Libellés

mercredi 29 avril 2015

Mégalithes du Néolithique

Aux limites de Caurel, St Gelven, Laniscat et sur Saint Mayeux, un bel ensemble mégalithique à découvrir...
Menhir de Porz Guillo en St Mayeux

Sur les hauteurs qui dominent Caurel, mais sur le territoire communal de Saint Mayeux se dressent de magnifiques affleurements schisteux à niveaux interstratifiés de grès-quartzites, une véritable armature contre l'érosion transformant ce secteur en petite montagne. Sur le flanc Nord de ces formations, on domine le relief anticlinal de St Mayeux à Laniscat et dans cet endroit résistent encore quelques très beaux mégalithes originaux en schistes du Siluro-Dévonien  comme le Porz Guillo qui fait 4m50 de hauteur  et vu ici sur sa face Ouest.

La deuxième photo montre sa face Nord et une vue sur la stratification originelle de la roche. Ce menhir très élégant et de grande finesse doit peut-être sa survie à une christianisation dont il est possible d'observer les traces sur le sommet de la face Sud. Une croix est en effet gravée dans la masse et une niche destinée à recevoir une statue (aujourd'hui, vide)est creusée le long du tronc et sous une des branches de la croix en relief. Plusieurs sites  sur les mégalithes des Côtes d'Armor montrent des vues de cette face Sud). Ici, le schiste n'est pas qualifié d'ardoisier car il n'a pas de réelle fissilité. Son niveau de métamorphisme et l'alternance de lits gréso-quartzitiques en font une pierre impropre à la confection d'ardoises.


A quelques centaines de mètres de Porz Guillo, se dresse le menhir Ty Min, une pierre de 3m25 et toujours dans le même matériau schisto-quartzitique mais cette fois lardé de quartz laiteux, le même que celui qui abonde sur les affleurements à proximité.
Entre ces deux menhirs, les archéologues en ont identifié un troisième, toujours dans la même roche mais couché cette fois et à quelques dizaines de mètres du Porz Guillo. Cette vue est prise du Nord.

 En regardant attentivement la partie Est du menhir, la stratification naturelle de la roche apparaît très clairement (cliquer sur la photo pour agrandir).
A proximité de ce menhir, des blocs plurimétriques de la même roche sont alignés, comme entreposés dans des conditions de "sortie de carrière" et qui font penser à de potentiels mégalithes. Il est possible qu'une exploitation de ces roches à l'époque contemporaine ait été menée sur ces affleurements et pour la construction (maçonnerie) puisqu'ils n'ont pas été considérés par les archéologues comme d'époque Néolithique.

samedi 18 avril 2015

Sculptures

Art et sculptures en pays Fisel; un petit détour par l'atelier de Clotilde Cousin à St Michel en Glomel (22110)
D'une pierre qu'elle avait ramassée pour un sculpteur, elle avait gardé un bout qu'elle se mit à sculpter pendant des heures (une nuit entière), possédée par la mise en forme d'une première oeuvre. Cette rencontre avec l'ardoise puisqu'il s'agit de cette roche métamorphique, va faire naître et s'épanouir une relation avec l'art. Elle va ensuite rencontrer Annick Leroy* et cette rencontre sera déterminante dans le développement de sa passion.
En 2005, elle se forme en fonderie d'art à Libourne et découvre le moulage et la pratique de différentes matières: plâtre, cire, résine...

Photo 1: Femme nue méditant: ardoise polie (cliquer sur la photo pour l'agrandir)

"Ronde d'oiseaux" sur lierre
"Feu follet" au visage  sur champignon


Le travail de Clotilde révèle la spontanéité, la liberté, l'esprit curieux associant la terre, les pigments, le verre, le bois, les minéraux. Elle est attirée par l'alliance du feu et de la terre, expérimente les constructions et cuissons en four papier. La flamme libre et hasardeuse offre une dimension autre à ses pièces cuites et recuites. Le regard à l'affût, elle sait découvrir les formes invisibles au creux des arbres et dans son univers des bords de Trégarantec où les bois aux troncs majestueux, les étangs,
 la sérénité et la beauté du lieu lui offrent cette magnifique rencontre avec la terre.

Clotilde, aventurière de la matière noble et naturelle sait créer avec les pièces de bois qu'elle glane des oeuvres uniques où le métal, la terre, le verre, la céramique, le bronze et le feu fusionnent avec magie.
Clotilde vit et travaille à Kergonan en Saint Michel, commune de Glomel (22110). Une exposition permanente est visible dans ses ateliers où elle organise des stages toute l'année. Pour la contacter: une adresse mail: clotildecousin@free.fr. L'atelier est facile à trouver, il suffit de prendre à la sortie de Rostrenen, la route de Plouray et tourner au carrefour vers Saint Michel en Glomel, une signalisation spécifique est en place.

Dernière photo: jeune homme en terre cuite fumée.
*:Annick Leroy, sculpteur célèbre pour ses sculptures monumentales dont le célèbre trio des Soeurs Goadec à Carhaix.
Sources: texte inspiré du livre du trentenaire de l'atelier du Thabor à Rennes
Illustrations: oeuvres de Clotilde Cousin.

samedi 11 avril 2015

Poème

La vie
"La vie est un épisode inutile et perturbateur dans le bienheureux sommeil du néant"
                                                      Schopenhauer

Crépuscule sur Bréhat (22)
Lumière et ciel d'azur, pluie, soleil et orages
Le rire des enfants, la tristesse et les pleurs
Les sourires et plaisirs, les passions, les douleurs
Réveillent le "néant" "bienheureux" et sans âge

La vie est sensations, mouvements et souplesse
Fragilité aussi dans les cycles changeants
La beauté éphémère et le bleu océan
Font de cet "épisode", sa force et sa richesse


Crépuscule en mer
Lorsque le crépuscule à Beltaine flamboie
Et donne à l'horizon sa sublime harmonie
Le Ponant lumineux dans le lointain faiblit
Pour accueillir la lune jaunissant les vieux toits

Dans la vallée boisée caressons les grands chênes
Médiateurs généreux entre la terre et nous
J'aime sentir leur force quand le vent les secoue
Noueux gardiens des sources habillées aux fontaines
Chemin des douaniers à Crozon en 2013


Laissons le philosophe et sa définition
La vie est-elle utile? Question bien singulière
La vie est là qui passe et n'a pas de frontières
L'Univers sans "sommeil" poursuit son expansion.

vendredi 10 avril 2015

Guerlédan

De Kériven (Caurel) à Trégnanton (Saint Gelven), petit retour dans le temps avec l'assèchement du lac de Guerlédan (entre Côtes d'Armor et Morbihan).

Le retrait des eaux du lac de Guerlédan laisse voir des vestiges qui réactivent la mémoire des riverains  et une véritable remontée du temps s'opère alors avec le rappel d'événements parfois heureux mais aussi souvent tragiques comme des accidents mortels (dans les nombreuses carrières englouties ou dans le canal lui-même). La photo prise à proximité de Trégnanton début avril 2015, montre une porte d'écluse sur l'ancien canal de Nantes à Brest et sur laquelle on aperçoit encore le reste de passerelle à pied et l'intérieur de l'écluse chargée de sédiments et bois divers. On observe aussi malheureusement des quantités de déchets imputrescibles (verre, plastics) qui témoignent de l'indifférence des gens vis à vis de la nature et de l'environnement.
Sur cette deuxième vue prise au même endroit, on aperçoit bien la maçonnerie particulièrement soignée de l'écluse. Ces maçonneries ont été réalisées par des ouvriers creusois avec du granite bien breton. Les bâtisseurs du canal de Nantes à Brest n'ont pas , en effet, utilisé uniquement des bagnards pour le percement du canal. Il y avait aussi des volontaires locaux, parfois débauchés d'activités locales importantes comme sur le tronçon Gouarec- Saint Aignan où l'extraction de minerai de fer à destination des Forges des Salles en Quénécan subira cette pression sur la main d'oeuvre. "L'élite" si l'on peut dire  était donc constituée par les maçons des écluses (ceux qui ont également construit le Paris Haussmannien).
Devant Kériven apparaissent les maisons et les endroits comme cette ferme avec son alignement de pommiers près du canal ainsi que les endroits dont certains sont attachés à des drames comme ce meurtre d'un contremaître ardoisier de St Gelven, Joseph Lannezval par trois ardoisiers de Caurel. Ces trois ouvriers sont jugés en 1889 et deux d'entre eux, reconnus coupables (les raisons de ce meurtre restent assez confuses et seraient liées à un conflit à propos d'ardoises (au "chantier des Gaulois" selon la tradition orale) sont condamnés à 15 ans de bagne. Nommés Misère et Fioche, seul ce dernier reviendra au pays en 1904 et montrera encore bien des années plus tard les traces de ses fers aux habitants du pays, tous convaincus de son innocence. Ces souvenirs de l'époque du canal et des ardoisières (qui fonctionnent du XVIIe au début du XXe siècle) ont été transmis par les anciens du pays comme Yves Marie Galiot, ardoisier bien connu de Caurel.
Sources:"Les Forges des Salles" par André Le Coroller; synthèse des archives privées des Forges des Salles. Marie Noelle Le Mapihan, petite fille de l'ardoisier Yves Marie Galiot, chanteuse et "mémoire" de Caurel.

dimanche 5 avril 2015

Guerlédan

Racetrack Playa à Trégnanton?


Un habitué du canal de Nantes à Brest du secteur Caurel- St Gelven (22) s'inquiète de voir des blocs de plusieurs dizaines de kilos se déplacer d'un jour à l'autre vers le lit du Blavet en laissant une trace dans la vase (au lieu de s'enfoncer dedans comme le fait ce même jour d'avril un malheureux visiteur piégé dans la vase et dégagé par les pompiers). Ce phénomène ici compréhensible par l'association de la viscosité naturelle de la vase et la gravité (il y a une légère pente vers le Blavet canalisé) peut faire penser aux pierres mouvantes de la Vallée de la mort en Californie (Racetrack Playa) où le mystère des pierres mouvantes a longtemps alimenté tous les fantasmes!
La Vallée de la mort est une surface horizontale et les pierres changent de direction, ce qui complique l'interprétation néanmoins toujours rationnelle et géologique (la nature pétrographique du substrat et la présence périodique de glace permet d'expliquer le phénomène). Les choses sont ici beaucoup plus simples à comprendre. Ces pierres en grès armoricain (de l'Ordovicien inférieur:Arénigien) proviennent d'une purge de mur d'escalade sur la rive nord du lac. Elles ont donc un mouvement au départ qui les fait tomber sur la vase en cours de solidification. La viscosité de cette vase et la pente légère à cet endroit vers le canal explique la suite et les traces qui continuent à s'allonger jusqu'à ce que la solidification des sédiments fige le mouvement. Mais il est fortement déconseillé aux promeneurs de s'aventurer sur cette surface glissante (un arrêté préfectoral interdit l'accès au lac) et deux accidents  dont l'un a nécessité la présence d'un hélicoptère constituent déjà un avertissement à tous les imprudents.

samedi 4 avril 2015

Lac de Guerlédan

Le lac à sec: Guerlédan 2015 entre Côtes d'Armor et Morbihan




Dans la partie ouest du lac, le Blavet a retrouvé son lit canalisé, entre l'écluse Nicolo (la première après l'abbaye de Bon Repos en allant vers l'Est: n°137) et Trégnanton en Saint Gelven (22). Tout début avril, le retrait de l'eau découvre un espace gris, couvert de dépôts vaseux qui se déshydratent lentement à l'air, laissant apparaître des vestiges anciens comme cette barque que l'on devine, enfouie sous la vase.(cliquer sur la photo pour l'agrandir).



Le fond de la vallée qui commence à se craqueler sous l'effet du retrait de l'eau est particulièrement dangereux car certains endroits ne retiennent pas le poids d'un corps et l'épaisseur de vase peut atteindre plusieurs mètres à proximité du lit du Blavet. L'absence de végétation sur ce nouvel espace dégagé crée une atmosphère très particulière  que les riverains ne manquent pas d'apprécier avant les ruées touristiques de l'été.


Les écluses habituellement sous l'eau ont encore leurs portes 175 ans après leur pose (la portion costarmoricaine du canal a été terminée en 1842 et donc ouverte à la circulation des péniches après la partie finistérienne), ce qui fait 85 ans sous les eaux du lac!




Intérieur d'une écluse avant Trégnanton. L'envasement est bien visible sur plusieurs mètres d'épaisseur. La maçonnerie des écluses réalisée en granite est encore parfaitement alignée, ce qui témoigne d'une très grande qualité technique des bâtisseurs de cette époque. Ces écluses qui étaient faites pour durer n'auront en réalité servi qu'un laps de temps relativement court: du 1 janvier 1842 à 1924 (82 ans), date du début des travaux sur la base du barrage de Guerlédan. Mais à cette époque, le chemin de fer a déjà condamné le transport fluvial depuis le début du XXe siècle; la ligne Carhaix Loudéac est en effet ouverte en 1902.


Des rencontres insolites sont fréquentes dans cet espace lunaire et gris comme ce monstre momifié dans les sédiments et parfaitement conservé. Il s'agit d'une écrevisse d'eau douce qui ne semble pas bénéficier d'une très bonne réputation chez les riverains du lac. Ils la qualifient d'écrevisse américaine et donc d'importation dont la faune locale et aquatique se serait très bien passée!

samedi 21 mars 2015

Poème

Présent

Crêtes schisteuses au Liscuis en 2014
Un beau ciel bleu ce matin dévoile
La page blanche qui fait l' aujourd'hui
Un nouveau  jour décapant le gris
Avant la nuit semée d'étoiles

C'est le printemps bruissant dès l'aurore
Et ses couleurs aux parfums d'enfance
Un soleil d'or en douce France
Et l'appétit de caresses encore

Cette impatience toujours en nous!
J'aimerais tant le temps assagi
De longues heures pour celles d'aujourd'hui
Captant l'instant sans cesse dissous
L'Allée des amours secrets.Huile sur toile de Reon

Sur les sentiers la mémoire chemine
Pensée vivante que le corps envie
Curieux hasard qui m'attache ici
Sur les chemins des vertes collines

La voix du vent jamais ne pose
La partition de son chant sans fin
Réminiscence des joies et chagrins
D'un temps passé d'épines et de roses

De la passion vécue chaque jour
L'esprit alerte mesure la chance
Ce prix du temps passant dans l'urgence
Vers d'autres vies et d'autres amours.

Illustrations: crêtes schisteuses au Liscuis en 2014 (Laniscat) et "l'Allée des amours secrets": huile sur toile de Reon, La Légende d'Argondia, autrefois en forêt de Quénécan,aujourd'hui à Prague.
Vers pairs et impairs.

dimanche 15 mars 2015

Patrimoine et archéologie

Le menhir du Rossil en St Nicolas-du-Pélem (22)


Menhir du Rossil perdu dans les bois
Sur les "Hauts" de St Nicolas du Pélem, en prenant la direction de Lanrivain, le promeneur distrait peut tomber par hasard sur ce géant de pierre caché dans les bois à quelques pas de la route. Il s'agit du menhir du Rossil, en granite de Quintin, recouvert de mousse et donc pratiquement invisible avant de tomber sur sa silhouette impressionnante. Son diamètre à la base est proche de 4 m et sa hauteur de 6 à 7 m environ (selon les sources: 6,60 à 7,30m), ce qui en fait une pierre proche de 65 tonnes (voir le calcul dans l'article sur le menhir de Glomel).Devant ce géant de granite (14e de Bretagne), je pense au livre d'Anne Percin "Les singuliers" dans lequel elle fait dire sous forme d'une correspondance épistolaire entre peintres de Pont Aven (époque de Gauguin, Sérusier, Filiger, fin XIXe, début XXe)ce qu'un peintre pouvait ressentir devant un tel mégalithe:
La personne au pied du mégalithe donne l'échelle
 "On trouve aussi de gros blocs de granit debout dans les prés, que les gens d'ici appellent des pierres levées. C'est beaucoup plus intéressant que les bondieuseries, à mon avis. C'est sourd pour ainsi dire. Ca ne veut rien dire... c'est énorme et sauvage. Je les dessine souvent...Ce sont des masses grises...sans relief, presque sans aspérités... Les gens d'ici disent que c'est là depuis la nuit des temps.Que cela est plus ancien que les plus vieilles croix celtes qui ornent les carrefours, que c'est plus ancien que l'écriture. Leur présence est opaque et discrète: rien ne les met en valeur, ils sont souvent envahis de ronces, cachés dans les bois ou au milieu des champs labourés où les lignes droites dévient pour les contourner...Pourtant, il doit bien y avoir un moyen de capter l'énergie sourde de ces pierres dans une image..."
Vue côté sud, la face Est paraît plus plate
(Lette d'Hugo Boch à Tobias Hendrike: Pont Aven le 1/10/1888)
Le géant immobile recouvert de mousse cache une réalité toute autre et au contraire très mobile. J'imagine les milliards d'atomes en vibration perpétuelle dans la fréquence de leur famille minérale respective (c'est du reste cette propriété qui est utilisée en minéralogie pour identifier des espèces minérales dans des mélanges complexes(par Infra Rouge à Transformées de Fourier, Microsonde Raman...).Son immobilité et la mienne ne sont qu'illusion; la terre nous entraîne à 30 kms par seconde dans son périple annuel autour du soleil. Le soleil emmène à son tour la terre à 230kms/seconde autour de la Voie Lactée. Celle-ci tombe à 90kms/seconde vers Andromède. Le groupe qui contient notre galaxie et Andromède tombe à 600kms/seconde vers l'Amas de la Vierge, lui-même tombant vers cette agglomération de galaxies appelée "le Grand Attracteur". Tout est mouvement, mobilité, changements, naissances, morts et renaissances...Mais qui comprendra l'énigmatique message que ces pierres levées nous adressent depuis des millénaires?
Sources: "L'infini dans la paume de la main" Trinh Xuan Thuan (astrophysicien). "Les singuliers" Anne Percin. Edition: la brume au rouergue.

jeudi 12 mars 2015

Poème

Temps suspendu

Un très long silence
Prolonge la nuit
Et le doute immense
S'installe sans bruit
Crêtes schisteuses sur la lande

Je ne sais comment
Gérer la mémoire
Le ciel et le temps
Portent un habit noir

Dans les grands rochers
Pleure une fontaine
Comme un coeur blessé
Battant sous les chênes

Là je me souviens
De ciels flamboyants
De tous les parfums
D'un jardin d'antan
Fontaine St Mathurin près de la chapelle



Reste-t-il encore
Dormant sous la pluie
De nouveaux trésors
Qui m'attendent ici?


Illustrations: Schistes verticaux sur la lande du Liscuis en Laniscat et fontaine St Mathurin, près de la chapelle du même nom à Trozulon en Laniscat (22570) en mars 2015.

lundi 9 mars 2015

Archéologie

Quand le menhir de Glomel fait l'actualité!

Le 7 mars 2015, la presse locale (Télégramme en information locale sur l'édition de Rostrenen) fait état d'un aménagement de l'environnement du fameux grand menhir de Glomel, réputé le plus lourd de Bretagne encore debout!
En effet, le menhir en granite de Rostrenen est maintenant bien dégagé à sa base et un panneau explicatif est apposé à proximité du mastodonte pour éclairer le visiteur de passage (les personnages à la base du menhir donnent une idée de sa taille hors norme).
Un article dédié à ce mégalithe avait été publié sur ce blog le 25 avril 2013 et reste toujours consultable. Il permet de comparer les photos entre cette date et aujourd'hui et donc de visualiser le travail accompli. Les indications fournies par les services compétents (Service Régional de l'Archéologie: DRAB de Bretagne, Rennes. Cliquer sur la photo pour l'agrandir) précisent que le mégalithe est classé depuis le 4 novembre 1975 à l'Inventaire des Monuments Historiques et que sa particularité, outre d'avoir une base plate est d'être le menhir le plus lourd et le plus massif de Bretagne, dépassant les 80 tonnes. Comment ce chiffre très prudent par rapport à ce qui est véhiculé sur ce mégalithe (Internet) a t'il été obtenu?
Il suffit pour  cette estimation de calculer son volume et multiplier celui-ci par la densité de la pierre. Pour le granite de Rostrenen, cette densité théorique est de 2,5 (la dominante de feldspaths potassiques, les fameuses "dents de cheval" typiques de ce granite ont une densité nettement inférieure à celle du quartz, autre constituant de cette roche qui fait 2,65).En prenant la formule de calcul du volume d'un cône (qui est en principe à la portée de tout élève en fin de primaire): n x(rayon)2 x hauteur, divisé par 3 = 3,14 x(2)2 x 8,6 /3= 36 m3 (le diamètre à la base est  supérieur à 4 m  et la hauteur du mégalithe est de 8 m60). En multipliant ce chiffre par la densité 2,5, on obtient 90 tonnes. Pourquoi ce chiffre sous-estime le poids réel?
Par ce que la pierre levée n'est pas un cône et qu'à 8 m de hauteur, il fait encore plus de 2 m de diamètre. Il faut donc prolonger son sommet pour approcher du volume réel qui dépasse probablement les 40 m3 et donc les 100 tonnes (certaines publications sur internet confondent la masse et le volume!). Aujourd'hui, une reconstitution en 3D du mégalithe avec les instruments de mesure au lazer permet d'avoir le volume hors sol du monument et d'affiner sa masse réelle. Mais quel que soit le chiffre exact, il s'agit bien d'une performance réalisée par les hommes du Néolithique.
Note: le calcul d'un cône de révolution est basé sur la formule: 1/3 x base x hauteur.

dimanche 1 mars 2015

Poème

Mars

Venir, venir au jour, en ce jour un peu frais
Qui prépare les beaux jours, par ce temps imparfait

Venir ou revenir sur la lande ventée
Mars enfin renaissance du printemps désiré
Bruyère à Rosquelfen en mars 2015

Jours de ce temps magique au grand silence épais
Pour un hiver cédant au printemps qui renaît

Mars à peine éveillé
La chaleur attendra
Dans cette aube affectée
Par un voile de froid

Les maisons lentement s'ouvrent au jour, j'imagine
La discrète caresse des tout premiers rayons
Du soleil blanc de Mars sur le flanc des collines
Ce décor de mes rêves qu'épouse la saison

Dans l'ardoise gravée, patinée de lichens
Se lit le précieux temps des instants disparus
La mémoire implacable et fidèle m'entraîne
Sur la lande boisée où je suis revenu

Revenir et renaître
Que sais-je du destin
Du futur jamais loin
Qui s'ouvre à ma fenêtre?
Suis-je donc enchaîné
A l'ardoise dressée
A la bruyère d'hiver
Au printemps nouveau-né?
Dis-moi vieille maison
Quand viendra la saison
De l'éternelle lumière?

jeudi 26 février 2015

Archéologie

Atelier pédagogique au musée archéologique du Grand Pressigny (Indre-et-Loire)

Dans le cadre de la gestion du temps périscolaire (TAP) d'enfants du Primaire, des ateliers pédagogiques sont proposés par les archéologues comme c'est le cas sur le célèbre site du Grand Pressigny, la "capitale" préhistorique du silex.
Ces ateliers proposent de réaliser des habitats mobiles à partir d'un socle de plâtre peint comme le montre la première vue ci-contre (cliquer dessus pour agrandir l'image). Cette animation vise à faire découvrir les modes de vie des hommes préhistoriques à différentes époques (Aurignacien:38000 à 29000 BP, Gravettien: 29000 à 22000 BP.Solutréen: 22000 à 17000 BP.Magdalénien:17000 à 12000 BP. Mésolithique:12000 à5000 et Néolithique:5000 à 2000 BP en Bretagne.)

Cette seconde vue montre la pose d'une peau sur l'armature en bois de l'habitat. Cette animation est adaptée à des groupes de 4 à 5 enfants. Le montage assez rapide de cette maquette permet au groupe de passer à un autre type d'habitat plus tardif (Néolithique) et beaucoup plus élaboré.Voir l'article du 16 janvier dernier sur ce blog.



Cette maquette d'habitat collectif du Néolithique est photographiée dans une vitrine du musée et correspond au type d'habitat représenté au musée de Plussulien, sur le modèle des découvertes de Pléchâtel en Ille-et-Vilaine: sorte de longère recouverte de chaume et abritant un clan composé de plusieurs familles sédentarisées (habitat collectif)

Le musée propose aussi une animation artistique avec l'emploi de pigments naturels comme le montre la photo à gauche: reproduction d'un cheval avec pigments ocres naturels et charbon de bois sur un support en tuffeau blanc (dallages à disposition des enfants et qui peuvent également être gravés à la pointe silex.)
Reproduction des "lionnes" de la grotte Chauvet en Ardèche (Aurignacien) par crayons au charbon de bois sur tuffeau blanc.
L'allumage du feu est également réalisé à partir de deux méthodes: l'embrasement d'amadou par éclats incandescents de marcassite frottée par silex et poussière embrasée par frottement (noisetier sur lierre ou bois tendre très sec).
Sources: Ateliers pédagogiques du Grand Pressigny (37): Mr Frédéric Demouche archéologue adjoint au responsable chargé du public. Février 2015

samedi 21 février 2015

Peinture et Histoire

L'éternel féminin


Pastel sur papier noir 65x40 PJ 2015

Inspiré par les "Héroïnes" de Titouan Lamazou et l'exposition au château royal de Loches en 2013. A l'aube de la civilisation occidentale, des femmes ont marqué leur temps comme Nosside (IIIe siècle avant JC) qu'Antipater de Sidon (IIe siècle av JC) plaçait parmi les plus célèbres, Myrtis (VIe siècle avant JC) qui apprit l'art de la versification à Pindare (poète lyrique célèbre), Praxille de Sicyone (Ve siècle avant JC) qui inventa le vers dit Praxillien, Phanatea, femme d'Icare, introductrice du vers hexamètre, Stésichore: poète et philosophe (VIe siècle avant JC), Aspasie de Milet (Ve siècle avant JC) qui enseigna la philosophie à Socrate et l'éloquence à Périclès.
Ajoutons des héroïnes historiques comme Hypatie d'Alexandrie, mathématicienne et philosophe démembrée puis brûlée par les chrétiens en 415 (la barbarie et la haine du savoir ne datent pas d'hier!). Voir à ce sujet l'excellent film "Agora" d'Alejandro Amenabar,
Jeanne d'Arc (1412-1431),libératrice d'Orléans, Anne de Bretagne (1477-1514), Duchesse de Bretagne et deux fois reine de France.
Et pour faire plus local, ajoutons Marion du Faouët la célèbre "Robin des bois" du centre Bretagne. A l'état civil: Marie-Louise Tromel, chef de bande née en 1717 et pendue en place Saint Corentin à Quimper en 1755.Sa légende est toujours bien présente entre Morbihan, Finistère et Côtes d'Armor. La grotte où se cacha l'un de ses frères est encore visible dans le bois de Kerbescond à Rostrenen et sa mère hélène Kerneau décédera dans le manoir de Kerbescond proche de cette grotte dans le granite de Rostrenen.

Image : pastel aux couleurs inversées.

vendredi 13 février 2015

Peinture et poème

"Le port de la grotte des légendes secrètes" (huile sur toile de Reon)

Sous les larmes de pluie se révèle l'ardoise
Au bleu sombre et rouillé dans ce pays si vieux
Et sur l'étang perdu où les oiseaux se croisent
La surface en miroir reflète de grands yeux
Dans ces yeux j'aperçois le destin qui me toise

Bien souvent j'ai rêvé d'un infini bonheur
En me laissant bercer par les chants et les mots
La complainte des fées guidant le voyageur
Jusqu'à l'embarcadère de ce port sous les eaux
Sous les eaux cette grotte a la forme d'un coeur

Qui donc connait encore l'endroit et son mystère
Sous le miroir mobile aux reflets de ciel noir
Portant toujours les rêves que cette toile éclaire
Jusqu'aux nuits sans lumière où se meurt l'espoir?
Et la mélancolie prend possession de l'air

J'entends pourtant ici comme l'écho troublant
De ce monde hygrophile agitant la pénombre
Je reconnais les sons venus d'un autre temps
Qui me parlent d'un rêve resurgi d'outre-tombe
Etrange paradis bleu où sommeillent les amants

Dans l'espace endormi sous d'hivernales gelées
J'ai vu passer la barque d'une triade perdue
Polymnie, Calliope, Erato égarées
De la rive boisée à la grotte inconnue
Instant de temps furtif par le peintre figé.

Tableau de Reon "Le port de la grotte des légendes secrètes", la Légende d'Argondia, autrefois en forêt de Quénécan et aujourd'hui à Prague, rép. Tchèque. Photo de l'étang des Salles en 2013, face au château ruiné, ancien domaine des Rohan.

mercredi 11 février 2015

Art et archéologie

Malansac (à 2 kms de Rochefort-en-Terre) dans le Morbihan: un parc à remonter le temps.


Le site des anciennes carrières de schiste de Malansac a été transformé en parc à remonter le temps, des Dinosaures aux peuples du Néolithique avec sur cette vue, la reconstitution d'un déplacement de menhir par les hommes du Néolithique. Cette reconstitution est également réalisée de nos jours par l'archéologie expérimentale qui s'attache à comprendre les techniques utilisées par les hommes de cette époque (5000 à 2000 av JC en Bretagne).

Mais quel lien peut-on faire entre Malansac (56)et Gouarec (22)?

Ce lien est fait par le célèbre Charles Filiger, le peintre de "l'école de Pont-Aven" ayant séjourné à Gouarec de 1906 à 1908, passé par Malansac en 1902, d'où il dessine et colorie des staurotides, les célèbres "croisettes de Bretagne".
Ces staurotides (voir le message du 22/01/2013 sur ce blog) que l'on trouve en Bretagne dans plusieurs endroits (Le Grand Fougeray en 35, Coray en 29) mais difficilement à Perret ou Sainte Brigitte où il s'agit d'andalousite, ont été bien observées par le peintre qui en fait une représentation à la fois très précise et très esthétique.
(source: André Cariou, Conservateur honoraire du Musée des Beaux Arts de Quimper).