Libellés

vendredi 25 juin 2021

Chapelle de Rosquelfen en Bon Repos sur Blavet, 22570

Avancement des travaux : chapelle de Rosquelfen 

Statue de Saint Loup: 06/2021

 Sur la première photo, la statue de l'évêque qui se trouvait dans le porche d'entrée avant le début de la restauration  et alors sans sa tête, a retrouvé son intégrité et un nouvel emplacement entre le choeur et le transept. Pour les habitants du village qui perpétuent ce que disaient les anciens, cet évêque serait Saint Loup comme le dit également l'historien R. Couffon ("répertoire des églises et chapelles du diocèse de Saint Brieuc et Tréguier" 1939: Les Presses Bretonnes). Pourquoi Saint Loup à Rosquelfen? Il semblerait que ce soit lié aux alliances passées entre nobles du pays et ceux de Guingamp où l'on retrouve Notre Dame de Bon Secours à qui l'édifice de Rosquelfen est dédié et Saint Loup également bien présent à Guingamp et rendu très populaire par le festival du même nom, une fête de la danse bretonne en août de chaque année (sauf en 2020 pour les raisons que l'on ne sait que trop!).

Saint Loup était évêque de Sens au début du VIIe siècle (né près d'Orléans vers 573 et décédé en 623). Il était évoqué pour guérir de la peur, des maladies nerveuses et des maladies des yeux.

Remontage de l'entrée du porche



 l'extérieur, les maçons de ProbâtiBreizh ont commencé à remonter la façade du porche en rétablissant le plein cintre d'origine, redevenu possible après le redressement des piliers latéraux. Ce travail qui nécessite une précision de pose au millimètre va passer sans aucun doute par l'adaptation des claveaux en granite de largeur appropriée après élimination des éléments "exogènes" introduits par les anciens au moment où les piliers s'écartaient en provocant le passage à un arc surbaissé et élargi. Ainsi le porche devrait retrouver son aspect d'origine du tout début XVIe siècle.

dimanche 20 juin 2021

L'ossuaire de Trégornan: commune de Glomel, Côtes d'Armor

L'ossuaire de Trégornan, ancienne trève de Glomel: un patrimoine original

Ossuaire de Trégornan: 06/2021
Ce curieux bâtiment  est situé  sur le placître de l'église tréviale Saint Corentin de Trégornan. Il est décrit dans différents ouvrages comme un ossuaire de style gothique du XVIe siècle, restauré au milieu du XIXe siècle si l'on se réfère à la date inscrite sur les pierres formant l'arc trilobé central de la façade orientée vers le calvaire (on peut lire également sur ce granite la célèbre formule latine indissociable des tombes et  cérémonies funèbres: "requiescat in pace": en français "repose en paix".Cet ossuaire possède une ouverture sur son pignon côté église qui le différencie d'un bon nombre d'ossuaires bretons, comme celui de Saint Gilles à Gouarec ou de Saint Lubin sur l'ancienne paroisse de Kergrist-Moelou, qui ne possèdent pas de porte.

Restes humains du cimetière dans l'ossuaire. 06/2021
La fonction des ossuaires était autrefois de permettre le regroupement des squelettes après disparition prgressive des concessions du cimetière qui étaient donc réaffectées après enlèvement des restes, très longtemps après l'ensevelissement. Cette ancienne pratique est abandonnée depuis fort longtemps mais sa réalité  est toujours bien vérifiable dans ces témoins du passé soigneusement conservés au centre du village: une évocation de notre statut de mortel et du temps qui passe inexorablement.


 

dimanche 13 juin 2021

La tranchée du canal à Glomel, Côtes d'Armor

Inquiétante image d'abandon à la Tranchée du canal, dite aussi "Tranchée des bagnards" en Glomel, Côtes d'Armor.

Tranchée des bagnards: 06/2021

 Le canal de Nantes à Brest possède un tronçon costarmoricain qui présente la particularité de disposer d'une tranchée de raccordement de deux bassins versants, et donc deux directions opposées d'écoulement des eaux: celui du Blavet par son affluent  le Doré vers l'Atlantique: vers l'Est ici, et le bassin de l'Aulne vers l'Ouest. La séparation des eaux qui se fait  à 184m d'altitude, a nécessité le creusement d'une tranchée de raccordement d'un peu plus de 3kms de longueur, réalisée par des bagnards (déserteurs militaires condamnés). Ce travail titanesque va durer 9 ans, pour obtenir un ouvrage qui n'est pas une simple tranchée mais un véritable chef d'oeuvre hydraulique avec régulation des eaux par le barrage du Corong. L'ouvrage de 3 kms  fait 100m dans sa grande largeur pour 23m de profondeur. C'est donc plus de 3 millions de m3 de terre qui seront déblayés à la pelle et à la pioche, c'est-à-dire à la main par quelques 4000 bagnards qui vont se succéder sur ce chantier pendant ces années (1825-1834).On retrouve la trace de 112 décès sur les régistres de cette époque, un nombre sans doute sous-estimé.

Selon l'Ingénieur des Travaux Publics Emile Guyomard, bien connu des anciens rostrenois, la livraison officielle à la navigation du canal s'est faite le premier janvier 1842 avec une facture s'élevant à 45. 500.000 Francs-or, la partie dans les Côtes du Nord (aujourd'hui Côtes d'Armor) étant la plus coûteuse du tracé, du fait du relief (multiplication des écluses et de la tranchée avec pourtant une main d'oeuvre  contrainte au coût limité à sa survie: extrait de la brochure SIVOM Rostrenen du 02/1983).

Contreforts inversés*: 06/2021
Si l'on prend comme référence le site Wikipedia, c'est un montant de 160 millions de Francs-or de 1860 qui correspond au prix de l'ouvrage aux 364kms et 238 écluses (une 17bis à Redon).
Aujourd'hui, le piéton ou le cycliste qui passe sur le chemin de halage peut s'étonner d'un tel état d'abandon pour un patrimoine historique de cette importance et dont il faut hélas constater que seule, la partie costarmoricaine n'est pas navigable. Les multiples arbres tombés dans le canal accélèrent l'envasement général et l'asphyxie du milieu aquatique. L'alimentation en eau de la tranchée n'est plus régulée et certaines parties des berges se sont effondrées dans le lit du canal. Ce triste constat pourrait sans doute donner une image du Département que même la restauration des écluses entre Bon Repos et Mellionnec ne suffit plus à positiver. Peut-être que la prise de conscience de l'intérêt d'une préservation des espaces sensibles comme cette ancienne voie de navigation couplée à la sauvegarde du patrimoine historique d'une telle importance se traduira par une volonté clairement affichée de concentrer les efforts où ils seraient nécessaires.
*: les contreforts inversés sont destinés à retenir la berge et ici, le chemin de halage afin d'éviter l'effondrement dans la voie d'eau.


dimanche 6 juin 2021

Poème

Rêve d'azur

Un éternel printemps

Sous le soleil montant

La terre qui se réveille

D'un long sommeil

AJ: gouache sur carton 60x40

 Par le beau matin frais

Au parfum des oeillets

Le jardin dans les yeux

Rêver à deux


Les échos de ta voix

Résonance d'un émoi

Losque je me souviens

Des jours défunts

AJ: pastel sur carton


Rien ne peut s'oublier

Des romances passées

Et promesses de l'aurore

Aimer encore


Allons sur le chemin

Admirer ce matin

Au présent lumineux

L'horizon bleu.


mercredi 2 juin 2021

Chapelle de Rosquelfen, Bon Repos sur Blavet, Côtes d'Armor

Travaux dans la chapelle de Rosquelfen en mai 2021

Lustre façon XV-XVIe siècle
Le 28 mai dernier, l'architecte du Patrimoine a installé dans la chapelle, les trois lustres qu'il a réalisés en tenant compte des connaissances sur les systèmes d'éclairage utilisés au XVe et XVIe siècle, à savoir un ensemble supportant un certain nombre de bougies qui, pour pouvoir être allumées, devaient être fixées sur un support mobile dont il était facile de trouver l'emplacement car la voûte de la nef dispose de poulies en bois destinées à cet usage. On peut voir la corde qui servait à descendre puis remonter le système. Ce dispositif a été reconstitué comme on l'avait déjà vu dans l'église de Guégon (voir article antérieur sur ce blog) et permet de voir comment l'éclairage était réalisé il y a plusieurs siècles et jusqu'à l'apparition de l'électricité au milieu du XXe siècle. On constate aussi que la nef disposait de deux "lustres" mobiles dont l'un était situé au niveau de l'entrée latérale Sud (porche) et l'autre proche du choeur.

La véritable différence avec les bougies, c'est que celles-ci sont remplacées par des lampes de type "led", beaucoup plus performantes que des bougies, ce qui donne un éclairage bien plus puissant.

Installation d'une marche, entrée du transept

Le mois de juin commence avec l'installation par les bénévoles d'une marche dans l'entrée du transept. Les travaux vont se poursuivre avec le nettoyage programmé des abords de la chapelle et notamment de la partie encore encombrée par les pierres du porche. La remise en place de la voûte du porche traîne hélas désespérément en longueur mais ce chantier n'est pas du ressort des membres de l'association. Ces derniers seront également mobilisés dans les jours qui viennent pour terminer le blanchiment des murs internes de la chapelle avant le pardon du 4 juillet prochain.
 

mardi 25 mai 2021

Nouvelle exposition au musée du Faouët, Morbihan

Le Paysan breton dans la peinture: exposition au musée du Faouët

Le musée du Faouët est connu en centre Bretagne pour ses expositions toujours très intéressantes et bien fournies. Il est ouvert depuis le 19 mai dernier et offre aux visiteurs un aperçu du paysan breton vu par les peintres à la fin du XIXe et début XXe siècle, époque où le monde rural concerne la très grande majorité des habitants de la province, un monde détenteur d'un patrimoine immatériel d'une étonnante diversité.

Cette exposition qui se nomme "Le Paysan breton dans la peinture" est visible jusqu'au 31 octobre prochain.

La partie de cartes. Emile Simon, Musée du Faouët
Dans les peintres à découvrir, Emile Simon (1890-1976) qui expose "La partie de cartes" au Salon des artistes français  ou encore Antoine-Marius Martin (1869-1955) qui est présent par cet "Homme du Faouët", crayon et aquarelle sur papier réalisé en 1911 (Collection du Château des Ducs de Bretagne, Musée d'Histoire de Nantes).

Homme du Faouët, détail Antoine-Marius Martin

Les détails comme celui-ci (visage extrait du tableau "Homme du Faouët"1911) expriment la dureté du temps et du métier de façon remarquable; à découvrir en entier dans ce tableau au crayon et aquarelle.



mercredi 19 mai 2021

Le tertre tumulaire de Lorette, commune du Quillio (22460)

Les vestiges d'un très ancien monument du Néolithique près de la chapelle ND de Lorette au Quillio.

Beaucoup de choses ont été dites sur ces vestiges classés MH depuis 1926, que l'on découvre sur un espace remarquable culminant à 298m et qui constitue le grand réservoir d'eau du Quillio. 

Tertre tumulaire néolithique de Lorette au Quillio
La structure ovale de pierres partiellement couchées vers l'extérieur et très souvent dénommée de façon erronée "cromlec'h" est en fait le parement externe d'un tumulus qui daterait du début du Néolithique moyen, c'est-à-dire entre -4800 et -4500 avant notre ère, ce qui en fait un des monuments les plus anciens du pays. Il a été fouillé en 1956 et  le compte-rendu des fouilles est lisible sur le web (P.R. Giot et J.L'Helgouach: découverte d'éclats de poterie datant du Chasséen notamment). Il s'agit d'une structure de 20m de long par 7m de largeur qui abritait une tombe collective de forme circulaire dans sa partie Est. Le site est situé sur un affleurement de grès armoricain de l'ordovicien (Arénigien) qui forme l'ossature des reliefs en bordure de la partie terminale du Bassin de Châteaulin au Nord.

cartes 278 et 313, extraits
La zone est à cheval sur deux cartes géologiques , celle de Pontivy au Sud (n°313) et celle de Quintin au Nord (n°278) à l'échelle 1/50000.(BRGM, Orléans). En zoomant sur ND de Lorette, on s'aperçoit que le tertre tumulaire est implanté sur un élargissement du niveau des grès armoricains qui à cet endroit dépasse les 300m de puissance. C'est avec les pierres extraites directement dans cet affleurement qu'est constituée la bordure du tertre ainsi que le menhir couché de 2m, indicateur du monument (à gauche de la photo). La silicification abondante décrite sur les pierres de la partie Nord correspond à des remplissages de fissures ouvertes dans les grès armoricains, ce qui n'est pas étonnant à cette endroit, mais la nature pétrographique de ces blocs reste la même. Leur zone d'extraction  est encore visible à proximité et vers le sud du plateau boisé. Il semblerait qu'un autre menhir couché se situe plus au Nord, proche du réservoir d'eau potable et à une centaine de mètres du monument.
Bien entendu dans un lieu aussi "fort", il fallait christianiser l'endroit et ici, cette christianisation s'est faite sans éliminer les vestiges anciens, ce qui mérite d'être souligné car dans bien des cas, ces derniers ont disparu. Il existe donc une chapelle (détruite par la foudre en 1846, reconstruite en 1854). La fontaine située plus à l'Ouest a également fait l'objet en 1874 d'une spectaculaire ornementation, à la hauteur du qualificatif de "miraculeuse" qui s'applique à cette source dans le pays. Sa réputation est sans doute bien antérieure à l'époque chrétienne.
Fontaine du XIXe devant celle du XVIe à droite

La fontaine la plus ancienne est du XVIe et aurait été érigée par le Comte d'Uzel, un compagnon du roi Charles VIII, le premier mari d'Anne de Bretagne (infobretagne, Patrimoine, Noblesse...). 

NB: Ordovicien: 488 à 443 millions d'années.
En bleu au Sud de la carte, le Briovérien (620-540Ma) puis en allant vers le Nord, la succession Ordovicien, Silurien (440-410Ma) et Dévonien(brun foncé: 410-360Ma) jusqu'au nouveau bleu qui lui au Nord est Carbonifère (terminaison du Bassin de Châteaulin: à partir de 359Ma).


 

jeudi 13 mai 2021

Chapelle de Rosquelfen en Bon Repos sur Blavet, Côtes d'Armor

Travaux de restauration en mai: chapelle de Rosquelfen

Enduit terre et chanvre dans le choeur, mai 2021
Pendant que les maçons de ProBâtiBreizh poursuivent la remise en place du porche, les bénévoles de l'association "Les Amis de la Chapelle de Rosquelfen" interviennent pour enlever l'ancien enduit restant sur le mur Sud du choeur, côté sacristie, et le remplacer par un enduit de terre et chanvre en préservant les témoins d'une ancienne ouverture détruite en 1829, date de la construction de la sacristie, dernier élément ajouté à l'ensemble de l'édifice. Cette porte à linteau horizontal a donc été implantée à l'emplacement d'une fenêtre de l'édifice précédent, fenêtre réalisée également à partir de réemploi de pierres taillées en granite et schiste. C'est la préservation de la chronologie de la construction qui justifie ainsi les joints ou l'enduit de recouvrement suivant les cas.

(Cliquer sur l'image pour agrandir).

Pilier Est du porche en cours de remontage



Le pilier Est et son contrefort sont enfin remontés jusqu'à la naissance de la voûte en plein cintre qui doit relier les deux piliers de l'entrée. Celui de l'Ouest est encore à  démonter puis à remonter avant de pouvoir poser les claveaux de la  voûte en granite: un travail qui demande une grande précision dans la pose des pierres et une bonne connaissance de celles-ci qui sont en place depuis le début du XVIe siècle.

Au premier plan de la photo jointe, les pierres taillées de la partie supérieure du pilier Est sont préparées pour leur mise en place: pose d'un anneau métallique facilitant la montée et l'ajustement millimétré de chaque pierre.

jeudi 6 mai 2021

Canal de Nantes à Brest dans sa partie costarmoricaine

Ecluse de Kerlouet en Plélauff

Ecluse de Kerlouet en 2021

 Le printemps 2021 et les restrictions de circulation dans un rayon de 10 kms autour du domicile ont eu au moins cet intérêt de pouvoir regarder de plus près  ce qui se passe dans le secteur. Ici, en prenant le halage on voit que les écluses sont progressivement réhabilitées. On va dire qu'il n'est jamais trop tard, mais que de temps il a fallu pour que cet ouvrage exceptionnel (le canal) suscite un intérêt du Département!

Il est vrai que le canal est très au Sud et constitue à Guerlédan, la limite entre les Côtes d'Armor et le Morbihan. Rappelons au passage que le canal est navigable dans les autres départements  et que celui des Côtes d'Armor reste à la traîne. Il faut donc se réjouir de voir progressivement et avant qu'il ne soit trop tard, les efforts d'investissement dans l'entretien de cette voie d'eau, comme ici la restauration de l'écluse de Kerlouet entre Gouarec et Plélauff.

Nouvelle porte sur l'écluse de Kerlouet: avril 2021

Reste le problème de l'encombrement du canal par les végétaux dont les arbres qui tombent dans son lit et accélèrent l'envasement général, un autre problème à résoudre avant de pouvoir à nouveau naviguer sur ce canal de 360 kms de longueur et 236 écluses.

samedi 1 mai 2021

Poème

Premier Mai 2021

Dans les vents d'Est aux fraîcheurs post-hivernales

Je devine le souffle léger rythmant le silence nocturne,

Une silhouette intemporelle qui interroge le ciel...

Le cinquième élément, l'Ether, abolit les distances

Fusionne les âmes et apaise les consciences.

Dans les fragrances subtiles de fleurs à peine écloses,

Je regarde fleurir le muguet du jardin.

J'aimerais que le souffle léger d'un vent d'Ouest

Répande la discrète caresse de son parfum

Aux confins de la péninsule

En substitut à tous les mots d'amour

Qui n'ont pas été dits.
 

lundi 26 avril 2021

Poème

Le lac au printemps

C'est un endroit du lac

Fréquenté des trois Parques

Déserté par les gens.

Le calvaire au Prieur*

Se souvient d'un malheur

Enfoui depuis longtemps

Lac de Guerlédan:avril 2021

C'est bien de Trégnanton

Que dérivent les sons

Portés par ma mémoire

Le temps s'est arrêté

Afin de contempler

L'écrin de cette histoire


Je me souviens aussi

D'une fée près d'ici

Savourant sur les eaux

Cet éclat d'un printemps

Quand un prince charmant

La berçait de ses mots


La vallée engloutie

Silencieuse et fleurie

Conserve ses secrets

Sous les eaux scintillantes

Sur les berges vivantes

S'effacent les regrets

Le lac vu du bois de Caurel: avril 2021

Silence et harmonie

La beauté de la vie

S'étale et m'émerveille

C'est dans ce temps figé

Au décor printanier

Que le futur sommeille.

*: voir sur ce blog, les articles du 2 mars et du 6 mai 2018.

 

mercredi 21 avril 2021

Nécropole du Liscuis en Bon Repos sur Blavet, Côtes d'Armor

L'allée couverte Liscuis II, à l'épreuve des visiteurs.

L'allée couverte Liscuis II est le monument le plus au Nord de l'ensemble des trois allées couvertes du Liscuis, sur la commune de Laniscat (Bon Repos sur Blavet aujourd'hui). Cette allée couverte est datée de 3000 à 3200 avant JC (BC). Elle est donc située chronologiquement entre Liscuis I qui est la tombe en V la plus haute dans la topographie et la plus ancienne (4000 BC,6000 ans environ) et Liscuis III , la plus à l'Est et topographiquement la plus basse dont il est fait mention le 15 mars dernier sur ce blog, la plus récente (2300BC, 4300 ans environ).

Liscuis II vue du Sud
C'est une grande allée couverte orientée Nord-Sud avec un vestibule côté Nord qui fait 2m50 de longueur et déjeté vers le Nord-Est. La chambre funéraire fait 8m50 de long et est séparée d'une grande structure de 3m50 dans le prolongement de la chambre funéraire, par une dalle septale échancrée en demi-cercle pour laisser passer un corps (visible sur la photo). Cette chambre annexe fait une légère angulation vers l'Ouest. Cette partie remplace la courte cellule annexe visible sur Liscuis I.

Ce monument possède un cairn elliptique partiellement conservé et bien visible depuis le nettoyage assez récent du lieu. Ce cairn fait 20m de longueur par 12m de largeur.

Il y a quelques semaines,  des visiteurs accompagnés d'enfants ne s'étonnaient guère de voir ces derniers  déplacer des dalles de schiste au fond de la chambre funéraire principale. Malgré la présence d'un câble acier limitant l'accès, le lieu était manifestement considéré comme un terrain de jeux comme c'était le cas un demi siècle plus tôt! Ceci est bien dommage car cette allée couverte présente un aménagement unique du sol de la chambre funéraire.

Liscuis II , vue du Sud, angle différent
En effet, le sol de cette chambre est aménagé avec un soin remarquable. Il est dallé de grandes plaques de schiste soigneusement ajustées sur deux rangs et calées par un poutrage longitudinal fait de trois rangées de blocs de grès alignés, créant un "vide sanitaire" sous la chambre.(Extrait du rapport de fouilles par Charles Tanguy le Roux.1975) Les désordres occasionnés par les passants ne permettent plus de voir cette particularité majeure du monument qui marque une évolution significative, un millénaire après la construction de Liscuis I. Les découvertes des fouilles  dans ce monument se résument à une demi douzaine de silex dont quatre petites lames, une parure en pendeloque sur galet de quartz, un petit rognon de silex à perforation naturelle agrandie, une plaquette de schiste percée, une belle hache pendeloque en fibrolite (c'est un minéral appelé sillimanite, fibreuse et inexistante à proximité du secteur), cinq haches polies et un fragment d'une sixième, toutes en métadolérite de Quelfenec.

C'est hélas souvent l'ignorance en action qui efface les particularités et détails de ces tombes collectives, pourtant les témoins uniques du début de l'humanité sédentaire, celle qui construisait ces monuments,  dans des lieux qui n'ont pas été choisis au hasard, pour y déposer leurs morts. Alors un peu de curiosité intellectuelle ou simplement de respect du site permettrait de s'affranchir des décidément nécessaires panneaux d'interdiction!
 
 

mardi 13 avril 2021

La dalle gravée de Saint Bélec en Leuhan, Finistère

Redécouverte de la dalle de Saint Belec, un bas-relief du Bronze ancien.

Dans un article de l'Ouest-France du 8 avril dernier, Emilie Chaussepied nous retrace "La folle histoire de la plus vieille carte en relief retrouvée en Europe". Et en effet, cette pièce unique intéresse tous les passionnés d'archéologie et bien au-delà!

La dalle gravée de St Belec: O-France 8/04
On trouve les détails de cette histoire dans le Bulletin de la Société préhistorique française du 6 avril 2021. De quoi s'agit-il? D'une dalle en "schiste des Montagnes Noires" indique le site de l'Inrap où Yvan Pailler, chercheur Inrap-UBO et Clément Nicolas, post-doctorant Marie Curie/ Bournemouth University, nous parlent de cette découverte majeure. Il s'agit donc d'une dalle monolithe en schiste probablement Briovérien (Protérozoïque supérieur: 570 Ma), gravée à l'âge du Bronze ancien (en Bretagne: de -2200 à -1600 avant notre ère). Elle pèse 1500 kg environ pour 2m de longueur, 1,53m de largeur et 16cm d'épaisseur. Gravée et incisée, elle est utilisée en réemploi dans le caveau d'un tumulus. Elle formait l'un des côtés d'un coffre en pierres, le côté opposé étant  un bloc de quartz. L'ensemble était recouvert d'une dalle et ce coffre constituait une structure englobée dans le tumulus, une manière de faire différente de la période précédente dite du Néolithique aux allées couvertes bien connues.
Le réemploi de cette dalle gravée est donc aussi du Bronze ancien (si elle est gravée autour de la période: -2000-1900 BC, elle a été réemployée vers la fin du Bronze ancien: -1700-1600 BC, date du tumulus.
In-situ avant le démontage: du Chatellier, doc Inrap
C'est l'archéologue préhistorien du Chatellier qui en fin XIXe fouille le tumulus de Saint Bélec. Il sait alors qu'il vient de faire une découverte majeure mais sans pouvoir déchiffrer le sens des gravures (voir photo avant démontage). Paul du Chatellier décède en 1911 et 13 ans plus tard, sa collection est vendue au Musée des Antiquités Nationales de Saint Germain-en-Laye (1924) dont la fameuse dalle qui est redécouverte en 2014 par les archéologues. Ceux-ci disposent aujourd'hui des moyens de "faire parler" la pierre, comme la photogrammétrie 3D (3 scanners 3D).

Photo Denis Gliksman, Inrap


Cette dalle de 4000 ans, traitée en bas-relief, restitue une zone géographique de 30 kms de long et 21 de large orientée ENE-OSO qui correspond au cours de la rivière Odet: espace d'un prince ou d'un roi de l'époque, ce qui "témoigne d'une forte hiérarchisation de cette société"(Clément Nicolas), une constatation déjà faite au Néolithique devant des monuments aussi impressionnants que le grand cairn de Barnenez ou les alignements de stèles de Locmariaquer. Elle permet aussi de constater que cette civilisation du Bronze dispose de la capacité de représentation spaciale sous forme d'un bas-relief étonnamment conforme à la réalité géographique; une surprise et une avancée dans la connaissance de cette société.


mercredi 7 avril 2021

Chapelle de Rosquelfen en Bon Repos sur Blavet (22)

Restauration de la porte Sud de la nef: mars 2021

Porte sous le porche Sud

 Les Charpentiers de Bretagne (Moréac)ont poursuivi leur travail de restauration sur cette ancienne porte située sur l'entrée Sud de la nef, celle qui est protégée par un porche actuellement en travaux. Cette mise en place a été réalisée en mars 2021 mais cette entrée de la chapelle reste encore actuellement inutilisable jusqu'au remontage complet du porche.

Le mur du côté Est du porche a enfin été redressé par usage des vérins hydrauliques, après avoir complètement démonté le pilier et contrefort de l'entrée (ProBâtiBreizh d'Hillion pour la maçonnerie et l'architecte du Patrimoine pour la technique de relevage du mur). Le tout est maintenant à remonter jusqu'à la base de la voûte d'entrée. Le même processus sera ensuite exécuté sur le mur Ouest. Les deux murs n'ont pas été descendus en même temps du fait de l'important volume de pierres du chantier qui encombre le cimetière et de la nécessité de positionner chaque pierre enlevée afin de pouvoir retrouver sa place précise lors du remontage.

Porte vue de l'intérieur

Sur la vue interne de la porte, on devine le système de pivot qui fait office de gond et qui est le système d'origine. Le dispositif de fermeture  par contre a été modifié au cours du temps.

 Actuellement et compte-tenu de l'avancée des travaux de maçonnerie, il est possible d'envisager la fin de ces travaux lourds avant l'été. Il restera la charpente et la toiture à remettre en place pour terminer cette cinquième tranche de travaux.

lundi 5 avril 2021

Poème

L'attente     (en écho au poème du 19 mars 2020)

Sur les rochers nus

Polis par les ans

Le nouveau printemps

Ne me parle plus


Le temps s'est figé

Vie sans lendemain

Quand la liberté

Disparaît soudain


Espérance déçue

Etonnant silence

Morte aussi la danse

Hélas disparue


Le ciel toujours bleu

S'éteint chaque soir

 quand dans les yeux

Les feux de l'espoir?


Les sources au printemps

Les vivants ruisseaux

Seraient-ils trop tôt

Pour fêter l'instant?


Du vaccin sais-tu

L'espoir des humains

Le sort incertain

D'un temps suspendu?