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dimanche 26 février 2023

Saint Jacques en Saint Léon, commune de Merléac, Côtes d'Armor

Chapelle Saint Jacques en Saint Léon, suite...

position de St Jacques sur la carte géologique  n°278
du BRGM, point rouge au centre.
 En agrandissant l'extrait de la carte géologique à 1/50000 du BRGM n°278 de Quintin, on peut situer la chapelle Saint Jacques (point rouge) dans une bande bleu-violacé indiquée par le signe ∑h1-2a

Il s'agit d'un niveau de diabases schistosées à grain fin à très fin qui se classe dans l'ensemble:  roches volcaniques, hypovolcaniques et volcano-sédimentaires métamorphisées du Dinantien (Carbonifère). On trouvera donc dans le bâti, des éléments de cette diabase à grain très fin ainsi que des chloritoschistes abondants et bien visibles dans les murs en accompagnement d'un granite leucocrate à grain moyen qui peut aussi bien venir du massif de Quintin que de celui de Moncontour, les deux ensembles granitiques les plus proches du site. Dans le granite de Quintin, celui de Plaintel est reconnaissable par sa couleur plus froide (tirant sur le gris-bleu).Nous sommes également dans la partie terminale Est de l'anticlinal de Laniscat-Saint Mayeux-Merléac dont on observe la terminaison en brun clair (dévonien) encadrée par les schistes carbonifères du Bassin de Châteaulin qui se termine dans sa partie Est.

Façade Nord et principale de la chapelle. PhotoPJ 2023
La façade Nord qui est la seule avec le chevet à avoir des fenêtres possède aussi des contreforts qui révèlent bien la déclivité du terrain sur laquelle elle a été construite. On peut se demander pourquoi car un déplacement d'une dizaine de mètres vers le Sud  réduisait la déclivité de son assise...

Porche Nord. Photo PJ2023


Le porche d'entrée Nord reprend l'architecture du pignon Ouest  avec arcature légèrement surbaissée. Les colonnes et chapiteaux signent l'époque de construction (XIVe) et l'alternance du granite et des chloritoschistes dans le bâti donne une polychromie particulièrement réussie. Mais dans ce porche d'entrée comme dans celui du pignon Ouest, un certain nombre d'ornementations ne sont plus présentes aujourd'hui (statuaire sur chapiteaux par exemple.)

Un prochain article va porter sur l'ornementation interne de la chapelle qui en fait son côté exceptionnel et unique.

Convergence de quatre cartes de géologie: 278, 279, 313,314. Service Géologique National: BRGM (cliquer sur la carte pour l'agrandir)

lundi 20 février 2023

Poème

Affliction...

La vie au travail

Etrange destin

De nombreux humains

Révèle des failles.

Stephane Guiran, poète: Chaumont-s-Loire 2023
"Les ormes ont vécu plus de soixante millions d'années
avant de rencontrer l'Homme. En quelques siècles
l'Homme fit de l'Orme son fidèle compagnon. Il était
la voix de la justice, l'écorce qui soigne, le lieu qui apaise.
L'Homme et l'Orme étaient si proches qu'au début du XXe
siècle, lorsque les Hommes trébuchèrent, les Ormes
tombèrent malades..."
Hiver 2023 à Chaumont-sur-Loire

 Vois ce qu'elles expriment

Sentiments confus

D'espérances déçues

De coeurs en déprime


Tout semble perdu

Inquiétude et guerre

Le temps désespère

Paradis déchu!


La haine est prospère

La bêtise aussi

Paroles inouïes

De parlementaires!


Silence et oubli

Où sont les velours

Des journées d'amour

Si tout est mépris?


La joie des beaux jours

Baignés de sagesse

Qu'aucun mot ne blesse

Perdue pour toujours?


Etrange indécence

Outrances et insultes

Ce denier du culte

De l'intolérance!


J'aimerais enfin

Revoir à l'instant

Victoire du vivant

Une paix sans fin!

lundi 13 février 2023

La chapelle Saint Jacques en Saint Léon, commune de Merléac (22)

 propos de la chapelle Saint Jacques en Saint Léon, commune de Merléac.

Un article du 10 août 2016 sur ce blog donnait une information sur cette chapelle au moment où s'achevait un cycle de restauration débuté en 2012 et qui concernait l'ensemble du bâti mais surtout les fresques peintes sur les murs et les lambris qu'il y avait urgence à sauvegarder. En effet, cette construction réalisée par les Rohan à partir de 1317 et qui va durer tout le XIVe siècle, est un véritable trésor. Classé dans un premier temps sur la liste de 1862, la chapelle est classée Monument Historique en  décembre 1908.(XIVe et XVe siècle).Elle mesure 20m de longueur pour 12 de largeur.

ancienne carte postale du début XXe
Elle est signalée en mauvais état en 1849 et une série de travaux importants (toiture, verrière, lambris) seront engagés en 1860 et achevés en 1867, sous la supervision de  Jules Henri Geslin de Bourgogne, Président et cofondateur de la Société d'Emulation des Côtes-du-Nord. En 1864, il fait démonter la grande verrière et la toiture. Le remplage de la maîtresse-vitre est restauré par Yves Hernot en 1865.
Sur cette ancienne carte postale, on peut voir que la chapelle possède une nef Est-Ouest et des collatéraux dont la toiture est légèrement plus basse que celle de la nef (ce qui n'est plus le cas aujourd'hui). La façade Sud est totalement dépourvue d'ouvertures à l'exception d'une porte visible, dite "du vicomte", près de la tour carrée du clocher en position latérale et ce côté Sud est armé de contreforts.
ancienne carte postale de la façade Ouest, porche d'entrée

Sur cette seconde carte du début XXe, on observe un porche d'entrée qui a perdu son ornementation au-dessus des deux entrées à arc trilobé et trumeau central privé de sa sculpture terminale. Notons le curieux bâti en schistes chloriteux (chloritoschistes de Créméhel, un village de Merléac) et tufs schistosés du Carbonifère à la base et en grand appareillage de granite clair dans toute la partie haute.. Cette étonnante disposition pétrographique est visible dans tous les murs externes de cet édifice dont la façade principale est au Nord: fenêtres en arcs brisés et porche d'entrée reprenant la forme de celui visible sur cette carte postale du pignon Ouest (mais à arc surbaissé). Il faut donc admettre que l'arrivée des pélerins du chemin de Saint Jacques dont Saint Léon était un relais important se faisait sur le site par une route venant du Nord.
pilier interne de l'angle N-E dela tour
Lorsqu'on pénètre dans l'édifice, on observe à l'angle Nord-Est de la tour, ce pilier aux quatre colonnes visibles, sans doute destiné à supporter une charge qui aujourd'hui, a disparu. Il manque visiblement un élément architectural en lien avec ce clocher; élément nécessaire  si la tour était coiffée d'une flèche en granite dont parle l'abbé Gilles Jarneau dans une description de cette chapelle (infobretagne). Il est en effet question d'une flèche en granite démontée car elle menaçait de s'écrouler. Il est aussi question d'une cloche d'un poids de 12000 livres détruite en 1798 et qui se trouvait dans ce clocher de la chapelle. On peut donc s'interroger sur son aspect originel  dans l'hypothèse ou elle disposait d'un clocher capable de porter un tel poids. Il semble que l'épaisseur des murs, la présence des contreforts Sud et Ouest, et le pilier renforcé de l'angle Nord-Est pourraient crédibiliser l'existence d'une flèche en pierre (comme à Saint Samson en La Martyre (notons au passage l'un des mariages de Jean Ier de Rohan avec Jeanne de Léon en 1349, La Martyre était dans le domaine du seigneur de Léon.)
Clocher photo-montage



Le photomontage ci-dessous donne un aperçu de ce que pouvait être la silhouette du clocher avant la Révolution dans l'hypothèse ou les affirmations de l'abbé Gilles Jarneau peuvent être validées par l'analyse des murs et piliers encore présents, domaine de compétence des ABF et des Architectes du Patrimoine. Sur ce point, une enquête  se poursuit afin de comprendre le bâti dans son ensemble (répartition des ouvertures, situation topographique, nature pétrographique des éléments du bâti..) Â suivre, l'ensemble héraldique majeur et sa lecture, les fresques des murs et les lambris peints, l'étude de la grande verrière du chevet, autant de chapîtres passionnants que nous offre cette chapelle exceptionnelle.

NB:  photos couleurs PJ ainsi que photomontage.

Réf: M. Barthélémy et abbé Gilles Jarneau: Patrimoine de Merleac (infobretagne)

lundi 6 février 2023

Patrimoine de Saint Brandan en Côtes d'Armor

La stèle gallo-romaine en granite de Saint Brandan 22.

anc.carte postale: stèle du Rillan

 Cette stèle en granite de Plaintel du Dieu au maillet (morzholic an Ankou) est connue depuis 1996 lors de fouilles archéologiques générées par l'agrandissement de la route Saint Brieuc-Quintin, près du village du Rillan, à la limite de Saint Brandan et Plaintel. Jean-Yves Eveillard en fait une description dans les Annales de Bretagne et des Pays de l'Ouest. Cette sculpture en haut relief de 1m47 de hauteur est donc retrouvée dans un "vicus" gallo-romain puis dressée à proximité de la ferme la plus proche des travaux. Elle sera déplacée tout récemment (OF du 30/04/2022) et mise à l'abri par l'INRAP.

Ce qui est dit sur cette stèle de l'âge du fer est qu'il s'agirait donc de Sucellus (décapité), le Dieu gaulois de la terre et des enfers. Il tient dans la main droite un vase à boire et un maillet dans la main gauche. Ce maillet a été interprété comme celui de la mort (voir l'article sur ce blog du 12 avril 2019.)

C'est aussi l'occasion de préciser que le granite de Plaintel dans lequel cette stèle gauloise est sculptée fait partie du grand massif granitique de Quintin d'âge Carbonifère à début du Permien (291 Ma) et que des sculptures en haut-relief de cette période (âge du fer) sont rarissimes  et d'un intérêt tout-à-fait exceptionnel. Il aura tout de même fallu 26 ans pour s'en préoccuper vraiment!

NB: la date de 1716 pour la découverte de cette stèle évoquée  sur le site "infobretagne" est semble-t-il une erreur de transcription.

mercredi 1 février 2023

Patrimoine de Saint Michel-en-Glomel, Côtes d'Armor

 La chapelle Saint Michel de Saint Michel-en-Glomel

La chapelle Saint Michel est une ancienne église tréviale qui dépendait de la grande paroisse de Glomel. Elle est du XVIe siècle avec partie du XVIIe: dates de 1619 et 1627 pour la sacristie, puis une inscription: M. COLAS.Rr (Recteur) et 1856 pour une importante restauration à cette date.

Pignon du clocher, hiver 2023
L'édifice présente une forme de croix latine avec une chapelle Nord qui est celle des Fonts baptismaux qui fait face au porche d'entrée Sud. Le pignon Ouest du clocher (photo) présente une entrée ornée à pinacles et fleurons en granite. L'édifice est inscrit MH depuis 1927.
Dans la chapelle on peut voir des sablières du XVIe. Les entraits de la charpente ont été sciés. Un christ du XVIIe est toujours visible sur une poutre de gloire. La chapelle contient six statues anciennes ainsi qu'une dalle funéraire. Dans un texte sur "Patrimoine de Glomel"(noblesse, patrimoine...)on peut lire que cette dalle serait aux armes de Le Trancher de Botdennou, ce nom "Botdennou" étant  celui d'un manoir du XVIIe siècle.
Cette ancienne église tréviale se situe près d'une rupture de pente vers le Nord, l'Est et l'Ouest et à proximité de sources (fontaine à proximité, côté Est). Elle domine le village en contrebas et possède un vaste enclos dans lequel on observe à l'Ouest, un calvaire en granite.
Chapelle Nord des Fonts. 2023




Le transept Nord présente une curiosité architecturale qui laisse plus d'un visiteur perplexe: c'est la présence d'un gâble ou gable décoré de sculptures(crochets) sur les rampants et non ajouré! Habituellement, cette ornementation encadre une lucarne et a été largement utilisée dans l'architecture religieuse gothique. Â l'origine, le gâble est un triangle formé par les deux arbalétriers des toitures à lucarnes (du latin gabulum). Alors pourquoi ce décor sans ouverture sur ce mur en grand appareillage de granite? Une des questions à propos de cet édifice.

Calvaire de l'enclos St Michel





Le calvaire est du XVIe siècle et en granite. L'ensemble sculpté monté sur un fût  assez court semble très lourd et massif avec trois personnages dont deux encadrant le Christ en croix. Cet espace abritait l'ancien cimetière de la trève déplacé à l'extérieur du bourg vers le Sud.

Cet édifice religieux dans son écrin naturel préservé mérite le détour.

vendredi 27 janvier 2023

La stèle ou Lec'h de Prostlon à Locoal-Mendon, Morbihan

La stèle granitique de Prostlon en Locoal-Mendon, où l'on reparle du roi Salomon...

Lec'h de Prostlon 2022
Cette stèle en granite de 2m20 de hauteur est classée MH depuis 1942 et correspond à un monument de l'âge du fer qui en Bretagne a débuté vers 800-700 avant notre ère pour la première période, suivie en deuxième période par la Tène (500) jusque la romanisation.

Elle est située entre Mendon et Locoal et selon les historiens et archéologues de fin XIXe (de Keranflec'h Kernezne) aurait été érigée au IXe siècle en l'honneur de la princesse Prostlon, épouse du Comte de Vannes, Pascweten (874-877?), un nom déjà connu en pays Koste 'r c'hoed par les récits  de François Moal (1994) et la lecture du Cartulaire de Redon à propos du Chemin du roi Salomon. En effet, ce Pascweten aurait été impliqué dans l'assassinat du roi Salomon pour de sombres motifs politiques (déjà à l'époque!).Cette princesse Prostlon serait donc morte à Locoal et inhumée dans l'abbaye de Redon. Ce monument aux allures païennes a été flanqué d'un calvaire à proximité mais a été également sculpté ou "décoré" de deux croix pattées (une visible sur la photo) avec une frise haute en torsade et une inscription latine: "croux prostlon". Les deux croix pattées signeraient la présence des Templiers dans ce secteur. La christianisation de ces monuments est assez fréquente comme on peut le constater à Perret (croix surmontant le lec'h du cimetière, croix sur le petit lec'h proche de la chapelle Sainte Croix à Plélauff, ou encore l'écriture ancienne mentionnant croix de Saint Michel sur le lec'h cannelé de Sainte Tréphine en Côtes d'Armor.

NB: réf: Kost ar c'hoat ou la Renaissance d'un terroir de Basse-Bretagne, P.Jézéquel et JY. Hélard 2001 éd Coop Breizh. Voir aussi le dessin de Louis Marsille sur la stèle de Prostlon et l'article de mai 2014 sur la stèle cannelée de Sainte Tréphine sur ce blog.
 

jeudi 19 janvier 2023

Poème

Rosquelfen, hiver 2023

La terre nue s'est endormie

Comme le vent ce jour silence

Ouest Rosquelfen le 18/01/2023
La touche raffinée d'élégance

D'un sol blanchi


Le blanc manteau du triste hiver

Estompe aussi ce jour les sons

Et sur l'épine des ajoncs

Voile l'austère!


Rosquelfen, chapelle et son enclos:18/01/2023


Il n'a fallu qu'un bref instant

Pour transformer le paysage

Vieux arbres et murs, maisons sans âge

Où sont les gens?





Sentir la chaleur des tisons

L'odeur du feu en cheminée

L'écharpe bleue de la fumée

Sur la maison


Combien de temps nous est donné

Combien d'hivers en linceul blanc

De mots lancés aux quatre vents

Vite oubliés?


Je ne sais pas et qui le sait

Vers quel futur nous avançons?

La terre demeure et nous passons

Restons en paix!



 

lundi 16 janvier 2023

Patrimoine de Plélauff en Côtes d'Armor

Le calvaire de Kernivinen entre Plélauff et Lescouët-Gouarec (22) 

Calvaire de Kernivinen (XVIIe)

Ce monument est situé à proximité de la route Rostrenen-Silfiac et du croisement avec la route de Plélauff-Lescouët-Gouarec, sur un promontoir un peu retiré et invisible des routes. Pour cette raison, il est resté  méconnu dans le pays, sauf pour des anciens qui fréquentent chaque année le pardon de Notre Dame de Karmez dont la chapelle n'est pas très loin sur les terres de Lescouët-Gouarec et avant Kroaz Kerlan, non pas en pays koste 'r c'hoed comme indiqué sur certains sites Internet mais bien en pays  Pourlet.

Détails du revers de la croix


Ce calvaire en granite est daté du XVII e siècle (R. Couffon) et présente au sommet d'un fût  assez long, un ensemble dont on distingue à l'opposé du Christ, la vierge couronnée à l'enfant entourée de deux anges formant un arc de cercle jusqu'aux branches de la croix. Cet ensemble sculpté est d'une rare élégance et d'une remarquable finesse. Ce calvaire n'aurait pas subi de dégradations au moment de la Révolution comme le signale l'auteur du document consultable sur infoBRETAGNE, dans Patrimoine de Plélauff.

NB: une partie de Lescouët-Gouarec est effectivement attribuée historiquement au terroir dit "Koste 'r c'hoed" mais il s'agit de la pointe Est de la commune qui se trouve à l'Est de l'axe routier Gouarec-Pontivy et dans la forêt de Quénécan (bois du Pouldu); tout le reste de cette commune est en pays Pourlet comme Silfiac ou Mellionnec.

lundi 9 janvier 2023

Poème

Les collines aux oiseaux

  (en écho au poème du 22/12/2015: "Confidences à Sein")

L'étrange phénomène qu'est la vie, le sais-tu

S'exprime dans les deux  mondes, l'un visible, l'autre non

Les sentiments dévoilent des espaces inconnus

Et l'esprit s'émancipe du poids de la raison

Rosquelfen vers Gouarec en  hiver 2017

Les mains comme le regard conservent la mémoire

D'un grain de peau si doux et de poignets si fins

Nous avançons sans cesse dans l'unique couloir

Celui du temps présent où se joue le destin


Pas de secret chemin, aucun obscur passage

Pour relire dans la pierre l'histoire de ce lieu

Endroit sous les vieux chênes où s'exprime le langage

Diffusé par les runes sous un ciel parfois bleu


Nous sommes bien les atomes de la grande expansion

Quatorze milliards d'années font notre âge honorable

Le vide est bien peuplé, l'absence une raison

Pour d'ultimes confidences en ce lieu vénérable!

Sterne Pierregarin en vol.dessin PJ.

Quoi qu'il arrive enfin dans le monde perdu

Nous serons toujours seuls face à notre destin

Tout comme à la naissance, nous repartirons nus

Par les limbes secrètes qui bordent le Grand Chemin


Comme le flux et reflux façonnent le rivage

Effacé par les vents sous l'écume prodigue

Nous sommes aussi, vois-tu, ces oiseaux de passage

Ne sachant pas vraiment les raisons qui nous guident


De la sterne de Loire au corbeau solitaire

Des lumières du jour aux ténébreuses nuits

C'est le Yin et le Yang des collines aux bruyères

Et le tout symbolique d'une ultime harmonie.

NB: poèmes "Le message d'ISA": 17/08/2011 et "La rune JERA" 28/09/2011



lundi 2 janvier 2023

 propos du grand menhir d'Er Grah à Locmariaquer (56)

Questions à propos du plus grand menhir d'Europe: Er Grah à Locmariaquer

J'avais réalisé un article au sujet de ce mégalithe le 28 novembre 2013, en parlant de sa nature pétrographique mais aussi des questions que les archéologues se posent, aussi bien sur sa mise en place et son transport sur une distance supérieure à 10 kms mais encore sur le sens de ces alignements de stèles datant du cinquième millénaire avant notre ère.

grand menhir brisé.photoPJ2013/ classé MH 1889
En breton, cette pierre se nomme Men ar hroëch (la pierre de la fée). Elle fait 20m50 dont 18m50 hors sol, ce qui signifie que sa fosse de calage ne dépasse pas 2m. Faisant 3m de largeur à sa base, elle est estimée entre 270 et 290 tonnes suivant le mode de calcul. Mise en place vers 4500 avant notre êre, elle est aussi le premier élément et le plus grand d'un alignement de 19 stèles de taille décroissante en allant vers le Nord, alignement disparu sans doute quelques siècles après sa mise en place (C.Tanguy-Leroux).

La roche dans laquelle elle a été façonnée est un orthogneiss (roche grenue magmatique métamorphisée) comme l'étaient les quatre autres stèles à suivre. Les stèles suivantes étaient en migmatite (autre roche magmatique métamorphisée avec lits micacés caractéristiques) et les dernières stèles, les plus petites étaient en granite. Cet alignement a disparu mais a été reconnu par la présence des fosses de calage alignées entre le tumulus d'Er Grah et la Table des Marchands, site archéologique extraordinairement riche à la sortie du Golfe du Morbihan.

Comment les archéologues ont-ils estimé le poids de ce menhir brisé en quatre morceaux? Il y a plusieurs façons de faire mais toujours en calculant au plus près le volume de la pierre multiplié par la densité de la roche (pour cet orthogneiss la densité retenue est 2,68 et dépend de la composition minéralogique comparable à un granite). Le volume peut être calculé par la formule de calcul du volume d'un cône tronqué ou d'un cylindre en notant que la section au milieu de la hauteur comme le montre la photo ci-dessus est celle d'un losange aux pointes arrondies. Ce calcul donne environ 105m3, ce qui fait 105 x 2,68 = 281 tonnes. On sait également que la position géographique des affleurements dont il est extrait a nécessité le transport par barge flottante dans le Golfe dont les eaux étaient 8 à 10 mètres plus bas qu'aujourd'hui.

Grand menhir debout
Pour faire flotter un tel poids, la quantité de bois nécessaire est considérable et laisse perplexe, à moins que.... Sans formulation mathématique, les hommes de ce temps qui utilisaient donc la roue, le levier, la chêvre, auraient également utilisé les lois de "la poussée d'Archimède" pour transporter ce monstre de pierre et donc bien avant sa formulation  par Archimède! En effet, si le mégalithe est immergé, attaché à la barge faisant alors usage de "quille de bateau", il est plus léger que s'il était chargé sur la barge et donc hors de l'eau. La difficulté sera alors de mesurer la flottabilité de l'ensemble en tenant compte des effets de la gravité. Ce calcul devra en outre tenir compte du volume et de la densité moyenne du bois utilisé, de la densité moyenne d'une eau salée etc... En se basant par exemple sur du peuplier de densité 0,515, on pourrait imaginer une structure porteuse de 29 troncs d'un diamètre 0,80m par 12 à 15m de longueur, un volume tout juste suffisant pour compenser la gravité, en utilisant le sens des marées qui conditionnent les courants puissants du Golfe. Il faut ensuite imaginer une rampe graissée pour le hisser jusqu'au lieu d'érection avec les moyens de traction adéquats. Il s'agit bien d'un exploit tout-à-fait extraordinaire d'une société organisée, hiérarchisée, exploit qui reste encore aujourd'hui une énigme.

NB: sources, Serge Cassen, Université de Nantes, base Academia
"Les mégalithes de Locmariaquer" Serge Cassen et Jean-Yves Tinevez
Voir méthode de calcul de la poussée d'Archimède en fonction du volume et de la masse.


 


mercredi 28 décembre 2022

Une année 2022 entre inquiétude, résignation et colère...

Année 2022, la fin d'une époque...

Après 2020 et 2021, années marquées par la pandémie "Covid", 2022 est encore une année  avec  menace continuelle de ce virus en mutation et  rajoute le retour à la guerre en Europe, ce qui confirme l'absence de mémoire ou l'incapacité des humains à tirer les leçons du passé.

La société commence à découvrir concrètement les effets du changement climatique et les problèmes d'eau rencontrés l'été dernier ne sont que les prémices de ce qui nous attend, une situation bien aggravée également par le passage de 3 milliards d'humains dans notre enfance à huit aujourd'hui. Dans ces conditions, les problèmes liés aux grands déplacements de population ne font que commencer. Les difficultés sont donc devant nous avec, à gérer dans l'immédiat, le ressentiment généralisé, l'insécurité du temps, l'absence de perspectives claires, le retour de l'inflation etc...

Dans ce contexte, quels voeux pour 2023? Sans doute plus d'amour et moins de haine, plus d'écoute et moins de négation de l'autre, et comme dit André Comte-Sponville, "Espérer un peu moins, aimer un peu plus..." (Le bonheur désespérément) Alors bonne année, bonne santé et bon moral malgré tout!

En 2022, plusieurs publications ont fait l'objet de publicités dans la presse comme le livre sur la chapelle de Rosquelfen et son enclos et que l'on trouve en mairie de Laniscat, à l'abbaye de Bon Repos ou chez les adhérents de l'association des "Amis de la chapelle de Rosquelfen" (Roger Le Panse, Nadia et Daniel Fraval, Daniel Penault, Patrick Resmond et moi-même). Le "Poids de l'équateur" est pratiquement épuisé aujourd'hui et devrait faire l'objet d'un nouveau tirage en début 2023. Le livre sur le Patrimoine de Gouarec co-rédigé avec Pierre Le Dour a été bien diffusé courant 2022 et ne devrait plus tarder à être épuisé. Celui sur l'histoire du clocher de Saint-Mayeux n'a pour l'instant été diffusé que sur Saint-Mayeux (Mairie) et pourrait faire l'objet d'une publication en 2023.

Enfin, un grand merci aux visiteurs du site "rosquelfen-pj" qui ont été 18000 en un an (156000 depuis avril 2011), ce qui fait passer la fréquentation du site de 35/jour à 50/jour, une progression inattendue mais qui semble vouloir dire que les sujets traités intéressent.. Encore merci et rendez-vous en 2023!

vendredi 23 décembre 2022

Enigme dans l'église de Kergrist-Moelou, Côtes d'Armor

Un texte énigmatique dans le granite de l'église de Kergrist-Moélou

Qui saura déchiffrer ce texte gravé dans la pierre d'un mur de l'église?

Ecriture en bas-relief (transmis par JL Le Jeanne)
Ce texte en forme de bas-relief ne manque pas d'intriguer pour plusieurs raisons: les lettres utilisées n'ont ni la même taille ni la même forme, et il est différent de la plupart des autres textes gravés qui sont en écriture gothique. Un élément (ligne centrale à gauche) ne semble pas être une lettre. Aucune ponctuation n'est apparente (souvent présente dans les textes gravés) par petites cavités en creux ou  "boutons" en relief....
On notera également au passage que dans ce mur en grand appareillage de granite (position dans l'édifice?), la pierre qui porte ces lettres gravées en relief correspond à un granite leucocrate (clair), différent de celui des pierres qui l'entourent où la présence de micas noir (biotite) rend la roche plus sombre.
 suivre donc...
NB: voir les informations sur l'exceptionnel enclos de Kergrist-Moélou sur Patrimoine de Kergrist-Moélou (infobretagne) construit au tout début XVIe (à partir de 1504) sous l'impulsion des Barons de Rostrenen.


vendredi 16 décembre 2022

Enclos de Rosquelfen en Laniscat, Bon Repos-sur-Blavet (22)

La mémoire des enclos: celui de la chapelle de Rosquelfen en Laniscat

En cette entrée dans l'hiver de 2022, un passage dans l'enclos de la chapelle de Rosquelfen nous fait remonter le temps jusque celui de nos grandparents qui n'est pas si éloigné de nous et pourtant déjà bien oublié. 

Tombe des Le Flohic.PJ 2022
Il existe dans cet enclos qui s'étend au Sud et à l'Ouest de la chapelle, un certain nombre de pierres tombales en schiste gravé, ornées de fins bas-reliefs qui datent du XIXe et du tout début XXe siècle. Ces pierres nous parlent d'un temps qui n'est pas si lointain où la vie était bien plus difficile qu'aujourd'hui. Tout proche du mur de cette tour massive construite en 1668 et qui est le clocher de cette ancienne église tréviale, une petite tombe (environ 1m de longueur) attire le regard. Elle est surmontée d'une croix également en schiste et orientée à l'Ouest.
Cette tombe abrite les corps et surtout le souvenir de trois petits enfants d'une même famille ensevelis en bas âge et qui nous rappellent un temps pas si lointain où la mortalité infantile était un fléau redouté des familles.

Pierre tombale gravée. PJ 2022

Sur cette dalle de schiste, on peut lire encore aujourd'hui les noms des enfants: "A la mémoire de Jean Baptiste LE FLOHIC né le 22 Xbre (octobre) 1886 dcd (décédé) le 27 juillet 1887 et Jeanne Marie Le FLOHIC sa soeur agée de 3 mois et Marcel LE FLOHIC dcd (décédé) le 17 octobre 1901 agé de 20 mois.
Priez pour nous."
Cette tombe nous dit la dureté d'un temps où les progrès de la médecine étaient encore loin des effets bénéfiques constatés dans la deuxième moitié du XXe siècle. En lieu et place des antibiotiques et autres vaccins, il y avait alors la protection demandée à Sainte Marguerite dont la présence très fréquente dans la statuaire bretonne témoigne aussi de la crainte des familles face à la disparition des nouveaux nés et petits enfants. Cette visite de l'enclos permet aussi de plonger dans l'histoire de l'ancienne trève de Rosquelfen et prendre conscience de cet aspect du patrimoine qui doit être conservé. La tombe fait aussi le lien mémoriel avec ces enfants qui aujourd'hui en Europe, meurent sous les bombes.



lundi 12 décembre 2022

Poème

Décembre aux ruines...

Les ruines s'éclairent d'une pâle aurore

Dont la lueur vient me redire

ruines de Beaucours 2022
Celle qui jadis pouvait éclore

Sur nos visages en un sourire


C'est la métaphysique des ruines

Qui dit la mort du genre humain

Il reste au présent qui décline

Tant d'âmes en peine dans le chagrin


Tu me dis la tristesse du temps

Venant tarir les plus beaux rêves

Ta voix m'arrive sous le vent

Passe le temps sans paix ni trève!


Nous sommes les rêveurs égarés

Les témoins de trop de malheurs

En questionneurs de la pensée

Aux rythmes alignés de nos coeurs


Je devine au loin ton étoile

Que je regarde dans l'infini

Comme l'esprit, ma vue se voile

J'avance en aveugle dans la nuit

abbatiale de Bon-Repos 2022

Sors de cette ombre et de ce noir

Nous avons tant de choses à dire

Chassons sans crainte le désespoir

Ranimons le temps des désirs


Après la nuit viendra l'aurore

C'est du moins un fait établi

Que le destin nous offre encore

Les riches heures de mois fleuris


Dans le triste monde où nous sommes

Nous pouvons toujours partager

L'amour des mots, celui en somme

De la première des voluptés.




 

mardi 6 décembre 2022

Sculpture à Rosquelfen en Bon Repos-sur-Blavet, Côtes d'Armor

Dans Rosquelfen en Laniscat, Bon Repos-sur-Blavet, un usage original du schiste

Puits  proche façade Sud du manoir

 Dans le village de Rosquelfen de nombreuses bâtisses anciennes datent de l'époque où les moines de Bon Repos possédaient une grande partie du village et des terres agricoles. C'est encore le cas de ce manoir proche de la chapelle dont les parties les plus anciennes conservent l'aspect du  début XVIIe. L'entrée principale, côté Sud et donc orientée vers la chapelle conserve son aspect ancien non modifié, ce qui n'est plus le cas de la façade du bâtiment principal que l'on aperçoit sur cette photo du puits et qui a perdu ses ouvertures d'origine ainsi que sa tourelle d'escalier qu'elle possédait encore au milieu du XXe siècle.

Le puits visible dans la cour principale possède une margelle originale et en même temps une protection contre les chutes accidentelles par cette énorme dalle de schiste circulaire, percée d'un trou central et rognée sur l'accès rompant le muret externe. Cette dalle est en schiste Dévonien de Rosquelfen et surmontée d'un bâti supportant l'axe de la chaîne ou corde destinée à la manipulation du récipient servant à puiser de l'eau. Cet ensemble, différent de la dalle sur laquelle il est posé, est en schiste proche du faciès des carrières de la Lande de Gouarec en Plélauff (type Siluro-Dévonien).

Tour carrée à l'entrée du manoir

La structure interne de la cour de ce manoir n'est pas sans rappeler celle visible aux Granges de Saint Gelven, construite par les mêmes bâtisseurs, les cisterciens de Bon Repos. Au village des Granges de Saint Gelven, cette pièce à l'étage était la chapelle privée du manoir, avec la pierre gravée du prieur Guégan, en début XVIIe siècle.

NB: voir les articles précédents sur ce blog, du 7 octobre 2022 et du 27 septembre 2022.

Photos: Fadila Hamelin