avril 2011 à décembre 2018: le blog a 7 ans et 8 mois.
Merci aux internautes qui ont suivi ce blog depuis avril 2011. Le compteur marque 95000 visites en 7 ans, ce qui fait en moyenne, 1326 par mois et 44 par jour, un chiffre modeste mais qui m'étonne car l' adresse (rosquelfen-pj) suppose de connaître le pays ou d'être bien informé! Durant cette période, des échanges et recherches ont enrichi certains articles et aujourd'hui, deux publications sont engagées sur des thèmes différents: dans la rubrique Patrimoine, l'histoire de la chapelle de Rosquelfen et de sa restauration presque achevée lorsque le porche et le berceau intérieur de la voûte auront été terminés, et dans la rubrique "Poèmes" un choix réalisé dans les 190 poèmes, la rubrique la plus regardée du blog, ce qui n'est pas sans m'étonner!Un recueil de poèmes sortira courant 2019. Pour les échanges avec les internautes, j'ai toujours accepté les remarques constructives et exclu les destructives qui heureusement sont rares et dénotent surtout une absence de sérénité. "Horas non numero nisi serena" :"Les heures ne comptent pas si elles ne sont pas sereines" dit un cadran solaire antique dans "Thérapie existentielle" de Irvin Yalom.
Alors excellente fin d'année et bonne nouvelle année 2019 à tous.
Libellés
- Dessins (82)
- Géo-archéologie (167)
- histoire (174)
- légendes (18)
- minéralogie (55)
- Patrimoine (393)
- Poèmes (284)
- sculptures (120)
samedi 29 décembre 2018
mardi 18 décembre 2018
Poème
Le parleur de Décembre
Mon regard un instant se pose
Sur sa silhouette gracile
Arpentant les rues de la ville
Sous le crachin d'un ciel morose
Son visage m'apparaît soudain
Dans sa fermeture silencieuse
Les heures sont parfois malheureuses
Dans la fraîcheur de ce matin
Et bientôt l'atmosphère inquiète
Dans cette rue qui se remplit
De ces clameurs et tout ce bruit
La colère n'est jamais discrète!
Voici le temps déraisonnable
Où le parleur ici soudain
Ravive de Panard le quatrain
En renversant toutes les tables:
"De l'esprit faut-il qu'on décide
Sur le bruit d'un parleur sans fin?
Ne sait-on pas qu'un tonneau vide
Résonne mieux qu'un tonneau plein?"
Quartier blessé, brûlé, meurtri
Au soir tombant coulent des larmes
Après le temps bruyant des armes
Le parleur s'esquive dans la nuit.
Mon regard un instant se pose
Sur sa silhouette gracile
Arpentant les rues de la ville
Sous le crachin d'un ciel morose
Son visage m'apparaît soudain
Dans sa fermeture silencieuse
Les heures sont parfois malheureuses
Dans la fraîcheur de ce matin
Et bientôt l'atmosphère inquiète
Dans cette rue qui se remplit
De ces clameurs et tout ce bruit
La colère n'est jamais discrète!
Voici le temps déraisonnable
Où le parleur ici soudain
Ravive de Panard le quatrain
En renversant toutes les tables:
"De l'esprit faut-il qu'on décide
Sur le bruit d'un parleur sans fin?
Ne sait-on pas qu'un tonneau vide
Résonne mieux qu'un tonneau plein?"
Quartier blessé, brûlé, meurtri
Au soir tombant coulent des larmes
Après le temps bruyant des armes
Le parleur s'esquive dans la nuit.
mardi 11 décembre 2018
Réflexions sur notre temps
Vers Noël 2018, reflet de notre temps
Quel message est véhiculé aujourd'hui en fin d'année 2018 par la situation du pays? Lorsque les écluses de la violence sont ouvertes, nul ne sait quand et comment elles pourront se refermer. Alors, sur les trottoirs de Paris, un chant me revient en mémoire qui parle de guerre dans laquelle nous ne sommes pas encore, mais qui prend aujourd'hui un écho tout particulier et que je conseille aux lecteurs de ce blog: Katé-Mé/La rue des lilas (youtube).
Quel message est véhiculé aujourd'hui en fin d'année 2018 par la situation du pays? Lorsque les écluses de la violence sont ouvertes, nul ne sait quand et comment elles pourront se refermer. Alors, sur les trottoirs de Paris, un chant me revient en mémoire qui parle de guerre dans laquelle nous ne sommes pas encore, mais qui prend aujourd'hui un écho tout particulier et que je conseille aux lecteurs de ce blog: Katé-Mé/La rue des lilas (youtube).
jeudi 6 décembre 2018
Entre Histoire et sculpture
Le tombeau des enfants d'Anne de Bretagne: Charles-Orland de France et Charles de France en la cathédrale Saint Gatien de Tours.
A la croisée du transept Sud de la cathédrale de Tours, il est possible d'admirer aujourd'hui le tombeau des deux enfants de la Duchesse et Reine de France,Anne de Bretagne: Charles-Orland mort à trois ans d'une rougeole et son frère Charles de France qui ne vivra que 26 jours. Ces deux enfants "mâles" et donc héritiers de la couronne de France, sont deux des enfants nés du mariage de la Duchesse Anne (née à Nantes en 1477 et décédée à Blois en janvier 1514 à 38 ans) avec le Roi de France Charles VIII. Ce roi va mourir plutôt brutalement en 1498 à Amboise à la suite d'un heurt de la tête contre un linteau de porte.
Les gisants visibles à la partie supérieure du monument correspondent à une tradition de sculpture française de la fin XVe siècle et ont été exécutés dans
l'atelier de Michel Colombe. La cuve est une oeuvre italienne de Jérôme de Fiseole, ramené par Charles VIII de sa campagne d'Italie.
La décoration de cette oeuvre est tout-à-fait novatrice en France et d'une qualité équivalente aux plus belles créations italiennes de la même époque. Ce tombeau en marbre de Carrare a été placé en 1506, selon la tradition française, isolé, à la croisée du transept de la basilique Saint Martin de Tours. Il a été épargné à la Révolution du fait de sa grande beauté (V.Droguet et M-T Reau). Il est transféré en 1834 dans la cathédrale Saint Gatien où il se trouve encore.
NB: de l'ancienne basilique Saint Martin de Tours, il ne reste plus aujourd'hui que deux grandes tours dont l'une dite "Charlemagne" fait l'objet de visites guidées.
En regardant la biographie d'Anne de Bretagne, on constate souvent la mention de six enfants nés des deux mariages successifs. En réalité, on trouve aussi le nombre de 13 accouchements pour cette Reine que l'on peut qualifier de féconde; 5 naissances au temps de Charles VIII et 8 avec Louis XII, dont deux filles qui survivront: Claude de France née en 1499, qui deviendra Reine en épousant François premier et Renée de France, née en 1510.
Sources:"Décor et mobiliers des édifices religieux et publics" par Vincent Droguet et Marie-Thérèse Reau. Inventaire général des Monuments et richesses artistiques de la France. Cahiers du Patrimoine n°30.Orléans AREP.Centre 1993.
A la croisée du transept Sud de la cathédrale de Tours, il est possible d'admirer aujourd'hui le tombeau des deux enfants de la Duchesse et Reine de France,Anne de Bretagne: Charles-Orland mort à trois ans d'une rougeole et son frère Charles de France qui ne vivra que 26 jours. Ces deux enfants "mâles" et donc héritiers de la couronne de France, sont deux des enfants nés du mariage de la Duchesse Anne (née à Nantes en 1477 et décédée à Blois en janvier 1514 à 38 ans) avec le Roi de France Charles VIII. Ce roi va mourir plutôt brutalement en 1498 à Amboise à la suite d'un heurt de la tête contre un linteau de porte.
Les gisants visibles à la partie supérieure du monument correspondent à une tradition de sculpture française de la fin XVe siècle et ont été exécutés dans
l'atelier de Michel Colombe. La cuve est une oeuvre italienne de Jérôme de Fiseole, ramené par Charles VIII de sa campagne d'Italie.
La décoration de cette oeuvre est tout-à-fait novatrice en France et d'une qualité équivalente aux plus belles créations italiennes de la même époque. Ce tombeau en marbre de Carrare a été placé en 1506, selon la tradition française, isolé, à la croisée du transept de la basilique Saint Martin de Tours. Il a été épargné à la Révolution du fait de sa grande beauté (V.Droguet et M-T Reau). Il est transféré en 1834 dans la cathédrale Saint Gatien où il se trouve encore.
NB: de l'ancienne basilique Saint Martin de Tours, il ne reste plus aujourd'hui que deux grandes tours dont l'une dite "Charlemagne" fait l'objet de visites guidées.
En regardant la biographie d'Anne de Bretagne, on constate souvent la mention de six enfants nés des deux mariages successifs. En réalité, on trouve aussi le nombre de 13 accouchements pour cette Reine que l'on peut qualifier de féconde; 5 naissances au temps de Charles VIII et 8 avec Louis XII, dont deux filles qui survivront: Claude de France née en 1499, qui deviendra Reine en épousant François premier et Renée de France, née en 1510.
Sources:"Décor et mobiliers des édifices religieux et publics" par Vincent Droguet et Marie-Thérèse Reau. Inventaire général des Monuments et richesses artistiques de la France. Cahiers du Patrimoine n°30.Orléans AREP.Centre 1993.
mercredi 28 novembre 2018
Poème
Maison au clair de lune
La maison solitaire
Dans son jardin l'hiver
Sous la clarté lunaire
Se confond aux rochers
En nuances bleutées
Des ardoises mouillées
Son sommeil est profond
Son âtre sans tisons
Le présent se morfond
Elle s'endort porte close
Sur ses murs plus de roses
La maison se repose...
Et l'absence de vie
D'un présent déconfit
Sous la lune qui luit
Ne dit rien de ce temps
Des souvenirs d'antan
D'un éternel printemps
Je repense aux matins
Aux suaves parfums
Des roses du jardin
A ces rires et ces larmes
Qui parfois me désarment,
Aux instants qui me charment
Sans regrets ni rancune
Sous le beau clair de lune
Entre ajoncs et callune
Je m'éloigne sans bruit
De la maison transie
De silence et d'oubli.
La maison solitaire
Dans son jardin l'hiver
Sous la clarté lunaire
Se confond aux rochers
| Photo du 20-03-2018 |
Des ardoises mouillées
Son sommeil est profond
Son âtre sans tisons
Le présent se morfond
Elle s'endort porte close
Sur ses murs plus de roses
La maison se repose...
Et l'absence de vie
D'un présent déconfit
Sous la lune qui luit
Ne dit rien de ce temps
Des souvenirs d'antan
D'un éternel printemps
Je repense aux matins
Aux suaves parfums
Des roses du jardin
A ces rires et ces larmes
Qui parfois me désarment,
Aux instants qui me charment
Sans regrets ni rancune
Sous le beau clair de lune
Entre ajoncs et callune
Je m'éloigne sans bruit
De la maison transie
De silence et d'oubli.
dimanche 25 novembre 2018
Patrimoine de Saint Aignan, Morbihan
Entre Saint Aignan et la chapelle Sainte Tréphine, sur le chemin rive droite du Blavet, sous puis au-dessus du barrage de Guerlédan (Morbihan), une promenade dans un lieu unique et imprégné de légendes, à faire sans hésiter...
Lorsque l'on sort de Saint Aignan en allant vers le barrage de Guerlédan, on grimpe assez rapidement sous le couvert forestier de Quénécan et on découvre à mi-pente, cette fontaine qu'un ancien texte (1891) de J-M Le Mené, décrit comme la fontaine de Ste Triphine et St Trémeur, objet d'une dévotion qui se manifestait par d'importantes processions (il signale jusqu'à 2000 personnes à cette époque, fin XIXe). Mais aujourd'hui, cette fontaine qui n'est donc pas très ancienne dispose d'une statue dans sa "niche" ornée qui ne correspond ni à Triphine (aujourd'hui Tréphine), ni à son fils Trémeur. Il s'agirait plutôt ici d'un Saint comme Saint Aignan, le patron de la paroisse. En 1897, la petite chapelle de Sainte Tréphine est érigée sur la hauteur qui domine le barrage et que l'on nomme Castel Finañs, un ancien enclos de l'âge du fer (INRAP) décrit par de Keranflec'h, l'archéologue du XIXe qui a également fouillé Castel Cran (qui lui, est carolingien), un fortin à la confluence du Blavet et du Pouldu en allant vers Gouarec et proche de l'écluse de Saint Hervé.
Cet endroit de Castel Finañs correspond aussi à une zone
d'affleurement des grès-quartzites (de l'Ordovicien), dits armoricains, une roche grise particulièrement dure et siliceuse qui a été exploitée en carrière pour réaliser le barrage de Guerlédan à partir de 1924. Le site a donc été fortement modifié au début XXe comme sur la rive gauche, le site de Trévéjean où la même roche était extraite. L'emplacement de Castel Finañs présente quelques similitudes avec la butte de Castennec, plus au Sud, et permet de contrôler ce "verrou" sur le Blavet que représente cette gorge escarpée. Ces structures anciennes sont devenues dans l'imaginaire collectif, les ancrages de récits légendaires qui impliquent de célèbres personnages comme Conomor, Tréphine et son fils Trémeur, Saint Gildas..., et cette légende va se développer jusque Carhaix (avec son église Saint Trémeur), en passant par Sainte Tréphine et son célèbre lec'h en granite cannelé, commune des Côtes d'Armor entre Gouarec et St Nicolas du Pélem.
NB: voir infobretagne, patrimoine de Saint Aignan.
Lorsque l'on sort de Saint Aignan en allant vers le barrage de Guerlédan, on grimpe assez rapidement sous le couvert forestier de Quénécan et on découvre à mi-pente, cette fontaine qu'un ancien texte (1891) de J-M Le Mené, décrit comme la fontaine de Ste Triphine et St Trémeur, objet d'une dévotion qui se manifestait par d'importantes processions (il signale jusqu'à 2000 personnes à cette époque, fin XIXe). Mais aujourd'hui, cette fontaine qui n'est donc pas très ancienne dispose d'une statue dans sa "niche" ornée qui ne correspond ni à Triphine (aujourd'hui Tréphine), ni à son fils Trémeur. Il s'agirait plutôt ici d'un Saint comme Saint Aignan, le patron de la paroisse. En 1897, la petite chapelle de Sainte Tréphine est érigée sur la hauteur qui domine le barrage et que l'on nomme Castel Finañs, un ancien enclos de l'âge du fer (INRAP) décrit par de Keranflec'h, l'archéologue du XIXe qui a également fouillé Castel Cran (qui lui, est carolingien), un fortin à la confluence du Blavet et du Pouldu en allant vers Gouarec et proche de l'écluse de Saint Hervé.
Cet endroit de Castel Finañs correspond aussi à une zone
NB: voir infobretagne, patrimoine de Saint Aignan.
dimanche 18 novembre 2018
Le Bel Automne à Correc en Saint Gelven, Bon Repos sur Blavet, Côtes d'Armor
Parler couleurs, terres et pierres au manoir de Correc, Bon Repos sur Blavet (22)...
Quel meilleur endroit pour parler des couleurs et des matériaux naturels utilisés pour sa construction, que le manoir de Correc? Le 18 novembre, par une journée ensoleillée (mais froide!), plus de 50 personnes étaient présentes sur le site pour la visite du manoir et la causerie sur les couleurs. Un précédent article du 20 novembre 2017, il y a donc exactement un an, retraçait l'historique de ce fief dont on retrouve les traces dès le XIIIe siècle avec le mariage d'Alain VI de Rohan et Isabeau, Dame de Correc (voir l'article en question sur ce blog avec mention du blason "écartelé" des seigneurs de Correc sur l'église de Saint Ygeaux). Ici le bâtiment est en partie du XVIe et XVIIe siècle, modifié en 1662 et 1667. Son entrée particulièrement soignée est du début XVIe. Cette intervention sur Correc, malheureusement trop courte a généré l'envie de renouveler le thème en prenant cette fois plus de temps pour admirer la polychromie de cette façade avec son originalité exceptionnelle par l'absence de pignons droits (les côtés du logis principal sont courbes). Les matériaux utilisés dans cette façade illustrent également la diversité et la complexité de l'histoire géologique du pays. On retrouve en effet des schistes clairs du Briovérien associés aux schistes mordorés du Liscuis, schistes également ferrugineux de Laniscat, granite de St Nicolas du Pélem, granodiorite de Plélauff, enpierrement de quartz laiteux coloré par les hydroxydes de fer de la cour intérieure etc... Saluons donc cette belle initiative de l'Office de Tourisme du Kreiz Breizh et les propriétaires de Correc (famille du Peyroux)pour la sauvegarde de ce joyau du patrimoine local.
| Correc, logis principal le 18 novembre 2018 |
lundi 12 novembre 2018
Méditation philosophique
Forum de philosophie du Monde au Mans du 9 au 11 novembre 2018
Pour son trentième forum de philosophie dans la ville du Mans, le journal Le Monde intitulait le thème abordé: "Tous philosophes?" et invitait pour en débattre, une quinzaine de philosophes dont également un sociologue et une sinologue. Je retiendrai en particulier de ces trois jours, les interventions d'André Comte-Sponville et de Raphaël Enthoven, interventions particulièrement percutantes. Pour Comte-Sponville, on ne naît pas philosophe, on le devient en développant sa propre pensée à la lecture des grands philosophes du passé et en ce sens, la philosophie est un travail et un combat, ce qui la distingue de la sagesse qui est une paix et un repos. Et je me souviens d'un passage sur "Le bonheur désespérément" dans lequel il disait aussi: "Croire un peu moins et connaître un peu plus, espérer un peu moins et agir un peu plus, et dans l'ordre affectif ou spirituel, espérer un peu moins et aimer un peu plus." Raphël Enthoven (philosophie sur ARTE) pose la question: qui n'est pas philosophe? Qui ne sait pas qu'il va mourir? Qui ne sait qu'il est né par hasard dans un monde qui s'en moque totalement? Pourtant, c'est souvent le déni qui répond au désarroi. D'autres préfèrent la vérité qui dérange à l'illusion qui réconforte et consentent à l'âpreté du monde, choisissant de l'aimer malgré lui.
Un consensus se dégage sur le fait que les temps actuels sont particulièrement inquiétants: pertes des repères, absences de perspectives, repli dans tous les domaines, montée du populisme, refus du dialogue, exaspération et verbe outrancier et très souvent excessif (il suffit de voir la prolifération des pages délirantes sur internet et y compris par des auteurs qui s'imaginent objectifs!).Il y a bien une différence entre polémistes et philosophes!
Face à ce monde contemporain anxiogène, sagesse et philosophie deviennent essentielles et plus nécessaires qu'il n'y paraît!
Pour son trentième forum de philosophie dans la ville du Mans, le journal Le Monde intitulait le thème abordé: "Tous philosophes?" et invitait pour en débattre, une quinzaine de philosophes dont également un sociologue et une sinologue. Je retiendrai en particulier de ces trois jours, les interventions d'André Comte-Sponville et de Raphaël Enthoven, interventions particulièrement percutantes. Pour Comte-Sponville, on ne naît pas philosophe, on le devient en développant sa propre pensée à la lecture des grands philosophes du passé et en ce sens, la philosophie est un travail et un combat, ce qui la distingue de la sagesse qui est une paix et un repos. Et je me souviens d'un passage sur "Le bonheur désespérément" dans lequel il disait aussi: "Croire un peu moins et connaître un peu plus, espérer un peu moins et agir un peu plus, et dans l'ordre affectif ou spirituel, espérer un peu moins et aimer un peu plus." Raphël Enthoven (philosophie sur ARTE) pose la question: qui n'est pas philosophe? Qui ne sait pas qu'il va mourir? Qui ne sait qu'il est né par hasard dans un monde qui s'en moque totalement? Pourtant, c'est souvent le déni qui répond au désarroi. D'autres préfèrent la vérité qui dérange à l'illusion qui réconforte et consentent à l'âpreté du monde, choisissant de l'aimer malgré lui.
Un consensus se dégage sur le fait que les temps actuels sont particulièrement inquiétants: pertes des repères, absences de perspectives, repli dans tous les domaines, montée du populisme, refus du dialogue, exaspération et verbe outrancier et très souvent excessif (il suffit de voir la prolifération des pages délirantes sur internet et y compris par des auteurs qui s'imaginent objectifs!).Il y a bien une différence entre polémistes et philosophes!
Face à ce monde contemporain anxiogène, sagesse et philosophie deviennent essentielles et plus nécessaires qu'il n'y paraît!
mercredi 7 novembre 2018
Paléontologie à Guerlédan
A propos des traces fossilisées de bilobites dans les grès de l'Ordovicien du fond du lac de Guerlédan, Côtes d'Armor.
Un article rédigé sur ce blog le 1 février 2016, parlait d'un bloc de grès armoricain découvert à l'occasion de l'assèchement du lac de Guerlédan en 2015, sur lequel on pouvait voir distinctement une trace de déplacement attribuée à un arthropode de l'Ordovicien et dénommée: "bilobite" ou Cruziana. Les experts, pour ce type de traces fossilifères, parlent d'ichnofossiles. Alors comment à partir de ce tracé assez long, déterminer l'animal qui en est l'auteur?
Et bien c'est toute la difficulté comme les chercheurs le soulignent. C'est le cas d'Olivier Dequincey (23/05/2016) ENS/Lyon DGESCO, qui donne l'exemple des falaises de Moher en Irlande où des ichnofossiles comparables et dans des grès du Carbonifère ont été attribués à un gastéropode et non à un arthropode (donc à un animal du type escargot et non Trilobite). En regardant et en comparant de très près les formes "irlandaises" et le grès de St Gelven, on s'aperçoit que quelques différences apparaissent comme la morphologie des limites de traces et une section également plus aplatie chez l'ichnofossile irlandais. Ici, on aurait donc une véritable contre-empreinte de traces en creux qui donnent deux demi cylindres très réguliers. Le sédiment marin dans lequel se déplaçait le Trilobite était particulièrement fin et homogène.Mais aucun animal n'est présent à une extrémité de ces traces! Pour rencontrer des Trilobites fossilisés, il faut déjà être dans un sédiment du genre métapélite fine, un milieu sans doute plus réducteur. On va donc rencontrer les Trilobites dans les schistes et ceci jusqu'au Permien, c'est à dire jusque la grande crise Permo-Triasique (250Ma) au cours de laquelle se déroule la plus grande extinction d'espèces vivantes de l'histoire de la planète, dont nos Trilobites.
Les Trilobites sont classés en plus de 150 familles, 2500 genres et près de 20000 espèces! Il est donc tout-à-fait impossible de faire une attribution quelconque de ces formes à un animal précis. Il n'est pas interdit malgré tout de faire des hypothèses à partir de données concrètes comme le diamètre des traces moulées en surface de la roche. En effet, la forme des bilobites donne une indication sur la morphologie de l'animal (taille des endo et exopodites) et donc sur sa taille, car en effet l'animal qui a effectué cet itinéraire sinueux devait faire une taille conséquente, un peu comme celui photographié ici: le Parabarrandia du Llandeilien (-460Ma) qui atteignait les 20cm de longueur.Certains Trilobites pouvaient atteindre les 70cm de longueur! En Bretagne, les espèces décrites sont nombreuses (mais inférieures à 10cm la plupart du temps) à partir de l'Ordovicien supérieur, dans le Silurien et le Dévonien, étages du Paléozoïque. Citons quelques unes comme Neseuretus tristani (Llanvirn sup: -470Ma),le Kerfornella brevicaudata (Llandeilien: -460Ma), ou encore Ectillaenus giganteus du même Llandeilien moyen.
NB: ce bloc de grès d'environ 70cm dans sa grande longueur est visible sur Saint Gelven (information en mairie). Voir aussi: paléontologie du Primaire au Museum d'Histoire Naturelle de Paris.
Un article rédigé sur ce blog le 1 février 2016, parlait d'un bloc de grès armoricain découvert à l'occasion de l'assèchement du lac de Guerlédan en 2015, sur lequel on pouvait voir distinctement une trace de déplacement attribuée à un arthropode de l'Ordovicien et dénommée: "bilobite" ou Cruziana. Les experts, pour ce type de traces fossilifères, parlent d'ichnofossiles. Alors comment à partir de ce tracé assez long, déterminer l'animal qui en est l'auteur?
![]() |
| Cruziana sur grès armoricain de l'Ordovicien |
![]() |
| Parabarrandia sp |
NB: ce bloc de grès d'environ 70cm dans sa grande longueur est visible sur Saint Gelven (information en mairie). Voir aussi: paléontologie du Primaire au Museum d'Histoire Naturelle de Paris.
mercredi 31 octobre 2018
Poème
Transitions épineuses...
Au hasard des visions d'automnales merveilles,
Comme un éclair soudain sur un coeur foudroyé
Où le miroir du temps, par instants oublié
Ravive cette image d'un éternel soleil,
Le parfum me revient de ces roses vermeil...
Je me vois découvrir les secrets d'un jardin
Où de grands oiseaux noirs s'agitent sur les chênes
Dans mon rêve j'entends le murmure des fontaines
Une harmonie naissante en lumineux matins
Et mon âme s'enivre aux suaves parfums
Je sais des roses anciennes qu'un soleil illumine
Dans un château figé sous le manteau du temps
Que reste-t-il à vivre et combien de printemps
Pour aimer à loisir, au parement des ruines,
Les couleurs de la vie qui toujours se devinent?
Inexorablement se vide le sablier
Au jardin déserté, habillé de silence
Aucun retour possible aux verdeurs de l'enfance
Me dit le vent d'automne dans son souffle léger,
Et les houx aux fruits rouges triomphent du rosier.
Au hasard des visions d'automnales merveilles,
| Automne 2017 |
Où le miroir du temps, par instants oublié
Ravive cette image d'un éternel soleil,
Le parfum me revient de ces roses vermeil...
Je me vois découvrir les secrets d'un jardin
Où de grands oiseaux noirs s'agitent sur les chênes
Dans mon rêve j'entends le murmure des fontaines
Une harmonie naissante en lumineux matins
Et mon âme s'enivre aux suaves parfums
Je sais des roses anciennes qu'un soleil illumine
| Vallée du Blavet sous Rosquelfen: 10/2016 |
Que reste-t-il à vivre et combien de printemps
Pour aimer à loisir, au parement des ruines,
Les couleurs de la vie qui toujours se devinent?
Inexorablement se vide le sablier
Au jardin déserté, habillé de silence
Aucun retour possible aux verdeurs de l'enfance
Me dit le vent d'automne dans son souffle léger,
Et les houx aux fruits rouges triomphent du rosier.
mardi 23 octobre 2018
Automne en Kreiz Breizh
| 21/10: Le Bel Automne.M.Sibéril |
Cette année tout le monde aura remarqué le temps bizarre et particulièrement sec de 2018. Il suffit de se promener sur les rives de Guerlédan pour s'apercevoir que le lac a perdu près d'un tiers de sa réserve et si l'anticyclone reste aussi puissant (du jamais vu depuis qu'un baromètre est en fonction dans la maison de Rosquelfen, une fin d'octobre), la sécheresse risque bien de perdurer. Néanmoins, il suffit d'une grosse pluie pour réactiver le réseau souterrain (mycelium) des champignons et produire (dans un délai très court)une quantité de champignons dont la famille des bolets, particulièrement bien représentée dans les bois à composition mixte (comme hêtres et chênes, ou châtaigniers, hêtres, bouleaux et chênes). Un exemple de ce que l'on peut trouver dans les bois du pays en ce moment et en bolets...
| Sortie du 21/10: le Bel Automne. M.Sibéril |
| 21/10: Le Bel Automne. M.Sibéril |
| 21/10: Le Bel Automne.M.Sibéril |
| 21/10: Le Bel Automne. M.Sibéril |
| 21/10: Le Bel Automne.M.Sibéril |
mercredi 17 octobre 2018
Patrimoine rural de Bon Repos sur Blavet: le calvaire de Keriolet
Achèvement de la restauration du calvaire de Kériolet en Laniscat: Bon Repos sur Blavet (22570)
C'est dans le brouillard de la matinée du 16 août que débute la mise en place de la partie sculptée du calvaire par l'entreprise "La Pierre à l'oeuvre"✷ du Morbihan avec l'aide des bénévoles de l'association de Kériolet (voir les articles précédents à ce sujet dans la rubrique "patrimoine" du blog).
La hampe ou fût de la croix, octogonale, a été reconstituée à partir des deux morceaux récupérés au pied de l'ancien emplacement du calvaire (pièce brisée en deux morceaux dans sa chute) et qui va retrouver son socle d'origine également restauré et consolidé. Le granite à grain assez grossier est orienté de façon frustre et de ce fait, a tendance à fendre. Il a donc été renforcé aux endroits les plus fragiles.
Mise en place de la partie terminale. Il s'agit d'un monolithe de granite duquel s'était détachée en plusieurs morceaux, toute la partie avant sculptée: un christ en croix qu'il a fallu reconstituer à partir des débris récupérés au pied de l'ancien calvaire par une Laniscataise, il y a un certain nombre d'années aujourd'hui! Mais tout arrive avec un peu de volonté et de détermination!
Enfin le monument retrouve son harmonie d'origine et nous révèle de nouveaux éléments historiques qui n'étaient pas visibles avant la restauration, comme ces détails du blason qui à notre grande surprise n'est pas celui des Gourdel, le mari défunt de Marie Hamon en 1727, mais bien celui des Quélenec de Kerjacob (7 macles bien visibles sur le blason après nettoyage), c'est à dire exactement le même que le blason offert à la mairie de Laniscat et visible dans les bâtiments de celle-ci par un habitant de Saint Ygeaux; un blason qui figurait également dans le manoir de Kériolet à proximité (qui avait une chapelle privée dotée de cette ornementation décrite par Frotier de la Messelière dans ses dessins des manoirs et chapelles des Côtes du Nord).En effet, cette famille noble se retrouve dans la succession de Keriolet à cette époque (1727). (Voir article sur le blason de la mairie de Laniscat dans ce blog).
✸: La Pierre à L'oeuvre, coopérative de Restauration du Patrimoine, zone artisanale du Clos Joubaud. 56460 VAL D'OUST
NB: cliquer sur les vues pour les agrandir
C'est dans le brouillard de la matinée du 16 août que débute la mise en place de la partie sculptée du calvaire par l'entreprise "La Pierre à l'oeuvre"✷ du Morbihan avec l'aide des bénévoles de l'association de Kériolet (voir les articles précédents à ce sujet dans la rubrique "patrimoine" du blog).
La hampe ou fût de la croix, octogonale, a été reconstituée à partir des deux morceaux récupérés au pied de l'ancien emplacement du calvaire (pièce brisée en deux morceaux dans sa chute) et qui va retrouver son socle d'origine également restauré et consolidé. Le granite à grain assez grossier est orienté de façon frustre et de ce fait, a tendance à fendre. Il a donc été renforcé aux endroits les plus fragiles.
Mise en place de la partie terminale. Il s'agit d'un monolithe de granite duquel s'était détachée en plusieurs morceaux, toute la partie avant sculptée: un christ en croix qu'il a fallu reconstituer à partir des débris récupérés au pied de l'ancien calvaire par une Laniscataise, il y a un certain nombre d'années aujourd'hui! Mais tout arrive avec un peu de volonté et de détermination!
Enfin le monument retrouve son harmonie d'origine et nous révèle de nouveaux éléments historiques qui n'étaient pas visibles avant la restauration, comme ces détails du blason qui à notre grande surprise n'est pas celui des Gourdel, le mari défunt de Marie Hamon en 1727, mais bien celui des Quélenec de Kerjacob (7 macles bien visibles sur le blason après nettoyage), c'est à dire exactement le même que le blason offert à la mairie de Laniscat et visible dans les bâtiments de celle-ci par un habitant de Saint Ygeaux; un blason qui figurait également dans le manoir de Kériolet à proximité (qui avait une chapelle privée dotée de cette ornementation décrite par Frotier de la Messelière dans ses dessins des manoirs et chapelles des Côtes du Nord).En effet, cette famille noble se retrouve dans la succession de Keriolet à cette époque (1727). (Voir article sur le blason de la mairie de Laniscat dans ce blog).
✸: La Pierre à L'oeuvre, coopérative de Restauration du Patrimoine, zone artisanale du Clos Joubaud. 56460 VAL D'OUST
NB: cliquer sur les vues pour les agrandir
samedi 13 octobre 2018
Art et légendes à l'abbaye de Bon Repos, Bon Repos sur Blavet, Côtes d'Armor
Une exposition à ne pas manquer dans l'abbaye de Bon Repos pour ceux qui ne l'ont pas encore vue et qui illustre la légende des origines du monument, par l'artiste Julien Salaud.
Dans les salles partiellement restaurées de l'abbaye, l'exposition encore visible jusque fin octobre débute par "Printemps (Nymphe de cerf) de Julien Salaud 2013":
"Cette oeuvre, comme l'indique le document explicatif, rend hommage au cerf, force de la nature. Avec cette parure de perles, l'artiste transforme le cerf en animal mystique digne d'une figure chamanique. Il est ainsi élevé au rang d'intercesseur de messager des esprits et fait écho à la légende de l'abbaye de Bon Repos.
Au cours d'une partie de chasse en forêt de Quénécan, le Vicomte Alain III de Rohan se lance à la poursuite d'un grand et majestueux cerf. Alors qu'ils atteignent les rives du Blavet, le cerf, pris au piège, est abattu. Eprouvé, le seigneur s'endort paisiblement dans la vallée. Durant son sommeil, la Vierge lui serait apparue et lui aurait inspiré l'idée de construire ici, le lieu de son repos éternel. Ainsi le 23 juin 1184, le Vicomte Alain III de Rohan et son épouse Constance de Bretagne signent l'acte de fondation de l'abbaye Sainte Marie de Bon Repos. Comme une apparition, l'oeuvre "Printemps" semble ici nous guider à travers tous les mystères de nos songes."
"RÊVES STELLAIRES" de Julien Salaud 2018 est une installation créée in situ et inspirée de la technique du "fil tendu". Cette oeuvre est réalisée en fil de coton, clous et lumière noire. Elle mérite vraiment la visite dans un espace "noir" allant du sol au plafond de l'abbaye et donc sur une hauteur de trois étages.
"Julien Salaud s'inspire des recherches de l'ethno-astronome Chantal Jègues-Wolkiewiez pour qui l'emplacement des animaux peints sur les parois de la grotte de Lascaux correspond aux positions des étoiles dans le ciel. A travers ce bestiaire fantasmagorique tiré de la légende fondatrice de Bon-Repos, il rend ainsi hommage à sa muse, la nature.Magicien des étoiles, Julien Salaud dessine la lumière en déployant sur les parois de l'abbaye, un réseau de près de 30kms de fil de coton et de 25000 clous, assisté d'une dizaine de bénévoles de l'association et de 9 étudiants de l'Ecole Européenne Supérieure d'Art de Bretagne (Lorient).
Oeuvre pariétale d'un nouveau genre, Rêves stellaires vient ainsi compléter la série Grottes stellaires, débutée au Palais de Tokyo (Paris) en 2012".
NB: sur cette vue, un fragment de la fresque représentant Alain III endormi et rêvant...Devant lui, un ange aux ailes déployées surmonté d'un personnage courant... Magnifique!
Concernant les raisons historiques de cette fondation de Bon Repos par les Rohan il y a de nombreux ouvrages dont "Kost ar C'hoat, Renaissance d'un terroir de Basse-Bretagne" (par P Jézéquel et JY Hélard, édition Coop Breizh2001, aujourd'hui épuisé) ou "Bon Repos, une abbaye pour la paix" de F.Moal,qui donnent un aperçu de ces raisons bien entendu fort éloignées de la légende.
Dans les salles partiellement restaurées de l'abbaye, l'exposition encore visible jusque fin octobre débute par "Printemps (Nymphe de cerf) de Julien Salaud 2013":
| Printemps (Nymphe de cerf) Taxidermie, fil de coton, perles de rocaille, bois |
Au cours d'une partie de chasse en forêt de Quénécan, le Vicomte Alain III de Rohan se lance à la poursuite d'un grand et majestueux cerf. Alors qu'ils atteignent les rives du Blavet, le cerf, pris au piège, est abattu. Eprouvé, le seigneur s'endort paisiblement dans la vallée. Durant son sommeil, la Vierge lui serait apparue et lui aurait inspiré l'idée de construire ici, le lieu de son repos éternel. Ainsi le 23 juin 1184, le Vicomte Alain III de Rohan et son épouse Constance de Bretagne signent l'acte de fondation de l'abbaye Sainte Marie de Bon Repos. Comme une apparition, l'oeuvre "Printemps" semble ici nous guider à travers tous les mystères de nos songes."
"RÊVES STELLAIRES" de Julien Salaud 2018 est une installation créée in situ et inspirée de la technique du "fil tendu". Cette oeuvre est réalisée en fil de coton, clous et lumière noire. Elle mérite vraiment la visite dans un espace "noir" allant du sol au plafond de l'abbaye et donc sur une hauteur de trois étages.
"Julien Salaud s'inspire des recherches de l'ethno-astronome Chantal Jègues-Wolkiewiez pour qui l'emplacement des animaux peints sur les parois de la grotte de Lascaux correspond aux positions des étoiles dans le ciel. A travers ce bestiaire fantasmagorique tiré de la légende fondatrice de Bon-Repos, il rend ainsi hommage à sa muse, la nature.Magicien des étoiles, Julien Salaud dessine la lumière en déployant sur les parois de l'abbaye, un réseau de près de 30kms de fil de coton et de 25000 clous, assisté d'une dizaine de bénévoles de l'association et de 9 étudiants de l'Ecole Européenne Supérieure d'Art de Bretagne (Lorient).
Oeuvre pariétale d'un nouveau genre, Rêves stellaires vient ainsi compléter la série Grottes stellaires, débutée au Palais de Tokyo (Paris) en 2012".
NB: sur cette vue, un fragment de la fresque représentant Alain III endormi et rêvant...Devant lui, un ange aux ailes déployées surmonté d'un personnage courant... Magnifique!
Concernant les raisons historiques de cette fondation de Bon Repos par les Rohan il y a de nombreux ouvrages dont "Kost ar C'hoat, Renaissance d'un terroir de Basse-Bretagne" (par P Jézéquel et JY Hélard, édition Coop Breizh2001, aujourd'hui épuisé) ou "Bon Repos, une abbaye pour la paix" de F.Moal,qui donnent un aperçu de ces raisons bien entendu fort éloignées de la légende.
lundi 8 octobre 2018
Patrimoine rural de Saint Nicolas-du-Pélem (Côtes d'Armor)
Patrimoine rural au Nord de Saint Nicolas du Pélem
Lorsque l'on prend la route qui passe près de l'étang de Beaucours (et les ruines de son vieux château), la campagne révèle un grand nombre de bâtiments remarquables (manoirs, chapelles, fontaines, calvaires, mégalithes....
Comme ce magnifique et ancien calvaire de Kerléouret (XVe) qui révèle à la base de sa hampe terminale, une piéta sculptée dans la masse et qui constitue la base élargie de celle-ci. Ce monument très élégant avec socle à trois niveaux, révèle une certaine richesse du lieu à l'époque où il a été érigé, dans un secteur où plusieurs maisons nobles jalonnent la route jusque Kerpert, comme les manoirs de Logueltas et du Botcol.
Derrière le manoir de Logueltas, cette fontaine-lavoir, aujourd'hui abandonnée, révèle une architecture intéressante. Un premier "réservoir" protège la source, surmontée d'une stèle avec croix en granite. Cette fontaine alimente le lavoir en contrebas où il reste encore les pierres inclinées utilisées pour le lavage. Quelques éléments de construction déscellés sont encore récupérables pour reconstituer la maçonnerie d'origine. Ce monument dépendait du manoir à proximité. Le manoir de Logueltas est daté du XVe au XVIIIe siècle. Il appartenait à la famille de Becmeur jusqu'au milieu du XIXe siècle (infobretagne, patrimoine de Saint Nicolas du Pélem). Aujourd'hui, ce manoir abrite un gîte rural.
Lorsque l'on prend la route qui passe près de l'étang de Beaucours (et les ruines de son vieux château), la campagne révèle un grand nombre de bâtiments remarquables (manoirs, chapelles, fontaines, calvaires, mégalithes....
| Calvaire de Kerleouret: XVe |
| Fontaine-lavoir de Logueltas |
lundi 1 octobre 2018
Poème
Vent d'automne
Vent hésitant frappe à ma porte
Le bel été s'en est allé
Au bleu d'azur évaporé
Dans l'horizon des saisons mortes
Un champignon de bronze terne
Si rare en sous-bois desséché
Perce le sol enluminé
Aux jours cédant à la lanterne
Mémoire des ombres et des lumières
D'automne encore réactivée
Comme la saveur imaginée
D'une balade forestière
C'est bien le son de la saison
Que le vent porte en la vallée
Ce bruissement si familier
Rythmant le temps d'une oraison
Automne aux fruits, pommes sanguines
Moments si courts de récolter
Saveur des fruits, cidre doré
Passe les jours sur les collines
Mémoire d'enfance que le vent porte
Odeurs et sons tant sublimés
Bonheur sans fin souvent rêvé
Au pays dur des âmes fortes.
Vent hésitant frappe à ma porte
| dans les gorges du Corong, automne 2017 |
Au bleu d'azur évaporé
Dans l'horizon des saisons mortes
Un champignon de bronze terne
Si rare en sous-bois desséché
Perce le sol enluminé
Aux jours cédant à la lanterne
| Quand l'automne était plus humide qu'en 2018! |
Mémoire des ombres et des lumières
D'automne encore réactivée
Comme la saveur imaginée
D'une balade forestière
C'est bien le son de la saison
Que le vent porte en la vallée
Ce bruissement si familier
Rythmant le temps d'une oraison
Automne aux fruits, pommes sanguines
Moments si courts de récolter
| Feuilles en terre cuite: C.Cousin, Kizellan 2015 Mellionnec |
Passe les jours sur les collines
Mémoire d'enfance que le vent porte
Odeurs et sons tant sublimés
Bonheur sans fin souvent rêvé
Au pays dur des âmes fortes.
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