Libellés

vendredi 5 juillet 2019

Mobilier de la chapelle du Crann à Spézet, Finistère

Un dais-retable polyptyque dans la chapelle du Crann à Spézet (29)

Pour comparer les usages de polychromie du XVIe siècle avec la réalisation faite par les bénévoles de la chapelle de Rosquelfen en Laniscat, il est intéressant de regarder le dais-retable de la vierge situé dans le choeur de la chapelle du Crann, très connue des gens du pays pour son célèbre pardon et sa motte de beurre qui était autrefois, partagée entre les paroissiens à l'issue du pardon  le dimanche de la Trinité (16 juin en 2019).
Il s'agit d'un dais quadriptyque dont il ne reste en place que les deux portes des panneaux latéraux; les portes de devant ne sont plus visibles sur ce dais. Leur poids considérable (l'épaisseur nécessaire à la sculpture des bas-reliefs dans la masse devait peser sur les gonds) est sans doute  une  des raisons de leur retrait avec également, le manque de place pour les maintenir ouvertes. On observe sur cette vue que la vierge n'est pas en bleu dominant, contrairement à N.D. de Bon Secours à Rosquelfen, mais en rouge et or; le rouge étant une couleur assez fréquente et  surtout destinée aux martyrs dans l'iconographie religieuse de cette époque.
Ci-dessous, un texte que l'on trouve à proximité et dans la chapelle du Crann qui renseigne le visiteur de passage.








Sur cette dernière photo, certains ont vu les portes manquantes du dais retable encadrant la statue polychrome de Saint Laurent. En réalité ce n'est pas si évident car ces deux panneaux représentent quatre épisodes de la vie de Saint Laurent et pourraient bien constituer les restes d'un  autre meuble:  un dais pour  la protection de cette statue
(cliquer sur les images pour les agrandir).
Autres éléments majeurs dans cette chapelle: les vitraux d'époque (XVIe) parfaitement conservés et classés depuis 1902.

mardi 25 juin 2019

Chapelle de Rosquelfen en Laniscat 22570 Bon Repos sur Blavet

Pardon de la chapelle de Rosquelfen le 7 juillet 2019

Le premier dimanche de juillet correspond à la date annuelle du pardon de la chapelle de Rosquelfen, et cette année, c'est le 7 juillet. Cérémonie religieuse avec procession et tantad à partir de 10h30. Autrefois, la statue de Notre Dame de Bon Secours était portée en procession par des femmes,  mais aujourd'hui cette statue est portée par des hommes jusqu'au lieu du tantad, à proximité du grand calvaire de mission. Cette cérémonie est suivie d'un pot de l'amitié sur place puis d'un repas à la salle des fêtes de Laniscat (12€ pour un adulte et moitié prix pour un enfant).
Cette journée festive est toujours très suivie par les habitants du pays qui tiennent à cette très ancienne tradition. Elle permet aux familles de se rencontrer et de suivre l'évolution des travaux de restauration. Ceux-ci sont en mode "pause" depuis 2018 mais devraient s'achever bientôt. Pour cette dernière tranche de travaux qui comporte le berceau de la voûte de la nef et le porche d'entrée Sud, les bénévoles de l'association des "Amis de la Chapelle de Rosquelfen" s'activent encore pour des actions ponctuelles et la recherche de dons (voir dépliants de la Fondation du Patrimoine à l'entrée de la chapelle et conditions de la réduction fiscale pour chaque don).

mercredi 19 juin 2019

Archéologie expérimentale au Liscuis: Bon Repos sur Blavet 22570

Abattage d'un arbre de grande taille par les moyens du Néolithique: ouverture au public le samedi 29 juin 2019 au Liscuis: au début du chemin menant aux allées couvertes à partir de la route qui va au manoir du Liscuis à Bon Repos.

Cette animation fait suite et achève une phase d'archéologie expérimentale menée par des archéologues et chercheurs de Rennes. Si l'abattage d'un arbre jeune, d'une trentaine de centimètres de diamètre est réalisée en quelques heures avec des haches en métadolérite de Quelfenec, le chantier n'est plus le même avec un vieux chêne d'un mètre de diamètre! Les techniques utilisées diffèrent ou du moins la procédure d'abattage n'est plus la même et c'est ce que viennent expérimenter au Liscuis les chercheurs en archéologie.

mercredi 12 juin 2019

Poème

A Saint Ignace, un loup...

Aurais-je donc rêvé le loup de Saint Ignace
Près de la source vive, à l'ombre des vieux chênes
Au coeur de la forêt où la mémoire m'entraîne
Instants de temps figés où se perdent nos traces?
Chapelle de St Ignace au coeur de Quénécan

Je n'ai pas oublié les ombres du sous-bois
Les rayons lumineux sur les amas de pierres
Nos coeurs à l'unisson et le grand manteau vert
Des mousses et des fougères amortissant nos pas

Un léger souffle d'air anime les grands hêtres
Et sous leurs branches basses, sortant de la pénombre
Une ombre noire dressée en silhouette sombre
Traverse cet endroit où l'étrange me pénètre
Stèle gravée à la macle de Rohan

Je passe encore parfois dans le sous-bois perdu
Poursuivant le chemin des amants égarés
Je retrouve la stèle à surface gravée
Gardienne des secrets d'un passé révolu

La mémoire alimente la force qui nous mène
Et impose aujourd'hui les chemins de son choix
Le hasard ne peut rien et rien ne changera
En éternel printemps les saisons qui s'enchaînent.

samedi 8 juin 2019

Patrimoine vestimentaire du pays Fañch

Le dernier costume de ville porté dans le Fañch diazou, région entre Gouarec et Saint Nicolas-du-Pélem (Côtes d'Armor).
 Les gens de Gouarec qui sont nés avant 1950 se souviennent sans doute des costumes portés par les femmes du pays Fañch, un costume sans couleur, totalement noir mais parfois très richement brodé.
Costume féminin, pays Fañch

PJ:Grand châle de dos
Sur ce mannequin de couturier (sans tête et donc sans coiffe), on peut voir le tablier brodé sans devancier et le grand châle noir brodé dont la mise en place est tout un art!
Vu de derrière, il est possible d'admirer le travail de broderie, une signature du rang social de la personne qui le portait. Ces pièces de costume sont aujourd'hui exceptionnelles et rarissimes. Elles représentent une partie du patrimoine vestimentaire de la première moitié du XXe siècle et demeurent les témoins de cette époque.
La femme en costume Fañch est représentée à Gouarec sur le monument aux morts de la commune situé à proximité immédiate de l'église en cours de restauration (réalisation Le Bozec).

coiffe Fañch diazou.Photo Sohier



Un anachronisme toutefois dans ce monument pour les gouarécaines: les sabots de bois! Ce costume était porté avec des chaussures de ville et non des sabots de bois comme le soulignaient autrefois les anciennes du pays.
La dernière mode ou coiffe portée dans le Fañch diazou est ici vue de derrière (photo extraite de carte postale). La dénomination Fañch viendrait de cette mode dite "fanchon" où les cheveux sont apparents dans un chignon sous la coiffe, une mode qui s'arrête(lorsque l'on vient de Caurel) à Plouguernevel où l'on entre dans le terroir fisel.
NB: sources, photos PJ, pour la coiffe: Sohier: ACSP de Saint Nicolas du Pélem

dimanche 2 juin 2019

Patrimoine de Saint Aignan en Morbihan

Au coeur de la forêt de Quénécan, la chapelle Saint Marc (Saint Aignan):

Lorsque l'on prend la route du Gouvello (Sainte Brigitte) à Saint Aignan, un peu après le village de Lanmeur, une pancarte récente indique la chapelle de Saint Marc au bout d'une petite route à gauche. Cet endroit mérite une visite et pas seulement pour la chapelle qui ressemble à celle de Saint Ignace plus à l'Ouest, mais pour l'environnement boisé exceptionnel. La chapelle est en effet construite sur le flanc Est de la butte Saint Marc qui a protégé les arbres des grandes tempêtes du XXe siècle (dont celle de 1987 qui avait ravagé une partie de la forêt).
 Le visiteur peut donc admirer à cet endroit les chênes et hêtres pluricentenaires pour certains, dans un décor magnifique et sur le relief Briovérien du fameux "crochon" de Quénécan, un pli anticlinal dont le coeur Briovérien* part de l'étang du Fourneau en passant par Saint Ignace et Saint Marc.
Cette chapelle date de 1689 si on se réfère à la date inscrite sur l'entrée Ouest. Elle aurait été reconstruite au XIXe (Patrimoine de Saint Aignan: infobretagne). Au dessus de la porte Ouest, une pierre gravée correspond au blason de la famille de Rohan avec ses 9 macles caractéristiques (cliquer sur la photo pour l'agrandir).
Les habitants du pays parlent également d'une fontaine  mais qui reste encore à localiser. Un beau ruisseau coule en effet à proximité et une source apparait également en bout de route, à l'arrivée sur le site.
Autour de la chapelle Saint Marc...
*Briovérien: étage géologique antéprimaire ou Paléozoïque, composé ici de schistes gris. Pour le Briovérien supérieur: autour de 600 à 540 Ma.

dimanche 26 mai 2019

Succès de la Carte Blanche du 26 mai à Sainte Brigitte, Morbihan

Voir sur kosterc'hoad-pj (ou taper kostarhoad-pj.blogspot.com), l'article sur cette journée où plus de 150 personnes se sont déplacées pour visiter cette exposition aussi rare que remarquable, avec la participation de gens du pays, collectionneurs, musiciens et connaisseurs des  costumes traditionnels. C'est un succès qui confime l'intérêt des habitants pour leur patrimoine, y compris vestimentaire qui fait partie de l'Histoire et offre une fenêtre intéressante sur les traditions et coutumes d'une époque qui est celle de nos parents et grands-parents, finalement pas si éloignée de nous...

mercredi 15 mai 2019

Carte Blanche à Ste Brigitte, Morbihan, le 26 mai

 Dimanche 26 mai – de 10 h à 18 h
Malachappe – Route des Forges – Sainte-Brigitte
 " Intérieur et costumes bretons "

Le 26 mai prochain, les Cartes blanches vont participer à l’édition 2019 de la Fête de la Bretagne (Gouel Breizh) grâce à Jean-François Le Dantec qui a restauré la maison de ses grands-parents brigittois, tout en conservant l’authenticité de son aménagement intérieur.
La demeure sera donc ouverte aux visiteurs et offrira divers éléments en lien avec l’histoire et la culture bretonne de la commune : costumes, coiffes et tabliers brigittois seront exposés montrant les différentes influences des pays limitrophes de ce carrefour (Fanch, Pontivy, Pourlet), ainsi que des photos de Brigittois portant ces costumes. Les ouvrages en langue bretonne écrits par Herri ar Borgn (Henri Le Borgne), également originaire de Sainte-Brigitte, pourront être consultés au son du Kost ar c'hoat, danse locale.
De nombreux autres costumes bretons riches en couleurs et motifs, appartenant à la collection de Jo Guillemin, feront aussi l’admiration des visiteurs.
Gratuit, ouvert à tous. Boissons et gâteaux bretons bienvenus.
NB: ce texte est celui diffusé par l'association les Cartes Blanches de Sainte Brigitte, organisatrice de cette journée.

dimanche 12 mai 2019

Poème

Le tout et le rien!

Tout est dit dans le rien
Ce rien qui dirait tout!
"Je veux tout sinon rien!"
Et ce rien n'est pas tout!
C'est bien ce tout ou rien
Qui m'étonne après tout.
Faire de ces petits riens
La structure d'un grand tout
Car entre tout et rien
Il se murmure partout
Que demain ne sait rien,
Et l'on ne sait pas tout:
La raison ne peut rien
Face au coeur qui peut tout!

lundi 6 mai 2019

 propos du Kersanton

Le Kersanton, une roche bretonne appréciée des sculpteurs!

Un internaute s'étonnait récemment du constat que des roches bien connues en Bretagne comme la granodiorite de Plélauff (22) ou le Kersanton finistérien puissent avoir des aspects (grains, couleurs...) différents d'un bâti à l'autre tant la zone d'exploitation de ces roches est géographiquement limitée... Et bien comme on trouve un faciès sombre (ou mélanocrate comme la monzonite) aussi bien que la diorite quartzique (leucocrate ou claire) à Plélauff, on trouve selon Louis Chauris* quatre faciès de Kersanton ou Kersantite. En effet selon la composition minéralogique de la roche, la couleur peut varier d'un noir verdâtre à un gris bleuté. Le grain plus ou moins fin de la roche peut également en modifier l'aspect.
Calvaire (1602-1604) de Plougastel-Daoulas
La Kersantite est composée de plagioclases (oligoclases) qui sont des feldspaths, de biotites qui sont des micas noirs, avec présence également d'augite, d'olivine, d'apatite et d'amphiboles (hornblende) et en quantité plus faible, de quartz et traces de fer, calcite. Cette richesse en minéraux ferromagnésiens la distingue d'une roche comme le granite. La roche de Kersanton n'est donc pas un granite mais un lamprophyre. Il s'agit d'une roche magmatique qui s'injecte sous forme de filons proches de la côte pour les principaux endroits d'extraction (elle peut aussi se présenter sous forme de dyke lorsqu'elle recoupe les roches encaissantes) . Ainsi le faciès "Kersanton" se trouve sur Loperhet. De couleur noir-verdâtre, c'est le faciès le plus tendre, même si comme tous les autres, il durcit à l'air (lorsqu'il a été extrait du filon d'origine). Le faciès "Rosmorduc" vient de Logonna-Daoulas. C'est un faciès gris foncé, presque noir à grain très fin et très dur. Le faciès "Pointe du château" vient également de Logonna-Daoulas et est également très dur. Son faciès est gris bleuté à grain fin. Le faciès "Rhun" de L'Hopital-Camfrout est gris bleu à gris-vert à grain moyen et de bonne tenue à l'altération. La dernière carrière en activité dans ce faciès est celle de "Rhun Vras" qui a été fermée en 2004. Sur la photo qui donne un exemple de l'usage du Kersanton pour la sculpture, on observe également l'effet recherché de polychromie entre le Kersanton sombre et la pierre de Logonna jaune (appelée aussi Pierre du Roz, une microdiorite quartzique).
*Louis Chauris: UBO-CNRS. Publication 2010; Société Archéologique du Finistère. Le Kersanton, une roche bretonne.

jeudi 2 mai 2019

Poème

Rêver ma muse!


Etais-je prince des korrigans
Bon Repos, l'écluse, avril 2019
Dans ce royaume imaginaire?
Te souviens-tu des sons vibrants
Et leurs partitions légendaires?

Aujourd'hui chantent les ruisseaux
Les sources claires et leurs sanglots
Estompés par l'humeur des vents
J'ai dans le corps, le poids des ans

Je suis le passant d'un autre âge
Contemplatif de ces merveilles
Qu'allume un doux soleil vermeil
Dans le temps long des hommes sages

Vallée du Daoulas, rive gauche, avril 2019
Je laisse encore toutes paroles
S'envoler en éclats grisants
Ces braises rouges de mots brûlants
Qui désormais souvent s'étiolent

Où est la fée de mes collines,
L'étrange muse émerveillée
La dame blanche dont j'imagine
Les secrets enfin dévoilés?

Un écho soudain me suggère
Une présence inattendue,
Sans doute un rêve qui continue
Dans mon royaume de l'éphémère?


samedi 27 avril 2019

Les chemins de l'archéologie en 2019 à Plussulien (22)

Formation sur le thème "Alimentation préhistorique" le 16 avril dernier pour les membres de l'association "Les chemins de l'archéologie" de Plussulien, Côtes d'Armor.

Poisson dans son enveloppe de terre
Cette journée de formation était encadrée par le CPIE -Val de Vilaine, un organisme qui dispose d'agents qualifiés dans l'archéologie expérimentale (appelés aussi modérateurs en archéologie). Elle était destinée aux adhérents de:  "Les Chemins de l'archéologie", qui animent chaque année les événements autour du Musée archéologique de Plussulien (les visites commentées, les visites du site ou carrière néolithique de Quelfenec, et les différentes activités proposées en été pour les visiteurs, souvent des familles avec des enfants).                                                                                                                                   L
Poisson prêt à cuire

La première vue montre la première étape de la formation à la cuisine préhistorique avec la mise en place d'un poisson préalablement vidé, dans une enveloppe de terre de potier, en vue d'une cuisson au feu de bois. La seconde vue montre la préparation terminée avec l'enveloppe de terre qui recouvre complètement le poisson.

Cuisson des poissons au feu de bois

Sur cette troisième vue, on remarque les préparations qui entourent le feu à une distance suffisante pour la cuisson des poissons sans faire éclater la terre, ce qui serait le cas si les préparations étaient placées directement dans les flammes ou la braise.

Dégustation après cuisson: un régal!




Cette formation englobait aussi la réalisation de poteries dans les formes et le style d'ornementation du Néolithique, ainsi que le broyage de grains à la meule à main et la réalisation de galettes associant également l'usage de noisettes broyées et de miel. Certaines recettes proposées seraient tout-à-fait présentables dans un restaurant étoilé! Autre expérience en cuisine, la cuisson de sardines sur potence (mode fumage). En dehors de la cuisine, plusieurs autres activités ont été abordées comme le tir au javelot avec propulseur. Le propulseur, déja présent au Magdalénien démultiplie la force du jet et rend le javelot très efficace.
Prochaine animation programmée par "Les chemins de l'archéologie": les 28 et 29 juin prochain sur le thème de l'abattage d'arbres au Néolithique (sans doute près de Bon Repos, voir la presse et les points d'informations touristiques). NB: pour agrandir les vues, cliquer dessus.

vendredi 12 avril 2019

Le mell beniget ou mel zantel: "maillet béni" en Bretagne

A propos du "mell beniget" ou "mel zantel": le" maillet béni" en Bretagne...
Mel beniget de Caurel en 2018


Que n'a-t-on pas entendu et lu sur cet objet sacré, assimilé à un rite barbare, vestige d'une époque "celtique" décrite par les Romains avec toute la partialité du vainqueur dont l'habitude est de transformer ses adversaires (les druides) en sauvages sanguinaires! Cette image et cette version romaine vont perdurer avec les auteurs du XIXe siècle.
Ainsi pour Joseph Loth, linguiste et historien né à Guémené-sur-Scorff en 1847 (mort à Paris en 1934), "la massue bénie était un instrument servant à abréger la vie des vieillards qui contrariaient leurs héritiers en s'obstinant à vivre, ou encore les inutiles, impotents ou estropiés..."
Le site www.persee.fr fait état des études de M. Aveneau de La Grancière qui fait une description de cet objet particulier: un "boulet de granite" légèrement sphérique de 42cm de circonférence et 3kgs environ, recouvert d'une patine rougeâtre foncée (souvent un indice de chauffe, la chaleur modifiant la teinte de la roche en rouge).
Le "mell" en breton signifie boule, balle et "mel" signifierait plutôt maillet. L'orthographe varie ainsi selon les auteurs: mailh, mael, horz (ou morzh pour "marteau"). Sous le titre  "Traditions et légendes au pays d'Armor. La massue sacrée ou mael beniget", un texte en fait la description dans le Bulletin de l'Association Bretonne, en 1900 (Société Polymathique du Morbihan: P.18).
Chez les auteurs du XIXe siècle, une époque où le religieux s'accomode mal de la persistance de rites associés au paganisme, on trouve le texte à sensations fortes de Cayot-Delandre en 1847. Ce celtomane évoque le site de Mané-Guen en Guénin et l'action des druides qu'il décrit frappant les vieillards "lassés de la vie"! Certains archéologues vont s'intéresser à cet objet comme Zacharie Le Rouzic qui parle du marteau béni de Carnac. M. Mahé de Locmariaquer signale en 1892 l'existence d'un "maillet béni": objet en dolérite de 44cm de circonférence et de 4,1kg. En 1906, une hache en métadolérite conservée à Corseul était empruntée "pour que les agonisants puissent l'embrasser au moment de mourir". Son dernier propriétaire s'est fait enterré avec elle. Des témoignages de ce type existent aussi dans les îles britanniques et semblent démontrer que cet objet à très haute charge symbolique n'avait rien d'un instrument de mort mais beaucoup plus d'un "viatique". L'article paru dans le Télégramme du 25 mars 2012 va dans ce sens. Dans cet article, le "maillet béni" ou "mael beniget" servait à un rituel autour des agonisants. Ce rituel fait encore l'objet de nombreux débats. Et l'auteur d'indiquer: "Il semble que cet objet légendaire soit porteur d'un très ancien symbolisme".


Photo n°1: Adrien Maho. 11/2016.Photo Daniel Giraudon

Sur le site bcd.bzh (L'Ankou en Basse-Bretagne), une photo de Daniel Giraudon (du 11/2016) montre un habitant du village de Saint Adrien, canton de Bourbriac (Monsieur Adrien Maho: photo 1), près de la chapelle Saint Barthélémy, tenant un "mel beniget" dans sa main droite, ce qui donne une idée de sa taille.

Dans les différents textes sur ce sujet, on retrouve souvent des sites du Morbihan comme Locmeltro. Il est question aussi du rite de Caurel pour lequel une description  indique que le "maillet béni" était en bois et gardé dans le creux d'un if du cimetière. On peut donc penser que le mel beniget actuel en granite conservé dans l'église n'est pas le plus ancien de cette paroisse située sur la rive gauche du Blavet, au Nord du lac de Guerlédan.
"Mel beniget" de Caurel conservé dans l'église, photo 2018


Daniel Giraudon, né à Binic, gallésant et bretonnant, ancien professeur à l'UBO, chercheur au CRBC de Brest, Docteur en Ethnologie, Prix Claude Seignolle 2012 pour le livre "Sur les chemins de l'Ankou", livre une interprétation intéressante: Il fait le rapprochement entre l'Ankou et Sucellos, dieu gaulois au maillet, à partir de l'expression bretonne "Morzholig an Ankou" (Le petit marteau de la mort), qui est aussi le nom de la vrillette, cet insecte dont les coups dans le bois sont un intersigne funeste! Ce maillet béni est donc un élément de croyance mais aucun témoignage à ce jour ne l'a mis dans les mains de l'Ankou.
En conclusion et pour résumer les contributions sur ce sujet et en particulier celle de Daniel Giraudon, il s'agissait de mettre fin à la longue agonie d'un moribond en lui posant sur le front (ou en lui faisant embrasser), une pierre ovoïde conservée dans un sanctuaire religieux. Certains ont voulu y voir le souvenir ancien d'une forme d'euthanasie, mais ne s'agirait-il pas plutôt d'un rite de passage destiné à faciliter le départ de l'âme plutôt que d'aider le corps à mourir? On peut aussi se demander si, accompagné du geste, la force de la croyance parmi le peuple ne suffisait pas à produire l'effet souhaité, c'est-à-dire une mort douce, un peu comme l'extrême onction pratiquée par l'église? Il est assez surprenant de voir le degré d'intérêt et l'attention portés encore aujourd'hui à ces objets rares   soigneusement conservés dans les édifices religieux et considérés comme éléments du patrimoine sacré, entrés pleinement dans l'Histoire.

mardi 9 avril 2019

Sculpture et temps à Rosquelfen

Le temps: pour ceux qui douteraient de son existence...

Le passé



Début du printemps, en avril 2011. Sculpture en châtaignier (allégorie de la lutte du bien et du mal), appliquée sur un tronc de merisier (en 2010).
La haie de cyprès que l'on devine derrière a été plantée en 1963 et définitivement coupée en 2012.






Le présent:
Avril 2019, la même sculpture au même endroit. Le lierre a produit un abri naturel qui protège la sculpture des pluies fréquentes. Une pellicule de mousse fine commence à colorer la sculpture.




Avril 2019: détails
Le lierre prend une allure d'arbre qui sert d'abri aux oiseaux (un bel endroit pour faire des nids!

jeudi 4 avril 2019

Chapelle de Rosquelfen en Bon Repos sur Blavet , Côtes d'Armor

Dernière tranche de travaux à la chapelle de Rosquelfen, Bon Repos sur Blavet 22570

Porche Sud et calvaire: chapelle de Rosquelfen en 2019
Sur cette vue, on distingue la nouvelle toiture en ardoises du Liscuis, ardoises montées à "pureau décroissant" (ce qui est visible par une réduction de la taille des ardoises en montant vers le sommet de la toiture terminée par le lignolet).L'entrée du porche a subi un affaissement des piliers qui doivent être redressés dans leur position d'origine. Cette tranche de travaux dont l'appel d'offres est lancé par le maître d'ouvrage (mairie) englobe aussi la restauration et mise en place du berceau de la voûte interne. Les bénévoles de l'association des Amis de la chapelle de Rosquelfen poursuivent leurs travaux et collectages de dons. Plusieurs animations sont prévues en 2019 dans et/ou pour la chapelle, comme un fest-noz à Laniscat le 15 juin prochain, le pardon du 7 juillet, une exposition de peintures-sculptures entre le 28 juillet et le 4 août ainsi que les journées du patrimoine en septembre (deux jours d'ouverture de la chapelle si les travaux le permettent).