Le ruban de Moebius
Le sentier emprunté parfois
Est bien différent au retour
Pourtant les jours ne changent pas
Les nombreux chemins qui m'entourent
Alors j'avance, je crois, sans fin
Sous un ciel aux nuages bas
Dans l'aube pâle de ces matins
Liscuis, Daoulas guident mes pas.
Je suis parti, c'était hier
Puis revenu depuis longtemps
Au pays habillé de vert
Où j'apprivoise le temps présent
Dans le jardin où tu t'attardes
Fragile rose de velours
Belle éphémère, je te regarde
Dans l'automnale splendeur du jour
Tu es la fleur pourpre et vermeil
Qui donne à l'instant sa couleur
Avant l'hiver au long sommeil
Je te sens battre comme un coeur
Ruban sans fin du temps qui file
Sur ta surface au seul côté
Dans le futur qui se profile
Des roses encore et parfumées!...
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lundi 11 novembre 2019
jeudi 7 novembre 2019
Découvertes archéologiques en Côtes d'Armor
La découverte de Trémuson en Côtes d'Armor
Au cours des travaux de recherche dans une habitation gauloise du IVe au 1ier siècle avant notre ère, sur le site de "La Morandais"en Trémuson, l'INRAP annonce le 25 octobre dernier une découverte exceptionnelle et historique (Télégramme n°23110, Ouest-France du 25/10). Il s'agit de 4 sculptures gauloises vieilles de deux millénaires avec également un seau de banquet ou de table ouvragé et parfaitement conservé.
Dans les quatre sculptures, on trouve le buste d'un personnage important (la présence d'un torque sculpté en atteste), en pierre (indéterminée au moment du point-presse) et de 40cm de longueur pour 15 de largeur, pour un poids de 11kg. Cette découverte importante s'ajoute à d'autres dans le Massif Armoricain et notamment celle du "barde", "l'homme à la lyre" découvert lors des fouilles du célèbre site de Saint Symphorien en Paule, près de Glomel.
Il existe 26 sculptures de ce type en France, un chiffre qui témoigne de la rareté de ces découvertes.
Cette sculpture intrigue par le traitement qui lui a été réservé car en effet, elle a été découverte dans une fosse taillée à sa mesure et face contre terre (voir photo 2).
Cette photo INRAP prise à la verticale de la fosse d'enfouissement de la sculpture montre bien un acte délibéré, mais pourquoi dans cette position, face vers le fond de la fosse? Les trois autres sculptures, plus petites sont trouvées au fond d'un puits comblé, et c'est dans ce même puits qu'est découvert, à 6m de profondeur, un seau de banquet en bois garni de bronze ouvragé; une pièce exceptionnelle aussi bien par sa rareté que par son état de conservation.
Ce seau en bois cerclé et rehaussé de bronze ouvragé correspond selon les experts de l'INRAP à une oeuvre majeure de l'art celte. Â ces découvertes, il faut ajouter les nombreux fragments d'amphores qui indiquent une consommation de vins d'Italie et d'Espagne, ainsi que des trous de poteaux et tranchées de fondations qui donnent la mesure de l'importance des bâtiments de cette habitation (bâtiments d'une centaine de m2 chacun).
Ref: Stéphane Bourne: archéologue responsable scientifique des fouilles de La Morandais en Trémuson.
Yves Menez: Conservateur Régional de l'Archéologie, DRAC de Bretagne.
Claude Le Potier: Directeur de l'INRAP-Grand Ouest.
Au cours des travaux de recherche dans une habitation gauloise du IVe au 1ier siècle avant notre ère, sur le site de "La Morandais"en Trémuson, l'INRAP annonce le 25 octobre dernier une découverte exceptionnelle et historique (Télégramme n°23110, Ouest-France du 25/10). Il s'agit de 4 sculptures gauloises vieilles de deux millénaires avec également un seau de banquet ou de table ouvragé et parfaitement conservé.
Dans les quatre sculptures, on trouve le buste d'un personnage important (la présence d'un torque sculpté en atteste), en pierre (indéterminée au moment du point-presse) et de 40cm de longueur pour 15 de largeur, pour un poids de 11kg. Cette découverte importante s'ajoute à d'autres dans le Massif Armoricain et notamment celle du "barde", "l'homme à la lyre" découvert lors des fouilles du célèbre site de Saint Symphorien en Paule, près de Glomel.
Il existe 26 sculptures de ce type en France, un chiffre qui témoigne de la rareté de ces découvertes.
Cette sculpture intrigue par le traitement qui lui a été réservé car en effet, elle a été découverte dans une fosse taillée à sa mesure et face contre terre (voir photo 2).
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| Photo n°2: INRAP |
Cette photo INRAP prise à la verticale de la fosse d'enfouissement de la sculpture montre bien un acte délibéré, mais pourquoi dans cette position, face vers le fond de la fosse? Les trois autres sculptures, plus petites sont trouvées au fond d'un puits comblé, et c'est dans ce même puits qu'est découvert, à 6m de profondeur, un seau de banquet en bois garni de bronze ouvragé; une pièce exceptionnelle aussi bien par sa rareté que par son état de conservation.
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| Seau de table: photo n°3: Emmanuelle Collado-INRAP |
Ce seau en bois cerclé et rehaussé de bronze ouvragé correspond selon les experts de l'INRAP à une oeuvre majeure de l'art celte. Â ces découvertes, il faut ajouter les nombreux fragments d'amphores qui indiquent une consommation de vins d'Italie et d'Espagne, ainsi que des trous de poteaux et tranchées de fondations qui donnent la mesure de l'importance des bâtiments de cette habitation (bâtiments d'une centaine de m2 chacun).
Ref: Stéphane Bourne: archéologue responsable scientifique des fouilles de La Morandais en Trémuson.
Yves Menez: Conservateur Régional de l'Archéologie, DRAC de Bretagne.
Claude Le Potier: Directeur de l'INRAP-Grand Ouest.
vendredi 1 novembre 2019
Minéralogie en Bretagne
L'aigue-marine, le béryl bleu, talisman des marins.
Dans un article rédigé sur ce blog le 9 décembre 2016, je parlais de l'émeraude, ce magnifique béryl vert, le seul dans la famille du béryl à bénéficier de l'appellation "Pierre Précieuse". Dans cette même famille, on trouve l'aigue-marine, assez fréquente en Bretagne: carrière de la Lande à Plumelin (56), à La Villeder (56), Orvault (44), Coray (29), Crozon (29), et dans les endroits où l'on trouve des filons de pegmatite, liés aux granites, ce qui fait pas mal de sites potentiels!
Classée "Pierre Fine" et non "Précieuse" ou "semi-précieuse" (un terme supprimé et interdit depuis des années), elle est transparente à translucide, voir semi-opaque et doit sa couleur au fer ferreux et fer ferrique présents dans sa structure. Ce cyclosilicate appartient au système cristallin hexagonal (classification de Strunz) avec formule: Be3Al2Si6O18, dureté 7,5 à 8,(Mohs) indice de réfraction:1,56 à 1,59, uniaxe négatif et nettement pléochroïque.Sa densité varie de 2,68 à 2,91. Elle est parfois confondue avec la tourmaline bleue (elbaïte et/ou indicolite) mais celle-ci est rhomboédrique.Les principaux gisements mondiaux se situent au Brésil (Marambaia, Santa-Maria...) en Afghanistan, Madagascar, Pakistan, Sibérie...
Sa couleur "eau de mer" étymologiquement, en a fait sans doute ce talisman protecteur pour les marins et par extension pour tous les voyageurs. Son nom figure dans des textes romains mais aussi dans "L'Apocalypse de Saint Jean" (évoquant une base de mur en béryl).
Dans cette famille du béryl, il existe aussi d'autres pierres fines comme l'héliodore jaune (présence de fer), la morganite rose à orange (présence de lithium et de césium), la goshénite (incolore), la bixbite rouge (présence de manganèse).Rappelons au passage que le chromofore responsable de la couleur "vert émeraude" dans l'émeraude est le chrome.
Sources: "Les minéraux": E.Asselborn, P.J.Chiappero, J.Galvier 1987 "coll: Le Guide Vert.
Dans un article rédigé sur ce blog le 9 décembre 2016, je parlais de l'émeraude, ce magnifique béryl vert, le seul dans la famille du béryl à bénéficier de l'appellation "Pierre Précieuse". Dans cette même famille, on trouve l'aigue-marine, assez fréquente en Bretagne: carrière de la Lande à Plumelin (56), à La Villeder (56), Orvault (44), Coray (29), Crozon (29), et dans les endroits où l'on trouve des filons de pegmatite, liés aux granites, ce qui fait pas mal de sites potentiels!
Classée "Pierre Fine" et non "Précieuse" ou "semi-précieuse" (un terme supprimé et interdit depuis des années), elle est transparente à translucide, voir semi-opaque et doit sa couleur au fer ferreux et fer ferrique présents dans sa structure. Ce cyclosilicate appartient au système cristallin hexagonal (classification de Strunz) avec formule: Be3Al2Si6O18, dureté 7,5 à 8,(Mohs) indice de réfraction:1,56 à 1,59, uniaxe négatif et nettement pléochroïque.Sa densité varie de 2,68 à 2,91. Elle est parfois confondue avec la tourmaline bleue (elbaïte et/ou indicolite) mais celle-ci est rhomboédrique.Les principaux gisements mondiaux se situent au Brésil (Marambaia, Santa-Maria...) en Afghanistan, Madagascar, Pakistan, Sibérie...
Sa couleur "eau de mer" étymologiquement, en a fait sans doute ce talisman protecteur pour les marins et par extension pour tous les voyageurs. Son nom figure dans des textes romains mais aussi dans "L'Apocalypse de Saint Jean" (évoquant une base de mur en béryl).
Dans cette famille du béryl, il existe aussi d'autres pierres fines comme l'héliodore jaune (présence de fer), la morganite rose à orange (présence de lithium et de césium), la goshénite (incolore), la bixbite rouge (présence de manganèse).Rappelons au passage que le chromofore responsable de la couleur "vert émeraude" dans l'émeraude est le chrome.
Sources: "Les minéraux": E.Asselborn, P.J.Chiappero, J.Galvier 1987 "coll: Le Guide Vert.
mercredi 23 octobre 2019
Poème
Les vieux
Le dos parfois se courbe et le geste est moins sûr
La lumière au regard vient remplacer la flamme
Car vous avez vécu, votre corps le proclame
Dans vos yeux fatigués se reflète l'azur
Silencieux, solitaires, et d'un pas hésitant
Vous empruntez encore les anciens chemins creux
Gravissant la colline sous un ciel nuageux
Dans la faible lumière de ce jour déclinant
Vénérables anciens, à l'abri des vieux murs
Vous enviez sans doute la jeunesse qui s'agite
Quand la votre est passée, vous le pensez, trop vite!
Votre temps assagi est hélas sans futur
Votre air indifférent masque cette empathie
Pour vos frêres humains et, vous le sentez bien,
Votre esprit s'interroge sur l'étonnant destin
De la planète bleue qui abrite la vie
Alors que la jeunesse insouciante et joyeuse
Ne sait guère de l'enfance apprécier la beauté,
De ces heures bien fleuries et trop vite effeuillées,
Vous gardez en mémoire vos passions amoureuses
Désormais revenus "vers la source première"*
Au décor de l'enfance, des vallées et des bois,
Contemplez à loisir la nature qui flamboie
Avant la longue nuit d'un éternel hiver.
*: allusion au poème de Victor Hugo: "Booz endormi"
Le dos parfois se courbe et le geste est moins sûr
La lumière au regard vient remplacer la flamme
Car vous avez vécu, votre corps le proclame
Dans vos yeux fatigués se reflète l'azur
| vers l'Ouest, au rocher du Marquis |
Vous empruntez encore les anciens chemins creux
Gravissant la colline sous un ciel nuageux
Dans la faible lumière de ce jour déclinant
Vénérables anciens, à l'abri des vieux murs
Vous enviez sans doute la jeunesse qui s'agite
Quand la votre est passée, vous le pensez, trop vite!
Votre temps assagi est hélas sans futur
| Vallée du Blavet au Liscuis en automne |
Votre air indifférent masque cette empathie
Pour vos frêres humains et, vous le sentez bien,
Votre esprit s'interroge sur l'étonnant destin
De la planète bleue qui abrite la vie
Alors que la jeunesse insouciante et joyeuse
Ne sait guère de l'enfance apprécier la beauté,
De ces heures bien fleuries et trop vite effeuillées,
Vous gardez en mémoire vos passions amoureuses
Désormais revenus "vers la source première"*
Au décor de l'enfance, des vallées et des bois,
Contemplez à loisir la nature qui flamboie
Avant la longue nuit d'un éternel hiver.
*: allusion au poème de Victor Hugo: "Booz endormi"
dimanche 20 octobre 2019
Sculpture et patrimoine à Bulat Pestivien, Côtes d'Armor
Sculptures dans l'église de Bulat (Côtes d'Armor)
Soubassement de la chaire de prêche dans l'église de Bulat, ou l'imagination du sculpteur pour figurer le "Malin" ou "Lucifer", jamais très éloigné du prêcheur!
Soubassement de la chaire de prêche dans l'église de Bulat, ou l'imagination du sculpteur pour figurer le "Malin" ou "Lucifer", jamais très éloigné du prêcheur!
mardi 15 octobre 2019
Complainte bretonne
Complainte bretonne.
Dans ce contexte automnal pluvieux et gris, le texte d'une complainte que chantait ma mère autrefois me revient en mémoire (complainte dite de l'amoureux délaissé!). Elle a été harmonisée et publiée par G.Arnoux aux éditions d'Henry Lemoine en 1933. Je l'ai reprise en polyphonie bombarde-cornemuse avec Patrick Duplenne (Kevrenn de Rennes) en 1969 dans la cadre du bagad militaire de la Lande d'Ouée (41 RI).
Hirvoudou
Gémissements
Penaos oc'h-c'hwi ker kaer gwisket
Pourquoi êtes-vous si bien parés
Traonienn ha prad leun a vleuniou?
Vallées et champs couverts de fleurs?
Penaos e kanit, laboused,
Pourquoi chantez-vous, oiseaux,
Tre ma 'maon-me o skuilh daeroù?
Pendant que je verse des larmes?
Ho kanaouennoù dudius
Vos chansons merveilleuses
Va c'halon baour din a ranno
Me briseront le coeur
'N ur gomz eus un amzer eùrus
En évoquant un temps heureux
Ha ne deuio biken en-dro!
Qui ne reviendra jamais!
Da c'houlou-deiz 'vel d'abardaez
De l'aube jusqu'au soir
Me 'garje mont war ribl ar stèr
J'aimerais aller au bord de la rivière
'N ur vouskanañ va c'harantez
En chantonnant mon amour
'Vel an eostig, an alc'houeder
Comme font le roitelet ou l'alouette
Dindan ar gwez, laouen bepred,
Sous les arbres, toujours joyeux,
E kutuilhen bleunioù dispar;
Je cueillerais des fleurs sans pareilles;
Siwazh, setu-me dilezet
Hélas! me voilà abandonné
Ha tannet holl gant ar glac'har!
Et tout brisé par le chagrin!
Dans ce contexte automnal pluvieux et gris, le texte d'une complainte que chantait ma mère autrefois me revient en mémoire (complainte dite de l'amoureux délaissé!). Elle a été harmonisée et publiée par G.Arnoux aux éditions d'Henry Lemoine en 1933. Je l'ai reprise en polyphonie bombarde-cornemuse avec Patrick Duplenne (Kevrenn de Rennes) en 1969 dans la cadre du bagad militaire de la Lande d'Ouée (41 RI).
Hirvoudou
Gémissements
Penaos oc'h-c'hwi ker kaer gwisket
Pourquoi êtes-vous si bien parés
Traonienn ha prad leun a vleuniou?
Vallées et champs couverts de fleurs?
Penaos e kanit, laboused,
Pourquoi chantez-vous, oiseaux,
Tre ma 'maon-me o skuilh daeroù?
Pendant que je verse des larmes?
Ho kanaouennoù dudius
Vos chansons merveilleuses
Va c'halon baour din a ranno
Me briseront le coeur
'N ur gomz eus un amzer eùrus
En évoquant un temps heureux
Ha ne deuio biken en-dro!
Qui ne reviendra jamais!
Da c'houlou-deiz 'vel d'abardaez
De l'aube jusqu'au soir
Me 'garje mont war ribl ar stèr
J'aimerais aller au bord de la rivière
'N ur vouskanañ va c'harantez
En chantonnant mon amour
'Vel an eostig, an alc'houeder
Comme font le roitelet ou l'alouette
Dindan ar gwez, laouen bepred,
Sous les arbres, toujours joyeux,
E kutuilhen bleunioù dispar;
Je cueillerais des fleurs sans pareilles;
Siwazh, setu-me dilezet
Hélas! me voilà abandonné
Ha tannet holl gant ar glac'har!
Et tout brisé par le chagrin!
vendredi 11 octobre 2019
Art et pétrographie en Bretagne
Un "kersanton" exceptionnel dans la statuaire de Pleyben, Finistère.
La restauration en cours du grand clocher supporté par le porche sud de l'église de Pleyben offre aux restaurateurs, je veux parler des artistes-sculpteurs qui permettent souvent dans des conditions difficiles de maintenir ces oeuvres pluriséculaires en état, une vision détaillée sur une oeuvre exceptionnelle en kersanton, faciès rosmorduc de Logonna-Daoulas, la statue autrefois polychrome de Saint Germain datée de 1555 et oeuvre de l'atelier Prigent (frères Bastien et Henry Prigent, et ici la "main"de Bastien Prigent semble évidente).
Cette statue de 1m59 de hauteur et située audessus de l'entrée Sud, n'a subi depuis sa création en 1555 aucune altération météorique et le poli du visage de Saint Germain est comparable à celui d'un marbre! Cette oeuvre est avec le Saint Jacques de la fontaine de Tréméven en Côtes d'Armor, ce que j'ai vu de plus exceptionnel dans l'art de la sculpture sur pierre en Bretagne. Cette statue de Saint Germain provient du premier calvaire de Pleyben, érigé au milieu du XVIe siècle et dont les parties de cette époque forment avec les sculptures de Julien Ozanne (1650), le calvaire que l'on peut voir aujourd'hui, perché sur ses arches qui éloignent les éléments sculptés du visiteur. Encadrant cette statue en parfait état, on observe les deux éléments d'une "annonciation", un ange au phylactère et la vierge en prière, sculptés dans une roche sombre à grain grossier qui interroge sur sa véritable nature pétrographique, tant l'aspect grossièrement grenu tranche avec la finesse du kersanton de la statue de Saint Germain.
Il est en effet possible d'hésiter en présence de roches sombres comme celle de cette "annonciation", entre une monzodiorite et un kersanton de Loperhet (faciès grossier). Ces deux roches ont des minéraux communs comme plagioclase, hornblende, augite, biotite... Mais en général la monzodiorite que l'on trouve dans le finistère Nord comme à Plélauff en Côtes d'Armor, est plus dure que le kersanton et plus difficile à sculpter. Elle est donc très peu utilisée pour la statuaire où le kersanton est préféré. Ces statues dont l'origine est inconnue seraient donc en kersanton de Loperhet (faciès grossier).
Le calvaire de Pleyben associe des sculptures du calvaire antérieur dont le Saint Germain de l'atelier Prigent était une pièce maîtresse, avec les sculptures de Julien Ozanne qui sont postérieures (1650) comme "le lavement des pieds", "la Cène" et "l'Entrée à Jérusalem". Les oeuvres sculptées se répartissent sur plusieurs niveaux en hauteur et sont réalisées dans du kersanton, faciès rosmorduc de Logonna, mais aussi en grès vert de Châteaulin, une roche que l'on trouve dans les murs de la sacristie et dans laquelle on peut observer les effets de l'érosion météorique.
L'absence de carrières ouvertes sur ces roches exceptionnelles de Bretagne pose le problème de la restauration "à l'identique" de ces monuments du patrimoine historique, un sujet sensible abordé par Louis Chauris (CNRS/Brest) dans ses publications sur le sujet.
Sources: "Le Kersanton, une roche bretonne" Louis Chauris.2010. Presses Universitaires de Rennes
La restauration en cours du grand clocher supporté par le porche sud de l'église de Pleyben offre aux restaurateurs, je veux parler des artistes-sculpteurs qui permettent souvent dans des conditions difficiles de maintenir ces oeuvres pluriséculaires en état, une vision détaillée sur une oeuvre exceptionnelle en kersanton, faciès rosmorduc de Logonna-Daoulas, la statue autrefois polychrome de Saint Germain datée de 1555 et oeuvre de l'atelier Prigent (frères Bastien et Henry Prigent, et ici la "main"de Bastien Prigent semble évidente).
Cette statue de 1m59 de hauteur et située audessus de l'entrée Sud, n'a subi depuis sa création en 1555 aucune altération météorique et le poli du visage de Saint Germain est comparable à celui d'un marbre! Cette oeuvre est avec le Saint Jacques de la fontaine de Tréméven en Côtes d'Armor, ce que j'ai vu de plus exceptionnel dans l'art de la sculpture sur pierre en Bretagne. Cette statue de Saint Germain provient du premier calvaire de Pleyben, érigé au milieu du XVIe siècle et dont les parties de cette époque forment avec les sculptures de Julien Ozanne (1650), le calvaire que l'on peut voir aujourd'hui, perché sur ses arches qui éloignent les éléments sculptés du visiteur. Encadrant cette statue en parfait état, on observe les deux éléments d'une "annonciation", un ange au phylactère et la vierge en prière, sculptés dans une roche sombre à grain grossier qui interroge sur sa véritable nature pétrographique, tant l'aspect grossièrement grenu tranche avec la finesse du kersanton de la statue de Saint Germain.
Il est en effet possible d'hésiter en présence de roches sombres comme celle de cette "annonciation", entre une monzodiorite et un kersanton de Loperhet (faciès grossier). Ces deux roches ont des minéraux communs comme plagioclase, hornblende, augite, biotite... Mais en général la monzodiorite que l'on trouve dans le finistère Nord comme à Plélauff en Côtes d'Armor, est plus dure que le kersanton et plus difficile à sculpter. Elle est donc très peu utilisée pour la statuaire où le kersanton est préféré. Ces statues dont l'origine est inconnue seraient donc en kersanton de Loperhet (faciès grossier).
Le calvaire de Pleyben associe des sculptures du calvaire antérieur dont le Saint Germain de l'atelier Prigent était une pièce maîtresse, avec les sculptures de Julien Ozanne qui sont postérieures (1650) comme "le lavement des pieds", "la Cène" et "l'Entrée à Jérusalem". Les oeuvres sculptées se répartissent sur plusieurs niveaux en hauteur et sont réalisées dans du kersanton, faciès rosmorduc de Logonna, mais aussi en grès vert de Châteaulin, une roche que l'on trouve dans les murs de la sacristie et dans laquelle on peut observer les effets de l'érosion météorique.
L'absence de carrières ouvertes sur ces roches exceptionnelles de Bretagne pose le problème de la restauration "à l'identique" de ces monuments du patrimoine historique, un sujet sensible abordé par Louis Chauris (CNRS/Brest) dans ses publications sur le sujet.
Sources: "Le Kersanton, une roche bretonne" Louis Chauris.2010. Presses Universitaires de Rennes
samedi 5 octobre 2019
Carte Blanche à Sainte Brigitte, Morbihan
Carte Blanche le 27 octobre à Sainte Brigitte:
PRENEZ DATE !
Reportée en janvier dernier, la Carte blanche à Yann Lagadec aura finalement lieu le
Dimanche 27 octobre – Salle des fêtes – 15 heures
« Les Bretons dans la Grande Guerre »
Descendant du Poilu Théophile Baudic, Yann Lagadec est passionné d’histoire et spécialiste de la Première Guerre mondiale. Professeur à l’université de Rennes 2, il a écrit plusieurs ouvrages sur le sujet et est régulièrement invité dans des hauts lieux de conférence.
C’est en mémoire de son arrière-grand-père brigittois, mobilisé à 26 ans le 3 août 1914 et démobilisé à 31 ans le 27 juillet 1919, qu’il vient nous partager ses connaissances dans le cadre de cette Carte blanche.
Il abordera la manière dont les Bretons ont été entrainés dans la tourmente des années 14-18, ainsi que le retour à la paix vu de la Bretagne en 1919. Après l'hommage rendu aux Poilus brigittois par la Carte blanche de novembre 2018, la célébration du centenaire se poursuit ainsi en toute logique en 2019 et à l’approche du 11 novembre.
mercredi 2 octobre 2019
Poème
Automne 2019
Un soleil couchant
Eclaire au Ponant
De grands rochers nus
Où l'ombre décline
Ce qu'un vent burine:
D'étranges statues.
Je revois aussi
Les ajoncs d'ici
Les passants émus
Sous les ciels d'averses
Qui souvent dispersent
Leur lueur ténue
Sur les murs de pierres
Les ronces et le lierre
D'une terre qui mue.
Un soleil couchant
Eclaire au Ponant
| Coucher de soleil à Saint Guénolé (29) |
Où l'ombre décline
Ce qu'un vent burine:
D'étranges statues.
Je revois aussi
Les ajoncs d'ici
Les passants émus
Sous les ciels d'averses
Qui souvent dispersent
Leur lueur ténue
Sur les murs de pierres
Les ronces et le lierre
D'une terre qui mue.
vendredi 27 septembre 2019
Poésie
Publication d'une sélection des poèmes du blog
Amis lecteurs du blog "rosquelfen-pj", vous trouverez en consultation (et acquisition s'il vous intéresse) un livre sorti en juin 2019 qui reprend un peu plus de 120 poèmes parmi les 200 déjà publiés sur le blog. Ce livre de 197 pages en noir et blanc reprend aussi quelques illustrations qui figurent sur le blog, mais en noir et blanc pour une question de coût d'édition. Il est donc consultable à la librairie-café de Mellionnec "Le temps qu'il fait"située derrière l'église au centre du village. C'est aussi une occasion de découvrir ce lieu intéressant au coeur d'un village qui sait faire parler de lui (festival du film, kizellan, fête du livre...) Il est également disponible à la vente à la Maison de la Presse à Rostrenen.
Exemple d'illustration en noir et blanc à partir d'un dessin à l'aquarelle et plume: "Héron en bord de Loire" dont la photo couleur est sur le blog.
Amis lecteurs du blog "rosquelfen-pj", vous trouverez en consultation (et acquisition s'il vous intéresse) un livre sorti en juin 2019 qui reprend un peu plus de 120 poèmes parmi les 200 déjà publiés sur le blog. Ce livre de 197 pages en noir et blanc reprend aussi quelques illustrations qui figurent sur le blog, mais en noir et blanc pour une question de coût d'édition. Il est donc consultable à la librairie-café de Mellionnec "Le temps qu'il fait"située derrière l'église au centre du village. C'est aussi une occasion de découvrir ce lieu intéressant au coeur d'un village qui sait faire parler de lui (festival du film, kizellan, fête du livre...) Il est également disponible à la vente à la Maison de la Presse à Rostrenen.
Exemple d'illustration en noir et blanc à partir d'un dessin à l'aquarelle et plume: "Héron en bord de Loire" dont la photo couleur est sur le blog.
dimanche 22 septembre 2019
Journées du patrimoine
A Bulat-Pestivien en Côtes d'Armor, la frise macabre de l'Ankou, une illustration exceptionnelle (suite de l'article précédent).
Cette figuration de l'Ankou sur le pourtour de la sacristie a été décrite comme unique en Bretagne par la diversité des expressions données par le sculpteur. Ici, l'expression a été interprétée comme celle de la douleur mais aussi "tentative de soudoyer la mort pour obtenir un sursis".
Le hurleur de la mort, nommé ainsi par Prosper Mérimée comme indiqué dans l'article précédent, tient dans sa main droite deux os décrits comme un tibia et un péroné (?), sans aucun doute deux os du squelette humain.
Sur cette représentation, il est plus difficile de déchiffrer l'expression et chacun des visiteurs peut se faire son idée personnelle.(résignation ou sidération?)
Sur cette représentation, l'Ankou semble supplier en regardant le ciel, une attitude que le sculpteur attribue à un mourant au XVIe siècle, date de la réalisation de cet ensemble.
Il existe un cinquième buste malheureusement mutilé et donc à expression inconnue.
Ces différentes expressions inscrites dans le granite de la frise macabre paraissent en effet illustrer des tourments d'humains face à la mort, ce qui est rappelé par Jean Paul Rolland lorsque dans son travail sur la mort il dit que l'Ankou est en réalité le dernier mort de l'année devenu le serviteur de la mort.
"La frise macabre de Bulat" par Joseph Lohou
Mouez an Argoat: Bull P. mensuel n°11 de novembre 2014
(JP Rolland).
| Ankou en demande de sursis?: granite |
Cette figuration de l'Ankou sur le pourtour de la sacristie a été décrite comme unique en Bretagne par la diversité des expressions données par le sculpteur. Ici, l'expression a été interprétée comme celle de la douleur mais aussi "tentative de soudoyer la mort pour obtenir un sursis".
| Le "hurleur" de la mort (colère...) |
Le hurleur de la mort, nommé ainsi par Prosper Mérimée comme indiqué dans l'article précédent, tient dans sa main droite deux os décrits comme un tibia et un péroné (?), sans aucun doute deux os du squelette humain.
Sur cette représentation, il est plus difficile de déchiffrer l'expression et chacun des visiteurs peut se faire son idée personnelle.(résignation ou sidération?)
Sur cette représentation, l'Ankou semble supplier en regardant le ciel, une attitude que le sculpteur attribue à un mourant au XVIe siècle, date de la réalisation de cet ensemble.
Il existe un cinquième buste malheureusement mutilé et donc à expression inconnue.
Ces différentes expressions inscrites dans le granite de la frise macabre paraissent en effet illustrer des tourments d'humains face à la mort, ce qui est rappelé par Jean Paul Rolland lorsque dans son travail sur la mort il dit que l'Ankou est en réalité le dernier mort de l'année devenu le serviteur de la mort.
"La frise macabre de Bulat" par Joseph Lohou
Mouez an Argoat: Bull P. mensuel n°11 de novembre 2014
(JP Rolland).
mardi 17 septembre 2019
Réflexions à propos de la mort
Le spectre hurleur de la mort à Bulat Pestivien, Côtes d'Armor
La récente disparition d'un membre de la fratrie me replonge dans un sujet étonnamment présent en pays breton, aussi bien dans les textes que dans les figurations sculptées dans la pierre des différentes représentations de la mort. Je me souviens de l'étrange suite macabre sculptée sur la face Ouest de la sacristie de Bulat construite en 1552 et dans laquelle figurent plusieurs représentations de l'Ankou (la mort en breton) dans des expressions différentes: suppliant, résigné, paraissant demander une rémission, ou franchement révolté.
Pour un décès qui n'est pas la conséquence du vieillissement, les sentiments varient parfois entre douleur,sidération, grande tristesse et parfois même colère. Ainsi le spectre hurleur de la mort, nommé ainsi par Mérimée au XIXe (il était inspecteur des monuments historiques dans la période 1835-1847) représente de façon saisissante les états d'âme qui pouvaient affecter les hommes de cette époque et en particulier cette colère face à un destin jugé cruel ou injuste.
Dans les textes en rapport avec la mort, je me souviens du cantique que chantaient les parents, ce cantique chanté par Annie Ebrel devant la chapelle de Burthulet le 1ier septembre (Lieux Mouvants) dont ces quelques vers en breton:
"Nerzh, madoù, yec'hed
Yaouankiz ha gened
Tremen'ra pep tra (bis)"
"Force, biens, santé
Jeunesse et beauté
Toute chose passe!
Toute chose passe!"
La récente disparition d'un membre de la fratrie me replonge dans un sujet étonnamment présent en pays breton, aussi bien dans les textes que dans les figurations sculptées dans la pierre des différentes représentations de la mort. Je me souviens de l'étrange suite macabre sculptée sur la face Ouest de la sacristie de Bulat construite en 1552 et dans laquelle figurent plusieurs représentations de l'Ankou (la mort en breton) dans des expressions différentes: suppliant, résigné, paraissant demander une rémission, ou franchement révolté.
| Spectre hurleur de la mort: Bulat |
Dans les textes en rapport avec la mort, je me souviens du cantique que chantaient les parents, ce cantique chanté par Annie Ebrel devant la chapelle de Burthulet le 1ier septembre (Lieux Mouvants) dont ces quelques vers en breton:
"Nerzh, madoù, yec'hed
Yaouankiz ha gened
Tremen'ra pep tra (bis)"
"Force, biens, santé
Jeunesse et beauté
Toute chose passe!
Toute chose passe!"
mercredi 11 septembre 2019
géologie en Centre Bretagne
A propos des ardoises en Kreiz Breizh
Une question revient assez souvent lorsque l'on parle des ardoises et il n'est pas toujours facile de bien comprendre les termes utilisés, en particulier lorsque ceux-ci appartiennent à une discipline qui se nomme géologie structurale, c'est la signification des différentes orientations visibles dans les ardoises et qui souvent se croisent. L'une peut se nommer stratification et l'autre schistosité s'il ne s'agit pas de deux schistosités différentes, mais quelle différence entre ces deux termes?
En 2015, au fond du lac de Guerlédan asséché, on pouvait voir cette entrée de galerie d'exploitation des schistes ardoisiers de Caurel et si l'on fait bien attention au banc schisteux sur la gauche de l'entrée, on observe deux directions qui se croisent. L'une correspond à la stratification et l'autre à la schistosité. Ici, dans les schistes de l'Ordovicien (primaire ou Paléozoïque), ces deux directions forment un angle qui est responsable du débit des ardoises en "accent circonflexe" comme on pouvait le voir sur les débris disséminés partout au fond du lac.
La stratification correspond simplement au dépôt naturel des strates ou couches de sédiments (des argiles fines) dans un fond marin non perturbé avec parfois (lorsque le sédiment est de nature différente)des alternances de bancs plus clairs ou de granulométries différentes, ce qui donne des schistes foliés dans certains gisements comme à Morlaix où on les remarque dans le bâti.
La schistosité elle correspond au résultat de la contrainte tectonique exercée sur les couches de sédiments (pendant l'orogène hercynien ou Varisque) et qui donne le feuilletage des schistes ardoisiers, c'est-à-dire leur propriété à se fendre de manière parallèle: c'est la fissilité nécessaire pour obtenir des ardoises.Ces deux directions s'observent aussi dans les schistes ardoisiers du Carbonifère comme à Moulin Lande en Maël-Carhaix où l'on peut parfois observer aussi le "kailh" ou liseré clair de dépôt en relief qui perturbe la fissilité de l'ardoise. Cet angle peut ne pas exister du tout si la contrainte produisant la schistosité est conforme à la stratification (comme à Gourin dans l'Ordovicien).
NB: le Paléozoïque commence au Cambrien (540Ma) pour se terminer au Permien (250Ma) avec dans l'ordre chronologique: ordovicien, silurien, dévonien et carbonifère.
Une question revient assez souvent lorsque l'on parle des ardoises et il n'est pas toujours facile de bien comprendre les termes utilisés, en particulier lorsque ceux-ci appartiennent à une discipline qui se nomme géologie structurale, c'est la signification des différentes orientations visibles dans les ardoises et qui souvent se croisent. L'une peut se nommer stratification et l'autre schistosité s'il ne s'agit pas de deux schistosités différentes, mais quelle différence entre ces deux termes?
| Entrée de carrière: schistes de Caurel en 2015 |
En 2015, au fond du lac de Guerlédan asséché, on pouvait voir cette entrée de galerie d'exploitation des schistes ardoisiers de Caurel et si l'on fait bien attention au banc schisteux sur la gauche de l'entrée, on observe deux directions qui se croisent. L'une correspond à la stratification et l'autre à la schistosité. Ici, dans les schistes de l'Ordovicien (primaire ou Paléozoïque), ces deux directions forment un angle qui est responsable du débit des ardoises en "accent circonflexe" comme on pouvait le voir sur les débris disséminés partout au fond du lac.
La stratification correspond simplement au dépôt naturel des strates ou couches de sédiments (des argiles fines) dans un fond marin non perturbé avec parfois (lorsque le sédiment est de nature différente)des alternances de bancs plus clairs ou de granulométries différentes, ce qui donne des schistes foliés dans certains gisements comme à Morlaix où on les remarque dans le bâti.
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| Ardoises de Maël-Carhais: Carbonifère |
La schistosité elle correspond au résultat de la contrainte tectonique exercée sur les couches de sédiments (pendant l'orogène hercynien ou Varisque) et qui donne le feuilletage des schistes ardoisiers, c'est-à-dire leur propriété à se fendre de manière parallèle: c'est la fissilité nécessaire pour obtenir des ardoises.Ces deux directions s'observent aussi dans les schistes ardoisiers du Carbonifère comme à Moulin Lande en Maël-Carhaix où l'on peut parfois observer aussi le "kailh" ou liseré clair de dépôt en relief qui perturbe la fissilité de l'ardoise. Cet angle peut ne pas exister du tout si la contrainte produisant la schistosité est conforme à la stratification (comme à Gourin dans l'Ordovicien).
NB: le Paléozoïque commence au Cambrien (540Ma) pour se terminer au Permien (250Ma) avec dans l'ordre chronologique: ordovicien, silurien, dévonien et carbonifère.
samedi 7 septembre 2019
Trésor du patrimoine bâti du Kreiz Breizh
L'enclos paroissial de Kergrist-Moëlou en Côtes d'Armor
Lorsque le visiteur de passage arrive à Kergrist-Moëlou, il est frappé par l'importance de l'église et de son enclos où il remarque immédiatement le monumental calvaire situé au Sud du porche d'entrée principale de l'édifice. Cet ensemble remarquable est étonnant au vu du bourg actuel en grande partie déserté par ses habitants, une situation devenue fréquente dans le Centre Bretagne. Mais cet ensemble reste le témoin d'une richesse passée et qui date du XVIe siècle. Car en effet, l'église est construite à partir de 1504 si l'on se réfère à une pierre gravée située au-dessus de l'autel du transept Sud. En fait elle a été construite par les barons de Rostrenen de 1504 à 1554, date où le clocher est élevé sur l'église. Parmi les bâtisseurs, les noms de Guillaume et Pierre Jézéquel sont gravés sur une banderole de granite (façade occidentale).
Le porche d'entrée Sud est très orné et montre des traces très nettes de polychromie sur le granite de l'entrée. Les statues en bois polychrome représentent les apôtres et leur polychromie est encore bien visible.
Le calvaire monumental est réalisé en granite à grain fin et en kersanton, un lamprophyre plus sombre que le granite mais préféré des sculpteurs pour la finesse de son grain. Ce calvaire est érigé en 1578 (24 ans après le clocher) et présentait à l'origine une centaine de personnages répartis sur deux niveaux. Il a été détruit en 1793 et partiellement restauré au XIXe siècle (croix de 1896), puis en 1922, mais de nombreux éléments ont disparu et rendent l'ensemble plus difficilement déchiffrable aujourd'hui. Cet ensemble mérite vraiment une visite pour la qualité de la construction et la beauté du site soigneusement entretenu, dans lequel les très vieux ifs creux sont sans doute les témoins encore vivants les plus anciens du pays!
| Porche du pignon Ouest |
| Apôtres en bois polychrome dans porche Sud |
| Apôtres en bois polychrome:porche Sud |
Le porche d'entrée Sud est très orné et montre des traces très nettes de polychromie sur le granite de l'entrée. Les statues en bois polychrome représentent les apôtres et leur polychromie est encore bien visible.
| Calvaire en granite et kersanton |
Le calvaire monumental est réalisé en granite à grain fin et en kersanton, un lamprophyre plus sombre que le granite mais préféré des sculpteurs pour la finesse de son grain. Ce calvaire est érigé en 1578 (24 ans après le clocher) et présentait à l'origine une centaine de personnages répartis sur deux niveaux. Il a été détruit en 1793 et partiellement restauré au XIXe siècle (croix de 1896), puis en 1922, mais de nombreux éléments ont disparu et rendent l'ensemble plus difficilement déchiffrable aujourd'hui. Cet ensemble mérite vraiment une visite pour la qualité de la construction et la beauté du site soigneusement entretenu, dans lequel les très vieux ifs creux sont sans doute les témoins encore vivants les plus anciens du pays!
mercredi 4 septembre 2019
Poème
Perséides
C'est le même chemin qui toujours me ramène
Aux trois allées couvertes sur la lande fleurie
La nuit efface vite sentiers et voie romaine
En libérant l'espace au-dessus du Liscuis
Je me souviens encore d'un été lumineux
Et de milliers d'étoiles dans un ciel sans nuage
Le fin sillon luisant d'une larme au visage
Tourné vers la lumière et questionnant les cieux
Le temps ne sait donc pas éteindre la mémoire
Comme il serait sans prise sur les tombes de pierre
Mais il peut des étoiles m'envoyer la lumière
J'adresse aux Perséides les voeux d'un autre soir
Restez dans mon esprit, brillants objets célestes
Qui traversez l'espace à la chaude saison!
Nos voeux comme nos rêves sont tout ce qui nous reste
Dans ce monde gagné par trop de déraison
Comment donc oublier les mots et les visages
Les parfums et les sons à la saison des fleurs,
L'émotion partagée d'un céleste voyage
Eclairé par la lune en infinie douceur?
Sur la tombe où Hécate vient caresser la pierre
Lune noire blanchissant l'ancien séjour des morts
Nos regards étonnés suivent les trainées d'or
Apparitions furtives dans l'immense univers
En bon seigneur du jour, demain dans la vallée
Le soleil brûlera encore du même feu
Jusqu'au soir révélant ce bel horizon bleu
Où l'étoile qui brille sera l'éternité...
C'est le même chemin qui toujours me ramène
Aux trois allées couvertes sur la lande fleurie
La nuit efface vite sentiers et voie romaine
En libérant l'espace au-dessus du Liscuis
| Liscuis III, nocturne (2000 avant notre ère) |
Je me souviens encore d'un été lumineux
Et de milliers d'étoiles dans un ciel sans nuage
Le fin sillon luisant d'une larme au visage
Tourné vers la lumière et questionnant les cieux
Le temps ne sait donc pas éteindre la mémoire
Comme il serait sans prise sur les tombes de pierre
Mais il peut des étoiles m'envoyer la lumière
J'adresse aux Perséides les voeux d'un autre soir
Restez dans mon esprit, brillants objets célestes
Qui traversez l'espace à la chaude saison!
Nos voeux comme nos rêves sont tout ce qui nous reste
Dans ce monde gagné par trop de déraison
Comment donc oublier les mots et les visages
Les parfums et les sons à la saison des fleurs,
L'émotion partagée d'un céleste voyage
Eclairé par la lune en infinie douceur?
Sur la tombe où Hécate vient caresser la pierre
Lune noire blanchissant l'ancien séjour des morts
Nos regards étonnés suivent les trainées d'or
Apparitions furtives dans l'immense univers
En bon seigneur du jour, demain dans la vallée
Le soleil brûlera encore du même feu
Jusqu'au soir révélant ce bel horizon bleu
Où l'étoile qui brille sera l'éternité...
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