussi souvent tragiques comme des accidents mortels (dans les nombreuses carrières englouties ou dans le canal lui-même). La photo prise à proximité de Trégnanton début avril 2015, montre une porte d'écluse sur l'ancien canal de Nantes à Brest et sur laquelle on aperçoit encore le reste de passerelle à pied et l'intérieur de l'écluse chargée de sédiments et bois divers. On observe aussi malheureusement des quantités de déchets imputrescibles (verre, plastics) qui témoignent de l'indifférence des gens vis à vis de la nature et de l'environnement.
Sur cette deuxième vue prise au même endroit, on aperçoit bien la maçonnerie particulièrement soignée de l'écluse. Ces maçonneries ont été réalisées par des ouvriers creusois avec du granite bien breton. Les bâtisseurs du canal de Nantes à Brest n'ont pas , en effet, utilisé uniquement des bagnards pour le percement du canal. Il y avait aussi des volontaires locaux, parfois débauchés d'activités locales importantes comme sur le tronçon Gouarec- Saint Aignan où l'extraction de minerai de fer à destination des Forges des Salles en Quénécan subira cette pression sur la main d'oeuvre. "L'élite" si l'on peut dire était donc constituée par les maçons des écluses (ceux qui ont également construit le Paris Haussmannien).
Devant Kériven apparaissent les maisons et les endroits comme cette ferme avec son alignement de pommiers près du canal ainsi que les endroits dont certains sont attachés à des drames comme ce meurtre d'un contremaître ardoisier de St Gelven, Joseph Lannezval par trois ardoisiers de Caurel. Ces trois ouvriers sont jugés en 1889 et deux d'entre eux, reconnus coupables (les raisons de ce meurtre restent assez confuses et seraient liées à un conflit à propos d'ardoises (au "chantier des Gaulois" selon la tradition orale) sont condamnés à 15 ans de bagne. Nommés Misère et Fioche, seul ce dernier reviendra au pays en 1904 et montrera encore bien des années plus tard les traces de ses fers aux habitants du pays, tous convaincus de son innocence. Ces souvenirs de l'époque du canal et des ardoisières (qui fonctionnent du XVIIe au début du XXe siècle) ont été transmis par les anciens du pays comme Yves Marie Galiot, ardoisier bien connu de Caurel.
Sources:"Les Forges des Salles" par André Le Coroller; synthèse des archives privées des Forges des Salles. Marie Noelle Le Mapihan, petite fille de l'ardoisier Yves Marie Galiot, chanteuse et "mémoire" de Caurel.
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vendredi 10 avril 2015
dimanche 5 avril 2015
Guerlédan
Racetrack Playa à Trégnanton?
Un habitué du canal de Nantes à Brest du secteur Caurel- St Gelven (22) s'inquiète de voir des blocs de plusieurs dizaines de kilos se déplacer d'un jour à l'autre vers le lit du Blavet en laissant une trace dans la vase (au lieu de s'enfoncer dedans comme le fait ce même jour d'avril un malheureux visiteur piégé dans la vase et dégagé par les pompiers). Ce phénomène ici compréhensible par l'association de la viscosité naturelle de la vase et la gravité (il y a une légère pente vers le Blavet canalisé) peut faire penser aux pierres mouvantes de la Vallée de la mort en Californie (Racetrack Playa) où le mystère des pierres mouvantes a longtemps alimenté tous les fantasmes!
La Vallée de la mort est une surface horizontale et les pierres changent de direction, ce qui complique l'interprétation néanmoins toujours rationnelle et géologique (la nature pétrographique du substrat et la présence périodique de glace permet d'expliquer le phénomène). Les choses sont ici beaucoup plus simples à comprendre. Ces pierres en grès armoricain (de l'Ordovicien inférieur:Arénigien) proviennent d'une purge de mur d'escalade sur la rive nord du lac. Elles ont donc un mouvement au départ qui les fait tomber sur la vase en cours de solidification. La viscosité de cette vase et la pente légère à cet endroit vers le canal explique la suite et les traces qui continuent à s'allonger jusqu'à ce que la solidification des sédiments fige le mouvement. Mais il est fortement déconseillé aux promeneurs de s'aventurer sur cette surface glissante (un arrêté préfectoral interdit l'accès au lac) et deux accidents dont l'un a nécessité la présence d'un hélicoptère constituent déjà un avertissement à tous les imprudents.
Un habitué du canal de Nantes à Brest du secteur Caurel- St Gelven (22) s'inquiète de voir des blocs de plusieurs dizaines de kilos se déplacer d'un jour à l'autre vers le lit du Blavet en laissant une trace dans la vase (au lieu de s'enfoncer dedans comme le fait ce même jour d'avril un malheureux visiteur piégé dans la vase et dégagé par les pompiers). Ce phénomène ici compréhensible par l'association de la viscosité naturelle de la vase et la gravité (il y a une légère pente vers le Blavet canalisé) peut faire penser aux pierres mouvantes de la Vallée de la mort en Californie (Racetrack Playa) où le mystère des pierres mouvantes a longtemps alimenté tous les fantasmes!
La Vallée de la mort est une surface horizontale et les pierres changent de direction, ce qui complique l'interprétation néanmoins toujours rationnelle et géologique (la nature pétrographique du substrat et la présence périodique de glace permet d'expliquer le phénomène). Les choses sont ici beaucoup plus simples à comprendre. Ces pierres en grès armoricain (de l'Ordovicien inférieur:Arénigien) proviennent d'une purge de mur d'escalade sur la rive nord du lac. Elles ont donc un mouvement au départ qui les fait tomber sur la vase en cours de solidification. La viscosité de cette vase et la pente légère à cet endroit vers le canal explique la suite et les traces qui continuent à s'allonger jusqu'à ce que la solidification des sédiments fige le mouvement. Mais il est fortement déconseillé aux promeneurs de s'aventurer sur cette surface glissante (un arrêté préfectoral interdit l'accès au lac) et deux accidents dont l'un a nécessité la présence d'un hélicoptère constituent déjà un avertissement à tous les imprudents.
samedi 4 avril 2015
Lac de Guerlédan
Le lac à sec: Guerlédan 2015 entre Côtes d'Armor et Morbihan
Dans la partie ouest du lac, le Blavet a retrouvé son lit canalisé, entre l'écluse Nicolo (la première après l'abbaye de Bon Repos en allant vers l'Est: n°137) et Trégnanton en Saint Gelven (22). Tout début avril, le retrait de l'eau découvre un espace gris, couvert de dépôts vaseux qui se déshydratent lentement à l'air, laissant apparaître des vestiges anciens comme cette barque que l'on devine, enfouie sous la vase.(cliquer sur la photo pour l'agrandir).
Le fond de la vallée qui commence à se craqueler sous l'effet du retrait de l'eau est particulièrement dangereux car certains endroits ne retiennent pas le poids d'un corps et l'épaisseur de vase peut atteindre plusieurs mètres à proximité du lit du Blavet. L'absence de végétation sur ce nouvel espace dégagé crée une atmosphère très particulière que les riverains ne manquent pas d'apprécier avant les ruées touristiques de l'été.
Les écluses habituellement sous l'eau ont encore leurs portes 175 ans après leur pose (la portion costarmoricaine du canal a été terminée en 1842 et donc ouverte à la circulation des péniches après la partie finistérienne), ce qui fait 85 ans sous les eaux du lac!
Intérieur d'une écluse avant Trégnanton. L'envasement est bien visible sur plusieurs mètres d'épaisseur. La maçonnerie des écluses réalisée en granite est encore parfaitement alignée, ce qui témoigne d'une très grande qualité technique des bâtisseurs de cette époque. Ces écluses qui étaient faites pour durer n'auront en réalité servi qu'un laps de temps relativement court: du 1 janvier 1842 à 1924 (82 ans), date du début des travaux sur la base du barrage de Guerlédan. Mais à cette époque, le chemin de fer a déjà condamné le transport fluvial depuis le début du XXe siècle; la ligne Carhaix Loudéac est en effet ouverte en 1902.
Des rencontres insolites sont fréquentes dans cet espace lunaire et gris comme ce monstre momifié dans les sédiments et parfaitement conservé. Il s'agit d'une écrevisse d'eau douce qui ne semble pas bénéficier d'une très bonne réputation chez les riverains du lac. Ils la qualifient d'écrevisse américaine et donc d'importation dont la faune locale et aquatique se serait très bien passée!
Dans la partie ouest du lac, le Blavet a retrouvé son lit canalisé, entre l'écluse Nicolo (la première après l'abbaye de Bon Repos en allant vers l'Est: n°137) et Trégnanton en Saint Gelven (22). Tout début avril, le retrait de l'eau découvre un espace gris, couvert de dépôts vaseux qui se déshydratent lentement à l'air, laissant apparaître des vestiges anciens comme cette barque que l'on devine, enfouie sous la vase.(cliquer sur la photo pour l'agrandir).
Le fond de la vallée qui commence à se craqueler sous l'effet du retrait de l'eau est particulièrement dangereux car certains endroits ne retiennent pas le poids d'un corps et l'épaisseur de vase peut atteindre plusieurs mètres à proximité du lit du Blavet. L'absence de végétation sur ce nouvel espace dégagé crée une atmosphère très particulière que les riverains ne manquent pas d'apprécier avant les ruées touristiques de l'été.
Les écluses habituellement sous l'eau ont encore leurs portes 175 ans après leur pose (la portion costarmoricaine du canal a été terminée en 1842 et donc ouverte à la circulation des péniches après la partie finistérienne), ce qui fait 85 ans sous les eaux du lac!
Intérieur d'une écluse avant Trégnanton. L'envasement est bien visible sur plusieurs mètres d'épaisseur. La maçonnerie des écluses réalisée en granite est encore parfaitement alignée, ce qui témoigne d'une très grande qualité technique des bâtisseurs de cette époque. Ces écluses qui étaient faites pour durer n'auront en réalité servi qu'un laps de temps relativement court: du 1 janvier 1842 à 1924 (82 ans), date du début des travaux sur la base du barrage de Guerlédan. Mais à cette époque, le chemin de fer a déjà condamné le transport fluvial depuis le début du XXe siècle; la ligne Carhaix Loudéac est en effet ouverte en 1902.
Des rencontres insolites sont fréquentes dans cet espace lunaire et gris comme ce monstre momifié dans les sédiments et parfaitement conservé. Il s'agit d'une écrevisse d'eau douce qui ne semble pas bénéficier d'une très bonne réputation chez les riverains du lac. Ils la qualifient d'écrevisse américaine et donc d'importation dont la faune locale et aquatique se serait très bien passée!
samedi 21 mars 2015
Poème
Présent
Un beau ciel bleu ce matin dévoile
La page blanche qui fait l' aujourd'hui
Un nouveau jour décapant le gris
Avant la nuit semée d'étoiles
C'est le printemps bruissant dès l'aurore
Et ses couleurs aux parfums d'enfance
Un soleil d'or en douce France
Et l'appétit de caresses encore
Cette impatience toujours en nous!
J'aimerais tant le temps assagi
De longues heures pour celles d'aujourd'hui
Captant l'instant sans cesse dissous
Sur les sentiers la mémoire chemine
Pensée vivante que le corps envie
Curieux hasard qui m'attache ici
Sur les chemins des vertes collines
La voix du vent jamais ne pose
La partition de son chant sans fin
Réminiscence des joies et chagrins
D'un temps passé d'épines et de roses
De la passion vécue chaque jour
L'esprit alerte mesure la chance
Ce prix du temps passant dans l'urgence
Vers d'autres vies et d'autres amours.
Illustrations: crêtes schisteuses au Liscuis en 2014 (Laniscat) et "l'Allée des amours secrets": huile sur toile de Reon, La Légende d'Argondia, autrefois en forêt de Quénécan,aujourd'hui à Prague.
Vers pairs et impairs.
| Crêtes schisteuses au Liscuis en 2014 |
La page blanche qui fait l' aujourd'hui
Un nouveau jour décapant le gris
Avant la nuit semée d'étoiles
C'est le printemps bruissant dès l'aurore
Et ses couleurs aux parfums d'enfance
Un soleil d'or en douce France
Et l'appétit de caresses encore
Cette impatience toujours en nous!
J'aimerais tant le temps assagi
De longues heures pour celles d'aujourd'hui
Captant l'instant sans cesse dissous
| L'Allée des amours secrets.Huile sur toile de Reon |
Sur les sentiers la mémoire chemine
Pensée vivante que le corps envie
Curieux hasard qui m'attache ici
Sur les chemins des vertes collines
La voix du vent jamais ne pose
La partition de son chant sans fin
Réminiscence des joies et chagrins
D'un temps passé d'épines et de roses
De la passion vécue chaque jour
L'esprit alerte mesure la chance
Ce prix du temps passant dans l'urgence
Vers d'autres vies et d'autres amours.
Illustrations: crêtes schisteuses au Liscuis en 2014 (Laniscat) et "l'Allée des amours secrets": huile sur toile de Reon, La Légende d'Argondia, autrefois en forêt de Quénécan,aujourd'hui à Prague.
Vers pairs et impairs.
dimanche 15 mars 2015
Patrimoine et archéologie
Le menhir du Rossil en St Nicolas-du-Pélem (22)
Sur les "Hauts" de St Nicolas du Pélem, en prenant la direction de Lanrivain, le promeneur distrait peut tomber par hasard sur ce géant de pierre caché dans les bois à quelques pas de la route. Il s'agit du menhir du Rossil, en granite de Quintin, recouvert de mousse et donc pratiquement invisible avant de tomber sur sa silhouette impressionnante. Son diamètre à la base est proche de 4 m et sa hauteur de 6 à 7 m environ (selon les sources: 6,60 à 7,30m), ce qui en fait une pierre proche de 65 tonnes (voir le calcul dans l'article sur le menhir de Glomel).Devant ce géant de granite (14e de Bretagne), je pense au livre d'Anne Percin "Les singuliers" dans lequel elle fait dire sous forme d'une correspondance épistolaire entre peintres de Pont Aven (époque de Gauguin, Sérusier, Filiger, fin XIXe, début XXe)ce qu'un peintre pouvait ressentir devant un tel mégalithe:
"On trouve aussi de gros blocs de granit debout dans les prés, que les gens d'ici appellent des pierres levées. C'est beaucoup plus intéressant que les bondieuseries, à mon avis. C'est sourd pour ainsi dire. Ca ne veut rien dire... c'est énorme et sauvage. Je les dessine souvent...Ce sont des masses grises...sans relief, presque sans aspérités... Les gens d'ici disent que c'est là depuis la nuit des temps.Que cela est plus ancien que les plus vieilles croix celtes qui ornent les carrefours, que c'est plus ancien que l'écriture. Leur présence est opaque et discrète: rien ne les met en valeur, ils sont souvent envahis de ronces, cachés dans les bois ou au milieu des champs labourés où les lignes droites dévient pour les contourner...Pourtant, il doit bien y avoir un moyen de capter l'énergie sourde de ces pierres dans une image..."
(Lette d'Hugo Boch à Tobias Hendrike: Pont Aven le 1/10/1888)
Le géant immobile recouvert de mousse cache une réalité toute autre et au contraire très mobile. J'imagine les milliards d'atomes en vibration perpétuelle dans la fréquence de leur famille minérale respective (c'est du reste cette propriété qui est utilisée en minéralogie pour identifier des espèces minérales dans des mélanges complexes(par Infra Rouge à Transformées de Fourier, Microsonde Raman...).Son immobilité et la mienne ne sont qu'illusion; la terre nous entraîne à 30 kms par seconde dans son périple annuel autour du soleil. Le soleil emmène à son tour la terre à 230kms/seconde autour de la Voie Lactée. Celle-ci tombe à 90kms/seconde vers Andromède. Le groupe qui contient notre galaxie et Andromède tombe à 600kms/seconde vers l'Amas de la Vierge, lui-même tombant vers cette agglomération de galaxies appelée "le Grand Attracteur". Tout est mouvement, mobilité, changements, naissances, morts et renaissances...Mais qui comprendra l'énigmatique message que ces pierres levées nous adressent depuis des millénaires?
Sources: "L'infini dans la paume de la main" Trinh Xuan Thuan (astrophysicien). "Les singuliers" Anne Percin. Edition: la brume au rouergue.
| Menhir du Rossil perdu dans les bois |
| La personne au pied du mégalithe donne l'échelle |
| Vue côté sud, la face Est paraît plus plate |
Le géant immobile recouvert de mousse cache une réalité toute autre et au contraire très mobile. J'imagine les milliards d'atomes en vibration perpétuelle dans la fréquence de leur famille minérale respective (c'est du reste cette propriété qui est utilisée en minéralogie pour identifier des espèces minérales dans des mélanges complexes(par Infra Rouge à Transformées de Fourier, Microsonde Raman...).Son immobilité et la mienne ne sont qu'illusion; la terre nous entraîne à 30 kms par seconde dans son périple annuel autour du soleil. Le soleil emmène à son tour la terre à 230kms/seconde autour de la Voie Lactée. Celle-ci tombe à 90kms/seconde vers Andromède. Le groupe qui contient notre galaxie et Andromède tombe à 600kms/seconde vers l'Amas de la Vierge, lui-même tombant vers cette agglomération de galaxies appelée "le Grand Attracteur". Tout est mouvement, mobilité, changements, naissances, morts et renaissances...Mais qui comprendra l'énigmatique message que ces pierres levées nous adressent depuis des millénaires?
Sources: "L'infini dans la paume de la main" Trinh Xuan Thuan (astrophysicien). "Les singuliers" Anne Percin. Edition: la brume au rouergue.
jeudi 12 mars 2015
Poème
Temps suspendu
Un très long silence
Prolonge la nuit
Et le doute immense
S'installe sans bruit
Je ne sais comment
Gérer la mémoire
Le ciel et le temps
Portent un habit noir
Dans les grands rochers
Pleure une fontaine
Comme un coeur blessé
Battant sous les chênes
Là je me souviens
De ciels flamboyants
De tous les parfums
D'un jardin d'antan
Reste-t-il encore
Dormant sous la pluie
De nouveaux trésors
Qui m'attendent ici?
Illustrations: Schistes verticaux sur la lande du Liscuis en Laniscat et fontaine St Mathurin, près de la chapelle du même nom à Trozulon en Laniscat (22570) en mars 2015.
Un très long silence
Prolonge la nuit
Et le doute immense
S'installe sans bruit
| Crêtes schisteuses sur la lande |
Je ne sais comment
Gérer la mémoire
Le ciel et le temps
Portent un habit noir
Dans les grands rochers
Pleure une fontaine
Comme un coeur blessé
Battant sous les chênes
Là je me souviens
De ciels flamboyants
De tous les parfums
D'un jardin d'antan
| Fontaine St Mathurin près de la chapelle |
Reste-t-il encore
Dormant sous la pluie
De nouveaux trésors
Qui m'attendent ici?
Illustrations: Schistes verticaux sur la lande du Liscuis en Laniscat et fontaine St Mathurin, près de la chapelle du même nom à Trozulon en Laniscat (22570) en mars 2015.
lundi 9 mars 2015
Archéologie
Quand le menhir de Glomel fait l'actualité!
Le 7 mars 2015, la presse locale (Télégramme en information locale sur l'édition de Rostrenen) fait état d'un aménagement de l'environnement du fameux grand menhir de Glomel, réputé le plus lourd de Bretagne encore debout!
En effet, le menhir en granite de Rostrenen est maintenant bien dégagé à sa base et un panneau explicatif est apposé à proximité du mastodonte pour éclairer le visiteur de passage (les personnages à la base du menhir donnent une idée de sa taille hors norme).
Un article dédié à ce mégalithe avait été publié sur ce blog le 25 avril 2013 et reste toujours consultable. Il permet de comparer les photos entre cette date et aujourd'hui et donc de visualiser le travail accompli. Les indications fournies par les services compétents (Service Régional de l'Archéologie: DRAB de Bretagne, Rennes. Cliquer sur la photo pour l'agrandir) précisent que le mégalithe est classé depuis le 4 novembre 1975 à l'Inventaire des Monuments Historiques et que sa particularité, outre d'avoir une base plate est d'être le menhir le plus lourd et le plus massif de Bretagne, dépassant les 80 tonnes. Comment ce chiffre très prudent par rapport à ce qui est véhiculé sur ce mégalithe (Internet) a t'il été obtenu?
Il suffit pour cette estimation de calculer son volume et multiplier celui-ci par la densité de la pierre. Pour le granite de Rostrenen, cette densité théorique est de 2,5 (la dominante de feldspaths potassiques, les fameuses "dents de cheval" typiques de ce granite ont une densité nettement inférieure à celle du quartz, autre constituant de cette roche qui fait 2,65).En prenant la formule de calcul du volume d'un cône (qui est en principe à la portée de tout élève en fin de primaire): n x(rayon)2 x hauteur, divisé par 3 = 3,14 x(2)2 x 8,6 /3= 36 m3 (le diamètre à la base est supérieur à 4 m et la hauteur du mégalithe est de 8 m60). En multipliant ce chiffre par la densité 2,5, on obtient 90 tonnes. Pourquoi ce chiffre sous-estime le poids réel?
Par ce que la pierre levée n'est pas un cône et qu'à 8 m de hauteur, il fait encore plus de 2 m de diamètre. Il faut donc prolonger son sommet pour approcher du volume réel qui dépasse probablement les 40 m3 et donc les 100 tonnes (certaines publications sur internet confondent la masse et le volume!). Aujourd'hui, une reconstitution en 3D du mégalithe avec les instruments de mesure au lazer permet d'avoir le volume hors sol du monument et d'affiner sa masse réelle. Mais quel que soit le chiffre exact, il s'agit bien d'une performance réalisée par les hommes du Néolithique.
Note: le calcul d'un cône de révolution est basé sur la formule: 1/3 x base x hauteur.
Le 7 mars 2015, la presse locale (Télégramme en information locale sur l'édition de Rostrenen) fait état d'un aménagement de l'environnement du fameux grand menhir de Glomel, réputé le plus lourd de Bretagne encore debout!
En effet, le menhir en granite de Rostrenen est maintenant bien dégagé à sa base et un panneau explicatif est apposé à proximité du mastodonte pour éclairer le visiteur de passage (les personnages à la base du menhir donnent une idée de sa taille hors norme).
Un article dédié à ce mégalithe avait été publié sur ce blog le 25 avril 2013 et reste toujours consultable. Il permet de comparer les photos entre cette date et aujourd'hui et donc de visualiser le travail accompli. Les indications fournies par les services compétents (Service Régional de l'Archéologie: DRAB de Bretagne, Rennes. Cliquer sur la photo pour l'agrandir) précisent que le mégalithe est classé depuis le 4 novembre 1975 à l'Inventaire des Monuments Historiques et que sa particularité, outre d'avoir une base plate est d'être le menhir le plus lourd et le plus massif de Bretagne, dépassant les 80 tonnes. Comment ce chiffre très prudent par rapport à ce qui est véhiculé sur ce mégalithe (Internet) a t'il été obtenu?
Il suffit pour cette estimation de calculer son volume et multiplier celui-ci par la densité de la pierre. Pour le granite de Rostrenen, cette densité théorique est de 2,5 (la dominante de feldspaths potassiques, les fameuses "dents de cheval" typiques de ce granite ont une densité nettement inférieure à celle du quartz, autre constituant de cette roche qui fait 2,65).En prenant la formule de calcul du volume d'un cône (qui est en principe à la portée de tout élève en fin de primaire): n x(rayon)2 x hauteur, divisé par 3 = 3,14 x(2)2 x 8,6 /3= 36 m3 (le diamètre à la base est supérieur à 4 m et la hauteur du mégalithe est de 8 m60). En multipliant ce chiffre par la densité 2,5, on obtient 90 tonnes. Pourquoi ce chiffre sous-estime le poids réel?
Par ce que la pierre levée n'est pas un cône et qu'à 8 m de hauteur, il fait encore plus de 2 m de diamètre. Il faut donc prolonger son sommet pour approcher du volume réel qui dépasse probablement les 40 m3 et donc les 100 tonnes (certaines publications sur internet confondent la masse et le volume!). Aujourd'hui, une reconstitution en 3D du mégalithe avec les instruments de mesure au lazer permet d'avoir le volume hors sol du monument et d'affiner sa masse réelle. Mais quel que soit le chiffre exact, il s'agit bien d'une performance réalisée par les hommes du Néolithique.
Note: le calcul d'un cône de révolution est basé sur la formule: 1/3 x base x hauteur.
dimanche 1 mars 2015
Poème
Mars
Venir, venir au jour, en ce jour un peu frais
Qui prépare les beaux jours, par ce temps imparfait
Venir ou revenir sur la lande ventée
Mars enfin renaissance du printemps désiré
Jours de ce temps magique au grand silence épais
Pour un hiver cédant au printemps qui renaît
Mars à peine éveillé
La chaleur attendra
Dans cette aube affectée
Par un voile de froid
Les maisons lentement s'ouvrent au jour, j'imagine
La discrète caresse des tout premiers rayons
Du soleil blanc de Mars sur le flanc des collines
Ce décor de mes rêves qu'épouse la saison
Dans l'ardoise gravée, patinée de lichens
Se lit le précieux temps des instants disparus
La mémoire implacable et fidèle m'entraîne
Sur la lande boisée où je suis revenu
Revenir et renaître
Que sais-je du destin
Du futur jamais loin
Qui s'ouvre à ma fenêtre?
Suis-je donc enchaîné
A l'ardoise dressée
A la bruyère d'hiver
Au printemps nouveau-né?
Dis-moi vieille maison
Quand viendra la saison
De l'éternelle lumière?
Venir, venir au jour, en ce jour un peu frais
Qui prépare les beaux jours, par ce temps imparfait
Venir ou revenir sur la lande ventée
Mars enfin renaissance du printemps désiré
| Bruyère à Rosquelfen en mars 2015 |
Jours de ce temps magique au grand silence épais
Pour un hiver cédant au printemps qui renaît
Mars à peine éveillé
La chaleur attendra
Dans cette aube affectée
Par un voile de froid
Les maisons lentement s'ouvrent au jour, j'imagine
La discrète caresse des tout premiers rayons
Du soleil blanc de Mars sur le flanc des collines
Ce décor de mes rêves qu'épouse la saison
Dans l'ardoise gravée, patinée de lichens
Se lit le précieux temps des instants disparus
La mémoire implacable et fidèle m'entraîne
Sur la lande boisée où je suis revenu
Revenir et renaître
Que sais-je du destin
Du futur jamais loin
Qui s'ouvre à ma fenêtre?
Suis-je donc enchaîné
A l'ardoise dressée
A la bruyère d'hiver
Au printemps nouveau-né?
Dis-moi vieille maison
Quand viendra la saison
De l'éternelle lumière?
jeudi 26 février 2015
Archéologie
Atelier pédagogique au musée archéologique du Grand Pressigny (Indre-et-Loire)
Dans le cadre de la gestion du temps périscolaire (TAP) d'enfants du Primaire, des ateliers pédagogiques sont proposés par les archéologues comme c'est le cas sur le célèbre site du Grand Pressigny, la "capitale" préhistorique du silex.
Ces ateliers proposent de réaliser des habitats mobiles à partir d'un socle de plâtre peint comme le montre la première vue ci-contre (cliquer dessus pour agrandir l'image). Cette animation vise à faire découvrir les modes de vie des hommes préhistoriques à différentes époques (Aurignacien:38000 à 29000 BP, Gravettien: 29000 à 22000 BP.Solutréen: 22000 à 17000 BP.Magdalénien:17000 à 12000 BP. Mésolithique:12000 à5000 et Néolithique:5000 à 2000 BP en Bretagne.)
Cette seconde vue montre la pose d'une peau sur l'armature en bois de l'habitat. Cette animation est adaptée à des groupes de 4 à 5 enfants. Le montage assez rapide de cette maquette permet au groupe de passer à un autre type d'habitat plus tardif (Néolithique) et beaucoup plus élaboré.Voir l'article du 16 janvier dernier sur ce blog.
Cette maquette d'habitat collectif du Néolithique est photographiée dans une vitrine du musée et correspond au type d'habitat représenté au musée de Plussulien, sur le modèle des découvertes de Pléchâtel en Ille-et-Vilaine: sorte de longère recouverte de chaume et abritant un clan composé de plusieurs familles sédentarisées (habitat collectif)
Le musée propose aussi une animation artistique avec l'emploi de pigments naturels comme le montre la photo à gauche: reproduction d'un cheval avec pigments ocres naturels et charbon de bois sur un support en tuffeau blanc (dallages à disposition des enfants et qui peuvent également être gravés à la pointe silex.)
Reproduction des "lionnes" de la grotte Chauvet en Ardèche (Aurignacien) par crayons au charbon de bois sur tuffeau blanc.
L'allumage du feu est également réalisé à partir de deux méthodes: l'embrasement d'amadou par éclats incandescents de marcassite frottée par silex et poussière embrasée par frottement (noisetier sur lierre ou bois tendre très sec).
Sources: Ateliers pédagogiques du Grand Pressigny (37): Mr Frédéric Demouche archéologue adjoint au responsable chargé du public. Février 2015
Dans le cadre de la gestion du temps périscolaire (TAP) d'enfants du Primaire, des ateliers pédagogiques sont proposés par les archéologues comme c'est le cas sur le célèbre site du Grand Pressigny, la "capitale" préhistorique du silex.
Ces ateliers proposent de réaliser des habitats mobiles à partir d'un socle de plâtre peint comme le montre la première vue ci-contre (cliquer dessus pour agrandir l'image). Cette animation vise à faire découvrir les modes de vie des hommes préhistoriques à différentes époques (Aurignacien:38000 à 29000 BP, Gravettien: 29000 à 22000 BP.Solutréen: 22000 à 17000 BP.Magdalénien:17000 à 12000 BP. Mésolithique:12000 à5000 et Néolithique:5000 à 2000 BP en Bretagne.)
Cette seconde vue montre la pose d'une peau sur l'armature en bois de l'habitat. Cette animation est adaptée à des groupes de 4 à 5 enfants. Le montage assez rapide de cette maquette permet au groupe de passer à un autre type d'habitat plus tardif (Néolithique) et beaucoup plus élaboré.Voir l'article du 16 janvier dernier sur ce blog.
Cette maquette d'habitat collectif du Néolithique est photographiée dans une vitrine du musée et correspond au type d'habitat représenté au musée de Plussulien, sur le modèle des découvertes de Pléchâtel en Ille-et-Vilaine: sorte de longère recouverte de chaume et abritant un clan composé de plusieurs familles sédentarisées (habitat collectif)
Le musée propose aussi une animation artistique avec l'emploi de pigments naturels comme le montre la photo à gauche: reproduction d'un cheval avec pigments ocres naturels et charbon de bois sur un support en tuffeau blanc (dallages à disposition des enfants et qui peuvent également être gravés à la pointe silex.)
Reproduction des "lionnes" de la grotte Chauvet en Ardèche (Aurignacien) par crayons au charbon de bois sur tuffeau blanc.
L'allumage du feu est également réalisé à partir de deux méthodes: l'embrasement d'amadou par éclats incandescents de marcassite frottée par silex et poussière embrasée par frottement (noisetier sur lierre ou bois tendre très sec).
Sources: Ateliers pédagogiques du Grand Pressigny (37): Mr Frédéric Demouche archéologue adjoint au responsable chargé du public. Février 2015
samedi 21 février 2015
Peinture et Histoire
L'éternel féminin
Pastel sur papier noir 65x40 PJ 2015
Inspiré par les "Héroïnes" de Titouan Lamazou et l'exposition au château royal de Loches en 2013. A l'aube de la civilisation occidentale, des femmes ont marqué leur temps comme Nosside (IIIe siècle avant JC) qu'Antipater de Sidon (IIe siècle av JC) plaçait parmi les plus célèbres, Myrtis (VIe siècle avant JC) qui apprit l'art de la versification à Pindare (poète lyrique célèbre), Praxille de Sicyone (Ve siècle avant JC) qui inventa le vers dit Praxillien, Phanatea, femme d'Icare, introductrice du vers hexamètre, Stésichore: poète et philosophe (VIe siècle avant JC), Aspasie de Milet (Ve siècle avant JC) qui enseigna la philosophie à Socrate et l'éloquence à Périclès.
Ajoutons des héroïnes historiques comme Hypatie d'Alexandrie, mathématicienne et philosophe démembrée puis brûlée par les chrétiens en 415 (la barbarie et la haine du savoir ne datent pas d'hier!). Voir à ce sujet l'excellent film "Agora" d'Alejandro Amenabar,
Jeanne d'Arc (1412-1431),libératrice d'Orléans, Anne de Bretagne (1477-1514), Duchesse de Bretagne et deux fois reine de France.
Et pour faire plus local, ajoutons Marion du Faouët la célèbre "Robin des bois" du centre Bretagne. A l'état civil: Marie-Louise Tromel, chef de bande née en 1717 et pendue en place Saint Corentin à Quimper en 1755.Sa légende est toujours bien présente entre Morbihan, Finistère et Côtes d'Armor. La grotte où se cacha l'un de ses frères est encore visible dans le bois de Kerbescond à Rostrenen et sa mère hélène Kerneau décédera dans le manoir de Kerbescond proche de cette grotte dans le granite de Rostrenen.
Image : pastel aux couleurs inversées.
Pastel sur papier noir 65x40 PJ 2015
Inspiré par les "Héroïnes" de Titouan Lamazou et l'exposition au château royal de Loches en 2013. A l'aube de la civilisation occidentale, des femmes ont marqué leur temps comme Nosside (IIIe siècle avant JC) qu'Antipater de Sidon (IIe siècle av JC) plaçait parmi les plus célèbres, Myrtis (VIe siècle avant JC) qui apprit l'art de la versification à Pindare (poète lyrique célèbre), Praxille de Sicyone (Ve siècle avant JC) qui inventa le vers dit Praxillien, Phanatea, femme d'Icare, introductrice du vers hexamètre, Stésichore: poète et philosophe (VIe siècle avant JC), Aspasie de Milet (Ve siècle avant JC) qui enseigna la philosophie à Socrate et l'éloquence à Périclès.
Ajoutons des héroïnes historiques comme Hypatie d'Alexandrie, mathématicienne et philosophe démembrée puis brûlée par les chrétiens en 415 (la barbarie et la haine du savoir ne datent pas d'hier!). Voir à ce sujet l'excellent film "Agora" d'Alejandro Amenabar,
Jeanne d'Arc (1412-1431),libératrice d'Orléans, Anne de Bretagne (1477-1514), Duchesse de Bretagne et deux fois reine de France.
Et pour faire plus local, ajoutons Marion du Faouët la célèbre "Robin des bois" du centre Bretagne. A l'état civil: Marie-Louise Tromel, chef de bande née en 1717 et pendue en place Saint Corentin à Quimper en 1755.Sa légende est toujours bien présente entre Morbihan, Finistère et Côtes d'Armor. La grotte où se cacha l'un de ses frères est encore visible dans le bois de Kerbescond à Rostrenen et sa mère hélène Kerneau décédera dans le manoir de Kerbescond proche de cette grotte dans le granite de Rostrenen.
Image : pastel aux couleurs inversées.
vendredi 13 février 2015
Peinture et poème
"Le port de la grotte des légendes secrètes" (huile sur toile de Reon)
Sous les larmes de pluie se révèle l'ardoise
Au bleu sombre et rouillé dans ce pays si vieux
Et sur l'étang perdu où les oiseaux se croisent
La surface en miroir reflète de grands yeux
Dans ces yeux j'aperçois le destin qui me toise
Bien souvent j'ai rêvé d'un infini bonheur
En me laissant bercer par les chants et les mots
La complainte des fées guidant le voyageur
Jusqu'à l'embarcadère de ce port sous les eaux
Sous les eaux cette grotte a la forme d'un coeur
Qui donc connait encore l'endroit et son mystère
Sous le miroir mobile aux reflets de ciel noir
Portant toujours les rêves que cette toile éclaire
Jusqu'aux nuits sans lumière où se meurt l'espoir?
Et la mélancolie prend possession de l'air
J'entends pourtant ici comme l'écho troublant
De ce monde hygrophile agitant la pénombre
Je reconnais les sons venus d'un autre temps
Qui me parlent d'un rêve resurgi d'outre-tombe
Etrange paradis bleu où sommeillent les amants
Dans l'espace endormi sous d'hivernales gelées
J'ai vu passer la barque d'une triade perdue
Polymnie, Calliope, Erato égarées
De la rive boisée à la grotte inconnue
Instant de temps furtif par le peintre figé.
Tableau de Reon "Le port de la grotte des légendes secrètes", la Légende d'Argondia, autrefois en forêt de Quénécan et aujourd'hui à Prague, rép. Tchèque. Photo de l'étang des Salles en 2013, face au château ruiné, ancien domaine des Rohan.
Sous les larmes de pluie se révèle l'ardoise
Au bleu sombre et rouillé dans ce pays si vieux
Et sur l'étang perdu où les oiseaux se croisent
La surface en miroir reflète de grands yeux
Dans ces yeux j'aperçois le destin qui me toise
Bien souvent j'ai rêvé d'un infini bonheur
En me laissant bercer par les chants et les mots
La complainte des fées guidant le voyageur
Jusqu'à l'embarcadère de ce port sous les eaux
Sous les eaux cette grotte a la forme d'un coeur
Qui donc connait encore l'endroit et son mystère
Sous le miroir mobile aux reflets de ciel noir
Portant toujours les rêves que cette toile éclaire
Jusqu'aux nuits sans lumière où se meurt l'espoir?
Et la mélancolie prend possession de l'air
J'entends pourtant ici comme l'écho troublant
De ce monde hygrophile agitant la pénombre
Je reconnais les sons venus d'un autre temps
Qui me parlent d'un rêve resurgi d'outre-tombe
Etrange paradis bleu où sommeillent les amants
Dans l'espace endormi sous d'hivernales gelées
J'ai vu passer la barque d'une triade perdue
Polymnie, Calliope, Erato égarées
De la rive boisée à la grotte inconnue
Instant de temps furtif par le peintre figé.
Tableau de Reon "Le port de la grotte des légendes secrètes", la Légende d'Argondia, autrefois en forêt de Quénécan et aujourd'hui à Prague, rép. Tchèque. Photo de l'étang des Salles en 2013, face au château ruiné, ancien domaine des Rohan.
mercredi 11 février 2015
Art et archéologie
Malansac (à 2 kms de Rochefort-en-Terre) dans le Morbihan: un parc à remonter le temps.
Le site des anciennes carrières de schiste de Malansac a été transformé en parc à remonter le temps, des Dinosaures aux peuples du Néolithique avec sur cette vue, la reconstitution d'un déplacement de menhir par les hommes du Néolithique. Cette reconstitution est également réalisée de nos jours par l'archéologie expérimentale qui s'attache à comprendre les techniques utilisées par les hommes de cette époque (5000 à 2000 av JC en Bretagne).
Mais quel lien peut-on faire entre Malansac (56)et Gouarec (22)?
Ce lien est fait par le célèbre Charles Filiger, le peintre de "l'école de Pont-Aven" ayant séjourné à Gouarec de 1906 à 1908, passé par Malansac en 1902, d'où il dessine et colorie des staurotides, les célèbres "croisettes de Bretagne".
Ces staurotides (voir le message du 22/01/2013 sur ce blog) que l'on trouve en Bretagne dans plusieurs endroits (Le Grand Fougeray en 35, Coray en 29) mais difficilement à Perret ou Sainte Brigitte où il s'agit d'andalousite, ont été bien observées par le peintre qui en fait une représentation à la fois très précise et très esthétique.
(source: André Cariou, Conservateur honoraire du Musée des Beaux Arts de Quimper).
Le site des anciennes carrières de schiste de Malansac a été transformé en parc à remonter le temps, des Dinosaures aux peuples du Néolithique avec sur cette vue, la reconstitution d'un déplacement de menhir par les hommes du Néolithique. Cette reconstitution est également réalisée de nos jours par l'archéologie expérimentale qui s'attache à comprendre les techniques utilisées par les hommes de cette époque (5000 à 2000 av JC en Bretagne).
Mais quel lien peut-on faire entre Malansac (56)et Gouarec (22)?
Ce lien est fait par le célèbre Charles Filiger, le peintre de "l'école de Pont-Aven" ayant séjourné à Gouarec de 1906 à 1908, passé par Malansac en 1902, d'où il dessine et colorie des staurotides, les célèbres "croisettes de Bretagne".
Ces staurotides (voir le message du 22/01/2013 sur ce blog) que l'on trouve en Bretagne dans plusieurs endroits (Le Grand Fougeray en 35, Coray en 29) mais difficilement à Perret ou Sainte Brigitte où il s'agit d'andalousite, ont été bien observées par le peintre qui en fait une représentation à la fois très précise et très esthétique.(source: André Cariou, Conservateur honoraire du Musée des Beaux Arts de Quimper).
mardi 3 février 2015
Poème
L'hiver
C'est un temps qui vous accable
Une saison sans soleil
Un ciel gris déraisonnable
Et le village en sommeil
Le noir, le blanc, l'eau, le vent
Font le décor hivernal
Un quadrige aux vents glaçants
En chevauchée infernale
C'est un vol noir de corbeaux
Ton sur ton au ciel plombé
Chant du vent et chant de l'eau
En symphonie agitée
La tempête désespère
Le citadin passager
Quand l'indigène solitaire
Sous son toit sait l'apprécier
Je sais bien que ce temps là
Prépare une renaissance
Ce n'est pas toujours le glas
Qui fait vibrer le silence
Sous la neige déjà se pointent
Les ornements du printemps
Et j'entends comme une plainte
De l'hiver bientôt mourant
Quelques bourgeons s'aventurent
Dans la fraîcheur sans lumière
La vie sort de sépulture
Où s'en retourne l'hiver!
Dans les buissons du chemin
Je ne vois que des épines
Mais je pressens le matin
Où fleurira l'églantine
C'est la rose pourpre ou sanguine
Qui à nouveau patiemment
Prépare sa "vesprée" divine
Aux couleurs du grand beau temps
Bientôt la saison des rires
Pour oublier les frissons
De cet hivernal soupir
Dans le secret des maisons.
| Rosquelfen en mars 2013 |
C'est un temps qui vous accable
Une saison sans soleil
Un ciel gris déraisonnable
Et le village en sommeil
Le noir, le blanc, l'eau, le vent
Font le décor hivernal
Un quadrige aux vents glaçants
En chevauchée infernale
C'est un vol noir de corbeaux
Ton sur ton au ciel plombé
Chant du vent et chant de l'eau
En symphonie agitée
La tempête désespère
Le citadin passager
Quand l'indigène solitaire
Sous son toit sait l'apprécier
![]() |
| Source gelée en vallée du Daoulas |
Je sais bien que ce temps là
Prépare une renaissance
Ce n'est pas toujours le glas
Qui fait vibrer le silence
Sous la neige déjà se pointent
Les ornements du printemps
Et j'entends comme une plainte
De l'hiver bientôt mourant
Quelques bourgeons s'aventurent
Dans la fraîcheur sans lumière
La vie sort de sépulture
Où s'en retourne l'hiver!
Dans les buissons du chemin
Je ne vois que des épines
Mais je pressens le matin
Où fleurira l'églantine
![]() |
| Vallée du Blavet vue du Rocher du Marquis en 2013 |
C'est la rose pourpre ou sanguine
Qui à nouveau patiemment
Prépare sa "vesprée" divine
Aux couleurs du grand beau temps
Bientôt la saison des rires
Pour oublier les frissons
De cet hivernal soupir
Dans le secret des maisons.
lundi 26 janvier 2015
Esotérisme, Légendes
L'Agrippa au pays de Gouarec (Côtes d'Armor)
En cherchant des informations sur les légendes et les traditions et usages en pays de Gouarec, je suis tombé sur un texte de Gaultier du Mottay (Historien-Géographe:1811-1883) publié dans l'édition de Henri Charpentier, Imprimeur-Editeur à Nantes en 1865, publication reprise dans une nouvelle édition "Culture et civilisation" à Bruxelles en 1977. Je cite intégralement ce texte assez troublant car l'endroit dont il est question est bien connu des anciens Gouarécains et des gens âgés du pays: "Dans un taillis situé au dessus du bourg de Gouarec, se trouve une allée couverte formée de larges dalles schisteuses; elle aurait, paraît-il, servi de refuge pendant les guerres civiles. (L'auteur fait ici allusion aux allées couvertes de Bochacoat à la Lande de Gouarec, dont il ne reste que la plus longue ruinée).
Mais tout l'intérêt de ce monument celtique (il confond comme
tous les archéologues du XIXe, l'époque celtique et le Néolithique
auquel appartient ce monument) s'efface, nos lecteurs en conviendront, devant celui d'une certaine grotte située sur les bords du Blavet, renfermant le fameux livre enchanté, nommé l'Agrippa. Il est enchaîné à une table de pierre et sa couverture est fermée par sept clés. Ni le feu ni l'eau n'ont d'action sur lui; il sert à évoquer quand on en a besoin, le diable qui ne manque jamais de répondre à l'appel, s'il est fait suivant les règles."
Ce texte étonnant parle de la grotte dans les schistes et quartzites
au contact du Lockhovien (grès ferrugineux) et du Siluro-Dévonien du bois de gouarec. Cette ancienne excavation liée à l'exploitation du fer traité aux Forges en forêt de Quénécan était visible à proximité du chemin qui
reliait Toul Goanv à la Lande de Gouarec au halage du Blavet canalisé. Ce chemin et le droit de passage ont été cédés à un acheteur privé (famille Le Guéné) à la fin des années 1960. L'accès a donc disparu depuis. Je me souviens (pour y avoir joué étant enfant) de cette grotte,alors vide, à proximité de laquelle coulait une source.
Le nom d'Agrippa ou Livre Noir vient du nom de Henri Corneille Agrippa (1486-1535), philosophe et médecin allemand considéré comme savant alchimiste. Il rédige cinq livres connus de magie noire qui ont la réputation d'être dotés d'une volonté propre! De rares éditions anciennes existent encore en Europe chez des collectionneurs spécialisés. Ce livre était encore bien présent dans la société paysanne du XXe siècle et y compris en terres très chrétiennes car je me souviens des récits que faisait ma mère (née en 1923 dans le Léon) à propos de ce livre.
Elle l'appelait "le petit livre rouge" car, disait-elle, il avait une couverture rouge (et était sans doute tout aussi interdit que celui de Mao par le clergé local!) Celui qui lisait "innocemment" ce livre voyait se passer de drôles de choses très peu naturelles! Par exemple, les choux-fleurs sortaient de terre dans le jardin de sa grand-mère et faisaient le tour de la maison avant de se replanter (la volonté propre du livre!) Pour que les choses rentrent dans l'ordre, il fallait relire les phrases lues à l'envers et pour cela le curé était appelé en catastrophe à la rescousse. Les choses redevenues normales, le curé jetait le livre dans la cheminée. Le fait d'avoir des livres, à l'exception des religieux (bible, missel, katekiz coz...)n'était pas très bien vu; le savoir appartenait à une certaine catégorie sociale mais pas au peuple ignorant qui devait sans doute le rester comme en témoigne la dernière phrase d'une prière récitée en Léon jusqu'au milieu du XXe siècle: "Ha da bep ini da chom en e renk": "et que chacun reste à sa place"!
Dans le secteur de Gouarec, on retrouve l'Agrippa dans les années 1950 dans une ferme (Kerbihan) à proximité du Sulon en allant de Gouarec vers Ste Tréphine, un secteur marqué par les rites antérieurs à l' ère chrétienne, rites probablement celtiques comme ceux d'immersion dans le Sulon pratiqués à l'emplacement actuel de la chapelle Saint Mathurin en ruine. Celle-ci a été construite dans le but "d'effacer" le rite antérieur, sa promotion s'est faite par le clergé local au XVIIe siècle à la suite du fameux "miracle du Pohon" un sauvetage d'enfant tombé dans un puits et récupéré par sa soeur plus âgée et certainement très dégourdie!
Ces fermiers chez qui les parents allaient chercher le beurre une fois par semaine, plaçaient l'argent qu'ils possédaient à l'intérieur de l'Agrippa, le livre auquel ils faisaient plus confiance qu'aux banques (les événements de 2008 avec l'ébranlement du système financier dans sa globalité leur donneraient raison s'ils étaient encore là!)Certains éléments en pierre comme les lec'h ou stèles de granite, les sphères ou "boules de Saint Trémeur", le "sarcophage" en granite, sont autant d'éléments concentrés autour de l'église de Sainte Tréphine et qui témoignent encore du poids des légendes et superstitions à proximité du Sulon et du Blavet, deux rivières qui doivent leur nom aux dieux de la période celtique.
Sources:La Bretagne Contemporaine. Sites pittoresques, monuments, costumes. Scènes de moeurs, Histoire, Légendes. Traditions et Usages. Deuxième volume (Finistère, Côtes-du-Nord, Ille et Vilaine). Editions Culture et civilisation, Bruxelles 1977. Sites photos "fr.123rf.com/images libres de droit.
En cherchant des informations sur les légendes et les traditions et usages en pays de Gouarec, je suis tombé sur un texte de Gaultier du Mottay (Historien-Géographe:1811-1883) publié dans l'édition de Henri Charpentier, Imprimeur-Editeur à Nantes en 1865, publication reprise dans une nouvelle édition "Culture et civilisation" à Bruxelles en 1977. Je cite intégralement ce texte assez troublant car l'endroit dont il est question est bien connu des anciens Gouarécains et des gens âgés du pays: "Dans un taillis situé au dessus du bourg de Gouarec, se trouve une allée couverte formée de larges dalles schisteuses; elle aurait, paraît-il, servi de refuge pendant les guerres civiles. (L'auteur fait ici allusion aux allées couvertes de Bochacoat à la Lande de Gouarec, dont il ne reste que la plus longue ruinée).
Mais tout l'intérêt de ce monument celtique (il confond comme
| Restes d'une allée couverte de Bochacoat |
auquel appartient ce monument) s'efface, nos lecteurs en conviendront, devant celui d'une certaine grotte située sur les bords du Blavet, renfermant le fameux livre enchanté, nommé l'Agrippa. Il est enchaîné à une table de pierre et sa couverture est fermée par sept clés. Ni le feu ni l'eau n'ont d'action sur lui; il sert à évoquer quand on en a besoin, le diable qui ne manque jamais de répondre à l'appel, s'il est fait suivant les règles."
Ce texte étonnant parle de la grotte dans les schistes et quartzites
au contact du Lockhovien (grès ferrugineux) et du Siluro-Dévonien du bois de gouarec. Cette ancienne excavation liée à l'exploitation du fer traité aux Forges en forêt de Quénécan était visible à proximité du chemin qui
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| Agrippa aux sept fermetures |
reliait Toul Goanv à la Lande de Gouarec au halage du Blavet canalisé. Ce chemin et le droit de passage ont été cédés à un acheteur privé (famille Le Guéné) à la fin des années 1960. L'accès a donc disparu depuis. Je me souviens (pour y avoir joué étant enfant) de cette grotte,alors vide, à proximité de laquelle coulait une source.
Le nom d'Agrippa ou Livre Noir vient du nom de Henri Corneille Agrippa (1486-1535), philosophe et médecin allemand considéré comme savant alchimiste. Il rédige cinq livres connus de magie noire qui ont la réputation d'être dotés d'une volonté propre! De rares éditions anciennes existent encore en Europe chez des collectionneurs spécialisés. Ce livre était encore bien présent dans la société paysanne du XXe siècle et y compris en terres très chrétiennes car je me souviens des récits que faisait ma mère (née en 1923 dans le Léon) à propos de ce livre.
Elle l'appelait "le petit livre rouge" car, disait-elle, il avait une couverture rouge (et était sans doute tout aussi interdit que celui de Mao par le clergé local!) Celui qui lisait "innocemment" ce livre voyait se passer de drôles de choses très peu naturelles! Par exemple, les choux-fleurs sortaient de terre dans le jardin de sa grand-mère et faisaient le tour de la maison avant de se replanter (la volonté propre du livre!) Pour que les choses rentrent dans l'ordre, il fallait relire les phrases lues à l'envers et pour cela le curé était appelé en catastrophe à la rescousse. Les choses redevenues normales, le curé jetait le livre dans la cheminée. Le fait d'avoir des livres, à l'exception des religieux (bible, missel, katekiz coz...)n'était pas très bien vu; le savoir appartenait à une certaine catégorie sociale mais pas au peuple ignorant qui devait sans doute le rester comme en témoigne la dernière phrase d'une prière récitée en Léon jusqu'au milieu du XXe siècle: "Ha da bep ini da chom en e renk": "et que chacun reste à sa place"!
| Ruines de St Mathurin à Trozulon |
Ces fermiers chez qui les parents allaient chercher le beurre une fois par semaine, plaçaient l'argent qu'ils possédaient à l'intérieur de l'Agrippa, le livre auquel ils faisaient plus confiance qu'aux banques (les événements de 2008 avec l'ébranlement du système financier dans sa globalité leur donneraient raison s'ils étaient encore là!)Certains éléments en pierre comme les lec'h ou stèles de granite, les sphères ou "boules de Saint Trémeur", le "sarcophage" en granite, sont autant d'éléments concentrés autour de l'église de Sainte Tréphine et qui témoignent encore du poids des légendes et superstitions à proximité du Sulon et du Blavet, deux rivières qui doivent leur nom aux dieux de la période celtique.
Sources:La Bretagne Contemporaine. Sites pittoresques, monuments, costumes. Scènes de moeurs, Histoire, Légendes. Traditions et Usages. Deuxième volume (Finistère, Côtes-du-Nord, Ille et Vilaine). Editions Culture et civilisation, Bruxelles 1977. Sites photos "fr.123rf.com/images libres de droit.
jeudi 22 janvier 2015
Poème
La fée des ombres
Les volutes bleu pâle surplombant la toiture
Révèlent la vie lovée au coeur de la maison
Le monde est si paisible près du feu qui rassure
Les ombres dansent avec les mots d'une chanson
Le vent indifférent estompe encore la voix
Les sons à peine audibles de l'étrange mélodie
J'imagine l'éclat des braises qui flamboient
Les mouvantes couleurs sur un corps alangui
C'est un rêve, une douleur
Le poids d'ombres des mois noirs
C'est le parfum d'une fleur
Qui persiste en ma mémoire
Las! rien ne peut s'oublier
Aux fontaines de jouvence
Douceur des corps enlacés
Puis consumés dans l'absence
Immobilité au creux du silence
Linceul blanc de givre dans l'aube naissante
Oh la saison morte et l'indifférence!
Pour quelle renaissance les fées s'impatientent?
Et sais-tu comment oublier le temps
Passé sur la lande par les vents battue,
Cet ancien chemin où ne passe plus
La fée qui dans l'ombre perpétue son chant?
(inspiré par la lecture de "Alerte aux ombres" de Jean Cayrol, arythmie à 12,7 et 10 pieds)
Les volutes bleu pâle surplombant la toiture
Révèlent la vie lovée au coeur de la maison
Le monde est si paisible près du feu qui rassure
Les ombres dansent avec les mots d'une chanson
| Rêve bleu dans la vallée |
Les sons à peine audibles de l'étrange mélodie
J'imagine l'éclat des braises qui flamboient
Les mouvantes couleurs sur un corps alangui
C'est un rêve, une douleur
Le poids d'ombres des mois noirs
C'est le parfum d'une fleur
Qui persiste en ma mémoire
Las! rien ne peut s'oublier
Aux fontaines de jouvence
Douceur des corps enlacés
Puis consumés dans l'absence
Immobilité au creux du silence
Linceul blanc de givre dans l'aube naissante
Oh la saison morte et l'indifférence!
Pour quelle renaissance les fées s'impatientent?
Et sais-tu comment oublier le temps
Passé sur la lande par les vents battue,
Cet ancien chemin où ne passe plus
La fée qui dans l'ombre perpétue son chant?
(inspiré par la lecture de "Alerte aux ombres" de Jean Cayrol, arythmie à 12,7 et 10 pieds)
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