Libellés

jeudi 19 novembre 2015

Actualité

Fin 2015: nouveau choc!

Le 11 janvier 2015, un article rédigé sur ce blog et intitulé "Début 2015, le choc!" faisait état de l'attaque de Charlie Hebdo en insistant sur ce que la haine pouvait provoquer d'insupportable. Cet article (supprimé pour cause de "bug"informatique) disait en substance que l'absence totale d'humour signait l'obscurantisme, l'ignorance, le fanatisme. Cet article renvoyait au thème du forum du Monde, au Mans en novembre 2014 qui traitait de la promesse en insistant sur la nécessité de réhabiliter d'urgence la parole comme élément indispensable au vivre ensemble. Depuis le 14 novembre dernier, les attentats dans Paris réactivent les blessures du début d'année et nous interpellent tous par la mise en cause de notre démocratie. Dans cette épreuve, il semble qu'une très large majorité de français approuve les mesures d'urgence, mesures qui ne permettront pas de faire l'impasse sur la nécessité impérieuse d'analyser les causes de cet état de guerre dont certaines se trouvent sur notre sol, dans nos banlieues et d'en tirer rapidement les conséquences. Le "karcher" évoqué par un "politique" il y a un certain nombre d'années maintenant n'était pas à la hauteur du problème, mais au-delà des polémiques qui reviendront toujours trop vite, écoutons les  sages de la société civile: sociologues, philosophes, médecins... dont la parole est encore audible aux français, sans doute parce qu'ils sont hors des enjeux électoraux!

Dessin et aquarelle

Carnet de voyages


Encre bleue à la plume sur papier. Représentation de la sterne de Loire en vol.







Le vouvray en Touraine. Aquarelle et plume

mercredi 11 novembre 2015

Réflexions à propos des Celtes

A propos des celtes 

Selon C.J.Guyonvarc'h et F.Le Roux (Les Druides, éd: Ouest France), la conception du temps des celtes est accessible par Samain (fête du 1 novembre) ou Samonios dans le calendrier de Coligny. Fin et début de l'année qui n'appartient ni à celle qui se termine ni à celle qui commence. C'est la fin de la saison claire et le commencement de la saison sombre. Samain est hors du temps. C'est le jour de rencontre dans le temps et l'espace des hommes et des créatures féeriques de l'Autre Monde. Le temps humain est fini, mesurable et mesuré, alors que celui de l'Autre Monde est le présent immuable de l'éternité. Cette opposition du fini et de l'infini est de toutes les métaphysiques mais :"l'Irlande et la Gaule ont ajouté la note originale de l'approximation de l'infini par l'allongement indéfini du temps fini" (Guyonvac'h et Le Roux).
La théorie hésiodique des quatre âges de l'humanité: âge d'or, d'argent, d'airain et de fer est reprise dans la tradition celtique et le druidisme qui sont une seule et même chose (de nature et d'essence religieuses indoeuropéennes). Ainsi les druides, souvent par trois: Fiss, Fochmarc, Eolas, représentant le Savoir,la Recherche et la Connaissance, ont vu bien plus loin que leur temps historique. Ils ont prévu la catastrophe finale qu'ils ne pourront ou ne voudront conjurer: "un jour régneront seuls le feu et l'eau" (Strabon IV, 4)
Ceci nous amène au débat actuel sur cette nouvelle ère géologique succédant à l'Holocène: l'Anthropocène, véritable accélération unique dans l'histoire de la planète où la "puissance" de l'humanité est capable de modifier la géologie du globe, mais où en même temps, cette humanité n'a plus aucune prise sur l'évolution qu'elle a provoquée, qui est en cours et qui sera à l'origine de sa  disparition (C'est du moins l'avis d'un nombre croissant de scientifiques). La nature, indifférente et hors du temps ne gardera des quatre âges ou: passage furtif des humains, qu'une strate de déchets plus ou moins radioactifs, traces du passage d'une espèce seule responsable de sa disparition (contrairement aux dinosaures). En attendant, qu'avons-nous fait de la sagesse de nos ancêtres celtes?...

vendredi 6 novembre 2015

Entre Histoire etLégendes

La grotte de Castel Finans près du barrage de Guerlédan


Lorsque l'on s'enfonce dans la forêt de Quénécan à partir du barrage de Guerlédan, on passe sous la petite chapelle de Saint Tréphine qui marque l'endroit où la légende situe le château de Conomor, dit: Castel Finans. En réalité cette construction correspondait à un grand quadrilatère décrit par l'archéologue de Keranflec'h Kernezne au XIXe siècle, vestige d'une fortification d'époque de l'âge du fer et donc bien antérieure à celle de Castel Cran dans le bois de Gouarec (également attribuée à Conomor par la légende notoirement connue à Gouarec). Sous cet endroit devenu par extension, carrière de Castel Finans et sur lequel de gros prélèvements de roche, le grès armoricain de l'Ordovicien (Arénigien), ont été effectués pour construire le barrage de 1924 à 1929, les promeneurs attentifs tombent après quelques centaines de mètres vers l'ouest, sur  une cavité horizontale et assez profonde, taillée dans la roche. Début d'un souterrain? Abri de quelle époque? Sondage géologique? Le mystère reste entier pour le moment...
Notes: l'Ordovicien (500 à435Ma) est un étage du paléozoïque ou primaire qui se situe entre le Cambrien (540 à 500 Ma)et le Silurien (435 à 410Ma) et l'Arénigien est un sous-étage de l'Ordovicien, autour de 480 Millions d'années.

jeudi 22 octobre 2015

Poème et jardin

A propos de Coatcouraval et son jardin



Un article daté du 10 juillet 2015 sur ce blog, parlait de Coatcouraval, superbe manoir du XVe siècle aux jardins dessinés par Laprade dans les années 1920. Ces jardins bénéficient de l'action des "Lieux mouvants" (association Dialogues avec la nature) dont cet article fait état et qui permet de faire découvrir cet endroit magnifique en y réalisant des animations et expositions temporaires.
Le jardin de Coatcouraval avait sans aucun doute une grande importance pour la famille propriétaire et en particulier pour le comte Antoine Rouillé D'Orfeuil (1904-2000).
Je ne résiste pas à l'envie de rapporter ici le poème "Le jardin à l'envers" avant que le temps et les lichens ne l'aient effacé de la pierre sur laquelle il est gravé.


"Le jardin à l'envers.
J'aime mon jardin. Mon jardin me ressemble
lui, nourri de la terre et moi, nourri du lait
Nous nous sommes éveillés ensemble.

Sur ma route, un bon vent a soufflé dans
les voiles d'une fille aux yeux bleus.
Abeilles et pollens, pistils et papillons
ont pris les rendez-vous.
J'aime mon jardin. Mon jardin me ressemble.
Nous avons aimé ensemble.

Les enfants ont couru, la terre de
mon jardin est devenue leur jeu.
Alors les fleurs éclosent jouèrent avec
mes yeux, embaumèrent la maison.
J'aime mon jardin. Mon jardin me ressemble.
Nous avons joué ensemble.
Terrasses des jardins de Coatcouraval en 2015

Les robes de mon jardin, arlequin des
couleurs, au rythme des saisons
sont devenues ma fête. J'ai offert en
échange ma gaieté au jardin.
J'aime mon jardin. Mon jardin me ressemble.
Nous avons dansé ensemble.

Ma vie s'en est allée au bras d'un
chrysanthème, la terre a fermé ses sillons.
La chanson muée en requiem, le brouillard
a brouillé nos décors enchantés.
J'aime mon jardin. Mon jardin me ressemble.
Nous nous sommes souvenus ensemble.

En sommeil sans soleil, mon jardin
devient songe. Mon jardin sous la terre
A-t-il encore un sens, sens dessus dessous
un jardin a-t-il le sens commun?
J'aime mon jardin. Mon jardin me ressemble
Nous avons douté, puis redouté ensemble.

Mon jardin à l'envers fourmille de promesses,
de germes, de ferments, et des fleurs de demain.
J'aime mon jardin. Mon jardin me ressemble
Tous deux nous revivons ensemble.
Hier n'était qu'hier, aujourd'hui c'est demain."
                             Antoine Rouillé D'Orfeuil



mercredi 21 octobre 2015

Mégalithe du Néolithique

"La Chandelle" de Kergornec en Saint Gilles Pligeaux, Côtes d'Armor


Le menhir appelé "La Chandelle" est un magnifique mégalithe du Néolithique (il aurait entre 5 et 6000 ans) en granite de Quintin, classé MH depuis 1971. Il serait le sixième menhir de Bretagne avec ses huit mètres quinze de hauteur. Erigé sur une hauteur dégagée proche du village de Kergornec, dans un endroit de campagne vallonnée de la commune de Saint Gilles Pligeaux, il impressionne par son aspect élancé et régulier.




Photographié sous un autre angle, la personne au pied du menhir (env 1m80) donne une idée de la taille et de la masse de ce mégalithe planté à cet endroit depuis des millénaires et qui reste encore bien énigmatique aux hommes d'aujourd'hui.

(cliquer sur les photos pour les agrandir)

vendredi 16 octobre 2015

Vallée du Blavet de Guerlédan à Bon Repos

landes du Liscuis

En remontant le Blavet, du lac de Guerlédan à sec, à Bon-Repos en St Gelven (22)puis Gouarec.



La vallée du Blavet à Trégnanton
septembre 2015


En septembre, la vallée du Blavet, dans le fond du lac de Guerlédan à sec depuis avril dernier, s'est colorée en vert et offre une vision totalement différente de ce qu'elle était au printemps, au moment du retrait des eaux. Du haut de Trégnanton, la vision de la vallée en manteau vert va bientôt se terminer par la remise en eau du lac.






Dame blanche à Bon Repos en 2011



En remontant sur Bon-Repos et sa célèbre abbaye du même nom, le Blavet n'a pas changé d'aspect et n'est pas affecté par l'assèchement du lac, un événement exceptionnel qui a drainé une multitude de touristes, visiteurs et marcheurs depuis la descente et le retrait des eaux. Dans les renoncules aquatiques qui tapissent le lit de la rivière en amont du vieux pont de Bon-Repos, en 2011, une "Dame blanche" regardait les passants, les mains à hauteur du visage comme si elle tenait un couvercle imaginaire à la surface de l'eau: l'interface entre l'élément liquide et l'air; un bien étrange tableau dans un milieu inhabituel....
Coucher de soleil en 2015 vu de Rosquelfen

Plus loin vers Gouarec, la vallée se prolonge et passe avant de déboucher sur Gouarec, sous la sentinelle minérale du "Rocher du Marquis". A cet endroit aujourd'hui très boisé se couche le soleil derrière les collines de Kerlaurent et Plouguernevel. Le chant léger de la source du Rocher (feunteun Korrec), la "fontaine des korrigans", accompagne le passant dans sa méditation, pendant que la vallée s'endort dans les reflets rougeoyants du soleil.  Le marcheur qui s'attarde apprécie alors le calme et la sérénité de cet endroit.

mercredi 14 octobre 2015

Chapelle de Rosquelfen

Où en sommes nous avec la chapelle de Rosquelfen?


Depuis 2011, la chapelle a fait l'objet de trois tranches de travaux. Pour mémoire, en 2011, le transept Sud a été remonté et sa toiture refaite ainsi que les aménagements extérieurs de la chapelle. En 2012, c'est le clocher qui a fait l'objet d'un gros travail de consolidation et d'étanchéité. En 2013, le mur nord de la nef a été redressé par procédé hydraulique, sous la responsabilité de l'architecte du Patrimoine (Mr Léo Goas) et les bénévoles ont complété le travail (remise du dallage de la nef en place, remise en place de la chaire de prêche, enduit sur le mur nord, joints de maçonnerie entre le porche et le clocher... Depuis 2014, date de l'inscription de la chapelle à l'Inventaire des Monuments Historiques, la quatrième tranche se met en place en respectant les arcanes administratives (demande de permis, appel d'offre aux entreprises...). Cette procédure réalisée par le maître d'ouvrage et l'architecte du Patrimoine va prochainement aboutir au choix des entreprises intervenantes (le 3 novembre 2015) puis la demande de subventions aux organismes habituels (Conseil Régional, Département, DRAC, Skoaz ouz skoaz...) et les travaux sur la toiture de la nef (charpente et couverture)vont enfin pouvoir démarrer. Pour l'association qui prendra en charge une partie de la préparation de chantier, elle poursuit sa quête de donateurs et ses efforts pour le collectage de fonds. En 2015, le repas du pardon et la vente de calendriers contribuent à l'abondement des comptes qui transitent par la Fondation du Patrimoine. Un grand merci à tous les donateurs et bénévoles engagés dans ce chantier de longue haleine! 
(Dernier article du blog, sur la chapelle: 17 septembre 2014)

samedi 3 octobre 2015

Poème

Visite de Séléné le 28 septembre 2015


La grande marée
Dans l'endroit baigné
Des feux du couchant
L'océan

Le clapot sonore
De ces vagues lentes
La lune mouvante
Dans les reflets d'or
Rochers de St Guénolé-Penmarc'h le 28/09

Spectres nus dressés
De roches blessées
Par un vent puissant
Burinant

Et la lune éclaire
La côte et la mer
Si blanche est la reine
Sélène!

La mélancolie
S'installe sans bruit
Sur les eaux bleutées
De rêves passés

Je repense encore
Aux instants si forts
De nuits étoilées
D'été.

dimanche 20 septembre 2015

Sculptures

Kizellan 2015 à Mellionnec (Côtes d'Armor)
La sentinelle de Loïc Josse

Depuis ce week-end et jusque la mi-novembre, le bourg de Mellionnec dans les Côtes d'Armor retrouve le temps de l'exposition temporaire de sculptures monumentales. Cette exposition dénommée "Kizellan",se fait dans les ruelles et chez les particuliers. C'est une occasion de découvrir les oeuvres d'artistes mais aussi le bourg lui-même, riche de maisons anciennes en granite et d'endroits remarquables comme la place de l'église ou l'ancien presbytère et son jardin. La première photo représente "La sentinelle" de Loïc Josse (bois poli)

Cette vue représente "les femmes qui tombent" de Jean-Marc Jézéquel,  en granite sculpté. Les différentes pièces sont incluses dans un périmètre limité par des panneaux, sorte de palissade ajourée qui "emprisonne" les statues de pierre.



"Totem" de Clotilde Cousin



Le  totem"Lundi" de Clotilde Cousin se situe chez un particulier et correspond à un travail d'atelier en terre cuite, peinte et polychrome, ce qui tranche sur le vert de la pelouse. Un autre totem (cette fois en "raku"), est positionné dans le même espace avec d'autres sculptures.




La "Femme à l'enfant" du sculpteur Jak est une oeuvre en granite rose positionnée sur le côté Nord-Ouest de l'église, au centre du bourg.

Oiseaux sur bois de lierre  de Clotilde Cousin
Dans l'ancien presbytère récemment  nettoyé et ouvert, les bâtiments et le jardin abritent des oeuvres intéressantes et variées comme ces oiseaux en terre cuite sur entrelacs de lierre séché et traité.
Une exposition à ne pas manquer, qui ne se déroule que tous les deux ans (voir article antérieur sur le même sujet sur ce blog).

mercredi 16 septembre 2015

Choc des images et poids des mots!

Réflexions à propos du dessin de presse et du choc des images.
Comme le dit Chaunu (dessinateur, à propos d'un dessin récent) "Il n'y a pas de caricature sans culture" (cette connaissance contre laquelle le Nazi sortait son révolver!). "Il faut en effet de l'éducation pour analyser une image, qu'il s'agisse de photographie ou de dessin". Faire la différence entre une grossière manipulation et la réalité "demande de la clairvoyance et une bonne dose d'intelligence", précisément ce qui fait le plus défaut chez un grand nombre d'internautes, souvent les plus prompts à s'enflammer sans mesure.
Il est vrai que l'adage chinois cité par Florence Pitard dans son article (OF du 11/09/2015), illustre bien le phénomène: "Quand le sage montre la lune, l'idiot regarde le doigt."
Et Michel Onfray d'enfoncer le clou:"Ainsi le "regardeur" d'un tableau, s'il s'agit d'un sage, verra ce que le sage y a mis, mais si le "regardeur" est un sot, il regardera sottement et il verra la sottise qu'il y met! Un dessin de presse suppose des prérequis: de l'intelligence, de l'humour, de la subtilité, de la culture et des références (le contraire de l'obscurantisme fanatique). Quand le sot ne voit dans le dessin que ce qu'il y met et que ce qu'il y met est aussi pauvre que lui, le dessin lui parait pauvre. Est-ce la faute du dessin? Oui dit le fou. Mais le sage sait bien que non."
A son époque, Platon ne disait pas autre chose en écrivant dans "Le Banquet" (204a) "Ce qu'il y a précisément de fâcheux dans l'ignorance, c'est que quelqu'un qui n'est pas intelligent se figure l'être dans la mesure voulue".Comme quoi l'instruction reste une priorité depuis les grecs, et ce n'est pas encore gagné!
Sources: à propos d'un article dans Ouest France du 11 septembre 2015 sur le dessin de presse de Chaunu ayant suscité un vif émoi sur Internet, par Florence Pitard.

mardi 15 septembre 2015

Poème

Dans la vallée la nuit...


Vers les sources du Blavet
Je me souviens depuis longtemps
D'instants disparus à jamais
Sur les rochers, dans la forêt
Plaintive et noire sous le vent

Le ciel de nuit a ses nuages
La lune étale son ambre douce
Sur le tapis de tendres mousses
Et je m'avance sur le rivage

Le souffle d'air porte les sons
Langage étrange des ruisseaux
Je sens le présent qui prend l'eau
Dans l'imposture des illusions.
Le breuil du chêne en Quénécan

Je vois une ombre, elfe ou cerbère?
Forme muette de monolithe
Sur une crête interdite
Où le vent passe en solitaire

J'entends les sons des déversoirs
Cette puissance ici domptée
De la rivière canalisée
S'engouffrant dans la gorge noire

Eclats bleutés des yeux ouverts
Seuil en granite de Rostrenen dans une écluse ruinée du fond du lac
Intensité d'un noir désir
Réminiscence d'un souvenir
Le lamento du temps d'hier

La nuit efface l'horizon
Le temps sans fin, poursuit sa course
Un parfum endort la raison
Et la maison près d'une source.

jeudi 10 septembre 2015

Guerledan en août 2015

La vallée du Blavet au fond du lac de Guerlédan à sec

Fin août, début septembre, la vallée du Blavet a retrouvé un couvert végétal et l'aspect général du fond du lac à sec, n'a plus rien à voir avec la vision des mois de mai-juin (voir les articles précédents sur le même sujet). Aujourd'hui, le Blavet a retrouvé son lit d'origine et serpente dans un décor verdoyant qui inspire les visiteurs toujours très nombreux sous le ciel de septembre.
Dans le fond du lac, à proximité de Mur-de-Bretagne, les restes de ce langoustier font partie des éléments incontournables du patrimoine englouti. Ce bateau acheté à St Gilles-Croix-de-Vie servait au contrôle du barrage et au passage d'une rive à l'autre dans cet endroit du lac, le plus profond. Réquisitionné par les allemands durant la dernière guerre, il est coulé par la RAF en 1943 et repose depuis sur son lit de vase.
Proche du secteur de Trégnanton, ce magnifique linteau gravé donne des indications sur l'histoire de l'auberge Thomas (date, nom des propriétaires) et démontre qu'avec les ardoises de l'Ordovicien, il est également possible de faire des pierres pour la construction. En effet, les diaclases(cassures) bizotées de ce massif de Caurel limitait souvent l'usage de ces pierres à l'ardoise de couverture. Ici, la maçonnerie est entièrement réalisée dans les schistes prélevés sur place et constitue un véritable exploit technique.
Sur le bord d'une écluse à proximité de la maison Thomas, un visiteur inspiré par les lieux a laissé un message à la méditation des passants. Comme quoi la beauté naturelle de la vallée contribue à l'agitation des neurones! C'est tout "L'art de se promener" dont parlait le philosophe Schelle en 1802.
(Cliquer sur les photos pour les agrandir).

vendredi 4 septembre 2015

De Bon-Repos à Guerlédan

Bon-Repos: si bien nommé!



Entre la célèbre abbaye cistercienne du XIIe (bâtiments actuels du XVIIIe), au bord du Blavet canalisé, sur la commune de St Gelven (Côtes d'Armor) et l'écluse n°137, dite "de Nicolo" qui marque le début du lac de Guerlédan toujours à sec, il existe un itinéraire de promenade exceptionnel, une boucle qui peut se faire dans les deux sens, entre les murs Est de l'ancien domaine de l'abbaye et l'écluse Nicolo. Un superbe chemin passe par le sommet du versant Nord de la vallée et débouche sur le parking de l'écluse n°137, avant la carrière de Bellevue. La première photo montre une magnifique ouverture en arc brisé et en pierres sèches (schiste et grès armoricain) dans le mur Sud, partie Est de l'abbaye, donnant sur une ancienne salle voûtée. Cette partie du domaine correspond à la partie la plus ancienne de ce monument dont il reste le palais abbatial du XVIIIe ayant fait l'objet d'un gros effort de restauration et aujourd'hui, propriété du Département des Côtes d'Armor.


Le long des murs, une canalisation est encore visible, passant sous cette avancée maçonnée. Elle a été prise pour l'écoulement de la dérivation du Daoulas faite par les moines pour utiliser l'énergie hydraulique (meunerie, activités diverses sur métaux et verre...)mais en réalité, il s'agirait de l'écoulement des latrines qui surplombent la canalisation.



La limite de la propriété bâtie est encore matérialisée par ce mur en forme de rempart, fermant la partie Est. Au pied du mur existe encore aujourd'hui un chemin creux aux allures de douve défensive. En remontant ce chemin qui longe le mur, la vue sur celui-ci permet d'admirer l'art de l'assemblage de deux roches nettement différentes: le grès armoricain très dur et peu taillable, et l'ardoise qui  est utilisée pour caler le grès et lier le tout. La qualité de cet assemblage est démontrée par sa résistance au temps durant des siècles (ces murs seraient du XIVe ou antérieurs).



Cette photo montre un décrochement du mur avec pierres d'angle en grès armoricain. L'ensemble en pierres sèches (sans mortier) est pratiquement dans son état d'origine, ce qui montre l'exceptionnelle qualité de la maçonnerie et des maçons de cette époque.

Le chemin se poursuit au sommet de la vallée dominant le Blavet canalisé et son versant Sud entièrement boisé (forêt de Quénécan). En partie sous les hêtres et chênes, le chemin passe également par des landes fleuries de bruyères (ciliées, callunes...)où apparaissent de magnifiques affleurements de grès armoricain de l'ordovicien, à fort pendage Nord. Un endroit d'une beauté saisissante dans une nature sauvage et préservée où le marcheur méditant savoure le bon repos!                (Cliquer sur les photos pour les agrandir).

mardi 1 septembre 2015

Trésors du Centre Bretagne

Patrimoine de La Ferrière  en Côtes d'Armor
Cette commune située dans le canton de La Chèze près de Loudéac abrite des trésors insoupçonnés comme l'ensemble sculpté de "l'annonciation", une oeuvre étonnante en Kersanton, dans l'église de cette commune.
Un ange au phylactère est agenouillé devant la vierge tenant un livre ouvert dans sa main gauche. Les deux statues portent des traces de polychromie et sont datées de la fin du XIVe, début XVe siècle. Cette oeuvre de qualité exceptionnelle par la finesse de la sculpture est attribuée à l'atelier ducal du Folgoët (Léon) et s'inspire de la sculpture flamande de cette période. L'influence flamande est telle que l'origine bretonne de cette oeuvre est parfois  remise en cause. La nature pétrographique de cette roche, un lamprophyre à grain fin, tout-à-fait conforme à la Kersantite, ne permet pas de lever toute ambiguïté à ce sujet.Une étude pétrographique détaillée de cette roche serait donc nécessaire pour valider son lieu précis d'extraction (il y en a plusieurs sur le sol armoricain).
Dans la même église, il est possible de voir cette vierge à l'enfant qui est probablement l'une des plus anciennes statues encore visible en Bretagne. Cette vierge à l'enfant est datée du XIIe siècle. La vierge a perdu ses mains qui étaient rajoutées à l'ensemble monobloc. La statue est réalisée dans un tronc de tilleul.
Comment de telles oeuvres ont pu entrer dans le patrimoine de La Ferrière? Il y a peut-être une explication par le fait que sur cette commune existait dès le XIIe siècle une abbaye: Lanthénac, abbaye bénédictine disparue après la Révolution. Il pourrait donc s'agir des quelques "trésors" hérités de cette abbaye dont il ne restait plus rien dès le début du XIXe siècle (les pierres ont servi à construire des maisons à Loudéac).
Si vous passez par La Ferrière, arrêtez vous admirer ces sculptures qui ont traversé le temps et qui disent bien des choses sur les hommes qui les ont sculptées.
Note: la pierre de kersanton peut présenter des variations de couleur selon son origine d'extraction. Plusieurs carrières étaient déjà en activité au XVe siècle. C'est la nature et la variabilité en pourcentage des minéraux constitutifs qui font la couleur. Ainsi, une abondance de micas noirs (biotite) donnera une roche très sombre, alors qu'une moins forte proportion de biotite alliée au feldspath plagioclase calcosodique et  à une faible proportion de calcite et d'apatite, peut donner un faciès plus bleuté, ce qui est le cas dans cet exemple.