Libellés

mardi 14 mai 2013

Minéralogie

Ruisseaux aurifères

A Rosquelfen et sur le Liscuis comme dans les affluents "rive gauche" du Blavet, les ruisseaux gardent précieusement leur trésor d'or pépitique arraché aux multiples filons de quartz laiteux qui traversent les schistes ardoisiers.
Ainsi le beau Daoulas abrite quelques pièges naturels dans lesquels se cachent les particules d'or alluvionnaire concentrées dans la partie superficielle de la roche en place (bed-rock), leur densité exceptionnelle (19) favorisant la descente au travers des graviers et dépôts détritiques de la rivière.
Entre l'Oust et le Blavet, de nombreux filons de quartz ont alimenté ces graviers de fond de rivière. Leur quantité est bien trop faible pour espérer des teneurs justifiant une quelconque exploitation. Le sujet est une curiosité qui intéresse les amateurs de prospection à la batée ou au pan américain.
L'or pépitique se présente en grains ou lamelles comme le montre la photo, mais très denses; rien à voir avec ces lits dorés qui auraient donné son nom à la rivière "le Doré"*  passant à Gouarec et qui sont constitués de micas dorés (altération de la biotite ou mica noir) appelés comme pour la pyrite et à juste titre "l'or des fous!"
Il serait intéressant de savoir si l'or de l'alliage utilisé par les Celtes pour réaliser les statères du Trésor de Laniscat (voir messages antérieurs) provient de cet or alluvionnaire des rives du Blavet. Les techniques analytiques d'aujourd'hui permettent ce genre de recherches en comparant la signature en éléments traces de l'or des pièces et celui des affluents du Blavet.

*: certains auteurs pensent à une corruption linguistique, le Doré étant proche de "dourit" ou "daourit", l'eau qui coule ou en mouvement en breton (nom du ruisseau de St Nicolas du Pélem).

dimanche 12 mai 2013

Poème

Sonnet sur la lande

A travers la lande fleurie
Loin des villes et des bruits en fête
Je savoure au vent sur les crêtes
La beauté sauvage du Liscuis

En sous-bois la stèle gravée
Par la rune éclaire le poète
Une histoire étrange et secrète
Court encore au fond des halliers

Ce pays est une belle dame
Robe d'or au chemin des âmes
Le silence répare et enchante

Les couleurs et parfums explosent
De muguets et de vertes menthes
Manque au décor la belle rose.

samedi 11 mai 2013

Peintures

Carnet de voyages à travers la Bretagne

                                            Ile de Groix, la Pointe des Chats. Aquarelle




L'enclos paroissial de Kergrist-Moélou dans les Côtes d'Armor
Aquarelle et plume.


La "décrottée" ou dernier temps du Pourleth (gavotte à huit temps interprétée par un groupe en costume coloré à la mode ancienne). Le saut est transformé en prouesse sportive et correspond à une interprétation tout-à-fait personnelle et actuelle du huitième temps de la danse par de jeunes danseurs qui se "lachent"!

                                                                                         
Aquarelle.
Un petit tour par l'abbaye de Bon Repos en Saint Gelven (Côtes d'Armor).
Restes de l'abbatiale (partie XIVe)
Dessin à la plume
Cette abbaye cistercienne a été fondée par Alain III, vicomte de Rohan et son épouse Constance de Bretagne Penthièvre en 1184. Une association: "Les Compagnons de l'Abbaye de Bon Repos", est à l'origine de la restauration des bâtiments qui étaient en ruine (partie XVIIIe). Elle poursuit les travaux tout en gérant le site (événements chaque année : art contemporain, stages et résidences d'artistes, animations et visites, vente d'ouvrages historiques et divers). Le site fait l'objet d'une enquête publique en vue d'une acquisition par le Département des Côtes d'Armor.

mercredi 8 mai 2013

Archéologie néolithique

Tumulus et menhir de Roc'h ar lin (St Mayeux, Côtes d'Armor)

Sur le relief  à diabases schistosées de Roc'h ar Lin, à quelques centaines de mètres du grand menhir décrit dans le message précédent, se trouve un petit menhir appelé en breton "ar c'has" qui signifie "le chat". Son nom pourrait venir de sa forme comparable à un chat assis sur son derrière. Il n'aurait  pas de "racine" ou partie enterrée et reposerait au sol par une base plate horizontale (non vérifiable). Il semble que ce menhir se situe près des niveaux à spilites et kératophyres qui prolongent les métadolérites de Quelfénec et serait un bloc de diabase (dolérite plus ou moins métamorphisée) schistosée. Son aspect est anguleux et plat sur son côté sud et nord. Il annonce le tumulus à proximité.


De ce tumulus situé au sud immédiat du menhir "c'has", il ne reste qu'une partie de la chambre funéraire interne, quelques dalles de diabases schistosées qui constituaient sa structure pariétale servant à délimiter la chambre funéraire collective et porter les dalles de couverture aujourd'hui disparues.

Ce reste d'allée couverte n'est pas facile à trouver pour les non initiés. Il se trouve sur un petit chemin de randonnée qui longe la crête rocheuse en passant par le grand menhir. Cet endroit est ombragé par de magnifiques et vieux hêtres dont certains, par leur taille, sont tout à fait remarquables. Signalons la proximité du site de Quelfenec (ou Quelfennec), célèbre pour sa production de haches en pierre polie, la fameuse métadolérite de Sélédin, mondialement connue par ceux qui s'intéressent à la période Néolithique (5800 à 2000 avant notre ère pour l'Europe occidentale). Il s'agit d'un site que l'on peut qualifier d'industriel et sur lequel il est encore possible de voir la roche d'origine en place et les traces de cette industrie (mais la finition des haches n'était pas réalisée sur place selon les archéologues). Un musée est consacré à ce site à la mairie de Plussulien.

mardi 7 mai 2013

Archéologie néolithique

Menhir de Roc'h ar Lin (Lein) entre Laniscat et Saint Mayeux, Côtes d'Armor

Sur une crête rocheuse à quelques kilomètres de Laniscat  et sur la commune de Saint Mayeux, au lieu dit   Roc'h ar Lin, il est possible de voir un très beau menhir indiqué en quartzophyllade (patrimoine historique de St Mayeux dans InfoBretagne) de plusieurs mètres de hauteur.




Ce beau mégalithe  en réalité à composition de  diabase schistosée et lardée de veinules de quartz se cache sous un bois de conifères à une centaine de mètres d'un chemin vicinal. Il est adossé au relief de diabases schistosées et donc exposé au sud. Il devait être particulièrement visible de la direction sud dans cet endroit sans doute moins boisé qu'aujourd'hui à l'époque de sa mise en place.

Sa face sud montre un aspect géométrique régulier. Ce mégalithe de quatre mètres de hauteur environ sans sa partie enterrée est à section pratiquement carrée. Il a été débité en tenant compte des diaclases ou fissures naturelles du massif qui donnent des arêtes régulières et pratiquement à angle droit ici. Le marteau (50cm) donne l'échelle.








La face nord du menhir est moins régulière que sa face sud. Sa base  fait environ un mètre cinquante de côté et l'affleurement rocheux duquel il a été extrait se situe à proximité immédiate. Ce menhir n'a donc pas nécessité de transport, mais un simple basculement et calage dans une fosse dont la profondeur n'est pas connue. Le bloc allongé à proximité, de même composition, a été considéré par les archéologues comme un second menhir couché, ce qui en ferait donc des jumeaux comme il en existe assez fréquemment dans la région.

jeudi 2 mai 2013

Peinture

Le pont de Bon Repos (passage de St Gelven à Perret, Côtes d'Armor)



Pont de Bon Repos sur le Blavet avant 1789.
Huile sur toile: 50 x 45cm

Ce pont comportait alors 10 arches. Il a été construit par les moines de l'abbaye de Bon Repos sur l'emplacement d'un ancien pont attribué aux romains mais qui pourrait correspondre à un ouvrage d'époque celtique. Des traces de cet ancien pont ont été mises à jour au moment des travaux de percement du canal  de Nantes à Brest au début du XIXe siècle (voir la thèse de Jean-Yves Eveillard sur les voies antiques de Bretagne).

Patrimoine

Le manoir du Liscuis en Laniscat
Ce manoir est situé à flanc de colline près de Bon-Repos et de la vallée du Daoulas, sur la commune de Laniscat (22570). Il est la propriété depuis trois générations de la famille Pochon. Selon Frotier de la Messelière, ce fief avait haute, moyenne et basse justice, fourches à trois pots et prééminences dans les églises de Laniscat, Rosquelfen et Saint Gelven.
La façade intérieure du logis présente de magnifiques lucarnes dont l'une est en "anse de panier" et les autres en arc roman, ce qui dénote des époques différentes de construction.
Ce manoir était possédé au XVe siècle (quelques murs de cette époque encore visibles) par la famille de Guernarpin et du Juch. Il passe au XVIe siècle aux de Lézongar et du Mesgouez. Au XVII e siècle, il revient aux de Lopriac qui le conservent jusqu'au XVIIIe siècle. Les de Guernarpin, seigneurs du Liscuit (l'écriture varie suivant l'époque: Liscuit, Liscuiz et Liscuis aujourd'hui) sont les bienfaiteurs de l'église de Rosquelfen dans laquelle ils ont leur blason ("d'argent aux croissants de gueules, deux en chef, un en pointe": Nobiliaire Briant de Laubrière: CGHP: Jérôme Caouën).
A l'entrée du manoir, les ouvertures en "oeil de boeuf" ovalisés permettent de contrôler l'entrée de la cour. Le manoir est alors un bâtiment défensif adossé à une colline au relief vigoureux. Cet endroit domine la vallée du Blavet qu'il contrôle.
Au XVIe siècle, un personnage haut en couleur est seigneur du liscuis, le fameux Troïlus de Mesgouez. Ce dernier arrive ici par mariage avec Claude du Juch avant 1566. Il est Marquis de la Roche en St Thoy, Comte de Kermoallec en St Thomas de Landerneau, et de la Joyeuse-Garde en la Forest, page et favori de Catherine de Médicis en 1550, gouverneur de Morlaix en 1568, Chevalier de Saint Michel en 1569, Président de la Noblesse des Etats de Bretagne en 1574, vice-roi de Terre-Neuve en 1578, gouverneur de Saint Lô et de Carentan en 1597(Frotier de la Messelière). Il meurt en 1606 sans postérité. Cet homme aurait pu laisser son nom dans l'Histoire mais se perdra par ses actions de pillage de l'abbaye de Landévennec et de Bon Repos qu'il met en coupe réglée.


Aujourd'hui ce manoir offre encore un témoignage de la riche histoire de ce pays.
L'ornementation de cette lucarne est un exemple, avec ses trois boules de granite
qui matérialisent la haute, moyenne et basse justice dont les seigneurs du Liscuis
disposaient dans le pays, symbole de leur puissance et de leur notoriété.

mardi 30 avril 2013

Poème

Lande magique

Viens sur la lande, viens à l'Eden
Ce matin clair, nos pas légers
Laissent des traces dans la rosée
Et les bruyères du vieux chemin

Dans le vallon, les ruines sombres
D'un vieux moulin gardent encore
Des korrigans, le grand trésor
Les entends-tu creuser dans l'ombre?

Tu sais le temps précieux du jour
Sur la colline rouge et dorée
Tu sais le vent, murmure léger
Son bruissement parle d'amour

L'allée couverte sur le landier
Offre son lit d'ardoises bleues
Dans le silence de ce lieu
L'âme et le coeur vont s'accorder

C'est dans la pourpre de tes lèvres
Que se colorent de tendres mots
L'onde magique de leur écho
Résonne encore au vent des rêves.

jeudi 25 avril 2013

Mégalithe, archéologie

Le menhir de Glomel

C'est sur la commune de Glomel en Côtes d'Armor, à une quinzaine de kilomètres de Rosquelfen que se situe le menhir le plus lourd de Bretagne encore debout!

Il s'agit plutôt d'un cône que d'un cylindre dont la hauteur est de 8,60m pour un diamètre de 4m à la base. Ce mégalithe impressionnant par sa taille est en granite porphyroïde de Rostrenen que l'on reconnait très bien à ses grands feldspaths blancs qualifiés localement de "dents de cheval". Ce granite affleure à proximité immédiate et sur toute la commune de Glomel qui compte d'autres menhirs moins impressionnants que celui-ci.
L'échelle est donnée sur cette photo par le trait rouge à la base qui matérialise le mètre. Il possède également une face plus plane sur son côté sud-est. L'ensemble présente une allure homogène et donc façonnée selon une technique de percussion (à l'aide d'une pierre plus dure et plus résistante aux chocs que le granite) comme le suggèrent les travaux de l'archéologie expérimentale sur ce sujet.

Ce menhir possède une base probablement plane et repose sur un plateau granitique également plat. Il n'a donc pas de "racine" contrairement à ce que l'on voit habituellement pour les menhirs de cette taille. Son volume serait estimé à 40m3 (et non 100 comme l'indiqueWikipedia, ce qui  parait excessif). Compte-tenu de sa forme cônique,si le menhir faisait  100m3, il pèserait environ 255 tonnes! Ce volume en fait tout de même une masse comprise entre 80 et 100 tonnes, ce qui est bien plus lourd qu'un menhir comme le "Kegel-en-diaoul" de Silfiac évoqué dans un message précédent! Inutile de préciser que pour extraire, façonner et positionner une telle masse sur la lande, il fallait maîtriser un minimum de techniques comme la roue, le levier, la chèvre...

mardi 23 avril 2013

Poème

23 avril

Le jour est gris, l'ardoise pleure
Le vent absent force au silence
Landes et bois en renaissance
Printemps s'habille de belles fleurs

Mais aujourd'hui règne un silence
Inhabituel et surprenant
Jusqu'aux corbeaux de Quénécan
Qui de leurs cris font abstinence

Alors s'avance l'ombre féline
De ce chat noir si mystérieux
L'incandescence de ses yeux
Devant ma porte touche à l'intime

De quel message es-tu porteur
Toi qui me fixe étrangement?
Cette fin de jour au ciel mouvant
Vient réveiller une douleur

Devin chat noir, je désespère
Puis je retrouve en un instant
Le souvenir, déjà quatre ans!
Du dernier souffle de mon père.


dimanche 21 avril 2013

Archéologie néolithique

L'allée couverte de Bot-er-Mohed en Cléguérec

A proximité du Breuil du Chêne, entre Sainte Brigitte (56) et Cléguérec(56), un monument mégalithique attire l'attention, c'est Bot-er-Mohed ou "La Chambre des Nains" dénommée aussi parfois: "chambre des korrigans".

Cette sépulture du Néolithique est datée de 3000 à 2500 ans avant l'ère chrétienne, ce qui en fait un monument d'environ cinq milles ans érigé dans un endroit comparable à celui du Liscuis en Rosquelfen, sur une hauteur dominant le pays, en lisière de la forêt de Quénécan. La taille de cette allée couverte dépasse toutes celles du Liscuis en Laniscat par ses 24 mètres de longueur.

Elle présente également deux particularités remarquables: plusieurs séparations de la partie centrale par des dalles verticales isolant des compartiments et par la présence de cupules hémisphériques creusées dans le schiste. Le monument est en effet construit en dalles de schiste dont les affleurements sont visibles au Breuil du chêne à proximité.

jeudi 18 avril 2013

Peinture

La diligence



Au XVIIe siècle, une diligence lancée à toute allure sur une portion du "Grand Chemin", l'ancienne voie romaine de Condate (Rennes)à Vorgium (Carhaix), laisse derrière elle un nuage de poussière. Le train si rapide est-il lié à l'impatience d'arriver à destination ou à la peur d'une attaque de brigands, comme le nom breton du lieu: canac'hlaeron, pourrait le laisser penser?



huile sur toile 45 x38cm

mercredi 10 avril 2013

Poème

La maison sur la lande

Mélancolie d'un ciel graphite
Bois sec en feu, flammes crépitent
Chaleur diffuse, lumière mouvante
Coeurs silencieux, les corps patientent

Malgré la pluie, le vent si froid
Braises au foyer, bûches flamboient
Le temps figé reste à l'hiver
Avril s'avance aux courants d'air


Les couleurs chaudes préfèrent l'automne
L'odeur sucrée de ses fruits mûrs
Dans la vallée une cloche sonne
Et sur la lande, le vent murmure

L'astre solaire prend tout son temps
Pour effacer le ciel d'hiver
La maison dort en attendant
Son habit rouge et jaune ou vert

La pluie, le froid, la porte close
Les murs épais de la maison
Gardent les rêves et les chansons
Quand vivrons nous le temps des roses?

mardi 9 avril 2013

Chapelle de Rosquelfen

Suite du message "recherches sur les origines du monument" paru le 30/12/2011 sur ce blog.

Grâce surtout au Centre Généalogique et Historique du Poher, et suite aux compilations d'archives et visites de monuments tels que les églises  de Laniscat, Poerdut, Sainte Tréphine, une réelle avancée a été faite sur ce sujet.(participation deJérôme Caouën, Pierre le Dour).
Le blason aux trois croissants sur le culot de voûte à l'aplomb du choeur a été comparé à celui de la famille du Ponthou  dont le blason figure dans l'église de Ste Tréphine. le croissant de pointe du blason du Ponthou dans l'église de Sainte Tréphine est plus grand que les croissants en chef. La couleur non visible ici est un blason d'azur aux croissants d'argent d'après les nobiliaires bretons consultés. De plus, aucune possession ni droits d'enfeux ou blasonnement ne semblent exister sur Rosquelfen et c'est la même chose pour les de Roc'hcazre ou Roc'hcaer de Carhaix-Plouguer. Les couleurs présentes sur le blason du retable sont confirmées par le restaurateur de ce mobilier classé. Il s'agit donc bien d'un blason d'argent aux trois croissants de gueules.
C'est dans le nobiliaire L. Briant de Laubrière, daté de 1668 que la réponse est donnée: il s'agit du blason des Guernarpin, seigneurs du Liscuis (manoir proche de l'abbaye de Bon Repos) qui disposent des droits d'enfeux, privilèges de blasonnement à Rosquelfen, St Gelven et Laniscat, disposent d'une justice patibulaire à trois pots et de nombreuses terres sur Rosquelfen. Récemment le blason sur lequel une erreur dans le nobiliaire plus récent "Potier de Courcy" laissait planer un doute (les croissants s'étaient transformés en chevrons) a été confirmé par les recherches de l'héraldiste Jérôme Caouën (CGHP), ce dernier confirmant par compilation d'archives (Aveux sur Laniscat du début XVIe siècle dont un concernant deux soeurs Guernarpin) que le blason est bien aux trois croissants. Ce blason serait visible sur un manteau de cheminée dans un manoir (Kermabilou en Botmel).



  Cette découverte intéressante permet de conforter l'hypothèse qui peut être formulée maintenant sur l' identité des personnages sculptés dans les médaillons du retable de la chapelle qui est aussi son ancien jubé retaillé.
La femme présentant une fleur dans la main pourrait être Jeanne Le Provost et l'homme lui faisant face, avec un coeur à la main serait Jean de Guernarpin. Si cette hypothèse maintenant plausible était la bonne, la datation se situerait entre 1470 et 1510, ce qui correspond d'après les travaux de l'architecte du patrimoine à l'extension de la nef et la réalisation du transept.

samedi 6 avril 2013

Poème

Rêve de marins

Sur les îles du Ponant, les marins se souviennent
Des horizons liquides de l'immense océan
De leur brève jeunesse et du chant des sirènes
Généreuses maîtresses effaçant leurs tourments
Sur les îles du Ponant, les marins se souviennent

Des aurores du vieux monde, d'un paradis antique
Où Praxitèle sculptait inspiré par Phryné
Offrant à ses Vénus leur divine plastique.
De Lesbos à Paphos, les îles des voluptés,
Des aurores du vieux monde, sont les restes antiques

Ile de Bréhat côte ouest
Sous d'autres horizons, dans les eaux moins sereines
De ce vaste océan bordé de déferlantes
Molène, Ouessant et Sein, les îles armoricaines
Se prennent à envier Bréhat des agapanthes
Sous d'autres horizons, les eaux sont moins sereines

Groix, Belle-ile et le Golfe sont les paradis bleus
Façonnés par les vents et les grandes marées
Ignorés de Vénus, d'Eros et tous les dieux
Accompagnant Sapho au bal des voluptés,
Groix, Belle-ile et le Golfe sont nos paradis bleus

Sur la côte bretonne, la mer est combattante
Si le marin parfois rêve au bleu de l'Egée
Au départ pour Cythère que le soleil enchante
Dans sa mémoire fidèle revivent les naufragés
Sur la côte bretonne, la mer est combattante

A l'ouest l'astre solaire projette ses derniers feux
Dans les yeux des marins délavés par les ans
Le Fromveur et le Raz en seigneurs ténébreux
Activent la mémoire dans le souffle des vents
A l'ouest l'astre solaire projette ses derniers feux

L'amertume est parfois la saveur de la mer
Sous les eaux calmes et bleues dorment tant de naufrages
Le marin s'interroge aux portes du mystère
Sur cet amour passion versatile et sans âge
L'amour avec la mer partage aussi l'amer!