Libellés

samedi 12 décembre 2020

Poème

"Winter is coming!"


Pandémie, 

ce fait de l'an,

un tourment

qui déconstruit

et donne le "la",

le son du glas

sur le pays confiné.

chemin à Rosquelfen en hiver 2014
L'humanité désorientée

ne sait plus

distinguer l'essentiel du superflu.

Soupirs,

désirs,

penser demain

si loin

dans le futur

quand la nature

donne des signes

de chant du cygne.

Comprendrons-nous la terre?

Continuer à faire d'un paradis un enfer

nous condamne à jamais.

Saurons-nous désormais

faire les bons choix?

L'hiver est là...


lundi 7 décembre 2020

Patrimoine de Bon Repos sur Blavet en Côtes d'Armor

Ambiance de fin du jour dans l'abbaye de Bon Repos, fin août 2020



soir d'août dans l'abbaye en 2020

 


Pour apprécier le charme romantique des ruines de Bon Repos, il fallait se trouver le 26 août dernier dans le cloître de cette ancienne abbaye cistercienne fondée par les vicomtes de Rohan (Alain III et Constance de Bretagne Penthièvre, son épouse en 1184). Bien entendu, les bâtiments actuels ne sont pas du XIIe mais du XVIIIe siècle dont ils révèlent les techniques de construction (à chaux et à sable) et le style (voûtes en anse de panier pour le cloître dont il ne restait qu'une arche en 1985.





Le cloître et l'Arbre à voeux de Trevor Leat
Le 26 août 2020, dans ce décor très inspirant, on pouvait entendre les artistes  Alice Soria Cadoret, Rozenn Talec et Florent Bigoin dans un concert en trois actes dans cette ambiance de début de nuit et en présence de l'oeuvre encore sur place aujourd'hui de Trévor Leat, un géant d'osier parfaitement à sa place dans ce cadre unique et enchanteur, un décor à revoir dès la fin du confinement...


mardi 1 décembre 2020

Peinture en Kreiz Breizh

Matin d'automne sur les Gorges du Daoulas, Bon Repos sur Blavet, Côtes d'Armor





Cheminement vers l'Ouest sur les "hauts" des gorges du Daoulas. Huile sur bois 59x40 PJ 2020

Version pastel sur papier 60 x 40 AJ 2020



mardi 24 novembre 2020

Patrimoine et Histoire de Gouarec, Côtes d'Armor

Des témoins fragiles de l'Histoire à Gouarec, Côtes d'Armor

Chapelle  St Gilles, anc.église tréviale 

Le visiteur qui, cet été, parcourait les allées du cimetière de Saint Gilles, sur les "hauts" Nord-Ouest de Gouarec, se déplaçait dans un enclos de l'ancienne église tréviale de Saint Gilles-Gouarec, trève de Plouguernével avant de devenir paroisse avec son église N.D. de la Fosse,construite en début XIXe au coeur même de la cité. Dans ce cimetière, existe des tombes qui racontent une histoire, comme celle de la petite fille du roi de France Louis XV, proche du porche d'entrée Sud, ou celle de Louis Audrein (également orthographié Audren ou Audrain) dans l'angle Sud-Est de l'enclos,qui est le père du célèbre Abbé Audrein, évêque de Quimper, assassiné par les chouans en 1800.

Tombe de Louis Audrein
Louis Audrein était commerçant à Gouarec. Décédé en 1770, on peut lire sur la pierre tombale: CI GIST LE CORPS DE LOUIS AUDREIN EPOUX DE JAQUETTE ROYAN ET PERE DE AUDREIN PFR AU CGE DE QUIMPER. Cette pierre en quatre morceaux est menacée de disparition si une mesure de préservation n'est pas prise rapidement. Cette épitaphe qui parle d'un fils professeur au collège de Quimper se justifie par la personnalité de ce Yves Marie Audrein dont on peut mesurer le destin par quelques dates:
14/10/1741: naissance à Gouarec (un linteau sculpté existe toujours sur une maison du vieux Gouarec où il a vécu enfant).
Il fait ses études au séminaire de Plouguernevel, enseigne à Quimper (d'où l'épitaphe "ProFesseuR au CollèGE de Quimper"), devient Préfet des études au collège Louis Le Grand à Paris (élèves: Robespierre, Desmoulins, Fréron...), Principal du collège des Grassins (anc. Université de Paris). 
1789: Constitution Civile du Clergé; devient premier vicaire de l'évêque de Vannes.
1791: Député à l'Assemblée Nationale Législative du Morbihan
1792: Député de la Convention Nationale
1793: vote la mort de Louis XVI (sous condition non exécutoire).
1798: nommé en juillet, évêque de Quimper. Il s'oppose aux chouans, est ami de l'Abbé Grégoire (évêque constitutionnel et homme politique influent).
1800: le 19 novembre, il est assassiné par les chouans. Sa sépulture se trouve sur Quimper.
NB: pour précisions complémentaires: voir l'article détaillé dans la revue Kaier ar Poher n°7 de décembre 2001, ainsi que "Gouarec. Découverte du Patrimoine. Les Halles et le pavillon de Rohan" par Pierre Le Dour et Pierre Jézéquel, octobre 2014.


 

jeudi 19 novembre 2020

Le menhir de St Uzec, patrimoine des Côtes d'Armor

 L'étrange menhir christianisé de Saint Uzec (Saint Josse) sur Pleumeur-Bodou (22)


Près de la chapelle Saint Uzec de Pleumeur-Bodou, se situe un menhir très célèbre, l'un des plus connus des Côtes d'Armor et même de Bretagne tant il a fait l'objet de nombreuses cartes postales et ceci dès que cette technique d'illustration a existé, c'est-à-dire dès la fin du XIXe siècle. Classé MH depuis 1889 (l'un des premiers menhirs classés), ce mégalithe du Néolithique (-5000 à -2000 avant notre ère) fait 7m40 de hauteur pour 2m50 de largeur. Il a été érigé près d'une allée couverte (Keryvon) qui marque un lieu de sépulture collective. La pierre est un granite clair prélevé sur place dans laquelle on observe des formes en "gouttières" naturelles dans le sens d'élongation de la roche. Ces "gouttières" ou "goulottes" en creux ont fait l'objet de nombreuses conjectures sur l'usage primitif de ce monument et qui ont contribué sans doute à son intérêt pour le public.


C'est (selon wikipedia) au cours d'une mission de Julien Maunoir en 1674 que ce menhir aurait fait l'objet d'une christianisation par sculpture de scènes de la Passion du Christ et de tableaux peints sur la face la plus lisse de la pierre également surmontée d'un Christ en croix. Cette ancienne carte postale du monument montre bien les motifs sculptés et peints sur la pierre. Cet habillage religieux marque bien la volonté, non pas de détruire, mais d'intégrer ce représentant d'un "culte" païen des pierres levées dans la religion du Royaume (de Louis XIV à l'époque). Ces "tableaux" à thèmes religieux seront la marque de ce jésuite prédicateur et bretonnant qui utilisera abondamment les images pour rendre son instruction accessible aux personnes dont, s'agissant du peuple, le plus grand nombre n'était pas lettré.


Sur cette vue arrière du monument, on voit bien les "gorges" étroites qui semblent partir du sommet de la pierre. Des figures comparables se voient encore aujourd'hui sur certains blocs de granite du chaos des gorges du Corong en Kreiz Breizh. Il s'agit bien de figures d'érosion héritées du quaternaire.

Image "Par Besenbinder, CCBY-SA3.0,https://commons."

vendredi 13 novembre 2020

Le diamant, pierre précieuse et minéral révélateur

Le diamant, une pierre recherchée et hors de prix!

 l'heure où les commerçants voient poindre le spectre de la ruine, un diamant russe de couleur rose-violacé de 14,83 carats est vendu 26,6 millions de dollars US (22,5 millions d'euros), c'est-à-dire 1,5 M€ le carat! (Rappelons qu'un carat correspond à un poids de 0,20g).

 D'où provient la couleur rosée (rarissime) de la pierre?
Sans doute d'une déformation de la structure cubique au moment de sa cristallisation, de lacunes dans sa structure  associées à des inclusions réparties dans son réseau. La couleur qui comprend non seulement la teinte mais aussi l'intensité et la profondeur de la couleur augmenterait donc son attractivité et sa valeur marchande.
Le record de prix a été obtenu en 2009 pour ce diamant d'Afrique du Sud rose-violacé, vendu à Hong Kong où le prix du carat a dépassé les 2M150.000 dollars US, c'est-à-dire 1,8 million d'euros!
Manifestement, les riches se portent bien dans ce monde de plus en plus inégalitaire et ces prix ont quelquechose de choquant, en particulier pour ceux qui ne disposent pas du minimum vital!
Mais disons un peu plus sur ce minéral extraordinaire à tous les points de vue.
La couleur bleutée provient d'atomes de bore parfois associés à l'hydrogène dans la structure.Pour la couleur jaune, c'est la présence d'azote qui donne la couleur et son intensité.
Diamant octaédrique: collPJ

Cette gemme (du grec "adamas": qui ne peut être dompté) dédiée à Osiris en Egypte, à Apollon en Grèce symbolise dans la chrétienté le vêtement de lumière de Dieu le Père et donc la lumière et la sagesse divine. Selon l'étymologie thibétaine (Hot-Tkar), elle symbolise l'unité. Le sens générique du diamant (blanc parfaitement transparent) est celui de lumière incréée ou substance universelle de l'univers, ou Yésod de la terminologie hébraïque, ou Telesma, ou Thélem de l'Hermétisme Alexandrin (opposé au Koïlon). C'est encore le Mulaprakriti de la mythologie hindoue, figurée par le serpent Ouroboros.
La dernière vue représente un diamant brut octaédrique, incolore et transparent. Ce minéral est composé de carbone pur, cristallisé dans le système cubique, densité 3,51, hydrophobe, élastique, et exceptionnellement dur (le plus dur des minéraux de la planète.) .On le trouve surtout dans les pipes kimberlitiques; principal producteur: l'Afrique du Sud.

mardi 10 novembre 2020

Lutte contre le frelon asiatique

Lutte contre le frelon asiatique

Nid de frelon asiatique dans peuplier

 Dans les peupliers qui surplombent la Loire, on peut, en levant les yeux, apercevoir  ce nid de frelons de plus de 60 cm de diamètre, dans lequel, en zoomant, on aperçoit le mouvement des frelons qui entrent et sortent.

Ces nids bien visibles devraient fairel'objet d'une destruction systématique, faute de quoi, la lutte incessante des apiculteurs risque de durer un certain temps. Il serait bon qu'une décision au niveau national soit prise pour éradiquer cette espèce invasive. Pour le moment, ces nids continuent de proliférer dans ce qui semble être une indifférence coupable...

NB: un passage le 10/11/2020 à la Perraudière (St Cyr-s-Loire)permet de constater que le rucher implanté dans le parc, en rive droite de la Loire est infesté de frelons. Dans la ruche "témoin" à accès aménagé à 2m80 de hauteur, n'entrent et sortent que des frelons. Le rucher est à 500m à vol d'oiseau du nid photographié.

vendredi 6 novembre 2020

Poème

Le dormeur de Beaucours


Sous les grands hêtres de Beaucours
Regarde un instant cette image
Du grand sommeil d'un géant sage
Indifférent aux bruits du jour
chaos granitique de Beaucours, St Nicolas du Pelem

Te souviens-tu de ces sous-bois
Que nous arpentions en riant
Lumières et ombres sous le vent
Portant les sons de ce temps là?

Un temps désormais suspendu
Comme la symphonie des sons, 
Sylvestre et riche partition
Peut-être à jamais disparue...

Le grand chaos s'est endormi
Dans son décor de feuilles fanées
Le bois silencieux déserté
Attend le retour à la vie

Nos jours à présent sont comptés
Sur les chemins aux feuilles mortes
Où le géant garde la porte
D'un autre monde réenchanté.

mercredi 4 novembre 2020

Patrimoine de Plouray, Morbihan: un oculus à tétrascèle dans la chapelle de Locmaria

Ornementation de la chapelle de Locmaria (XVe), commune de Plouray, Morbihan

Quadriskell à Locmaria
 
Sur les hauteurs de Kerguzul en Plouray, se situe la chapelle de Locmaria, un édifice du XVe siècle érigé sous le patronage des vicomtes de Rohan, en grand appareillage de granite, le même que celui que l'on trouve à Guidfosse dans le célèbre dolmen proche de Tourlaouenn.
Un quadriskell ou quadriskèle, ou hevoud en breton, ou tétrascèle en français est une ornementation de pierre dans un oculus ou ouverture circulaire dans un mur, ici dans le mur de la nef de Locmaria en Plouray.
L'oculus de Locmaria est composé de deux spirales entrecroisées à mouvement senestrogyre ou lévogyre (sens contraire des aiguilles d'une montre) s'il est regardé de l'extérieur. Il devient l'inverse, vu de l'intérieur, c'est-à-dire dextrogyre.
Les branches courbes des spirales en granite limitent quatre lobes ornés d'un vitrail illustrant la macle de Rohan (qui constitue le meuble des armoiries). Le centre du tétrascèle est également un losange à faces courbes.



Détails de l'oculus de Locmaria

Selon le site: "Historial du Grand Terrier", le quadriskell est un symbole solaire et cosmique, et une image représentant la vie tournant autour d'un centre immuable..."
Dans l'article:"Histoire et mémoires d'une commune de Basse-Bretagne, Ergué-Gaberic, en pays glazik. Patrimoine: Le quadriskell ou hevoud de la chapelle Saint André", l'auteur développe le sujet et la symbolique de ce type d'ornementation. Il nous laisse aussi voir avec effarement, la restauration entreprise en 2013 de cet édifice au magnifique chevet à pans coupés, et aux allures désormais de hangar agricole, ce qui ne peut être que provisoire sur un tel bâtiment!
                                                                                                                                                                          

jeudi 29 octobre 2020

Paysage de Bretagne intérieure, fin XIXe siècle

La lande de Quélédran au Faouët, Morbihan

La lande de Quélédran au Faouët. Louis Julien Télinge
Huile sur toile: 1883

Ce tableau de Louis Julien Télinge donne une image particulièrement représentative des paysages de la Bretagne Centrale avec un jeu d'ombre et de lumière qui donne de la profondeur au paysage et au ciel. Il provient du musée des Beaux-Arts du Faouët mais se trouve actuellement au Musée des Beaux-Arts de Vannes. Â partir de demain, l'exposition dans ce musée de Vannes ne sera plus visible: dommage! Le temps de confinement est un temps à mettre à profit pour se plonger dans les livres, une façon de s'instruire sans doute jugée obsolète par les adèptes du web, mais qui offre un bien meilleur contrôle des sources...


 

lundi 26 octobre 2020

A propos d'une nuance de bleu dans l'église de Runan, Côtes d'Armor

Le retable bleu de l'église de Runan, Côtes d'Armor

Porche d'entrée ND de Runan

 Runan qui au XIIIe siècle se nommait Runargant (la colline d'argent) possédait depuis le XIIe siècle, une aumônerie des Templiers (charte de 1182). Ce "moustier", chapelle dédiée à "Madame Sainte Marie, protectrice et patronne du Temple", a été sans doute érigé sur l'emplacement d'un ancien sanctuaire gaulois dédié à Bélénos ou Teutates. Durant tout le Moyen-Âge, Runan est une étape importante sur le chemin de Saint Jacques (trajet Tréguier à Guingamp). L'exceptionnelle richesse de l'édifice actuel est liée à son histoire: Les Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem qui héritent de ce sanctuaire après la chute des Templiers vont agrandir et embellir le moustier des templiers. Le commandeur Pierre de Kéramborgne va être l'un des protecteurs du sanctuaire. Les fondations des Ducs de Bretagne comme Jean IV et Jean V, puis des rois de France comme Henri III vont contribuer au prestige de l'édifice et de Notre Dame de Runan.Un des trésors de cette église se trouve dans l'une des chapelles  constituant l'ensemble architectural de ce monument classé depuis 1907. Il s'agit du célèbre retable gothique de la chapelle des Fonts baptismaux, une chapelle prolongée par la chapelle de la commanderie, un chef d'oeuvre de l'art gothique.

Le retable bleu de Runan (1423: début XVe)
Ce retable est présenté dans l'édifice par une note écrite (non signée) qui indique que la roche dans lequel il est sculpté est la pierre bleutée de Tournai (Belgique). Il est composé de cinq tableaux: de gauche à droite: l'Annonciation, L'Adoration des Mages, la Crucifixion, la Mise au tombeau et le Couronnement de la Vierge.Selon le site bretagneweb.com, cette oeuvre est du début XVe et la date précisée est 1423.
Mais qu'est-ce que la pierre bleutée de Tournai?
Il s'agit d'une roche sédimentaire calcaire provenant de Belgique et abondamment exportée pour ses propriétés qui en font un excellent matériau de construction et d'ornement. Elle est constituée d'organismes marins: les crinoïdes cimentés par une boue calcaire. Roche calcaire aussi solide que du marbre mais qui n'en est pas un car la roche n'est pas métamorphisée; il s'agit de calcite. Elle est non poreuse, non gélive et ses caractéristiques sont très proches du marbre.
Détails du retable: aspect granuleux de la roche

Cette détermination pétrographique est désormais contestée et la nature de la roche serait plutôt un lamprophyre (wikipedia), c'est-à-dire un kersanton. La couleur apparente aurait pu subir une évolution au cours de la période révolutionnaire où le retable avait été recouvert d'une couche argileuse dont il reste de nombreuses traces dans les plis des sculptures. Cette couverture dont on ignore la durée, aurait modifié la patine apparente de la pierre qui reste bien grenue comme le montre le cliché. Et pourtant, losque l'on regarde les corniches qui encadrent ce retable et qui elles, sont en Kersanton bien plus gris, et plus sombre, on peut se poser la question. Alors, Pierre de Tournai ou Kersanton (qui pourrait être le faciès Rhun de l'Hôpital-Camfrout), la question reste posée jusqu'à l'analyse pétrographique par lame mince dans un fragment de l'oeuvre, ce qui n'est pas envisageable. Le retable garde son secret et mérite le détour.
Sources:documentation interne à l'édifice de Runan. Patrimoine de Runan (infobretagne), La pierre bleue de Tournai (wikipedia). Le site bretagneweb.com. Doc.brgm:pétrographie(mdc).


dimanche 18 octobre 2020

Poème

Echos du monde sur vieilles landes 

Un tapis de barbelés
D'ajoncs! La forêt à l'horizon
Où s'en vont les vieux sentiers
Les jours passent et les saisons
Sentier sur la lande, côté vallée du Daoulas:oct 2020

 Rêves d'azur, rêves  d'amour
Une fée dans le gris du jour
Me fait encore ses confidences
Bientôt Samain et les mois noirs
Le vent qui disait hier au soir:
"Au diable les hommes en démence"!

Esprits étriqués et perdus
Fanatiques de toute obédience
Sachez que les enfants de France
Ont la Liberté pour vertu!

Chemin des Landes du Liscuis:sept 2020

Loin des frémissements urbains
Des heurts et clameurs du lointain
Les landes apaisantes s'alarment
La source au Rocher balbutie
Quelques notes de sa mélodie
Qui ce jour, se mêlent à nos larmes.

mercredi 14 octobre 2020

La lanterne des morts de Guégon en Morbihan

La lanterne des morts de Guégon: élément du patrimoine aussi original que rare en Bretagne.


 Cette colonne de granite sculpté d'environ 1m de hauteur se situait dans le cimetière de l'église St Pierre-St Paul de Guégon dont la partie romane date du XIIe siècle, avant le déplacement du cimetière à l'extérieur du centre ville. Replacée sur le parvis de cette église (mais malheureusement sans respecter l'implantation d'origine), la lanterne des morts datant du XVIe siècle  fait partie des six lanternes des morts répertoriées en Bretagne si l'on considère celle de St Divy à Loguivy-Plougras comme non certifiée. Certains sites parlent d'une datation contemporaine de l'église romane primitive, ce qui ferait remonter la lanterne au XIIe siècle, devenant ainsi la plus ancienne de Bretagne.
Plusieurs lanternes des morts en France sont datées du XIe au XIIIe siècle. Si la lanterne de Loguivy-Plougras était certifiée, étant du XVIIe siècle, elle serait la plus récente de France, érigée après la Contre Réforme.



Cette colonne de granite servait à recevoir une lampe qui était allumée lors du décès d'un paroissien perpétuant ainsi un ancien rite de la lumière dont la fonction est de guider l'âme du défunt;  fonction symbolique forte (conférence de Jean-Yves Cavaud le 8 février 2014 sur cette lanterne des morts). La lanterne était également allumée le jour de la fête des morts et à la Toussaint.
Dans la plupart des paroisses et jusqu'au début du XXe siècle, des lanternes des morts portatives ont été utilisées lors du déplacement d'un officiant pour donner les derniers sacrements aux mourants ("extrême onction"). Â Rosquelfen, ces lanternes étaient des cylindres métalliques perforés pour laisser passer la lumière et montées sur une hampe de bois (comme une hampe de bannière).
Sources: Patrimoine de Guégon par Joseph Marie Le Mené: 1891
patrimoine.bzh
gerval2.free.fr/lanternedesmortsdeguegon56guegon.htm

jeudi 8 octobre 2020

Poème

Tourments d'automne

Année agitée, indicible

Quand la société se défait!

Le vent hurle au creux des arbres morts

Son chant d'apocalypse.

Les cris lugubres des corneilles

Ponctuent le grondement des bois,

Spectres ruisselants

Dans le souffle de la tempête.

L'étrange atmosphère de fin du monde

Jette son voile gris sur les humains


Etonnés, résignés

Inquiets!

Mais sous le fracas des vents déchaînés,

Le discret battement rythmé

De coeurs dans le même tempo,

L'incomparable vibrato

D'une ultime symphonie

Qui m'accompagne pas à pas...


 

dimanche 4 octobre 2020

le dolmen de Guidfosse en Plouray, Morbihan

Dolmen de Guidfosse, près de Tourlaouen en Plouray, Morbihan

Ce monument  daté du Néolithique est classé MH depuis 1978.
Une chambre funéraire unique de 2m50 x 1m80 est recouverte par une grande dalle de granite reposant sur des orthostates également en granite. Il s'agit d'un granite grossier à deux micas qui affleure  à proximité de cette crète topographique composée  de granite appartenant au massif de Langonnet, lui-même dans l'ensemble de Rostrenen-Pontivy, d'origine Varisque ou hercynienne. Cette disposition se retrouve fréquemment pour ce type de monument. Celui-ci a perdu son tertre de recouvrement (tumulus ou cairn selon la composition du recouvrement).
A proximité de cet endroit, trois tombes à coffres de l'âge du Bronze ont été également découvertes (Mégalithes bretons). Le 22 septembre dernier, une conférence était organisée à Plouray avec visite de ce monument dont la chambre (ouverture) est orientée sur l'axe d'équinoxe d'automne, qui ce jour là était à 15h: moment furtif à saisir par conditions météorologiques peu favorables!
Cette visite précédait la conférence de Howard Crowhurst sur le thème de l'influence de l'astronomie dans l'alignement des mégalithes.
Ce thème au premier abord séduisant et présenté avec une qualité d'images exceptionnelle laisse les scientifiques perplexes, en particulier les archéologues.En effet, partir d'une "intime conviction" et étayer celle-ci par les observations et calculs qui vont dans le sens de la conviction mais en ignorant tout ce qui n'entre pas dans ce cadre est bien évidemment irrecevable. De nombreux monuments qui vont des tumulus à couloir coudé aux allées couvertes comme celles du Liscuis en Laniscat (22)présentent des orientations différentes qui dépendent plus de la topographie locale que de l'astronomie. Les techniques de datation par rapports isotopiques sont plus fiables aujourd'hui qu'il y a 50 ans , ce qui permet d'avancer dans l'étude de ces monuments.Il n'en reste pas moins vrai que les hommes du Néolithique ont observé le ciel  et sans aucun doute celui-ci, comme le souligne le conférencier, a représenté une forme de repère stable avec les solstices et les équinoxes, la position des étoiles toujours fiable par opposition à une terre sans doute plus "chaotique"! Le thème dans tous les cas passionne et alimente le rêve bien nécessaire dans ces temps d'incertitude et d'anxiété...