Libellés

samedi 1 février 2025

Mégalithe sur Bourbriac en Côtes d'Armor

Le menhir de Creac'h-an-arc'hant en limite de Kerien et Bourbriac

Menhir Creac'h-an-arc'hant

Sur la limite nord de Kerien et Bourbriac, au nord du village de Kereven et sur les hauteurs proches de la D69, se situe un ensemble du Néolithique qui englobe un dolmen puis à environ 200mètres, ce menhir qui borne le secteur de ses 5m20 de hauteur.

Le menhir en granite local (nous sommes sur le granite de Quintin) fait une circonférence de 5m80 à plus d'un mètre du sol (ICB). Sa présence serait liée à celle du dolmen à proximité qui est composé d'une table ovale de 3m40 de longueur sur 2m70 de largeur et 0,40m d'épaisseur. Cette "table" en granite est portée par une série d'orthostates dans la même roche. Nous sommes à cet endroit au nord de la butte de Cosquer Jehan qui avec Kerchouan, forme la limite de séparation des eaux entre celles qui se jettent dans l'Atlantique au Sud (Blavet) et celles qui vont vers la Manche au Nord (Le Léguer). Curieusement, ce site mégalithique ne semble pas faire l'objet d'une inscription MH.

Pour info: "Les mégalithes de l'arrondissement de Guingamp" Institut Culturel de Bretagne P15 et 19.


dimanche 26 janvier 2025

Poème

Ce que dit l'eau...

La gorge où coule cette rivière
Lavant son lit de grands rochers
Par son eau vive use la pierre
Un beau jour elle sera percée

C'est la saison d'un crescendo
Du chant de l'eau dans la vallée
Couvrant l'appel d'un grand corbeau
Le vent de l'Ouest l'a révélé

Cette harmonie crée l'anamnèse
Ce plaisir du contemplatif
Loin des humains qui se complaisent
Dans un "urbain" rébarbatif

Ainsi la vie douce et fragile
Poursuit son cours paisiblement
Et c'est ici, loin de la ville
Que s'évanouissent les tourments

Imbolc bientôt et sa lumière,
Celle du printemps en devenir
Vivre le temps de l'éphémère,
Celui qui vient ne peut suffire

 ces extases solitaires
Accordés par les lieux vivants
La destinée reste un mystère
Et le bonheur n'est qu'un instant...



 

lundi 20 janvier 2025

Patrimoine de Sainte Brigitte en Morbihan

Le "Christ soucieux" de l'église de Sainte Brigitte

Le visiteur de passage dans le petit bourg de Sainte Brigitte a une chance de trouver ouverte l'église du village et en y entrant, de découvrir que celle-ci contient des éléments qui vont capter son attention et bien plus, déclencher une réflexion après un temps ou perplexité et amusement alternent parfois... Je parle par exemple des Saintes "Brigitte" car il y en a deux: Brigitte de Suède (dans le choeur): la très catholique, et Brigitte d'Irlande: l'abbesse de Kildare, bien plus ancienne (dans le porche Sud). Je parle aussi des croix huguenotes peintes sur les "avants" d'autel, en position d'antependium et qui nous ramènent à l'histoire entre XVIe et XVIIe siècle et aux Rohan. 

"Le Christ soucieux".Photo Jean-Yvon Hélard

Mais en 2024, un passant me fait part de sa découverte au dessus du tabernacle de l'autel latéral (celui du transept Nord) de cette sculpture contemporaine sur bois peint qui laisse perplexe! En effet ce "Christ" à la couronne d'épines spectaculaire est donc représenté dans une attitude où la tristesse semble vouloir exprimer un doute sur l'humanité qui ne mériterait peut-être pas la rédemption évoquée habituellement dans les bas reliefs de nos calvaires (comme celui de l'enclos de Rosquelfen) et qui reprennent les notions de christ rédempteur de l'humanité du Nouveau Testament (un christ triomphateur de la mort qui vient sauver l'humanité).

La découverte du nom du sculpteur va donner une clé de lecture à cette oeuvre originale. Il s'agit d'un artiste lituanien: Jonas Sugailiskis de Vilnius. Nous voilà donc dans les états Baltes et en Lituanie qui a des frontières avec la Biélorussie, la Pologne, la Lettonie et l'enclave de Kaliningrad et en bordure de la Baltique. On comprend mieux ce que l'artiste exprime dans sa sculpture comme le font Kaja Kallas d'Estonie ou Sanna Marin de Finlande dans leurs écrits et discours, compte-tenu de la situation dans cette partie de l'Europe sous pression du grand voisin à l'impérial appétit!

Cette sculpture ne laisse pas le visiteur indifférent  en le faisant passer de l'ancien monde à celui d'aujourd'hui sans transition, l'obligeant à une prise de conscience si elle n'était pas encore faite...

PS: Kaja Kallas est cheffe de la diplomatie de l'UE et fille de déportées du Goulag, première ministre de l'Estonie.

Sanna Marin a été première ministre de Finlande de 2019 à 2023.

mardi 14 janvier 2025

Carte blanche à Sainte Brigitte, Morbihan

Carte blanche à René Audrain:"Le loup d'hier et d'aujourd'hui, d'ici et d'ailleurs"

Dimanche 26 janvier à Sainte Brigitte (15h, salle des fêtes).

Affiche de la Carte blanche

Le loup occupe une place de choix dans nos mémoires. Les fables, contes et légendes de notre enfance ont largement contribué à modeler ces souvenirs d'une présence mystérieuse et inquiétante.

 partir de récits et documents locaux et régionaux, René reviendra sur des siècles de cohabitation entre l'homme et le loup dans les campagnes. Mais son retour, officiellement reconnu en 1992 dans les Alpes, et tout récemment en Bretagne, suscite des débats.

 René tentera humblement de décrypter les enjeux d'une nouvelle cohabitation en prenant appui sur les intérêts faunistiques, les appréhensions et contraintes des éleveurs et, enfin, des randonneurs.

Rendez-vous à 15h à la salle des fêtes.

Gratuit, ouvert à tous. Gâteaux et boissons bienvenus comme à l'accoutumée.

dimanche 12 janvier 2025

Patrimoine de Perret, Bon Repos-sur-Blavet en Côtes d'Armor

 Restauration du calvaire de Gwirmané en Perret


L'illustration d'un poème publié sur ce blog le 20 novembre 2023 montrait l'état du monument, basculé dans le fossé au bas du chemin qui conduit à Gwirmané en venant de Perret, suite à la tempête Ciaran. Aujourd'hui le calvaire a retrouvé son aspect d'origine, un peu en retrait de la route et proche du carrefour entre le chemin de Gwirmané et la route de Perret. Il est construit en granite leucocrate et granodiorite de Plélauff. Sur le socle de ce calvaire du début XXe, on peut lire une plaque qui indique Mission de Perret, 1912.

Calvaire de Gwirmané.Photo PJ modifiée J-Y Hélard
Ce travail a été réalisé fin 2024 par l'entreprise "La PIERRE à L'OEUVRE" une Coopérative de Restauration du Patrimoine de Val d'Oust (56460). 


Vue en descendant de Gwirmané. Photo PJ modifiée J-Y Hélard

On retrouve La Pierre à L'Oeuvre dans les travaux réalisés sur ce type de monument, à Gouarec: calvaire du cimetière de Saint Gilles en 2022, à Laniscat: calvaire de Kériolet en 2018, à Rosquelfen en Laniscat: restauration de la croix de mission avec reprise de la sculpture terminale par Tristan L'Hermite en 2010.



jeudi 9 janvier 2025

Parution d'une oeuvre majeure de Bernard Tanguy aux éditions Skolvreizh

Le grand dictionnaire historique des saints et saintes de Bretagne  par Bernard Tanguy

Nouveau livre de Bernard Tanguy


C'est chez l'éditeur Skolvreizh  qu'a  été publié en novembre 2024, ce dictionnaire que l'on peut qualifier d'oeuvre posthume de Bernard Tanguy bien connu dans le monde des historiens, universitaires et chercheurs du CNRS dans le domaine de l'onomastique en particulier, une discipline dans laquelle il était une référence.

Ce "grand dictionnaire" a vu le jour grâce aux efforts d'une équipe de spécialistes qui ont complété et présenté son oeuvre interrompue par sa disparition le 30 janvier 2015 à Brest. Un comité éditorial composé de personnalités connues en Bretagne et bien au delà: André-Yves Bourgès, Paolig Combot, Jean-Yves Eveillard, Laurent Héry, Philippe Lahellec et Jean René Le Quéau ont sorti ce monumental ouvrage de 688 pages avec Skolvreizh.

Mais qui était donc Bernard Tanguy?

Bernard Tanguy,Image Babelio


On peut dire de Bernard Tanguy, qu'il était d'abord un enfant de Rosquelfen puisque né dans ce village le 15 avril 1940 et dans la grande maison dite "Le Bris" située au Nord de la chapelle du village (ancien domaine des moines cisterciens de Bon-Repos au XVIIe siècle). Ses parents prendront par la suite une ferme dans les bâtiments "Duigou", près du rond-point actuel au milieu du village.

Bernard a donc été historien, docteur ès lettres, chargé de recherche au CNRS, enseignant à l'UBO de Brest et  référent dans la discipline onomastique qui est rappelons le, l'étude des noms propres (des personnes: anthroponymie, des lieux: toponymie). Bernard avait été également président de la Société archéologique du Finistère. Reconnu pour sa grande compétence il a publié des ouvrages qui font référence dans le domaine de la toponymie comme son "Dictionnaire des noms de communes, trèves et paroisses du Finistère" (Le Chasse marée, éd Armen) en 1990.

de Bernard Tanguy en 1992 (Armen)

Deux ans plus tard, il publie le Dictionnaire des noms de communes, trèves et paroisses des Côtes d'Armor au Chasse Marée, éditions Armen. Ces ouvrages constituent une véritable "somme" de connaissances disponibles et fort utiles pour ceux qui s'intéressent aux origines des noms de lieux. Plusieurs autres publications ont également un intérêt majeur pour comprendre l'histoire de la Bretagne et de ses habitants (comme par exemple: "Aux origines du nationalisme breton" volumes 1 et 2).

Pour informations sur le grand dictionnaire historique des saints et saintes de Bretagne: www.skolvreizh.com 

samedi 4 janvier 2025

Poème

Liscuis et au-delà...

Le liscuis vu de la voie romaine à Rosquelfen.PJ

 Mon territoire est un confin

Aux landes et forêts immuables

Où quelques arbres vénérables

Abritent encore des vieux chemins

Tombe en V du Néolithique au Liscuis.PJ




La garde épineuse des ajoncs

Autour de sépultures anciennes,

C'est autant que je m'en souvienne,

Celle du Liscuis sous protection



Vallée du Daoulas vue du chemin de crête.PJ

Découvrons l'espace enchanté

Sur ce chemin du bout du monde

Jusqu'aux secrètes sources fécondes

En symphonie éternité


Si cette année, Septua génère

Un printemps bien particulier,

L'hiver nous  permet de rêver

 la saison que je préfère


Depuis toujours, le savais-tu

Ce pays conserve un mystère

Un lien qui nous lie à la terre

 l'horloge du temps suspendu...



lundi 30 décembre 2024

Année 2024, bilan et perspectives...

L'année 2024, une année marquante pour les Amis de la chapelle de Rosquelfen

C'est en effet l'année de la disparition du Président et fondateur de l'association des Amis de la chapelle de Rosquelfen fondée en juillet 2008, chapelle dont ce blog évoque depuis 2011 la  progressive et complète remise en état. Ce chantier sous contrôle de la DRAC de Bretagne à partir de l'inscription du monument en 2014 comme Monument Historique aura demandé plus de 10 années d'efforts au cours desquelles, notre Président Roger Le Panse aura su mobiliser les bénévoles et adhérents de l'association pour participer activement et physiquement aux différents chantiers, mais aussi pour trouver les financements nécessaires et notamment par le partenariat avec la Fondation du Patrimoine. C'est donc une année bien triste pour tous les bénévoles et une inquiétude face à l'avenir dans un contexte qui devient de moins en moins favorable. L'assemblée générale des adhérents de l'association en février prochain devra donc confirmer un Conseil d'Administration qui désignera un nouveau Président et tracera le chemin à suivre...

Maintenant, et au sujet de ce blog, je constate que le compteur a dépassé les 213000 visites, ce qui fait 94 visites/jour en 2024 pour 60/jour en 2023 et 50 en 2022, une progression inattendue et qui incite à poursuivre. Je sais aussi par les réactions transmises par la messagerie yahoo ou orange, qu'il s'est constitué un groupe de fidèles lecteurs qui suivent régulièrement le contenu du blog. Â tous je vous souhaite une année 2025 la meilleure possible avec sérénité et santé, éléments indispensables pour profiter au mieux de la vie. Rendez-vous donc en janvier 2025...

lundi 23 décembre 2024

Le diamant brut naturel d'Australie

Un minéral exceptionnel: le diamant brut

Le 13 novembre 2020, un article sur ce blog intitulé: "Le diamant, pierre précieuse et minéral révélateur" donnait une idée de ce minéral et du prix qu'il pouvait atteindre après sa taille réalisée par des spécialistes diamantaires. Ainsi en 2009, un carat de diamant rose (0,20gramme) atteignait la somme astronomique de 1 million 800.000 euros.

Diamant brut octaédrique. Photo Gérard Catherin
Il m'est arrivé d'étudier des diamants bruts et en particulier en provenance d'Australie.Dans les pierres étudiées, les formes octédriques (huit faces triangulaires égales) témoignent de leur origine primaire confirmée par un cortège minéral caractéristique des roches porteuses (ilménite magnésienne, grenat, pyroxène...). Ces  diamants sont souvent de très petite taille et donc non exploitables en joaillerie mais ils constituent de bons indicateurs de présence du minéral dans un contexte gîtologique bien particulier.
Trigons visibles sur une face. Photo Gérard Catherin



Sur certaines faces de ces diamants octaédriques, on observe plusieurs "triangles", nommés "trigons" qui reproduisent sur une face du minéral, sa forme externe dérivée du système cristallin cubique qui est celui des diamants, un carbone pur cristallisé sous haute pression et température. Ces figures en creux sur les faces externes du minéral sont liées à une croissance irrégulière du cristal dont le centre va varier par cette croissance  différentielle des faces.

Un trigon visible sur une face

Ces pierres ne peuvent être exploitées en joaillerie du fait de leur taille trop petite mais leurs propriétés comme l'extrême dureté ( c'est le plus dur des minéraux terrestres) permet de les utiliser en abrasifs pour travailler les formes (coupes et polissage) des plus grosses pierres.


Remerciements à Gérard Catherin pour les images et son accord de diffusion. Revoir l'article du 13/11/2020 sur ce thème.

lundi 16 décembre 2024

Présence bretonne dans les châteaux de la Loire

Symboles du duché de Bretagne dans les châteaux de la Loire

De Loches à Blois en passant par Langeais,Amboise, Chenonceau, Chaumont et j'en passe, il est possible de voir des décors et sculptures qui évoquent la Bretagne et tout particulièrement la duchesse Anne de Bretagne, une occasion de revoir cette période de la Renaissance qui correspond aussi au rattachement de la Bretagne à la France.

Le A d'Anne de Bretagne et le L de Louis XII
Les décors gravés sur les cheminées de ces châteaux donnent quelques indications comme ici le A d'Anne de Bretagne et le L de Louis XII avec son animal emblématique: le porc épic.

Anne (1477-1514) est duchesse de Bretagne de 1488 à 1514. Elle épouse CharlesVIII (1470-1498), fils de Louis XI, à Langeais en 1491. CharlesVIII est roi de 1483 à 1498, sa soeur Anne de Beaujeu assure la régence jusque 1494. En 1498, il meurt après avoir heurté de la tête un linteau de porte au château d'Amboise. Louis XII (1462-1515) va lui succéder comme roi de France de 1498 à 1515. Anne sera donc deux fois reine de France.

Même illustration avec lys d'or et hermine d'or

Au château de Blois, on peut lire sous le porc épic couronné, la devise"Cominus et Eminus" qui en français signifie "de près et de loin", rien à voir donc avec "qui s'y frotte s'y pique", inventé bien plus tard! Cette expression évoque le rôle défensif du porc épic qui avait la réputation de lancer ses épines pour frapper à distance tout en protégeant à proximité: le roi protège son royaume de l'intérieur mais aussi hors des frontières!Les nobles bretons se souviennent de Louis XII car il est fait prisonnier à Saint Aubin-du-Cormier (35) en 1488. Il est alors marié à Jeanne, fille de Louis XI. Â la mort de Charles VIII, il fait casser son mariage pour épouser la duchesse Anne, ce qui permet d'empêcher le duché de Bretagne d'échapper au royaume de France. Sur ce linteau de cheminée, un blason couronné avec à dextre, parti d'azur aux fleurs de lys d'or qui sont de France et parti d'argent aux hermines de sable qui sont de Bretagne.


Salamandre couronnée de François Iier
Sur cette cheminée, c'est la salamandre, emblème de François premier (1494-1547) que l'on peut admirer à dextre avec un fond de gueules au semis de fleurs de lys d'or alors qu'à senestre (mais à droite pour l'observateur de face) c'est l'hermine couronnée du duché de Bretagne sur fond d'argent au semis d'hermine plain (et de sable). François premier est roi en 1515. Il épouse en effet Claude de France(1499-1524) qui est la fille de la duchesse Anne de Bretagne et reine de France.

La salamandre va représenter la foi qui ne peut être détruite. L'animal emblématique de Claude de France sera le "cygne navré" transpercé d'une flèche. Il ne figure pas dans les décors visibles des châteaux ou Anne de Bretagne est très présente et notamment par le symbole de la corde: l'Ordre de la Cordelière est en effet emblématique d'Anne de Bretagne avec le blason des ducs.

Appartements de François Ier au château de Blois

Ainsi les cheminées très ouvragées des châteaux nous donnent un aperçu de  l'histoire et des capacités souvent géniales des bâtisseurs de cette époque (comme les escaliers à double vis).
Les cheminées ne sont qu'un élément interne des décors qu'il faudrait des jours entiers pour passer en revue et dont on ne se lasse jamais.
Sur cette dernière cheminée: le F de François Ier et le C de Claude de France, avec la salamandre au centre.



jeudi 12 décembre 2024

Entre Perret (22) et Sainte Brigitte (56), le souvenir gravé dans la pierre d'un ancien du pays

Une sculpture de tête d'homme et de celle de son chien, dans la forêt de Quénécan

Au coeur du "crochon" de Quénécan, un terme qui évoque l'axe anticlinal d'un pli lié à l'orogène Hercynien, il est possible pour les forestiers (ou les chasseurs autorisés) de tomber sur des affleurements de roches particulièrement affectées par les phénomènes tectoniques (compression et cisaillement) qui donnent aux roches un aspect de "grossier chevelu" et qui correspondent aux schistes et quartzites gris-verts du Cambro-Trémadocien, une période du tout début du Paléozoïque ou Primaire.


affleurement "cambrotrémadoc"
Cette roche a  inspiré un sculpteur (?) qui s'est employé à représenter un personnage local et son chien. Sur la vue suivante prise en regardant vers le Nord (la sculpture est donc réalisée sur une face Sud de l'affleurement) on distingue dans un espace préparé, le visage sculpté en "bas relief" du personnage en question qui était employé des Forges des Salles comme garde chasse, mais ce n'était pas son seul statut!

Tête avec profil à droite
Sous le bas relief de la tête, on peut distinguer plus bas et un peu vers la gauche, une tête de chien dont le museau est l'élément le plus visible.
La tête de chien (oreille gauche et museau)

Ce travail de sculpture transforme cet affleurement tout-à-fait naturel en monument minéral à la mémoire d'un homme qui a marqué son temps dans cet espace forestier. Il s'agit de Jean Ogé de Perret.






Je l'avais rencontré au moment de l'enquête réalisée sur le Koste 'r c'hoed. Il habitait les Forges sur Perret et était un grand connaisseur de la danse traditionnelle et de son accompagnement puisqu'il était accordéoniste et très connu et apprécié dans le pays. Le chercheur Jean Michel Guilcher avait déjà fait appel à lui entre 1953 et 1956, au moment de son travail sur le Koste 'r c'hoed.

Jean Ogé en 1923 (collectage
Fabienne Le Baron de Séglien)

Jean Ogé est né à Perret le 25 janvier 1902 et sur la photo
ci-contre, il a 21 ans. Il commence à s'intéresser à la musique à 12 ans  et grâce à l'accordéon de son oncle, il devient un accordéoniste réputé qui sera très présent dans les animations de fêtes, soirées et bals populaires durant sa jeunesse. Il sera également connu pour ses capacités de danseur et en particulier en koste 'r c'hoed et en fisel. Lorsque je le rencontre aux Forges, il a plus de 70 ans et toujours brillant danseur et musicien. Il décède en 1994.
Jean Ogé aura connu son siècle avec ses jours sombres, les deux guerres avec privations et interdictions (entre 1940 et 1944), mais aussi des évolutions majeures durant ce siècle (santé, électricité, mode de vie..) En observateur avisé, il aura vu l'évolution de la danse traditionnelle comme celle des meurs et coutumes locales. Concernant le terroir Koste 'r c'hoed, il était et reste encore une référence incontournable.

NB: Jean Michel Guilcher:"Tradition populaire de danse en Basse Bretagne" Edition Le Chasse-Marée/Armen, Coop Breizh. (3e édition en 1995)


samedi 7 décembre 2024

Poème

Vers l'eau de là...

La rivière chante et roule sur les rochers pointus

Orchestre persévérant de musique coutumière

Les restes d'un vieux pont dans son lit, le sais-tu

Témoignent aux rares passants d'un ancien temps prospère


Une brise légère ramène du bel endroit 

Les échos estompés d'une voix familière

Et soudain les frissons, ces prémices d'un émoi

Génèrent une sensation curieuse et singulière.


Dans la fraîcheur du jour passe une ombre qui va

Silencieuse et discrète par les landes et sous-bois

Jusque la gorge vive dans ses grands rochers bleus


Là, oublions ce monde qui n'aspire qu'à sa ruine

Dansons avec les fées Margot et Mélusine

Et célébrons la vie en terre bénie des dieux!

mercredi 4 décembre 2024

 propos de Filiger, de 1906 à 1909 à Gouarec en Côtes d'Armor

Le peintre Filiger et ses notations chromatiques

Plusieurs articles dans ce blog évoquent Filiger, ce peintre ami de Gauguin, né à Thann en novembre 1863 et mort à Brest en 1928 (enterré à Plougastel-Daoulas dans le Finistère). Charles Filiger va passer par Gouarec entre 1906 et 1909, à un moment de sa vie particulièrement difficile et tourmenté. Ce serait  à partir de 1907 puis entre 1920 et sa mort qu'il s'intéresse aux notations chromatiques .

Cercle chromatique de C. Filiger
Selon Roland Recht l'importance de la géométrie est liée au fait qu'il s'agit d'une voie vers la compréhension du monde spirituel et matériel. La géométrie est également un instrument nécessaire au peintre.
La notation ou cercle chromatique présente un centre avec personnage représenté en buste et entouré d'une savante construction géométrique dans laquelle les couleurs sont également soigneusement positionnées  ou superposées. L'intérêt pour la construction géométrique est évidente.
Autre cercle chromatique de Filiger, tête d'animal
au centre


Le cercle suivant est composé autour d'une tête d'animal et l'ensemble est contenu dans un cercle.


Durant sa période gouarécaine, cet ami de Gauguin (il fréquentait le Pouldu en 1889) passe par un état dépressif et son état tourmenté le conduit sans doute à se chercher lui-même. Ces constructions géométriques très élaborées font fortement penser aux Mandalas.(celles présentées seraient de 1920).

Le principe du mandala est une construction à partir d'un centre avec un contenu protégé par un cercle. On peut lire sous la plume de C.G. Jung, ce célèbre psychiatre de la fin XIXe, début XXe, que la psychologie du mandala est la continuation d'un processus évolutif de l'esprit qui prend sa source avant le Moyen-âge. Il indique également que les mandalas modernes offrent un parallélisme étonnant avec les cercles magiques du Moyen-âge qui contiennent la déité au centre.

Notation chromatique de Filiger
Selon Jung, ces cercles mandalas visent à protéger de l'extérieur et ont été utilisés dès les temps préhistoriques, à des fins sociales ou initiatiques, autour du feu, jusqu'à aujourd'hui dans un but thérapeutique. Ces mandalas apparaissent en tout temps et en tout lieu et dans leur utilisation cultuelle, ils sont de la plus grande importance "car leur centre contient en général une haute figure religieuse" (Jung par F. Lenoir p265)
On peut donc penser que les périodes tourmentées qu'il traversait dans sa vie avaient amené Filiger à ces savantes constructions géométriques dans lesquelles il trouvait peut-être un apaisement qu'il recherchait alors...

NB: sources: Filiger- correspondance et sources anciennes. André Cariou,Ed Locus Solus 2019
Frédéric Lenoir, Jung, un voyage vers soi (Albin Michel 2021.
Roland Recht: né en juillet 1941, Historien de l'Art présente les cercles chromatiques de Filiger dans "Connaissance des arts" durant le confinement de 2020.


samedi 30 novembre 2024

Patrimoine de Caurel en Côtes d'Armor

La fontaine asséchée au Nord du bourg de Caurel

Près du calvaire, la fontaine asséchée
Dans l'article du 20 octobre dernier sur ce blog, je parlais du calvaire visible sur cette photo sur laquelle on observe au premier plan, la fontaine aujourd'hui asséchée. Cette fontaine présente une date sous la croix qui la surmonte: 1856, une date où la population est bien plus importante qu'aujourd'hui dans le pays.

Cette fontaine intrigue au moins autant que le calvaire à proximité. Elle est constituée par un bassin unique dont le fond est équipé d'une grande dalle de schiste percée en son centre. On peut donc penser que son remplissage se faisait par cette "bonde" qui permettait à l'eau de monter dans le bassin jusqu'au "trop plein", un écoulement naturel dans le sens de la pente qui est ici plein Sud, vers le village en contrebas.

Fontaine vue de face  (vers le Nord)



En se plaçant en face, on observe un pignon ouvragé soigneusement maçonné en schiste local. Une partie centrale en granite est plus ouvragée avec niche à Saint (vide aujourd'hui) encadrée par deux cierges sculptés en bas-relief avec leur candélabre ou chandelier. On peut voir le trou dans la dalle du fond à peine humide. Des sources existent encore à ce niveau du relief (sous la voie express ancienne N164) mais décalées vers l'ouest.

Partie terminale hétérogène avec date

 



La partie terminale du pignon orné est composée par un ancien chapiteau de colonne en granite à grain fin, très ouvragé avec quatre têtes sculptées dont la finesse contraste fortement avec les sculptures du calvaire à proximité qui elles, sont faites dans une roche à grain grossier, inadaptée à ce genre de sculpture.

Ce chapiteau orné est fixé au ciment sur une base triangulaire également en granite et il est surmonté par une croix également fixée par un mortier de ciment, pour finir l'ensemble. Cette croix est dans une roche orientée à minéraux ferromagnésiens (nature pétrographique à déterminer). Etrange composition hétérogène pour une fontaine qui n'a pas d'eau, près d'un calvaire tout aussi énigmatique... Enquête en cours....

mercredi 20 novembre 2024

 propos des ponts en dalles de granite...

Réflexions sur les ponts comme celui de Saint Roc'h en Plounevez-Quintin

Dans l'article publié le 21 septembre 2017 sur ce blog , la difficulté de dater ce type d'ouvrage est évoquée et en effet, la datation reste à faire.

Pont de Saint Roc'h sur le Blavet
Dans le cas du Pont de Saint Roc'h qui se trouve sur le Blavet, en amont de la chapelle et de la fontaine du même nom, le promeneur se rend bien compte qu'il s'agit d'un ouvrage plus élaboré que les simples passerelles à piéton que l'on trouve dans le pays (sous Toul Goulic, un peu plus en amont, ou dans la vallée de Pont Croix entre Plouguernevel et Rostrenen). Ici, le pont présente une pile centrale à "rostre" en V, pointe face au courant ainsi qu'une culée sur chaque rive et maçonnée en gros moéllons de granite. Il possède deux travées à large dalle de granite, unique et formant le tablier dont la largeur dépasse le mètre permettant le passage de charettes étroites ou de bêtes de somme bâtées. 
Pont St Roc'h à pile centrale maçonnée. PJ


Ce pont est peu éloigné de la chapelle Saint Roc'h et de la fontaine, un lieu de culte et de passage qui pourrait  bien devoir sa construction à cette période bien plus tardive que supposée pour ce type de pont (XVI-XVIIe).

Si nous comparons avec des structures similaires au Royaume Uni, nous voyons des ponts en dalles de pierre dans les Landes du Devon (Dartmoor, Exmoor) et d'autres secteurs comme Snowdonia et Anglesey. Ces ponts sont nommés "clapper bridge", la plupart érigés au Moyen-âge, comme le pont de Postbridge dans le Dartmoor.

Postbridge clapper sur la East Dart. Dartmoor
Ce pont possède des dalles de plus de 4m de longueur et 2m de largeur. Elles font plus de huit tonnes et un chariot ou une charette peut le traverser. Il est daté autour de 1380 et aurait été construit pour le transport de l'étain du Dartmoor à la ville de Tavistock.(blog: visitdartmoor.co.uk)

En France, dans le Massif Central, des ponts en dalles de pierre sont nommés "Pont planche". Ils sont destinés à faciliter le déplacement des habitants dans une zone très riche en ruisseaux et sources.
Sur le plateau de Millevaches: pont planche étroit

C'est le cas sur le plateau de Millevaches. Ces ponts ont une dimension patrimoniale et expliquent la fréquence de toponymes évoquant ces structures. Mais là encore la datation n'est pas certaine.Cette quatrième vue montre le pont planche de La Valette sur la commune de Saint-Marc-à-Frongier sur le plateau de Millevaches. Sur ce secteur du Limousin, on peut constater également la position fréquente des ponts planches sur des itinéraires liés à la présence de moulins sur cours d'eau. Si aucune date n'est avancée, celle de la mise en place des moulins est souvent prise en compte.

Sources: Mathilde Giovani "Détours en Limousin".
Blog visitdartmoor.co.uk