Libellés

lundi 17 décembre 2012

poème

Le chat noir

La fin d'automne efface vite
Les lumineux pigments pastels
Les couleurs aussi sont mortelles
Quand les mois noirs se précipitent

Sous un vieux porche, aux courants d'air
Je crois devenir transparent
Ainsi jeté dans le néant
Le noir et le gris désespèrent

Dans la nuit sombre, lumière morte
Toute couleur a disparu
Une ombre noire est apparue
Qui s'est assise devant ma porte

Deux émeraudes ont perforé
L'obscurité et son silence
Par ce regard au vert intense
Un feu interne s'est rallumé

Tous les automnes parlent de fin
Quand les couleurs ici trépassent
Alors dans les yeux du chat passe
Le feu des promesses de demain.

mardi 11 décembre 2012

patrimoine

Fontaine de la Trinité (XVIe) sur Cléguérec (56)
Cette fontaine constitue l'ornementation gothique-flamboyant d'une source située au pied des reliefs importants de Quénécan, dans sa partie sud (Morbihan proche Côtes d'Armor). Les reliefs atteignent les  280 mètres et présentent les affleurements rocheux les plus spectaculaires au lieu-dit "Breuil du chêne", un ensemble de dalles basculées de grès-quartzites phylliteux de l'Ordovicien inférieur (Trémadocien ici et Arénigien surle sommet vers l'Ouest).
Ce terme barbare qualifie un étage de l'ère primaire dont on peut rappeler au passage qu'elle va durer 350 millions d'années (du Cambrien: 570 à 500 Ma au Permien: 280 à 250 Ma). Le Cambro-Trémadoc est  compris entre 500 et 488 millions d'années. Ces roches sont les plus anciennes du pays. A côté, les crêtes au nord de la vallée du Blavet, à Rosquelfen, situées dans l'Eifelien (Dévonien moyen: 385 à 380 Ma) sont plus jeunes d'au moins 100 millions d'années!
Cette source est donc un "exhaure" naturel alimenté par ces reliefs, contreforts de la forêt de Quénécan.
La source coule depuis la fin de la glaciation de Wurm qui s'achève au Magdalénien et nous abordons ici la fin du Paléolithique (15 à 20.000ans avant notre ère). Puis les hommes du Néolithique (-5000 à-2000), bien présents ici avec la célèbre "chambre des korrigans", l'allée couverte de Bot-er-Mohed, une sépulture collective de 18 mètres de longueur située sur le relief à proximité, vont certainement s'abreuver à cette source. Les Celtes  suivront et l'on sait la vénération qu'ils portent aux éléments naturels tels que l'eau. Sur ce point nous aurions bien des choses à apprendre qui se sont perdues au fil du temps.
La source est christianisée et ornée au XVIe siècle d'une manière qui mérite qu'on s'y attarde un peu.

Tout d'abord, une grande coquille est nettement visible sur la façade et les côtés de la construction. Elle marquerait un ancien point de départ vers Saint Jacques de Compostelle (Source:infoBretagne).
La fontaine présente trois bassins dédiés à St Mathurin, N.D de la Clarté et la Trinité. Un calvaire de sept personnages est érigé sur le toit de la fontaine et en fait un ouvrage remarquable et unique dans le pays. Cet appareillage est en granite et kersanton (qui n'est pas un granite mais un lamprophyre).
L' association de la Trinité et de St Mathurin intrigue au premier abord car Saint Mathurin n'est pas un Saint breton et le plus souvent la fontaine est dédiée à un  personnage unique. Curieusement, cette particularité "trinitaire" parait concerner plus particulièrement le secteur de Quénécan comme on l'a déjà vu précédemment (voir message sur la fontaine Saint Ignace près de la chapelle du même nom en pleine forêt.)

Sant Matilin en breton est un saint du Gâtinais réputé pour "calmer les énergumènes", chasser les démons; il est invoqué au Moyen-Age pour soigner les fous et "les épouses insupportables"(sic), patron des bouffons mais aussi des marins.
Sur le site de Damien Jullemier, à propos de Saint Mathurin, on trouve encore cette information:
l'Ordre de la Très Sainte Trinité et de la Rédemption des captifs fut créé en 1198 afin de racheter dans les états barbaresques d'Afrique du Nord les chrétiens qui y étaient maintenus en esclavage.Les religieux de cet Ordre furent appelés les mathurins du fait de l'importance du couvent St Mathurin à Paris. Les trinitaires ou mathurins organisèrent une soixantaine d'opérations entre le XVe et XVIIIe siècle avec libération d'environ 6000 captifs dont de nombreux bretons (surtout marins), d'où la très grande popularité de ce Saint Mathurin en Bretagne.


Sculpture de la partie centrale du monument, en granite anciennement polychrome (Trinité). Un Père Eternel coiffé de la Tiare soutient son fils (façade devant le bassin principal). La chapelle de la Trinité (XVe-XVIe siècle) se situe à proximité. L'ensemble fait partie aujourd'hui du patrimoine remarquable de Cléguérec et entre dans l'un des circuits de "L'Art dans les Chapelles" qui chaque été depuis des années maintenant favorise la découverte de magnifiques endroits comme celui-ci, par un grand nombre de visiteurs.

jeudi 6 décembre 2012

dessin

Gouarec (Côtes d'Armor)

Plume et encre de Chine pour ce dessin en noir et blanc représentant la vue de Gouarec à partir de la petite route baptisée  "Hent Roc'h Markiz" et qui passe à proximité de ce rocher situé sur Rosquelfen et donc à l'est immédiat de Gouarec. Nous sommes un mois de mars et le temps est à la neige.

mardi 4 décembre 2012

peinture

La Loire

Loire "océane" en crue sous le pont Royal à Orléans.
Huile sur bois

lundi 3 décembre 2012

Méditation philosophique

Le temps

Il y a autant d'écart entre le temps du philosophe, du psychologue et celui du physicien qu'entre le jour et la nuit!
Pour  Aristote, le temps est une mesure physique (le temps nécessaire pour parcourir une distance). A cette notion du temps s'oppose celle de Montaigne qui, en parlant de la vie, parle non pas de vivre au présent mais de vivre à propos. Cette expression privilégie le déroulement face au devancement.
"Privilégier le déroulement face au devancement pour se libérer de la grande dramaturgie du temps qui passe et dont on ne sait même plus où diable il est passé!" François Jullien (philosophe et Sinologue)
"Le monde moderne se caractérise par la toute puissance de la vitesse. L'emballement technique accélère le réel lui-même... Plus la technologie nous fait gagner du temps, plus nous avons le sentiment d'en manquer! Dans nos relations sociales, en politique, en amour, notre quotidien est marqué par l'urgence. La tyrannie du court terme comprime l'espace. Le triomphe de l'immédiat rend impossible la vie au présent. L'instantanéité enterre la mémoire et dynamite l'avenir... Reconstruire la confiance, le dialogue, la justice, ce serait ralentir le rythme, repartir à la conquête du temps long..." Jean Birnbaum (extrait du Forum "Où est passé le temps?" Le Monde-Le Mans 2011)
"Aucune accélération n'exauce l'impatience d'être arrivé avant d'être parti! La vitesse va toujours moins vite que le désir" Olivier Bomsel (économiste)
"Si nous courons vers le futur, c'est que nous manquons d'être"  Plotin
"La musique est le seul domaine où l'homme réalise le présent (Stravinsky)... Le temps musical serait donc le seul à coïncider parfaitement à l'acte dont il assure le suivi temporel. C'est la raison pour laquelle on peut considérer la musique comme un miracle". Clément Rosset
 Horas non numero nisi serena (Les heures ne comptent pas si elles ne sont pas sereines) Cadran solaire antique.
"Ne soyons pas prisonnier du dogme qui se perpétue sur les résultats de la pensée des autres. Ne laissons pas le bruit des opinions des autres étouffer notre voix intérieure. Ayons le courage de suivre notre coeur et notre intuition...tout le reste est secondaire"  Olivier Bomsel
Vivons donc à propos en cultivant l'art et l'imaginaire.
"L'illusion artistique donne à la fiction un pouvoir de réalité incomparablement supérieure à la simple et fade retranscription des faits. L'imagination permet seule de jouir de la beauté. On n'imagine que ce qui est absent. L'absence nourrit l'imaginaire et la passion" (Raphaël Enthoven)
Même à l'automne de la vie, j'ai tout mon temps, la mort attendra!

mardi 27 novembre 2012

poème

Mémoire

La mémoire souvent est une amie cruelle
Qui convoque au présent les instants merveilleux
La saveur de la vie et l'éclat de ses feux
Cette lumière intense, éclatante et mortelle

Les crêtes sous le vent ont perdu leur éclat
Les souvenirs ardents occultent leur beauté
Dans les couloirs du temps la mémoire figée
Ignore le présent dans le soir qui s'abat

Par les anciens chemins garnis de feuilles mortes
En manteau de saison couleur rouille et sanguine
La sylphide légère s'avance sous la bruine
Dirigée par l'étoile qui la guide et l'emporte

Le temps s'arrête ici où les grands souffles d'air
Viennent balayer la lande et ses pierres dressées
Bélénos endormi et Sul dans la vallée
Prolongent l'harmonie d'un instant éphémère

samedi 24 novembre 2012

archéologie

Monnaies celtiques 

Nous avons parlé des monnaies du Trésor de Laniscat dans des messages précédents (2011 et 2012). Ces monnaies en cours d'étude commencent à être mieux connues et une publication ne devrait plus tarder. Il est désormais certain qu'il s'agit d'or cuivré puisque la teneur en cuivre se situe autour de 50% et dépasse même cette teneur, ce qui corrélativement indique un titre faible et souvent inférieur à 20% d'or. Cet alliage est typique de la fin de la Tène, période du début de la romanisation de la Gaule où l'or se fait de plus en plus rare.En attendant les publications sur le Trésor de Laniscat, voici encore quelques exemples de la diversité des motifs et de la richesse imaginative des celtes de l'ouest Armoricain:

 Avers: tête chevelue
Revers:Statère cuivré au personnage Osisme aux ailes déployées près du sanglier enseigne
1/4 de statère, or cuivré à la tête humaine à gauche.R/Androcéphale à gauche avec aurige réduit à une petite tête; au-dessous, barrière d'hippodrome*
1/4 de statère d'or allié à la tête humaine à droite R/ cheval androcéphale avec aurige à gauche, dessous: une tente
1/4 de statère à "la tente" mais au revers, l'androcéphale est à droite

 1/4 de statère à "la tente" proche du précédent

1/4 de statère à "la tente" avec au revers l'androcéphale à gauche
3e exemplaire à "la tente", au revers, l'androcéphale est à droite et le léger décentrage de la frappe montre particulièrement bien "la tente"
Ce statère de billon est Vénète, classe1, à la tête humaine à droite et au cheval bridé androcéphale à droite avec sous lui, un curieux personnage couché.

Ces pièces proviennent de la dispersion de la collection d'André Breton en 2007.

*:cette pièce vient de la vente Bourgey à Drouot le 14 juin 1966 et est probablement le dernier achat d'André Breton avant sa mort en septembre. Cette monnaie est particulièrement rare.



samedi 3 novembre 2012

poème

Regards

Tes yeux d'ambre et de miel me transpercent le coeur
Me jugent ou m'interrogent, et de larmes remplis
Révèlent des souffrances et la tendresse aussi
Les miroirs de ton âme reflètent la douceur

Ton regard amusé, médusé ou moqueur
Fait danser dans tes yeux l'arc-en-ciel de la flamme
Cette lumière du monde qui vit au coeur des femmes
Les miroirs de ton âme reflètent le bonheur

Parfois l'ombre s'étend, j'entends battre ton coeur
Un voile humide couvre et ravive l'éclat
De prunelles si pures où passent d'anciens effrois
Les miroirs de ton âme reflètent la douleur

Les larmes et les rires ont l'amère saveur
Des passions envolées dans la course du temps
L'univers tout entier à tes yeux se suspend,
Les miroirs de ton âme me transpercent le coeur.



mercredi 24 octobre 2012

poème

Instants arc-en-ciel

Je vois encore ces moments là
Instants passés, rêvés sans doute
Bien malgré moi je les écoute
Te souviens-tu de ces temps là?

Sans énergie, force ou audace
La vie s'écoule à pas pressés
Pourquoi devrais-je m'inquiéter
Changer le cours du temps qui passe?

Au printemps des rives rêvées
Le coeur et l'esprit vagabondent
Et inventent le nouveau monde
Que l'automne a désenchanté

Si les images de doux rivages
Aux bains pourprés des derniers feux
S'éteignent aujourd'hui dans mes yeux
C'est que le temps parle hivernage
Au rythme lent de ces nuages
Venus de l'ouest griser le bleu.

jeudi 18 octobre 2012

archéologie

Le tertre tumulaire du Quillio (Côtes d'Armor)

Poursuivant ma promenade "thérapeutique" vers l'est, je traverse la belle vallée de Poulancre au Sud de Saint Gilles-du-Vieux-Marché pour aboutir en allant vers Le Quillio, sur des sommets plus arrondis et plus étendus. Ces sommets constituent des réservoirs d'eau comme c'est le cas sur le sommet topographique où est implantée la chapelle N.D de Lorette et où se trouve le tertre tumulaire néolithique encore conservé. Ce monument funéraire est estimé par les archéologues, du milieu du 5e millénaire avant notre ère, ce qui en fait le monument le plus ancien du secteur.
Souvent assimilé à un cromlec'h par sa forme ovoïde, il est en réalité le reste d'un tumulus.
 Il est bon peut-être de rappeler que la plupart des monuments de type cromlec'h en Bretagne ont été érigés entre 3500 et 1900 avant notre ère mais beaucoup sont de l'âge du bronze (qui chevauche le néolithique terminal), c'est-à-dire entre 2500 et 1000 avant JC.
Une personne du pays présente sur le site ce jour là m'indique que ce monument est une tombe celtique (? !). Il me semble voir là une confusion dans l'échelle de temps, héritage probable de nos archéologues du XIXe siècle qui avaient classé en leur temps ces monuments comme celtiques.Il est vrai qu'ils ne possédaient pas les moyens actuels de datation.
C'est donc l'occasion de rappeler que le néolithique débute 5800 ans avant JC et que les premiers monuments débutent vers 4000 à 4500 avant JC. Les Celtes sont liés à l'âge du fer qui débute en 1100 avant JC en Europe centrale (Hallstatt). En Armorique, ce n'est qu'au VIIIe siècle avant notre ère que leur présence est attestée et pour la peuplade celte de l'ouest, les Osismes (voir le trésor de Laniscat, messages 2011 et 2012), leur présence correspondrait au début de la Tène (500 avant JC). Pour en savoir plus, se reporter à l'Atlas Historique du Monde Celte de Angus Konstam.

La vue de droite montre la forme oblongue de l'alignement composé de grès-quartzite armoricain (arénigien) que l'on trouve sur place. Certains blocs font plus d'un mètre de hauteur. Il est tout-à-fait possible que ce tertre ait encore servi d'enceinte funéraire à l'époque celtique. La présence de puissantes sources (dont une est actuellement captée pour l'alimentation en eau potable) en fait un lieu exceptionnel où l'air, la terre et l'eau développent une énergie qui vous pénètre. Mais si les druides ont officié dans ce lieu, ils ne sont sans doute pas les bâtisseurs; ce sont les hommes du néolithique qui ont érigé ces monuments dans des endroits aussi forts!

mercredi 17 octobre 2012

archéologie néolithique

Allée couverte de Coët Correc en Caurel 

En restant sur les crêtes schisteuses qui se prolongent à l'est du Liscuis en Laniscat ou en suivant tout simplement la quatre voies  Rennes-Brest qui longe les sommets, on arrive aux abords de Caurel, au nord du bourg, sur des reliefs particulièrement vigoureux qui dominent le lac de Guerlédan et le vallonnement boisé de Quénécan s'étendant au sud jusqu'à l'horizon. Au lieu dit Bel Air, deux menhirs signalent encore l'importance du lieu. Il y en avait bien plus autrefois comme en témoignent les relevés des archéologues des années 50-60 (A. Le Diuzet). Par un chemin aboutissant à Corn-Coat, un petit sentier débouche sur la crête dans un endroit magique. Il se dégage de cet endroit une atmosphère particulière que l'on sent également au Liscuis et dans d'autres endroits comparables. Le lieu s'impose à vous par son silence, la force qui émane des affleurements rocheux et l'harmonie extraordinaire de cet ensemble nature-monument. Sur ce sommet qui avoisine les 300m d'altitude, dans les prés et les affleurements de schistes, apparait un monument mégalithique étonnant, une allée couverte de type couloir avec vestibule latéral très bien conservé et une étonnante construction, sorte d'imposante arche de pierres sèches qui enjambe l'allée couverte par un arc surbaissé de type "anse de panier". Cette construction semble protéger la partie ouest de l'allée couverte qui possède encore sous l'arche, ses dalles de recouvrement. Il s'agit  des restes d'un ancien calvaire érigé par Mathurin Le Flohic, un agriculteur qualifié de "très pieux" à l'époque de la construction (fin du XIXe siècle particulièrement marqué par des actions de ce genre; voir le prosélytisme parfois destructeur comme celui du curé de Louisfert en Loire-Atlantique). Deux escaliers latéraux de 24 marches menaient à une plateforme sommitale sur lequel reposait le calvaire. Ce monument en pierres sèches était donc beaucoup plus haut qu'aujourd'hui (voir les photos de l'édifice d'origine dans l'ouvrage de Christian Lassure:"Le calvaire en pierres sèches de Coët-Correc à Mûr-de-Bretagne, Côtes d'Armor".

La vue de droite montre l'allée couverte qui n'est plus qu'un alignement de deux rangées d'orthostates parallèles allant se perdre sous l'arche à arc en anse de panier. L'ensemble est en schiste local.


La vue de gauche montre la partie ouest terminale avec ses "tables supérieures" encore en place. Sous cet angle, on  peut apprécier la qualité de la maçonnerie en pierres sèches. L'auteur de ce travail qui voulait christianiser ce monument païen, aura réussi à sauvegarder l'intégrité du monument primitif sous l'arche (le calvaire, lui, a disparu).

Cette vue de la partie est du monument, montre le vestibule qui ici est latéral et non pas dans le prolongement de l'allée couverte comme au Liscuis. Une "chatière" correspondant à l'ouverture d'accès au couloir est bien visible et taillée dans deux orthostates de schiste. Cette disposition particulière laisse supposer l'existence d'un tumulus à cet endroit ou d'un cairn si l'ouvrage est plus tardif. Il semble toutefois, selon une source locale que cette allée couverte serait du néolithique terminal, début de l'âge du Bronze.

vendredi 5 octobre 2012

poème

La maison
La vieille maison de pierres habite le silence
De cette fin de jour pluvieux et déprimé
Ses murs épais renferment la discrète présence
D'un esprit solitaire attaché à l'endroit.
Ecoute dans la pénombre le doux son de sa voix
La mélodie des songes dans la maison hantée.

Parfois un vent rageur fait vibrer la toiture
Son souffle dans les arbres aux membres torturés
Tente alors mais en vain d'étouffer la voix sûre
Du veilleur qui patiente dans l'espace enchanté.
Vent turbulent d'octobre tue le temps engourdi
Et le chant du veilleur berce les coeurs meurtris.

La nuit tombe sur la lande gémissante et mouillée
Dans la maison de pierres au foyer rougeoyant
Le ballet coloré dans l'espace flamboyant
Des flammes sur les murs éclaire la nuit sombre.
La ronde des secrets visitant la pénombre
Ravive le souvenir des plaisirs oubliés.

Alors mélodieux sur fond de vents de mer
L'esprit dans la maison prend de nouveaux accents
Les râles du plaisir se confondent et libèrent
Dans la douce chaleur du feu se consumant
Le message d'amour au parfum des passions
Sublimes, intimes et douces lovées dans la maison.


mardi 25 septembre 2012

Poème

Patience

Flammes et tisons en cheminée
Dansent la ronde des souvenirs
Un temps magique s'en est allé
Passe la vie en un soupir

Est-il possible de renoncer
A ces épures de grands désirs
Aux mots magiques ensoleillés
Aux sources vives des plaisirs?

La poésie, belle éternelle
Apaise et parle de l'infini
Elle seule pèse en immortelle
Qui me console et me nourrit

Mon regard scrute les étoiles
Témoins la nuit du temps passé
Un vent léger gonfle la toile
Du vaisseau bleu de mes pensées

Je m'abandonne au rêve ultime
D'une lecture sur un cahier
De poésie belle et sublime
Du grand Rainer Maria Rilke.

vendredi 21 septembre 2012

archéologie

Tumulus et allées couvertes du Néolithique

La période Néolithique a laissé dans le pays de Gouarec de nombreux vestiges comme on peut s'en rendre compte en se promenant dans le pays et/ou en visitant ce blog. Cette période qui débute il y a plus de six milles ans correspond à la sédentarisation de groupes humains organisés dont on sait fort peu de choses. Les menhirs dressés sur les collines et les monuments funéraires (tombes en V, allées couvertes, dolmens) sont les seuls témoins de cette civilisation (avec le site d'exploitation de haches en dolérite de Quelfenec). La position des monuments funéraires dans la topographie locale montre que le choix effectué correspond à une croyance ou a des rites établis. Il ne reste de ces monuments que la structure interne en pierres de schiste pour la région de Gouarec, mais à l'origine, ces structures de pierres étaient recouvertes, probablement par un galgal (mélange de terre et de pierres avec dominante de pierres) et l'ensemble déjà situé sur une hauteur constituait une élévation circulaire amplifiant l'effet de hauteur comme le montre le tumulus très bien conservé de Kernours (2500 av JC)près du golfe du Morbihan (sur Bono).

Vue d'une allée couverte du Liscuis dont on aperçoit à droite, les restes du tertre de recouvrement. La présence du recouvrement augmentait la résistance de la structure interne à l'écrasement des dalles pariétales.






Allure de la tombe lorsqu'elle dispose de son recouvrement: tumulus de Kernours (2500 avant notre ère). Ce tumulus parfaitement conservé possède un couloir interne formé de dalles de granite. Il est visible sur la commune de Bono près d'Auray (Golfe du Morbihan).

mardi 11 septembre 2012

poème

"Pas de rose sans épines, mais beaucoup d'épines sans rose"
                                       Irvin Yalom "La méthode Schopenhauer"

Aux chemins creux d'hier, sans fin tu chercheras
Dans la brise légère et le murmure de l'eau
Les instants disparus de patients pas à pas
Aux rives d'un grand lac, au rythme de ses eaux

Le soleil dore encore la pierre qui s'échine
A dresser vers le ciel ses arêtes saillantes
Au fond de la vallée, sous la mousse, les ruines
Conservent en secret des histoires troublantes

Dans l'été finissant se prépare le sommeil
Du pays des légendes, des landes et des bois
Les roses déjà se fanent sous le dernier soleil
Resteront les épines et l'attente du froid!