Libellés

mercredi 31 janvier 2024

Poème

Rouge crépuscule

Le jour enfin s'allonge, le soleil prend son temps

Enflammant l'horizon vers un Ponant tranquille

La campagne s'endort en ignorant les villes

Et le silence confirme une pause des vents


Les vieux chênes moussus, le décor forestier

Aux arbres dénudés, en immobile attente

Raniment encore le soir une belle impatiente

Un souvenir mouvant sur des sentes oubliées


Je vis des sensations dans l'ombre qui descend

Où la mémoire active interroge le mystère

La force des sentiments au syndrome délétère

Pour une âme captive, égarée dans son temps!


En ayant évité la force des habitudes

Ces chemins balisés de rituelles coutumes

Saurons-nous échapper au trop plein d'amertume

Qui efface dans le coeur nos rares  certitudes?


Ce monde n'est pas le nôtre, nous vivons hors du temps

Poursuivons sans regrets nos rêves éveillés

Dans la pourpre du soir d'un ciel enluminé

Aspirons désormais à l'éternel printemps!

mardi 23 janvier 2024

Patrimoine de Lescouët-Gouarec en Côtes d'Armor

De Bon-Repos à Lescouët-Gouarec, une statue chargée d'histoire...

C'est en effet dans l'église Saint Gwénaël de Lescouët-Gouarec (1682-1848) que l'on trouve encore aujourd'hui une statue polychrome dont l'inscription sur son socle indique son origine: Notre Dame de Bon-Repos. Il s'agit d'une statue qui ornait l'abbatiale  de Bon-Repos avant la Révolution. La raison de ce transfert après la période troublée de la Révolution est encore inconnue aujourd'hui.

N.D. de Bon-Repos
Cette statue  qui ramène à l'abbaye de Bon-Repos permet aussi de s'intéresser à l'église du centre bourg de Lescouët qui l'abrite aujourd'hui avec une autre statue, celle de Saint Roc'h, héritée cette fois de la chapelle Saint Roc'h disparue vers le milieu du XXe siècle et qui se trouvait sur le tracé de la route Gouarec-Pontivy, au lieu-dit Saint Roc'h, un endroit  nommé Saint Serge Martyr au IXe siècle (Cartulaire de Redon).

L'église en croix latine est donc relativement récente dans sa forme actuelle. Les références à une église sur Lescouët-Gouarec remontent à 1387 (toujours sous le vocable de Saint Gwénael ou Guénaël)sans que nous sachions si le bâtiment du XIVe siècle était érigé au même endroit. Un aveu de 1566 indique que le Seigneur du Crénard avait "prééminences, privilèges, tombes, enfeux"...dans cette église. Après le Concordat de 1801, la paroisse qui dépendait du Diocèse de Vannes passe dans celui de Saint Brieuc. 

Pignon Ouest au clocher (XVIIe)


Du bâtiment actuel, seul le pignon Ouest est du XVIIe siècle. Il diffère du reste de l'édifice par sa maçonnerie en grand appareillage de granite avec clocher ajouré et porche d'entrée à encadrement de contreforts, une qualité de maçonnerie que l'on ne retrouve pas dans le reste de l'édifice. Ce clocher est daté de 1682 et remplace donc un édifice beaucoup plus ancien.

Au moment de sa construction le Seigneur du Crénard est le baron Yves de Gouezbriand (ou Goësbriand). Dans la succession de la seigneurie du Crénard, on peut trouver Morice de Quénécan en 1427, Jehan de Keranechan (Quénécan) en 1448, Lancelot de Quénécan en 1460 (armoiries dans la chapelle de Gwirmane), Louis de Caranecan (Quénécan) en 1532...Lescouët-Gouarec, ancienne trève de Plélauff se situe dans le terroir Pourlet jusque Saint Roc'h où elle passe à l'Est en koste 'r c'hoed.

NB: sources "Bon-Repos, Un site de confluence au coeur de la Bretagne" par Marc Jeanlin, Cahier du Poher hors-série n°4-2015 CGHP. Patrimoine de Lescouët-Gouarec,texte et dates J.M. Le Mené 1891.

jeudi 18 janvier 2024

Poème

 Ambiance hivernale

Un grand chêne sous le gel est nu

Son feuillage en hiver, perdu

Mais le lierre est son habit vert

Qui protège encore, je l'ai vu

Un oiseau de nuit solitaire

chêne sur Roche à Rosquelfen

Par les bois gris et malmenés

Souches éparses, branches cassées

Domine le rocher du Conseil

C'est dans ce décor dénudé

Sous un froid vif que l'oiseau veille


Le silence glacial étonnant

Précède un soir vers l'Orient

Le pâle éclat d'une lune pleine

Lorsque l'oiseau en hululant

Perce la nuit sur le grand chêne


Dans la vallée jusqu'au Blavet

Ce chasseur furtif et discret

Accomplit un rite immuable

C'est vers Toul Goañv que va l'effraie

Effraie: dessin Michel Sibéril
En quête de proies vulnérables


Hiver enfin, étrange ambiance

Gelées et pluies en alternance

Habillent le temps de la saison

L'oiseau n'a cure de ma présence

Près des vieux murs de la maison


Méditation dans la pénombre

L'effraie, le chêne, les rochers sombres

Jalonnent un bref fragment d'histoire

Ballet des lumières et des ombres

Que je conserve en ma mémoire.




vendredi 12 janvier 2024

Patrimoine de Perret en Bon-Repos-sur-Blavet, Côtes d'Armor

Les blasons de la chapelle de Gwirmane en Perret

Dans la très belle chapelle de Gwirmané qui est implantée sur une hauteur dominant le pays à l'Ouest du bourg de Perret (vestiges du XIVe, XVI-XVIIe, Pignon Ouest: XVIIIe), le visiteur aperçoit sur le bloc de granite porteur de la statue de Saint Maudez, dans le transept Sud, un blason divisé verticalement en son centre, ce qui se nomme "parti" en héraldique et qui correspond à l'accolement de deux blasons différents, une alliance symbolique notée et dessinée par Frotier de la Messelière en 1930.

Dessin Frotier de la Messelière
Ce dessin représente donc la statue de Saint Maudez (écriture: Maude) en évêque. Il s'agit d'un saint breton dit "mythique" car non reconnu par l'Eglise Catholique. C'est un personnage ayant vécu au V ou VIe siècle, d'origine Irlandaise qui serait issu de l'émigration bretonne en Armorique durant cette période (estuaire du Jaudy et Trieux: Lanmodez en Côtes d'Armor).
Ce saint thaumaturge (qui fait des miracles) était réputé pour guérir des aveugles, des sourds et des paralytiques; également évoqué contre les infestations de vers (wikipedia). Pas moins de soixante chapelles sont dédiées à ce saint, ce qui illustre sa popularité en Bretagne.
Maudet en gallo, Maodez en breton, Mawes en cornique, Maudez en français.
Le dessin montre sur le support de la statue un "dragon" ou "lion" porteur d'armes devant lequel on observe Parti avec hallebarde et parti à l'aigle "à la cotice brochant sur le tout" (barre diagonale).
Dessin de Frotier de la Messelière en 1930


Dans le deuxième dessin nommé Perret, Frotier de la Messelière nous indique qu'il s'agit des blasons respectifs de Lancelot de Quénécan et de Marie du Guesclin, mariés vers 1460.
On voit en effet dans les nobiliaires bretons un de Quénécan, Seigneur de Crénard ou Crénars dont les armoiries sont: "D'or à deux hallebardes adossées de gueules" (également armoiries de Jeanne de Quénécan) 

Lancelot de Quénécan, Seigneur de Crénard, PJ2024
Les descriptions héraldiques donnent les illustrations ci-dessous qui permettent de comprendre comment les deux blasons sont associés dans la sculpture qui n'a plus sa polychromie d'origine, élément non négligeable pour identifier les familles concernées.

Famille du Guesclin, dessin P.J 2024


Pour Marie du Guesclin les armoiries sont: "d'argent à l'aigle bicéphale éployée de sable becquée et membrée de gueules, à la cotice de même brochant sur le tout", ce qui pour les non initiés veut dire un blason couleur argent avec un aigle bicéphale noir aux becs et pattes de couleur rouge et une "bande" diagonale appelée "cotice" également rouge, traversant le tout.
Ces deux personnages sont les bienfaiteurs de cette chapelle au XVe siècle. On trouve également dans le testament du 9 avril 1428, un don de 20 sols à la chapelle par Marguerite de Bretagne, comtesse de Porhoët, ce qui confirme l'existence de la chapelle avant cette date.(infobretagne).
Blason du Pontavice

Un autre blason est visible dans la chapelle, au centre de la poutre de gloire, mais sans les couleurs qui sont "d'argent au pont à trois arches de gueules maçonné de sable" qui est de Pontavice, famille propriétaire de Quénécan, fournisseur du bois pour la restauration du monument.

NB: Grand merci à Jérôme Caouën pour les dessins de Frotier de la Messelière ainsi qu'à Pierre Le Dour pour son aide.

mercredi 3 janvier 2024

Début d'année 2024 pluvieuse à Bon-Repos-sur-Blavet, Côtes d'Armor

Rivières en crues en ce début 2024, le Blavet à Bon-Repos le 3 janvier

Le Blavet à l'écluse de Bon Repos le 3/01/2024
Dans la nuit du 2 au 3 janvier, des trombes d'eau se déversent sur le pays et l'écluse de Bon-Repos disparaît sous les eaux. La photo prise le lendemain après-midi montre déjà une baisse de quelques dizaines de centimètres des eaux qui restent tumultueuses et débordent encore sur le halage et les prairies attenantes.

Vue du pont vers l'abbaye

 

Le Blavet entre Saint Hervé et Bon-Repos
Entre l'écluse de Saint Hervé et celle de Bon-Repos, le Blavet canalisé est sorti de son lit et interdit l'accès au chemin de halage.
Côté Est vers l'écluse des Forges
Côté Est, la route qui longe le canal pour aller vers les Forges est coupée par la crue, alimentée par le ruisseau de Pont Lann au niveau du Verry. L'accès aux Forges des Salles se fait exclusivement par la route de la "Croix rouge"qui monte derrière le bar près du pont.
Le pont de Bon-Repos vu de l'écluse

Le pont de Bon-Repos a été construit par les moines cisterciens de l'abbaye proche à l'époque médiévale. Il a été remplacé au XVIIe siècle par le pont actuel qui comportait 10 arches. Certaines de ces arches ont été détruites ou bouchées pour des raisons diverses au XIXe siècle: passage des péniches face à l'écluse, passage du chemin de halage, renforcement de la chaussée face à l'ancien moulin à la confluence du Daoulas et du Blavet. Ces modifications  ont réduit la possibilité d'écoulement des eaux dont l'ouvrage des moines tenait compte. Cet ouvrage a résisté plusieurs siècles  et reste en usage aujourd'hui, ce qui démontre la grande compétence des moines, non seulement comme bâtisseurs, mais aussi comme ingénieurs en hydraulique qu'ils maîtrisaient au point de créer un ouvrage d'art adapté au fleuve et à ses crues dans le contexte morphologique particulier d'une vallée encaissée qui fait aussi son charme et sa beauté.

samedi 30 décembre 2023

Année 2023 dans la continuité de 2022

Le temps des voeux et des interrogations...

En fin 2022, je parlais de résignation, d'inquiétude et de colère à propos de notre monde contemporain qui offre , il faut bien le reconnaître aujourd'hui, bien peu de perspectives réjouissantes. Les conflits violents se multiplient, le climat continue à se dégrader et la ressource en eau devient le problème majeur sans pour autant qu'une quelconque prise de conscience n'apparaisse clairement (entendre ce que je disais sur radio-univers.com dans "Virée en Kreiz Breizh: pierre jezequel "le regard et le dire n°876", c'était en 2018.

Poursuivons notre chemin sans trop désespérer en partageant des connaissances et en apprenant chaque jour quelque chose de nouveau. En 2023 le blog a reçu 22500 visites, c'est-à-dire une moyenne de 60 visites par jour, ce qui par rapport à 2022 (50 visites/jour) représente une progression qui m'étonne mais qui m'incite aussi à continuer d'écrire. Alors merci aux visiteurs et à ceux qui ont communiqué sur le contenu, une communication toujours positive, ce qui constitue un bel encouragement je dois dire! J'ajouterais qu'en avril 2011, le blog avait été lancé pour informer sur la chapelle de Rosquelfen et le plan de sauvegarde établi alors. Ce plan a été exécuté et la chapelle est maintenant restaurée. Reste à poursuivre l'action par la restauration du mobilier interne (retable du maître-autel, voûte du transept, chemin de croix, calvaire, chaire de prêche...) encore pas mal de travaux pour lesquels l'association des "Amis de la chapelle de Rosquelfen" est aujourd'hui habilitée par le fisc à délivrer des attestations de versements de dons qui sont déductibles des impôts dans la limite définie par la loi.

Alors bonne année 2024 à tous et rendez-vous en janvier sur le blog "rosquelfen-pj.blogspot.com".

vendredi 22 décembre 2023

Patrimoine de Cléguérec en Morbihan

Des "mégalithes" qui parfois n'en sont pas, sur Cléguérec

ancien cliché de Jean Lody, photographe Rostrenen

 Sur ce cliché de Jean Lody, passionné de mégalithes et autrefois photographe connu à Rostrenen, on peut lire une légende qui étonne car elle parle de "Menhirs du Breuil du chêne" aux confins de Cléguérec dans la forêt de Quénécan. Cet alignement d'orthostates en forme de poteaux plutôt que de "menhirs" a été photographié dans les années 1960 et correspond en réalité aux vestiges d'une ancienne grange, construction assez fréquente en campagne et qui consistait à faire porter une toiture sur des piliers plantés en lieu et place des murs. Ces piliers sont en grès armoricain très abondant dans toute cette zone de la forêt et sa bordure Sud. Ici le vestige ne comporte plus qu'un côté de l'ancienne grange, ce qui donne un effet d'alignement de type "menhirs"... Il existe dans ce secteur, un certain nombre de mégalithes dont le plus célèbre, le Berger de la Madeleine, figure dans l'article du 24 juillet 2023 sur ce blog. L'usage de ces piliers en grès est contemporain et non Néolithique comme le sont les menhirs du secteur. Ils présentaient un sérieux avantage sur une ossature en bois pour porter une charpente et la toiture: imputrescibles, insensibles aux parasites qui attaquent le bois, au feu et aux intempéries...

vendredi 15 décembre 2023

Actualité sur Glomel en Côtes d'Armor

Sur Glomel, un télescopage entre temps court et temps long...

extrait:carte géologique n°312 de Rostrenen à 1/50000

Le quotidien Ouest-France aborde aujourd'hui un sujet  qui agite non seulement la commune de Glomel mais aussi le Kreiz Breiz et au-delà car le sujet devient éminemment sensible dans un temps où la pression minière,c'est-à-dire l'exploitation des ressources naturelles non renouvelables est un sujet majeur de réflexion. On a vu récemment l'inquiétude des habitants de Trémargat devant la perspective d'une exploitation de lithium chez eux! En effet que voulons nous comme monde futur après le constat désormais incontestable de l'effet de notre monde consumériste sur la mise en danger des écosystèmes, de notre environnement naturel et donc aussi des ressources en eau? Le temps court serait donc de regarder la situation d'aujourd'hui sans réfléchir à celle de demain et à plus long terme. Cinquante ans d'exploitation minière ont inévitablement modifié le géotope local de Guerphalès avec des fosses de plus de 80mètres de profondeur, des reliefs de dépôts de roches broyées qui modifient le paysage. Dans ce contexte, le problème crucial est celui de l'eau car à cet endroit de Glomel, nous sommes aux sources de l'Ellé et du Blavet par son affluent du grand Doré. La ressource en eau est l'élément majeur à prendre en compte ici et à préserver le mieux possible.Alors une quatrième fosse pour prolonger l'activité?

Emprise carrière sur fond IGN -Rostrenen

Ecoutons ce qu'en dit une spécialiste du minier comme Aurore Stéphant qui explique comment l'accélération de l'exploitation des ressources minières de la planète conduit à une impasse. Reste à inventer un nouveau monde respectueux de la terre et en particulier de la ressource en eau sans laquelle il n'y a plus de vie.

NB: emprise du domaine exploité en carrières depuis 1970 entre les sources au Nord, vers le bassin du Blavet (ruisseau de Kerjean)et au Sud vers l'Ellé (le Crazius). La carte géologique n° 312 du BRGM indique la zone à cornéennes à Andalousite exploitée en bordure du massif granitique de Rostrenen (granite en rose, roches schisteuses dont cornéennes en vert et bleu). Cette carte 312 est diffusée par le BRGM, accompagnée d'une notice explicative qui donne des informations sur le produit exploité en bordure du granite de Rostrenen et sa zone d'extension, un site d'exploitation de l'andalousite unique en Europe.
 

mercredi 13 décembre 2023

Entre histoire et légende à Sainte Brigitte, Morbihan

Au "Royaume du silence éternel" près de l'étang des Salles en Sainte Brigitte

Le royaume du silence éternel. Reon

 Â proximité du grand étang des Salles, bruissent encore les souvenirs de Reon, ce peintre tchèque qui construisit au moulin du Corbeau, sa grotte magique et le monde fantastique d'Argondia. Ce monde extraordinaire fait désormais légende  aux racines historiques bien réelles dans le vaste domaine de Quénécan. C'est en 1996 que Réon quitte sa grotte magique pour Prague où Vaclav Havel est président de la République. La grotte magique poursuivra donc sa destinée près du célèbre pont Charles. Que reste-t-il alors dans cet endroit retiré?

Entrée de la grotte en 1997 (Photo JY.Hélard)
Les deux gardiens de l'entrée étaient toujours à leur poste, mais l'un d'eux avait déjà perdu sa tête!
Diablotin en terre cuite (photo JY.Hélard)


Les décors en terre cuite sont encore présents en 1997 dans cet espace déserté par l'artiste mais toujours fréquenté à ce moment là, tant le lieu exerce encore un réel pouvoir d'attraction et même de séduction pour un grand nombre d'habitants du pays et autres visiteurs de passage. Depuis 1998, tout à disparu et l'endroit est devenu inaccessible (propriété privée).

Aujoud'hui, le titre de l'oeuvre présentée ici reflète parfaitement ce "silence éternel" dans lequel est plongée la vallée boisée du ruisseau de Pont Lann entre le grand étang et celui du Fourneau où seule la mélodie de l'eau se fait encore entendre, troublant à peine le silence éternel qui prolonge ce temps de l'imaginaire féerique à la fois sombre et lumineux.

mercredi 6 décembre 2023

Patrimoine de Mellionnec en Côtes d'Armor

La chapelle  Saint Julien de Saint Auny en Mellionnec 

 proximité des sources du Scorff et dans le petit village de Saint Auny se situe la chapelle de Saint Julien construite dans la seconde moitié du XVIIe siècle en grand appareillage de granite avec plinthe et corniche ainsi que chevet à pans coupés. La charpente située dans cette partie à pans coupés et donc au dessus du choeur a été conservée alors que celle de la nef a été refaite comme la toiture il y a plusieurs années.

chapelle Saint Julien de Saint Auny. (site Mairie)

Sur le site de la Mairie de Mellionnec, on peut lire ces précisions:  Elle abrite un saint Julien réalisé par M. Darcel, menuisier à Mellionnec vers 1930. Il s'agit visiblement d'une réplique de celui de la Trinité Quénépévan à Langoëlan (16e s.). Cette copie explique cette représentation à cheval associée à saint Julien l'Hospitalier alors qu'on honore ici saint Julien de Brioude (cantique), soldat martyr de l'Eglise catholique.Cette statue a d'ailleurs remplacé une statuette aujourd'hui disparue et saint Julien s'est peut-être substitué à un énigmatique saint breton Tourni. Au pardon, les jeunes conscrits accrochaient leur cocarde sur la statue avant de la mener en procession. La fête religieuse se prolongeait par la fête profane avec danses,jeux, restauration et bal.

St Julien L'hospitaler:M.Darcel
On a donc dans cette chapelle un étonnant passage d'un saint breton inconnu (phonétiquement proche d'Auny, "Tourni"??) à Saint Julien de Brioude également importé ici en lieu et place du saint breton d'origine qui lui, était inconnu de l'Eglise catholique. Un pardon a encore lieu le dimanche après l'ascension (mois de mai). On peut voir également dans la chapelle une niche-crédence à décor de coquille et pilastres ainsi qu'un bénitier monolithe très ancien et proche de l'entrée latérale Sud de la nef.

Cuve-bénitier en granite


Cette cuve remarquable en granite pose question, de par son décor particulier et sa forme. Cette cuve bien plus ancienne que la chapelle  pourrait avoir été apportée par le fondateur de la chapelle. Il s'agirait ici  du seigneur de Saint Nouay, Kergoran puis Trégarantec si l'on se réfère à la date de construction (entre 1660 et 1700, voir la succession de Trégarantec). Il pourrait aussi bien s'agir d'une cuve à blanchir le lin (le cordage sculpté que tiennent les deux personnages qui n'ont pas vraiment l'aspect d'anges le suggère). La forme conique centrée de la cuve  pourrait également faire penser à une mesure dîmière. Le sujet est soumis aux historiens dont l'avis est attendu avec intérêt.

Sources: Site internet de la mairie de Mellionnec. Infobretagne, patrimoine, noblesse...Trégarantec, Contribution à la découverte de Trégarantec par P. Jézéquel, octobre 2015.


vendredi 1 décembre 2023

Art celtique de fin de la Tène au Haut Moyen-âge

 Trésors de l'art celte d'Irlande et de l'île de Bretagne entre la fin de la Tène et le Haut Moyen-âge

Miroir de Desborough.1ier siècle av JC
Le miroir de Desborough dans le Northamptonshire en Angleterre est daté du premier siècle avant l'ère chrétienne. Le motif gravé sur du bronze est réalisé au compas en révélant une symétrie bien visible.

Boucle de Sutton Hoo
Fin de la Tène

La boucle en or de Sutton Hoo a été découverte dans l'est de l'Angleterre et date de la fin de la Tène.

Croix de Cong-VIIIe siècle
La croix de Cong (Irlande) est datée du VIIIe siècle et représente un sommet dans l'art des entrelacs. Il s'agit d'une croix de chêne recouverte de métal, un cuivre riveté d'argent et dont l'auteur est un certain Maesilu (inscription sur le côté de la croix).
Calice d'Ardagh: VII-VIII e siècle



Le calice d'Ardagh dans le comté de Limerick (ouest Irlande) est l'un des plus beaux objets artisanaux en métal alliant l'argent et l'or en une superbe polychromie.
 ces quelques exemples on pourrait ajouter un grand nombre de pièces rares comme la broche de Tara, sans doute l'objet le plus célèbre de l'art irlandais du Haut Moyen-âge ou le Book of Kells tout aussi célèbre pour ses enluminures à entrelacs, un sommet dans l'art décoratif développé en grande partie dans les monastères qui se multiplient avec l'extension du christianisme.
Pour en savoir plus: L'Art celtique de Georges Bain, Méthodes de construction aux éditions de l'Odet à Quimper-1951.  Atlas historique du monde celte d'Angus Konstam. Editions Saint-André des arts-2002
Les Celtes en Europe de Maurice Meuleau aux Editions OUEST-FRANCE. Février 2011.


lundi 27 novembre 2023

Patrimoine de Mellionnec en Côtes d'Armor

Tableaux de C. Dodane dans l'église de Mellionnec

Station 1 du chemin de croix. M-C Dodane 1938

 Dans l'église de Mellionnec récemment rénovée, le visiteur de passage découvre des oeuvres originales comme les panneaux de l'ancienne chaire de prêche (du XVIe) réutilisés autour du pupitre actuel, des fonts baptismaux également en position atypique dans cette église mais également un chemin de croix original constitué de 14 toiles d'un peintre français du XXe siècle, M-C. Dodane, reconnaissable par son graphisme particulier. L'illustration jointe correspond à la première station de ce chemin de croix (condamnation à mort du Christ). Selon l'historien René Couffon, l'inauguration de ce chemin de croix a été effectuée le 3 avril 1938. Certains de ces 14 tableaux demanderaient une restauration compte tenu de leur état. Cet ensemble de toiles d'assez grande taille (environ 60cm de côté) constitue un élément original du patrimoine de Mellionnec.

lundi 20 novembre 2023

Poème

Poème et patrimoine de Perret, Bon-Repos-Sur-Blavet

Tempête

Le ciel trop bas d'un noir novembre

Laboure en force les masses sombres

Nuages lourds en courses d'ombres

Peignant la terre au gris de cendre

chemin d'accès à Gwirmane
après la tempête Ciaran

Dans le chemin de Gwirmane

Gît sous les branches, le vieux calvaire

Vent violent d'une nuit d'enfer

Sur la campagne détrempée

Fût de la croix à terre






Vols de choucas, ballets sonores

Et cris d'effraie à coeur de ruine

Jour sans lumière gorgé de bruine

Au temps figé des rêves morts


Sur les reliefs un vent hurlant

Brise les branches de nos vieux chênes

Souffle puissant qui se déchaîne

En ce pays des lieux mouvants

Croix du calvaire après Ciaran

Instants tristesse à coeur blessé

Où les couleurs ont disparu

Sous les grands arbres je n'entends plus

Cette voix douce et désirée


Une silhouette rasant les murs

Rêve toujours d'un autre temps

Au doux parfum de fleurs des champs

Et genets d'or sur fond d'azur...

mercredi 15 novembre 2023

Abbaye de Bon-Repos en Saint Gelven, Bon-Repos-sur-Blavet, Côtes d'Armor

 propos des recherches récentes sur l'abbaye cistercienne de Bon Repos

Extrait du cadastre de 1835, abbaye de Bon Repos
Sur cet extrait du cadastre dit "Napoléonien", en fait de 1835, on peut voir la position des bâtiments de l'abbaye et en particulier des éléments qui concernent la "porterie", bâtiments devenus la "métairie de la Porte".

On peut remarquer que l'entrée visible actuellement au bout de l'allée boisée, entourée de murs (en bleu sur le plan) et qui est la porterie médiévale montée à l'envers (!) était en 1835 à quelques dizaines de mètres plus à l'ouest, délimitant l'entrée d'une première cour  où passait l'accès principal au monastère.

Il faut donc admettre que l'accès actuel avec son entrée monumentale inversée est un réaménagement du milieu du XIXe siècle, date où le propriétaire était le comte de Janzé, également propriétaire des Forges et de Quénécan depuis 1802, date de rachat du domaine du duc de Rohan.

Ensemble abbaye de Bon Repos à la Révolution.PJ
Les plans connus de l'abbaye permettent cette interprétation graphique qui montre bien que l'accès à la cour principale est une ouverture à deux colonnes surmontées d'un lion porteur d'armes (les armoiries de Rohan) et fermée par une grille en métal. La porterie médiévale se trouve bien dans une structure bâtie devant une première cour et à plusieurs dizaines de mètres de cette entrée. Il est aujourd'hui possible de voir un des lions, sculpté dans un granite clair, à l'abbaye de Langonnet. La concordance des plans et archives de cette abbaye cistercienne confirme la position du clocher sans aucun rapport avec un clocher-porche comme celui de Saint Mayeux.
NB: sources: Rapport d'archéologie-topographie. Abbaye de Bon Repos, Bon-Repos-sur-Blavet (22107)
Implantation, sectorisation monastique et aménagements du paysage. Pour le compte du Département des Côtes d'Armor (22). Jean-Baptiste Vincent, Pierre Rohée et Leïla Tickner 2019.

"Les granges de l'abbaye de Bon-Repos sur la commune de Bon-Repos-sur-Blavet du XIIe au XVIIIe siècle." Fadila Hamelin (publication en cours).






 

lundi 6 novembre 2023

Tempête Ciaran en Kreiz Breizh

Du premier au 5 novembre à Rosquelfen en Bon-Repos sur Blavet, Côtes d'Armor

La nouvelle tempête plus forte que les habituels coups de vent de cette saison, ou la rentrée dans le "miz du" : mois noir qui débute à Samain, nous amène à réfléchir à notre dépendance absolue à l'électricité. En effet, la perte du courant comme on dit, va générer une multitude d'ennuis (perte du frigidaire, congélateur, instruments médicaux d'assistance, internet etc...) Du jeudi 2 au samedi 4 novembre, la petite route  dite "Hent roc'h Marquiz" ne passe plus: la ligne téléphonique est au sol avec poteau cassé, et la ligne électrique est entrainée également au sol par la chute d'une grosse branche de chêne.

route du Rocher du Marquis

 Dans ces circonstances, seule l'action des riverains permettra de dégager la route, ce qui a été d'abord réalisé vers Gouarec dont l'accès à partir de Rosquelfen n'est toujours pas sécurisé à ce jour (grosses branches en suspension au dessus de la route). Cette vue montre un poteau téléphonique abattu en travers de la route et une grosse branche de chêne obstruant totalement le passage.

Chêne décapité par la tempête

Les chênes et châtaigniers qui avaient encore leurs feuilles sont les arbres les plus touchés. Déjà fragilisés par l'évolution du climat et une sérieuse attaque de chenilles sur leur feuillage de printemps, ils ont à présent de multiples blessures par torsion des branches sous la puissance des bourrasques de vent. Ces blessures offrent des portes d'entrée à tous les parasites du bois. Il n'est pas non plus très facile d'intervenir sur ces branches très lourdes en suspension dans le vide (un autre danger de chute au prochain coup de vent!).

Dans ce contexte très boisé des "hauts de Rosquelfen", le souffle de la tempête dans les arbres est un temps impressionnant qui nous impose une réelle humilité face à la puissance des éléments naturels mais qui nous permet aussi de constater que les anciens savaient où et comment construire leurs maisons de pierres imperturbables et rassurantes dans les rochers qui surplombent Gouarec.