Libellés

lundi 16 mai 2022

Le grand menhir de l'Etoile ou Mein Braz en forêt de Camors (Morbihan)

Mein braz ou Menhir de l'Etoile en forêt de Camors, Morbihan

menhir de l'Etoile.Photo Yvon Boëlle

 Dans la forêt de Camors, le marcheur croise quelques mégalithes du Néolithique dont le Mein Braz et ses trois mètres de hauteur qui n'est pas sans rappeler celui de Roc'h ar Lin en Saint Mayeux mais celui-ci est en granite, classé MH depuis 1934. Une autre pierre considérée comme menhir est couchée à proximité. Si on se déplace de 500m environ, deux autres menhirs sont encore visibles aujourd'hui dont le Mein Vihan (la petite pierre) qui fait 1m70 et son jumeau possible couché à proximité et nettement plus grand.


Illustration tirée d'un livre remarquable: "Des bretagnes très intérieures" de Yvon Boëlle, Marc Nagels, Jean Hervoche et Philippe Le Guillou.

lundi 9 mai 2022

Film de Jean Luc Chevé et l'assec du lac de Guerlédan en 2015

Les Gueules bleues de Guerlédan, film de Jean Luc Chevé.

Affiche de Cinelia 2022
Voici paru depuis peu un film de 90 minutes réalisé par Jean Luc Chevé à partir de l'assec du lac de Guerlédan, une vidange du lac considérée en 2015 comme la dernière à faire, compte tenu de l'évolution des techniques et méthodes de contrôle du barrage. Ce lac vidé a fait resurgir la vallée du Blavet canalisé avec ses écluses englouties et son chemin de halage mais aussi les maisons et carrières d'ardoises qui ont jusqu'au milieu du XXe siècle vu s'épuiser à la tâche des générations d'ouvriers dans les exploitations souterraines, abandonnées au moment de la montée des eaux du lac (voir articles précédents sur l'assec de 2015 sur ce blog). L'activité a perduré en surface, dans les veines exploitables au dessus du niveau des eaux jusqu'aux années 1950-60.

"Les gueules bleues de Guerlédan"est un film qui traite de la vie des ardoisiers qui travaillaient dans cette vallée en donnant la parole aux descendants de ces travailleurs et aux témoins de la fin de cette époque (comme Hervé Pochon, le dernier carrier de la vallée sur Bon Repos sur Blavet.)

Ce film procure une émotion intense qui témoigne de la justesse du propos des gens du pays, mais aussi par les images d'une beauté saisissante auxquelles il faut rajouter un son qui restitue fidèlement celui de la pierre jusqu'à l'ardoise... 

Le lac vers Trégnanton en mai 2022

Pour connaître et comprendre ce pays et les gens qui en sont originaires, il faut voir ce film et le montrer aux jeunes générations qui n'imaginent pas la vie que menaient ces "gueules bleues" dépassant rarement 40 ans, et leurs familles.

 Les marques de leur travail, laissées dans les parois schisteuses de Guerlédan, les murets en pierres sèches qui garnissent le flanc Nord de la vallée, Les puits d'extraction taillés dans la roche,imposent  au visiteur de passage un sentiment dominé par l'infini respect pour des gens pauvres et souvent méprisés de leur vivant. Simone, fille du forgeron des carriers qui intervient dans ce film à 93 ans et décédée depuis,se souvenait très bien de ces temps très durs mais conservait la mémoire d'une vie riche de la beauté du lieu, des couleurs, des odeurs et des sons...

Contact: cinelia@orange.fr  (02.96.25.06.25).


 

dimanche 8 mai 2022

Vision ancienne de Rosquelfen en Bon Repos sur Blavet (22)

Rosquelfen en Laniscat (Bon Repos sur Blavet) entre 1900 et 1960

ancienne carte postale début XXe, la chapelle

 Cette vue montre la chapelle de Rosquelfen au début XXe siècle avec son dôme de zinc recouvrant le clocher ainsi que l'entrée principale de l'enclos avec son portail en bois. Sur cette vue, le pignon du transept est encore en position normale. Il va commencer à s'incliner vers le sud  au début des années 1960.


Chapelle et ferme vues du Nord-Ouest avant 1914



Sur cette seconde vue prise du N-W et au début du XXe siècle, on constate une montée du lierre sur le clocher. Une ferme avec sa cour se situe au Nord-Ouest immédiat de l'enclos. Seul subsiste aujourd'hui le bâtiment de droite (le plus bas) qui borde l'ancien passage derrière la chapelle.

ND de Bon Secours dans le porche


Dans le porche d'entrée, côté Sud, on peut voir la statue d'Itron Varia Gwir Sikour (Notre Dame de Bon Secours) à qui la chapelle est dédiée et qui se situe dans son armoire-dais (fin XVe,débutXVIe)sans les portes, actuellement entreposé dans la chapelle. Son état fortement dégradé a poussé les bénévoles des "Amis de la Chapelle de Rosquelfen" à refaire ce dais pratiquement à l'identique mais en imaginant le décor interne des portes ainsi que le chapiteau disparu ici pour pouvoir faire passer le meuble sous la voûte du porche.

Après la fin de la cinquième tranche des travaux (février 2022), ce meuble du XVIe n'a pas été replacé à cet endroit et la statue est à nouveau dans son dais reconstitué et positionné dans la nef.

dimanche 1 mai 2022

Poème

 Beltaine

C'est au temps de Beltaine où les landes fleurissent

Qu'un soleil généreux active les couleurs

Les mois sombres s'en vont, les chênes reverdissent

Sous leurs ombres mouvantes, les sensations demeurent...


Guerlédan en avril 2022

 Je sais qu'en fin de jour, la Muse qui m'accompagne

Sur les sentiers fleuris de la belle saison

Pressent les intersignes autour de la  maison,

Ces corneilles du soir qu'une agitation gagne...


Le grand disque lunaire dans un ciel sans nuage

Etend son jaune blafard des crêtes aux vallées,

Un parfum de muguet par la brise porté

Réinvente une Alliance dans ce temps sous orage


La nuit éteint les ombres et si peu la mémoire!

Quand la fontaine chuchote sa romance de minuit

 travers la pénombre, c'est un  regard qui luit

Toujours d'ambre et de miel, la perpétuelle histoire...

vendredi 29 avril 2022

Fontaine Sainte Barbe au Faouët-Morbihan

La fontaine Sainte Barbe au Faouët, une autre fontaine de dévotion.

Fontaine Sainte Barbe du Faouët

Contrairement  aux fontaines précédentes de Laniscat ou de Magoar, la fontaine Sainte Barbe habille d'un petit monument, une source qui est un exhaure naturel du massif granitique dans lequel est construite la chapelle Sainte Barbe, lui donnant un cadre absolument unique en Bretagne, à flanc de roche et au-dessus de la rivière Ellé, dans un lieu magnifique qui fait la réputation de ce monument. Cette roche nommée "Roc'h ar marc'h vran" en breton (la roche du cheval corbeau) laisse supposer un lieu particulier bien antérieur au christianisme.Ce lieu se situe également sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle.

La fontaine est donc ici constituée d'un bâti protecteur (XVIe) en granite avec bassin unique où les pélerins buvaient une gorgée d'eau en invoquant Sainte Barbe. Cette sainte, vierge martyre du IIIe siècle est la patronne des pompiers, artilleurs, mineurs et se retrouve statufiée dans de nombreux édifices religieux car elle est invoquée pour la protection contre la foudre et les incendies, un fléau redouté depuis toujours. Si le pardon de Sainte Barbe est célébré fin juin, la fête de Sainte Barbe est  en décembre et constituait autrefois un rite des temps sombres dans le découpage du temps évoqué précédemment en parlant des celtes. Il ne fait aucun doute que cette fontaine devait précéder l'actuelle bien avant le christianisme.

Sainte Barbe décapitée


La statue en granite à grain moyen est toujours présente dans cette fontaine située dans le bois en contrebas de la chapelle, mais elle a subi, sans doute à la Révolution, une décapitation bien visible. On distingue sur le flanc gauche de la statue (à droite sur l'image), la tour crénelée qui symbolise le martyre de cette sainte, enfermée dans cette tour par son bourreau qui était aussi son père.

Une pratique que l'on peut assimiler à une superstition perdure encore de nos jours. Elle consiste à jeter dans le bassin, une pièce de monnaie en faisant un voeu ou en simple geste de reconnaissance vis-à-vis de cette sainte protectrice, toujours présente dans la mémoire des habitants, rassurés aussi par la persistance d'une eau s'écoulant de la roche à cet endroit.

Voir sur ce blog, articles antérieurs sur Sainte Barbe.

dimanche 24 avril 2022

Rituels et fontaines sacrées en Kreiz Breizh: la fontaine Saint Gildas de Laniscat - Bon Repos sur Blavet (22)

Fontaine du chien- Fontaine du chat-Fontaine de Saint Gildas à Laniscat.

"Feunteun ar C'hi- Feunteun ar C'hazh- Feunteun Sant Weltas" 

Fontaine aux trois bassins
à Laniscat, route de St Mayeux
Cette fontaine originale par ses trois bassins (la statue de Saint Gildas a disparu), se trouve à proximité et au bas de l'élévation schisteuse où se situe la chapelle Sant Weltas (Saint Gildas) du XVIIIe. Cette chapelle remplacerait un monument (tumulus) du néolithique annoncé par un menhir encore debout dans la parcelle située au Nord immédiat de la butte.(voir articles sur ce blog)

Un panneau rédigé en trois langues (breton, français et anglais) explique au passant que cette fontaine était fréquentée pour les bienfaits de St Gildas, guérisseur de la rage qui se nommait ici "droug Sant Weltas" (le mal de St Gildas). Un pardon a lieu dans cette chapelle le dernier dimanche de janvier, d'où le dicton:    " Deiz pardon sant Weltas, Kolla ar goañv ge dent bras, Pe 'bada kant deiz c'hoazh!"   

(Au pardon de Saint Gildas, Le rude hiver s'en va, Ou se prolonge de 100 jours!)

Mais pourquoi une fontaine associant le chien et le chat dans un rituel autour de l'eau?

Il faut remonter au temps des Celtes pour  approcher l'origine de ces rites  bien antérieurs aux monuments encore visibles aujourd'hui. L'année celtique comporte deux saisons: une saison sombre débutant à Samain (après le 1ier novembre, devenu la Toussaint et le jour suivant: celui des morts pour le christianisme) et la saison claire qui débute à Beltaine (1/05). C'est donc avant la "purification" d'Imbolc (le premier février) qu'a lieu le pardon de Saint Gildas (dernier dimanche de janvier). Le même rite se déroule à Magoar, un peu plus au Nord.

Fontaine de Saint Gildas (aux chiens) de Magoar 
Chaque 31 janvier, les chiens étaient amenés en procession à la fontaine, après l'office et on leur donnait à manger. Cette cérémonie devait croyait-on alors, les protéger de la rage.
Bernard Rio indique à propos des animaux et fontaines: " L'offrande du pain s'avérait le point commun entre les chiens et les chevaux. Ces animaux chtoniens fréquentaient les mondes d'en haut et d'en bas, allaient et venaient de la saison noire à la saison blanche. Le pardon des chiens en hiver à la chapelle Saint Gildas à Laniscat, le pardon des chevaux en été à Penvenan. La fontaine servait de porte spatio-temporelle pour ces messagers de l'Autre Monde. Le rite de fécondité se doublait d'un rite de protection."
Ainsi, malgré les efforts du clergé (Concile de Trente), les rituels autour des fontaines ont longtemps conservé la marque d'une ancienne civilisation qui considérait les points d'eau, ces sources de la vie, avec un infini respect,bien différemment d'aujourd'hui! Les humains associaient alors à ces rituels,les animaux comme le cheval et le chien, partenaires indispensables au moins jusqu'au siècle dernier. Mais alors le chat? Cet animal qui n'a pas la réputation d'aimer le contact de l'eau est néanmoins un partenaire des humains pour la protection des réserves de grains et doit lui aussi être protégé des maladies par les vertus de l'eau de cette fontaine sacrée.Aucun rituel n'est indiqué à propos du chat dont on peut imaginer qu'il pouvait sans doute boire quelques gouttes d'eau sacrée, être nourri comme le chien et disposer ainsi de la protection du Saint contre les maladies.
Pour Christian Le Gac, les pratiques rituelles liées aux eaux miraculeuses des fontaines sont de trois ordres: les rites de guérison (comme l'eau de la fontaine St Ignace en Ste Brigitte qui aurait guéri du typhus), les rites de divination (comme à St Efflam) et les rites de protection comme à Laniscat et Magoar. Ces rites, aujourd'hui abandonnés restent bien présents dans la mémoire des anciens.
Sources: "Sur les chemins des pardons et pélerinages en Bretagne" par Bernard Rio.
Blog de christianlegac. Infobretagne: patrimoine de Laniscat et Magoar.



lundi 18 avril 2022

Recherches INRAP: complément à l'article du 12 avril 2022

Chantier de l'INRAP sur le contournement de Rostrenen (suite)

Ancien fossé comblé vu en coupe

Sur cette vue, on distingue parfaitement le comblement d'un ancien fossé par un sédiment plus sombre qui s'arrête contre le parement du fossé où le sol en place est bien visible. Ce genre de contact permet de se faire une idée de la morphologie et de la profondeur des fossés qui ceinturaient un espace occupé par les hommes. Ici la datation n'est pas précisée (époque gauloise ou gallo-romaine).

Carte d'Etat Major de 1866

Cette carte d'Etat-Major de 1866 est intéressante car elle situe le secteur fouillé par les archéologues dans son contexte du XIXe siècle avec la réalisation depuis peu du canal de Nantes à Brest et donc de la fameuse "Tranchée du canal", creusée par les bagnards  qui ne se trouve pas très loin de la zone étudiée.Sur cette carte, la route nationale passe par la voie romaine et arrive à Rostrenen par Saint Jacques. La N164bis (Montauban-Rostrenen) est sans doute décidée par Louis Philippe en 1848. La portion Rostrenen-Carhaix (ex route royale 164) a été aménagée sous la 3e République (C.R.)


Réserve souterraine (grains)


Tous les "greniers" à céréales ne sont pas montés sur poteaux, bien qu'il y en ait un très grand nombre sur le site étudié ou à proximité. On trouve parfois des cavités (environ 1 m3 ou un peu moins) souterraines parfaitement formées ou taillées en forme de réceptacles ovoïdes ou arrondis et destinés à conserver des denrées végétales ou alimentaires. Ces cavités sont différentes des trous de poteaux qui sont cylindriques et non "ventrus" comme ce type de cavité-magasin.


PS: photos PJ, carte EM fournie par Christian Robert. 
 


mardi 12 avril 2022

Chantier de l'INRAP sur le contournement de Rostrenen, Côtes d'Armor

 l'ouest de Rostrenen vers Carhaix, visite de l'important chantier de fouilles de l'INRAP.

à la jonction du contournement et de la N164
Ce très important chantier de fouilles effectué par l'Institut National de Recherches Archéologiques Préventives, recouvre une surface de 8 ha à proximité du croisement de la route Glomel-Kergrist-Moëlou et la N164. Il occupe tout l'espace compris entre cette route de Glomel à Kergrist à l'Est, et entre la N164 et l'ancienne route, également la voie romaine dans son extension Nord-Sud. Cette zone ne recouvre qu'une partie (importante) des indices présents dans ce secteur.

Cartes géologiques à 1/50.000 n°277 et 312. IGN


Sur la carte géologique (éd BRGM, Orléans) on peut voir que ce chantier se situe dans le carbonifère (Bassin de Châteaulin) mais très proche de l'auréole de métamorphisme du granite de Rostrenen qui affleure au Sud de la zone.

Plan des fouilles INRAP




 Sur ce plan fourni par Mr Serge Mentele, responsable des fouilles, on aperçoit les restes d'un réseau viaire (anciennes voies de circulation) et de nombreux vestiges: fossés comblés, trous de poteaux (greniers à céréales et autres constructions), zone d'inhumation (nécropole) et vestiges d'une ancienne chapelle sur l'emplacement d'une plus ancienne. Sur ce type de fouilles, on comprend très vite que l'une des principales difficultés des archéologues, est de démêler la chronologie de l'occupation de cet espace et d'en comprendre le fonctionnement à chaque période historique. Les indices vont en effet de la Tène (Ve siècle avant notre ère) au XIe siècle, en passant par l'époque gallo-romaine. Dans le questionnement des archéologues: la relation entre le réseau viaire et la voie romaine qui passe au Sud (largeur de 15m à cet endroit pour la grande voie Condate-Vorgium!).

Double fossé comblé, coupe
La visite a lieu à l'initiative de Christian Robert de Rostrenen avec l'Association de Mise en Valeur des sites naturels de Glomel (Aline Bifolchi) le jeudi 24 mars dernier par beau temps. Un compte-rendu complet de cette visite nécessiterait plusieurs pages et de nombreuses vues. Cette première vue en coupe des fossés permet d'évaluer leur profondeur et leur aspect. Les fouilles sont exécutées après enlèvement de la surface (terre arable).
Nécropole et vestiges de la chapelle (blocs à droite)


De nombreuses tombes sont découvertes dont certaines "anthropomorphes à coussinet" destinées à recevoir un corps sans cercueil et d'autres, simples cavités pour cercueil. De la chapelle, il reste notamment un empierrement de fondation à l'aplomb d'un fossé comblé dans l'un des angles de l'édifice, ainsi que les traces d'un édifice plus ancien dans le même emplacement.

Voie avec fossés et "tablier" empierré en quartz laiteux.

 propos de la relation entre le réseau viaire et la voie romaine qui passe à proximité, des recherches restent encore à terminer. Ces voies sont particulièrement soignées par l'existence de fossés latéraux et par la "surface de roulement" ou "tablier" empierré à partir de quartz blanc concassé, récupéré sur place dans les nombreuses amygdales ou filons traversant les schistes ardoisiers de ce secteur. 

Carte Cassini avec la mention "chapelle neuve"

Ce sujet montre l'importance de l'occupation du territoire depuis l'époque gauloise et jusqu'au Haut Moyen-Âge. Le nombre de vestiges de "greniers" ou réserves à céréales donne également une idée de l'importance du site et on attendra avec impatience le rapport de fouilles de l'INRAP pour en savoir plus sur ces recherches. Un grand merci à Serge Mentele pour le temps consacré à cette visite et à Christian Robert pour l'avoir initiée et pour les documents fournis.

Autres Sources:Contournement de Rostrenen: "côtes-darmor.gouv.fr". Cartes 277 et 312:IGN-BRGM, Orléans. Doc INRAP.

samedi 2 avril 2022

Expositions à l'abbaye de Bon Repos (22)

Nouvelles expositions dans l'abbaye de Bon Repos, en Bon Repos sur Blavet, Côtes d'Armor

Dans les ruines de l'abbatiale de Bon Repos

Depuis hier, premier avril, il est possible d'admirer à l'abbaye de Bon Repos  une installation artistique

nommée:"Au-delà" de Cédric Verdure, aidé par l'équipe de bénévoles de l'abbaye comme à chaque résidence d'artiste dans ce lieu historique , qui investit l'ancienne abbatiale, nécropole des vicomtes de Rohan jusque la fin de XVIe siècle. Ces créatures fantomatiques, réalisées en grillage façonné pour créer des silhouettes que le visiteur de passage imagine tout droit sorties du Moyen-Âge, font penser à une sorte de réveil étonnant des personnages qui ont fréquenté cette abbatiale cistercienne à l'époque de sa splendeur, entre le Moyen-Âge et les guerres de Religion.


Dans le transept Nord de l'abbatiale...

Résurgence fantomatique d'un passé où les vicomtes de Rohan et les abbés étaient inhumés dans le choeur de l'église abbatiale. (Au cours des fouilles des années 80, les ossements ont été regroupés et transportés dans le cimetière de Saint Gelven). Aujourd'hui, il ne reste que la base des murs et piliers.

Dans les pas d'Alice



Dans la même abbaye , mais cette fois dans les bâtiments de la façade Sud-Est, une autre exposition attend le visiteur: "Dans les pas d'Alice",de Dominique Richard, une immersion dans l'univers d'Alice, l'héroïne du roman de Lewis Carroll ("Alice au pays des merveilles"). Sur ce thème, plusieurs salles nous replongent dans l'atmosphère fantastique d'Alice dans son merveilleux pays! Un voyage qu'apprécient les enfants mais aussi les parents!


mercredi 23 mars 2022

Les mini-cairns du Liscuis en Bon Repos sur Blavet (22)

Les "cairns" du Liscuis en Laniscat, Bon Repos sur Blavet 

minicairn au Liscuis
Il est toujours assez étonnant d'entendre parler de cairn à propos de ces empilements sommaires de pierres volantes, résidus des exploitations d'ardoises encore en activité au XX e siècle, alors que cette appellation est couramment employée en Bretagne pour désigner des monuments comme Barnenez en Pouezoc'h, sur la côte Nord où le monument néolithique fait plus de 70m de longueur sur 25 de large, ou celui de Goasseac'h en cours d'étude près de Carhaix, et d'extension encore plus importante que le cairn côtier.
Si ces empilements de débris de schiste ne gênent personne ici, il est souvent recommandé de ne pas se laisser tenter par cet "empilement-souvenir" car sur la côte par exemple, il perturbe l'habitat d'une faune de bord de mer, ou sur des sentiers de montagne, il  vient parfois modifier la signalétique des sentiers dans des endroits sans végétation ni poteaux indicateurs, signalétique réalisée par ces empilements qui ont alors une fonction bien précise, orienter le marcheur de passage.
au-dessus de la vallée du Blavet



Sur le Liscuis, le sentier passe sur les crêtes du Dévonien (étage de l'ère primaire ou paléozoïque) qui dominent la vallée du Blavet entre Gouarec et Bon Repos. Lorsque le marcheur surplombe cette vallée en face de l'écluse de Saint Hervé, seule écluse entre Gouarec et Bon Repos, il passe sur les débris des anciennes carrières d'ardoises que l'on peut qualifier ici d'ardoises mordorées comme celles qui ont servi à couvrir les toitures de l'abbaye de Bon Repos ou celle plus récente de la chapelle de Rosquelfen dont la restauration vient de se terminer (février 2022). Ces carrières ont encore produit des ardoises après la dernière guerre et  la dernière d'entre elles (carrière d'Hervé Pochon) n'a cessé sa production que depuis quelques années.

Amas plus importants en retrait du chemin

Les marcheurs se sentent donc inspirés dans ce cadre qu'il faut bien reconnaître comme exceptionnel, avec une vision tout-à-fait unique sur la vallée du Blavet canalisé et sur la forêt de Quénécan qui habille le versant sud de cette vallée. Certains ont entrepris depuis bien des années maintenant, des cairns de plusieurs tonnes (plusieurs m3 de schistes à densité moyenne de 2,7): une expression libre qui se fond dans le décor naturel et préservé de cet endroit.

jeudi 17 mars 2022

Nouvelle carte blanche à Sainte Brigitte (56), le dimanche 27 mars


Carte blanche aux plantes médicinales locales

 « Les reconnaître et les utiliser  »

Dimanche 27 mars – Sainte-Brigitte

Exposé interactif de Magali Jézéquel

Infirmière diplômée d’État, Magali Jézéquel s’est orientée vers des pratiques de soins naturels, dans une approche globale de la personne. Passionnée de nature, elle expliquera comment reconnaitre une quinzaine de plantes sauvages de la région (comestibles et médicinales), et comment les cuisiner. Elle enrichira son propos au travers de photos prises sur Sainte-Brigitte et quelques spécimens récoltés sur place. 

Rendez-vous à 15 heures, à la salle des fêtes.

GRATUIT, ouvert à tous. Boissons et gâteaux bienvenus comme à l’accoutumée.

mercredi 16 mars 2022

Poème

Les mots de mars

Ma muse aux lointains silencieux

Mes écritures à coeur battant

Mes landes grises où j'aime tant

Faire des voeux


Où est l'antan fleuri des roses,

Le chemin creux resté désert, 

Mars aujourd'hui fêtant l'hiver

En mode pause?

Bords du lac de Guerlédan en avril 2021

Mes pauvres mots ne sauraient dire

Ma faim de vivre et l'art d'aimer 

Qu'au mémorial de belles années

Je viens inscrire!


Nous pourrions bien sûr disparaître

Ne plus penser au lendemain

Laisser nos ombres errer sans fin

Sous les grands hêtres...


Je ne sais pourquoi dans le coeur

Persiste une étrange sensation

Le débordement d'émotions

Des riches heures!


C'est dans le lien, comme le chant

Qu'un rêve efface la déchirure

Que l'éclat de Sirius dure

Au firmament.


Tous les poèmes en leurs échos

Me touchent au coeur, aussi m'alarment.

Sais-tu la puissance de cette arme:

Le chant des mots?

samedi 12 mars 2022

Histoire étonnante du clocher-porche de Saint-Mayeux (22)

Histoire étonnante du clocher-porche de Saint-Mayeux en Côtes d'Armor.

C'est sous ce titre qu'un document de 23 pages (à publier) développe les éléments qui viennent mettre en doute les affirmations d'un transfert pierre-à-pierre du clocher de l'abbatiale de Bon-Repos à Saint-Mayeux au début XIXe siècle. Cette origine figure sur la base mérimée PA00089615 avec la date de son inscription MH, le 27 mars 1926.

Pour le moment et après les études réalisées sur le site de l'abbaye de Bon-Repos par les archéologues*, il n'existerait aucune trace ni aucune preuve de l'existence d'un clocher en pierres à Bon-Repos. C'est donc sur la seule affirmation de Le Bourhis Kerbiziet** que nous pouvons imaginer une tour de type campanile à côté et en contrebas de l'abbatiale, qui aurait été démontée entre 1808 et 1810 pour enrichir le clocher de Saint-Mayeux.

clocher de l'église de St Mayeux avant 1806
D'anciennes cartes postales de l'église de Saint-Mayeux permettent de se faire une idée de l'ancien clocher du XVIIe siècle de type "beaumanoir" avec sa tourelle d'escalier en pierre, ses deux terrasses, sa flèche ajourée et ses contreforts à chaque angle de la tour. Un bon clocher de paroisse assez classique qui a été pris comme référence pour réaliser celui de la trève de Caurel, construit exactement sur le même modèle (St-Mayeux avait pour trèves, Caurel et Saint-Gilles-Vieux-Marché).
Mais c'est sans doute cette flèche en granite qui s'effondre sur la nef en 1806 (archives de St Mayeux), rendant l'église inutilisable jusqu'à sa complète reconstruction en 1835. Cette tour-porche est assez massive; les murs font 1m60 d'épaisseur, pour pouvoir supporter le poids de la flèche. Lorsque celle-ci s'éffondre sur la nef, le clocher est démonté puis remonté en intégrant les pierres de l'abbatiale de Bon-Repos, y compris deux piliers de la nef qui constituent aujourd'hui la porte interne du porche.
Tour-campanile de Bon-Repos
Essai de reconstitution


 quoi pouvait ressembler la tour-campanile de l'abbaye, dans l'hypothèse où elle a réellement existé? Les auteurs comme Le Bourhis Kerbiziet et Ernest Le Barzic parlent d'une tour en contrebas de la nef et donc dans la cour allant jusqu'à la Porterie de l'abbaye, espace de l'ancienne ferme qui occupait les bâtiments en L de cet endroit. Le Bourhis Kerbiziet indique bien qu'il n'y avait pas d'escalier pour monter dans la tour, mais une simple échelle. On peut donc imaginer un campanile de taille plus modeste que celle du clocher de St-Mayeux avec un berceau des cloches recouvert d'ardoises (les archives de l'abbaye indiquent des réparations du clocher par un couvreur et mentionnent des ardoises). Cette tour moins massive qu'un clocher paroissial, n'aurait pas nécessité le même terrassement pour ses fondations ce qui pourrait expliquer qu'elle n'a pas été repérée par la couverture géoradar réalisée par les archéologues.

clocher actuel de St-Mayeux

L'intégration de la tour de Bon-Repos au clocher paroissial de Saint-Mayeux entièrement démonté puis remonté, aurait donné cette façade très ornée où l'on retrouve les éléments présents dans l'abbatiale de Bon-Repos comme cette entrée principale ornée de colonnes en granite clair avec bases et chapiteaux reconnaissables. Le tout a été identifié comme monument du XVIIe siècle, mais ce clocher à tourelle reste l'ancien amélioré par les belles pierres de Bon-Repos après 1808 (date de 1809 gravée au fronton).

* Etude historique, prospection géophysique, analyse architecturale des vestiges médiévaux du carré claustral et du secteur sud-est. Textes, illustrations et annexes: Sainte Luce-sur-Loire. Février 2021. Produit par le Département 22, la DRAC de Bretagne, Archeodunum SAS.

**: Francis Le Bour’his Kerbiziet : « Une vieille abbaye de Cornouaille, Notre Dame de Bon Repos ». Ed : Quimper, Le Goaziou 1948, réédition 1951.

mardi 8 mars 2022

Poème

 Mars 2022

Toujours l’hiver…

Triste temps sidérant

Un enfant silencieux  serre son doudou contre lui,

Et regarde sa maman sécher ses larmes

Devant la maison brûlée qui fume encore.

Par son regard et son silence, il engrange des sensations, des émotions…

Quelqu’un a fait du mal à sa famille…

 Dans l’école d’un petit village près d’ici

Une institutrice en colère lance à ce « quelqu’un »

Les mots de Victor Hugo :

« Si l’œil pouvait plonger sous la voûte chétive

De votre crâne étroit qu’un instinct vil  captive,

On y verrait l’énorme horizon de la nuit;

Vous êtes ce qui bave, ignore, insulte et nuit;

La montagne du mal est dans votre âme naine.

Plus le cœur est petit, plus il y tient de haine.»*

Ajoncs sur ardoises

Le monde est à la peine et l’horizon bien noir

Dans la folie active, peu de signes  d’espoir.

Bien seules sur mon chemin, deux couleurs que je croise,

Le Jaune  des ajoncs et le bleu de l’ardoise.

 

* :Extrait de : Toute la lyre (1888 et 1893). 

vendredi 4 mars 2022

Restauration du calvaire de Saint Gilles à Gouarec (22)

Remise en place du calvaire restauré de Saint Gilles à Gouarec (22570)

Finition du socle du calvaire par "La Pierre à L'Oeuvre"
L'entreprise "La PIERRE à L'OEUVRE, Coopérative de Restauration du Patrimoine du VAL D'OUST (56460) termine la mise en place du grand calvaire de 1864, du cimetière de Saint Gilles. Rappelons au passage que cette chapelle de Saint Gilles était l'église de Gouarec avant la construction au XIXe siècle de Notre Dame de la Fosse sur la rive droite du Blavet dans le centre de la ville. Sous l'Ancien Régime, la paroisse de Gouarec était une trève de Plouguernevel et l'église était donc une église 

tréviale (comme Rosquelfen par rapport à Laniscat).

Mise en place de la croix
La reconstruction du socle et le remontage du fût puis de la croix terminale ont nécessité l'emploi d'un camion-grue capable de soulever des masses de plusieurs centaines de kilos.
Phase terminale du remontage

Le calvaire est donc rétabli avec la croix orientée vers le Sud comme il l'était lors d'une précédente restauration (après la tempête de 1987). Cette orientation diffère de celle qui peut se voir sur d'anciennes photos du début XXe siècle, où la croix est orientée vers l'Est, ce qui a été interprété comme une orientation motivée par l'appartenance de Saint Gilles-Gouarec avant la Révolution à la paroisse de Plouguernevel. Cette interprétation laisserait supposer que ce calvaire daté de 1864 a remplacé un monument plus ancien, lui-même orienté vers la paroisse mère.

Un nom figure au dos de la croix: HERNOT, et ce nom bien connu en Bretagne est celui du sculpteur qui a exécuté cette oeuvre en 1864. Il s'agit d'Yves Hernot père (1820-1890) qui avait son atelier à Lannion (Yves Hernot fils est né en 1861).

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