Libellés

mercredi 29 août 2018

Patrimoine rural de Séglien (Morbihan)

L'étrange fontaine Saint Laurent entre Silfiac et Séglien (Morbihan)


Sur le bord de la route, entre la célèbre chapelle de Saint Laurent (sur Silfiac)et celle de Locmaria (sur Séglien), on peut apercevoir cette fontaine aujourd'hui à sec, qui étonne par son ornementation tout-à-fait atypique pour ce type de monument. Il s'agit d'un ensemble monolithique en granite, sculpté sur toute sa surface et dont le style correspond à un élément ornemental du XVe ou du XVIe siècle et donc beaucoup plus ancien que la fontaine elle-même (qui paraît une construction (ou reconstruction?) récente.



Sur cette seconde image, on remarque un morceau de "corniche" courbe qui semble indiquer que ce monolithe sculpté faisait partie d'un ensemble. Mais où se situe cet ensemble? Il peut s'agir de la chapelle Saint Laurent, richement ornée et joyau allant du XVe au XVIIe siècle ou aussi de la chapelle de Locmaria située en contrebas de cette fontaine et également du XVe et XVIe siècle. La question est donc ouverte...



Les personnages sculptés dans ce bloc de granite font le tour du bloc comme s'il s'agissait d'une colonne (ancien calvaire??), mais le sens est particulièrement difficile à déchiffrer et la position de cette "corniche" terminale, assez énigmatique...

vendredi 24 août 2018

Land art au Liscuis, Bon Repos sur Blavet (22)

Land art sur les crêtes du Liscuis, entre Gouarec et Bon Repos (Côtes d'Armor)

Sur les crêtes du Liscuis, le chemin des randonneurs (GR) passe sur les éboulis des anciennes extractions d'ardoises et l'endroit est remarquable par sa beauté, son calme et sa vue imprenable sur la vallée du Blavet canalisé, avec l'écluse de Saint Hervé et son déversoir, vers l'Est, les ruines de l'abbaye de Bon Repos et en rive droite, la forêt de Quénécan avec son piton proche du ruisseau du Pouldu qui conserve les traces du "fort" de Castel Cran, un site carolingien bien connu dans le pays, mais aussi à propos du Pouldu, la mémoire du fameux chemin du roi Salomon,décrit dans le cartulaire de Redon (IXe siècle).

Cet endroit est celui d'une halte sur l'itinéraire de randonnée et inspire certains marcheurs qui élèvent des monticules de pierres (l'ardoise du Liscuis).
Ces constructions éphémères peuvent durer plusieurs années si les marcheurs de passage ne décident pas de les réutiliser pour refaire la même chose par eux-mêmes. Ce "Land Art" ajoute au lieu une touche étrange qui interroge le passant. Sérénité du temps long dans un univers où le minéral et le végétal sont en parfaite symbiose.

lundi 20 août 2018

Les Chemins de l'archéologie à Saint Mayeux (22)

Le menhir (temporaire) levé le 19 août sur les crêtes de St Mayeux-Caurel (Côtes d'Armor)

Phase 1: pierre au sol

Au début de l'opération, en matinée du 19 août, la pierre (un bloc de schiste indifférencié du Silurodévonien, trouvé sur place) est positionnée sur des rondins de bois devant sa fosse de calage, ici une tranchée étroite car la roche choisie correspond à une grande dalle d'environ 4m de longueur sur presque 2m de largeur à la base et 20 à 30cm d'épaisseur (le bloc est estimé à environ 4 tonnes).

Phase 2: début du levage


La pierre est inclinée progressivement vers sa fosse de calage à l'aide d'un levier (tronc d'arbre de 10 à 15cm de diamètre) qui prend appui sur une structure en bois montée progressivement. La pierre est calée à chaque étape de sa levée et chaque fois qu'une nouvelle rangée de rondins vient prendre sa place dans la structure d'appui (visible derrière la pierre.)

Phase 3: utilisation de la chêvre



Dans la phase suivante, à partir du moment où la pierre a glissé dans sa fosse de calage, les spectateurs sont mis à contribution pour tirer sur les cordes qui vont finir le levage en utilisant une chêvre de taille proportionnée à la pierre.

Phase 4: calage de la pierre debout



La pierre est ainsi tirée jusqu'à la verticale puis bloquée dans sa position par des pierres de calage (sa partie enterrée est de 60cm environ). Cette démonstration qui utilise les techniques des hommes du Néolithique apporte un éclairage intéressant sur le degré de technicité atteint par ces populations et leur capacité à réaliser un travail collectif. Mais cette animation à succès populaire bien justifié n'explique pas les raisons de l'implantation sur les crêtes de St Mayeux-Caurel des véritables menhirs de Pors Guillo ou de Ty Min.

NB: cliquer sur les photos pour les agrandir. Cette pierre sera bien évidemment enlevée pour éviter toute confusion ultérieure entre les mégalithes répertoriés dans ce secteur et l'animation "archéologique".

mercredi 8 août 2018

Poème

Les mots

Korrigans aux allées couvertes du Liscuis
Sertissons mon amie, ce moment dans les mots
En les choisissant bien et musicalement
Qu'ils fassent en nos mémoires un subtil ornement
Et demeurent à jamais, ciselures en émaux

De ces mots lumineux, étoiles au firmament
Merveilles de vermeil exorcisant les maux
Dans ta bouche ou la mienne, les doux et tendres mots
Ceux qui font de nos langues cet étrange instrument.

Parfois les mots s'estompent, oh rêve  contemplatif!
L'instant fuit comme l'ombre où s'émeut l'émotif
Faut-il donc que la voix remplace l'écriture?

Amie, ma chère amie, tu supportes patiemment
Que certains de mes mots aient l'odeur de l'encens
Revenons si tu veux, aux Maximes d'Epicure!

Illustration: tombe collective en V du Néolithique, sur les landes du Liscuis près de Rosquelfen (Bon Repos sur Blavet). Sonnet des mots, août 2018.

jeudi 2 août 2018

Chapelle de Rosquelfen: dais-retable

Suite de la préparation du Dais-retable par les "Amis de la chapelle de Rosquelfen"



Le travail réalisé sur ce Dais-retable consiste à préparer le bois pour le revêtement polychrome final. On peut voir sur cette photo, le corps du dais sans les portes mais avec la frise basse terminée.





Cette seconde vue en perspective permet de découvrir la garniture basse en chêne, destinée à masquer les pieds du dais et qui font actuellement l'objet d'une sculpture de type "bas-relief" en langue bretonne.



Le meuble entier qui est destiné à la protection de la statue polychrome de Notre Dame de Bon Secours (en breton: Itron Varia gwir sikour) sera installé dans la chapelle pour les journées du Patrimoine (les 15 et 16 septembre 2018).


NB: cliquer sur les photos pour les agrandir.

samedi 21 juillet 2018

Concert en chapelle de Rosquelfen, Bon Repos sur Blavet (22)

Le 27 juillet prochain: concert dans la chapelle de Rosquelfen, Laniscat, Bon Repos sur Blavet,22570


Comme cette affiche l'indique, la chapelle sera ouverte à partir de 20h, le vendredi 27 juillet prochain pour un concert de Hoëla Barbedette qui connait déjà la chapelle pour y avoir chanté et Jeanne Guillôme, une laniscataise révélée aux fêtes de la musique et dont la voix magnifique a enchanté les habitants présents dans le bourg  lors de cette occasion. Le prix modeste de l'entrée (5€) et gratuite pour les enfants, permet à tous de passer un bon moment dans cette chapelle dont il reste la cinquième tranche de travaux à réaliser: la réfection du porche Sud et la mise en place de la voûte de la nef. Pour cette dernière tranche qui devrait clôturer l'effort de sauvegarde entrepris depuis 2011, l'association "Les amis de la chapelle de Rosquelfen" est toujours mobilisée dans la recherche de dons (vente de calendriers 2019, dons via la Fondation du Patrimoine...).

vendredi 20 juillet 2018

Patrimoine de Rostrenen (suite)

La chapelle Saint Jacques (XV-XVIe siècle)

Cette chapelle se situe à l'entrée de l'ancien cimetière de Rostrenen, à proximité de la voie romaine (l'ancienne route de Glomel) à l'Ouest du centre ville. Il s'agit d'une fondation des barons de Rostrenen, mentionnée en 1483, puis restaurée au XVIe et partiellement reconstruite au XVIIIe. Les piliers encore en place devant l'entrée sont les témoins d'une évolution dans le temps de cette chapelle. Celle que l'on voit aujourd'hui, du XVIe et XVIIIe siècle possède encore ses sablières à mascarons. Elle est classée MH depuis le 15 mars 1909.

Dans le mur Nord, on observe un intéressant bas-relief en granite à grain fin, qui proviendrait d'une ancienne chapelle (St Antoine) qui était située plus haut, à l'endroit dénommé "Le Belvédère" et aujourd'hui disparue. R.Couffon date cette frise du XVIe et d'autres auteurs la situent en fin XVe. Elle est mutilée à la Révolution. Malgré les mutilations, elle  présente un grand intérêt (cuirasses des soldats, détails vestimentaires, finesse de la sculpture...).



L'extrémité ouest de la frise se termine par une Sainte Véronique présentant le linge marqué du visage du Christ. Cet épisode de Ste Véronique, n'apparaît qu'à la fin du XVe siècle dans l'imagerie médiévale et conforte donc la datation à cette époque si on y ajoute les détails vestimentaires tels que  les armures et le chaperon à cornettes (site infobretagne).





De part et d'autre de l'entrée ouest de la chapelle, deux statues en granite ornent les angles du pignon actuel. Il s'agit  selon René Couffon de Saint Pierre (photo 4) et de Saint Paul (photo 5), seuls rescapés du porche de la collégiale à la Révolution. En effet, les statues en bois que l'on peut voir actuellement dans le porche de la collégiale ont été sculptées en 1880 par Paul Chamaillard et sont donc bien plus récentes que les statues en granite qui datent de la mise en place du porche Sud au XVIe siècle.

Saint Paul (pignon Ouest de la chapelle Saint Jacques). Ces deux statues rescapées de la Révolution Française (où la collégiale devient salpétrière), possèdent dans leur socle un blason non lisible.
L'ensemble de ce monument constitue un élément majeur du patrimoine bâti et religieux de Rostrenen. Il est aussi un témoignage de la richesse passée de la ville et de sa baronnie.

NB: sources: patrimoine de Rostrenen, infobretagne. René Couffon: Répertoire des églises et chapelles du Diocèse de Quimper et de Léon, 1959. Mammenn: Marie Madeleine Le Pennec Le Bacquer.

jeudi 12 juillet 2018

Patrimoine de Rostrenen en Côtes d'Armor

Vestiges du "vieux Rostrenen" près de la collégiale ND du Roncier.



Les aménagements des dernières années dans le bourg de Rostrenen valorisent les parties anciennes de la ville comme ces pans de mur à proximité de la collégiale et qui correspondent aux limites de la ville primitive, construite autour de son château dont il est déjà fait mention au VIIe et IXe siècle (comme cette mort de Guillaume de Rostrenen en 834, au service de Louis le Pieux, dit aussi "le débonnaire".)
La collégiale correspond à l'emplacement de l'ancienne chapelle du château, une bâtisse plusieurs fois reconstruite au cours de l'Histoire et dont il reste encore quelques pierres dans les murs à proximité de la poste actuelle.

La fontaine construite en 1696 s'ouvre sur une surface empierrée. Elle mérite une visite. Le bassin et les canalisations ouvertes en granite taillé sont  sous le niveau actuel du sol. Deux escaliers de six marches en vis-à-vis permettent d'y descendre. Cette source correspond à un exhaure naturel du granite, une pierre très reconnaissable à ses énormes feldspaths potassiques et sur laquelle, la ville s'est développée au fil des siècles. A partir du XIe siècle, Rostrenen qui est un démembrement de la paroisse primitive de Plouguernevel, devient une baronnie importante. Les barons de Rostrenen siègeront au Conseil du Duc de Bretagne. Au début du XXe siècle, la collégiale sera le départ du fameux pardon des conscrits le 15 août de chaque année (messe basse dans l'église ND du Roncier à Rostrenen, grand-messe du pardon à Gwirmané en Perret et Vêpres à Quelven (c.de Guern,56).Le buste de ND du Roncier, réputé découvert dans un buisson d'épineux (qui a donné le nom rostrenenn en breton) va inspirer le peintre du groupe de Pont Aven, Filiger qui réside de 1906 à 1909 à Gouarec et qui réalise un tableau connu à partir de ce modèle sculpté.
NB: infobretagne, Patrimoine de Rostrenen et textes de MM. Le Bacquer.

samedi 7 juillet 2018

Poème

L'absence

L'expérience de l'absence est essentielle aux hommes
Dont la mémoire construit d'émouvantes séquences
Et malgré les oublis, sait préserver en somme
Les présences éphémères au coeur même de l'absence

"L'absence est à l'amour ce qu'est au feu le vent"
Dit le sage évoquant les passions amoureuses
"Il éteint le petit et allume le grand"
Ce feu des sentiments aux saveurs délicieuses.

Les roses de l'été s'épanouissent au jardin
Souvenir d'un parfum qui ne vieillira pas
Au présent éternel qu'importe le lendemain
Si tu vis de tes rêves, le temps t'épargnera!

Absence, encore absence, et la mémoire n'efface
Ni les fées qui s'en vont, ni leurs ombres qui passent...

NB: citation, dicton sur l'absence "L'absence est à l'amour ce qu'est au feu le vent, il éteint le petit et allume le grand": Roger Bussy Rabutin.

vendredi 6 juillet 2018

Lever de menhir à Saint Mayeux, Côtes d'Armor

Le 19 août prochain, lever de menhir par les procédés du Néolithique sur la lande de Porz Guillo-Ty Min à Saint Mayeux, Côtes d'Armor.

Pour lever un menhir de plusieurs mètres de hauteur et de plusieurs tonnes, l'archéologie expérimentale, à travers ses recherches et expérimentations diverses, propose une technique de levage  archéocompatible qui permet de mesurer le degré de technicité atteint par les hommes de cette époque (5000 à 2000 ans avant notre ère environ pour l'Armorique).
Cette activité implique une préparation assez lourde pour les bénévoles de l'association des "Chemins de l'Archéologie" de Plussulien, organisateurs de cette journée du 19 août. Après abattage de jeunes arbres préparés et transportés sur le site de montage des structures impliquées dans l'opération de levage du menhir (chêvre, échafaudage, leviers, rouleaux...), il faut encore monter les structures de bois qui seront utilisées dans l'opération de transport et de levage du monolithe en schiste (la pierre locale qui affleure un peu partout sur ces crêtes, limites entre Saint Mayeux et Caurel au Sud.)
La photo n°2 montre le début de construction de la structure qui servira à relever le menhir lorsqu'il faudra le glisser dans sa fosse de calage. La taille des opérateurs donne l'échelle de la structure (rondins de 2m50 de longueur sur 25-30cm de diamètre). A chaque croisement de tronc, il faut réaliser une encoche courbe. Mais pour une question de temps, les outils du néolithique ont été remplacés par les outils actuels (ceux du temps accéléré!!)
Vue de la structure principale terminée (elle fait 1m60 de hauteur). Elle sera ensuite numérotée pour être reconstituée au fur et à mesure du relevage du menhir, toujours maintenu dans sa position intermédiaire par cette structure de bois qui bloque le retour brutal de la pierre à l'horizontale en cas de rupture des cordages par exemple. Inutile de préciser qu'il faudra des bras le 19 août 2018 pour réaliser cette opération dans un endroit magnifique qui mérite d'être connu.

mardi 26 juin 2018

Chapelle de Rosquelfen en Bon Repos sur Blavet, Côtes d'Armor

Premier Juillet 2018, Pardon de la chapelle de Rosquelfen

Vue aérienne, printemps 2018. Photo M.Benech
Le premier dimanche de juillet de chaque année, les habitants de Rosquelfen entretiennent la tradition du pardon avec partie religieuse (messe, procession, tantad) et partie profane (vin d'honneur, repas). A cette occasion, les "Amis de la chapelle de Rosquelfen" donnent rendez-vous à ceux qui le souhaitent, à la salle de Bel Air où sera servi un repas. Une année sur deux, le repas est sur Gouarec. Rendez-vous le premier juillet à 12h30 pour ce moment convivial.
Dans le cadre des animations et ouvertures de la chapelle, un concert sera également programmé le 27 juillet et la veille des journées du Patrimoine (le 14 septembre) où la chapelle restera ouverte pendant les deux jours (15 et 16 septembre): confirmation par voie de presse.

dimanche 24 juin 2018

Patrimoine rural à Bon Repos sur Blavet, Côtes d'Armor

Au pays du schiste, des pressoirs à cidre imputrescibles!

Dans les affleurements schisteux du Dévonien, entre Gouarec et St Gelven, les anciennes fermes disposaient du matériau ardoisier, non seulement pour faire des murs, enclos ou dallages divers, mais aussi pour les bases de pressoir à cidre comme le montre la photo. Cette dalle d'environ deux mètres de côté et 10cm d'épaisseur (une tonne environ) est taillée dans sa masse avec une pente étudiée qui va vers la goulotte d'évacuation surplombant une cavité entièrement maçonnée dans laquelle un récipient recevait le jus de pomme. Ce genre d'installation fonctionnait dans le pays au XIXe siècle et pour certains, jusque la première guerre mondiale.

Ce dispositif est placé sur le lieu même d'extraction et de façonnage de la pierre principale sur laquelle  la motte de pommes est placée. Celle-ci est sans doute tenue par un cerclage de bois cylindrique et la pression est fournie sur la motte par un bloc de schiste d'épaisseur suffisante, c'est du moins l'hypothèse formulée par certains propriétaires de ces pierres. Celle qui est représentée ici est l'une des plus grandes connues avec un cercle ovalisé de 1m50 de diamètre dans l'axe de la goulotte et 1m44 à la perpendiculaire. Une de ces pierres taillées  montre un dispositif plus simple de gorge circulaire (manoir du Liscuis en Laniscat: famille Pochon, propriétaire) qui permet de s'affranchir d'une taille complète de la surface du cercle. (NB: agrandir les vues en cliquant dessus).

dimanche 17 juin 2018

Poème

Les fleurs du Printemps
Eclairant l'instant...

En saison de ciels pluvieux
La limitation du bleu
Orages aux pluies abondantes
Et célébration du vert
Le stacato du pic-vert
Hêtre au Bois du Barde 2018
La nature est bien vivante!

Beauté fraîche des rosiers
De ce jardin parfumé
Où s'étalent les couleurs
Le parfum du thym fleuri
Semis sauvages d'ancolies
Oh cette saison des fleurs!

Le coeur vivant bat toujours
Dans le jardin des amours
Où les fleurs jamais ne lassent
Est-ce le mien ou le tien?
Nos deux coeurs n'en font plus qu'un
Aux printemps qui naissent et passent

jardin de Rosquelfen au printemps

Il n'est pas besoin de dire
La puissance du souvenir
De ces instants d'autrefois
Ce langage de nos anciens
Les rires dont je me souviens
Et les larmes aussi parfois...

dimanche 10 juin 2018

Evolution du bâti rural sur Saint Mayeux, Côtes d'Armor

Le bâti rural ancien: l'exemple de Kerauter en Saint Mayeux, Côtes d'Armor

Dans la campagne du Centre Bretagne, des bâtiments  anciens, certains du XVI et XVIIe siècle, subsistent encore après avoir été restaurés. De nombreux exemples sont représentés dans les travaux de Jean Le Tallec sur le patrimoine rural bâti de notre région, en particulier sur Laniscat.


L'exemple de Kerauter en Saint Mayeux montre un aperçu du bâtiment principal d'une ferme à "escalier à tourelle" tel qu'il se présentait dans les années 1960. Cette photo extraite du dossier "Maisons paysannes sous l'Ancien Régime" permet de constater l'état avant restauration.


La seconde vue prise en 2018 montre l'évolution de la façade qui conserve sa polychromie. Les murs sont en schiste de type ardoisier avec grès-quartzites associés mais fortement minoritaires. Les entourages d'ouvertures peuvent présenter du granite que l'on trouve ici sur Saint Nicolas-du-Pélem (massif de Quintin). Dans ce village, certaines maisons présentent des entourages d'ouvertures en monoblocs de granite taillé, une forme d'encadrement d'ouverture très originale et nécessitant un gros travail de façonnage dans la roche.

 Cette façade (toujours à Kerauter) en cours de restauration montre la manière d'encadrer une porte en s'afranchissant des problèmes de linteaux avec "arcs de décharge"par usage de deux pierres en granite façonné formant un arc roman. Les deux ouvertures supérieures (droite) sont des monoblocs de granite, une façon plutôt rare d'encadrer des ouvertures.

Sources: dossier photographique "Maisons paysannes sous l'Ancien Régime", Jean Le Tallec. Dossier transmis par le CGHP de Carhaix
(Pierre Le Dour).

jeudi 7 juin 2018

Archéologie au Bois du Barde en Mellionnec (22)

Un vestige d'époque romaine dans les chemins creux du Bois du Barde à Mellionnec en Côtes d'Armor?...
Extrait de la carte IGN de Rostrenen n°718E à 1/25000
Dans un chemin creux bordé de magnifiques chênes et hêtres dont certains sont classés en "arbres remarquables", le randonneur attentif aperçoit une roche sur laquelle figure un cercle parfait (mesuré dans deux directions perpendiculaires, Nord-Sud et Est-Ouest = 51 cms). Cette roche est un granite leucocrate à muscovite assez proche de celui de Locuon (carrière qui a été exploitée par les romains pour les bâtiments de Vorgium, l'actuel Carhaix). La granulométrie de ce granite semble toutefois plus hétérogène (parties à grain grossier)au niveau des affleurements proximaux. Le bloc était stocké sur un talus et a glissé progressivement par son poids dans le chemin creux.

Sur cette vue prise de dessus et à l'aplomb de la roche, on découvre un cercle gravé parfait  délimitant une surface curieusement bombée (convexe)  (?)
En regardant de plus près, il est possible de voir à deux endroits, un creusement plus important de ce cercle, comme si le tailleur avait voulu dégager un cylindre de 51 centimètres de diamètre. S'agit-il d'une ébauche d'élément de colonne comme on peut encore le voir aujourd'hui dans la carrière de Locuon? Allons voir dans cette carrière d'un peu plus près les blocs taillés encore en place.


Sur cette  troisième vue, à droite et à gauche, l'ébauche d'une forme cylindrique, ébauche abandonnée en cours d'exécution...

(cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Pierres taillées abandonnées dans la carrière de Locuon







Dans la partie basse de la carrière de Locuon, ces pierres taillées (qui "amassent mousse"!) abandonnées depuis des siècles permettent quelques observations: le bloc du premier plan en ébauche de cylindre couché fait exactement le même diamètre que celui du "Bois du Barde": 51 centimètres (sans la mousse!) et le bloc cylindrique  en arrière-plan fait un diamètre de 65 cms. Qu'en pensent les archéologues? la question est posée...